Disclaimer : L'univers de Diablo appartient à Blizzard


Navrée pour le retard. J'ai failli ne pas poster. Je le fais depuis ma tablette alors la mise en page est approximative, mais je remettrai en forme plus tard.

Petit warning, ce chapitre contient une scène érotique.


Acte 2 - Sixième partie : Liés

Chapitre 9 : La toute première fois

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Ma première journée de combat s'achève lorsque Illiam revient du front. Nous sommes au milieu de l'après-midi. Je suis soulagée de le voir surgir de ce côté du rempart en bondissant. Il est dans un sale état, mais il est en vie. Ses peintures guerrières ont coulé et se sont mêlées au sang noir des démons qui le recouvre par plaque et le sien qui s'écoule de longues entailles sur ses flancs. Il me sourit franchement cependant. De mon côté, je suis juste épuisée. Tirer à l'arc pendant des heures est une chose. Encaisser des centaines d'enchantements en est une autre. Je ne suis pas arrivée à ma limite, mais je n'en suis pas très loin. Mes mains tremblent par intermittence alors que la fatigue magique m'accable.

J'accepte sans broncher la proposition d'Illiam de nous retirer et de rentrer à Arrogath. Je regarde par-dessus le rempart. La marée de démons semble à peine avoir été entamée. Cependant, il n'y a plus de colosses lanceurs de pieux chitineux à l'horizon.

- "D'autres guerriers viendront nous remplacer. Ne t'inquiète pas." Me dit-il en voyant mon expression.
- "Ton amie est une archère exceptionnelle." Dit un des barbares avec qui j'ai combattu toute la journée.
- "Je sais." Illiam sourit. "Elle a sauvé mon bastion, il y a quelques jours." Je rougis violemment.
- "J'espère que nous combattrons encore ensemble, une autre fois." Dit l'archer avant de s'éloigner.

Illiam et moi refaisons le chemin jusqu'au portail qui mène à Arrogath. C'est étrangement plus calme que d'habitude.

- "Les démons sont plus actifs la nuit." M'explique le guerrier. "Les groupes les plus importants se forment donc en fin de journée. A cette heure, beaucoup de guerriers se reposent." Il me montre les tentes, qui je le remarque sont pour la plupart fermées.

Il m'amène directement aux sanitaires d'une cour où quasiment toutes les tentes sont occupées. Je le suis sans trop réfléchir à l'intérieur. Une douche me ferait effectivement le plus grand bien. Quand nous arrivons, il n'y a personne. Illiam se dévêtit et sur le moment, je fais de même, par pur réflexe. C'est lorsque je me retrouve seule avec lui dans le plus simple appareil que je comprends la situation. Mais encore une fois, je suis surprise par l'absence d'insistance de sa part. Je vois bien, à son regard, qu'il apprécie ce qu'il voit. Moi-même, j'ai du mal à rester indifférente devant son corps. Mais il passe outre et pénètre avant moi dans la zone de douche. Je le rejoins timidement.

Il est déjà sous l'eau en train d'essayer de faire partir la crasse et le sang. Nous sommes seuls. Je prends place un peu plus loin et commence à me laver à mon tour. L'eau chaude fait un bien fou à mes muscles endoloris. Et bientôt, j'oublie un peu sa présence. C'est lorsque je l'entends produire des sons étranges qu'il attire mon attention. Je me retourne vers lui. Il a les yeux fermés et n'est plus qu'à moitié sous l'eau. Sans ouvrir la bouche, il produit une petite série de son gutturaux très graves, qui ressemble un peu à des percussions. Bientôt, je remarque que les plaies sur ses flancs se referment, lentement. L'eau évacue le surplus de sang en longues rigoles pourpres sur sa peau.

Étonnée, je me rapproche de lui, oubliant ma pudeur naturelle. En l'espace de quelques minutes, les entailles deviennent cicatrices et les cicatrices elle-même s'estompent. Sans que je comprenne pourquoi je m'affranchis soudainement de ma réserve, je touche sa peau du bout des doigts à l'endroit où se trouvait ses blessures. Il frissonne très légèrement à mon contact puis me regarde avec un sourire doux.

- "Quelle magie recèle encore ta voix." Je demande abasourdie en accrochant son regard.
- "La lumière du Zhakarum est bien meilleure que ma voix pour soigner les blessures car elle n'épuise pas le corps. Je ne fais que stimuler ma régénération. Si mes blessures avaient été beaucoup plus graves, faire ce que je viens de faire aurait signé mon arrêt de mort. J'ai besoin de repos maintenant."
- "Mais ta voix. Elle est différente des autres n'est-ce pas?" Il me sourit.
- "En effet. Tous les barbares apprennent le cri dès le plus jeune âge. Mais seulement un sur un millier peut-être a le don naturel du cri. Chaque cri que je pousse est plus puissant que ceux de dix autres barbares réunis. Nous formons une caste de guerriers très spéciale et très recherchée sur le champ de bataille, car notre voix peut tuer."
- "Je t'ai vu ce matin." Il se renfrogne un peu.
- "J'aurai préféré que tu ne vois pas cela."
- "Je n'ai pas peur de toi." Dis-je comprenant sa réaction. Il me sourit.
- "Tu es fascinante, femme des terres vertes. Tu as peur de ressentir de l'amour, mais pas de quelqu'un qui peut tuer d'un seul cri."

Je recule d'un pas. Mais au même moment, je sens la présence de Rolf à mes côtés. Comme s'il me disait de ne pas fuir. Cependant, la seule chose que je retiens de ce court instant c'est la douleur qui suit le moment où il s'en va.

- "Je n'ai pas peur de ressentir." Je réplique un peu sèchement. "J'ai peur du vide qui reste après."

Illiam fronce les sourcils, mais je ne le laisse rien dire de plus. Je quitte les douches pour le vestiaire sur le champ. Deux autres personnes sont arrivées et sont en train de se dévêtir. J'ignore pourquoi mais je suis encore plus mal à l'aise en leur présence. Je leur tourne le dos et entreprend de me sécher tant bien que mal, avec le matériel fourni. Illiam me rejoint alors que je suis en train de fixer les dernières pièces de mon armure.

Je suis la première à sortir, mais je l'attends quand même à la porte. Je suis gênée mais je ne veux pas partager ma tente avec une autre personne. Illiam ne cherche pas à m'extirper des explications. Nous cherchons ensemble un emplacement libre pour nous reposer. Lorsque nous le trouvons enfin, nous prenons possession du lieu en silence. La cohabitation est plus froide que la veille.

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Les jours qui suivent sont intenses en termes de combats. Chaque mission nous envoie sur des fronts plus ou moins complexes. Je découvre une multitude de nouveaux démons. Mes capacités particulières sont mises à large contribution à chaque fois, mais la situation n'est jamais la même. Il arrive parfois que je combatte au sol avec des guerriers au corps à corps dans des missions de sauvetage. D'autre fois, je suis également sur le terrain au milieu de centaines d'archers pour cribler des lignes ennemies de flèches. Ce sont, de loin, les assignments les plus dangereux. A plusieurs reprises, je manque de perdre la vie lorsque des boulets ou autres projectiles viennent s'écraser dans nos rangs. Je ressors moins souvent indemnes également. Les blessures sont légères, mais plus le temps passe, moins il est évident d'éviter tous les dangers.

Au fil des semaines, je suis également confrontée à la mort de centaines de guerriers. Les premiers jours, je terminais la journée en pleurs. Et puis, j'ai commencé à avoir le même détachement que les autres. Non pas que je ne ressente rien, mais c'est un peu comme si ce n'était pas moi qui ressentais cette peine. Ce qui m'effraie un peu parfois.

Rolf m'aide à tenir également. Notre lien est toujours discontinu mais plus solide également. Lorsque nous devons nous séparer pour diverses raisons, la coupure est progressive et n'est plus aussi douloureuse. Il ne me montre pas ce qu'il fait. Il ne partage que des sentiments ou des idées. Je devine qu'il a retrouvé ses frères en partie et que des choses se préparent de son côté. L'arrivée des druides ne pourrait être qu'une bonne chose tant le conflit s'éternise.

Je suis rentrée dans l'armée barbare il y a plus d'un mois maintenant. Nous tenons bon mais la pression sur nos positions est constante. J'ignore combien des armées de Diablo ont pu franchir la faille et se trouvent maintenant en Sanctuaire, mais cela me semble incommensurable. Et la chose qui m'inquiète est que nous n'avons aucune nouvelle de Baal. Nous ne savons pas où il est ni ce qu'il fait.

Cain s'est remis de son épreuve et est maintenant aux côtés du jarl, en tant que conseiller. Si j'ai eu de ses nouvelles, je n'ai pas pu le revoir depuis que nous sommes arrivés à Arrogath.

Pour le reste, je commence à m'ouvrir à Illiam. Nous continuons de tout faire ensemble. Nous partons aux mêmes endroits pour combattre et nous partageons la même tente pendant nos heures de repos. Nous apprenons à nous connaître dans des discussions interminables qui nous tiennent parfois éveillés bien trop longtemps. Mais c'est à partir du moment où nous avons pu réellement combattre l'un à côté de l'autre que j'ai laissé tomber quelques barrières avec lui. Il est devenu un frère d'armes au même titre que mes anciens compagnons. Je me suis habituée au regard des autres sur mon corps mais je commence à apprécier le sien. La flamme ne s'éteint pas. Je dirai même plus qu'elle s'intensifie. Moi-même, je commence à ressentir la brûlure du désir. Ce n'est pas cette pulsion gênante que je ressentais les premiers jours. C'est quelque chose de plus intense et difficile à ignorer. Il le sait et il le voit, mais il attend patiemment que je fasse le premier pas.

Vers la fin du deuxième mois de cette guerre insensée, j'abandonne la lutte contre mes sentiments et surtout contre mon instinct. Alors que nous partageons comme tous les soirs notre tente, je décide de quitter mon armure sans aucune raison. J'ai fait ces gestes des milliers de fois, mais cette fois-ci je suis maladroite. Illiam me sourit, il a parfaitement compris ce que je souhaite. Il me rejoint sur ma couche et s'occupe du reste des sangles que mes doigts tremblants n'arrivent plus à défaire. Puis, il prend ce que je lui offre avec une délicatesse qui tranche avec l'absurde contraste de nos corps. Lui dont les mains pourraient me briser les os, s'empare de ma peau sous les plus voluptueuses caresses. Je le laisse faire lorsqu'il m'invite à me coucher et qu'il se penche sur moi. Sa bouche remplace bientôt ses mains et remonte lentement jusqu'à mes lèvres. Il s'arrête un instant. Je le regarde interdite, espérant secrètement qu'il recommence.

- "Souhaites-tu plus, Annor?" Me demande-t-il.

Sa voix résonne en moi. Mon cœur bat plus fort que jamais. Mes yeux sont rivés sur ses lèvres. Je n'arrive pas à parler mais je l'appelle du regard. Il semble entendre ma requête muette. Il m'embrasse à nouveau, mais plus passionnément cette fois. Je réponds alors d'instinct aux pulsions de l'amour qui ont guidées des millions d'être humains avant moi. Je suis maladroite mais je n'écoute que ce que me dicte mon corps.

Je m'accroche alors à lui et l'embrasse sauvagement. Il me repousse doucement avec un petit sourire avant de m'embrasser à son tour, avec plus de douceur. Je comprends qu'il calme mes ardeurs nouvelles pour m'apprendre le plaisir réel que l'on peut éprouver lorsque les choses sont bien faites.

Je me mets à trembler d'anticipation. Je dois me contenir. Il me domine de toute sa masse et toute sa force, mais je n'ai pas peur. Frémissant à chacun de ses attouchements, je guide ses baisers vers d'autres endroits de mon corps qui nécessitent à mon goût toute son attention. Il a l'expérience qui me fait défaut et il prend très vite les choses en main, au sens propre comme au figuré.

Je me laisse déborder par ses caresses qui trouvent seules les endroits les plus réceptifs. J'essaie de faire de même pour lui mais pour le moment je suis bien trop prise dans cet océan de sensations nouvelles sur ma peau et du désir qui enfle en moi de plus en plus. Il trouve le chemin de mon intimité et je m'offre à lui complètement.

Je n'ai ni peur ni rejet pour la chose. Je me sens comme un animal qui sait que le moment est venu. Je le veux en moi. L'extase du plaisir noie la douleur de la première pénétration et je m'abandonne corps et âme dans l'instant jusqu'à ce que le moment fatidique arrive. Nous gémissons à l'unisson lorsque le plaisir me tue pour la toute première fois de ma vie.


Et voilà, c'était ma toute première scène érotique lol

Je sais que j'ai hélipsé le gros du comment Illiam et Annor tombent amoureux, mais j'espère que ça reste quand même naturel dans le développement.

Ce chapitre marque aussi la fin de l'arc et le suivant est primordial. On prend les mêmes et on continue, avec beaucoup de dénouement de trames que j'ai tissées.

A bientôt