Bonjour !
Je voulais vous donner des nouvelles plus rapidement, mais les fêtes de fin d'année ont eu raison de moi. J'ai un chapitre de Noël dans ma réserve, et je voulais vous l'offrir comme cadeau cette année, mais avec le retard de publication que j'ai pris, il n'arrivera que plus tard. Pas grave, il viendra rajouter un peu de féérie de Noël pendant l'hiver, au moment où on en aura le plus besoin !
En attendant, bonne lecture à tous et toutes ! Et une excellente année 2022 ! Qu'elle vous soit pleine de belles surprises et de bonheurs !
James s'était senti grand seigneur en refermant doucement la porte, et en laissant Lily dormir paisiblement pour sa première nuit seule. Mais il y avait un détail auquel il n'avait pas réfléchi : c'était que la maison était pleine à craquer, et que chaque pièce était occupée. Toutes les chambres étaient déjà closes, aux lumières déjà éteintes pour la nuit. Même le grand salon abritait déjà les ronflements de Rose et Hayley. Il soupira et se dirigea vers la seule pièce inoccupée, la salle à manger.
Il appela Kreattur, qui, surpris de le trouver là, s'empressa de lui apporter ce qu'il demandait, à savoir une couverture et un oreiller pour qu'il puisse trouver le sommeil sur le rigide banc en bois. La nuit fut longue. Et douloureuse.
Ainsi, quelle ne fut pas la surprise de Sirius, quand, les yeux encore embrouillés par le sommeil, il tomba sur son meilleur ami avachi sur le banc, les deux bras ballants de chaque côté, une couverture tombant mollement sur le sol.
« James ? Qu'est-ce que tu fais là ? »
Le nez collé au bois froid du banc, son oreiller ayant glissé au sol, James se releva faiblement, cherchant des mains ses lunettes de la main. Sirius les attrapa et les lui tendit. James les vissa sur son nez et se frotta le reste du visage pour tenter de reprendre ses esprits. Il grimaça en se relevant, et se massa le cou.
« Bon, Prongs, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Sirius d'un air concerné.
- Lily et moi … On … On se sépare, répondit-il d'une voix terne.
- Lily t'a largué ? S'étrangla Sirius.
- Non ! S'offusqua James. Non ! Lily ne m'a pas largué ! »
La tête de Remus apparut dans l'entrebâillement de la porte.
« Que se passe-t-il ? » fit-il d'une voix curieuse.
Avant même que James ne puisse réagir, Sirius se tourna vers lui.
« Lily vient de larguer James.
- Mais non Sirius ! Elle ne m'a pas largué !
- Mais tu viens de dire vous vous séparez.
- D'un commun accord. » précisa James.
Les deux comparses se dévisagèrent un instant, et s'échangèrent un sourire désolé.
« Allons James, sois un peu sérieux ! Fit Remus.
- Quoi ? Ça paraît si extravagant que la décision vienne en partie de moi ?
- Non… Enfin, James, si on vous regarde tous les deux, c'est quand même plus logique que ce soit elle qui …
- Ah bah merci ! Se scandalisa James. On a les amis qu'on mérite à ce que je vois ! »
Il croisa les bras d'un air boudeur. Sirius et Remus se rapprochèrent de lui d'un air peiné.
« Et comment ça va ? » demanda enfin Remus.
James haussa des épaules, de l'air d'un petit garçon qui se retient de pleurer après une chute pour montrer à ses copains qu'il est fort. Il fronça les sourcils et sembla ravaler quelque chose qui lui semblait péniblement coincé dans la gorge.
« Ça va… C'est la vie. »
Le bruit sec du verre claqué contre le bois le fit sursauter. Sirius avait sorti trois verres et une bouteille d'hydromel.
« Sirius, fit Remus sur un ton de reproche. Il est huit heures du matin.
- Non, c'est exactement ce dont j'ai besoin ! » Le contredit James en attrapant la bouteille.
Quelques verres plus tard, les bras de Sirius et Remus qui entouraient fermement les épaules de James, les chants qu'ils entonnaient avec ferveur et presque désespoir, l'odeur de l'alcool et le bruit des verres qui trinquent l'aidaient à se dire que si l'amour est parfois cruel et n'est jamais éternel, l'amitié, elle, était la plus solide des fondations de sa vie.
oOo
Loin de l'agitation du rez-de-chaussée, Scorpius se réveillait doucement de sa longue nuit, et la première chose qu'il aperçut en ouvrant péniblement les yeux furent ceux pleins d'inquiétude d'Albus qui s'était précipité à son chevet au premier mouvement de sa part. Juste derrière lui, se tenait Hayley qui transpirait de la même inquiétude.
« Scorp' ! s'exclama Albus. Comment tu te sens ? »
Le blondinet cligna des yeux et lui sourit faiblement en se redressant sur son oreiller.
« Pas trop mal, je suppose... » souffla-t-il.
Albus sourit à son tour, et comme s'il avait oublié quelque chose d'urgent, il se retourna vers la fenêtre. Il appela son hibou et y agrafa un mot à la patte. Scorpius comprit qu'il s'empressait de prévenir son père de son réveil et que M. Potter ne tarderait pas à arriver pour l'interroger. Mais alors que Albus se tournait à nouveau vers le lit où il était étendu, il sentait le regard froid de Hayley. L'inquiétude avait étrangement laissé place à une certaine colère qui donnait envie à Scorpius de se ratatiner au fin fond de ton lit.
Il trouva néanmoins le courage de lui adresser un mot :
« Tout va bien ? Tu … tu es en colère, Hayley ? » fit-il timidement.
Elle lui lança un regard noir, mais ne répondit pas. Albus soupira derrière elle. Elle finit enfin par lui lancer :
« Tu as de la chance d'être en convalescence et d'avoir encore l'air cadavérique, car sinon je t'assure que je t'aurais mis mon poing dans la figure.
- Hayley ! » S'indigna Albus.
Scorpius baissa des yeux, l'air contrit.
« Laisse, Al', elle a raison.
- Bien sûr que j'ai raison ! S'exclama-t-elle en levant un doigt menaçant vers lui. Non mais depuis des semaines tu ne communiques plus avec nous, tu es comme un fantôme !
- Oui, je suis désolé.
- Et puis voilà que tu te mets à traîner avec les pires racistes de l'école !
- Hayley, je sais …
- Et puis voilà qu'ensuite tu agresses physiquement un autre élève !
- Je… Laisse moi vous expliquer ... » fit la voix faible de Scorpius qui essayait de contrer le flot de paroles de son amie. Cette dernière perdait cependant en énergie en voyant l'air désolé qu'arborait Scorpius, comme si elle ne trouvait plus de quoi alimenter sa colère et sa diatribe. Elle finit enfin par reprendre son souffle et se calmer. Ce fut à ce moment là que Harry fit irruption dans la pièce.
« Scorpius ? Fit-il d'un air inquiet. Si tu te sens assez en forme, j'aurais des questions à te poser. »
Scorpius hocha doucement la tête. Harry se décala de l'embrasure de la porte et laissa apparaître Draco Malfoy.
« Il faut d'abord que je mette les choses au clair. Il s'agit ici d'un interrogatoire qui entre dans le cadre d'une enquête criminelle. Et la loi t'autorise à être épaulé par une personne majeure. C'est pourquoi j'ai sollicité la présence de ton père. »
Il fut rassuré par le sourire engageant que Scorpius adressa à son père, et ce dernier s'était déjà installé à ses côtés. Harry sortit alors une plume à papote qui s'empressa de prendre des notes de l'entretien.
« Samedi 21 décembre 2019, 9h57, entretien avec Scorpius Malfoy, réalisé par l'auror Harry Potter. En présence de Draco Malfoy, père du premier, Hayley Dursley et Albus Potter, amis de l'interrogé.» dicta-t-il.
La formalité administrative contrastait avec l'air encourageant qu'arborait Harry, et semblait paradoxalement rassurer Scorpius, qui, pour la première fois depuis le début de ses mésaventures, se sentait enfin épaulé par un adulte et par le cadre légal.
« Je … Je vais pouvoir expliquer ce qui s'est passé ? demanda-t-il timidement.
- Oui Scorpius. Il faut que tu nous racontes ton point de vue.
- Je … Je ne retournerai pas à …
- Non, le rassura Harry. Ce n'est pas mon intention. Et même si … Même si dans ce que tu nous racontes, il y a des choses qui pourraient te porter préjudice... »
Draco voulut l'interrompre mais Harry l'en empêcha d'un geste de la main.
« Même si certaines de tes actions ont été en dehors de la légalité… Je ne laisserai rien fuiter tant que je n'aurais pas l'assurance que tu aies accès à un procès équitable et adapté. C'est à dire un procès où le nom même d'Azkaban ne pourra pas être mentionné, car tu es mineur, et tu n'aurais jamais dû y mettre les pieds en premier lieu. »
Scorpius sembla rassuré par le discours de l'Auror et serra fermement la main de son père.
« Scorpius, poursuivit Harry gravement. Tu es ici entouré de ton père et de tes amis. Nous sommes ici pour t'aider. Personne ne te jugera, mais j'ai besoin que tu nous dises la vérité sur ce qui s'est passé. »
Scorpius acquiesça avec assurance et indiqua de la sorte qu'il était prêt à répondre aux questions de Harry.
« As-tu, oui ou non, attaqué Neil Jordan lors du concert du 7 décembre dernier ?
- Non. » répondit simplement Scorpius, sans sourciller.
Hayley sursauta, et Harry lui fit signe de ne pas bouger. Avant même qu'il ait à poser une autre question, Scorpius poursuivait déjà :
« Je faisais partie du groupe qui cherchait à le piéger cependant. L'attaque visait un Gryffondor sans distinction. Potter, Weasley ou Jordan. »
Albus retint une exclamation horrifiée :
« Pott… Mais c'est mon frère ! »
De même qu'avec Hayley, Harry lui fit signe de se taire et ne laissa rien transparaître du trouble qui venait de lui prendre les tripes à la mention du nom de son fils ou de sa nièce.
« Raconte-nous tout, Scorpius. » fit-il simplement, laissant la plume gratter le parchemin.
oOo
Deux semaines plus tôt…
Scorpius Malfoy préparait son sac d'entraînement de Quidditch sans faire attention aux regards inquiets que lui lançait Albus, en préparant son propre sac. Il pouvait sentir la gêne qu'avait son ami à ses côtés, car il avait bien conscience d'avoir étouffé dans l'œuf chacune de ses tentatives de communication des derniers jours. Il savait bien qu'il laissait Albus démuni, mais il ne pouvait pas faire autrement. Jamais Albus n'aurait pu comprendre ce qu'il lui arrivait. Il pourrait s'insurger, lui faire la morale, le juger, et ça, Scorpius ne pourrait pas le supporter. Albus ne pouvait pas comprendre. Personne ne pouvait le comprendre. Il préférait éviter son regard et lui glisser entre les doigts telle une anguille à chaque fois qu'Albus tentait de lui parler.
« Scorp' ! Mais parle-moi, bon sang ! »
Pour toute réponse, Scorpius quitta le dortoir pour descendre vers la salle commune, où attendaient les autres membres de l'équipe de Quidditch. Hayley avait vêtu une large cape noire et les accueillit avec un sourire qui s'évanouit instantanément en croisant le regard sombre et désenchanté de Scorpius. Elle échangea un rapide regard avec Albus qui ouvrit les bras en signe d'incompréhension. Personne ne pouvait expliquer le comportement étrange qu'avait Scorpius Malfoy depuis quelques jours.
Seul Neronis Nott ne semblait pas affecté par la morosité ambiante, et compta les membres de l'équipe.
« Il ne manque que Morgane, Mordred, où est ta sœur ? »
Celui-ci haussa les épaules d'un air indifférent. Neronis leva les yeux au ciel, toujours surpris et agacé par le manque de cordialité qui pouvait régner au sein de sa propre maison. Il savait bien que sa propension à être aimable avec tous les élèves, sans se préoccuper de leurs statuts de sang ou leur maison entraînait le mépris de nombreux de ses camarades de chambrée.
« J'avais demandé à tout le monde d'être prêt pour quinze heure. Morgane ! Bouge ! »
Celle-ci apparut enfin, sortant des escaliers menant aux cachots des septièmes années. Elle dévisagea Neronis d'un air glacial et lança :
« Pas de Quidditch aujourd'hui, nous avons des choses plus importantes à faire.
- Comment ça ? S'étrangla Nott. Mais c'est moi le Capitaine, et c'est à moi de décider ! Nous devons nous entraîner. Si tu ne peux pas venir, Rosier, nous trouverons bien quelqu'un pour te remplacer. »
Morgane Rosier lui lança un regard dangereux. Elle s'approcha de lui doucement, en lui pointant sa baguette vers l'entre-jambe. Nott voulut reculer mais sentait la présence menaçante de Mordred Rosier derrière lui.
« Il me semble qu'on avait déjà discuté de ça, Nott. Je te dis que j'ai pas que ça à foutre de gagner la coupe de Quidditch. Maintenant il serait bien que tu restes à ta place si tu souhaites un jour avoir une descendance. »
Sa voix ne s'était pas élevée plus haut qu'un murmure, mais cela avait suffi pour que Nott perde toute sa verve et baisse les yeux. Les Rosiers, frère et sœur, échangèrent un regard satisfait assorti d'un rictus moqueur.
Albus échangea un regard interloqué avec Hayley. La maison Serpentard n'était pas la plus joyeuse, mais jamais l'atmosphère n'avait été aussi froide et n'avaient-ils été témoins d'un tel comportement. Il voulut intervenir mais Hayley le retint discrètement.
« Mordred et les autres, vous restez ici. Malfoy, tu viens avec moi. » fit enfin Rosier, d'une voix sans appel.
Scorpius sursauta et resta immobile un instant, n'osant pas croiser le regard de ses amis.
« Et bien, Malfoy, tu réagis ? »
Elle était déjà dans l'entrebâillement de la porte des cachots et le toisait d'un air impatient.
« Il faut qu'on parle, mais pas ici. A moins que tu préfères rester avec tes petits amis traîtres à leur sang ? »
L'attaque était arrivée sans prévenir, et Albus sentit son sang ne faire qu'un tour. Une fois de plus, il sentit la main d'Hayley qui le retenait de sortir sa baguette. Il posa sur Scorpius un regard douloureux, et quand ce dernier avança vers Rosier, il lui sembla qu'on lui perforait le cœur avec une dague.
Scorpius quitta la salle commune sans leur adresser un regard. Une fois la porte refermée derrière lui, il sentait que Morgane Rosier continuait de l'ausculter d'un œil scrutateur. Il prit un air déterminé et elle sembla satisfaite un instant.
« Bien, Malfoy, as-tu ce que je t'ai demandé ? »
Malfoy acquiesça et sortit de sa poche une montre accrochée au bout d'une chaînette dorée. Rosier s'en empara avec un air avide.
« Ton grand-père m'a dit que tu avais fait de nombreux progrès. Suffisamment pour qu'on puisse t'informer de ce qui se passe en ce moment à Poudlard, et dans le monde de la magie. La question est, peut-on réellement te faire confiance ? »
Scorpius déglutit face aux yeux accusateurs de son aînée.
« Oui, affirma-t-il de la voix la plus assurée qu'il pouvait.
- Tu es prêt à faire ce qu'on te demandera ?
- Oui.
- Tout ce qu'on te demandera ?
- Oui. » répéta-t-il.
Rosier hocha la tête avec satisfaction. Mais le doute s'immisça soudainement sur le visage du jeune Malfoy, qui sembla hésiter.
« Juste une chose, se risqua-t-il, timidement. On ne fera jamais de mal à Albus ni à Hayley ? »
Rosier éclata de rire.
« Oh, la tendresse et la dévotion de la jeunesse, comme c'est mignon. J'espère cependant que ça ne durera pas trop. »
Elle releva un sourcil, surprise de constater que Scorpius attendait une vraie réponse et la fixait d'un air plus assuré.
« Eh bien, disons que cela dépendra de toi. Montre toi à la hauteur et nous pourrons peut-être nous assurer qu'il n'arrive rien à tes deux petits protégés. »
La menace était à peine voilée, mais Scorpius savait désormais qu'il ne pouvait plus reculer. Rosier s'engagea dans le couloir, et Scorpius lui emboîta le pas. Il n'osa pas poser la moindre question à mesure qu'ils avançaient dans les couloirs de l'école, et fut surpris quand elle s'arrêta à la porte du bureau de la professeure de potions. Elle frappa deux coups et attendit patiemment la réponse.
La voix fluette et incertaine de la petite professeure leur répondit et la porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. Quand elle les aperçut, Schwarz se redressa instantanément.
« Rosier, fit-elle d'une voix froide et assurée.
- Professeur, Malfoy est avec moi. Il est prêt.
- Vous êtes seuls ?
- Oui, Professeur. »
Schwarz hocha la tête silencieusement et les fit entrer tous les deux. Scorpius ne reconnaissait pas sa professeure habituellement si mal assurée, si timide, en la sorcière froide et rigide qui se tenait avec fermeté devant lui. Elle le dévisageait et il se sentit à nouveau scanné comme il l'avait été par Rosier quelques minutes auparavant. Il sursauta quand la porte se claqua violemment derrière lui. Il sursauta à nouveau quand sa professeure de potions insonorisa son bureau d'un geste.
« Vous avez donc amené le jeune Malfoy, comme je vous l'avais demandé.» fit-elle d'une voix doucereuse.
Elle tournait autour de Scorpius comme un oiseau de proie et lui donnait presque le tournis.
« Ton grand-père m'a fait l'éloge de tes progrès. Apparemment, tu affirmes dans tes lettres t'entraîner avec assiduité à certains arts occultes ? »
Scorpius hocha la tête timidement.
« Oui, j'ai réussi à mettre une souris dans le coma et à la ramener à la v... »
Elle le coupa d'un geste agacé, comme si les détails ne l'intéressaient pas.
« Bien. Malfoy, comme vous le savez, des évènements étranges se sont déroulés près d'ici il y a quelques semaines. Ne faites pas semblant de ne pas voir de quoi je parle, vous nous ferez gagner un temps précieux. D'après le vieux Lucius, vous et moi avons le même objectif. »
Elle eut un sourire empli de fausse compassion qui donna envie à Scorpius de s'enfuir en courant.
« Maîtriser le retour à la vie de certains êtres chers. Cela fait des années que nous faisons des recherches et nous n'avons jamais été aussi proches. Vois-tu, un acte aussi impressionnant et aussi grandiose que celui de ressusciter les morts ne laisse aucune place à l'erreur. Il nous a fallu expérimenter. Et nous ne pouvions prendre le risque d'échouer pour LE faire revenir. Mais nos six premiers cobayes ont semblé fonctionner à merveille. Ils sont bel et bien revenus en pleine santé et en pleine possession de leurs pouvoirs. Il nous faudra reproduire ainsi la même chose. »
Malfoy ne comprenait rien à ce qu'elle disait, mais sentait bien qu'il n'était pas en position de poser des questions.
« Rosier, est-ce que Malfoy a réussi à récupérer ce que je vous avais demandé ? »
Rosier chercha avec empressement dans sa poche et sortit la montre à gousset.
« Parfait, fit Schwarz. Cela nous en fait un. Deux que nous avions encore en réserve, il nous reste donc trois objets à récupérer. Ce ne devrait pas être trop difficile. Malfoy, essayez de me trouver où se trouvent les six revenants. J'enverrai ensuite une expédition là-bas pour récupérer ce qui nous manque. »
Scorpius sentit sa poitrine se gonfler de fierté de voir une mission lui être confiée. Il savait qu'Albus avait pu aller dans le Cottage, mais ce dernier ne lui avait pas indiqué où il se trouvait. Ce ne devrait pas être une information trop difficile à récupérer.
« Ah aussi, Rosier, intégrez-le à la mission Weasel and the Wolf. Le soir du concert, il faudra ensorceler un des projecteurs. Débarrassez-vous d'un des trois Gryffondors. Assurez-vous d'avoir la montre sur vous, afin de réactiver ses pouvoirs. Une mort devrait suffire. »
Scorpius frissonna mais n'osa pas argumenter. Il savait que s'il laissait entr'apercevoir la moindre parcelle de doute, ce n'était pas James, Rose ou Neil qui risquaient d'être visés, mais bel et bien Albus ou Hayley.
Schwarz arbora un air ennuyé qui sembla indiquer que la conversation touchait à sa fin. Scorpius se sentit soulagé, car il commençait à avoir le sentiment d'étouffer et voulait s'enfuir aussi loin que possible. Schwarz s'approchait de la porte pour leur indiquer la sortie. Rosier, cependant, voulait aborder un dernier sujet.
« Professeur, fit-elle. Je sais que vous avez mis une heure de retenue à Selwyn cette semaine. Sauf votre respect, j'ai peur que cela ne corresponde pas à votre personnage, et cela pourrait détruire votre couverture.
- Et ne pas garder votre place d'élève pourrait entraver la vôtre, de couverture, Rosier. McGonagall me prend en pitié, mais il ne faudrait pas qu'elle commence à se demander si je suis encore capable de faire cours. Selwyn survivra à une petite heure de retenue, et cela permet d'éviter d'éveiller les soupçons. »
Rosier baissa la tête et acquiesça silencieusement. Elle ouvrit la porte et s'avança vers la sortie.
« Bien Professeur. Je m'assurerai que Selwyn fasse bien sa retenue et que plus aucun Serpentard ne vienne perturber vos cours.
- Parfait. Rosier, Malfoy, je vous verrai au concert. »
oOo
A la fin du récit de Scorpius, Harry se massait le front afin de mieux intégrer toutes les informations qu'il venait d'emmagasiner. Ainsi, la fragile et bien-trop-innocente-pour-ne-pas-paraître-louche Schwarz était derrière tout ça. Mais la parole d'un adolescent considéré comme un délinquant n'aurait aucune valeur. Il allait falloir agir vite. Les vacances scolaires démarraient officiellement aujourd'hui, ils avaient donc deux semaines pour réunir des preuves contre elle et l'éloigner ainsi de Poudlard.
Si Harry avait bien compris, l'objectif de la bande était de commettre des meurtres afin de réactiver le potentiel maléfique des anciens horcruxes. Voilà pourquoi Mulciber avait essayé de lancer un Remus Lupin enragé sur ses fils, et voilà qui expliquait l'attentat contre Neil. L'objectif final était donc de réunir les six horcruxes, de les réactiver, et ensuite de s'en servir pour ramener à la vie Voldemort, ou même d'autres mangemorts. Peut-être considéraient-ils qu'ils avaient trouvé un genre de passage, avec lequel ils pouvaient échanger la vie de jeunes adolescents en échange du retour de leurs anciens comparses. Le retour des six revenants n'avait donc été qu'une expérience, un coup d'essai qui n'aurait que trop bien marché.
Trop préoccupé par l'avancement de l'enquête, il ne remarqua pas les larmes qui coulaient sur les joues des trois adolescents. Albus et Hayley semblaient pétrifiés et se regardaient sans dire un mot, et sans oser poser les yeux vers un Scorpius ravagé par la honte.
« Je suis vraiment désolé. » parvint-il à bredouiller, effrayé par le regard que pourrait poser sur lui ses amis, son père ou Harry Potter.
Draco se mordit la lèvre en cherchant au fond de lui les mots qui pourraient rassurer son fils, mais ceux-ci venaient à manquer.
Harry parvint enfin à briser le lourd silence qui s'était installé.
« Merci pour ton récit, Scorpius. Tu disais que du coup, ce n'est pas toi qui as attaqué Neil ?
- Non, fit-il en secouant vigoureusement la tête. Morgane Rosier m'a demandé ma baguette. Je … J'ai eu peur de refuser, et quand j'ai vu qu'elle visait un projecteur qui allait s'écrouler sur tout le groupe, j'ai tenté de tirer Hayley et Albus vers l'arrière. »
Hayley et Albus se décidèrent enfin à lui adresser un regard, sombre et peu avenant.
« Parce que assassiner le meilleur ami de mon frère, c'était moins grave ? » lança Albus avec une voix bien plus agressive qu'à son habitude.
Scorpius voulut se défendre mais ne trouva pas les mots immédiatement. Albus profita de son silence pour poursuivre :
« Juste pour ton information, c'est James qui a lancé l'idée de ton évasion. Alors que toi tu l'as jeté sous le Magicobus, lui, et son meilleur ami.
- Co… Comment va Neil, d'ailleurs ? Osa demander Scorpius d'une voix anxieuse.
- Son état est stable, répondit Harry. Mais il semblerait qu'il ait subi un sort maléfique que les meilleurs médicomages de Sainte Mangouste n'arrivent pas à désamorcer. Ils gardent espoir cependant.
- Pourquoi est-ce que tu demandes ? Lança Hayley. C'est pas comme si cela pouvait te faire quoi que ce soit !?
- Hayley ! S'indigna Harry.
- Dursley ! » S'exclama Draco au même moment.
La jeune fille échangea un regard entendu avec Albus et tous deux se levèrent.
« Il… Il faut qu'on y aille. » bredouilla simplement Albus.
Scorpius leur lança un regard implorant, mais ne parvint pas à attraper le regard ni de Hayley, ni d'Albus.
« Al' ! S'écria-t-il. Hayley ! »
Mais les deux adolescents avaient déjà quitté la pièce, laissant le jeune Malfoy dans un désarroi auquel son père ne pouvait répondre. Il accrocha cependant Harry Potter du regard, le suppliant silencieusement de venir en aide à son fils, qu'il n'avait jamais vu si seul et si vulnérable.
Harry perçut son appel à l'aide. Il hocha gravement la tête et se tourna vers Scorpius.
« Laisse-leur un peu de temps, lui fit-il doucement. Ils sont bouleversés. Mais ils comprendront très vite que tu t'es laissé embourber dans un mauvais chemin. Car c'est bien cela, Scorpius ? »
Le jeune garçon, trop heureux de la perche de rédemption que l'Auror lui tendait, s'y accrocha comme un noyé à une bouée.
« Oui, M. Potter ! Je … S'il-vous-plaît, il doit y avoir un moyen pour que je me rachète.
- Scorpius, voyons, s'indigna son père, un Malfoy ne supplie pas comme ça !
- Pour l'instant, être un Malfoy ne m'a apporté que des ennuis. » répliqua son fils d'un regard noir qui coupa Draco dans son envie de lui répondre.
Harry resta pensif, puis se décida à proposer ce qu'il avait en tête.
« J'aurais justement besoin de vous deux. Et votre nom, Malfoy, me sera justement très utile. »
Malfoy se redressa instantanément.
« Non, Potter, tu n'utilises pas mon fils dans tes manigances !
- Laisse le parler, papa, je veux savoir, je veux le faire ! Fit Scorpius d'une voix enthousiaste.
- D'après ton témoignage, expliqua Harry, la bande à Lucius cherche à récupérer les trois autres horcruxes.
- Potter, je t'interdis de …
- Moi de mon côté, si j'enquête seul, cela risque de n'avoir aucune valeur, car Abercrombie est trop aveuglé pour me croire si j'amène mon témoignage. Il veut à tout prix m'évincer pour de bon et me faire tomber.
- Potter ! Réitéra Draco, je te parle !
- Il faudrait donc que vous fassiez en sorte que Lucius pense trouver les horcruxes à un endroit… Disons … Le Cottage.
- Potter ...
- Papa, laisse le continuer !
- Et que de mon côté, je fasse croire à Abercrombie qu'il peut venir me chercher des noises et trouver quelque chose contre moi à ce même Cottage. Si Abercrombie tombe sur Lucius en flagrant délit de vol et de magie noire, il sera bien obligé de le mettre sous les verrous.
- On le fait ! On va aller espionner mon grand-père !» S'exclama Scorpius.
Draco contempla son fils et adressa à Harry un regard blasé. Il lui fit signe de le suivre à l'extérieur de la pièce, afin que Scorpius n'entende pas la suite de la conversation.
« Potter, s'il arrive quoi que ce soit à mon fils, je …
- Ton fils a fait partie d'un gang qui a failli tuer un des miens, répliqua Harry froidement. Je te trouve bien mal placé pour venir me menacer. »
Draco grimaça, à court d'arguments.
« Pourquoi tu le lui proposes à lui ? Demanda-t-il enfin. Je peux très bien le faire seul, et le laisser en dehors de tout ça.
- Lucius croit encore en lui, et le voit comme son poulain. Ça facilitera les choses. Et puis, il n'y a pas que ça…
- Quoi d'autre Potter ? Qu'est-ce qui pourrait justifier de renvoyer mon fils unique chez mon fou furieux de père ?
- Tout d'abord, il en est capable. Et il pourra ainsi se le prouver.
- Mais je m'en contrefous, Potter ! Je veux pas qu'il se prouve quoi que ce soit, je veux qu'il reste en vie et si possible en liberté !
- Et, poursuivit Harry comme s'il ne l'avait pas entendu, cela lui offre ici une manière de se racheter. A ses propres yeux, et aux yeux de ses amis. Car j'ai bien vu dans son regard l'importance que Hayley et Albus ont pour lui.»
Draco prit le temps d'intégrer ce qu'Harry venait de lui dire.
« Il en a besoin, Malfoy. Il sait qu'il a merdé. Laisse-lui la possibilité de réparer ça lui-même. »
Draco finit par hocher silencieusement la tête.
« Oh, poursuivit Harry sur un ton plus léger. J'ai aussi une autre idée pour apaiser les tensions. »
Draco releva un sourcil intrigué et méfiant.
« Plutôt que de fêter Noël tous les deux, pourquoi vous ne vous joindriez pas à nous, au Terrier ?
- Noël chez les Weas-moches ? Renifla Malfoy d'un air sarcastique.
- A toi de voir, fit Harry en haussant des épaules. Je te rappelle que trois petits weas-moches ont secouru ton fils des griffes des détraqueurs. »
