Yo ! Cet OS est écrit en vingt minutes dans le cadre des 24H du FoF, sur le thème Pourquoi tu l'as choisi ?
C'est la suite des deux OS Lotidge (en relation queer platonique) Tunnel et Mets tes chaussures.
Matt téléphone maison
« Pourquoi lui ? »
Il dort dans sa chambre à ellui. Iel s'est levée ce matin et le téléphone a sonné. Iel a pris une des cigarettes de Lotor, iel s'est installée à la fenêtre. Les restes de la pluie de cette nuit faisaient des gouttes, tombant à intervalles irréguliers.
Iel a remarqué que la pluie s'était arrêtée. Iel a ouvert la fenêtre, décroché le téléphone. Le narcisse sur le rebord semble d'un jaune plus éclatant qu'à l'accoutumée.
« Je ne sais pas. Ça fonctionne. »
Iel se sent bien, avec Lotor dans son lit. Ce n'est pas tous les jours, et il n'y a pas grand-chose de plus que ça. Iel n'a pas vraiment envie de l'embrasser sur la bouche. Mais le serrer dans ses bras, et être proche de son odeur, tout le temps, ça lui plaît. C'est un confort nouveau.
« Tu sais que n'importe lequel des garçons aurait dit oui ? »
Bien sûr qu'iel sait. Iel n'est pas stupide, ni aveugle. La voix de Matt est calme, mais ça se voit que c'est difficile pour lui. Il ne connaît pas les galra de la même manière que son adelphe, et Lotor non plus.
« Je sais. »
Shiro lui a même proposé. Et iel a hésité, parce que Shiro est une présence apaisante. Ça doit être bien, d'avoir l'âme liée à la sienne. Il doit tout faire pour que ce soit facile pour l'autre. Pidge sait qu'iel aurait été heureuxe à ses côtés. Mais Lotor, c'était une toute autre sorte d'évidence.
« Écoute, Matt, je l'ai choisi. C'est trop tard.
— Tu peux revenir en arrière.
— Mais je veux pas. Et si Maman décide de m'en vouloir pour l'éternité, c'est son problème.
— C'est un tueur de masse, Pidge. C'est difficile à accepter.
— Nous aussi, on a tué en masse. En un an et demi de guerre, j'ai renoncé à beaucoup des choses auxquelles je croyais. Lotor, il a vécu dix mille ans dans cet enfer. Qu'est-ce qu'il aurait pu être d'autre, qu'un tueur de masse ?
— Maman ne comprend juste pas–
— Si elle voulait bien me parler, je lui expliquerais. »
Pidge soupire. Iel prend une longue bouffée de la cigarette. C'est comme si Lotor était là. En vérité, iel sent sa présence apaisée dans la maison. Iel sait qu'il est là. C'est magique.
« Écoute, tu m'appelles de sa part, c'est ça ? Dis-lui que non, elle ne comprend pas. Et si elle est en colère, tu lui dis qu'elle continue à travailler avec la Garrison, l'organisation qui est responsable de l'entrée en guerre de ses deux enfants, quand ils avaient quinze et dix-sept ans, et que moi aussi je peux lui en vouloir.
— Pidge …
— Je sais que c'est pas juste. Mais rien n'est juste, et j'en ai marre. Lotor me fait du bien. Il change. Il a déjà changé. Viens nous voir, juste, prendre un café cet après-midi. »
C'est important pour Pidge, alors ça doit l'être pour Matt aussi. Et il soupire.
« Je déteste me retrouver entre Maman et toi.
— C'est elle qui fait la tête toute seule.
— Qu'est-ce que je disais ?
— Allez.
— D'accord. Je viens cet après-midi. »
Des mots d'amour, enfin, et puis ça raccroche. Iel sent, Lotor est en train de se réveiller. Le café est fini de couler, il ne pleut pas et Pidge écrase sa cigarette.
Iel ne sait pas pourquoi, mais iel sait qu'iel a fait le bon choix.
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