Yo ! Cet OS est écrit dans le cadre de la Nuit du FoF sur le thème Empathie.

C'est plus ou moins un UA Soulmates ? Quelque chose de ce genre.

Bonne lecture !

Tunnel

Se réveiller, et sentir.

Des mains autour du cou, un esprit dans son esprit, un poids sur les poumons.

Ça ne devrait pas être là.

Encore de la brume dans les yeux, dans la tête, un nuage qui trouble le jugement. Il y a quelque chose qui fait peur, qui fait mal, c'est étrange ce mélange d'adrénaline et de sommeil, Pidge ne sait pas bien où iel est.

Sa nuque glissante, les draps moites.

Une crise d'angoisse ?

Des yeux vides et des lèvres sèches.

Un souvenir de Voltron ?

Un tremblement.

Un cauchemar ?

Un tremblement, à côté.

Cette peur n'est pas à ellui.

Iel halète, se tourne, plisse les yeux. Il fait trop sombre pour bien voir. C'est dehors. Hors de sa chambre, iel s'arrache à son lit, le sol est froid, le couloir gèle. Allumer la lumière.

Une nausée. Une douleur dans la poitrine. Iel doit se souvenir que ce n'est pas son souvenir.

C'est Lotor, dans sa chambre violette et noire, qui se tord sous des coups qu'il ne reçoit plus, et son corps, perdu, qui sent des douleurs fantômes et n'est finalement plus qu'une boule de nerfs, qu'une boule de chair, à vif, qui a peur d'avoir mal.

L'esprit de Lotor est un labyrinthe où il se perd. Pidge n'aime pas ça. Iel s'est déjà perdu là-bas. Parce que tout est si réel, si tangible, comme la froideur qui d'un coup lui tombe sur la nuque. Pidge veut savoir de quoi Lotor se souvient, en même temps qu'iel ne veut pas savoir du tout. Iel ne veut pas entrer là.

Ce serait trop difficile de sortir.

Il faut déjà ramener Lotor ici. Ouvrir la porte de sa chambre, tirer sur ses draps, poser une main sur son front, parler doucement. Trouver ses yeux paniqués, les croiser.

C'est un enfer.

C'est un enfer quand il fait ça, c'est un tunnel ouvert en grand, et toute la panique du monde déferle sur Pidge, et Pidge reçoit, serre les dents pour ne pas être submergé. Iel pense à Matt. A Lotor quand il sourit. A des choses qui l'aident à garder la tête hors de l'eau. S'iel va bien, Lotor ira bien. Ça peut fonctionner. Iel inspire, ça siffle dans les oreilles de Lotor, ou dans les siennes, rien n'est vraiment bien clair, ça siffle et puis ça bourdonne, et puis ça s'arrête.

Elle était là.

Et il n'y a rien à comprendre, parce que ça prendrait des années, et Lotor n'a pas la force d'essayer.

Elle est dans ma tête.

Il faut penser des pensées douces. Enrouler les bras de Lotor autour d'ellui et lui attraper la tête pour qu'il ne la perde pas.

Je sais.

Il faut qu'il comprenne que maintenant, ça va. Il faut qu'il retrouve le sens de la réalité, de la lumière du couloir qui se glisse dans sa chambre, il faut qu'il arrive à pleurer, à évacuer, ça ne peut pas rester juste dans sa tête, juste dans sa tête et la tête de Pidge.

Je suis là.

.