AVIS : Les personnages de Mulder, Scully et Sindy ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent à leurs auteurs respectifs. En revanche, l'histoire provient de mon imagination. Je vous souhaite une très bonne lecture. France

Résidence de Paul et Sindy (Vancouver)

Dimanche de Pâques : 03h.07 A.M.

Plantés devant le petit écran, les quatre amis virent des secouristes parcourir le magnifique panorama des Monts Chic-Chocs. Suite à la violente avalanche qui venait de se produire, ils remarquèrent que la neige reflétait des teintes inhabituelles tirant sur un étrange violet incandescent.

Le visage blême, un présentateur décrivait d'une voix émue, la découverte de plusieurs tentes qui avaient sans doute appartenu aux malheureux disparus. Les secouristes et leurs chiens venaient de les découvrir enfouies sous des tonnes de neige et de glace. Dans le ciel, des hélicoptères de l'armée et de la croix rouge lançaient des câbles et des matériaux technologiques susceptibles d'aider les secouristes et l'armée de terre à dénicher des survivants.

« Malheureusement, commentait le présentateur à la voix émue, aucun des membres de l'expédition n'a donné signe de vie. Les secouristes continuent de fouiller la montagne mais l'espoir de retrouver des survivants s'amincit au fur et à mesure que les heures s'écoulent.

Un autre fait étrange observé par nos scientifiques, continua le présentateur, est le taux de radiations anormalement élevé autour du campement. Des scientifiques dépêchés par la NASA cherchent à comprendre la cause de certaines anomalies recouvrant le site des disparus. Le gouvernement du Québec ainsi que l'armée canadienne et américaine ont été prévenus du drame.»

Mulder baissa le volume du téléviseur. Le visage pâle, les traits tirés, il leva les yeux vers ses compagnons qui le dévisageaient sans souffler mot.

Son regard croisa le regard limpide de Scully. Celle-ci, d'un léger mouvement de tête, lui signifia qu'elle était prête à le suivre qu'importe sa décision.

Fox plongea ensuite ses yeux noisettes dans ceux de Sindy. Comme Samantha jadis, des reflets d'émeraude et de saphir dansaient dans ses prunelles. Le poids de ce douloureux souvenir étreignit son cœur. Il retint ses larmes qui menaçaient de couler et inspira profondément pour se ressaisir.

- Sur ce coup, Cinnie? Lâcha-t-il doucement. Ton intuition te dit quoi?

- D'écouter cet homme et partir pour l'Angleterre, Mulder. Il est impératif que nous le rencontrions à Pemberley.

- Pemberley! S'exclama Fox intrigué. Je ne connais pas. Quel est cet endroit au juste? J'aimerais bien le savoir.

- Pemberley est un riche domaine situé dans le Derbyshire, informa Paul. Il appartient à l'illustre famille Darcy. Ma mère est une grande fan de cette famille. Cette passion l'a amené à étudier les romans de Jane Austen; entre autre, celui d'Orgueil et Préjugés ».

Quand j'étais gamin, ma mère et moi avons eu la chance de visiter cette magnifique propriété. Il y avait un grand marronnier à l'entrée du domaine. Après une partie de pêche, maman m'a invité à m'asseoir au pied de cet arbre. Puis, elle a sorti son bouquin en souriant et m'a lu toute les péripéties d'Élizabeth Bennet et de William Darcy. Depuis lors, j'ai toujours adoré ce roman. C'est sans doute pour cette raison qu'à mon treizième anniversaire, ma mère m'a offert ce livre. Je l'ai toujours conservé. Suite à cela, elle m'a confié qu'il existait une clique d'individus persuadée que Jane Austen se serait inspirée de faits authentiques et de personnages aussi réels que vous et moi pendant l'écriture de son roman.

- Et toi, qu'en penses-tu, Paul? interrogea Sindy les yeux pétillants de curiosité.

Elle leva son regard à la hauteur de son visage. Touché par sa vulnérabilité, Paul effleura ses cheveux.

- Et bien, dans ce cas précis, je crois qu'il faut demeurer ouvert à toutes les possibilités. Il s'interrompit une seconde avant de s'adresser à Mulder. Et toi, vieux frère… Qu'est ce que tu en dis? »

Fox ne répondit pas tout de suite, esquissa un léger sourire et dévisagea Dana avec insistance.

La jolie rousse qui avait remarqué son manège roula des yeux en poussant un long soupir d'exaspération. Son instinct lui soufflait qu'un voyage en Angleterre se profilait à l'horizon et que leur quatuor risquait de voler de surprise en surprise. Elle ne se doutait pas à quel point elle était près de la vérité.

- Écoutez! Reprit Mulder. Je sais que je ne suis pas le seul concerné dans cette aventure. Nous sommes une équipe. Alors! Dites-moi franchement. Souhaitez-vous vous impliquer dans cette affaire?

Il plongea son regard dans celui de Dana.

-Qu'est-ce que tu en penses, Scully?

Dana se racla la gorge.

- Si tu crois te débarrasser de moi comme ça, Mulder! Tu te trompes royalement.

- D'accord, Scully. J'ai compris, sourit Mulder en lui lançant un clin d'œil complice.

- Et toi, Cinnie? Tu es toujours « partante » pour cette nouvelle enquête?

Résolue en dépit de l'épreuve qu'elle venait de subir, Sindy hocha vigoureusement la tête.

- Bien entendu, Fox. Un nouveau mystère à résoudre! J'avoue que ce n'est pas pour me déplaire.

Paul soupira discrètement.

- Cela te cause un problème, Paul? avança Sindy en le dévisageant gravement.

Les yeux rivés sur Vickie qui dormait profondément, le brun demeura silencieux, puis se confessa avec franchise.

- D'une certaine façon, je dirais que oui, s'adressa-t-il à ses amis. Vous savez... Je suis père de famille et j'ai la responsabilité de protéger ma fille. Je refuse de la voir courir un danger à cause de « cette affaire. » Mais puisque cet anglais nous prévient que notre planète est menacée, je suis prêt à vous suivre. Je m'occuperai de notre hébergement, en Angleterre. Le premier soir, nous logerons chez mes parents. Ils seront heureux de vous rencontrer et de s'occuper de Vickie. Il réfléchit en vitesse. Mes parents sont justement dans leur maison, à Londres. Je les contacterai à la première heure, demain. Ils prendront soin de Vickie et de Rex. Vous comprenez? Je tiens à ce que ma fille soit en sécurité. Ensuite, nous pourrons… Paul se tut, se dirigea vers la bibliothèque du salon et retira le livre d'Orgueil et Préjugés. » Il le feuilleta d'un air songeur. Ensuite, reprit-il comme pour lui-même, je vous conduirai à Pemberley. Ça vous va?

- Tout à fait! se réjouit Mulder. Il pivota sur lui-même et jeta un coup d'œil espiègle vers Dana. Ne fais pas la tête, Scully. Je me chargerai de la paperasse et de l'organisation du voyage. Toi, tu n'auras qu'à te laisser couler dans la vague et perfectionner ton accent british.

Stoïque, Scully planta ses yeux bleus dans ceux de Mulder, haussa un sourcil et grommela :

- Va te faire foutre, Mulder!

Désireux de la faire ronchonner plus longtemps, Fox mima de ses lèvres un baiser qu'il souffla dans sa direction.

- Je vous déteste! « agent Mulder», blagua-t-elle, luttant pour retenir le sourire qui éclairait son visage.

La sonnerie du téléphone cellulaire de Mulder mit fin aux taquineries des deux agents.

- Mulder!… répondit celui-ci d'une voix ferme.

- Avez-vous pris votre décision, monsieur Mulder? interrogea l'anglais d'une voix toujours aussi calme.

Fox dévisagea ses trois amis pour s'assurer qu'aucun d'eux ne changeait d'avis.

- Nous sommes d'accord pour vous rencontrer, monsieur, mais certaines conditions s'imposent. Dès notre arrivée à Londres, nous vous contacterons.

- Alors, j'attendrai votre appel, approuva laconiquement l'anglais qui cita un numéro codé. Mais ne tardez pas, monsieur Mulder. Comme je vous l'ai spécifié plus tôt, il y va de l'avenir d'une illustre famille ainsi que de notre planète. C'est pourquoi, grâce à des amis hauts placés, nous avons pu aviser vos supérieurs de vous libérer quelques temps. L'agent Scully, l'agent Cahill, le docteur Stéphanos et vous-même partirez pour Londres demain soir sur le vol de 19 h.15. Tout est organisé. À votre arrivée à l'aéroport, une enveloppe vous attendra à la réception. Demandez à l'agent Scully de se présenter au comptoir numéro 3 et d'informer le préposé qu'elle vient de la part d'Antonio. Quand vous serez en lieu sûr, vous pourrez ouvrir l'enveloppe et suivre mes instructions. N'oubliez pas, monsieur Mulder. Il est impératif que votre équipe et vous, soyez sur place dans le grand hall de Pemberley, mardi à 18 heures précise. Je compte sincèrement sur votre présence.

L'homme raccrocha, laissant les trois agents et Paul plus que perplexes.

Au Derbyshire, dans un laboratoire souterrain, Anthon Leskuarnek jeta un œil soucieux vers le mur de lumière en face de lui. Il soupira, comprenant qu'une fois le projet lancé, aucune erreur ne lui était permise. Les sourcils froncés par la concentration, Anthon ouvrit son porte-documents et en sortit trois photos en noir et blanc. La première représentait Mulder et Scully en mission dans l'antarctique. Tous deux portaient des anoraks et des lunettes de soleil pour se protéger contre la cécité des neiges. Debout l'un près de l'autre, ils examinaient un échantillon étranger, au microscope. Sur la seconde photo, il vit Sindy Cahill, également en mission. À califourchon sur un étalon noir, elle poursuivait un suspect non identifié. Sur la troisième photographie, il remarqua un détail intéressant. Une silhouette féminine tendait au docteur Stéphanos une mignonne blondinette âgée d'environ cinq ou six ans. L'homme pleurait de joie en serrant l'enfant sur son cœur. Ensuite, Anthon étala trois portraits sur sa table de travail et les étudia minutieusement avec sa vieille loupe. Il adorait travailler à l'ancienne. L'un des portraits représentait la famille Bennett marchant vers l'église du village. Le second montrait Élizabeth Bennett et sa sœur Jane qui, parées de leurs plus beaux atours, dansaient avec grâce dans une magnifique salle de bal. Et enfin, sur le troisième portrait, William Darcy offrait à sa jeune sœur, Georgianna, un superbe piano Forte. Assise au clavier, les doigts fins de la jeune fille s'apprêtaient à caresser les touches.

Le front soudain en sueurs, Anthon sortit prestement un mouchoir de la poche de son veston. Les mains tremblantes, il s'essuya le visage.

"Bon!" Se dit-il pour se remettre. Maintenant que les dés sont jetés. Je ne peux plus reculer.

Se pressant l'arête du nez pour reprendre contenance, Anthon se racla la gorge et ordonna à Marjorie, sa meilleure costumière, de préparer des habits d'époque pour lui et ses futurs invités qui ignoraient encore l'ampleur du voyage qu'ils s'apprêtaient à faire.

« Heureusement pour eux! » songea Anthon en retenant un soupir.

Fatigué par le stress des derniers jours, Anthon Leskuarnek étira ses bras au-dessus de sa tête, inspirant et expirant à plusieurs reprises. Puis, il recula sa chaise afin d'étudier une fois encore la série de photos et de portraits étalée sur sa table de travail. Il sourit; un étrange sourire; désabusé, presque triste, qui assombrissait son regard mais pas assez pour éteindre la petite lueur d'espoir qui commençait à naître dans ses pupilles.

« Après toutes ces années de souffrance, était-il raisonnable d'espérer retrouver ce qu'il avait perdu jadis? Seul, l'avenir le lui dirait. Et qui sait?… Peut-être cet avenir se cachait-il dans les tréfonds du passé? »

Anthon, le flegmatique anglais, se surprit à le souhaiter. Un souhait timide peut-être ; mais un souhait tout de même.

« Plus que deux jours à attendre maintenant, pensa-t-il en regardant les photos de ses futurs partenaires. Après tant d'années de quête, de recherche et de souffrance, plus que deux foutus jours! »

Fin de la partie 1

J'espère que vous avez apprécié. N'hésitez pas à commenter si le coeur vous en dit. Au plaisir!