Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien ! Voici un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira, car je me suis beaucoup amusée à l'écrire.
Merci pour vos gentilles reviews ! J'ai passé le cap des 100 et ça me fait très chaud au cœur.
Je me permets de répondre ici à certaines d'entre elles, venant d'invité.e.s :
« Guest » (review du 17 Novembre) : Merci beaucoup pour ce long commentaire, je trouve ça tellement flatteur qu'on prenne le temps de rédiger son ressenti d'une manière aussi développée. J'ai toujours pensé que si les choses s'étaient déroulées différemment, Snape et les Maraudeurs auraient pu bien s'entendre. Pour ce qui est de la rancune de Lily, je pense qu'on a souvent tendance à occulter la souffrance qu'elle a dû ressentir, et le sentiment de trahison qu'elle a dû avoir quand Snape s'est tourné vers les forces du mal. Je pense donc qu'il lui faut du temps pour pardonner. J'adorerais que tu développes un peu plus sur la vision égocentrique et superficielle de Lily, car je pense au contraire que dans l'histoire, c'est plutôt Snape qui a été très égocentrique et qui a manqué de clairvoyance.
J'ai du mal à imaginer Sirius attiré par James. D'une parce que je n'arrive pas à envisager la moindre vibe gay venant de James, pour moi il est genre MEGA-hétéro. Et ensuite parce que je vois un peu Sirius et James comme des frères, ça ferait presque relation incestueuse dans ma tête ^^. Mais c'est intéressant de lire la vision des autres ^^
Pour ce qui est de la jalousie des proches de Harry suite à la résurrection, je m'en veux un peu. C'est un sujet que j'aurais voulu développer davantage, mais emportée par l'histoire, je n'ai pas (encore?) réussi. A voir si j'y arrive !
Marie-A : Merci pour ton commentaire ! Oui, pauvre Tonks, mais des fois, l'amour n'est pas un long fleuve tranquille. Remus et Sirius sont pas au top niveau moralité dans ma fic, mais j'espère qu'ils restent humains, c'est à dire imparfaits, parfois soumis à leurs émotions, et à devoir naviguer entre leurs désirs et la moralité.
Saphira : Ravie d'avoir créé un fou-rire, une journée sans rire est une journée perdue ! :)
Merci à tous et bonne lecture !
Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Il n'avait pas pu s'en empêcher. Ce cours en tête-à-tête avait fait remonter tous ses souvenirs de ses cours d'occlumancie avec Harry Potter. Dépourvu de son uniforme de Serpentard, le jeune garçon ressemblait comme deux gouttes d'eau à son père, et les fantômes du passé avaient tout de suite refait surface. De quoi avait-il eu peur ? De devoir faire une démonstration de son patronus ? C'était idiot, il savait très bien qu'il pouvait l'enseigner sans le démontrer. Mais on parlait de souvenir heureux. De bonheur. Et Severus ne parvenait jamais à empêcher ses lèvres de se contracter en une mine de dégoût dès que ces questions entraient en jeu. Après toutes ces années, il était toujours aussi incapable d'enseigner quoi que ce soit qui touche à l'intime.
Il remonta en direction des chambres pour se diriger vers la petite salle de bain du dernier étage. Il fallait qu'il se calme avant ses prochains cours de la journée. Heureusement, enseigner les potions ne requérait que de la concentration et de la précision. Il ne s'agissait que d'étapes à suivre et de listes d'ingrédients à retenir. Il voulut ouvrir la porte de la salle de bain, mais constata que celle-ci était occupée.
« Sirius prend une douche. » fit une voix derrière lui.
Il se retourna, et tomba sur Remus Lupin, qui avait eu la décence de se rhabiller. Severus repensa un instant à la fâcheuse position dans laquelle il l'avait vu quelques instants plus tôt et ne put s'empêcher d'avoir un rictus. Remus sembla le percevoir et comprit l'origine de son dédain.
« Tu… Je … » commença-t-il à bafouiller.
Ce qu'il était agaçant avec ses manières !
« Severus, je … Je pense que tu as compris ce qui s'était passé ce matin, finit-il par articuler, en jetant des coups d'œil inquiets autour de lui pour vérifier que personne ne traînait dans les parages.
- Vous n'avez pas été des plus discrets, répondit Snape.
- Ecoute, je … Je sais que tu en fais déjà beaucoup pour moi, et je ne voudrais pas abuser… Mais si tu peux garder ça pour toi, ce serait … Vraiment génial. »
Remus lui adressa alors un de ses regards suppliants qui l'horripilaient. Malgré tout, il ne put s'empêcher de répondre par un bref signe de tête. Remus sembla se détendre instantanément, et son visage s'illumina d'un sourire soulagé. Il s'apprêta à lui tourner le dos, mais Severus l'interpella au dernier moment.
« Lupin ? »
Remus se tourna vers lui et planta son regard doré droit sur lui. Il hésita un instant. Lupin était peut-être celui qui pouvait apporter un début de réponse à ses réflexions. Mais demander ainsi de l'aide était un exercice pour lequel il était encore hésitant.
« Oui, Severus ?
- C'est bien toi qui avais enseigné au fils de Potter le sortilège du Patronus ? »
Remus acquiesça en relevant un sourcil curieux.
« Je … Son fils, le cadet ...
- Albus Severus ?
- Oui, fit Severus, en un geste d'indifférence qui lui permit de prétendre qu'il n'attachait aucune importance à son deuxième prénom. Oui, Albus. Il m'a demandé de lui enseigner le patronus. Et … Le premier cours a eu lieu à l'instant, et c'était … A l'image des cours que j'ai pu avoir avec son père.
- Oh, se contenta de répondre Remus. C'était si mauvais que ça ?
- Catastrophique. Je … Je me demandais comment tu t'y étais pris. »
Remus cligna un instant des yeux, surpris et flatté qu'une telle question vienne de Severus Snape lui-même, mais n'eut aucune remarque désobligeante. Il se massa le menton un instant, pour tenter de répondre à la question de son ancien collègue.
« Comment avais-tu appris ? Demanda-t-il.
- Moi ? Mais là n'est pas la question, Lupin ! Ne répond pas à ma question par une autre question !
- Peut-être que c'était la question qu'il fallait que tu te poses toi-même. Que se passe-t-il quand tu invoques un patronus, et comment y es-tu parvenu – si tu y parviens ? »
Le regard que lui adressa Severus lui confirma qu'il pouvait en invoquer un.
« Alors essaye de te remémorer comment tu as appris. Comment tu as trouvé ton souvenir heureux, et comment tu as réussi à le laisser t'envahir. »
Severus resta un instant silencieux pour mieux apprécier la réponse de Remus. Il avait mis de nombreuses années avant d'essayer d'invoquer son patronus. Plusieurs années après la mort de Lily en réalité. C'était Dumbledore qui lui avait conseillé de se pencher vers ce type de magie alors qu'il s'enfermait toujours plus profondément dans la solitude. Il avait longtemps considéré cette magie avec dédain – ce n'était pas le type de magie que l'on apprenait auprès du Seigneur des Ténèbres, et il avait volontairement évité les cours de Septième année qui évoquaient le sujet. Puis, alors qu'il était un jeune professeur endeuillé, il avait emprunté un livre à la bibliothèque de l'école. Et il avait cherché, cherché au plus profond de lui-même un souvenir heureux. Mais à chaque fois, en lieu de souvenir heureux, c'était de la colère et de l'amertume qui remontaient. Il lui avait fallu du temps pour arriver à s'abandonner au souvenir précieux qu'il gardait de Lily. Et quand il avait pour la première fois réussi, c'était comme si la plaie béante de son cœur s'était légèrement refermée. Et ce fut un des rares moments de quiétude qu'il avait pu expérimenter après la mort de Lily.
Il sortit de ses contemplations et son regard tomba sur Lupin qui semblait attendre son autorisation pour tourner les talons.
« Tu as d'autres questions ? Fit ce dernier poliment.
- Non… C'est bon … fit-il simplement avant d'ajouter : merci, Lupin. »
oOo
« James ! Ne touche pas à ça, il y a un antivol ! »
Incapable de dire ce qu'était un antivol, James Sirius Potter retira immédiatement sa main, en se disant que c'était probablement quelque chose de très dangereux. Quand Hayley lui avait dit qu'elle sortait se promener dans le quartier moldu, il avait tout de suite insisté pour l'accompagner, saisissant l'opportunité de découvrir ce monde qui était pour lui un mystère. Ils s'étaient avancés dans une rue commerçante bondée à l'approche des fêtes de Noël, et James avait pu s'extasier sur les marchands de marrons chauds à la sauvette, sur les vitrines illuminées et sur toutes ces personnes aux vêtements si étranges, aux bras chargés de paquets en plastique.
Hayley l'avait entraîné dans une petite enseigne, où d'étranges artefacts aux lignes droites et aux couleurs sombres étaient exposés dans la vitrine. James crut reconnaître d'étranges appareils photo, beaucoup plus petits que ceux qu'il avait l'habitude de voir, mais n'avait strictement aucune idée de ce que pouvaient être les autres. Cela devait cependant être un magasin hautement important car il voyait des enfants tirer le bras de leurs parents pour les attirer vers la petite boutique.
Ils étaient ainsi rentrés et au détour d'un rayon, où James regardait avec curiosité d'étranges plaques noires ressemblant à des miroirs, ils se firent accoster par une jeune fille portant une veste rouge qui les accueillit en mâchant du chewing-gum et en récitant d'une voix monocorde sa litanie habituelle :
« Bienvenue chez Tech'up, le top du top de la technologie, je suis Sarah, je suis là pour vous aider, que puis-je faire pour vous ? »
Elle n'avait pas adressé un seul regard aux deux adolescents et se contentait de regarder en direction de la sortie d'un air vague.
« Je cherche un ordinateur portable. Un truc assez basique. »
La jeune fille au regard ennuyé s'avança vers un des rayons et Hayley la suivit en tirant James vers elle.
« Voilà le rayon informatique, n'oubliez pas les super promos de tech'up, chez tech'up, toujours le top, et des prix au top. Ce mois-ci, moins vingt pour cent sur tout le … MAIS OH MON DIEU ! »
La jeune fille avait enfin posé les yeux sur Hayley, et en avait résulté cette exclamation suraiguë qui avait fait sursauter James. Il se demanda un instant si elle ne s'était pas étouffée avec son propre chewing-gum.
« C'est bien toi !? Courtney Dursley ? Oh mon dieu, je te suis depuis si longtemps ! »
Le visage de Hayley se crispa sans que James ne puisse comprendre pourquoi. Elle se contenta de répondre froidement.
« Non. C'est ma sœur. »
Le visage de la jeune fille s'effondra comme un château de carte et elle ne prit même pas la peine de cacher sa déception.
« Oh. Ah oui. Je vois. Mais tu ne postes plus rien, non ?
- Non, je suis une voie plus discrète que celle des réseaux. »
Le masque d'ennui était déjà réapparu sur le visage de la jeune fille et elle n'écoutait déjà plus Hayley qui ne prit pas la peine de poursuivre. Elle sembla trouver ce qu'elle cherchait, puisqu'elle désigna un objet à la jeune vendeuse, qui le détacha de ce qui semblait être « l'antivol », et les amena vers la caisse. Hayley sortit de son sac une étrange carte qu'elle inséra dans un boîtier, pour appuyer ensuite sur quelques boutons. La vendeuse lui tendit ensuite un morceau de papier et le paquet dans lequel elle avait glissé le carton contenant l'appareil. Hayley lui arracha des mains et se retourna sans dire un mot. James trottina derrière elle alors qu'elle quittait le magasin, les sourcils fortement froncés comme si une mauvaise odeur avait envahi toute la rue.
« Hayley ! Attends ! » haleta James qui essayait de suivre son pas vif.
Il arriva à sa hauteur.
« Elle est connue ta sœur ? »
Hayley continua à marcher.
« Hayley ! »
Elle s'arrêta subitement, et se tourna vers James, de la colère plein les yeux. Elle planta son regard dans le sien avec un air de défi et marmonna entre ses dents, comme si le fait d'articuler distinctement risquait de laisser déborder trop d'émotions.
« Ma famille est connue. Vous pouvez pas comprendre, vous les sorciers, mais quand on vient d'une famille de moldus, on doit laisser plein de choses derrière nous. Pour ton père, ça a dû être facile, il n'avait pas grand-chose dans son monde. Mais moi... »
Elle marqua une pause et inspira profondément.
« J'avais déjà un avenir tout tracé. Je sais que la célébrité, c'est futile et éphémère, mais j'avais aussi bien conscience de toutes les portes que cela pourrait m'ouvrir. De toutes les portes qui s'ouvriront devant ma sœur dans quelques années. Alors que dans le monde des sorciers, j'ai tout à prouver. Et même plus que les autres, vu que je viens d'une famille de moldus. »
James la contempla avec attention. Il analysa le pli qui s'était formé entre ses sourcils contractés, et sa mâchoire fermement serrée. Après quelques secondes, il finit par lui dire :
« Hayley, tu es une des sorcières les plus intelligentes que je connaisse. Tu es en troisième année, et tu t'apprêtes à récupérer des informations sur la prison la plus sécurisée du Royaume-Uni. Et je n'ai toujours pas compris comment tu vas t'y prendre ! Et je suis sûre que personne n'a réellement compris. Je n'ai aucun doute sur le fait que ton avenir au sein de la communauté sorcière sera brillant. En fait, je me dis parfois qu'il vaut mieux que je sois ton ami, car je pense que tu vas dévorer tes ennemis tout cru, et que tu seras terrorisante. »
Son visage se détendit enfin et elle s'autorisa un léger sourire, auquel James répondit largement.
« Azkaban n'est pas la prison la plus sécurisée du Royaume-Uni … Vous, les sorciers, vous n'avez vraiment aucune conscience du monde qui vous entoure... » fit-elle en levant les yeux au ciel, amusée.
Elle se sentait un peu plus légère en retournant vers le 12 square Grimmault, et en rentrant dans la maison en passant avec aisance les quelques sécurités que Harry Potter avait mis en place, semblant penser naïvement que cela allait les retenir de quitter la maison.
James toujours sur ses talons, elle se précipita vers le salon, où Snape expliquait la subtile différence entre la poudre de véracrasse et les véracrasses pilés à une Rose qui notait avec attention. Elle les ignora et se dirigea vers le coin de la pièce, pour être au plus près du mur. Elle s'assit en tailleur en plaçant son appareil contre le mur.
« Dursley ? Potter ? Puis-je savoir ce que vous faites ici ? Si vous n'étudiez pas les potions, je vous demande de sortir ! » fit la voix sans appel de Snape. Elle l'ignora ostensiblement, et tapota l'appareil qu'elle venait d'acheter de sa baguette.
Le regard de James alla de Snape à son amie, puis inversement. Il croisa le regard noir de Snape et il eut envie de se ratatiner et de s'empresser de quitter la pièce, mais la curiosité était trop forte.
« Dursley ? M'avez-vous entendu ? » fit de nouveau Snape, avec un peu plus de menace dans la voix.
Hayley ouvrit l'ordinateur en deux et appuya sur un bouton. Une lumière sortit soudainement de l'appareil.
« Aaah ! Fit-elle avec satisfaction. Oui, je vous ai entendu, professeur Snape. Mais ici est le seul endroit de la maison d'où je peux capter le réseau des voisins. J'ai réussi à alimenter magiquement l'appareil en électricité, mais il me faut une connexion internet si je veux arriver à trouver quoi que soit. »
Face au charabia de la jeune fille, Snape se contenta de cligner des yeux. Avant qu'il ne puisse répliquer quoi que ce soit, elle poursuivit :
« Je resterai discrète, promis. Faites comme si je n'étais pas là. »
Elle sortit de sa poche un fil blanc et plaça les deux bouts dans ses oreilles. L'instant d'après, c'était comme si elle avait été happée par la machine : elle pianotait frénétiquement sur les touches et son regard était rivé vers la source de lumière, comme hypnotisée.
James la contemplait, absolument fasciné par la dextérité de ses doigts et par les différents mouvements qui apparaissaient sur l'écran. Il sentit cependant le regard accusateur de Snape sur lui, et, à contre cœur, il quitta la pièce, pour aller vers son cours de sortilège dispensé par sa grand-mère.
Snape se tourna alors vers Rose, qui, également fascinée par ce que faisait Hayley, avait perdu un peu de son intérêt pour les véracrasses pilés.
oOo
Quelques jours avaient passé, pendant lesquels la patience de Snape avait été mise à rude épreuve face au manque de passion que pouvaient avoir les adolescents pour l'art subtil des potions. Et malgré l'atmosphère polaire qui s'était installée entre eux deux depuis leur dernier cours, Albus Severus Potter restait son meilleur élément.
Il laissa passer le week-end, que les regards du jeune Albus se fassent moins vindicatifs et hostiles en sa présence, et à la fin de son cours de potion en tête à tête avec le jeune garçon, il se décida à briser le silence qu'il avait laissé s'installer depuis leur première tentative de cours sur le patronus.
« Donc, Potter, avez-vous bien compris la marche à suivre après l'étape du mucus de crapaud ? »
Albus se contenta de hocher la tête sans émettre un son, la mâchoire ostensiblement contractée. Severus le fixa durement et attendit. Mais il n'eut aucune réaction supplémentaire. D'un geste délicat, il s'empara du mortier situé sur la paillasse et après avoir versé le véracrasse pilé, il tendit la louche en direction du jeune garçon.
« Bien. Si vous ne voulez pas vous exprimer, pourriez-vous au moins avoir l'obligeance de me montrer si vous avez suivi ? » fit-il d'un ton faussement mielleux.
Toujours sans un regard en sa direction, Albus s'empara de la louche et la tourna exactement dans la direction que lui avait indiqué Snape quelques minutes plus tôt. Il jeta un œil dans le chaudron, et au moment où la potion changeait de couleur pour devenir verdâtre, il récita l'incantation nécessaire. La potion redevint jaune doré. Il reposa alors la louche et se recula d'un pas presque militaire.
Severus analysa chacun de ses mouvements avec précision, et ne put s'empêcher de hocher légèrement la tête en signe de contentement. Le cours de potion avait été plus que satisfaisant en ce qui concernait les apprentissages du jeune homme. Pour ce qui était de récupérer sa confiance, par contre, cela avait été plutôt catastrophique.
« Albus. » soupira-t-il après un nouveau silence.
Le regard du jeune garçon se fit encore plus dur et plus fuyant.
« Albus, regardez-moi. » lui intima-t-il, d'une voix ferme.
Albus daigna enfin tourner les yeux vers lui, ses yeux verts emplis de rancune et de colère.
« Albus, reprit Severus avec un certain abandon dans la voix, je vous dois des excuses. J'ai ma part de responsabilité dans le fiasco qu'a été notre dernier cours sur le patronus. »
Albus releva un sourcil, mais le laissa continuer.
« Rares sont les sorciers qui arrivent à obtenir un résultat dès la première tentative, car générer un patronus demande une forte capacité de concentration. Mais aussi une certaine capacité à accepter d'accueillir certaines émotions positives, ce qui … selon le parcours de chacun … Peut s'avérer délicat. »
Le garçon était toujours aussi silencieux, mais la rancune semblait avoir disparu dans son regard, totalement remplacée par la curiosité.
« Aussi, étant donné qu'il nous reste quelques minutes avant la fin de votre cours de potions, je vous propose de reprendre là où nous en étions. Voulez-vous bien ? »
Le ton était doux, mais pas doucereux, engageant sans être pressant. Albus inspira longuement, et acquiesça. Severus vida le contenu du chaudron d'un geste, et l'éloigna.
« Je … J'ai ré-essayé ce week-end, avoua Albus à voix basse, mais toujours sans résultat.
- Quel était le souvenir que vous choisissiez, toujours votre premier vol en balai ? Demanda Severus, ayant adapté le volume de sa voix à celle du garçon.
- Oui.
- Décrivez-le.
- Je … Je suis dans le jardin de notre maison à Godric's Hollow. Je dois avoir six ans. James sait déjà voler et virevolte entre les deux chênes. J'enfourche le balai, et mon père le retient derrière moi. Il me regarde d'un air confiant et il me sourit. Je tiens fermement le manche de mon balai, et il lâche son emprise à l'arrière. Je sens le balai monter, et ça me chatouille le ventre.
- Qu'est-ce qui vous rend heureux dans ce souvenir ?
- Je ne sais pas … C'est juste … Un bon souvenir, quoi. Enfin, je crois. »
Severus fixa intensément Albus du regard, comme pour lui faire comprendre que ce qu'il s'apprêtait à dire n'était pas à prendre avec légèreté.
« Les patroni permettent de se défendre contre les détraqueurs. Ils sont des condensés d'espoir. Des condensés de ce qui nous rend humains. Des concentrés de bonheur. Ici, peut-être que votre erreur est de confondre bonheur avec plaisir. »
Albus réfléchit longuement. Il ne savait pas pourquoi, à chaque fois qu'il faisait défiler le souvenir dans sa tête, le rire de son frère revenait en boucle, et c'était à chaque fois ça qui le déstabilisait. Il ferma les yeux pour mieux laisser résonner les derniers mots de Snape.
« Non, fit-il enfin. Non, je ne confonds pas. La sensation de voler était sympa, mais ce n'est pas pour ça que j'ai choisi ce souvenir. »
Il le laissa défiler à nouveau. Il se voyait monter, puis chuter. Il entendait James rire aux éclats, et à ce moment là, il perdait pied et se laisser emporter par la colère. Mais il laissa le souvenir se poursuivre. Il avait retenté. Plusieurs fois. Et il avait chuté plusieurs fois aussi. Et James avait ri à chaque fois, et son père avait essayé de le faire taire d'un geste agacé.
« Je ne vais pas y arriver ! » s'était-il écrié, avec rage.
Alors son père l'avait regardé avec assurance et confiance. Et James était redescendu vers lui. Et à l'unisson, ils s'étaient exclamé « Mais si ! » avec aplomb. Alors il avait plongé ses yeux tour à tour dans ceux de son père et ceux de son frère, et il avait vu la même certitude. Et il avait retenté. Le balai s'était de nouveau élevé dans les airs, mais cette fois-ci, il avait réussi à rester stable, et à maîtriser sa trajectoire. Les rires joyeux de James s'étaient élevés à nouveau dans les airs, mais cette fois-ci, accompagné de ceux de son père et des siens à lui.
Il avait son souvenir heureux. C'était le rire encourageant de James. C'était le regard plein de confiance de son père. C'était le sourire espiègle de sa mère. C'était la petite Lily qui suivait la scène depuis le sol en sautillant joyeusement. C'était la certitude qu'il pouvait chuter mille fois, et que tous seraient encore là derrière lui, prêts à le voir réussir.
« Expecto Patronum ! » clama-t-il avec force.
Une légère fumée argentée s'échappa de sa baguette. Il sursauta et son visage s'entrouvrit d'un large sourire. Il croisa le regard de Snape, qui paraissait déjà plus léger.
« Bravo, Albus, fit-il doucement. C'est un excellent début. »
oOo
En cette fin de matinée, Sirius aurait dû, selon l'emploi du temps préparé minutieusement par Lily, dispenser un cours de métamorphose à la jeune Hayley Dursley. Mais celle-ci, trop absorbée par son pianotage sur son drôle d'engin, l'avait copieusement envoyé promener, et Sirius n'avait pas cherché à insister. Cela lui permettait d'être discrètement remonté dans sa chambre, et de buller sur son lit, à contempler les innombrables filles en bikini qui entouraient son lit depuis l'adolescence. Le week-end avait été épuisant mais également grisant.
Enfin, il avait fini par avoir ses retrouvailles avec Remus. Et elles avaient été encore plus douces que ce qu'il avait pu imaginer dans ses rêves les plus fous. Comme deux adolescents un peu honteux mais survoltés, ils avaient joué au chat et à la souris avec les autres et avaient réussi à imaginer les excuses les plus improbables pour se retrouver à deux. Et que je viens t'aider à remonter une valise dans ta chambre. Et que je viens vérifier que tu n'avais pas oublié quelque chose dans le grenier. Et que je te propose de venir chasser un supposé épouvantard dans la cave. Tout autant d'excuses, pour venir ici voler un baiser, ou là attraper une caresse, ou encore là échanger un simple sourire complice à l'abri du regard des autres.
La présence de Tonks ne rendait pas les choses simples, mais ils trouvaient toujours un moyen de l'éviter. En fidèle Poufsouffle, elle était si loyale qu'elle ne semblait se douter de rien à chaque fois que Sirius et Remus trouvaient un moyen pour se retrouver à deux, et se contentait de leur sourire avec sympathie. Ils partaient alors joyeusement, et c'était seulement quand ils croisaient le regard plein de mépris et de pitié que Snape posait sur Tonks qu'ils se sentaient un peu honteux. Mais très vite la force de leur désir se faisait plus fort que la morale et dès qu'ils avaient quitté la pièce, c'était pour mieux se dévorer des yeux, des mains et de la bouche.
Quand il se retrouvait seul, comme à cet instant présent, la honte se faisait plus forte, et lui laissait un goût amer au fond de la gorge. Mais en même temps, s'éloigner de Remus le transformait en une loque pathétique et pitoyable. Il tripota distraitement des figurines de Quidditch qui traînaient sur son étagère, pour ensuite les faire léviter devant ses yeux.
« Sirius ! Je peux te parler pendant une minute ? »
La tête rose de Tonks était apparue soudainement dans l'embrasure de la porte et le ton était étrangement sérieux. Sirius sursauta et se releva brusquement. Il mit de côté les petites figurines de Quidditch avec lesquelles il était en train de jouer, et invita sa cousine à entrer. Il fit de son mieux pour cacher son trouble. Ce n'était pas la petite Tonks enjouée qu'il avait l'habitude de voir. Ses traits étaient fermés et tendus. Elle savait. Elle savait et la discussion qui allait suivre n'allait pas être une partie de plaisir. Il envisagea un instant de fuir ses responsabilités et de quitter précipitamment la pièce, mais il se ravisa. Il était temps de faire ce qui était juste. Le mensonge n'avait que trop duré. Il prit une profonde inspiration et invita Tonks à lui faire part de ce qui la troublait, se sentant comme un condamné sur l'échafaud.
Elle s'assit en face de lui, et sembla hésiter un instant avant de commencer.
« Ecoute Sirius. Tu es vraiment quelqu'un que j'apprécie, et ça m'embête d'avoir cette conversation avec toi... »
Du Tonks tout craché. Même dans la situation la plus gênante, elle restait la gentille jeune fille altruiste et attentionnée. L'estomac de Sirius se retourna un instant et il se sentit incroyablement honteux.
« Je ne sais pas trop comment aborder le sujet … Mais bon voilà. J'ai bien compris ce qu'il se passait entre toi et ... »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Sirius avait déjà acquiescé et hochait la tête d'un air coupable. Il n'avait pas le cœur de lui mentir. Et pour tout avouer, cela était probablement une bonne chose que lui et Remus puissent libérer leur conscience et discuter comme des adultes honnêtes et responsables.
« J'avoue que ça m'a surprise, poursuivit-elle … Mais quand on y réfléchit, vous vous connaissez depuis longtemps, et ce sont des choses qui arrivent... Ça fait longtemps ? »
Sirius baissa le regard et marmonna.
« On … On s'est rapprochés pendant notre sixième année à Poudlard. Mais presque personne n'était au courant et ça n'a jamais été … officiel, je dirais ? C'était plus un truc d'adolescent … Qui a duré. »
A la grande surpris de Sirius, Tonks haussa des épaules.
« Et bien ! Depuis toutes ces années, c'est incroyable que personne n'ait rien vu. Mais bon, c'est votre vie et je respecte tout à fait ça. »
Peut-être était-elle un peu trop conciliante sur ce point. Sirius s'empressa de la contredire.
« Non. Ce n'est pas excusable. On … On a mal agi et tu as toutes les raisons de …
- Mal agi ? Enfin vous êtes deux adultes et vous faites ce que vous voulez ! »
Sirius cligna des yeux frénétiquement. Elle avait dit ça sur un ton si léger et indifférent qu'il en resta bouche bée. La nouvelle génération était décidément beaucoup plus libérée que la sienne. Mais tout de même, il était surpris de s'en sortir à si bon compte.
« Wow. Tu as l'air de vraiment bien prendre les choses…
- Pour tout t'avouer, ça m'amuse… »
Un sourire malicieux se dessina sur son visage.
« Ça t'amuse ? S'étrangla Sirius.
- Oui ! Ria-t-elle. Qui aurait pu imaginer qu'il puisse y avoir quelque chose entre toi et Snape ! »
Oh.
Le cerveau de Sirius fit un rétropédalage immédiat, et sembla mouliner quelques secondes dans le vide. Quoi … Que … Snape ?!
La chose la plus honnête et courageuse aurait été de contester et de ne pas mêler l'intégrité de Snape à cela. Mais à cet instant précis, des générations de Serpentards semblaient avoir pris le dessus sur le pauvre petit lion qu'il avait été. Il plongea corps et âme dans la solution de facilité.
« Oh. Oui. Bien sûr. Snape ! »
Il ouvrit ses mains comme un enfant pris la main dans le sac et arbora un air faussement désolé. Tonks éclata de rire.
« Aaaah, je savais bien que Snape cachait quelque chose l'autre jour ! Je cherchais Remus, et j'ai frappé à sa porte, je ne savais pas que tu y serais aussi, et que je vous dérangerais pendant que … Je devrais peut-être arrêter de parler car c'est en train de devenir gênant pour toi et … hum. »
Elle rougit légèrement et gloussa et Sirius eut un petit rire qui se voulait engageant. Elle se reprit :
« Mais enfin tout de même … Snape ! Alors, en vrai, c'est un véritable être humain ?
- Si tu savais … J'avais peur que ce ne soit en réalité qu'un de ces droïdes moldus remplis de câblages compliqués, mais non, c'est bel et bien un homme ... »
Il joignit à ses paroles un regard rêveur plein de sous-entendu. La culpabilité le rongeait encore de l'intérieur, mais la situation était beaucoup trop cocasse pour qu'il puisse s'en préoccuper pour le moment.
oOo
Cet après-midi là, quand Severus rejoignit Lily dans la salle de potions après déjeuner, quelque chose ne tournait pas rond. Lily l'avait salué d'un bref hochement de tête et ne pouvait réprimer un sourire narquois. Quand il s'installa à son bureau, pour commencer à vérifier ses cours du reste de la journée, Lily ne l'avait pas quitté des yeux, et finit par étouffer un éclat de rire.
« Bon. Qu'est-ce qu'il se passe ? » s'enquit-il, d'un ton plus agressif qu'il ne l'aurait souhaité.
Lily retrouva son sérieux, mais gardait son sourire béat.
« Rien. Désolée. Bon ok. Si. Tonks m'a tout dit. Je suis vraiment heureuse pour toi. Un peu amusée, mais si c'est ce qui te rend heureux ... »
Quel pouvait être le sens de tout ce charabia ? Il préféra ignorer simplement Lily et se concentra à nouveau sur ses notes. Mais il ne parvenait pas à ignorer le regard pétillant que Lily posait sur lui, ni la frustration de ne pas comprendre où elle voulait en venir.
« C'est vrai que je ne t'avais jamais vu avec une fille – ni même un garçon d'ailleurs. Donc bon, je me disais que c'était juste un truc qui ne t'intéressait pas. »
Elle parlait d'un ton léger et badin, en parcourant la liste des ingrédients pour la potion qu'elle s'apprêtait à préparer. Le regard de Snape se figea sur la dernière ligne de la liste des ingrédients, qu'il ne lisait qu'à moitié. Pourquoi Lily se mettait soudainement à aborder un sujet aussi trivial que sa vie sentimentale était au-delà de sa capacité de compréhension.
« Mais bon, je suis un peu déçue que tu ne m'en aies pas parlé avant. »
Mais enfin, parlé de quoi ? Il hésita un instant à pratiquer de la légilimancie sur la femme qu'il respectait plus que tout au monde, et se ravisa de justesse.
« Surtout, que d'après Tonks, Sirius aurait dit que ça durait depuis la sixième année. »
Elle fit une pause.
« Comment est-ce possible ? Je t'aurais remarqué si tu venais traîner vers les dortoirs des Gryffondors. A moins que … C'était lui qui …
- Mais enfin, Lily ! De quoi est-ce que tu parles, à la fin ? »
N'y tenant plus, Severus s'était écrié un peu brutalement et Lily avait sursauté.
« Oh, Sev', ne fais pas l'innocent. Je t'ai dit, Tonks m'a tout raconté. Toi … Et Sirius. »
L'univers se figea, et le cerveau de Snape eut quelques instants quelques difficultés à fonctionner, ce qui était un phénomène qui ne lui était jamais arrivé auparavant.
« Que … QUOI ? »
Il rassembla ses quelques pensées encore cohérentes et inspira profondément. Bordel de fumier de troll de mes deux. Cet enfant de gredin l'avait impliqué pour éviter que ses cochonneries avec Lupin ne soient dévoilées au grand jour. Qui aurait cru qu'un tel stratagème ait pu éclore dans le cerveau primitif de ce Gryffondor puéril et immature ? Il fut un instant tenté de raconter la vérité, mais il se ravisa. Un sentiment étrange de pitié et de compassion s'était emparé de lui, et il se sentait mal à l'idée de trahir Sirius et Remus qui lui avaient en quelque sorte accordé leur confiance en lui faisant part de leur confession.
« Ah. Erm. Oui. Sirius et … Moi. Bien sûr. » marmonna-t-il, d'un ton peu convaincant.
Sirius allait payer. Il n'allait pas se retrouver dans une telle situation sans en tirer quelque avantage. Un sourire carnassier commença à se dessiner sur ses lèvres, et il le remplaça très vite par un rictus amusé.
« Oh, Sev, je suis tellement contente pour toi ! Mais comment …
- Il semblerait que je n'ai pas pu résister au charme légendaire de Bl… Sirius. Son humour fin et subtil ainsi que sa plastique d'Apollon ont très vite eu raison de moi, soupira-t-il d'une voix mécanique. Mais qui est au courant pour le moment ?
- Et bien, Tonks, Remus et moi, apparemment. Sirius a encore peur de l'avouer à James. A juste titre je pense.
- Oh. Intéressant. »
Il se releva calmement après avoir pris le temps de ranger soigneusement ses notes de côté.
« Je vais devoir aller lui parler, j'en ai pour un instant.
- Oh, Sev', s'il te plaît, comprends le, James n'est vraiment pas prêt psychologiquement pour une telle nouvelle, cela le briserait, soit un peu conciliant. »
Sans dire un mot de plus, Severus Snape se retourna et quitta la pièce, une rage sourde et peu commune brûlant silencieusement en lui. Il allait tuer Black. Pire que cela, il allait le faire agoniser jusqu'à ce qu'il le supplie d'abréger ses souffrances.
Il se dirigea vers la salle à manger, où se prélassaient Sirius, Tonks et Potter, en plein dans une partie de bataille explosive. Il interrompit leur jeu sans ménagement. Tonks se retint de justesse de glousser, son regard passant alternativement de Sirius à Severus.
« Sirius. Il faut que je te parle. Maintenant. En privé.
- Pas maintenant, Severus, je suis en train de gagner ! »
Severus ne bougea pas et continuait de fixer Sirius avec intensité.
« T'es bouché, Snape, renchérit Potter, plongé dans ses cartes, il t'a dit qu'il était en train de jouer. »
Severus ne s'en formalisa pas et se rapprocha du groupe. Il vint d'asseoir ostensiblement près de Sirius. Il rapprocha sa chaise qui fit un bruit sourd en raclant le sol et Sirius déglutit quand il sentit la baguette se poser fermement contre sa cuisse, menaçant explicitement son entrejambe.
« Très bien, je vais juste suivre de près cette partie, en attendant que tu sois prêt à m'écouter. » fit Snape d'un ton mielleux.
Il adressa à Sirius un sourire narquois. Tonks l'interpréta comme une marque d'affection et ne put s'empêcher de leur lancer un regard attendri qui manqua de donner à Snape un haut le cœur. James, quant à lui, releva un sourcil intrigué en direction de Snape, mais haussa les épaules en se replongeant dans ses cartes.
Les mains fébriles, et juste après avoir desserré le col de sa chemise – qui était décidément bien étroit, Sirius posa une carte qui explosa presque instantanément, ce qui le fit sursauter encore davantage.
« Et bien, Sirius ! S'exclama Snape d'une voix faussement assurée. Tu as l'esprit ailleurs ? A quoi pourrais-tu bien penser… Au week-end que tu viens de passer, peut-être ? »
Sa baguette s'appuya de manière encore plus menaçante dans sa chair, à tel point que Sirius se braqua et tenta vainement de discrètement repousser la main de Severus. Ah le salopard ! Il lui laissait des possibilités assez restreintes : dire la vérité - ce qui était exclu en présence de Tonks, mentir – et ainsi laisser penser à James que lui et Severus… Non, c'était hors de question… ou, à sentir la pression de plus en plus ferme sur sa cuisse, se retrouver avec les parties génitales sérieusement endommagées … Il déglutit et vit la menace s'inscrire plus précisément dans le regard de Snape. Il fallait vite qu'il trouve un échappatoire s'il ne voulait pas dire au revoir à sa patte molle…
« Bon, euh… Erm. Oui, allons parler en privé si tu veux. » répondit précipitamment Sirius, en se levant brutalement.
Ils quittèrent la pièce, sous le regard interrogateur de James et attendri de Tonks. Une fois dans la chambre de Regulus, la porte se verrouilla instantanément derrière Severus Snape. Il s'empressa de relever sa baguette en direction de Sirius, pour lui enlacer le cou d'un fil invisible qui vint le projeter à terre. Portant les mains à son cou Sirius essaya de balbutier.
« Kof …. oui ok pardon, …. Severus…. kof kof … laisse moi t'expliq…
- MAIS QU'EST-CE QUE TU AVAIS EN TETE ?
- C'est Tonks ! Elle s'est imaginé des choses et je n'ai juste pas … nié. »
Severus desserra légèrement son étreinte car Sirius commençait à changer de couleur.
« Mais enfin, tu te rends compte de la situation dans laquelle tu me mets ? Lily n'arrête pas de glousser depuis ce matin et …
- Oh, tu ne m'as pas balancé ? »
Severus lui lança un regard encore plus condescendant qu'à l'habitude.
« Manifestement, non. »
Le visage de Sirius s'éclaira d'un large sourire joyeux.
« Oh mais ça peut vouloir dire deux choses ! Soit tu es réellement éperdument amoureux de moi ... »
Snape resserra immédiatement son étreinte et Sirius regretta soudainement ce qu'il venait de dire. Il poursuivit néanmoins, le souffle court.
« Ou alors … ça veut dire que tu as cherché à me couvrir et ça …
- Ça, quoi, Black !?
- Ça, c'est qu'on est réellement en train de devenir de vrais amis. »
Snape abaissa instantanément sa baguette, libérant Sirius de son sortilège.
« Désolé, Snape, on est de vrais potes maintenant. Tu ne peux plus te débarrasser de moi. »
Il lui adressa un sourire narquois, et Severus soupira.
« Black. Je vais faire de ta vie un enfer. »
Il pensait arborer un de ses traditionnels sourire carnassier, mais il se rendit compte malgré lui qu'il devait plutôt avoir l'air affligé, amusé, mais bien peu menaçant. Il se sentait comme le maître d'un chien qui essaye de réprimander son animal, mais qui au fond de lui-même adore le voir s'ébrouer comme un fou dans toute la pièce. Sirius lui répondit par un air stupidement joyeux.
« Ça c'est parlé comme un vrai pote. Haha, je savais que tu m'adorais.
- Je te tolère, Black. Nuance. Je te tolère. »
