Yo ! Cet OS est écrit dans le cadre des 24H du FoF qui ont commencé ce 14 juillet à minuit et durera jusqu'au 15 juillet à minuit (ou 14 juillet à 23h59, si c'est plus clair), où on devait écrire sur le thème Mettre les voiles. Ce texte a été rédigé en 38 minutes.
Bonne lecture !
Parisien
Luka est un adolescent parisien comme on en voit tous les jours, cultivé, politisé, et quand le ciel est gris il s'invente une âme de poète. Il a Rimbaud, Baudelaire, Hugo et Genet sur sa table de chevet, il écoute les Beatles et Nina Simone en vinyle, il achète les CDs de Jagged Stone et, de temps en temps, il s'allume une cigarette à la terrasse d'un café en parlant de ce qu'il a entendu sur France Inter la veille avec des amis plus âgés qu'il s'est fait en festival.
Il porte un T-shirt Jagged Stone, un jean bien coupé, et dans son armoire, il a une marinière agnès b. qu'il enfile parfois. Il a des converses qu'il ne change que quand elles sont usées jusqu'à la moelle, il s'achète du vernis à ongles noir chez Yves Rocher et tous les printemps il va au cinéma avec sa sœur et sa mère. Il déteste son père parce que c'est plus facile que d'admettre qu'il l'aime, il dit à sa mère et sa sœur qu'il les aime parce qu'Anarka lui a montré que c'était important.
Il lit Le Monde, National Geographic, Le Canard Enchaîné et la presse musicale : il parle du déclin du papier et grince contre ceux qui ne savent pas tenir leur droite dans les escalators. Il se reconnaît dans les chansons de Renaud, Brassens, Joe Dassin et Charles Aznavour.
Vraiment, le parisien typique.
Et comme tous les parisiens, il rêve de quitter Paris. Il se voit prendre sa guitare et ses converse et puis partir loin, loin de la ville et loin du bruit. Il rêve de l'océan dont sa mère parle si bien, d'une vie libre et romantique, avec des aventures, des rencontres dans des tavernes en Bretagne, des paysages et un voilier qui vogue au milieu d'une mer grise et tumultueuse.
Il rêve de partir avec sa guitare et de chanter pour gagner son pain, il rêve de rejoindre la campagne britannique, de jouer ses chansons dans des pubs où d'anciens rockers le prendraient sous son aile.
Juste, mettre les voiles et voir ce qu'il y a vraiment de l'autre côté du périphérique. Voir la France, l'Europe et peut-être le reste, entendre l'accent du Sud et de la campagne, rire en Catalan et boire en Alsacien.
C'est son rêve, depuis toujours. Il lit des récits de voyages, Jules Verne, regarde les biopics des célébrités qu'il admire, et il rêve, il rêve.
Et comme tous les parisiens, il ne quittera jamais Paris, parce que c'est trop grand, parce qu'il y a toujours quelque chose à faire, parce qu'il y a toujours des gens à voir ici et nulle part ailleurs. Il pensait partir après le BAC, et maintenant, il ne sait plus. Peut-être que les rêves sont plus beaux s'ils restent des rêves. Peut-être, aussi, que le voilier dans son cœur a jeté l'ancre dans une mer d'un bleu limpide, d'un bleu qui n'existe qu'à Paris, d'un bleu qu'il appelle bleu Marinette, quand il fait gris et que sa plume le démange.
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Voilà ? C'est tout court mais je crois que ça me traînait dans la tête depuis assez longtemps, cette description de Luka. J'espère que vous le reconnaîtrez là-dedans, même si ça ne montre que les facettes de lui qui ne sont pas abordées dans le canon, celles que moi je lui imagine.
J'ai hâte d'avoir vos retours !
À très vite !
