Bonjour à tous et toutes !
J'essaye de reprendre un rythme régulier de publication ! Je vous souhaite une bonne lecture !
NdA : Le titre de ce chapitre est une référence au film « We need to talk about Kevin », de Lynne Ramsay.
« T'es nulle ! Tu ne sers à rien ! »
Rose fit un pas en arrière alors que des dizaines d'élèves l'entouraient, les yeux déformés par la haine et le dégoût.
« Personne n'a envie de rester avec toi, on s'ennuie tellement à tes côtés ! »
Les ricanements fusaient, et devenaient de plus en plus forts. Les visages des élèves, contractés en autant de grimaces méprisantes, l'encerclaient et elle ne trouvait pas d'échappatoire.
« Tu n'es personne dans cette famille, tu ne seras jamais aussi brillante que ta mère, ni aussi populaire que tes cousins ! »
Tous les regards étaient rivés sur elle, il fallait qu'elle réagisse. Elle serra fermement sa baguette dans sa main légèrement tremblante. Elle leva les yeux vers la masse de visages qui la toisait, et aperçut au milieu des élèves le visage de Neil, qui lui lança d'un air dédaigneux :
« Et tu as vraiment cru que je pouvais m'intéresser à toi ? Tu es pathétique, personne ne peut s'intéresser à toi, tu es invisible, insignifiante ! »
Elle se retourna, terrorisée, et vit derrière elle son oncle Harry Potter qui la fixait intensément, guettant une réaction de sa part. Il hocha discrètement la tête et elle prit cela comme un signe d'encouragement.
« RIDDIKULUS ! » s'exclama-t-elle à pleins poumons, et le brouhaha des rires se tut instantanément. En lieu d'insultes et de médisances, c'étaient désormais des bulles de savon qui s'échappaient des bouches des élèves qui l'encerclaient, et ces bulles s'élevaient lentement dans les airs pour venir exploser contre le plafond en une dizaine de « pop » ridicules. Les visages s'évanouirent, comme aspirés par l'immense armoire qui se dressait devant elle.
« Bravo ! » s'exclama Harry, en applaudissant avec enthousiasme. En se retournant, Rose put constater les sourires de ses camarades qui applaudissaient également et elle eut un soupir de soulagement. Elle retourna à sa place et Albus lui adressa un discret pouce levé pour la féliciter, et même Hayley, habituellement si froide avec elle, lui murmura un « pas mal du tout, Weasley ! » qui l'emplit de fierté.
« Bien ! Fit la voix forte de Harry Potter, ramenant immédiatement l'attention vers lui. Ce fut un cours éprouvant, mais grâce à vous tous, il fut également passionnant. Bravo, vous pouvez être fiers de vous ! Vous pouvez ranger vos baguettes, on se reverra vendredi pour l'étude de la théorie. Apportez vos livres. »
Tous les élèves rangèrent leurs affaires en un léger brouhaha qui fut masqué par la sonnerie qui retentissait. Ils s'éloignèrent tous en saluant leur professeur avec des sourires enthousiastes. Mais en retrait, alors que la salle de classe se vidait, une élève semblait guetter que tout le monde ait quitté la pièce pour venir s'adresser à Harry.
« Oh. Hayley. Tu voulais me parler ? »
Elle hocha la tête et referma la porte derrière le dernier élève.
« Oui, Oncle Harry … Enfin, Professeur. C'est au sujet de Scorpius.
- Oui, il était absent aujourd'hui. Il est souffrant ? »
Elle hésita un instant. Harry pouvait voir le conflit intérieur qui la rongeait. Hayley n'avait pas pour habitude d'apparaître mal à l'aise, y compris face aux adultes, avec qui elle faisait habituellement preuve d'une aisance souvent déconcertante.
« Non. Il … Manque beaucoup de cours en ce moment. Il est bizarre. Il traîne beaucoup avec Morgane Rosier et sa bande, et ça m'inquiète. Disons qu'ils ont des opinions politiques assez … discutables.
- Oh. Je vois.
- Ce week-end, quelqu'un de sa bande s'est amusé à écrire en lettres de flammes « pas de sang de bourde dans nos cachots », dans la salle commune.
- Oh, Hayley, je suis si désolé. »
Hayley chassa sa compassion d'un geste indifférent.
« C'est ma troisième année à Serpentard, j'ai l'habitude. C'est rien, ça reste une minorité d'élèves. Non, ce qui m'a inquiété, c'est que d'habitude, Scorpius me défend becs et ongles, même quand je lui dis de laisser tomber. Là, il est juste … resté indifférent, et il a même … souri.
- Oh, Hayley…
- Non, non, ce n'est pas pour moi qu'il faut être désolé. »
Elle repoussa l'empathie de Harry d'un geste de négation encore plus déterminé et poursuivit.
« Il a ensuite commencé un long discours incohérent sur le fait d'atteindre la vérité et je ne sais quel bien commun. Que c'était déjà bien beau que les gens de mon origine aient accès à un savoir aussi ancestral que celui délivré à Poudlard, mais qu'il ne fallait pas que je ralentisse ceux qui étaient en quête d'un réel savoir, ou de réaliser de grandes choses … Albus et moi n'avons même pas pu argumenter tant ça nous paraissait… Dément. C'était comme si … Quelqu'un d'autre parlait en son nom. »
Harry resta un instant silencieux, en se massant le menton d'un air pensif. Hayley poursuivit.
« Et ce n'est pas tout. Je l'ai vu discuter avec la professeure Mulciber le soir de sa fuite. Il passe son temps à la volière à écrire à je ne sais qui, puis il s'enferme à la bibliothèque ou dans son lit en tirant les rideaux de son baldaquin. On ne le reconnaît plus ! Albus pense que c'est passager et qu'il a juste besoin d'être un peu seul. Mais je pense qu'il a surtout besoin d'aide. »
Harry acquiesça.
« Tu as raison d'être venue m'en parler. Peux-tu garder un œil sur lui ? J'essayerai de lui parler, mais j'aimerais bien que tu me dises à qui il écrit si régulièrement. Je compte sur toi. »
Hayley hocha la tête, et tira son sac sur son épaule.
« Merci. Mais … Quoi qu'il soit en train de faire, j'aimerais que vous ne le jugiez pas trop. Ce n'est pas le Scorpius qu'on connaît habituellement. »
Harry eut un sourire réconfortant.
« Je sais. Ne t'inquiète pas. Nous allons l'aider. »
Hayley parut rassurée et quitta la pièce en lui adressant un poli signe de tête.
oOo
Sa première journée de cours terminée, Harry se dirigea vers le cottage pour aller rejoindre sa famille et les tenir au courant des avancées récentes. Il leur avait déjà envoyé les résultats des recherches d'Hermione qui, après une nuit de travail acharné, avait pu décoder la formule. Et cela n'avait rien à voir avc tout ce qu'elle avait pu voir précédemment. Une chose était sûre, rien n'était arrivé par hasard, et il y avait bien quelqu'un – ou un groupe de personnes – qui avaient volontairement cherché à jouer à Dieu. Et cela ne réjouissait guère Harry.
Il arriva au cottage et fut surpris de l'ambiance morose qui y régnait. S'il était habituellement accueilli par des salutations chaleureuses, là, un silence de plomb s'était emparé du lieu. Il salua ses habitants d'un air enthousiaste, mais ne reçut que quelques grognements en guise de réponse.
Constatant son incompréhension, Sirius s'approcha de lui, posa sa main sur son épaule et lui fit un résumé des derniers jours.
« Lily est contrariée car elle s'est rendue compte que sa sœur ne lui a jamais rien laissé après sa mort, James est en colère car quand il a enfin réussi à décoder la formule que tu lui as donnée, cela faisait déjà deux heures qu'on avait reçu ton hibou avec la réponse d'Hermione. Et les deux se sont disputés samedi soir et ne se sont pas adressés la parole depuis. Tonks a encore une gueule de bois carabinée suite au match…
- Encore ? Mais c'était il y a deux jours !
- Elle s'est fait passer pour une élève de septième année de Poufsouffle qui en réalité n'avait pas le droit d'être là, ce qui fait qu'elle a fait perdre 50 points à sa maison. On a dû l'enfermer dans sa chambre pour éviter qu'elle n'aille tout avouer au professeur Flitwick – d'ailleurs, à quel point les profs de Poudlard sont au courant à propos de nous ?
- Ils savent qu'on héberge des invités, et qu'il y a un loup-garou parmi vous. Et que le reste, c'est top secret. Enfin… Pour l'instant.
- C'est bien ce qu'on pensait. Du coup, pour éviter l'attaque cardiaque à ce bon vieux Flitwick, on a fait en sorte que Tonks reste bien sagement au Cottage, et … elle s'est vengée sur les bouteilles de bièraubeurre qui restaient.
- Et il en restait beaucoup ?
- Juste deux ou trois, mais il semblerait qu'elle n'ait pas l'endurance de ses aînés ! »
Sirius se tapota le torse avec un certain air de contentement.
« Il n'y a pas exactement matière à être fier, lui répondit Harry, avec une pointe de jugement dans la voix. Et Snape ? Il a vraiment l'air d'une humeur massacrante !» fit-il en le désignant discrètement de la tête.
Sirius haussa des épaules.
« Ah non ! Pas du tout. C'est juste son air habituel. Non, il est plutôt d'une bonne humeur, James doit bientôt brûler son balai suite à son pari perdu ! »
Harry releva un sourcil interrogateur.
« Son balai ?
- Oui. On a trouvé son balai dans son cercueil.
- QUOI ? Vous avez trouvé des nouveaux objets et vous ne m'avez rien dit ?
- Détends toi … on l'a analysé, mais ça n'a rien donné.
- Mais enfin, prévenez-moi quand vous avez du nouveau comme ça !
- Si tu cherches une piste, intervint Lily, sortant de son mutisme, tu pourrais jeter un coup d'œil à ce faux livre de contes. »
Elle le désigna d'un air dédaigneux, et Harry s'en empara pour y jeter un coup d'œil. Lily lui expliqua son histoire, ou du moins l'histoire de l'original, et son fils comprit mieux son amertume. Malheureusement, il n'y avait pas grand-chose qu'il pouvait dire sur sa tante qui pouvait rassurer Lily sur l'affection qu'elle avait pu lui porter.
« Il faudra analyser de beaucoup plus près ce livre. Il y a-t-il quelqu'un dans le monde magique qui aurait pu en entendre parler ? »
Lily secoua la tête négativement.
« Même Severus ne connaissait pas l'existence de ce livre, répondit-elle. Et il est la personne dont j'ai été la plus proche, dans le monde magique.
- Tu veux dire, après ton mari, intervint James en lui lançant un regard noir.
- Donc vraiment, je n'en ai jamais parlé à personne, poursuivit Lily, ignorant ostensiblement la remarque de son époux. Je ne vois vraiment pas comment je me retrouve avec cette copie. Tu penses que ma sœur peut être impliquée contre son gré ?
- J'en sais rien, répondit Harry. On ne peut jurer de rien. Je vais demander à une équipe d'Aurors de discrètement sécuriser son domicile, et j'irai la voir. Nous aurons peut-être une piste.
- Ce sera bien la première fois que Pétunia sera utile à quoi que ce soit, commenta James.
- Elle aura toujours été plus utile que toi ce week-end, répliqua Lily sur un ton aussi sec.
- Peut-être que si tu n'avais pas commencé un mélodrame …
- Peut-être que si tu accordais moins d'importance à ton égo, je …
- OH METTEZ LA EN VEILLEUSE, VOUS DEUX ! »
La voix de Harry avait fait sursauter toute la pièce, y compris Snape qui commençait pourtant à prendre un malin plaisir à constater le match de tennis verbal qui s'était mis en place au sein du couple. Ce même couple qui, tel des adolescents pris en faute, se regarda l'un l'autre d'un air confus.
« Bien, reprit Harry, quelque peu surpris de sa propre autorité sur ses parents. Maman, comme je disais, j'irai interroger ma tante Pétunia, et j'aimerais que vous analysiez ce livre beaucoup plus en profondeur. Même chose pour le balai. Papa, hors de question de le brûler, c'est un indice trop important. »
Severus Snape eut l'espace d'un instant l'air d'un enfant voyant s'éloigner un marchand de glaces, mais retrouva son sourire carnassier quand Harry ajouta « … pour le moment. ».
« On pourrait aussi analyser le bracelet que Dora a trouvé à son poignet, intervint Remus avant que James ne lance une remarque acerbe à Severus.
- C'est une excellente idée. Cela nous fait une nouvelle piste à creuser. De mon côté, rien de nouveau du côté de Mulciber, elle s'est volatilisée. Mais j'ai Euan Abercrombie, une de mes Aurors, sur le coup. On ne désespère pas.
- En ce qui nous concerne, commença Lily en se désignant elle-même et Snape, nous avons analysé la poudre que tu nous a donnée et nous avons lancé une procédure de séparation magique des éléments. Nous avons ainsi pu récupérer deux éléments distincts.
- Le premier, poursuivit Severus, est de la poudre de diamant pure. Une poudre aussi fine ne serait possible qu'en utilisant …
- Un pilon en Iridium, compléta Harry en hochant la tête. Mulciber a probablement réussi à convaincre Schwarz d'en commander et a pu l'utiliser contre son gré. Mais encore ?
- En ce qui concerne le deuxième élément, continua-t-il, je n'ai pas encore réussi à déterminer ce que c'était. C'est d'origine animale, c'est tout ce dont je suis sûr pour le moment.
- On a pensé au départ à du venin, expliqua Lily …
- Mais je l'ai testé avec quelques gouttes de sang, répondit Snape en désignant son doigt légèrement entaillé. Il n'y a eu aucune réaction. Ce liquide a l'air aussi inoffensif que de l'eau.»
Harry hocha la tête, l'air convaincu.
« Bien, essayez d'analyser tout ça à la lumière du code arithmantique. Papa, je compte sur toi pour accompagner tout le monde dans leurs recherches. » fit-il en insistant bien sur le tout le monde.
James hocha la tête. Les recherches en métamorphoses étaient dans une impasse, il y avait enfin une piste pour laquelle il pouvait se rendre utile, et qu'importe si cela impliquait de devoir supporter la présence nauséabonde de Snape.
Ayant évoqué tous les avancements de l'enquête, Harry s'autorisa un moment de détente, et resta quelques instants entouré de sa famille. Chacun semblait se dérider et perdre la mauvaise humeur qui les avait envahis pendant ce week-end. Quelques éclats de rire, les dernières nouvelles des enfants et de sa famille, l'échange de banalités, suffisaient à emplir Harry d'une joie certaine et il savourait ces instants avec délectation. James et Lily semblaient accepter peu à peu d'enterrer la hache de guerre, et s'autorisèrent même à rire ensemble à certaines plaisanteries de leur fils ou de Sirius. Sans oublier la gravité de la situation et de la menace qui pesait sur les enfants Potter et leurs amis, ce retour à la vie leur offrait à tous des moments de partage précieux.
Mais la nuit de novembre s'était déjà installée depuis quelques temps, indiquant à Harry qu'il était temps pour lui de retourner à Poudlard, pour assister au repas dans la Grande Salle, ce qui était une de ses nouvelles obligations de professeur récemment nommé.
Il salua tout le monde, et avant de partir, il fit un signe discret à son ancien professeur de potions pour lui dire d'approcher. Celui-ci se planta devant lui, en relevant simplement son habituel sourcil interrogateur.
« Potter ?
- J'aurais besoin d'un conseil, fit-il à voix suffisamment basse pour que les autres n'entendent pas, et j'aurais vraiment besoin que vous me répondiez en toute franchise,.
- Je suis tout ouïe, répondit Snape, l'air indifférent.
- Et bien … Que diriez vous à un adolescent de treize ans, Serpentard jusqu'au bout des ongles, qui malgré le fait qu'il ait sa meilleure amie née de parents moldus, commence à traîner avec des personnes peu recommandables et à avoir un humour quelque peu … douteux ? »
Severus resta impassible un instant.
« Que cinquante ans plus tard, le fils de sa meilleure amie risquerait de l'assommer d'ennui avec des questions stupides. » répondit-il d'une voix monocorde.
Harry sembla amusé par sa remarque, mais reprit rapidement un air sérieux.
« S'il-vous-plaît. Vous devez forcément avoir un conseil à me donner.
- C'est pour votre fils ?
- Non, fit-il sans parvenir à dissimuler une certaine note de soulagement. Le fils Malfoy. Et je ne pense vraiment pas que cela vienne de son père.
- Je ne pense pas non plus. Draco avait ce qu'il fallait de bon sens et de lâcheté pour rester en dehors de toute considération politique. Mais quand on est l'héritier d'une famille telle que les Malfoy, il est difficile de rester en dehors de certaines affaires, car on peut très vite être … sollicité.
- Et du coup ? Comment l'aideriez-vous à ne pas … répondre à ces sollicitations ?
- Et bien, pour commencer, il faut s'assurer qu'il ait un modèle à suivre, et pas uniquement un psychopathe sanguinaire assoiffé de pouvoir. Ensuite, il faut vérifier l'état de sa santé émotionnelle. Rien n'est plus dangereux qu'un adolescent en quête d'un respect trop souvent nié. Bref, il faut faire ce qu'on oublie toujours de faire avec les adolescents : les écouter.
- Wow. Vous auriez pu faire un excellent professeur, s'exclama Harry, avec une ironie à peine dissimulée.
- Si je l'avais souhaité, oui, j'aurais pu. Et si j'avais pu supporter plus de cinq minutes l'ennui mortel que provoquent chez moi les histoires pathétiquement sentimentales de cette sous-espèce d'humains en plein processus de puberté.
- Peut-être que vous pourriez écouter celui-ci ?
- Par pitié, Potter, épargnez-moi ça, vous savez bien que je ne suis pas le thérapeute idéal.
- S'il-vous-plaît. »
Harry soutint son regard en espérant le faire flancher, mais Severus ne sourcilla pas.
« Potter, vous ne pouvez pas tout obtenir juste parce que vous dites «s'il-vous-plaît ». Je passe déjà mes journées à faire des recherches extrêmement complexes, à fabriquer une potion pour Lupin et à faire la nuit la nounou de votre alcoolique de parrain. Trouvez quelqu'un d'autre. »
Harry soupira et sembla accepter quand un éclair apparut dans les yeux de Severus Snape.
« A moins que …
- Vous accepteriez ? S'exclama Harry, un peu trop enthousiaste.
- Non, répliqua-t-il sèchement. Mais votre parrain pourrait peut-être vous aider.
- Vous pensez ?
- La médecine dit le plus grand bien des chiens de thérapie. Plus sérieusement, oui, je pense qu'il sera même bien plus efficace que moi. Déjà, ils ont le même statut de sang, et sont pour ainsi dire cousins, ce sera important si certaines idées nauséabondes ont fait leur chemin dans la tête de ce garçon. Et Black, malgré tous ses défauts, sait offrir une oreille attentive à qui en a besoin. »
Harry hocha la tête, se souvenant de toutes les fois où, au cours de son adolescence, son parrain l'avait écouté et conseillé. Il jeta un œil vers Sirius, qui était en train de mimer un Troll sous les rires de James et Lily, et se demanda un instant ce qu'allait donner la rencontre de son trublion de parrain avec le fier et stoïque Scorpius.
oOo
Quelques jours plus tard, Harry préparait son cours théorique sur les épouvantards pour ses troisièmes années. Il devait avouer qu'il était simple pour lui de préparer un cours pratique, un exercice qu'il maîtrisait depuis l'Armée de Dumbledore, qu'un cours théorique devant répondre aux attentes du Ministère et aux requis des Buses auxquelles les élèves allaient être confrontés deux ans plus tard. Il fut interrompu par un léger coup de bec à la fenêtre, et reconnut le hibou qu'il avait offert à Hayley lors de son admission à Poudlard. Il posa sa plume, et alla récupérer l'enveloppe que le volatile tenait entre ses pattes.
« Cher Oncle Harry,
J'ai réussi à intercepter une lettre destinée à Scorpius avant qu'il ne la reçoive. En voici une photocopie, je vais faire en sorte que Scorpius récupère l'originale afin qu'il ne se doute de rien. Je garde un œil sur lui.
Hayley. »
Où diable avait-elle pu trouver une photocopieuse à Poudlard ? Cette jeune fille était décidément pleine de ressources et de surprises. Il déplia la copie qui accompagnait la lettre et commença à la lire.
« Mon très cher Scorpius,
Je suis ravi d'apprendre tes progrès en matière de magie. Arriver à faner une fleur en moins de deux minutes est un début très encourageant. Et n'oublie pas que quiconque maîtrise la mort, peut également maîtriser la vie. Et c'est exactement ce que nous cherchons à faire. Continue à bien t'entraîner et à bien me donner des nouvelles du père de ton meilleur ami, et des revenants. N'oublie pas que nous œuvrons pour une grande cause et que Son retour nous rendra le prestige qui nous revient de droit et nous offrira des perspectives de grandeur que nous ne pouvons qu'à peine envisager à cette heure.
Affectueusement,
Lucius Malfoy.
PS : J'ai retrouvé par hasard cette photographie du mariage de tes parents. Le sourire de ta mère y est radieux, et je ne peux qu'imaginer à quel point elle doit te manquer. »
Harry chercha maladroitement des mains son siège pour rapidement s'asseoir, afin de pouvoir appréhender toutes les informations que cette courte lettre contenait. Hayley avait réussi à photocopier la photographie en question, où on pouvait apercevoir Draco Malfoy en costume de jeune marié, avec à son bras la jolie et discrète Astoria Greengrass, qui, à voir les grains de riz lancés en l'air, devait déjà être Mme Malfoy au moment où la photo a été prise. Il relut la lettre pour s'assurer de ne pas avoir rêvé.
Soit. Premièrement, Lucius Malfoy – que le Ministère soupçonnait de profiter d'une retraite paisible à arroser les bégonias du Manoir Malfoy, passait son temps à entretenir une correspondance avec son petit-fils pour l'encourager à pratiquer la magie noire, tout en lui lavant le cerveau avec des principes moyenâgeux. Le « nous » qu'il employait semblait sous-entendre qu'il était membre – ou à la tête? - d'une organisation. Et que leur but serait Son retour. Mais enfin le retour de qui ? Harry soupira de dépit. Bien sûr qu'il savait de qui il s'agissait.
« Satané Tom ! Mais combien de fois vais-je devoir te tuer pour enfin être débarrassé de toi ... » marmonna-t-il. Fort heureusement, l'emploi du futur semblait indiquer que ce n'était pas encore acté. Mais la menace était plus que certaine. Et la présence de sa famille était la preuve indéniable que la résurrection était une option désormais envisageable.
Enfin, si le personnage de Lucius Malfoy n'était pas assez abject, le voici qui manipulait son propre petit-fils, en se servant de la perte de sa mère pour le pousser dans cette voie morbide, l'empêchant ainsi de faire son deuil proprement et lui offrant des faux espoirs.
Une petite voix lui souffla que les espoirs de Scorpius n'étaient pas si vains, et qu'il n'était pas si bien placé pour parler, profitant lui-même largement du retour de sa famille. Il envoya cette petite voix trop raisonnable promener et se concentra à nouveau sur la lettre qu'il tenait entre les mains.
La priorité désormais était de trouver un prétexte pour que le contact se crée entre Sirius et Scorpius, afin de rapidement mettre un terme à cette relation toxique. Harry se dit alors que cela avait été une excellente idée de conserver le 12 Square Grimmault, ainsi que ces immondes tapisseries et leurs arbres généalogiques. Il allait juste falloir espérer que Sirius accepte de collaborer.
Merci pour votre lecture :)
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A la prochaine !
