Bonjour à tous !

Désolée pour cette absence, j'espère que vous profitez tous de ce magnifique été ensoleillé et aux températures tropicales – non je plaisante. Là où je suis il pleut un jour sur deux et il fait froid comme un triste jour d'octobre.

Mark Twain a dit « l'hiver le plus rude que j'ai vécu était un été à San Francisco ». Je ne suis pas à SF, but I feel you, Mark !

Trêve de bavardages, voilà la suite de l'histoire.

Bonne lecture !

Le calme avait repris dans le Cottage et la semaine s'était déroulée sans encombre. James, tout penaud, avait présenté ses excuses à Remus qui les avait acceptées sans se formaliser. Mais il évitait toujours soigneusement le regard de Snape, ce qui avait eu comme point positif de voir Lily se radoucir, satisfaite de ne plus être au milieu de chamailleries de collégiens. La colère de James s'était d'ailleurs considérablement réduite dès qu'il avait été en mesure d'essayer son nouveau balai, suivi par Sirius qui peinait à le suivre sur le vieux balai basique que lui offrait le placard sur demande. Les dernières recherches semblaient confirmer les dernières conclusions de Harry : que ce soient le venin, la poudre de diamant, le livre de contes, l'anneau ou encore le bracelet, tous semblaient garder des anciennes traces des horcruxes. Les pistes à étudier restaient nombreuses, mais ce jour-là, Harry avait d'autres projets pour les six revenants et une raison toute particulière de déborder d'enthousiasme.

« Il est de retour ! »

Il avait fait violemment irruption dans le salon où se trouvaient quelques-uns des revenants.

« Remus ! Tonks ! S'exclama-t-il à l'attention du couple qui sursauta. Il est de retour ! Ted ! »

D'un même mouvement, Remus et Tonks se précipitèrent à sa rencontre, et Harry répondit à leurs questions en un souffle, sans prendre la peine d'inspirer :

« Je lui avais envoyé un hibou juste après votre retour, mais il a fallu un peu de temps pour que le message lui parvienne. Il était au fin fond du Wisconsin quand il a reçu mon message, et il lui a fallu encore un peu de temps pour organiser son retour. Mais un aigle des services postaux américains m'a confirmé que son portoloin était bien arrivé à Londres. Je dois le voir dans quelques instants, je ne lui ai pas encore annoncé votre retour. Mais il doit être au Trois-Balais ce soir. Je vous propose à tous d'y aller, sous un déguisement. »

Il sortit de sa poche des petites fioles qu'il posa sur la table basse. Il les aligna les unes à côté des autres. En tout, six petites fioles au liquide orangé se dressaient désormais devant les revenants.

« Être à la tête du département des Aurors a quelques avantages. Bon, j'ai dû inventer un faux prétexte, mais à circonstances exceptionnelles … J'ai collecté des cheveux de moldus croisés près du ministère il y a quelques jours. Il s'agit du meilleur polynectar du ministère, avec ça, vous pouvez rester incognito pendant au moins quatre heures.

- Je refuse d'être incognito face à mon fils. » affirma Remus avec conviction. Tonks acquiesça et lança un regard plein d'inquiétude en direction de Harry.

« Il aurait honte de nous rencontrer ? »

Harry eut un petit rire gêné, mais s'empressa de la rassurer.

« Non, bien sûr que non. Écoutez, je ne vais pas vous en dire plus. Chaque fiole a votre nom inscrit au dessous. Soyez aux Trois-Balais à 20h. J'ai réservé une table à l'étage, je vous y attendrai.

- Harry... implora Remus en secouant la tête. Je n'aime pas la façon dont cela se fait. Ne pourrait-on pas avoir un peu plus … d'intimité ? Un pub comme les Trois-Balais, un samedi soir ?

- Remus a raison, insista Tonks, ne pourrait-il pas simplement venir ici ? »

Un sourire qui pourrait presque passer pour espiègle commença à se dessiner sur le visage de Harry, qui resta sur sa position.

« Faites moi confiance, fit-il avec fermeté. Il sera là avec sa petite-amie, Victoire Weasley. Tout se passera au mieux. »

Il se leva brusquement en jetant un coup d'œil à sa montre.

« D'ailleurs, je vais devoir y aller. Il faut que j'aie une petite conversation avec lui avant ce soir. Je compte sur vous. 20 heures, sous déguisement. Ne soyez pas en retard. »

Empoignant sa cape, il partit aussi précipitamment qu'il était arrivé, laissant les six survivants relativement perplexes.

« Que de mystères autour de ton rejeton, Rem'... » fit James.

Remus fronça des sourcils. Décidément, il n'aimait vraiment pas la tournure que cela prenait. Pourquoi une telle mise en scène ? Pourquoi devoir ainsi le rencontrer dans un lieu aussi bondé, et pourquoi Harry refusait-il qu'ils puissent le rencontrer à visage découvert ? Il échangea un regard avec son épouse qui semblait aussi perdue que lui.

oOo

L'heure fatidique arrivait enfin et l'attente avait paru interminable pour Tonks et Remus, qui avaient usé le parquet à y faire les cents pas, se rongeant les ongles jusqu'au sang.

« Si ça se trouve, il ne connaît même pas notre existence... s'inquiéta Tonks.

- Ne sois pas ridicule… Bien sûr qu'Harry leur a parlé de vous...

- Mais oui. Il va être fou de joie. Ah j't'ai eu ! »

Affalés dans un canapé, Sirius et James s'étaient lancés dans une compétition assez ardue de bras de fer chinois, se contorsionnant comme ils le pouvaient pour ne pas avoir à se relever de leur position bien trop confortable dans laquelle ils s'étaient affalés.

« Pff ! Tiens, prends-ça ! » répliqua Sirius.

Remus continuait à tourner autour du canapé, comme un vieux loup en cage.

« Non, à mon avis, Harry n'est pas sûr qu'il ait vraiment envie de nous rencontrer et il ne veut pas qu'on soit déçus.

- Tu crois vraiment qu'il aurait eu l'air si enthousiaste si … Ah bon sang, James ! On avait dit pas de magie !

- C'est pas de la magie, c'est du talent ! »

Remus leva les yeux au ciel, mais devait admettre que de voir ses deux meilleurs amis se chamailler ainsi lui donnait du baume au cœur. Il jeta un coup d'œil à l'horloge du salon qui indiquait vingt heures moins le quart.

« Hé bien, soupira-t-il. Il est temps d'y aller. »

Il prit dans sa main la fiole à son nom et la vida d'une traite. En quelques secondes, son visage s'était modifié, devenant plus large, et son front plus dégarni. Mais son nouveau double avait un air fatigué et quelques poches sous les yeux qui rappelaient sans équivoque le Remus Lupin qu'ils connaissaient déjà.

Harry semblait avoir choisi avec attention chaque moldu. Car si Remus conservait son air usé, Tonks avait une bouille pétillante et des cheveux blonds platines qui auraient très bien pu être de son propre choix. James se transforma ensuite en un bellâtre d'un mètre quatre vingt, dont les cheveux blonds revenaient sur le côté d'une manière impeccable. Toujours myope, il conserva ses lunettes sur le nez, le rendant facilement identifiable par ceux qui le connaissaient.

Sirius, à sa suite, se transforma en un autre beau jeune homme, sa peau se lissant et se brunissant à mesure qu'il se transformait. Il se contempla dans le miroir, passant une main sur son crâne rasé avec un air satisfait.

Lily prit enfin sa suite, ses yeux devenant plus ronds et plus bleus, et ses cheveux plus sombres. Enfin, Severus sembla hésiter un instant avant de goûter à sa fiole. Mais la curiosité qu'il avait quant à la situation générale prit le dessus. En quelques secondes, ses cheveux s'étaient raccourcis et une barbe s'était dessinée sur ses joues habituellement imberbes.

Après quelques instants à se comparer les uns les autres, ils prirent la direction des Trois-Balais. Ils pouvaient ainsi savourer leur première sortie officielle, à ne plus être cachés sous des subterfuges magiques, mais à pouvoir réellement se mêler à la foule enthousiaste et joyeuse, qui se régalait de bièraubeurres fumantes et de diverses sucreries venant de chez Honeydukes.

Il y avait foule à l'entrée des Trois-Balais, et une file d'élèves et de jeunes sorciers et sorcières s'étalait devant la porte d'entrée, gardée par un sorcier volumineux qui décourageait toute personne qui souhaitait passer sans permission. Une excitation certaine semblait électriser l'ensemble du village, et les six revenants semblaient être les seules personnes à ne pas comprendre ce qui pouvait bien se passer.

Sirius reconnut dans la file d'attente les deux fils de son filleul, qui s'échangeaient des chocogrenouilles et sautillaient pour se protéger du froid qui s'emparait d'eux à force de rester statiques. Il s'apprêta à leur faire un signe de la main, et se souvint ensuite qu'ils ne pouvaient pas le reconnaître.

« Il y a un concert. » annonça Remus, comme s'il annonçait une terrible nouvelle.

Il pointa l'affiche placardée sur une porte et soupira.

« Ça va être impossible de communiquer, non mais quelle idée ! »

Il suivit malgré tout le reste du groupe, et vit Sirius murmurer quelque chose à l'oreille du gros sorcier.

« On a une table avec Harry Potter. »

Le sorcier sursauta de surprise et s'empressa de les laisser passer avec déférence. Ils échangèrent tous un regard surpris et s'empressèrent de rentrer dans le pub, sous les regards jaloux des sorciers et sorcières qui attendaient encore dehors, frigorifiés.

Ils durent jouer des coudes pour traverser le couloir qui menait à la salle principale du pub, dont toutes les tables étaient orientées vers l'immense scène qui avait été montée. Il parvinrent à arriver au comptoir, et James commanda une tournée de bièraubeurre. Après avoir payé, il désigna les escaliers qui menaient à la mezzanine, et où ils pouvaient voir Harry Potter, qui les attendait accompagné de son épouse.

Il les salua tous chaleureusement, et les invita à s'asseoir dans les différents fauteuils, qui offraient une vue sans égal sur la scène. Remus parcourut son environnement du regard, et put remarquer quelques visages connus. Flitwick et Sinistra gardaient un œil discret sur les élèves qui avaient réussi à entrer. Une petite sorcière que Remus identifia comme la nouvelle professeure de potions sirotait une grenadine à l'aide d'une paille. Bill et Fleur Weasley faisaient tinter leurs verres de vin en s'échangeant un regard complice. Neville murmurait quelque chose à l'oreille de la gérante, Hannah Abbot, qui éclata de rire en continuant de servir une pinte à Hagrid qui faisait de son mieux pour ne pas bousculer les sorciers autour de lui. Peu à peu, le pub se remplissait et le brouhaha des conversations, des commandes au bar et des rires devenait de plus en plus intense. Des élèves enthousiastes s'agglutinaient de plus en plus près de la scène et la foule se faisait de plus en plus dense.

Les sens en alerte, Remus scrutait la pièce mais ne voyait toujours aucun signe de son fils. Il se tourna vers Harry qui le rassura rapidement en lui disant qu'il n'allait pas tarder, et en trinquant distraitement avec lui en poursuivant sa conversation avec son père.

Dépité, Remus avala une gorgée de sa bièraubeurre, et sentit la main rassurante de son épouse sur son genou. Il croisa également le regard encourageant de Sirius qui le ragaillardit légèrement. Mais tout de même. Le lieu était de plus en plus bruyant, et le concert allait bientôt commencer. Comment allaient-il pouvoir échanger convenablement ?

Les lumières s'éteignirent soudainement et une clameur se fit entendre montant du rez-de-chaussée. Un projecteur s'alluma, révélant un mannequin articulé en bois, tout droit sorti d'un cours des beaux-arts, assis à l'arrière d'une batterie. Le mannequin se mit à se mouvoir par magie et à battre le début d'une mesure. Poum tchac Poum Poum Tchac. Très vite, le rythme posé d'une basse vint s'ajouter, mais seul le mannequin de bois restait éclairé. Ensuite, le rugissement d'une guitare électrique vint s'ajouter au duo. Enfin, après quelques mesures et applaudissements plus qu'enthousiastes de la foule, deux projecteurs s'allumèrent pour révéler le bassiste et la guitariste au moment où ils commençaient tous deux à chanter.

Et Remus manqua de renverser sa pinte. Devant lui, un couple était apparu et faisait déjà sauter toute la salle en un rythme électrisant, en chantant un morceau que tous les autres reprenaient en chœur. La jeune fille, à la guitare, avait de longs cheveux blond vénitien qui flottaient légèrement à chaque riff, retenus par une large couronne de fleurs. Son sourire s'élargissait à mesure qu'elle contemplait le public qui chantait à l'unisson avec elle. Mais ce fut le jeune homme qui attira toute l'attention de Remus.

Ses doigts courraient sur le manche de son instrument avec dextérité, et cela ne l'empêchait pas de suivre les vocalises de sa compagne, collant sa bouche au micro trônant devant lui. Des cheveux bleu nuit retombaient en cascade sur ses épaules, et sa large veste à franges, retombant sur son blue-jean moulant rappelaient les rockstars triomphantes qui attiraient instantanément tous les regards vers elles. Son menton était fier, chaque pas sur scène semblait à la fois travaillé et désinvolte et il flottait sur la scène avec l'aisance d'un oiseau de proie.

« Merci Pré-au-lard, nous sommes Weasel and the Wolf et on est super heureux de jouer à la maison ! » s'écria-t-il dans le micro qu'il tenait comme un monarque peut tenir un sceptre.

La foule lui répondit en hurlant, et le groupe enchaîna immédiatement sur un nouveau morceau. Remus prit un instant pour rassembler ses esprits. C'était bien son fils le jeune homme majestueux qui se tenait devant lui, et qui en quelques secondes avait ramené une foule entière de sorciers de toutes les générations à sa cause.

Voilà donc pourquoi Harry avait tant insisté pour que leur première rencontre se fasse ici. Pour que Tonks et lui puissent assister à son triomphe, à sa merveilleuse réussite. Car nul doute n'était possible. Le talent de ces deux musiciens et leur capacité à électriser la foule et à la faire danser d'un même corps, tenaient de l'exceptionnel. De leur temps, même les Bizarr'Sisters n'avaient pas atteint une telle maîtrise de l'art de la scène et n'avaient pas réussi à générer un enthousiasme aussi unanime.

Victoire Weasley jouait avec son micro s'amusant à créer les sonorités les plus extraordinaires et les plus mélodieuses rien qu'avec sa voix, tandis que Ted Lupin avait mis un instant sa basse de côté et quitté sa veste à franges, révélant un torse fin et bien sculpté. Le métamorphomage commença alors son show, et suivant le rythme hypnotisant imposé par sa compagne, il jouait de son apparence, faisant apparaître des peintures tribales sur tout son corps, puis faisait grandir un aigle majestueux sur son crâne, tel le plus improbable des couvre-chefs. Il rattrapa alors son micro et ajouta sa voix chaude et profonde à la voix cristalline et aérienne de la jeune Victoire. Remus se surpris un instant à se demander d'où venaient tous les sons qui venaient à lui.

« Victoire est une Babelienne... »

Harry s'était penché à son oreille et devait s'écrier afin de couvrir la clameur assourdissante de la musique.

« Elle maîtrise toutes les langues de la planète. Mais c'est la première sorcière de l'histoire à avoir utilisé cette capacité pour en faire de la musique. Et Ted est un métamorphomage extrêmement doué. »

Oh que oui qu'il était doué. Une vague de fierté s'empara de lui à mesure que son fils continuait de faire rêver la salle entière en offrant un spectacle empli à la fois de force et de poésie. Comment lui, le frêle et fragile Remus Lupin, avait-il pu engendrer ce concentré de virtuosité et d'aisance ? Il croisa brièvement le regard de son épouse et vit que la même fierté brillait dans ses yeux.

La foule était devenue un animal compact et animé d'un désir de vie rugissant, sautant d'un même rythme. Remus aperçut les deux jeunes fils de Harry qui en faisaient glisser leurs lunettes sur leur nez à force de sauter, et les cris enthousiastes de la jeune Rose qui avait, semble-t-il, rangé sa timidité au placard. Remus reconnut également le jeune Scorpius qui essayait de se frayer un chemin au milieu de la foule pour rejoindre ses amis qui sautaient avec enthousiasme au rythme de la musique.

Dominant la scène, l'aigle de Ted s'était transformé en un loup impressionnant. Il poussa alors un hurlement puissant et la foule entière se mit à hurler à la lune avec engouement. Remus se crispa un instant, mais fut forcé de reconnaître qu'il y avait quelque chose de captivant dans l'attitude de son fils. Et si l'idée ne lui donnait pas instantanément la nausée, il aurait presque pu accepter de rejoindre le reste de la meute à hurler à la lune. A côté de lui, Sirius s'en donnait à cœur joie.

Soudainement, la lumière s'éteignit. La salle se retrouva instantanément plongée dans un noir opaque. La musique se tut tout aussi subitement. La foule enthousiaste, voyant là une nouvelle facétie du groupe, applaudissait avec ardeur. Mais les sens de Remus se mirent en alerte. Et ils lui indiquaient que quelque chose n'allait pas.

Accroché au plafond, un énorme luminaire crépita comme parcouru d'une électricité statique fébrile. Il créa un léger halo autour de lui et Remus put le voir se décrocher en un premier à-coup, puis tomber ensuite lourdement sur le sol, en un bruit sourd. Il ne pouvait plus distinguer la scène. Une baguette s'éclaira et un hurlement transperça le silence qui avait suivi la chute du luminaire. Alors qu'elle avait, quelques instants plus tôt, formé un seul corps soudé et coordonné, la foule se dispersa soudainement en une centaine d'individus paniqués hurlant et courant de manière désordonnée, telle une fourmilière dans laquelle on aurait donné un violent coup de pied.

« Lumos Maxima ! »

Harry Potter avait lancé son sort au plafond et la lumière revint immédiatement, éblouissant quelques uns. Il sauta par dessus la balustrade et atterrit au milieu des élèves attroupés. Tout le monde se bousculait. Certains voulaient quitter au plus vite les lieux, tandis que d'autres appelaient leurs amis. D'autres enfin cherchaient à se rapprocher du lieu de l'impact, pour satisfaire une curiosité malsaine.

« Eloignez-vous, bon sang ! » s'écria Harry en dégainant sa carte d'Auror.

La foule se dispersa sur son passage. D'un même corps, les six survivants descendirent de leur mezzanine, pour rejoindre Harry qui essayait tant bien que mal de ramener le calme auprès des élèves. Il orienta sa baguette vers sa gorge pour amplifier sa voix et celle-ci résonna dans tout le pub.

« SILEEENCE ! »

Tous se figèrent et Harry put enfin se frayer un chemin vers le lieu de l'impact. Il aperçut avec soulagement ses deux fils, mais déchanta rapidement quand il remarqua leurs visages figés, les yeux rivés vers le sol. Son regard descendit et son cœur manqua un battement.

Au sol, gisait la silhouette immobile de Neil Jordan, percuté par le luminaire.

Harry se précipita à son chevet pour dégager le luminaire de sa tête et prit son pouls en posant une main tremblante sur son cou couleur café. Il perçut un faible frémissement, suffisamment régulier pour qu'il puisse adresser un rapide hochement de tête à ses fils, suspendus à ses lèvres.

« Ça va. Pour l'instant. »

Il agita sa baguette et un cerf argenté en sortit, s'envolant immédiatement par la fenêtre, dans l'obscurité. Harry fit ensuite le tour de la pièce. Il était trop tard pour condamner le pub, car trop de personnes avaient pu déjà partir, et les auteurs du méfait ne s'étaient probablement pas attardés.

« Que quelqu'un appelle Mrs Pomfresh, immédiatement ! Que les autres professeurs ramènent les élèves dans leurs dortoirs et essayent de rassembler ceux qui seraient déjà partis. Hannah, je veux une liste précise de toutes les personnes présentes ce soir. Et que toutes les personnes qui auraient remarqué quelque chose d'étrange viennent me voir pour que je puisse collecter leurs souvenirs si besoin. Allez ! Vite ! »

Son ton autoritaire eut pour conséquence de faire réagir l'ensemble des sorciers présents : Neville fit sortir son crapaud argenté de sa baguette et envoya le message à l'infirmière de l'école. Flitwick et Sinistra rassemblaient les élèves, permettant de vider peu à peu le pub et y apportant un semblant de calme.

« Vous six ! S'exclama Harry, en direction des survivants. Restez vigilants. Faites une ronde des environs et n'hésitez pas à m'amener quiconque paraîtrait suspect. De gré ou de force. » ajouta-t-il plus bas.

S'emparant de leurs baguettes, les six s'exécutèrent. Remus lança un rapide coup d'œil vers la scène, où son fils était resté immobile, comme pétrifié par la scène qui s'était déroulée devant ses yeux. D'un bond, il sauta sur la scène et le sortit de sa torpeur.

« Ted ! Va te mettre à l'abri ! Maintenant ! »

D'un geste énergique, il l'invita, ainsi que Victoire, à quitter la scène et à trouver un endroit où se réfugier.

« Mais qui êtes-vous ? » demanda Ted, en se retournant vers Remus qui le poussait vers le bord de la scène. Au pied de celle-ci, une jeune femme blonde leur tendait la main pour les presser à avancer.

« On n'a nulle part où aller, on devait dormir au pub ce soir ! S'exclama Victoire.

- Je m'en occupe, Rem' ! On les ramène au Cottage.

- Ok, Dora, prends soin d'eux ! »

Elle leur attrapa le bras et les entraîna vers l'extérieur.

« Rem' ? Dora ? Mais enfin vous êtes ... ? »

Remus n'eut pas le temps de répondre que son fils et sa petite amie avaient déjà été attirés vers la sortie. Il fut cependant soulagé de les voir partir. Il n'avait aucune envie que leur première rencontre se fasse dans de telles conditions. De plus, le polynectar faisait encore effet, et il aurait préféré pouvoir se présenter avec son vrai visage pour sa première fois face à son fils. Il se focalisa son attention sur le présent et entreprit d'aller inspecter les coulisses.

L'infirmière arriva enfin, et s'empressa d'inspecter l'état de Neil, et de lui administrer les premiers soins. Harry collectait les témoignages dans une cacophonie qu'il avait du mal à gérer. Il releva soudain les yeux de ses notes en entendant les bruits de pas d'un nouvel arrivant.

Un homme un peu plus jeune que lui venait d'arriver, la démarche assurée. Il portait l'habituel uniforme des Aurors, et avançait avec nonchalance. Il mâchonnait même négligemment un morceau de viande séchée et sa décontraction jurait avec l'atmosphère de panique qui régnait encore parmi les personnes qui restaient encore dans le pub.

« Ok, Potter, les renforts sont arrivés ! »

Harry le regarda et ses épaules tombèrent avec soulagement.

« Oh, Abercrombie, tu tombes à pic. Ces élèves étaient au premier plan. Ils sont extrêmement choqués, mais il faut obtenir leurs témoignages. Un élève a été blessé. C'était peut-être intentionnel.

- C'est Scorpius. »

La voix tomba comme un couperet et tous se tournèrent vers sa propriétaire. Hayley avait un visage déterminé et ferme, et évitait ostensiblement le regard de Scorpius. Harry le premier prit la parole :

« Hayley, attends, tu ne peux pas …

- C'est Scorpius, répéta-t-elle avec un peu moins de conviction. Il savait que quelque chose allait se produire. Il m'a tirée vers l'arrière juste avant que … le truc … ne tombe sur … Il savait. »

Scorpius ouvrit la bouche pour répondre mais se retrouva sans voix. Abercrombie le toisa de toute sa hauteur. Comme si elle cherchait à se rattraper, Hayley ajouta précipitamment :

« Il était avec Morgane Rosier. »

Arbercrombie regarda rapidement autour de lui, et ne voyant aucune Morgane Rosier à l'horizon, reporta son attention vers Malfoy.

« Alors, jeune homme ? Serpentard qui plus est, hein ? Qu'a-t-on à dire pour sa défense ? »

Scorpius, avec le regard aux abois d'une proie prise au piège, recula d'un pas.

« Je …

- Tu savais qu'il y avait quelque chose qui se tramait ?

- O...Oui mais …

- Et tu n'as pas cru bon de prévenir quelqu'un, hein ? »

A chaque réplique, il se rapprochait du pauvre garçon qui se ratatinait de plus en plus. Harry sentit James et Albus se placer derrière lui, et remarqua rapidement que les six survivants – hormis Tonks, ainsi que les quelques sorciers qui restaient s'étaient attroupés autour de la scène.

« N..non…

- Laisse tomber, Abercrombie ! » l'interpella Harry d'un ton ferme.

L'Auror ne daigna pas quitter Scorpius des yeux et fit juste un geste de la main pour intimer à Harry de se taire.

« Ou peut-être même qu'on avait tout prévu soi-même … poursuivit-il.

- N… non … bredouilla l'adolescent.

- Tu étais aidé alors ?

- Abercrombie ! C'est un mineur ! Ce n'est absolument pas professionnel ! »

Euan Abercrombie se tourna enfin vers Harry.

« Je vais te dire ce qui n'est pas professionnel, Potter. C'est de laisser un attentat pareil arriver sous ses propres yeux alors qu'on est censé rester vigilant. Heureusement que je suis là pour venir te sauver la mise.

- Abercrombie, en temps que ton supérieur hiérarchique, je te demande de …

- Tut tut ! J'oubliais ... »

Il sortit un parchemin de sa poche.

« J'ai obtenu une promotion pendant que tu jouais à la maîtresse d'école à Poudlard. Les choses ont changé, Potter. Et nos rôles sont inversés désormais. »

N'en croyant pas ses oreilles, Harry lui arracha le parchemin des mains, et fut forcé de constater que part arrêté ministériel, il n'était désormais plus chef du département des Aurors, mais reclassé à simple Auror.

« Mais, Abercrombie, derrière mon dos tu …

- Yep. Maintenant, tu me laisses faire mon travail. Hep toi ! Ta baguette ! »

Terrorisé, Scorpius s'empressa de lui donner, la main tremblante.

« Prior Incantato ! »

La baguette produisit alors un crépitement, et les mêmes éclairs qui avaient alors encerclé le luminaire juste avant qu'il ne tombe sortirent du morceau de bois.

« Ce n'est pas moi, je …

- Gamin, c'est bien ta baguette ? Lui demanda Abercrombie, sans dissimuler un léger sourire narquois.

- Oui mais je …

- Inutile d'en dire plus, M. Malfoy ! »

Il fit un rapide mouvement de baguette et des chaînes se nouèrent autour des poignets de Scorpius, qui regarda autour de lui d'un air implorant.

« Mais … Je ...

- Abercrombie ! Ecoute au moins ce qu'il a à dire !

- C'est moi qui décide, maintenant, Potter. »

Il agrippa sans ménagement l'épaule de Scorpius pour se préparer à transplaner.

« Scorpius ! » S'exclama Albus, mais son père le retint.

Abercrombie arbora une dernière fois son sourire goguenard.

« Tu rendras visite au petit Malfoy en prison ! »

Et il disparut avant que Albus n'ait pu se dégager de l'étreinte de son père et attraper la main de Scorpius.

NdA : Parce que la Bande Originale mentale est fichtrement importante pour ce chapitre, voici la liste non-exhaustive des groupes écoutés durant la rédaction de ce chapitre : The Black Keys, The White Stripes, Franz Ferdinand, She and Him, Caravan Palace, Alt J, Cocoon …

Weasel and the Wolf serait un mélange un peu fou de toutes ces influences. Et vous ? Je serais ravie de savoir (et d'aller écouter) quelle était la musique qui vous était venue en tête pour ce joyeux concert, et comment vous imaginez le groupe de Ted et Victoire.