J'ai de bonnes nouvelles aujourd'hui, non seulement à cause du Chapitre, mais aussi parce que, enfin, j'ai une idée précise de la façon dont ce syot va se terminer. Ce qui signifie que je pourrais le mettre à jour un peu plus souvent à partir de maintenant. Ce chapitre est un peu plus lent et plus court que les précédents. J'espère quand même que vous aimerez et que vous ne me détesterez pas trop pour la fin XD.
Chapitre seize: Le jour qui ne finit pas
Triton avait l'habitude de dire que le jour où le volcan de son arène est entré en éruption a été le jour qui s'est senti le plus court et le plus long en même temps. Non seulement à cause du temps qu'a duré l'éruption, mais aussi à cause de tout ce qui s'est déchaîné en un seul instant...
Alec Wagner – 16 ans – District 12
[Zone rouge: Nuit]
Je me réveille avec un son strident et grinçant, semblable au bourdonnement d'un insecte (ou de plusieurs) que je ne connais pas. Il ne me faut que quelques secondes pour m'habituer à l'obscurité de l'arène et je découvre que le coupable est une créature très obscure ressemblant à une sauterelle avec des ailes transparentes oranges et des yeux rouges. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'accorde parfaitement avec les tons de la région où nous nous trouvons. Rouge et noir la nuit et blanc et rouge le jour. C'est une chose étrange, comme un jeu d'opposés qui ne fonctionne pas vraiment.
Je me déplace, sous la cape de plumes qu'Alaïa a récupérée à la Corne d'Abondance et que nous avons décidé d'utiliser, comme s'il s'agissait d'une couverture pour dormir, car il fait très froid la nuit. Naturellement, elle n'est pas assez grande pour nous trois, alors nous l'avons pris à tour de rôle. Le son devient de plus en plus fort à mesure que le nombre d'yeux rougeâtres augmente. Je ne sais pas comment ma partenaire de district dort dans ces circonstances. Je n'ai pas cessé d'être en alerte depuis la mort de Sheisha. C'est peut-être là le problème, et non le nombre d'insectes, que je passe en revue les événements de la veille de bout en bout. J'essaie de deviner où j'ai échoué, ce que j'aurais pu faire pour l'empêcher de fuir. Et à chaque fois que je le fais, je me sens pire.
Derrière moi, Alaïa se retourne et s'empare de la cape, ce qui me déstabilise suffisamment pour détourner mon regard des insectes et me tourner vers elle. Je suis sur le point d'ouvrir la bouche et de m'excuser de l'avoir réveillé, mais je la referme quand je vois qu'elle est toujours assoupie. C'est alors que je remarque les yeux de Cromwell sur elle. Il y a une étrange lumière dans ses yeux, semblable à celle qu'il a montrée quand il m'a affronté dans le bain de sang. Et c'est la raison pour laquelle ma première impulsion est d'attraper sa jambe, par en dessous, avec l'intention de le réveiller de sa transe. Je n'aime pas ce regard, ça me rappelle la façon fascinée dont il a regardé la fille du district neuf, avant de l'assassiner.
—Qu'est-ce que...— Il s'exclame en sentant ma prise, et sa main se dirige automatiquement vers la poignée de son arme. Mais quand il me voit, il refuse de la sortir. —Alec, qu'est-ce que tu fais ? —Il chuchote.
—Je pourrais te poser la même question, Cromwell. —Mon ton est trop exigeant pour l'expression perplexe du visage de mon allié en ce moment. Et je commence à me demander si tout ça n'était qu'une impression. —Écoute... —Je me force à continuer : —Je sais que tout ce qui s'est passé hier peut te donner un mauvais sentiment d'échec, mais ce n'est pas une raison pour perdre la tête et détruire ton alliance. —Maintenant il a l'air surpris, je suis définitivement trop tendu pour penser correctement. —Non, alors que celle-ci peut t'être utile.
Face à mes affirmations, Cromwell semble même sursauter, me regardant de la même manière qu'un enfant que l'on pourrait trouver en train de fouiller dans les ordures de notre district. Ses yeux se dirigent d'abord vers Alaïa, qui se réveille déjà (j'espère qu'elle ne m'en voudra pas pour cela.), puis vers moi, finalement, il dit :
—Tout cela sonne comme si tu avais un plan. —Je réfléchis à cette hypothèse, ai-je vraiment un plan ou est-ce que je parle en désespoir de cause ? C'est vrai que j'ai réfléchi depuis hier à l'idée d'attaquer les carrières. Toutes les façons possibles dont j'aurais pu dire où faire quelque chose d'assez convaincant pour convaincre non seulement Sheisha, mais aussi tous les spectateurs qui nous regardent. Ma concentration est telle que je remarque immédiatement que tous les sons de la forêt se sont tu, bien que les insectes soient toujours là.
—Ce sont des cigales. —Affirme Alaïa en les regardant avec curiosité. —J'en ai vu un modèle de l'une d'elles dans l'une des salles du centre de formation. Elles sont censées être inoffensives. —Je hoche la tête, un peu plus calme. Connaissant le Capitole, je doute que ce soit vrai, mais le fait qu'elles ne nous aient pas attaqués me donne matière à réflexion. Peut-être qu'on peut les utiliser. —Qu'est-ce que tu disais à propos d'un plan ? —Je me force à me concentrer sur le moment présent, j'ai besoin de quelque chose de ferme où je peux dire adieu à sortir des jeux plus tôt que tard.
—Je… Je réfléchissais à toutes les erreurs et les faiblesses de nos stratégies depuis le moment où nous sommes sortis du bain de sang. —Ce que j'ai dit est un peu un mensonge, car les seules erreurs auxquelles j'ai pensé étaient les miennes, mais cela me permet d'attirer leur attention. —Alaïa, tu parlais de les attirer avec quelqu'un qui pourrait sembler assez inoffensif pour les abattre ou les assommer avec des pièges, ou du poison. Mais nous avons vu que les fléchettes de ta sarbacane ne font pas ça. Elles sont dangereuses, peut-être assez dangereuses pour provoquer un chaos qui, d'une manière ou d'une autre, fragmentera l'alliance. —Je peux dire, voyant son sourire, qu'elle aime mon idée. —Pour cela, nous aurons besoin de deux choses : une distraction assez grande pour occuper notre victime assez longtemps pour qu'Alaïa puisse l'atteindre avec une fléchette. Ou un événement inattendu qui les désoriente tous, comme une nuée d'insectes, ou un éclair de lumière, ou même les deux. En fait, cette dernière idée serait tout à fait conforme à ce qui semble être le schéma de l'arène : la lumière et les ténèbres.
J'ai envie de me couvrir la bouche, car je réalise ce que je viens de révéler. Mais je ne le fais pas. Jusqu'à présent, j'avais gardé un profil bas, concentrant une grande partie de mon jeu à alimenter l'histoire d'amour qui m'a valu tous les sponsors d'un coup, après le volontariat. Je n'ai dévoilé tout ce que je savais sur les jeux que lorsque j'étais devant les juges. Et même là, il y a des choses que je ne pourrais pas montrer dans cette pièce. Heureusement, mes alliés sont suffisamment intéressés par le plan pour m'inviter à continuer, plutôt que de m'interrompre avec des questions malvenues.
»—Et l'effet surprise, Cromwell, ¿ te souviens-tu de l'entrée par laquelle tu t'es échappé des carrières ? —Ma voix de plus en plus résolue et directe est étouffée par le son classique d'un parachute contenant une boîte avec un étrange dispositif à l'intérieur, appelé bombe lumineuse, et un canif. La note d'accompagnement est aussi claire que le message qu'elle veut transmettre :
« Voici ton flash, Alec, le couteau est pour ta partenaire ». Je suis frappé par cette indication concernant l'arme, il est vrai que par rapport à moi et à Cromwell, Alaïa est un peu défaillante lorsqu'il s'agit d'attaquer à proximité. Mais ce n'est pas comme si je n'avais rien pour elle, alors que j'essayais de tirer Sheisha du piège dans lequel elle était tombée, avant qu'elle ne soit tuée, j'ai ramassé l'étrange Katana que mon alliée défunte appelait un "tantō" et l'ai emporté avec moi. Je pourrais la lui donner.
À moins que mon mentor n'ait l'intention de me transmettre un autre type de message avec cette arme. Un que seulement quelqu'un comme moi peut comprendre...
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Gallo Caio Strauss – 17 ans – District 2
—À quoi tu pensais, Gallo, on aurait pu tous les tuer ?! —La phrase de Filipo me blesse plus que n'importe quel coup qu'il pourrait me donner. Le garçon du district un a mis à peine une milliseconde pour me prendre au dépourvu et me frapper de toutes ses forces. Et bien que mon premier instinct aurait été de le frapper en retour, je n'ai pas pu le faire. Il avait raison, nous avions l'avantage pendant la bataille. Nous étions des carrières et nous avions nos armes avec lesquelles nous aurions pu éliminer sans problème autant à Cormorant, comme le garçon du sept. Cependant, nous ne l'avons pas fait.
Dès que je me suis vu à l'abri de Cormorant, ma première impulsion a été de saisir le bras de Filipo, qui visait le garçon du district sept, avec l'intention de le tuer avec la seule flèche qui lui restait, et de m'enfuir. J'avais tellement peur que je ne pouvais penser à rien d'autre qu'à ce qui venait de se passer. Quand Cormorant a profité de mon moment de blocage, pour me pousser, j'ai vraiment cru qu'il allait me tuer. Il aurait pu le faire, j'en étais sûr, il lui aurait littéralement suffi d'un simple mouvement de sa lance. En plus, Kleo, elle...
Elle est morte. J'ai vu comment Cormorant la tuait, sans pitié, peu après qu'elle m'ait supplié de ne pas faire de même à son partenaire de district par traîtrise. J'aurais dû l'ignorer, tuer Cormorant était une bonne chose à faire, je le savais. Tout cela aurait pu être évité avec un simple geste de mon couteau. Mais je ne l'ai pas fait et maintenant, à cause de cela, je constate que Cormorant a tué la seule personne de mon alliance en qui je pouvais avoir confiance.
C'est pourquoi Filipo n'a pas arrêté de tirer de moi tout le long du chemin, pendant qu'on courait. La même raison pour laquelle, dès que je l'ai lâché, sa première impulsion a été de me frapper au visage et de prononcer cette phrase. Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans cette situation, lui essayant de me frapper, tandis que je me protège autant que possible, sans sortir mes armes. Le garçon du district un est furieux et hors de contrôle. Et, franchement, je le comprends, lorsque nous avons accordé de chasser le groupe de Cormorant, dans la zone des prairies, aucun d'entre nous n'imaginait que cela se produirait. C'est vrai que Kléo avait tendance à se mettre à la défensive lorsque l'un d'entre nous évoquait son partenaire de district. Mais comme je ne réagirais pas bien non plus si on me parlait de Sheisha, avec les mêmes intentions, je n'en ai pas fait tout un plat.
Kleo ne mettrait pas beaucoup de temps à comprendre que son partenaire de district était l'ennemi. Tout comme j'en étais venu à accepter que tous ceux qui se dressaient entre moi et ma victoire étaient mes ennemis. C'est ce que je pensais et c'est pourquoi j'ai ignoré les signes évidents que mon alliée me donnait. Et même ainsi, ce n'est pas comme si la question avait beaucoup d'importance à la fin. Patriotisme ou pas, nous allions devoir le tuer. Mais maintenant je découvre que c'était important pour elle, ce qui me dérange beaucoup plus que je ne le pensais. Parce que ça veut dire que je ne la connaissais pas aussi bien que je le pensais.
—Filipo, écoute… —Je me décide à, enfin, essayer de raisonner avec Filipo, je dois trouver un moyen de le mettre de mon côté, avant qu'il ne soit trop tard. —Arrête, s'il te plaît !—Je saisis ses poignets, en essayant d'être aussi suppliant que possible. —Je sais que tu es furieux, mais si tu continues comme ça, tu ne feras qu'ouvrir une voie à Cormorant. Je suis sûr qu'il avait une sorte de pacte avec Kleo contre notre alliance. Sinon, pourquoi me supplierait-elle de le laisser vivre ? Ça n'a pas de sens.
—Ça n'a pas de sens, non plus, qu'il l'ait tuée, si c'était le cas, ne crois tu pas ? —proteste le garçon du un, un peu plus calme, apparemment le temps de se défouler s'est terminé, c'est mieux ainsi. Je ne veux pas me battre contre lui pendant tout le chemin. —Et qu'en est-il de l'honneur entre partenaires de district ?
—L'honneur n'existe pas dans les jeux de la faim, Filipo. Tu devrais le savoir. —Je réponds avec le ton le plus sûr que je trouve. Mon partenaire tourne le regard, mais acquiesce. Honneur : c'est la raison par laquelle je me suis arrêté, à ce moment-là, parce que mes parents m'ont appris à attaquer mon ennemi de front, plutôt que par derrière. Et c'est pourquoi j'ai échoué. Mais la prochaine fois, je n'hésiterai pas, j'ai appris de mon erreur.
C'est pourquoi je n'hésite pas à me devancer à Filipo, pour raconter ma propre version des faits à Sadfire, une fois qu'elle nous interpelle, dès que nous atteignons la zone de la Corne d'Abondance. S'il y a une chose que mes frères m'ont fait comprendre, pendant leurs jeux et après, c'est que c'est la façon dont on maîtrise l'information qui détermine le succès de toute manipulation. Et pas seulement ça, aussi à connaître son ennemi aussi bien que soi-même. Et après tout ce qui s'est passé, je vois clairement à qui je pourrais faire confiance pour adopter la bonne attitude face à ces jeux.
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Jack Lastra Thibodeau – 18 ans – District 7
Je ne me permets de soupirer qu'une fois que Gallo et Filipo sont hors de ma vue. J'y arrive pas à y croire. Il y a un instant, j'étais vaincu face au garçon du district un, qui avait réussi à me handicaper, me plantant une de ses flèches à la jambe, alors que j'essayai, en vain, de sauver Diana, puis au suivant Gallo avait pris sa main de et ils s'étaient enfuis, me laissant la vie sauve. Tandis que Cormorant venait de tuer sa propre partenaire de district.
—Ouf, c'était moins une. —Expresse-je, soulagé, je ressens encore la peur qui me tenaille les entrailles, quand le carrière du district un a visé mon cœur, j'ai vraiment pensé que j'allais mourir. Un simple tir et tout serait finit. Je n'ai même pas eu le courage de me jeter sur Filipo, quand il s'est distrait pendant une seconde. J'étais trop apeuré pour réagir, tout le contraire à Cormorant, d'ailleurs. —Heureusement qu'ils se sont enfuis. Pas vrai, Cormorant ? Cormorant ?
Mon partenaire d'alliance réagit à peine à mes paroles, se contentant de fixer le corps inerte de Kleo, comme s'il n'avait toujours pas compris qu'il l'avait tuée. Je ne peux pas m'empêcher de penser à moi-même, après avoir tué Kyle, la différence, c'est que le garçon du district neuf n'était pas mon partenaire de district. En plus, c'était de la légitime défense alors qu'elle... elle venait de... L'aider ? La vérité est que je ne pouvais toujours pas comprendre tout ce qui s'était passé, ou pire encore, ce que je venais de provoquer.
Lorsque j'ai suggéré que nous quittions notre abri, je pensais seulement à éviter une éventuelle embuscade des carrières. Ils étaient cinq, nous étions trois, et Diana avait déjà été blessée par la fille du onzième district (bien qu'elle puisse parfaitement se battre, grâce aux médicaments pour la tête fournis par les sponsors). Sans compter que Cormorant était le seul carrière du groupe et que, de nous trois, j'étais la seule personne à avoir tué. Nous ne pourrions pas survivre à une attaque surprise du groupe. En revanche, nous nous sommes trouvés face à eux et Diana est morte à cause de ça.
Je m'appuie sur les mains jusqu'à ce que je parvienne à me redresser, contrairement à Diana et Cormorant, je n'avais pas encore atteint l'eau quand Filipo m'a tiré dessus. C'était un terrain très trompeur, à tel point que si Kleo n'avait pas piégé Diana, je ne me serais, même pas, approché de la rive. Le garçon du district un semblait prendre personnellement l'entreprise de me chasser, et d'après son attitude, je me serais attendu à une mort entre de terribles souffrances, s'il réussissait. Pour ma part, j'étais trop terrifié pour tenter une quelconque imprudence. Ce garçon était fou, il prenait plaisir à me traquer et à me coincer comme un prédateur assoiffé de sang. Je n'avais pas d'autre choix que de me replier derrière autant d'obstacles que possible, en espérant qu'il vide son carquois. Alors, peut-être, que je pourrais le contrer. Mais c'était sans compter sur le fait que Gallo attire l'attention de Cormorant d'une manière aussi sournoise, en utilisant sa propre partenaire de district contre lui. Cela m'a mis en colère, non pas parce que j'aimais particulièrement Diana ou quelque chose du genre (bien que je ne la détestais pas non plus), mais à cause de la façon dont mon leader allait mourir. La façon dont ils allaient mourir tous les deux, sans que j'aie pu faire quoi que ce soit pour eux. Diana, piégée, incapable de se défendre, et lui d'une simple distraction.
Je me suis donc précipité à courir, avec l'intention de sauter sur Kleo et de l'attaquer, oubliant un instant le garçon du premier district et son arc infaillible, et manquant ainsi de périr moi-même. En fait, je ne sais pas pourquoi Filipo a visé ma jambe et pas ailleurs. Mais je ne vais certainement pas aller le lui demander.
J'observe la flèche de ma jambe, me demandant si je dois l'arracher ou pas, quand le bruit de pas dans l'eau me distrait. Cormorant, non seulement, est sortit tout seul de sa transe, il tient, aussi, le corps de sa partenaire de district, avec délicatesse et de si près qu'il pourrait presque l'embrasser. Il semble lui murmurer quelque chose à l'oreille, mais je n'arrive pas à comprendre ce que c'est. Il lui ferme ensuite les yeux et retire la lance plantée de son corps.
Je dois réprimer l'impulsion naturelle qui me pousse à détourner le regard devant l'éclaboussure de sang que l'acte provoque, d'autant plus lorsque le corps tombe dans l'eau avec un bruit sourd, rougissant l'eau de sang. Ensuite, Cormorant s'approche de Diana et ce qu'il dit me provoque des remords :
—Dans le bain de sang, tu m'a beaucoup aidé. Sadfire ne m'aurait probablement pas tué, mais le reste de l'alliance l'aurait fait. Tu as pris des risques pour moi sans que je te le demande et pas seulement à ce moment-là. Jouer en solo ne m'aurait pas dérangé, mais toi, tu m'as ouvert la porte d'une alliance. J'espère qu'au moins tu reposes en paix, sachant que tu as fait tout ce que tu pouvais pour rentrer chez toi.
D'après son visage bouleversé, il ne s'agit d'aucune actuation, au contraire, lorsqu'il a fait ses adieux à Kleo, il semblait sur le point de pleurer, et c'est lui qui l'a tuée. Ça me fait sentir mal, ma première impression de Diana était qu'elle était une brute et une "petite chef" et la connaître pendant l'alliance n'a pas arrangé les choses. Elle était autoritaire, voulait toujours avoir raison et n'acceptait pas de seconds avis. La seule chose que je dois lui reconnaître, c'est sa bravoure, sa loyauté et le fait qu'elle prenait toujours l'initiative dans notre alliance. Le problème est que ce n'est que maintenant, après sa mort, que j'ai commencé à y penser. Je suppose que j'étais trop concentré sur le fait qu'elle arrête d'essayer de me commander pour l'apprécier correctement.
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—Tu devras me prêter ta hache pour un moment, Jack, je ne crois pas pouvoir t'élaborer un bâton avec ma lance. —Je suis surpris par l'initiative de Cormorant, je m'attendais à ce qu'il mette plus de temps à bouger et à agir, étant donné son état. —En plus, il faut que tu brises cette flèche. —Il prend dans ses mains l'une des flèches jetées au sol, pour la mesurer à celle qui est plantée dans ma jambe et y fait une marque. —Vas-y, elles sont identiques. —Je l'écoute et la casse avec ma hache, tandis qu'il la soutient. Il est préférable que je n'essaye aucune folie. —J'aimerais aussi extraire la pointe, mais je ne sais pas si je vais y arriver. Au centre de formation, je suis allé à la station de guérison et j'ai appris quelque chose, mais je ne suis pas un expert, tu me fais confiance ? —Je hausse les épaules.
—Je n'ai pas beaucoup de choix, n'est-ce pas ? —Je réponds en l'enlevant de ma taille, avec un petit sourire. —Est-ce qu'il reste quelque chose de ce que Diana a pris ? —Il acquiesce, bien que son visage se fissure à la simple mention de son nom. —Cormorant je… —Je déglutit bruyamment, cherchant les bons mots à dire. —Je sais que ce n'est pas facile, alors si tu as besoin de parler de ce qui s'est passé, tu peux le faire. Je ne te jugerai pas. —Je m'attends à ce qu'il m'ignore et retourne à ses occupations, le garçon du district quatre n'a jamais été le plus bavard de l'alliance, au contraire, mais sa réponse me surprend.
—Ce n'est pas comme s'il y avait beaucoup de choses à dire. Kleo a toujours été une personne impulsive qui aime faire les choses à sa façon et que je meures de cette manière n'était pas dans ses plans. Elle voulait me donner une chance de combattre et c'est ce que j'ai fait. Je ne voulais pas la tuer, mais après ce qu'il s'est passé à Diana… —Il secoue la tête, l'air sérieux, maintenant, il est vraiment en train de jouer un rôle, ce qui me contrarie un peu. Mais comme je ne veux pas perdre les sponsors qui nous restent, je finis par acquiescer.
Cormorant va chercher le sac de Diana et vide son contenu face à mes pieds, il reste encore suffisamment de bandages pour ma jambe, mais rien d'autre. Si l'un d'entre nous a un autre contretemps, nous devrons attendre que les sponsors aient pitié de nous. De plus, nous n'avons pas assez de nourriture pour un jour de plus.
—Tu sais que si tu rentres ton district va te détester, n'est-ce pas ? —J'ajoute, à voix basse, une fois qu'il est assis en face de moi. Je suis toujours inquiet, et le fait qu'il ne semble pas vouloir être honnête n'aide pas. Comorant, cependant, réagit de la pire façon possible :
—Tu es conscient que si je rentre, cela signifie que tu seras mort, n'est-ce pas ? —Le ton froid et sérieux avec lequel il dit cela me fait pratiquement sursauter. Mais le voyant mon partenaire d'alliance le regrette. —Pardon, Jack ! Je ne voulais pas, j'ai juste…—C'est à ce moment-là que je réalise à quel point Cormorant est vraiment fragmenté. Et je me sens pire qu'avant. Mon allié ne va pas bien, il se brise intérieurement et moi, au lieu de l'aider, je remue le couteau dans la plaie avec mes commentaires.
—Ne t'inquiète pas. Tu es encore un peu affecté, c'est normal. Je me contente de que tu ne me vire pas de l'alliance parce que je suis un boiteux —J'utilise un ton plus plaisantin que d'habitude, ce qui fait sourire le garçon du district quatre.
—Jamais ! —Assure-t-il et il se met au travail sur ma jambe. Quand nous avons terminé, nous décidons de continuer de marcher à la recherche d'un endroit plus sûr. J'avance en m'appuyant sur Cormorant jusqu'à ce que nous trouvions un arbre dont les branches sont assez solides pour faire un bâton de marche. C'est alors qu'un murmure lointain attire mon attention, c'est comme une phrase désolée qui se répète à l'infini. Une petite lamentation de quelqu'un dont je suis presque certain de pouvoir discerner la voix sans avoir besoin de me rapprocher. Ma propre partenaire de district : Sonya Daskalova.
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Sonya Daskalova – 16 ans – District 7
Mazda, Nicott, José... C'est par ma faute que tous ceux que j'aimais m'ont abandonnée. Mazda, Nicott, José... C'est par ma faute que tous ceux que j'aimais m'ont abandonnée.
Je ne cesse de me répéter des variables de la même phrase comme s'il s'agissait d'un mantra. Je me sens très mal, complètement détruite et rompue. Ma partenaire d'alliance est morte par ma faute, parce que c'est moi qui ai couru vers la Corne d'Abondance, en recherche de quelque chose que, finalement, je n'ai pas obtenu. Et bien que ce thème ait été mis en veilleuse il y a un moment pour moi. La dispute avec mon allié sur ce qui s'est passé avec Nicott l'a ramené à la vie. Je ne cesse de penser que si elle n'était pas morte à la Corne d'Abondance, rien de tout cela ne serait arrivé. José n'aurait pas eu besoin de prendre la tête de l'alliance pour me conduire chez Nicott, à la recherche d'un espoir illusoire. Nous n'aurions pas non plus eu à le voir mourir sans pouvoir faire quoi que ce soit, tout comme j'ai vu tant de gens mourir dans le bain de sang, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour eux. Enophi, Mazda, Nicott, ... Leurs visages et leurs noms restent dans mon esprit malgré tous mes efforts pour les éliminer. Et le départ de José n'a rien fait d'autre que de réchauffer une blessure en moi qui ne guérira jamais.
Je ne prends même pas la peine de bouger quand j'entends les bruyants pas de quelqu'un qui s'approche. Je suis fatiguée, mais je n'arrive pas à dormir, chaque fois que je ferme les yeux, je vois José qui me regarde, désolé, avant de me fuir. Ou bien, il m'accuse d'apporter la mort à Nicott et je ne le supporte pas. Je veux me mettre en boule et pleurer jusqu'à ce que le cauchemar que sont devenus les jeux de la faim soit terminé. Et le pire, c'est que peu importe combien de fois je le fais, rien ne se passera.
—¿ Sonya ? —La mention de mon prénom me fait lever la tête, me retournant, par inertie. C'est Jack, mon partenaire de district, qui me regarde avec une expression si mal à l'aise qu'elle me prend par surprise. Pendant le peu de temps que nous avons partagé au centre de formation de tributs, je ne l'avais jamais vu comme ça. Il était toujours sérieux et stoïque avec moi et ou, nos mentors. La seule fois où il était plus affable, c'était le jour où on a été moissonnés tous les deux. —Je ne m'attendais pas à te trouver ici, tu vas bien ? Où est José ?
Dès que j'entends le nom de mon ancien allié, je fonds en larmes, sans me soucier du fait que je ne suis plus seule dans l'arène. Je n'en peux plus. J'ai besoin de décharger toute la douleur qui est en moi. C'est alors que je sens les bras de mon partenaire de district s'enrouler autour de moi et que tout sort. Douleur, culpabilité, angoisse, regret... Tout cela m'enveloppe, faisant couler mes larmes. Je veux dire à Jack de me laisser partir, que je n'ai pas besoin du confort de quelqu'un comme lui : un meurtrier. Mais son étreinte est si... chaude ? Je finis par m'abandonner dans ses bras puissants en versant toutes les larmes de mon corps. Je prie pour que rien de ce qui se passe ne soit une stratégie pour mieux m'assassiner. Je ne pourrais pas le supporter.
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Alors que le silence qui nous enveloppe à travers l'arène s'estompe, la raison retourne à mon corps et je me détache instantanément, mes mains cherchant à tâtons le couteau que José m'a laissé dans les poches de ma robe. Jack, quant à lui, tente de se relever, mais échoue lamentablement, et c'est alors que je réalise que la jambe droite de mon camarade de district est bandée et qu'il n'est pas armé. À quoi pense-je, bon sang ? Il n'a même pas les moyens de me tuer. La voix qui a brisé le silence de l'arène se rapproche et s'amplifie, elle semble appartenir à un autre garçon.
—Jack, où es-tu ? Je t'ai dit de ne pas bouger avant mon retour. Tu ne peux pas forcer ta jambe. —Le garçon du district quatre a fait irruption de surprise dans la zone, les deux mains pleines. Dans sa main droite, il tient une lance, tandis que sa main gauche porte ce qui semble être une branche taillée de telle manière qu'elle ressemble à une canne. —Oh, salut...— Sa voix faiblit dès qu'il remarque ma présence. Mon partenaire du district, quant à lui, sourit d'une manière beaucoup plus amicale, voire plaisante, que d'habitude. Puis il parle :
—On dirait que le jeu du garçon froid est terminé. —Il l'admet avec résignation. —Sonya, s'il te plaît, calme-toi. Je ne te veux aucun mal.
Quand je trouve le couteau, ma main se crispe, mais je refuse de le retirer. Je serais désavantagée de toute façon. Le garçon du district quatre n'attaque pas non plus, mais s'approche de Jack avec l'intention de l'aider à se relever, puis lui tend la branche et une hache, qu'il a attachée à sa taille avec une corde. Son regard se pose alors sur moi et, pendant un instant, j'ai la sensation de me regarder dans un miroir. Pas parce qu'il a l'air triste ou désespéré, mais parce que, comme moi, il ne semble pas me faire confiance non plus. Cependant, aucun de nous n'attaque. Nous nous regardons fixement dans les yeux, tandis que mon partenaire de district s'assoit entre nous et fait les présentations appropriées. Nous semblons être dans une sorte de trêve, ou est-ce une alliance ? Je ne sais vraiment pas.
Mais je n'aime pas ça.
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Filipo Aristarco – 15 ans – District un
Gallo est un trouillard.
C'est la première pensée qui m'a traversé l'esprit lorsque j'ai réalisé que, non seulement, il n'avait pas eu le cran d'envoyer Kleo valser et de tuer Cormorant de même; mais que je m'avais à peine distrait une seconde (voyant la bataille de mon défunt alliée), et qu'il me tenait déjà la main pour nous faire fuir. Tout a été si rapide que je n'ai même pas eu le temps de ramasser toutes les flèches que j'avais tirées. Entre ça et le fait que j'étais sur le point d'éliminer le garçon du district sept de la surface de la terre, je suis assez en colère. Et c'est pourquoi, dès que je me suis libéré de sa prise, j'ai commencé à frapper au lieu de raisonner. Je ne me soucie pas vraiment de ce qu'il dit personnellement, Cormorant n'est pas mon ennemi direct, donc peu importe le profit qu'il puisse en tirer.
Ce que je comprends, c'est que tant qu'il y a des concurrents en vie, je ne pourrais pas obtenir la couronne. C'est pourquoi j'ai accepté à contrecœur de me ranger du côté de mon allié. Tuer Gallo ne me servira à rien si Sadfire me fait la même chose.
C'est pour cette raison et pour aucune autre que j'ai freiné mon accès de colère. J'essaie de penser de manière pratique, aussi. Ne pas m'aveugler au point de m'oublier de moi même, comme le conseillait mon mentor. Mais si c'était déjà assez difficile au Capitole, où je ne pouvais m'empêcher de penser aux victimes potentielles ou aux coups à donner, c'est pire dans l'arène.
C'est trop réel, trop excitant, mais aussi trop dangereux. Et trop amusant aussi. J'ai du mal à comprendre pourquoi les autres ne ressentent pas la même chose. Pourquoi Gallo doit trouver une explication à tout, par exemple. Je n'approuve pas ce qu'a fait Kleo, non plus, mais j'admets que c'était inattendu et même courageux. Gallo aurait pu la tuer pour ça, je l'aurais fait. De toute façon, elle est déjà morte, donc ça n'a pas d'importance non plus.
Ce qui n'est pas si étrange pour moi, c'est l'air inquiet de Sadfire. Si bien que pendant un instant, elle se lève d'un bond, puis fait une petite grimace fragile, en se souvenant de sa cheville. Brunel, pour sa part, sourit, comme si elle avait compris quelque chose que les autres n'ont pas compris, et s'approche également, intéressée. Alors que Gallo commence à relater les faits sous une forme plutôt résumée et édulcorée. Personnellement, je suis énervé qu'il ait pris la parole avant moi. Il raconte tout de travers : Kléo ne voulait pas sauver la vie de Cormorant, ou quelque chose du genre. Elle voulait, simplement, que son partenaire de district meure au combat. Jack ne me surpassait pas non plus en vitesse à mon goût, mais je ne vais pas admettre que j'ai dépensé plus de flèches pour le coincer, pour plaisir, que pour le tuer. Quant à la fuite...
—Question bête, vous êtes des carrières, n'est-ce pas ? —Brunel choisit le bon moment pour interrompre mon allié dans son monologue, qui acquiesce. Je me demande où elle veut en venir —Car avec le ton catastrophique que tu utilises on ne dirait pas que vous le soyez. Filipo a toujours une flèche et tu as toujours des couteaux, est-ce vraiment si compliqué de les tirer sur une cible aussi évidente qu'un garçon qui vient de tuer sa partenaire de district par impulsion ? Je te pardonne pour le garçon du sept. Je sais que tu pensais à le tuer. —Je ris aux grands éclats, cette fille ne cessera jamais de me surprendre.
—Parce que c'est un trouillard, ma chérie. C'est aussi simple que cela. —Je réponds en osant donner mon avis sur la question. —À ta place, je n'écouterais plus ce qu'il dit, Sadfire, ce sont des mensonges. —Ma partenaire arque un sourcil sur moi, son expression est un mélange de perplexité et de confusion. Mais il y a aussi une méfiance latente en qui je fais confiance.
—Bien sûr, parce que s'arrêter pour me crier dessus et me frapper en plein mileu du champ, sans même voir si nous sommes poursuivis, c'est beaucoup mieux. —Maintenant, c'est Gallo qui sourit avec une malice presque innée. Sadfire semble me regarder d'un œil critique. Brunel, au contraire, rit, ce qui me fait serrer les poings de colère. Je dois me contrôler, je ne peux pas mettre fin à mon alliance maintenant. Surtout pas pour une raison aussi stupide.
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C'est à ce moment-là et pas avant que je le vois. Le tribut du onzième district est accroupi devant l'une des boites de provisions que nous avons décidé de laisser traîner le long du tunnel, pour attirer les plus imprudents. Je vois à la couleur sombre de sa tenue qu'il est entré en rampant sur le sol, plutôt que debout. En plus du fait évident que je ne l'avais pas vu jusqu'à maintenant. Je sors immédiatement la flèche qui me reste et je vise. Sadfire, effrayée, lève les mains. Mais il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que c'est pas à elle que je vise.
—À ta place, je lâcherais ça, Cromwell — Préviens-je d'un ton aussi menaçant que possible. Pour une raison quelconque, le garçon du district onze n'a même pas l'air effrayé, car au lieu de lâcher soudainement l'objet dans sa main, il le pose délicatement devant lui. Mais quand ses yeux croisent les miens, il sourit si méchamment qu'il est clair pour moi qu'il a quelque chose en tête. C'est alors que je remarque ce bruit particulier, comme une balle qui roule sur le sol du tunnel. Le tribut du onzième district n'a pas posé la boîte qu'il a ramassée si lentement sans raison, il essayait, plutôt, de cacher quelque chose : une petite boule de couleur grise claire qu'il a fait rouler si vite que j'ai à peine eu le temps de la distinguer avant qu'une lumière intense et aveuglante n'en sorte et ne nous engloutisse.
J'ai instantanément fermé les yeux, me couvrant de mon bras, mais c'était trop tard. Le silence qui avait précédé notre querelle avait été envahi par une cacophonie de cris et de sons insensés. La grande majorité étaient humains, mais il y en avait aussi d'autres qui me faisaient plutôt penser au bourdonnement d'insectes rendus fous par la lumière. La même lumière qui a presque brûlé mes rétines. J'essaie d'ouvrir les yeux, mais il y a trop de lumières et d'ombres autour de moi pour que je puisse saisir tout ce qui se passe. Je sens quelque chose d'étrange dans mon corps, comme une piqûre. Et mes émotions sautent quand je réalise que le garçon du district onze n'était pas seul devant nous. Il y a deux autres tributs, un garçon et une fille. Et des ombres nous entourent et nous traquent, reproduisant des sons forts et désagréables que je ne reconnais pas comme faisant partie de ce monde. Le pire, c'est que lorsque ma vision s'éclaircit enfin, rien n'a de sens. Je suis incapable de distinguer mes alliés parmi les silhouettes qui bougent parmi le tunnel. Ils sont tous des ennemis pour moi.
Et, face aux ennemis, mon corps n'a qu'une seule réponse...
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Nota: Je viens de remarquer que cela fait un moment que je n'ai pas posté les questions habituelles sur un syot, comme pov favorit et tout le reste. Vous devrez me pardonner, mais je n'ai plus envie de le faire, je veux juste finir le syot pour continuer avec tout ce que j'ai en attente. J'espère pouvoir le faire un jour.
À bientôt :D
