Yo ! Cet OS est écrit dans le cadre de la Nuit du FoF sur le thème Tour. C'est aussi la suite de l'OS précédent, même si je l'ai théoriquement écrit avant. Bonne lecture !
Mets tes chaussures, prends tes clopes
Le silence dans la pièce.
Il est épais. Epais comme de la ouate.
C'est lourd, ça stagne.
Le genre de silence, on oublie comment respirer.
Pidge a la bouche serrée : iel sait plus comment respirer.
Lotor a la gorge ouverte dans un cri qui ne sort pas.
Il oublie.
Il tressaute.
Il inspire.
Il respire.
Déjà, il ne pleure plus.
On va faire un tour.
La voix de Pidge. Iel ne croyait pas qu'iel savait encore parler.
Le visage de Lotor se tourne vers la fenêtre.
Le silence est brisé.
Même, il n'a jamais existé.
Jamais existé qu'entre elleux, dans cet instant suspendu entre l'horreur du cauchemar et celle de la réalité.
Ça tape sur les vitres, et puis ça fait grincer les fenêtres.
Il pleut.
La voix de Lotor est brisée comme le silence. Elle peine à exister.
Dans ses bras, Pidge sent un petit enfant blessé. Iel le serre contre sa poitrine.
J'ai besoin d'air, viens, on va faire un tour.
Le serre fort et le relâche, iel sent une main qui lea retient. Iel s'immobilise, une seconde. Les doigts défont leur étreinte, iel se lève.
Ouvre l'armoire de Lotor, trouve un sweater noir large, chaud, un tellement grand qu'il tombe un peu sur les épaules de l'alien. Et un autre sweater bleu, large, chaud, qui serre les épaules de Lotor mais qui tombe jusqu'au bas des cuisses de Pidge. Iel enfile le deuxième, lance le premier sur le lir.
Enfile ça, mets des chaussures, prends tes clopes.
Il fait froid dehors, et puis Lotor a raison, il pleut, pas une petite pluie, une grosse pluie avec du vent, le genre de pluie qui fait peur à entendre, presque, qui fait un peu de peine pour celleux qui traînent leur carcasse dans les rues.
Mais Pidge sait pas quoi dire d'autre et Lotor obéit.
Iel le sent qui se calme, son cerveau qui passe à autre chose. Une consigne à appliquer, c'est facile.
Ça déconnecte. Être rapide, être efficace, se lever, enfiler le sweat, et un pantalon, et des chaussettes, et des chaussures. Glisser le paquet de cigarettes dans la poche du sweat, le bruit des clés que Pidge tourne dans la serrure pour ouvrir la porte, pour fermer.
Le boucan de la pluie et l'odeur du goudron humide. D'ici c'est immanquable. Ça les ébranle. Ça résonne entre elleux.
Iels se tiennent la main. Lotor allume une cigarette.
Iels s'élancent d'un même mouvement sous la pluie.
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