Bonjour tout le monde !

Je pensais mettre à jour cette fic plus vite que ça et j'ai encore été happée par ce foutu quotidien … Mais voici la suite de cette évasion !

Bonne lecture.

Le plan fonctionnait pour le moment à merveille, se disait Severus. Après la traversée qui s'était faite sans encombre, Sirius, Albus et Rose avaient réussi à atterrir sur l'île étroite tandis qu'ils – les deux James et lui même - étaient allés neutraliser les trois gardes sur le toit. Ses anciens instincts de mangemort faisaient qu'à l'idée de « neutraliser » quelqu'un, il avait l'Avada Kedavra qui le chatouillait, mais il se contenta de pétrifier le jeune Auror qu'il avait devant lui, suivant l'exemple de James Potter et de son petit fils.

Ils s'assurèrent que chaque garde reste bien en place sur les dalles qu'ils protégeaient afin de ne pas déclencher le signal d'alarme. Ils n'avaient désormais qu'à attendre que Sirius et les autres sortent le jeune Malfoy de sa cellule, et qu'ils redescendent, pour ensuite rentrer avec eux. C'était simple comme bonjour.

Trop simple, fit la petite voix pessimiste qui ne se reposait jamais dans l'esprit de Severus. Quelque chose allait mal tourner.

Il n'eut pas le temps de finir cette phrase dans sa tête, qu'il remarqua un mouvement presque imperceptible provenant du garde que maintenait pétrifié James Junior. Le sort du jeune garçon n'avait pas été assez puissant, et le garde eut suffisamment d'amplitude de mouvement pour faire sortir une gerbe d'étincelles de sa baguette.

« Attention ! » s'écria Potter Senior qui avait remarqué la même chose et avait essayé de pétrifier à nouveau le garde.

Mais c'était trop tard. En faisant ce mouvement, il avait détaché son attention de son propre garde, qui s'était décalé de la dalle de pierre. Et les étincelles avait probablement déjà déclenché l'alerte au Ministère. Dans quelques instants, des armées d'Aurors seraient sur place et n'auraient qu'à les cueillir comme des fruits mûrs sur un arbre.

« Vite ! S'exclama Potter Senior, en leur faisant signe de chevaucher leur balai. Il est à quel étage, déjà, le jeune Malfoy ? »

Il s'éleva dans les airs en un instant, suivi de près par James et Severus qui décollèrent aussi vite que possible.

« Hayley ! Appela James Junior d'une voix désespérée dans son micro, vite Hayley ! Scorpius est à quel étage ? »

Severus n'entendait que les exclamations essoufflées du jeune garçon.

« Pas le temps de t'expliquer ! Vite ! Quel étage ? »

Il plongea soudainement en piquet, en hurlant dans leur direction « Vingtième étage en partant du haut, quarantième en partant du bas. A mesure qu'il avançait en direction de la tour, ses yeux se déplaçaient de manière frénétique afin de compter chaque étage. Sans même s'en rendre compte, Seveurs s'empressa de faire de même pour vite repérer la fenêtre où ils devaient se précipiter. Il n'eut pas le temps de compter, que James Junior fonçait déjà vers le bas, et, suivant Potter Senior, il s'empressa de se mettre à sa poursuite. James s'était tellement précipité qu'il ne remarqua pas qu'il avait perdu la paire d'écouteurs qui pendait à ses oreilles.

Ils virèrent brusquement, pour foncer vers le flanc de la tour, et plus précisément vers une petite fenêtre de verre, que James fit exploser juste avant de l'atteindre et de passer à travers, son grand-père et Severus à sa suite.

Ce fut comme plonger dans un lac glacé. La température avait chuté drastiquement, et un frisson parcourut les trois sorciers, qui continuaient malgré tout de s'avancer vers les silhouettes qu'ils devinaient être celles de Sirius, Albus et Rose. Mais à mesure qu'ils avançaient, leur énergie et leur volonté d'avancer semblaient s'évanouir. C'était comme si tout espoir venait les abandonner peu à peu. Comme si jamais plus ils ne seraient heureux.

Les deux Potter furent les premiers à ralentir, affectés par l'atmosphère macabre de l'enceinte qu'ils venaient de pénétrer. Severus mit un peu plus de temps à réaliser qu'il n'était plus suivi, puis finit par remarquer que son cœur se serrait bien plus qu'à son habitude. Il se sentit plus faible et plus misérable qu'il ne s'était jamais senti. Sans trop savoir pourquoi, l'image du corps gisant de Lily lui revenait sans cesse en tête et il eut envie de hurler et de se recroqueviller dans un recoin. Il comprit alors.

L'alarme avait libéré les détraqueurs.

Ces êtres démoniaques remontaient des entrailles de la prison, mais avaient déjà presque atteint leur étage. Il lança un patronus non corporel afin de se constituer un début de protection et, les deux James sur ses talons, il avança vers la cellule de Scorpius.

Potter Senior accéléra pour se retrouver à son niveau et fit un signe encourageant au jeune James encore pétrifié par l'angoisse. Ils arrivaient presque au niveau de la cellule de Scorpius, et deux silhouettes se matérialisèrent soudainement à l'autre bout du couloir, en une volute de fumée noire.

Il ne fallut pas longtemps pour Severus pour reconnaître la chevelure désormais blanche du vieillissant Lucius Malfoy, suivit de près par un autre visage qu'il connaissait bien pour l'avoir eu sous ses ordres lors de la deuxième guerre, celui de Felix Rosier.

Il accéléra pour arriver au niveau de Sirius et des enfants avant eux. Sirius les avait déjà repérés et maintenait les trois adolescents derrière lui, sa baguette dressée devant lui en direction des deux sorciers nouvellement apparus. James et Severus dégainèrent à leur tour. James Junior en fit de même, mais d'un geste ferme, James Senior le maintint derrière lui.

Lucius s'approcha à pas lents, un sourire sardonique sur le visage.

« Que de beau monde ici ! Black, serait-ce un élan de nostalgie qui t'aurait ramené ici ? Potter ! Tu n'as pas changé depuis toutes ces années. Toujours ce même air stupidement prétentieux. Et oh. Severus, mon vieil ami. »

Il adressa à Severus un sourire à la fois carnassier et doucereux, et se mit à tourner autour du groupe comme un serpent flottant autour de sa proie, tandis que Felix Rosier les maintenait en joue.

Lucius lança un regard plein de mépris en direction de Sirius et James qui avaient toujours leurs baguettes levées, et posa enfin son regard sur son petit fils, qui le dévisageait d'un regard perplexe. Autour d'eux, il semblait que de nouvelles silhouettes apparaissaient des différents couloirs.

« Mon bon Scorpius. J'arrive à temps pour venir à ton secours. »

Il lui tendit une main qui se voulait accueillante et Scorpius la regarda d'un air hésitant. Albus s'empressa de lui prendre la main pour l'empêcher de la lever en direction de son grand-père.

« Tu as tout fait pour me rendre fier, Scorpius. Tu es bien plus puissant que ne le seront jamais tes autres camarades de Poudlard. Suis-moi et nous accomplirons de grandes choses.

- Ne l'écoute pas, Scorp' ! S'exclama Albus, en lui serrant la main un peu plus fort.

- Tu as devant toi la preuve que la mort peut être vaincue. Suis-moi et nous la vaincrons à nouveau. Nous ramènerons ta mère. »

De nouvelles ombres venaient grossir les rangs, et Severus, James et Sirius se surprirent à abaisser lentement leurs baguettes, en comptant le nombre de sorciers qui les entouraient. Ils avaient tous l'uniforme du Ministère de la magie.

« Regarde à quel point je suis déjà suivi ! » s'exclama Lucius en les montrant d'un geste triomphant. Suis-moi et devient mon héritier. »

Il plaça à nouveau sa main ouverte en sa direction. Scorpius releva un œil incertain vers lui.

« Mes amis sont venus m'aider. » fit-il faiblement, regardant autour de lui d'un air perdu.

Lucius eut un rire attendri.

« Tes amis ? Parce que tu crois que tu le resteras longtemps quand ils sauront ce dont tu es capable ? Quand ils sauront que c'est toi qui as fracassé le crâne de ce jeune Gryffondor? »

Scorpius frissonna au souvenir de Neil s'effondrant sur le sol.

« Il ne l'aurait jamais fait s'il n'avait pas été sous votre emprise, espèce de sale araignée visqueuse ! » s'était exclamée vivement Rose. Lucius posa un regard amusé sur son air effronté.

James Senior voulut profiter de ce mouvement d'inattention pour le désarmer, mais se retrouva saucissonné en un instant par une des silhouettes du couloir sombre. Sirius et Severus n'eurent pas le temps de réagir qu'ils se retrouvèrent dans la même position. Les enfants ne devaient pas avoir l'air très menaçant, puisque personne ne les toucha. Il faut dire que trop pétrifiés par la peur, aucun n'avait encore sorti sa baguette.

« Belle tentative, jeune fille. Scorpius, tes amis semblent presque sincères. Mais laisse moi te montrer ce qu'il se passe quand on met ne serait-ce qu'un petit doigt de pied en dehors des clous, pour les gens que tu crois être tes amis. »

Il agita sa baguette et fit léviter James Senior et Severus, pour les placer face à face. Il libéra James, mais maintint Severus attaché, le forçant à s'agenouiller en face de James. Un cercle curieux se forma autour d'eux. Il se pencha vers Severus, qui malgré ses entraves, le dévisageait d'un air fier et glacial.

« Severus, quelle joie de te revoir parmi nous, poursuivit la voix venimeuse de Lucius Malfoy. Enfin, je suis surpris de te voir en telle compagnie. On a trouvé le bon côté de l'histoire où se ranger, il semblerait.

- Ne prends pas ton cas pour une généralité. Il ne suffit pas de quelques gallions pour se racheter. » fit la voix menaçante de Severus.

Lucius eut un sourire amer.

« Se racheter ? Mais le pardon n'existe pas dans leur monde. Tu le découvriras bien assez tôt. Mais en attendant, et si nous parlions du bon vieux temps ? »

Severus n'eut aucune réaction et se contenta de continuer de le dévisager, ignorant pour le moment James Potter qui le regardait d'un air perplexe.

« J'ai tellement de souvenirs qui me reviennent en tête, fit Lucius d'une voix mielleuse. Oh, comme cette fois au Ministère. Tu te souviens ? Nous avions réussi à piéger Harry Potter grâce à tes cours volontairement désastreux d'Occlumancie. En mettant la mauvaise vision dans le crâne du Survivant, nous étions presque parvenus à atteindre la prophétie. Nous ne l'aurions jamais espéré sans toi. »

Le regard de James Potter commença à changer pour devenir plus suspicieux en direction de Snape. Ce dernier ne sourcillait toujours pas.

« Tu t'en souviens ? Grâce à toi, Harry Potter avait presque été à notre merci. Si je me souviens bien, c'est ce jour-là que Bella a testé pour la première fois le Doloris sur lui. Et Black ici présent se souvient bien de ce jour, car c'est ce jour-là que cette chère Bella l'a tué ! »

Severus ne disait toujours rien, tandis que Lucius tournait lentement autour de lui comme un vautour autour de sa proie, lançant ensuite un regard curieux vers James. Ses lèvres se déplièrent en un sourire avide quand il vit le doute et la colère s'emparer des yeux de James.

« Tu ne sais pas tout, Potter ! Il semblerait que ton nouvel ami ne t'ait pas tout raconté… Oh, t'a-t-il parlé de Charity Burbage ? Vous vous souvenez de la mignonne petite Charity Burbage, qui était à Poufsouffle quand vous étiez tous à Poudlard ? »

James, sa baguette désormais tremblante en direction de Severus agenouillé, entravé en face de lui, demanda d'une voix incertaine.

« Que lui est-il arrivé, Snape ? »

Snape plongea son regard froid et sans émotion dans celui de James.

« Elle est morte. Tuée de sang-froid par Voldemort.

- Oh, et à qui s'était-elle adressée avant de mourir ? Fit la voix venimeuse de Lucius. Qui a-t-elle supplié de toutes ses forces ?

- Je ne pouvais pas me permettre de détruire ma couverture.

- Oh, s'il te plaît, Severus, s'il te plaît ! Imita Lucius d'une voix aiguë. »

Puis il claqua sa main pour mimer l'effet d'un corps s'effondrant lourdement sur le sol.

Lucius regardait avec avidité l'effet que ses paroles avaient sur James Potter, qui serrait de plus en plus sa baguette pointée vers Severus.

« Et la prophétie, Severus, leur as-tu parlé de la prophétie ? »

Le cœur de Severus, qui avait jusque là réussi à rester impassible, manqua un battement.

« La prophétie désignait le fils de Lily et James et c'est toi qui l'as rapportée au Maître. »

Severus voulut protester mais aucun son ne sortit de sa gorge.

« Je te revois encore supplier le Maître. Tuez le père et l'enfant, mais épargnez la mère. Je ferai tout ce que vous voudrez... »

Comme un chimiste qui sent qu'il a dosé à la perfection ses ingrédients, Lucius se recula et contempla son œuvre. Severus semblait avoir perdu de sa superbe, et James le dominait, tenant furieusement sa baguette qu'il avait rapprochée de la gorge de Severus.

« Regarde-bien, Scorpius. Ce que le côté de la lumière est prêt à faire, à ceux qui font l'erreur de s'éloigner du droit chemin. » murmura-t-il à l'oreille du garçon.

Sirius voulut intervenir, mais un sortilège le maintint au silence avant même qu'un son ne puisse sortir de sa bouche.

« Eh bien, Snape ? L'interpella James, maintenant sa baguette en joue. Est-ce qu'il dit vrai ?

- J'en ai bien peur. La vérité, rien que la vérité, mais pas toute la vérité.

- Tu … Tu es bien responsable de tout ça ?

- J'assume ma part de responsabilité et les conséquences désastreuses de mes mauvais choix. » répondit Snape d'une voix impassible, sans quitter James de son regard pénétrant.

Sirius voulut protester mais était toujours réduit au silence.

« Tu regrettes ? Demanda ensuite James, d'une voix tremblante.

- Chaque jour. » fit la voix sans faille de Severus.

La colère n'avait pas quitté les yeux de James qui continuait de fixer d'un air accusateur Severus Snape, enfin agenouillé à sa merci, prêt à recevoir le couperet de la justice qu'il était enfin en mesure d'administrer. Tant d'années de haine, de soupçons, et il était là, enfin, prêt à recevoir son juste châtiment. Il leva sa baguette et la pointa en direction de Snape qui continuait de le fixer de son air impassible. James sembla hésiter un instant, puis, d'un geste, il fendit l'air de sa baguette en s'exclamant une incantation qui se perdit dans une explosion. Un immense nuage de fumée se dressait là où se tenait auparavant Snape, et Lucius éclata d'un rire sonore.

Ce rire s'étouffa rapidement alors que James lança un expelliarmus dans sa direction, qui le désarçonna et le fit tomber à la renverse. De l'écran de fumée, Snape se releva d'un bond et libéra Sirius de ses entraves. Tous trois se mirent alors à repousser les sorts qui pleuvaient soudainement sur eux, en essayant de répondre aux assauts du mieux qu'ils le pouvaient.

Sortant de leur torpeur, les quatre adolescents se joignirent à la bataille, tentant du mieux qu'ils le pouvaient de repousser les attaques des sorciers qui les entouraient.

James et Sirius se retrouvèrent dos à dos, faisant pleuvoir les sorts avec la même verve qu'ils avaient du temps de l'Ordre. Malgré l'urgence de la situation, ils ne purent s'empêcher de s'échanger un regard complice. Le champ de bataille était redevenu leur terrain de jeu favori et tous deux se réjouissaient et se riaient du danger effrontément.

Snape les rappela à la réalité en indiquant un passage dans le couloir où il fallait guider les enfants qui tentaient tant bien que mal de suivre le rythme des sortilèges qui éclataient de toute part. Une violente détonation sortit de la baguette de Sirius, qui en un souffle mit à distance quelques membres du Ministère, ce qui leur permit d'enfourcher à deux le balai de James et de voler en direction de Severus qui ouvrait déjà la voie, Albus accroché à son dos. Ils agrippèrent Scorpius au passage et leur balai continua de voleter lourdement malgré le poids, suivi ensuite de près par celui de James Junior, qui s'était empressé de faire monter Rose sur son destrier.

Mais à mesure qu'ils s'enfonçaient dans l'unique couloir pouvant les mener vers la sortie, ils savaient qu'ils se rapprochaient inexorablement des détraqueurs qui s'amoncelaient chaque seconde un peu plus et rendaient l'air de plus en plus glacial et irrespirable. Pris en tenaille entre le crépitement des sorts qui jaillissaient derrière eux, et l'avancée lente mais dangereuse des anciens gardiens de la prison, ils ralentirent.

Très vite, ils furent de nouveau à la portée de Malfoy et Rosier. Sirius et James évitèrent de justesse un sort, mais manquèrent de lâcher Scorpius en vrillant. Celui-ci se retint de justesse au pied de Sirius et parvint à remonter sur le balai vacillant. James Junior flottait dangereusement près du mur de détraqueurs, cherchant une fissure où il pourrait se faufiler, tandis que Rose repoussait tant bien que mal les assauts des membres du ministère. Severus tentait d'en faire de même, soucieux de continuer à sentir la tenaille des mains d'Albus s'agrippant fermement à ses épaules.

Soudain, il sentit une violente secousse et se retrouva désarçonné. Il entendit Albus s'écrier dans son dos et se retrouva brutalement au sol. Dans sa chute, il put apercevoir le balai se briser en mille morceaux. Il accourut auprès d'Albus qui avait chuté quelques mètres plus loin et l'aida à se relever. Ils s'accroupirent soudainement pour éviter un sort qui manqua de peu de les atteindre.

Au loin, James et Sirius étaient allés prêter main forte à James Junior et à Rose, et avaient invoqué leurs Patroni. Un chien et un cerf argentés s'étaient élevés et repoussaient lentement les détraqueurs qui leur bloquaient le passage.

De leur côté, Severus et Albus se retrouvaient encerclé par quelques détraqueurs qui avaient flairé leur vulnérabilité soudaine. A nouveau, les images du corps sans vie de Lily, accompagnées désormais de celles de Sirius, de Charity Burbage ou de toute autre personne qu'il avait vu mourir pendant la guerre venaient envahir son esprit à mesure que les détraqueurs agissaient comme autant de charognards se délectant peu à peu de sa conscience. Il sentit le jeune Albus se rapprocher de lui et cette confiance presque inconsciente et aveugle que lui accordait le garçon le ramena à la réalité. Il posa sa main sur son épaule, et tous deux, d'une même voix, lancèrent l'incantation du Patronus.

Severus vit distinctement une masse informe argentée sortir de la baguette d'Albus, et venir se positionner en une barrière surprenamment solide autour d'eux, tandis que sa biche allait repousser les derniers détraqueurs qui cherchaient à revenir à l'assaut.

Protégés par cette bulle, ils avancèrent à pas lents pour rejoindre au bout du couloir, le reste du groupe, qui guettait leur arrivée d'un air inquiet.

Les voyant arriver, les deux balais foncèrent à nouveau dans l'escalier afin de le dévaler le plus rapidement possible. Sentant les gardes sur ses talons, Severus harponna Albus de sa main gauche, agita à nouveau sa baguette et décolla du sol. C'était la première fois qu'il volait sans support en portant le poids de quelqu'un d'autre, et il se sentait par moments s'affaiblir, mais il parvint à rejoindre l'escalier et à descendre en tourbillonnant.

Potter Senior le dévisageait d'un air impressionné en le voyant léviter ainsi dans les airs, mais Sirius continuait à manœuvrer leur balai et s'enfonçait de plus en plus dans les entrailles de la prison.

La tête de Severus lui tournait et il avait de plus en plus de mal à maintenir sa trajectoire. Mais très vite, entraîné par sa propre inertie, il se retrouva propulsé par la fenêtre du premier étage, le verre éclatant tout autour d'eux, si bien qu'il manqua de lâcher Albus, qui s'accrocha encore plus fermement.

Il remarqua alors que les autres avaient fait de même à la fenêtre précédente et luttaient déjà contre la pluie qui tombait désormais à torrents sur l'île. Ils se précipitèrent vers la moto qui croulait déjà sous l'offensive de la pluie torrentielle.

Sirius l'avait déjà enfourchée et James avait placé Scorpius dans le side-car. Se décrochant des épaules de Severus, Albus s'était précipité à sa rencontre pour s'assurer qu'il allait bien. Encore un peu sonné des précédents évènements, Scorpius le rassura d'un faible geste de la main.

James Junior s'était à son tour précipité vers son frère.

« Par Merlin ! Albus ! Ton Patronus de biche était extraordinaire ! »

Albus n'eut pas le temps de protester que Severus Snape le faisait déjà monter sur la moto déjà rugissante, au dos de Sirius. Elle partit en trombe, et James Junior, Rose toujours agrippée à son dos, s'éleva à son tour dans les airs pour s'élever à la poursuite de la Triumph.

Il ne restait au sol que Severus et James, se dévisageant, haletant et dégoulinant. Voyant les gardes s'approcher, James fit un rapide signe en direction de Severus, lui pointant son balai.

« Tu veux monter ? T'arriveras à faire le trajet retour ? »

Reprenant toujours son souffle, Severus lui fit signe que oui et agita sa baguette pour décoller, les gouttes de pluie lui fouettant violemment le visage. Quelques secondes plus tard, ils étaient tous suffisamment hauts pour surplomber les nuages et la tempête, et ils fonçaient tous vers l'ouest, vers les côtes anglaises, et vers Londres.

Au sol, sur l'île de la prison d'Azkaban, Lucius Malfoy les regardait s'enfuir, en hochant pensivement la tête.