Titre : Vampire pour le meilleur

Raiting : M

Pairing : Slash HP/LM

Disclaimer : Je n'ai aucun droit sur Harry Potter, mais je prends le gauche ! Ahah… Quel humour ! J'avoue ne plus avoir d'inspiration pour les disclaimers ! xD

Statut : Terminée

Résumé : Comment Lucius Malfoy a-t-il pu prendre un calice sans même s'en rendre compte ? Le bras droit de Lord Voldemort, son plus fidèle Mangemort, lui qui croit à ses idées, devra gérer un Survivant rebelle sans pouvoir le livrer à son Maître. Slash HP/LM.

NdA : J'ai essayé de coller de près aux caractères originaux mais évidemment, pour le bien de l'histoire, il y aura quelques écarts.

Bêta : Merci à littleiceleaf de corriger mon histoire !

.oOo.

Chapitre 1 : Lucius

.oOo.

Lucius Malfoy était un homme dont la vie était assez simple.

Sa mère étant morte en couches, elle n'avait eu le temps que de lui donner son nom : Lucius Abraxas Malfoy. Dès sa plus tendre enfance, il avait été éduqué par son père, Abraxas Malfoy, comme le digne héritier d'une famille de Sang-Pur devait l'être.

A partir de ses trois ans, un instructeur était venu quelques heures chaque jour pour lui apprendre à parler correctement, à se tenir droit et à être respectueux. Il lui avait lu des histoires écrites spécialement pour les petits Sang-Pur : pas de contes de princesses ou autres niaiseries, il s'agissait d'histoires soi-disant véridiques sur les terribles conséquences du mariage entre sorciers et Moldus, comme la disparition progressive de la magie par exemple. D'autres contes parlaient du mode de vie des Moldus, majoritairement comparé à celui des animaux. C'était un bourrage de crâne progressif en somme.

À ses quatre ans, il n'avait vu son père qu'à de rares occasions et ne l'avait jamais touché. Il avait été élevé par des elfes de maison et son précepteur, comme le voulait la tradition. Matériellement parlant, il n'était pas à plaindre et avait reçu des tas de cadeaux, tout ce dont il avait besoin. À part de la tendresse.

Il ne s'en était jamais plaint. Il n'avait connu que ça après tout. C'était pour lui tout à fait normal de ne voir son père que lors de ses anniversaires ou des célébrations sorcières.

A cinq ans, Abraxas avait commencé à lui donner des leçons lui-même. Celles que l'instructeur ne pouvait lui enseigner. Il lui avait entré dans le crâne les mêmes règles qu'à tous les Malfoy depuis des générations :

Un Malfoy n'a pas de faiblesse.

Un Malfoy ne s'abaisse devant personne.

Un Malfoy ne pleure pas.

Un Malfoy obtient tout ce qu'il désire.

Un Malfoy a le sang le plus pur.

Un Malfoy est le meilleur dans tous les domaines.

Un Malfoy n'éprouve aucun sentiment.

Abraxas avait parfois utilisé la force pour lui inculquer les bonnes manières et le savoir-vivre dû à son rang, mais c'était ainsi.

Dans les vieilles familles, l'apprentissage se faisait à la dure. Ce n'était pas de la maltraitance... Du moins pas à leurs yeux. C'était uniquement pour se faire respecter, pour enseigner et c'était de cette façon qu'Abraxas avait éduqué son fils. Lucius avait goûté aux gifles, aux coups de règles sur les doigts, voire aux coups de cannes, si cela s'avérait utile pour son père.

A l'âge de sept ans, Lucius avait su se tenir comme un Lord : droit et fier. Il avait suivi Abraxas dans les soirées mondaines et avait brillé par sa politesse et son savoir-vivre. Il ne savait pas jouer et avait regardé les enfants qui osaient lui proposer une partie de Bataille Explosive avec dédain. Le seul jeu auquel il acceptait alors de participer était les échecs. Il était un très bon stratège et écrasait ses adversaires tels des insectes.

Dès son plus jeune âge, Lucius était d'une beauté à couper le souffle, bien plus que son père qui n'avait pas grand chose pour lui, mise à part son immense fortune. Il avait hérité des cheveux blonds, presque blancs des Malfoy qui tombaient sur ses épaules telle une cascade argentée. Il avait les yeux gris de sa mère, les pommettes hautes, signe typique de l'aristocratie, des lèvres fines et bien dessinées.

Il évoluait toujours parmi la foule avec grâce et élégance. Il était distingué et charmant, très observateur et savait remarquer des détails pour les utiliser à bon escient.

Il complimentait aussi bien les réussites professionnelles que les nouvelles parures ou les naissances dans les familles lointaines. Il connaissait les arbres généalogiques de tout le monde, leur rang, leur sang, leur situation financière et leurs intérêts. Il savait flatter les personnes utiles et rabaisser les plus faibles.

Oh oui, Lucius était la fierté de son père et chaque personne de la haute société savait que ce garçon irait loin.

Cela avait été pour cette raison que, alors que Lucius était encore un enfant, Abraxas avait été envahi de demandes de fiançailles pour son fils unique. Il avait vite porté son choix sur l'un ou l'une des descendants de la maison des Black. L'association de leurs deux familles aurait dû apporter plus de pouvoir à son fils, une génétique parfaite pour un héritier sans aucun doute parfait et surtout, Sang-pur.

Ca avait été ainsi qu' à dix ans, Lucius Malfoy avait été fiancé à Narcissa Black, alors âgée de neuf ans.

A son arrivée à Poudlard, il s'était imposé naturellement comme leader. Il était beau, puissant et charismatique et connaissait déjà beaucoup de sorts. Il avait travaillé sans relâche, poussé par son père pour être le meilleur. Il pratiquait aussi la magie noire et excellait dans cet art. Même s'il ne pouvait l'utiliser à Poudlard, tous savaient qu'il était dangereux. Même du haut de ses onze ans, il avait su imposer le respect.

Depuis longtemps, bien avant la naissance de Lucius, Abraxas faisait partie d'un groupe de Sang-Pur défendant les intérêts de leur communauté. Ce regroupement de sorciers était alors mené par un homme qui se faisait appeler Lord Voldemort et qui voulait ramener les traditions du monde sorcier, interdire celles des Moldus, donner plus d'accès à la magie noire et faciliter l'intégration des créatures magiques.

Lord Voldemort était un homme au physique envoûtant. Il avait de magnifiques yeux marron, des cheveux bruns ondulés et une carrure impressionnante. Il laissait échapper une aura de puissance et semblait être un parfait Sang-Pur, si bien qu'il rassemblait les foules.

Le père de Lucius avait tout de suite adhéré à ses idées. Il était devenu l'un de ses financiers et organisait ses soirées. Abraxas se servait aussi de ses relations pour faire connaître le groupe et attirer de nouveaux adeptes.

Si le rassemblement avait été au début un groupe d'aristocrates qui buvaient des cocktails en parlant des derniers ragots et en finançant une campagne politique, au fil du temps, Lord Voldemort avait commencé à devenir plus autoritaire et à engager des actions plus violentes. Il avait disparu durant une longue période et était revenu plus laid, plus féroce, plus menaçant. Puis ça avait été la dégringolade. Il avait trouvé un nom et des tenues pour les personnes qui le suivaient, comme une secte : les Mangemorts.

Il n'acceptait pas les refus et menaçait ceux qui voulaient quitter le groupe. Il avait ensuite demandé à ses Mangemorts de se prosterner devant lui et d'embrasser ses robes, comme s'il était un dieu. Il leur avait ordonné de l'appeler Maître, et tuait quiconque se dressait devant lui.

Abraxas, qui avait été avec lui depuis le début, n'avait pas vu à quel point le sorcier avait dégénéré, et lorsqu'il s'en était rendu compte, il était trop tard. Il n'avait pas eu le courage de partir. Mais il avait réussi à se convaincre qu'il bafouait la règle numéro deux des Malfoys pour ses convictions et non par crainte.

Cela avait été comme une évidence lorsqu'il avait ensuite présenté son fils au Lord Noir. Depuis plusieurs années déjà, Lucius, sur ordre de son père, parlait de Lord Voldemort à Poudlard et attirait les gens dans les griffes de cet homme. Il repérait aussi les talents particuliers, les gens doués et donnait les noms à son père pour qu'il les transmette au Seigneur des Ténèbres.

Lors de sa cinquième année, son père l'avait préparé à rencontrer son Maître durant les vacances de Noël. Il lui avait fait maintes recommandations et lui avait expliqué ce qui se passerait.

Lorsqu'il avait dit à son fils qu'il devrait s'agenouiller et baiser les robes du mage noir, Lucius avait alors vivement protesté. C'était complètement contraire à son éducation. Abraxas ne l'avait pas laissé finir sa phrase : le doloris avait fusé à une vitesse impressionnante et il avait alors compris. Le Lord était celui à qui obéissait son père, il était de son devoir de faire de même.

De toute façon, il connaissait les idées et les valeurs du Seigneur des Ténèbres et il était tout à fait pour. Il devrait juste apprendre à courber l'échine, tout en gardant le pouvoir sur les autres.

Lucius avait alors été présenté au Lord et la rencontre avait été enrichissante. Le Seigneur des Ténèbres était un homme extrêmement puissant dont l'aura écrasait celles des autres. Il n'était pas l'homme charmant dont son père lui avait parlé, mais il avait quelque chose d'hypnotique.

Après la réunion, le Lord Noir avait demandé à voir Lucius à part et lui avait dit que son père était de moins en moins efficace et qu'il comptait sur lui pour prendre la relève. Il voulait que Lucius soit très discret dans ses rangs, qu'il ne prenne pas de risques et qu'il s'insinue dans la politique du pays.

Voldemort avait bien vu que Lucius était doué pour parler. Il avait un physique plus qu'avantageux et savait en jouer, il savait charmer et envoûter. Le Lord Noir avait été sûr que le garçon qu'il avait devant lui deviendrait un homme respecté et influent. Il voulait donc l'avoir à ses côtés, plus fidèle que jamais.

Alors, Lucius avait obéit et ça avait été pendant cette cinquième année qu'il avait fait la connaissance de Severus Snape.

Severus était un garçon au physique ingrat, il était maladroit et mal habillé. Il était rejeté par les élèves de sa maison car il n'avait pas le profil d'un Serpentard. De plus, il traînait avec une Sang-de-bourbe.

Mais Lucius avait senti quelque chose chez ce garçon. Il l'avait suivi de loin, l'avait observé. Il avait repéré ses facilités en potion, voire son don. Il avait vu les bleus sur son corps à chaque retour de vacances, et il avait vu ses altercations avec les Maraudeurs.

Pour la deuxième année de Severus, et donc la sixième de Lucius, celui-ci l'avait pris sous son aile. Étant préfet, il avait le droit d'enlever des points et de mettre des retenues et il ne s'était pas privé pour James Potter et sa bande. Il prenait souvent Severus à part pour lui expliquer les traditions des Sang-Pur, il lui donnait des cours de maintien et quelques bases qu'il aurait dû connaître, descendant d'une grande famille.

C'est lors de ces cours qu'il avait remarqué la grande facilité de Severus pour l'Occlumancie et qu'il avait aussi pu confirmer que Severus était un génie des potions.

Il avait donc envoyé une lettre au Lord, lui faisant directement part de sa trouvaille. Voldemort lui avait répondu de garder ce petit bijou à l'œil et d'essayer de le rallier.

Lucius avait été marqué pendant les vacances suivantes, sous l'œil fier de son père. La brûlure avait été horrible, mais il n'avait rien laissé paraître, laissant les Mangemorts épatés par son self-control et un Lord Noir intérieurement ravi de son nouveau soldat.

La septième et dernière année avait été calme et il en avait profité pour se faire plaisir. Il avait eu un bon nombre de conquêtes, hommes ou femmes. Lucius connaissait depuis bien longtemps les plaisirs de la chair et ne s'en privait pas. Beaucoup de personnes étaient prêtes à se vautrer dans la luxure avec un tel étalon, même s'ils n'avaient pas le droit d'en parler aux autres sous peine de graves représailles.

Et puis, il était entré dans la vie active. Pendant cette année, il s'était occupé de sa réputation, de ses contacts. Il était allé très souvent au Ministère et avait avancé petit à petit, devenant un homme influent.

L'année suivante avait été marquée par la fin des études de sa fiancée, Narcissa. Ils s'étaient mariés l'année suivante, dans la noble tradition des Sang-Pur. Cela avait été une cérémonie époustouflante qui avait coûté une fortune. Les deux mariés formaient un couple d'une beauté à couper le souffle. Une beauté froide, glaciale, mais saisissante.

Ils ne s'étaient pas adressé la parole de toute la journée. Il n'en avait pas eu besoin. Le mariage avait été préparé par Druella et Cygnus Black, financé par Abraxas Malfoy. Nul besoin de correspondre avec son épouse.

Lucius avait essayé de converser avec elle lorsqu'il l'avait vue pour la première fois en deuxième année, mais il s'était heurté à un mur. Il avait alors décidé que ça serait à elle de faire le prochain effort. Un Malfoy ne suppliait pas pour un peu d'attention.

Cela avait donc été dans cette ambiance glaciale qu'ils étaient partis se coucher, et dans cette même froideur qu'ils avaient consommé leur mariage. Pas un bruit n'avait passé le barrage de leurs lèvres lorsqu'il l'avait pénétrée. Elle était vierge, comme le voulait, une fois de plus, la tradition. Il avait bien essayé de lui donner du plaisir mais à la vue de la réaction de sa nouvelle épouse, il avait conclu qu'elle voulait juste que cela s'arrête.

Il s'était donc dépêché d'en finir, s'imaginant sa dernière nuit avec l'incroyable jeune femme aux cheveux ébènes qu'il avait trouvée lors de son voyage en Espagne. Il s'était souvenu de sa peau douce et légèrement hâlée, ses petits seins bien ronds, ses cheveux courts, ses yeux clairs. Étaient-ils bleus ? Gris ? Peu importe. Son seul souvenir l'avait emmené au septième ciel.

Il avait ensuite quitté la chambre, sans un mot pour sa compagne, et s'était installé dans une autre pièce, dans une autre aile du manoir. Ainsi, il était sûr de ne pas croiser cette femme par inadvertance. Les seuls moments qu'il passait avec elle étaient au dîner chaque soir. Et chaque soir étaient les mêmes : ils dînaient sans s'adresser un mot ou un regard, sauf quand Lucius annonçait qu'il viendrait l'honorer le soir même.

Il n'en avait aucune envie mais était obligé s'il voulait un héritier. Il allait donc la rejoindre une fois par semaine. Elle était toujours nue lorsqu'il arrivait, il se déshabillait et se plaçait au dessus d'elle. Ils ne faisaient aucun bruit, ne se caressaient pas non plus et ne faisaient ça que par devoir.

Lucius avait découvert en France une sorte de maison close de luxe. Elle n'accueillait que les sorciers fortunés, garantissait un anonymat total et un plaisir certain. Il s'y rendait plusieurs fois par mois et choisissait un homme ou une femme à chaque fois avec qui il passait une nuit de débauche, soulageant ainsi ses pulsions sexuelles.

Severus avait rejoint le mouvement des Mangemorts après un chagrin d'amour avec sa Sang-de-Bourbe. Lucius l'avait de nouveau pris sous son aile parmi les Mangemorts car il y était respecté et chacun suivait ses directives. Le Seigneur des Ténèbres aussi protégeait Severus en quelque sorte. Le jeune homme était quelqu'un de remarquable et d'extrêmement utile pour la cause, il avait vite grimpé les échelons au sein de l'organisation.

Narcissa tomba enceinte seulement cinq ans plus tard. Et donna naissance à Draco Lucius Malfoy le 5 juin 1980. Ce fut à ce moment là que Lucius arrêta de visiter son épouse. Il lui était reconnaissant de lui avoir donné un héritier, mais après toutes ses années, il s'était rendu compte que sa femme avait des problèmes d'ordre psychologique. Elle était une sorte de coquille vide. Elle connaissait les coutumes, les bonnes manières et savait se comporter parfaitement dans toutes les situations, mais au delà de ça il n'y avait rien. Comme une poupée que l'on place sur une jolie étagère et que l'on exhibe à ses convives. La consanguinité chez les Sang-Pur était un véritable problème.

Elle avait accouché puis n'avait plus jamais approché le bébé. Elle avait fait une dépression suite à sa grossesse, et l'avait comblée grâce aux nombreuses réceptions où elle se rendait, ou qu'elle donnait. Elle se vautrait dans le luxe en dépensant l'argent que Lucius mettait à sa disposition.

Lucius, lui, avait été ravi de voir que son fils était apparemment en pleine forme. Il l'avait déjà vu sourire lorsqu'il lui avait rendu visite quelques jours avant ses trois mois.

Il passait le voir quotidiennement, ce qui n'était normalement pas une façon de faire, mais il était fasciné par cette petite chose. Ce petit être hurlant et gigotant. Il n'avait jamais changé une couche, ni même donné un biberon. Il l'avait rarement porté. Il se contenait la plupart du temps de rester à côté de lui et de le regarder.

A chaque fois qu'il venait, Draco se mettait à gazouiller et à sourire, comme s'il savait qui il était, comme s'il le reconnaissait. Lucius ne comprenait pas pourquoi il revenait sans cesse, pourquoi il portait tant d'importance à un être qui ne comprenait rien, ne pouvait rien faire de lui-même à part baver. Pourtant, il était fasciné. Savoir que cette petite chose venait en partie de lui était étrange.

Il avait commencé à interagir avec son fils lorsque l'enfant avait commencé à agiter ses petits bras potelés vers lui. Il lui donnait parfois son doigt que l'enfant attrapait avec agilité et qu'il étudiait avec fascination, louchant légèrement. Il avait parfois essayé de le mettre dans sa bouche, mais les grognements désapprobateurs de Lucius et sa grimace de dégoût l'avait calmé.

Petit à petit, ils avaient fait connaissance, s'apprivoisant lentement. Lucius s'était surpris à avoir des gestes tendres pour son fils. Il le complimentait lorsqu'il le devait, il lui expliquait des choses et embrassait parfois le sommet de son crâne. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. C'était comme si, lorsqu'il était avec son fils, il se mettait en veille et laissait ses instincts parler pour lui.

Il ne savait pas si c'était comme cela qu'on se comportait avec un enfant, si son père avait fait ça lorsqu'il était petit. Il avait l'impression d'être seul au milieu de cet apprentissage. Alors, il le faisait.

Alors que Draco avait environ dix-huit mois, le Seigneur des Ténèbres avait été vaincu par un insignifiant bambin.

Lucius avait continué sa tâche et gravi les échelons au Ministère. Il se sentait tout de même soulagé car le Lord avait été de plus en plus difficile à satisfaire, il s'était même mis à torturer ses fidèles lorsqu'il était mécontent. Sans pour autant l'avouer et regrettant que les actions pour préserver les Sang-Pur disparaissent avec lui, Lucius avait senti un poids en moins sur les épaules.

Il avait donc continué son travail au Ministère et de s'occuper de Draco, avec plus de douceur qu'il n'en avait jamais fait preuve. Draco était un petit garçon intelligent, calme et joyeux, il apportait la sérénité à son père.

Peu après les cinq ans de Draco les choses avaient changé. Lucius jouait tranquillement avec son fils. Oh, il ne se traînait pas à quatre pattes par terre pour imiter un dragon, ni ne jouait à la course de balais, mais un simple puzzle magique sur une table. Il en faisait souvent avec lui et aimait ce moment de calme et de partage.

Cela avait donc été à ce moment qu'Abraxas était entré dans la pièce, l'air furieux.

« Que penses-tu être en train de faire Lucius ? »

Celui-ci s'était levé et avait regardé son père dans les yeux, gardant un visage impassible.

« Eh bien, je m'occupe de mon héritier. »

« Ce n'est pas à toi de faire ça, mon garçon ! Regardes un peu cet enfant ! »

Il avait agité les bras en direction de Draco qui se cachait derrière les jambes de son père.

« Il est faible et ridicule ! A son âge tu parlais mieux qu'un enfant de dix ans, tu connaissais toutes les stratégies aux échecs ! Tu dois prendre un précepteur et apprendre à cet insignifiant bambin comment se comporte un Malfoy. »

Il avait ensuite empoigné le garçon par le bras, le faisant pleurer. Bien loin de s'attendrir, Abraxas s'était fâché et lui avait lancé un sortilège douloureux. Il lui avait demandé de réciter les règles des Malfoy et à chaque erreur il lui lançait un sort.

Draco n'avait pas compris. Son père ne l'avait pas défendu et était resté debout à la même place, à regarder son grand-père lui faire du mal.

Après des heures de larmes, Abraxas avait décidé d'arrêter et de reprendre plus tard. Le gamin n'était plus bon à rien et n'arrivait pas à se retenir de pleurer. Il avait alors expliqué à Lucius comment se comporter avec un enfant, il avait choisi d'office un enseignant et lui avait interdit de partager les niaiseries et les jeux : c'était le travail des elfes.

Alors la vie le Draco avait radicalement changé. Il n'avait plus vu son père pendant plusieurs semaines. Il avait reçu les leçons d'un inconnu très dur avec lui, qui n'hésitait pas à lui taper sur les doigts s'il faisait une erreur.

Lorsqu'il voyait son père, celui-ci restait froid et distant. Il n'avait plus droit aux petits gestes d'affection dont il était si friand, même s'ils avaient été rares. Alors Draco avait compris qu'il n'était plus un enfant, qu'il devait se comporter comme un adulte. Il avait appris les règles des Malfoy, les échecs et les bonnes manières. Il avait suivi son père et copié son attitude à la perfection, devenant aussi arrogant et imbu de lui-même.

A dix ans, il faisait la fierté de son père et de son grand-père. Il était un enfant intelligent, réfléchi et rusé. Un véritable héritier Malfoy. Il y avait cependant une différence entre Draco et Lucius.

Draco était plus fragile.

Il ne le laissait paraître, mais son père avait déjà intercepté les regards tristes qu'il posait parfois sur lui. Il l'avait déjà surpris à pleurer seul dans sa chambre.

Et Lucius s'en voulait. Il était persuadé que s'il n'avait pas eu ses gestes tendres, ses attentions, durant ses premières années, son fils aurait sûrement été plus fort. Il aurait moins souffert... Cela avait été cette année là qu'Abraxas était décédé de la dragoncelle. Lucius ne le pleura pas, ne fut pas même ému. C'était la logique des choses...

En attendant, même s'il s'était montré moins dur que l'avait été son père, il avait tenu l'éducation de son fils d'une main de fer.

Lorsque Draco était entré à Poudlard, Lucius avait surveillé attentivement ses notes par l'intermédiaire de Severus.

Il avait gardé de très bons contacts avec celui-ci. Ils se voyaient très régulièrement, et même si leurs avis divergeaient sur de nombreux sujets de conversations, ils étaient ce qui se rapprochait le plus pour lui d'un ami. Lucius l'avait même fait parrain de Draco.

Severus lui reprochait souvent son attitude avec son fils. Mais Lucius n'en tenait pas compte. Severus n'était qu'un Sang-Mêlé, il ne connaissait pas la vraie éducation des Sang-Pur.

La première année de Draco, marqua aussi la première année de Harry Potter. Lucius avait demandé des informations sur lui à son fils. Il avait donc appris que le jeune Potter avait été acceptée dans l'équipe de Quidditch. Il avait tout d'abord pensé à du favoritisme, mais il avait bien dû admettre lorsqu'il l'avait vu jouer, que le gamin avait un don.

Lucius avait forcé son fils à être meilleur, sans succès. Pourtant un Malfoy est le meilleur dans tout les domaines...

L'année suivante, le Ministère avait fait des perquisitions, Lucius s'était débarrassé de tous ses artefacts de magie noir et avait glissé le journal que le Lord Noir lui avait confié dans le chaudron de la dernière des Weasley, espérant leur créer des problèmes.

Cela avait été à cette occasion qu'il avait rencontré le garçon pour la première fois. Ce gamin chétif et débraillé ne méritait pas sa réputation. Néanmoins, Lucius avait été déstabilisé une fraction de seconde par ses yeux trop verts et pleins de défiance. Il ne l'avait cependant pas laissé paraître.

Son plan avait bien marché vu que la petite Weasley avait libéré le monstre de Serpentard, qui avait attaqué les élèves. Il avait ainsi pu faire suspendre Dumbledore mais tout était tombé à l'eau à cause de Potter qui avait libéré la gamine et tué le monstre. En plus, cet arrogant morveux avait libéré son bon à rien d'elfe de maison. Il l'aurait réellement tué ce jour là si l'elfe ne l'avait pas défendu. Ce maudit gosse était une véritable plaie.

En quatrième année il avait participé avec d'autres Mangemorts à la coupe du monde de Quidditch. Encore une occasion de croiser Potter et son armée de rouquins. Légèrement ivre, il avait aussi suivi ce crétin d'Avery pour faire un petit raid Mangemorts au beau milieu du camping. Quelle bêtise... Ils avaient été très surpris lorsque la marque des Ténèbres était finalement apparue.

À la fin de l'année, le Lord Noir était revenu, encore plus laid, encore plus cruel, encore plus malfaisant.

Lucius s'était agenouillé. Que pouvait-il faire d'autre... Il avait repris sa place de bras droit et avait repris les missions que lui confiait le Lord, ainsi que le financement. Il avait été souvent torturé car il avait perdu la confiance du Lord Noir depuis tout ce temps. En plus, la perte de son artefact l'avait rendu furieux.

Il avait finalement perdu sa place de bras droit lorsqu'il avait échoué dans sa mission de récupérer la prophétie. Toujours à cause de ce satané Potter. Heureusement, Severus l'avait sauvé d'Azkaban et l'avait ramené au manoir avant l'arrivée des Aurors, faisant fi des objections de Dumbledore.

Enfin… finalement, Azkaban aurait peut-être été une meilleure option...


Bonjour !

Me revoici avec cette histoire qui traîne dans mon ordinateur depuis 2017 ! Un grand merci à littleiceleaf qui me l'a corrigé à grande vitesse et qui m'a donc permis de la publier. Je comptais commencer la publication samedi, mais j'ai eu un empêchement donc la prochaine misa à jour sera peut-être samedi, peut-être dimanche... A voir. En tous cas, ça sera un chapitre par semaine comme d'habitude, et cette histoire compte 14 chapitres.

Bonne journée et à bientôt.

Epsi