Bonjour à tous !
Tout d'abord, désolée pour ce long moment sans nouvelle ! L'histoire n'est pas abandonnée, j'ai juste manqué cruellement de temps. Je reviens avec un long chapitre, plein de péripéties, suffisamment je l'espère pour que vous me pardonniez.
Bonne lecture !
Sirius et Severus avaient attendu le moment le plus adéquat pour partager les projets des quatre adolescents avec les autres revenants. Tout d'abord, il avait été convenu qu'il fallait laisser Remus et Tonks profiter de quelques instants d'insouciance avec leur fils et leur belle-fille, avant que ceux-ci ne s'envolent pour leur tournée américaine. Les deux jeunes tourtereaux, qui pourtant étaient au courant des plans des jeunes Potter, Weasley et Dursley, n'en avaient rien laissé transparaître et s'étaient contenté de jouer de la musique et de parler de leurs aventures futures et passées à un couple Lupin plus qu'enthousiaste et curieux. Severus et Sirius avaient ensuite appréhendé d'en parler au couple Potter. En partie parce qu'une nouvelle dispute avait ravivé des tensions entre les deux, et qu'ils avaient peur de la réaction de Lily. Car ils étaient tous deux d'accord sur le fait que la stupidité gryffondoresque de James Potter ferait qu'il serait partant pour ce projet fou. La seule différence était que Sirius considérait l'expression « stupidité gryffondoresque » comme le plus honorifique des compliments, alors que Severus laissait couler en ces mots tout le mépris qu'il pouvait ressentir pour la maison des lions.
Ils avaient donc attendu le matin du surlendemain, après le départ de Ted et Victoire, pour évoquer le sujet avec les autres, en présence des quatre adolescents. Comme ils s'y étaient attendu, James eut une exclamation enthousiaste et Lily fronça les sourcils. Mais ils constatèrent que les adolescents avaient de la ressource, et à force d'arguments rationnels qu'eux mêmes avaient eu du mal à envisager, tous les revenants furent rapidement convaincus.
Ils firent donc rapidement le point sur ce qu'ils savaient. Le dossier Malfoy n'était pas très volumineux, mais Hayley et Albus avaient eu la présence d'esprit de se dire qu'il valait mieux le laisser sur place afin de ne pas éveiller les soupçons de Harry Potter. Et alors qu'Albus s'apprêtait à essayer de chercher l'information nécessaire enchevêtrée au milieu des autres détails du dossier, Hayley avait dégainé un appareil rectangulaire de sa poche et avait commencé à le faire crépiter au dessus de chaque page du dossier. Elle lui avait alors expliqué qu'il s'agissait simplement d'un smartphone qu'elle avait reçu pour son entrée en troisième année. Il lui était complètement inutile à Poudlard, mais fonctionnait sans problème en dehors de l'enceinte de l'école.
Il ne lui avait fallu que quelques instants pour passer en revue les documents qu'ils avaient récupérés et trouver ainsi l'étage où se trouvait Scorpius.
« Reste à savoir comment cet étage est gardé et comment accéder à la cellule de Scorpius, fit Sirius, après avoir dessiné sur un parchemin le plan pour accéder à la prison.
- Ça, fit Hayley, j'en fais mon affaire. »
Elle avait gardé le nez plongé dans son smartphone, et faisait défiler des images à un rythme effréné. Albus la tira de sa contemplation de l'objet afin qu'elle puisse éclairer les autres, qui étaient tous confus.
« Le Ministère de la Magie est lié au gouvernement britannique, expliqua-t-elle, et, comme toute instance gouvernementale, il a une présence en ligne, souvent alimentée par des sorciers issus de moldus souhaitant conserver des informations qui pourront leur être utiles si l'Histoire cherche à se reproduire et si des anciennes discriminations refont surface. »
L'évocation de la guerre créa un léger malaise que Hayley ignora totalement. Elle poursuivit, les yeux toujours rivés vers son appareil.
« Toujours est-il que, même issus de moldus, les sorciers n'ont qu'une notion toute relative de la sécurité informatique, persuadé qu'aucun sorcier ne viendra fouiller de ce côté-là, et qu'aucun moldu n'accordera le moindre crédit aux documents qu'ils mettront en ligne. Donnez-moi quelques jours, et je pourrai trouver quelques informations sur Azkaban. J'aurais peut-être besoin d'acheter un ordinateur assez puissant, mais mes parents m'ont laissé un peu d'argent pour mon anniversaire, donc ce ne serait pas un souci. »
Elle s'était attendue à avoir quelques regards impressionnés par les capacités financières de ses parents, mais se souvint très vite que son auditoire n'avait aucune idée de ce qu'était un ordinateur, sans même parler de son prix. Elle sentait même que les plus anciens n'avaient strictement rien compris à tout ce qu'elle avait dit.
« Comment tu sais tout ça ? Demanda Albus, admiratif.
- Je n'ai pas pris l'étude des moldus pour apprendre à me servir d'un four à micro-ondes, ironisa-t-elle. Comme j'étais la seule enfant de moldus et que je m'intéressais aux réseaux sociaux, le prof m'a expliqué les rudiments de l'informatique sorcier, qui en est encore au stade embryonnaire, et me laisse bosser sur un projet perso. De toute façon, vous autres sorciers êtes tellement obsédés par le monde de la magie que vous n'avez même pas remarqué que Pré-Au-Lard s'était muni d'un cybercafé, qui permet aux enfants de moldus de rester en contact avec leur famille. »
Elle croisa le regard amusé de Lily, qui même si elle ne savait pas ce qu'était un cybercafé, connaissait pertinemment le mépris plus ou moins affiché que les sorciers avaient pour les avancées technologiques moldues.
Il fut donc rapidement convenu que Hayley allait poursuivre ses recherches de son côté avant qu'ils puissent élaborer un plan suffisamment solide. Chacun reprit alors ses activités, ce nouveau projet complètement fou hantant presque toutes les pensées.
Severus était resté dans le salon qui avait été aménagé comme une salle de potions de fortune. Il s'était replongé dans ses notes lui permettant de choisir quelle serait la prochaine potion à faire réviser à l'aîné Potter en préparation de ses Buses, tandis que Lily rassemblait les ingrédients d'une potion revigorante, se disant qu'une réserve serait bien utile en prévision d'une escapade au milieu des vagues agitées de la mer du Nord.
Une tête brune n'avait pas quitté la pièce, et Severus mit un moment pour la remarquer.
« Albus Potter, que faites-vous encore ici ? Il me semble que Black vous attend pour son cours sur les hippogriffes, supposé que cet animal soit capable de transmettre le moindre savoir... »
Le jeune garçon remonta ses lunettes sur son nez d'un geste timide, et inspira un grand coup avant de demander d'une voix timide.
« Je me demandais, professeur Snape, si vous pouviez m'apprendre certaines choses qui dépassent le programme de troisième année. »
Severus releva un sourcil et le jeune Serpentard poursuivit :
« Je sais qu'il n'y a plus de détraqueurs à Azkaban, mais je me disais qu'il serait peut-être utile d'apprendre le sortilège du patronus. Mon père m'a dit que vous le maîtrisiez à la perfection. »
A ces mots, Lily sortit la tête de ses ingrédients pour s'exclamer :
« C'est vrai, Sev' ? J'adorerais voir ton patronus ! »
Le visage de Severus se contracta malgré lui et il grimaça.
« Potter s'est trompé, répondit-il vivement, il a dû confondre avec quelqu'un d'autre, car je n'ai jamais réussi à réaliser un patronus corporel. Maintenant soit vous avez d'autres questions, soit vous déguerpissez avant que Black ne s'impatiente de votre retard ! »
Il avait été si sec que même Lily en sursauta et se replongea dans la découpe de ses ingrédients sans dire un mot. Albus eut un regard déçu et s'empressa de quitter la pièce en bafouillant quelques excuses.
Sans trop comprendre pourquoi – car après tout, il ne lui devait rien à ce rejeton Potter, non ? - Severus se sentit quelque peu honteux de sa réaction. Il posa ses notes et se releva pour aller rattraper le jeune garçon. Il l'interpella dans le couloir, en s'assurant que Lily ne l'entende pas.
« Potter ! Rendez-vous demain vers 8 heures, devant la porte du petit bureau du troisième étage. Ne soyez pas en retard et n'en parlez à personne. »
Le jeune Albus Severus Potter lui répondit par un large sourire enthousiaste.
oOo
La journée avançait et la pleine lune était désormais inexorable. Remus jeta un coup d'œil par la fenêtre, et, en voyant le jour qui déclinait, il se dit qu'il lui restait encore une heure ou deux. Sans trop savoir pourquoi, il avait gentiment repoussé les gestes affables et pleins d'inquiétude de Tonks. A l'approche de sa transformation, il sentait bien au fond de lui que les seules présences qu'il pouvait tolérer étaient celles de Sirius et de James. Ils avaient été les premières personnes, en plus de ses parents, à le regarder sans jugement et à rester les mêmes après avoir appris sa vraie nature. Et ces moments entre Maraudeurs le replongeaient dans une des périodes les plus heureuses de sa vie. Une période faite de camaraderie, de blagues potaches, d'aventures et de rêves adolescents. L'époque bénie de l'insouciance qu'il ne retrouvait pas en la compagnie de Tonks, malgré tous ses efforts. Le monstre allait revenir, apprivoisé cette fois-ci, mais il allait revenir malgré tout. Et il avait besoin du courage de ses meilleurs potes pour y faire face.
Il avait été convenu qu'il passerait sa transformation dans le grenier, qui avait à l'époque servi de refuge à l'hippogriffe Buck. Patmol allait l'accompagner, mais l'espace étant réduit, Cornedrue avait accepté de ne pas rester, afin de ne pas stresser le loup enfermé dans un endroit clos. Le cerf aurait de toute façon été frustré de ne pas pouvoir gambader librement. En attendant l'arrivée de l'astre lunaire, ils s'étaient installés dans la petite chambre de Sirius, dont la trappe au plafond donnait directement dans le grenier. Les bièraubeurres qu'ils avaient décapsulées, ainsi que les vieilles photos de filles en bikini sur les murs de la chambre renforçaient leur image d'adolescents attardés qui retrouvaient avec gourmandise leurs vieux plaisirs de jeunesse.
Pour détendre l'atmosphère, Sirius racontait une vieille histoire de Maraudeur, un ancien plan rocambolesque pour séduire une jeune élève, qui n'avait bien sûr jamais fonctionné. Un coup à la porte vint troubler leur légèreté et les rires s'envolèrent par la fenêtre. Remus intima à la personne d'entrer, et le visage de Snape apparut par la porte. Remus, pour qui la présence de Severus était un rappel de l'imminence de la pleine lune, perdit immédiatement son sourire radieux. James, quant à lui, se renfrogna et lui lança un regard assassin. Seul Sirius ne sembla pas perdre sa bonne humeur.
« Snape ! S'exclama-t-il. Quel bon vent t'amène ? »
Snape ouvrit complètement la porte et révéla une fiole qu'il tenait à la main.
« Lupin, n'oublie pas ta dernière dose de potion. »
Le ton était plein de potentiels reproches et de sous-entendus, mais Remus ne sembla pas relever. Au contraire, il remercia chaleureusement le maître des potions pour son attention. Snape jeta un coup d'œil aux bouteilles de bièreaubeurre et eut un reniflement désapprobateur. Il tendit la fiole à Lupin qui la but aussitôt, et s'apprêta à quitter cette antre d'adolescents immatures sur le retour quand Remus l'interpella.
« Severus ! Pourquoi tu ne resterais pas un instant avec nous ? »
D'une même personne, Snape et James le dévisagèrent comme s'il était devenu fou. Seul Sirius sembla considérer qu'il s'agissait d'une bonne idée et hochait la tête avec enthousiasme. Snape leva les yeux au ciel comme si Remus lui avait suggéré de danser la Polka avec le Seigneur des Ténèbres. Mais Remus lui décapsula une bouteille d'un geste et Sirius se décalait déjà de sa place sur son lit pour lui laisser de la place. Même James Potter avait soupiré, et finit par marmonner « si ça te fait plaisir, Remus... ».
Il finit par céder et agrippa sa bièraubeurre. Il s'assit maladroitement sur le lit de Sirius, se sentant comme un serpent au beau milieu d'une meute de lions. Sirius voulut le détendre en posant une main affectueuse sur son épaule, mais cela eut l'effet inverse, et Snape se dégagea brusquement.
Sirius ne s'en formalisa pas, et reprit son histoire, qui impliquait une chute dans le lac, un rodéo avec le calamar géant et un baiser passionné avec une jolie Serdaigle. Remus venait temporiser en précisant que c'était la Serdaigle en question qui l'avait poussé dans le lac, et qu'en lieu de baiser langoureux, c'était plutôt le petit ami de la jeune fille qui était venu lui remettre les idées en place à coup de battes de Quidditch.
James semblait peu à peu oublier la présence de Snape et riait joyeusement aux plaisanteries de ses amis. Severus, de son côté, se détendait également légèrement. Il était toujours sur le qui-vive, prêt à recevoir à tout moment une mauvaise plaisanterie à ses dépends, mais celle-ci ne venait jamais. Il se surprit même à sourire en entendant les récits des nombreuses déconfitures amoureuses de Sirius Black. Celui-ci, cependant, parlait de ses conquêtes avec une fierté non dissimulée.
« Il faudrait vérifier les archives de l'école, mais je pense que mon lit est celui qui a accueilli le plus de membres de la gente féminine de Poudlard. Sans me vanter, je pense que je détiens le record.
- Tu as aussi le record de celui qui gardait le moins longtemps une fille ! S'exclama James.
- Et d'après ce que m'avait dit Lily en cinquième année, il y avait une raison toute particulière à cela. »
C'était la première fois que Severus intervenait pour prendre part à la conversation. Les trois gryffondors posèrent un regard curieux sur lui, avides d'en savoir plus. Il hésita un instant, se sentant acculé, puis se décida à poursuivre.
« Disons que ton surnom Patte molle ne semblait pas venir du fait que tu étais un chien, mais plutôt de certains problèmes de virilité. »
Un silence suivit, et l'espace d'une seconde, une tension s'installa. Severus apprécia le malaise qu'il venait d'installer, mais se demanda tout de même s'il n'était pas allé trop loin. Mais le silence fut rapidement brisé par les éclats de rire presque hystériques de James et Remus. Sirius, quant à lui, lança un regard outré et trahi en direction de Severus, qui ne put réprimer un sourire amusé.
Remus s'essuya le coin des yeux en reprenant son souffle et fut attendri en voyant le regard faussement offusqué de Sirius. Il posa ensuite les yeux sur Snape et lui adressa un sourire sincère. Severus ne répondit pas, l'inverse aurait été étonnant, mais le simple fait de le voir partager un moment convivial avec eux aidait à apaiser les nombreuses tensions. Même James semblait avoir mis de côté sa haine et sa rancœur pour la remplacer par une légère gêne.
Remus jeta un coup d'œil vers le ciel et constata que la pleine lune était presque là. Severus comprit le message implicite et quitta la pièce. Le loup allait être inoffensif, mais il valait mieux ne pas lui imposer la présence d'un humain pour éviter de le stresser outre mesure, qui plus est un humain qu'il avait déjà attaqué à plusieurs reprises. James en fit de même, après avoir pris dans ses bras son ami dans une accolade chaleureuse.
En sortant de la pièce, il passa devant la porte de Regulus, où s'était déjà enfermé Snape. Il hésita un instant, et sans trop savoir pourquoi, il frappa un coup sec à la porte. La voix sèche et peu accueillante de Snape l'invita à entrer.
La chambre de Regulus était complètement différente de celle de son frère. Des bannières Serpentard tapissaient les murs, et sur les étagères, de nombreuses fioles et des épais ouvrages aux reliures de cuir prenait patiemment la poussière. Si on lui avait dit qu'il s'agissait en réalité de la chambre d'enfance de Severus, il aurait parfaitement pu le croire.
« Potter ? » l'interpella Snape, d'un ton réfrigérant.
James essaya de rassembler ses esprits, en se demandant ce qu'il faisait là. Il finit par marmonner :
« Merci pour ce que tu as fait pour Remus. Il est vachement plus détendu que pour les autres lunes, cette potion est vraiment extraordinaire. »
Il avait du mal à articuler comme si les mots sortaient à contrecœur de sa bouche. Snape haussa les épaules d'un air indifférent et sembla attendre poliment que James quitte la pièce et que la conversation se termine, montrant qu'il n'avait aucune envie de la poursuivre. James continua cependant péniblement.
« Et ... Je ne suis pas sûr de comprendre tous les détails, mais … Merci d'avoir sauvé la vie de mon fils, à plusieurs reprises en plus, si j'ai bien compris. »
Les doigts de James s'agitaient sur le mur où il s'était appuyé, pour tenter de se garder une contenance. Snape ne haussa pas les épaules, et son rictus habituel ne vint pas se former sur ses lèvres. Il se contenta de regarder James intensément et pour une fois, il ne sentit pas son visage être contracté par la haine. A son tour, au prix d'un effort surhumain, des mots sortirent péniblement de sa gorge.
« Et merci à toi et Black de m'avoir sauvé la vie.
- A deux reprises, si on compte la dernière pleine lune, répliqua James avec un sourire malicieux.
- Oui certes, concéda Severus en grimaçant. Mais n'abuse pas, Potter. »
James hocha la tête d'un air entendu et quitta enfin la pièce. Il s'appuya ensuite lourdement contre le mur, encore sonné d'avoir eu pour la première fois de sa vie un échange cordial avec Severus Snape.
oOo
Remus et Sirius s'étaient retrouvés seuls dans la petite chambre, et un silence à la fois confortable et inconfortable s'était installé entre eux deux. Sirius avait tiré la petite trappe vers lui, pour ouvrir le passage vers le grenier, et Remus s'y était engouffré. Il savait que les rayons de la lune pouvaient désormais percer le ciel à tout moment, et qu'il fallait qu'il soit enfermé dans le grenier afin de garantir la sécurité de tous. Sirius le rejoignit aussitôt et referma la trappe derrière lui. Il agita sa baguette et se transforma en l'immense chien noir qui allait être son compagnon pour la nuit.
Remus inspira profondément. Les rayons perçaient à peine à travers les persiennes, mais il savait qu'ils n'avaient pas besoin de l'atteindre pour réveiller le loup en lui. Le loup savait que son amie la lune était là, et c'était suffisant pour le faire surgir. Une douleur lui transperça la colonne vertébrale et il se tordit en deux. La potion de Severus atténuait grandement la douleur, mais celle-ci persistait malgré tout, insidieuse et incessante. Il sentit sa peau se couvrir de fourrure et ses os se modifier en plusieurs craquements sonores. Il sentit ses dents s'allonger dans sa mâchoire, qui s'allongea à son tour pour laisser plus de place à sa désormais impressionnante dentition.
Enfin, après quelques minutes de douleurs, la transformation était terminée. Le loup était là, mais, grâce au miracle de la potion Tue-Loup, il était un peu sonné et apathique, ce qui laissait à Remus l'espace nécessaire pour reprendre sa place.
Après de nombreuses pleines lunes chaotiques et violentes, Remus était toujours surpris de se retrouver à partager paisiblement son esprit avec celui du loup, et à se retrouver conscient dans ce corps qui lui semblait si étranger. Si le chien était une extension naturelle du corps de Sirius, Remus avait encore toutes les difficultés du monde à se sentir à l'aise dans cet étrange costume.
Il s'ébroua et renifla les environs. Il colla sa truffe contre celle de Patmol, et le loup sembla reconnaître cet ancien compagnon. Il eut un jappement joyeux, auquel répondit tout aussi joyeusement Sirius. Se sentant d'humeur joueuse, il attrapa le col du chien en un grognement, et Patmol répondit à son tour par un grondement sourd faussement agressif. Très vite, le jeu se mit en place, et les deux canidés exprimèrent à grands coups d'aboiements et de hurlements la joie de se retrouver à nouveau à deux.
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Enfin, au fin fond de la nuit, alors que les jeux les avaient épuisés, le chien et le loup se calmèrent et s'endormirent paisiblement. Le loup avait son compagnon près de lui et n'avait pas peur. Pour une fois, il était en paix avec l'humain. A travers les persiennes, la lumière de la lune venait les border alors que leur respiration calme et synchrone était le seul bruit venant troubler le nouveau silence qui avait enveloppé le grenier.
Le soleil enfin vint remplacer la lune, et pointa ses premiers rayons sur la tête du loup, qui disparût lentement afin de laisser de nouveau place à l'humain. Le loup partit si discrètement que l'humain ne se réveilla même pas. Blotti contre Patmol, il se rapprocha davantage de l'animal et de sa fourrure chaude et réconfortante, et le serra encore plus contre lui.
Patmol se réveilla et reconnut l'odeur de Remus. Il lui donna un coup de langue affectueux et Remus finit par ouvrir les yeux en riant doucement. Ce dernier prit enfin conscience du sol inconfortable et poussiéreux du grenier et, désormais privé de sa fourrure, il frissonna de froid. Il était nu. Il s'en voulut un instant d'avoir oublié de retirer ses vêtements qui s'étaient retrouvés déchiquetés par le loup, mais il ne se formalisa pas de la présence de Sirius, y compris quand celui-ci reprit sa forme humaine.
L'animagus le transperçait de son regard gris-bleu, qui semblait pouvoir tout déceler en lui. Incapable de réellement pouvoir faire quoi que ce soit d'autre, Remus s'y plongea de toute son âme. Était-ce qu'il était encore engourdi par la nuit agitée ou étaient-ce juste le regard magnétique de Sirius ? La seule chose qu'il savait, c'était que ces yeux étaient la seule chose qui comptait en cet instant précis. Il s'approcha de lui et l'embrassa avec toute la passion qu'il avait cherché à étouffer ces dernières semaines.
Le loup était un animal passionné et bouillonnant d'émotions, tout ce que Remus cherchait à éviter dans le timide et raisonnable personnage qu'il s'était construit au fil des années. Là, le loup n'étant pas totalement parti, il le laissa encore quelques instants garder possession d'une part de son esprit, afin de pouvoir totalement s'abandonner aux baisers et aux caresses de son ancien amant, l'esprit complètement étourdi par le plaisir. Très vite, s'ajoutèrent des étreintes, parfois douces, parfois violentes, toujours passionnées, et Remus retrouva le bonheur de complètement lui appartenir, comme ils s'étaient si souvent appartenu l'un l'autre aux lendemains de pleines lunes.
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Mais quel idiot ! Quel idiot ! Remus se maudissait en repensant ce qui venait de se passer. Il avait ainsi fini par craquer. Il n'avait pas tenu longtemps, ne manqua pas de lui rappeler sa conscience avec un ton plein de jugement. Il ne pouvait qu'être d'accord avec cette petite voix condescendante au fond de son cerveau. Sans même chercher à se débattre, il avait laissé les fantômes du passé l'entraîner vers les profondeurs. La langue de Sirius avait le goût de la plus délicieuse des madeleines de Proust, et il l'avait laissée faire sans même chercher à contre-argumenter.
L'espace clos, la peur panique mais toutefois savoureuse de se faire surprendre à l'improviste, le souffle chaud de Sirius et sa voix plus rauque qu'à l'habitude, tous les éléments avaient fait l'effet d'un voyage dans le temps, le ramenant à ces instants si délicieux de son adolescence.
Les mains de Sirius étaient plus fortes et plus caleuses qu'à l'époque, et ses mouvements plus brusques et précipités, tandis que les gestes de Remus étaient encore quelque peu tremblants et hésitants, mais ce ballet de corps enchevêtrés les amena tous deux au même paroxysme de jouissance, et ils retombèrent tous deux l'un contre l'autre, comme un soufflé qui s'effondre sur lui-même.
L'esprit encore un peu embrumé et les joues rosies par le plaisir, il reprenait son souffle et s'empressait de rassembler ses vêtements déchiquetés pour essayer de retrouver une certaine contenance.
« Méfait accompli. » lui murmura la voix espiègle de Sirius, et Remus se surprit à sourire avec une gourmandise à peine dissimulée à cette boutade. Pour être tout à fait honnête, l'interdit de la chose donnait à son incartade une saveur grisante, et la dose d'ocytocine qu'il venait de recevoir anesthésiait tout sentiment de honte qu'il pouvait avoir.
« Ravi que tu n'aies pas été … Patte molle… le taquina-t-il.
- Jamais avec toi. » répondit Sirius avec un large sourire avant de l'embrasser.
A chaque baiser, Remus avait le sentiment que son cœur allait exploser. Mais l'excitation redescendait rapidement, et très vite, ses pensées se tournèrent vers Tonks. Une violente vague de honte s'empara soudainement de lui et il se recula de Sirius. Celui-ci, semblant comprendre, ne chercha pas à le rattraper.
« Qu'est-ce qu'on a fait, Sirius ? » demanda-t-il d'une voix inquiète.
Sirius restait silencieux. Pour lui aussi, l'euphorie du moment était passée, et la réalité des faits lui était brusquement revenue en plein visage.
« La question est surtout, qu'est-ce que tu vas faire ? »
Les mots lui avaient échappés, et il les regretta aussitôt. Par cette question, ils venaient commencer à dessiner un cadre, à ajouter une contrainte à ce qu'ils vivaient, alors qu'ils avaient passé une vie entière à rejeter les lignes classiques ou les définitions parfois trop sclérosantes. Remus s'était toujours amusé des aventures adolescentes de Sirius, et Sirius avait également écouté d'une oreille attendrie quand Remus lui avait raconté avoir parfois découché chez des jolies moldues troublées par l'air mystérieux de l'homme-loup. Non, la jalousie n'avait jamais eu place entre eux. Peut-être parce qu'au fond d'eux-mêmes, ils avaient toujours su que leurs aventures personnelles n'avaient jamais eu la moindre importance. Là, les choses étaient différentes. Il y avait la douce et gentille Tonks, qu'aucun d'eux n'avait envie de blesser. Il y avait Ted et sa bonne humeur communicative, qu'ils ne voulaient pas entacher. Il y avait désormais cette chose fragile et miraculeuse qui s'appelait une famille. Mais tout ceci semblait si dérisoire face au sentiment qui leur prenait les tripes quand ils se retrouvaient tous les deux.
« Que veux-tu que je fasse ? Tonks est ma femme. Il n'y a rien à faire. Ni même à refaire. » fit-il tristement.
Il savait qu'il mentait, et qu'il se mentait à lui-même. Ils avaient ouvert la boite de Pandore, et il savait très bien que dès que l'occasion se représenterait, il retomberait corps et âme dans les bras de Sirius. Il contempla ses mains, et remarqua qu'il n'avait même pas pris le temps de retirer son alliance. Il se sentit alors terriblement lâche, au moins aussi lâche que le jour où il avait failli abandonner Tonks et leur bébé à venir. Il se sentait lâche et impuissant. Et Sirius semblait se sentir pareillement désarmé.
oOo
L'aiguille des minutes se déplaça en un cliquetis pour indiquer sept heures trente, et le réveil posé sur la table de chevet de Severus se mit à retentir, mais cela n'eut aucun effet sur lui. En effet, malgré ses nombreux sorts d'insonorisation, il n'avait presque pas pu fermer l'œil de la nuit, et s'était contenté de contempler le plafond fissuré en attendant que les hurlements sauvages provenant du grenier juste au dessus ne se calment. Une petite voix au fond de lui se demandait si, plutôt que le loup-garou hurlant juste au dessus de lui, ce n'était pas plutôt la perspective de devoir enseigner un acte aussi intime que l'invocation d'un patronus au petit-fils de Lily qui l'avait empêché de trouver sereinement le sommeil. Il se souvenait de ses cours désastreux d'occlumancie avec son fils, où il avait été bien incapable de garder son sang froid, et se demanda si cette fois-ci serait différente. Il envoya son cerveau se faire voir et sortit du lit en maugréant.
Tout d'abord, il allait s'empresser de passer ses nerfs sur Lupin et son crétin d'acolyte. Il vit que l'aurore pointait le bout de son nez et que la lune avait disparu. Parfait, il allait pouvoir prétexter de demander si la potion tue-loup avait bien fonctionné pour lancer une remarque acerbe à Lupin pour lui faire payer de l'avoir privé de sa nuit réparatrice. Le regard désolé et plein de compassion de Lupin suffirait à lui donner le regain d'énergie, ou plutôt de mépris et de dédain, dont il avait besoin pour la journée. Il attrapa la trappe du grenier et la fit pivoter vers lui. Il grimpa les premières marches menant au grenier mais n'eut pas besoin de monter bien plus haut, pour vite revenir en arrière et s'empresser de refermer la trappe derrière lui.
Black et Lupin étaient bien trop occupés pour l'avoir remarqué, et le peu qu'il en avait vu lui avait embrasé les joues d'un feu incontrôlable. Bordel de Merlin ! Mais on n'avait pas idée de faire des choses comme celles-là dans une maison qui regorgeait d'enfants !
Quelques coups brefs furent frappés à sa porte, et il se leva, l'esprit encore un peu perturbé par la vue des corps nus de Black et Lupin imbriqués de manière complètement improbable. Il ouvrit la porte légèrement, juste suffisamment pour laisser entrevoir son visage et voir qui venait le déranger alors qu'il n'avait même pas eu le temps de s'habiller. C'était Tonks qui s'empressa de lui demander :
« Je cherche à avoir des nouvelles de Remus, tu ne sais pas comment la pleine lune s'est passée ? »
Son cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse. Voilà que malgré lui, il se retrouvait complice des évènements de la nuit. Il fut tenté un instant de dire à Tonks d'aller simplement vérifier par elle-même dans le grenier, mais il se ravisa. Les dernières semaines à partager de manière forcée une partie de la vie de Sirius l'avaient amené à ressentir une certaine solidarité pour ces deux crétins de Gryffondor et il ne se sentait tout simplement pas le cœur à les trahir. Il se méprisa un instant pour cette nouvelle faiblesse, mais fut coupé dans ses réflexions alors que Tonks expliquait son problème :
« Sirius doit probablement encore dormir, car il a verrouillé sa chambre et ne répond pas. On n'a accès au grenier qu'à travers l'une de vos chambres, et donc je me demandais si … Hé, ça va ? Tu as les joues rosies, c'est bizarre. »
Severus se ressaisit rapidement et tenta d'afficher l'air le plus neutre possible.
« Sirius dort. Oui, Sirius dort très profondément. Au revoir Tonks. »
Il voulut fermer la porte mais Tonks la retint.
« Je te demandais au sujet de Remus, est-ce que je peux aller le voir ?
- Euh … Non.
- Pourquoi ?
- Il est … Encore endormi. Il faut un peu de temps pour se remettre des effets de la potion Tue-Loup. Tu … Attends un peu. Quelques heures, peut-être. »
Il retenta à nouveau de fermer la porte, mais Tonks résista à nouveau.
« Tu es sûr que ça va ?
- Oui. Ça va, fit-il d'une voix mécanique. Repasse plus tard. »
Il finit par arriver à fermer la porte au nez de Tonks et ne poussa un soupir de soulagement que quand il entendit ses pas s'éloigner.
oOo
Il s'empressa de s'habiller en constatant qu'il était presque en retard pour son rendez-vous avec le fils Potter. Il pesta intérieurement quand il vit que le jeune Serpentard était déjà devant la porte du bureau. Il le privait ainsi d'un de ses petits plaisirs, qui était d'arriver juste avant les élèves à un point de rendez-vous afin de pouvoir les réprimander à tout loisir sur leur manque de ponctualité.
Mais Albus Severus Potter était bien trop impatient de cette première leçon en privé pour n'avoir ne serait-ce qu'une minute de retard. Il le salua d'un sourire enthousiaste et Severus ouvrit la porte du petit bureau afin de l'inviter à entrer.
La pièce était étroite, mais en poussant d'un geste de baguette un secrétaire et un fauteuil, Severus parvint à libérer suffisamment de place pour que la leçon se fasse de manière confortable.
« Je voulais tout d'abord vous présenter mes excuses. » fit le jeune Serpentard d'une voix respectueuse.
Severus releva un sourcil mais le laissa continuer.
« Ce n'était pas délicat de ma part d'évoquer votre patronus en présence de ma grand-mère. Mon père m'en a beaucoup parlé, il m'a raconté ce que votre patronus avait pu représenter pour lui, dans la forêt de Dean, que j'en ai oublié ce qu'il représentait avant tout pour vous. »
Le jeune garçon avait cette façon si désarmante de s'exprimer, qui lui rappelait la douceur qu'avait la jeune Lily au moment de leur scolarité, bien plus que les regards plein de méfiance et de souffrance que lui avait lancés le jeune Harry Potter. Il se dit qu'il aurait probablement pu retrouver ce même regard plein de confiance et de respect s'il n'avait pas lui même été aveuglé par la haine, à l'époque, et s'il n'avait pas été aussi abject avec le garçon. Il avait donc fallu une génération supplémentaire pour que Severus accepte de voir avec un début de bienveillance l'héritage de Lily exister à travers un autre être humain. Un Potter, qui plus est.
« Oubliez-ça, fit-il avec un geste d'indifférence. Le patronus est certes un acte très intime en fonction de la forme qu'il peut prendre, mais il est avant tout un acte de magie avancé bien au dessus des capacités habituelles d'un troisième année. Mais votre père avait réussi à invoquer un patronus corporel à votre âge, je suppose qu'il n'est pas complètement insensé d'essayer de vous l'enseigner. »
Les yeux d'Albus brillèrent intensément et il hocha la tête afin de montrer qu'il était prêt pour le début de la leçon.
Alors Severus prit la voix docte qu'il prenait pendant ses cours pour expliquer au jeune Serpentard les subtilités du sortilège patronus. Il lui fit répéter la formule à plusieurs reprises, pour s'assurer que la prononciation était bonne, et lui expliqua une à une toutes les mécaniques du sort. Albus opina et dégaina sa baguette. Il chercha un souvenir heureux, et repensa à la première fois qu'il était monté sur un balai. Il se remémora avec précision la sensation au ventre qu'il avait eut quand il s'était senti s'élever, et le regard confiant de son père qui tenait le balai derrière lui.
« Expecto Patronum ! » s'écria-t-il.
Rien ne se passa.
« Expecto Patronum ! » réitéra-t-il, d'une voix un peu plus impatiente.
Son visage se contracta en une expression de frustration.
« Calmez-vous, bon sang ! S'exclama Snape. Ça ne sert à rien d'agiter votre baguette ainsi ou de crier l'incantation ! Quel était le souvenir que vous aviez choisi ?
- La première fois que je suis monté sur un balai. »
Severus leva les yeux au ciel. Bon sang, les Potter et le Quidditch, quel roman ! Se dit-il, agacé.
« Ce n'est vraiment pas assez puissant. Allons, vous n'avez rien de plus fort que ça ? »
Albus réfléchit. Il reprit le même souvenir, mais se focalisa un peu plus sur le regard de son père. Il se replongea dans ce souvenir, qui lui revint un peu plus précisément. Il devait avoir six ans. Dans le ciel, James virevoltait déjà et l'encourageait d'un large geste de la main. Il sourit au départ à ce souvenir, et il sentit son esprit s'apaiser. Mais peu à peu, le souvenir se fit encore plus précis. Il avait chuté, et avait vu le sourire s'effacer sur le visage de son père. Il avait entendu le rire de James qui le provoquait en passant juste au dessus de lui. Il secoua la tête et se concentra à nouveau. Il lui fallait un autre souvenir.
Sa rencontre avec Scorpius dans le Poudlard Express. Ils avaient échangé quelques cartes de chocogrenouilles, et échangé leurs appréhensions avant la cérémonie de répartition.
« Expecto Patronum ! »
Encore une fois, le souvenir heureux se transforma pour en arriver à l'image qui le hantait depuis des jours, celle de Scorpius, grelottant dans sa cellule à Azkaban. Encore une fois, rien ne sortit de sa baguette.
« Je n'y arrive pas ! s'exclama-t-il, furieux.
- Mettez-y un peu du vôtre ! Essayez de choisir des souvenirs un peu plus puissants que du simple Quidditch ! »
Au ton sec de Severus Snape, Albus répondit par un regard noir. Une colère sourde commençait à monter en lui, et il commençait à en avoir assez de l'assurance du sorcier.
« Parce que vous croyez que je n'essaye pas ? Dès que je pense à quelque chose de joyeux, j'ai des montagnes de … de … d'angoisses qui remontent. C'est peut-être facile pour vous, mais ça ne l'est pas pour moi ! »
Severus le regarda durement.
« D'angoisses ? Qu'est-ce qui pourrait bien vous angoisser ? Votre prochaine note de Métamorphose ? Ou la pousse de votre premier poil de barbe ? Ricana-t-il. Ressaisissez-vous, je vous prie ! »
Albus répondit par un regard blessé. Il tenta à nouveau de se calmer, et inspira profondément. Mais aucun souvenir heureux n'arrivait à remonter à la surface. Tout ce qu'il ressentait, c'était une colère sombre et soudaine pour l'homme qui se trouvait devant lui. Pourquoi son père avait-il souhaité le lier à jamais à lui à travers son nom ? Il releva les yeux vers lui, et vit son regard plein d'attentes.
« Expecto Patronum ! »
Encore une fois, la baguette n'eut aucune réaction. De rage, il fit exploser d'un geste une lampe qui avait eu la mauvaise idée de se trouver sur le secrétaire. Sans adresser un autre regard vers Snape, il quitta la pièce en claquant la porte derrière lui.
