Yo ! Cet OS est écrit aussi pour la Nuit du FoF, sur les thèmes Nid et Angoisse.
TW : dépression
il y a
(des jours comme ça)
Don't stay awake for too long,
Don't go to bed
I'll make a cup of coffee for your head
I'll get you up and going out of bed
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Le soleil qui tombe par la fenêtre ne suffit pas, et les lèvres qui effleurent son épaule non plus, et même si la main qui se pose sur son côté est chaude les draps le retiennent, non, il ne peut pas se lever.
Il ne veut pas se lever ni déjeuner, ni travailler, et il aimerait que ce soit romantique comme dans la chanson. A la place il y a l'odeur familière des draps, un peu réconfortante un peu décevante, et il se sent comme un petit enfant. Il se sent bête de ne pas pouvoir se lever, d'écouter cette voix dans sa tête qui lui dit ce n'est pas que tu ne peux pas, c'est que tu ne veux pas, et de garder en lui l'enclume qu'elle lui pose doucement sur le ventre.
C'est une angoisse au ralenti, ces journées, une angoisse paisible où il pleure en silence, et quand il arrive à se redresser pour poser la tête sur l'épaule de Hunk, pour prendre une gorgée du café qu'il lui a apporté, la lumière blanche du jour l'éblouit et il se dit que c'est dommage, parce que le soleil brille fort, c'est un bon jour pour sortir, pour sourire, et il est déçu de le gâcher.
Il voudrait faire un effort mais ses forces l'ont quitté. Des années d'entraînement, la guerre, et la tasse de café encore est trop lourde pour lui. Ses jambes ne peuvent pas le porter, et ils disent à la radio qu'il pleuvra demain et il pleure aujourd'hui parce qu'il a tout gâché et il n'a même pas la force de sangloter. Comme un enfant, vraiment, un petit enfant chétif et malade, et il s'enfonce à nouveau dans ses draps, un nid de couvertures où il est l'œuf qu'il faut couver.
Des bras puissants, lourds autour de lui, plus puissants et plus lourds que l'angoissent, et il se laisse bercer, il laisse Hunk lancer un film et ses yeux le piquent mais il n'a pas besoin de bouger alors ça va. On le couve si fort, on le tient si bien que même s'il voulait, il ne pourrait pas se lever.
La lumière du jour passe et décline, le soleil tombe des draps et rampe sur le mur jusqu'à disparaître. Il y a des jours comme ça, qui se finissent au même endroit, dans la même position qu'ils ont commencés, en boule sous les draps et l'inconfort d'un mal de tête, l'odeur de la lessive de Hunk et un film sur l'écran de l'ordinateur, et c'est triste et rance mais Lance sait que ça pourrait être pire. Alors il serre la main qu'il aime, pour promettre ce qu'il ne peut pas, et il ferme les yeux, parce que la journée est finie.
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Ne reste pas debout trop longtemps,
Ne va pas te coucher,
Je ferai couler un café pour ta tête,
Je t'aiderai à te lever de ton lit.
Je te promets qu'un jour je me sentirai bien.
Je te promets qu'un jour, j'irai bien.
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Voilà.
C'est très court mais je vois pas tant quoi rajouter sans entrer dans le angst profond avec les pensées envahissantes.
La chanson, en Anglais au début et traduite en Français à la fin, c'est Coffee de Beabadoobee.
