Bonjour à tous !

Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !

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Harry avait immédiatement convoqué sa femme et ses amis, Ron et Hermione, au Cottage. Ceux-ci tentaient tant bien que mal de rassurer une Rose sanglotante, tandis que Ginny faisait de son mieux pour calmer un jeune James au bord de l'hystérie. Du côté des Serpentards, Albus était dangereusement pâle et silencieux tandis que Hayley s'était renfermée comme une fleur séchée et avait perdu toute son assurance habituelle. Personne n'osait prononcer un mot, chacun à sa façon tentant d'analyser ce qui venait de se produire.

James, Lily, Sirius, Severus et Remus, de retour de leur ronde, firent rapidement comprendre à Harry qu'ils n'avaient trouvé personne. Mais Harry s'en doutait, et se trouvait plutôt soulagé que les cinq soient de retour sans encombre. Le polynectar avait fini d'agir et malgré la gravité de la situation, Harry ne put s'empêcher d'être attendri par le regard que Ted avait posé sur ses parents. Il n'eut pas le temps de s'en émouvoir qu'il sentait une main se poser sur son bras.

« Oncle Harry ? » fit une petite voix misérable.

Il se tourna et aperçut la jeune Hayley. Ses yeux étaient rouges comme deux petits pucerons et sa lèvre tremblante. Harry fut déstabilisé de la voir si fragile. Elle qui chaque jour apparaissait si sûre d'elle et si confiante, elle qui jamais n'avait sa langue dans sa poche et qui semblait capable d'écraser toute personne qui aurait eu l'outrecuidance de se poser en travers de son chemin, Harry en aurait parfois oublié qu'il avait devant lui une enfant de treize ans. Il se pencha vers elle avec douceur.

« Oui, Hayley ? Murmura-t-il.

- Je … Je ne voulais pas … Je ne pensais pas qu'ils allaient embarquer Scorpius comme ça … bafouilla-t-elle.

- Moi non plus, Hayley. Ce n'est pas normal. Mais ce n'est pas de ta faute.

- Mais si je n'avais r… »

Harry la coupa d'un geste de la main.

« Tu as fait ce que tu pensais être juste. Tu ne pouvais pas prévoir que les choses allaient se passer ainsi. »

Il fallait qu'il parle à Hermione. Envoyer un mineur à Azkaban était une chose inconcevable, même lorsqu'ils étaient en temps de guerre. D'après elle, le Département de la Justice Magique avait tellement de problèmes face à la résurgence d'actes de magie noire qu'ils avaient décidé de mettre en place, dans la précipitation et sans consulter le Magenmagot, une série de décrets extrêmement punitifs envers toute personne surpris à utiliser de la magie noire, et cela concernait également les mineurs. Alors certes, les détraqueurs ne gardaient plus la prison depuis longtemps, mais tout de même, le lieu n'était pas conçu pour les enfants.

« Mais enfin, Hermione, il a treize ans ! On va en faire quoi en l'envoyant à Azkaban ?

- Je sais, Harry. J'ai essayé de les raisonner, mais le spectre de la guerre est encore trop présent pour certains.

- Oh pitié, Hermione ! Tes collègues et les gens comme Abercrombie étaient en deuxième année lors de la bataille de Poudlard. Le pire souvenir de cet enfoiré était probablement l'annulation des matchs de Quidditch cette année-là.

- Harry, tu exagères ! »

Et il le savait qu'il exagérait, mais il était trop en colère pour arriver à nuancer son propos. Il avait passé une bonne partie de sa carrière à défendre des valeurs de justice et à veiller à la possible réinsertion des personnes qu'il se voyait arrêter, et bouillonnait de voir ainsi une personne qu'il avait formée non seulement venir lui prendre son poste, mais en plus venir piétiner en quelques secondes des années d'engagement. Et ce qui le mettait le plus en rage, c'était de voir que ses fils ne s'étaient pas adressé la parole depuis le choc de l'événement. Il craignait que cela vienne les séparer définitivement. James et Rose, d'un côté, tentaient tant bien que mal de se remettre du choc d'avoir vu leur ami blessé, et chacun semblait s'efforcer de ne pas s'effondrer pour pouvoir soutenir l'autre. De l'autre côté, Albus semblait avoir perdu toute consistance. Il avait le même air vide et perdu que s'il avait été lui-même embarqué au large de la mer du Nord. Harry en vint à penser au jeune Malfoy et réprima un frisson.

« Il va falloir comprendre ce qu'il s'est passé, se surprit-il à dire à voix haute. C'est très grave. »

Il constata que l'ensemble de la pièce s'était tourné vers lui, mais n'en fut pas étonné. Il avait pris l'habitude d'être la personne vers qui tout le monde se tournait en cas d'extrême urgence. Et la situation était plus que complexe. A sa grande surprise, ce fut son fils aîné qui prit la parole.

« J'aimerais dire quelque chose. » fit-il d'une voix étonnamment claire.

Les regards se tournèrent avec lui dans un silence poli et curieux. Il inspira profondément.

« Je … Je n'ai jamais vraiment apprécié Scorpius. Il est hautain, il n'a pas un sens de l'humour très développé et il est froid comme les couloirs des cachots au mois de février.

- Ferme-la, James ! Le coupa Albus.

- Ce soir, poursuivit-il sans prêter attention à son frère qui lui lançait un regard assassin, il … Il a apparemment blessé mon meilleur ami. Neil, c'est … C'est le mec le plus gentil et le plus drôle de la planète, et une des personnes que j'aime le plus au monde. »

Sa voix tremblotait un peu, mais il semblait déterminé à aller jusqu'au bout. Il déglutit et reprit :

« Ce que je veux dire, c'est que, Al', je n'ai jamais compris pourquoi, mais tu es vraiment attaché à Scorpius, non ? Il est un peu ton Neil à toi, non ? Tu penses sincèrement que c'est quelqu'un de bien, j'imagine ? »

Albus fut déboussolé par la question et balbutia un semblant d'acquiescement, sans trop comprendre où son frère voulait en venir.

« Alors c'est qu'il doit y avoir un problème. Et donc Scorpius a besoin d'aide, de notre aide à tous. Je … Je ne sais pas si ça aidera à faire revenir Neil, mais faire de Scorpius le bouc émissaire de tout ça, ça n'aidera pas Neil non plus. »

Rose, le visage baigné de larmes, hocha la tête.

« James a raison. Scorpius est parfois agaçant, mais je ne le vois pas attaquer si violemment Neil. Il doit y avoir une explication.

- Et on va la trouver, renchérit James. C'est promis, Albus. »

Il aurait été difficile de décrire avec des mots l'ampleur de la reconnaissance qui s'exprimait dans les yeux du jeune Albus. Les deux gryffondors se rapprochèrent alors de lui pour l'enlacer, suivi peu après par Hayley.

Harry les regarda faire, une larme discrète coulant sur sa joue. Jamais il ne s'était senti aussi fier de James et du grand frère qu'il était devenu pour Albus.

oOo

A la surprise générale, le discours de James avait redonné du baume au cœur à tout le monde. Malgré tout, de nombreuses questions restaient en suspens, et Harry sentait qu'il avait sur les épaules la responsabilité d'y répondre. Quand ses deux fils se séparèrent de leur étreinte, ils croisèrent son regard sombre et comprirent qu'il avait pris une décision.

« Pour commencer, il va falloir agir vite. Il est hors de question de laisser Scorpius croupir à Azkaban.

- Le département de la Justice magique va devoir intenter une instruction et un procès, précisa Hermione. J'espère que ça ne traînera pas.

- En attendant, vous ne pouvez pas rester ici, fit Harry aux revenants d'une voix sans équivoque. Ce n'est plus sûr de vous laisser à Poudlard. Je ne peux pas prendre le risque que votre présence soit révélée, et la liste de personnes au courant commence à être très longue.

- Et on va aller où ? » Demanda Lily.

Harry soupira et lança un regard plein de compassion à Sirius.

« Je ne vois pas d'autre solution que le Square Grimmault. »

Sirius hocha la tête silencieusement. Retourner vivre dans la maison de son enfance ne le réjouissait guère, mais il épargna à Harry le souci de la négociation.

« Vois le bon côté des choses, Sirius, tu n'auras plus à partager ta chambre avec Severus. »

Sirius prit un air faussement attristé et désigna Snape d'un coup de coude.

« Oh bah mince, Severus, tu n'es pas trop triste ? »

- Me voici anéanti, Black, répondit Snape d'une voix morne et indifférente. Tes ronflements étaient la seule musique qui me permettait de trouver sereinement le sommeil. »

Harry aurait juré voir l'ébauche d'un sourire amusé se dessiner sur les lèvres de son ancien professeur de potions, mais n'eut pas le temps de s'y attarder.

Il se tourna alors vers les quatre adolescents. Il sembla hésiter un instant pour reprendre la parole, comme s'il savait par avance qu'ils n'allaient pas apprécier ce qu'ils allaient entendre.

« En ce qui vous concerne, désormais, le doute n'est plus permis, vous n'êtes plus en sécurité à Poudlard. Vous suivrez donc les cours à la maison le temps que les choses se calment. »

Une cacophonie de protestations se fit entendre, provenant des quatre élèves, mais y compris de quelques adultes.

« Mais, Papa ! Protesta Albus. C'est pas juste !

- Je ne vais pas laisser Neil seul à l'infirmerie, et ce n'est pas plus dangereux que d'…

- James a raison, poursuivit son grand-père. Poudlard a toujours été plein de dangers et …

- Oui, concéda Harry, mais là, les enfants sont clairement visés et …

- Ah ? Car on n'a jamais été clairement visés, s'exclama Hermione, avec ironie.

- Ce n'est pas pareil, je n'avais nulle part où aller et …

- Excuse-moi Harry, mais j'avais un foyer où aller, moi, et ce n'est ni un troll, ni un basilique, ni un tueur en série – pas d'offense Sirius, ni un loup-garou enragé – encore une fois, pas d'offense, Remus, ni je ne sais quoi qui m'ont fait quitter Poudlard !

- Hermione a raison, insista Ron. Les enfants sauront gérer …

- Mais ce n'est pas la question ! S'écria Harry. Il y a trop de danger et trop d'incertitudes ! »

Il inspira profondément pour essayer de garder son calme et de réfléchir plus lucidement. Ses amis et sa famille avaient en partie raison et il savait bien que c'était la peur qui l'avait fait prendre cette décision. Il savait très bien qu'à l'âge d'Albus et de James, il n'aurait jamais accepté une telle solution, et il connaissait trop bien son parrain ou son père pour savoir qu'eux non plus n'auraient jamais accepté être éloigné de Poudlard sous le prétexte fallacieux d'un quelconque danger.

« Bien. J'ai un compromis. Les enfants doivent s'éloigner de Poudlard, l'école n'est plus sûre pour eux. Juste le temps qu'on en sache un peu plus et que les choses se tassent.

- Harry, mec … Commença Ron, mais Harry le coupa.

- Il reste deux semaines avant les vacances de Noël. Pourquoi ne resteraient-ils pas au Square Grimmault ? Vous pourrez vous assurer qu'ils ne prennent pas de retard au niveau des cours, et ce ne sera pas exactement comme être cloîtrés à la maison ? »

Les six revenants semblaient trouver qu'il s'agissait ici d'une solution raisonnable et les quatre adolescents acquiescèrent avec enthousiasme. La perspective d'avoir des vacances anticipées dans une vieille maison de famille de Sang-Pur entourés d'anciens héros de guerre était bien plus exaltante que de passer deux semaines au sein de leurs familles respectives. Hermione, profitant de ses attributs de Directrice du département de la Justice Magique, s'empressa de délivrer une autorisation temporaire de pratique de la magie pour des mineurs, ce qui allait permettre aux jeunes élèves de continuer à poursuivre leurs apprentissages en dehors de Poudlard.

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Dans tout cette agitation, Remus et Tonks n'avaient toujours pas trouvé un moment pour rencontrer comme il se doit leur fils. Fort heureusement, les préparatifs pour leur départ vers le Square Grimmault étaient rapides, et donnèrent au couple l'opportunité d'engager la conversation.

Ted aidait à vider la salle d'étude de James et Tonks et sursauta quand il aperçut dans l'embrasure de la porte son père et sa mère apparaître timidement. Il se sentit un peu honteux d'en avoir presque oublié leur présence, trop occupé à s'assurer que James et Albus aillent bien.

Remus passa une main maladroite dans ses cheveux et vit Harry lui adresser un signe de tête encourageant depuis le fond de la pièce. A ses côtés, Dora gardait bonne figure, mais ses cheveux changeaient constamment de couleur, témoins de son trouble et de son angoisse.

Harry quitta discrètement la pièce, non sans avoir massé affectueusement l'épaule de son filleul et murmuré quelques mots à son oreille.

Le jeune homme héroïque qui avait été maître de la scène quelques heures plus tôt avait disparu, et devant eux s'avançait un garçon souriant mais un peu timide qui gardait encore quelques traces maladroites de l'adolescence. Ses cheveux étaient de la même couleur que ceux de Remus au même âge, ce curieux mélange de miel et de cendres, qui pouvaient à la fois apparaître lumineux ou ternes selon l'éclairage. Ils lui cachaient une bonne partie des yeux, dans une coupe informe, assez semblable à la façon dont Remus laissait ses cheveux tomber à Poudlard. Il avait cependant moins de cernes que son père à vingt ans, et aucune cicatrice ne traversait son visage.

Il resta un moment immobile, à les regarder tous les deux, comme s'il avait oublié un instant ce qu'il pouvait faire de ses membres.

Ce fut Tonks qui la première réagit en accourant vers lui. Elle le serra vigoureusement dans ses bras, surprise de devoir légèrement lever la tête – il était plus grand qu'elle, et faisait manifestement la même taille que Remus. Il lui rendit son étreinte et se tourna ensuite timidement vers Remus.

« Et bien, euh … Salut. »

Sans trop comprendre ce qu'il faisait, Remus lui tendit machinalement une main à serrer et se maudit instantanément d'avoir un geste si froid. Ted s'en empara avec force et il put se rattraper en l'attirant vers lui pour l'étreindre à son tour.

Tonks s'essuyait discrètement le coin des yeux et quand l'étreinte se desserra, Remus put plonger son regard dans celui de son fils. Cela lui fit l'étrange impression de se regarder dans un miroir légèrement déformant. Le nez et quelques contours du visage étaient ceux de Tonks, mais Ted avait les yeux dorés de son père. Ce même regard timide et plein de gentillesse. Remus y décela en plus une joie de vivre furieuse. Le regard que l'on retrouve chez tous ceux qui ont été choyés et qui en retour n'aspirent qu'à choyer les autres.

Tonks prit la parole, expliquant avec enthousiasme à quel point le spectacle avait été extraordinaire et louant les talents de musiciens de son fils. Son flot de paroles venait remplacer le silence gênant qui était en train de s'installer et permettait à Remus de se contenter de sourire timidement tout en continuant de contempler celui qu'il pouvait avec une fierté indescriptible appeler son fils.

oOo

Il avait été rapidement convenu que James et Albus se partageraient la chambre du rez-de-chaussé, tandis que Rose et Hayley dormiraient dans le salon situé juste à côté. Cela laissait ainsi la grande chambre du premier étage pour Lily et James, et sa jumelle du deuxième étage pour Remus et Tonks. Sirius avait accepté de reprendre la chambre de son enfance et Severus celle de Regulus. Pour quelques nuits, Ted et Victoire avaient décidé de dormir dans le grenier, où le confort d'un hamac serait largement suffisant, après plusieurs mois sur la route. Ted profitait ainsi de quelques précieux instants avec ses parents, avant de devoir repartir en tournée.

« Quelle est la prochaine étape ? » demanda Remus, en se servant une tasse de thé, au matin de leur première nuit dans l'ancien QG de l'Ordre.

Ted répondit d'une voix endormie.

« Ilvermorny. On est à la tête d'affiche du bal de Noël. On a annulé une date à Salem, notre agent était fou furieux. »

Remus eut un regard désolé, mais son fils éclata de rire et chassa les inquiétudes de son père d'un geste désinvolte. Harry, qui était déjà là pour s'assurer que ses fils allaient bien après la soirée mouvementée de la veille, sourit d'un air rassurant à Remus en s'emparant d'un muffin préparé par Kreattur.

L'elfe avait en effet immédiatement accepté de venir servir la maison, et s'était fait une joie de préparer un copieux petit-déjeuner pour tout le monde. Les quelques années passées à Poudlard – et à être libre, avaient rendu le vieux Kreattur méconnaissable. En bon hôte, celui-ci se faisait un plaisir de servir une nouvelle tournée d'œufs au plat, tout en remplissant les verres de Tonks et Remus. L'heure était bien matinale, mais toute la maisonnée était déjà éveillée, ou du moins, hors du lit, à en voir les difficultés que certains avaient à maintenir les yeux ouverts.

Mais tous sursautèrent en voyant des flammes vertes illuminer l'âtre de la cheminée de la grande salle à manger. Les flammes vertes disparurent aussi vite qu'elles n'étaient apparues, et à la place, la tignasse éparse de Ron Weasley apparut.

« Harry ! Vite, cache toi ! Je suis désolé, j'ai fini par lui expliquer la situation, tu sais que c'est impossible de lui cacher quoi que ce soit ! »

Harry n'eut pas le temps de demander à son ami de quoi diable il parlait qu'il entendit une voix vociférer :

« HARRY JAMES POTTER ! »

Il blêmit et sentit six paires d'yeux curieux se poser sur lui. Les enfants, qui eux, avaient reconnu la voix, commençaient à glousser.

Ron lui adressa une dernière grimace désolée, et se poussa pour laisser entrer la tornade qui cherchait à forcer le passage.

« Maman ... » fit-il mollement, mais sa mère lui passa devant sans prêter attention à lui.

« Harry James Potter ! Epoux de la chair de ma chair et que je considère lui-même comme la chair de ma chair ! »

Harry se ratatina sur sa chaise comme un petit garçon pris en faute et essaya un timide :

« Bonjour Mrs Weasley ... »

En réponse immédiate, elle pointa férocement sa baguette vers lui.

« Harry ! Mais tu n'as donc aucune considération pour tes aînés ! Ah si on m'avait dit qu'un jour tu me ferais un coup pareil !

- Mrs Weasley, je … Je vous assure que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour enquêter et essayer de comprendre ce qui a bien pu se pass…

- Je me fiche des détails techniques ! S'écria-t-elle alors qu'Harry se ratatinait sur sa chaise. T'es-tu simplement posé la question des conséquences que cela aura sur moi et sur toute la famille ! »

Elle se radoucit en posant ses yeux furibonds sur les parents de Harry qui s'amusaient de voir leur fils se faire remonter les bretelles de la sorte.

« Oh, Lily, James, vous n'avez pas changé d'un pouce depuis la dernière fois que je vous ai vus, fit-elle d'une voix soudainement pleine de miel. Oh Remus, Tonks, quel plaisir ! »

Elle faisait le tour de la tablée pour s'assurer d'enlacer tout le monde chaleureusement.

« Oh Sirius ! Je suis tellement contente de te voir ! Tu sais que c'est moi qui ai tué ta cinglée de cousine ? »

Sirius tenta d'articuler une réponse, mais fut étouffé par l'étreinte solide de la matriarche et échangea un regard décontenancé avec Remus qui semblait aussi perdu que lui.

« Euh … Merci ? » tenta-t-il alors qu'elle se dirigeait vers Snape.

« Oh, Severus Snape, même toi, je suis contente de te voir ! »

Il voulut répliquer quelque chose d'acerbe mais n'eut pas le temps d'articuler le moindre mot qu'il était déjà étreint avec force et enthousiasme. Il grimaça à ce contact physique non consenti, mais ne put s'empêcher de lancer à son tour un regard désorienté aux autres personnes de l'assemblée.

« Mrs Weasley ... » Commença courageusement Harry, en rattrapant d'un coup de baguette Ron qui tentait de s'enfuir.

Sa belle-mère se tourna à nouveau vers lui, et son regard se rembrunit aussitôt. Elle ramena Ron dans la pièce avec un sort bien plus ferme que celui de Harry.

« Ronald Bilius Weasley ! Reviens ici immédiatement, tu es aussi responsable que lui !

- Mais qu'est-ce que j'ai fait !? Se défendit-il.

- Tu ne m'as rien dit ! Voilà ! Mon propre fils me cache des choses et me ment, qu'ai-je donc fait pour mériter une telle infamie !

- Mrs Weasley, je vous assure que …

- Comment est-ce que je vais faire, moi ? S'écria-t-elle, d'un ton presque suppliant.

- Faire quoi ? Demanda Harry, surpris de la question.

- Mais enfin Harry ! On est à deux semaines de Noël ! Tu crois qu'on organise un repas d'un coup de baguette magique ?! J'ai six invités supplémentaires, ça s'anticipe ! »

Harry soupira de soulagement. Il pensait qu'il s'était agi de Fred, d'un ancien traumatisme de la Guerre ou tout autre chose. Un sourire rassuré revint enfin sur ses lèvres.

« Noël ? Demanda-t-il, enfin, amusé.

- Oui, Noël ! Tu ne croyais quand même pas qu'on allait manquer une opportunité de célébrer les fêtes de fin d'année avec ta famille ! Mais Harry, si seulement tu m'avais prévenue plus tôt ! Où vais-je trouver le temps de tricoter six nouveaux pulls ! »

Harry éclata de rire. Severus, qui se remettait à peine de la violente étreinte qu'il venait de subir, tenta d'intervenir.

« Molly, si cela peut vous rassurer, cinq seront largement suffisant. Je n'en ai vraiment pas l'utilité. »

Le regard de Molly Weasley se fit assassin et elle pointa froidement sa baguette vers l'ancien Maître des potions.

« Personne, tu m'entends, Severus, personne n'a jamais refusé un de mes pulls et ce n'est pas toi qui vas commencer, si tu ne souhaites pas que je te renvoie illico d'où tu viens ! »

Le puissant Severus Snape n'osa pas répliquer et se contenta de lancer un regard presque implorant à Harry.

« Bien, j'ai du pain sur la planche ! » fit-elle joyeusement, après avoir vigoureusement serré dans ses bras les quatre adolescents.

Elle s'éclipsa aussi soudainement qu'elle était arrivée et personne n'osa dire un mot pendant quelques instants. Harry Potter avait réellement une belle-mère terrifiante.

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NdA : Hermione est directrice du Département de Justice Magique, mais est contre les décisions prises par celui-ci ? J'ai trouvé ça contre-intuitif sur le moment, et j'ai failli rétrogradé Hermione à simple « membre » du département. Puis je me suis dit qu'en politique, être à la tête d'un département ne veut pas forcément dire y avoir tout pouvoir, et que Hermione avait pu être amenée à ratifier une telle décision contre son gré. Et surtout, je n'arrivais pas à imaginer Hermione à quarante ans autrement qu'à la tête d'un département du Ministère.

NdA2 : J'ai longuement hésité sur comment Harry doit-il s'adresser à sa belle-mère : par son prénom ou son nom de famille ? Il peut paraître bizarre que Harry l'appelle « Mrs Weasley », mais ça correspond à l'image assez conservateur, timide et respectueux que j'ai de Harry. Même 20 ans après, il continue à voir Molly Weasley comme une figure d'autorité et comme une matriarche.