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Acte 2 - Sixième partie : Liés

Chapitre 8 : A ma place

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Ma nuit est terriblement agitée. Je fais un long cauchemar duquel je ne me réveille pas. Je cours à travers au milieu d'un désert de glace, la peur au ventre. Je ne suis pas poursuivie. Je crains plutôt ce que je vais trouver au bout de ma course. Il me faut un moment pour atteindre un état de conscience dans mon rêve et comprendre que ce que je vois est réel. Je vois par les yeux de Rolf qui court à la recherche des membres de son clan.

Je réalise douloureusement qu'il avait raison. Jamais je n'aurai pu le suivre. Je ne comprends pas comment il fait pour courir aussi vite, aussi longtemps, alors qu'il a toujours sa forme humaine. Malgré la peur que je ressens chez lui, je suis heureuse de partager ce moment avec lui. Je ne maîtrise pas ce que je peux transmettre à travers le lien dans mon sommeil. J'espère juste qu'il sait que je suis là avec lui.

Rolf atteint bientôt un immense canyon de glace qui ouvre la terre en deux sur ce qui semble être des kilomètres. Je ressens soudainement une grande peine. La terre souffre et il souffre avec elle. Il a atteint le bord de la fracture tellurique qui rend aveugle ses frères et qui est en train de le submerger à son tour. Je sens comme du regret pendant une fraction de seconde, puis il ferme son esprit à la douleur de la terre et je sens le lien se rompre brutalement. Hélas je ne me réveille pas. Je suis propulsée dans un autre cauchemar.

Je suis sur un champ de bataille, entourée de démons difformes. Je suis seule au milieu d'eux. Je tire flèche après flèche sur ceux qui s'approchent de trop. Bientôt, je ressens une présence à la fois oppressante et bienveillante. Je la cherche du regard dans cette armée de monstres, mais je ne l'aperçois jamais.

C'est alors que je suis frappée en pleine poitrine, comme dans le rêve que j'avais fait près du rempart. Je n'ai pas vu d'où le coup venait. Je pivote sur moi même, il y a personne à proximité qui aurait pu m'atteindre. Je baisse les yeux sur ma poitrine. Il n'y a rien. Au même moment, je me retrouve propulsée dans une nouvelle bataille. Autre décor, autres démons, mais toujours la même impression.

Et à ma grande horreur. Tout se répète. Plusieurs fois... Le combat diffère mais c'est le schéma. La présence puis le coup de poignard en plein cœur dont je ne vois aucune trace.

Lorsque je finis par me réveiller ou presque. Je suis en sueur dans mon lit. La douleur dans ma poitrine me semble si réelle. Le feu mourant n'apporte pas une lumière suffisante pour que je puisse voir, alors je porte juste ma main à mon cœur, là où le coup m'était porté. Je sens sous mes doigts une énergie diffuse qu'il me semble reconnaître. C'est le sceau des sœurs que Méphisto a détruit. Il en reste comme des bribes qui s'agitent en moi. Comment est-ce possible? Pourquoi?

Ma réflexion est coupée par la voix si particulière d'Illiam.

- "Tu es réveillée, Annor?"
- "Oui." Je balbutie en fermant le poing sur ma poitrine où la douleur commence à s'estomper en même temps que mon état demi-éveillée.

C'était peut être qu'une vue de mon esprit. Le jeune barbare se redresse sur un coude sur sa couche. Je le distingue à peine dans la pénombre. Machinalement, j'utilise ma vision intérieure. Très vite sa silhouette se dessine et mon regard reste accroché à lui.

- "Tu as pu te reposer ?"
- "Je n'ai pas très bien dormi." J'avoue sans le quitter des yeux. "Beaucoup de changements en peu de temps. J'ai cauchemardé." J'ajoute pour couper court à la conversation.
- "Le soleil n'est pas encore levé. Tu as le temps de te préparer."

Je renifle. Je n'ai pas envie de tester les douches mixtes. Mais après tout, ce n'est pas une si mauvaise idée. A cette heure, il y a peut-être moins de monde. Je me glisse hors de la couverture.

- "Je n'ai pas l'habitude de laisser mes armes. Puis-je te les confier?" Je demande en voyant le bout de mon arc dépasser du lit.
- "Oui, bien sûr. Je ne bougerai pas de là."

J'acquiesce en silence, même si je sais qu'il ne me voit probablement pas et je sors de la tente. Le froid me saisit. Je plaque mes bras autour de ma taille pour me réchauffer, sans grande réussite. Je trouve rapidement le bâtiment que je redoute mais y pénètre sans hésiter. Il fait chaud à l'intérieur. L'odeur n'est pas particulièrement agréable. Les latrines ne sont pas très loin de l'entrée.

Sur le moment, il me semble qu'il n'y a personne, mais j'entends un bruit d'eau au loin. Il y a déjà quelqu'un qui se lave. Le bâtiment est simple et fonctionnel. Je n'ai aucun mal à m'orienter. Il y a une sorte de vestiaire ouvert qui précède la zone de douche d'où émane une vapeur chaude. Une femme barbare est en train de s'habiller. Elle me salue machinalement, sans vraiment me prêter attention. Je lui renvoie la politesse mais je fais la grimace lorsque je vois le nombre de vêtements posés sur les bancs. A vue de nez, il y a facilement une dizaine de personnes encore présentes dans les douches.

Je dois prendre sur moi pour me dévêtir sachant ce qui m'attend de l'autre côté de la porte. Je pose mon armure de cuir dans un coin et passe finalement le pas. Il y a plus d'hommes que de femmes. La majorité sont Khéjistanis. Je reste figée dans l'entrée. C'est paradoxalement mon immobilisme qui fait converger les regards sur moi. Je rougis violemment, lorsqu'une dizaine de paires d'yeux se pose sur ma personne.

Une Khéjistani à la peau noire foncée me fait signe. Je décide de m'approcher d'elle. Elle me tend un large parpaing de potasse et me dit à voix basse.

- "Toi, tu n'as pas l'habitude des hommes."

Elle me sourit à pleines dents alors que je rougis. J'attrape le bloc de savon rustique et commence à me frotter. Elle replonge sous l'eau qui s'écoule du plafond par intermittence pour se débarrasser de la mousse qui reste sur sa peau. Elle me décoche un petit sourire en coin, tandis qu'elle termine sa toilette avec des gestes plus que suggestifs. Je comprends qu'elle se joue de moi et de ma pudeur. Je soupire avant de lui tourner le dos. Je me retrouve alors nez à nez avec un Vizjerei dont les yeux d'ambre se posent tour à tour sur moi et la sorcière lascive. Je porte machinalement mes mains à ma poitrine en serrant le bloc de savon contre moi. La femme glousse dans mon dos. Je ferme les yeux. Ce que je craignais est en train de se produire.

Mais une voix masculine interrompt la mauvaise plaisanterie qui se déroule à mes dépens.

- "Vous n'avez vraiment rien à faire que d'embarrasser une jeune guerrière?"

J'ouvre les yeux et découvre mon sauveur. C'est un jeune barbare que la guerre a visiblement peu épargné. Le voir me porte un coup à l'estomac. Il a été très gravement brûlé sur une grande partie de son corps. Il repousse d'un geste ferme le Vizjerei qui s'en va non sans lancer une œillade à la sorcière que je devine toujours se trémousser dans mon dos.

- "Je ne fais que lui montrer qu'elle est la bienvenue." Dit cette dernière en accentuant volontairement le "bienvenue". "Elle a l'air si prude."
- "Et bien ça n'aide pas." Réplique le barbare.

Sur ces paroles, je me savonne et me rince rapidement. Je me sens comme une idiote à tous les niveaux. La mauvaise blague de la sorcière me reste en travers de la gorge et même l'intervention du barbare me gêne. Je me comporte comme si mes formes et mes cicatrices étaient une honte, alors quand je le vois exposer d'aussi terribles blessures sans sourciller, je me sens bien ridicule.

Je repose la potasse sur un promontoire contre le mur et quitte les douches aussi vite que je peux. Le rouge aux joues, je retourne au vestiaire. Je commence à me sécher grâce aux serviettes mises à disposition en tournant le dos le mieux que je le peux à toutes les personnes qui s'y trouvent : nouveaux arrivant comme ceux qui sortent en même temps que moi.

Alors que je lutte un peu pour éponger mon corps à cause de la moiteur environnante, une main qui se pose sur mon épaule me fait sursauter. Je me retourne pour faire face à la sorcière mutine. Je sens mon corps se sécher d'un coup.

- "Pour me faire pardonner, enfant des terres vertes." Me dit-elle avec un sourire en coin. J'en profite pour enfiler les parties les plus couvrantes de mon armure. "J'aime taquiner les âmes innocentes comme toi. Ce n'est pas très intelligent, j'en conviens, mais on s'amuse comme on peut quand on lutte au quotidien contre la fange des enfers. Tu verras, ce sont des choses communes et, je dirai même, heureusement qu'elles le sont. Mais ne t'en fais pas. Personne ne te forcera à quoi que ce soit ici. La justice des barbares est de toute façon suffisamment dissuasive sur ce sujet. Cependant, il va falloir que tu t'habitues à être croquée des yeux, au moins par les gens de mon peuple." Son regard glisse sur mon corps avec un appétit sexuel à peine dissimulé. Je rougis de plus belle. "On sait apprécier la beauté des corps, bien mieux que ces géants à la morale idéaliste." Son regard s'adoucit. "Bon courage pour le combat à venir. Peut-être auront nous la chance de combattre ensemble."

J'acquiesce timidement, avant de continuer à m'équiper. Du coin de l'œil, j'observe la sorcière s'habiller à son tour. C'est une très belle femme qui sait se rendre désirable. J'ai cependant du mal à concevoir que ce soit normal de penser autant au sexe dans le contexte actuel. Je fixe les dernières sangles de mon armure lorsque je vois le barbare au corps brûlé sortir des douches. Il me sourit, ce qui ressemble plus à une grimace à cause de sa peau déformée. Je fais un petit signe de la tête en guise de remerciement, avant de quitter les lieux.

Je retourne rapidement à la tente d'Illiam. Ce dernier est en train de peindre son corps à l'aide d'une pâte bleue qu'il semble avoir lui-même préparée.

- "J'ai presque fini." Me dit-il en traçant deux nouvelles lignes sur ses bras. Je reprends mes armes et me poste à l'entrée de la tente.
- "Les marques ont une signification ?" Je demande.
- "Bien entendu. Elles disent quel guerrier je suis." Il me montre son torse. "Ces lignes sont pour le cri et le saut. Et celles-là pour l'épée." Il remonte à son visage. "Celles-ci représentent mon clan et mon état d'esprit."
- "Et que disent-elle?"
- "Que je suis heureux." Il sourit.

Je baisse la tête et sourit également. Il n'a pas besoin de mots pour me faire comprendre la raison de sa gaieté. Il se rince les doigts et range le matériel dans la caisse avant de saisir son épée bâtarde et de me rejoindre.

- "Suis-moi, nous allons à la garnison."

Nous nous faufilons entre les tentes jusqu'à large rue passante qui mène à une place entièrement couverte. Il y a des centaines de guerriers qui vont et viennent. A mesure que nous nous enfonçons dans le bâtiment, l'effervescence redescend. Illiam me conduit jusqu'à un poste devant lequel sont rassemblés plusieurs barbares et mages qui attendent visiblement des ordres.

- "Cette partie est pour les missions de soutien. À l'entrée, sont données les affectations urgentes."

Une barbare au regard sévère se présente bientôt à nous.

- "Les bastions au sud sont sous un feu nourri depuis plusieurs jours. La position tient bon, mais on signale l'arrivée de nouveaux démons capables de projeter des pics chitineux qui font de gros dégâts dans nos rangs. Nous avons besoin de renforts magiques." Je vois plusieurs Vizjereis lever la main. La barbare acquiesce. "Nous avons besoin de bondisseurs, de crieurs et d'archers capables de tirer loin et forts."

Illiam lève la main. Je l'imite. La barbare me regarde en biais

- "Elle est la jeune femme des terres vertes qui a terrassé le démon assiégeur de mon bastion." Dit Illiam.
- "Très bien, tu pars avec les autres."

La barbare ne semble pas s'émouvoir de mon exploit. Elle continue ses explications comme si de rien était. Je l'écoute attentivement. Je comprends qu'il y a différents types de guerriers et qu'Illiam fait partie d'un groupe assez rare. Ses aptitudes de cris sont très recherchées. A notre première rencontre sur le champ de bataille, j'avais déjà remarqué la nette différence entre les cris de Garack et les siens. Sans doute que sa voix étrange y est pour quelque chose.

Les affections sont données en quelques minutes et tous les guerriers se dispersent. Je suis Illiam jusqu'à la zone des portails. Nous en empruntons un assez éloigné du centre de la place. A peine sommes-nous passés de l'autre côté que, l'atmosphère change drastiquement. Le bruit est assourdissant alors que des pieux de plusieurs mètres se fracassent contre les murailles du bastion que nous devons défendre. Un homme au loin hurle des instructions, tandis qu'une clameur résonne à l'intérieur comme à l'extérieur des remparts.

- "C'est là que nous séparons Annor." Me crit Illiam pour passer au dessus du tumulte. Je vois de l'inquiétude dans ses yeux. "Rejoins le rempart. Les archers auront besoin de toi." Je suis du regard la direction qu'il m'indique. Les archers sont en ligne, secondés par des mages, et ils tirent des salves de flèches enchantées à intervalle régulier. "Fais attention à toi. Nous nous retrouverons plus tard ici-même, d'accord?" J'acquiesce nerveusement.

Sur ses mots, Illiam court rejoindre le front de la manière la plus spectaculaire qui soit. Il fonce vers le rempart, son épée bâtarde au clair, et produit un saut fabuleux par-dessus la muraille. Ignorant l'indication qu'il m'a donnée en premier lieu, je cours à mon tour à l'endroit où il a disparu et me penche entre deux créneaux. Il a atterri dans une mer de démons aux corps déformés. Son arrivée semble avoir provoqué une onde de choc qui a repoussé les ennemis sur plusieurs mètres autour de lui. J'aperçois d'autres barbares qui taillent leur route au milieu de cette marée grouillante monstrueuse. Illiam lève les bras au ciel et pousse un premier cri formidable qui me fait claquer les os. Je sens mes forces se décupler comme jamais. Le second hurlement est d'un tout autre genre. Il le produit face aux démons qui referment leurs rangs autour de lui. Le son qu'il produit est ignoble et la conséquence me donne un haut le cœur. Sur une dizaine de mètres devant lui, les corps des démons explosent littéralement. C'est donc ça la réelle puissance de sa voix… Je frissonne de dégoût, bien plus que du vent glacial. Je le vois ensuite foncer sur un démon au corps hérissé de piques, qui fait presque sa taille. Un seul coup d'épée suffit à le trancher en deux. Puis, il effectue un nouveau bond qui défie les lois de la physique pour atterrir plus loin et réitérer ses macabres exploits.

Je parcours du regard la mer de démons dans laquelle il est en train de disparaître progressivement à ma vue et vois au loin, les monstres gigantesques qui menacent le bastion avec leurs piques chitineuses. Ma vision intérieure m'aide à voir les détails de leur physionomie, même à cette distance. Ce sont des bipèdes aux caractéristiques reptiliennes. Leur corps est cuirassé et semble capable de faire pousser à volonté des excroissances au niveau de leurs bras. C'est cela qu'ils jettent comme des javelots dans notre direction. Quelle puissance phénoménale ils ont ! Je me tourne alors vers l'intérieur des murs qui nous protègent et observe un instant les archers du bastion agir. Leurs traits chargés de magie explosive volent loin, mais les géants sont hors de leur portée, il semblerait. Ils ne font que clairsemer la marée démoniaque au loin.

Cette fois-ci, je cours les rejoindre. Je dois agir moi aussi. Je suis venue pour combattre.

Je passe devant un Vizjerei qui m'enchante le corps contre le froid sans que je n'ai à le demander. Je le remercie mais il m'ignore. Je dois me faire à l'idée qu'ici chacun agit presque par réflexe et avec autant de détachement que possible. J'imagine à peine combien de morts ces gens ont vu avant d'arriver à ce résultat et je redoute déjà de devenir comme eux. Je m'installe au milieu des archers. J'ai l'air ridiculement petite. A peine suis-je en position que quelqu'un m'apporte sur un promontoire une quarantaine de flèches. Je pose mon propre carquois au sol. Les miennes ne me serviront pas. Celles que l'on me donne sont bien plus grandes que ce que j'ai l'habitude d'utiliser. Mais heureusement l'arc de Moiraine est barbare et a la bonne taille.

J'encoche ma première flèche et attend l'enchantement des mages. Je sens arriver la charge magique subitement. Mon corps éthéré crépite d'énergie. Je connais cette sensation. En même temps que les autres barbares, je bande mon arc mais je ne les imite pas. Je tire plusieurs secondes après eux, ce qui a pour effet d'attirer l'attention des archers qui m'entourent sur moi.

Je profite de la force qu'Illiam m'a donnée sans le savoir et j'utilise ma vision intérieure pour viser mieux. Je sais que je peux aller bien plus loin que ce que les autres font. J'anticipe la trajectoire de la flèche et tire bien plus haut qu'il semble raisonnable de le faire. Mon trait surchargé de magie s'envole en sifflant au-delà de la première vague d'ennemies, et j'atteins l'un des monstres géants qui pilonnent notre position du premier coup. Ma flèche explose littéralement au contact et arrache le bras du démon qui perd l'équilibre.

- "Comment peut-il y avoir autant de force dans un corps si frêle?" Me dit un barbare à ma droite. Je lui souris. "Tu es la bienvenue, femme des terres vertes."
- "Vous pouvez les atteindre aussi." Dis-je en signe d'encouragement, même si cela sonne terriblement prétentieux.
- "Non." Me dit un autre barbare. Nos yeux ne voient pas si loin." Je suis surprise et réalise soudainement quel atout fabuleux la vision intérieure m'offre.
- "Et si vous fessiez comme moi? Si vous copiez juste ma trajectoire?" Je propose aux deux archers qui ont entamé la discussion.
- "On peut toujours essayer."

J'attends le signal tacite des autres archers pour prendre une nouvelle flèche. Cette fois-ci, je vise la tête du monstre. Ce dernier semble légèrement désorienté par ma précédente attaque mais il bouge peu. J'attends l'enchantement des mages et m'arqueboute pour avoir l'angle parfait. Les deux archers m'imitent sous le regard perplexe des autres. Nous sommes que trois à tirer. Nos flèches explosives traversent le champ de bataille avec une trajectoire exemplaire. Elles atteignent leur cible en même temps. La mienne fait exploser la tête du monstre et les deux autres sa cage thoracique. Le géant s'écroule en arrière, écrasant sans aucun doute une multitude de démons sous lui.

Il n'y a pas de liesse parmi les archers, devant cet exploit, mais les sourires sont francs. En seulement quelques minutes, je viens de me faire une place dans cette armée. Je ressens une forme de fierté, mais je ne la montre pas. Ce n'est qu'une toute petite victoire. Déjà mon regard se porte vers les autres démons géants qu'il nous reste à abattre. Je souris discrètement. Ce soir, le bastion tiendra. Je m'en fais la promesse.


Vous allez rencontrer plusieurs personnages anonymes comme il y en a eu dans ce chapitre. Il n'y a que 2 personnages secondaires importants pour la fin de cet arc et le suivant : Illiam et le jarl suprême, qui chose amusante n'a pas de nom non plus lol.

Le reste est la dure réalité de la guerre à laquelle participe Annor. Toutes les personnes avec qui elle va combattre seront en général que des connaissances d'une journée, guère plus.

Cela reflète ce qui se passera pour Annor. Elle va combattre sur de multiples fronts sans jamais pouvoir retenir les visages ou les noms de ceux avec qui elle combat.