CHAPITRE 1


Haven ferme son casier d'un geste sec, enclenche le cadenas et s'apprête à rejoindre sa salle de classe du lycée tribal de La Push. Les couloirs sont encore pleins, mais se vident petit à petit de toute présence humaine.

La jeune Quileute se faufile au pas de course parmi les élèves lorsque quelqu'un la percute de plein fouet. Elle bascule en arrière, sa main droite sur l'épaule gauche alors que quelque chose ralentit sa chute, lui évitant ainsi de se cogner la tête sur le sol. C'est Jacob Black qui la retient dans ses bras, un regard désolé sur le visage.

- Je t'ai fait mal ? lui demande-t-il en regardant l'épaule de la jeune fille

- J'ai l'impression que mon épaule est déboîtée... répond-elle en grimaçant.

- Je...je vais t'emmener à l'hôpital ! déclare-t-il en panique.

- À moto peut-être ? La bonne blague, grogne-t-elle.

A la réserve, tout le monde savait que Jacob Black s'était découvert une infinie passion pour les bolides à deux roues. Haven n'aimait pas les motos, cela lui faisait peur, elle n'avait aucune confiance en ses machines là. Elle avait même peur des voitures, raison pour laquelle la jeune fille de dix-sept ans avait refusé de passer son permis de conduire.

- Tu ferais mieux de m'amener à l'infirmerie, dit-elle gentiment.

En l'espace de deux seconde, Haven se retrouve dans les bras du garçon. Il est bouillant. Peut-être est-il malade ? « C'est à lui d'aller à l'hôpital ! » songe-t-elle. Jacob lui raconte connaître un excellent médecin, le beau-père de sa meilleure amie, qui lui remettra son épaule en place en deux temps trois mouvements.

- Cullen ?

- Tu le connais ? me demande-t-il incrédule.

- Quand une fille de dix-huit ans se marie à Forks ça fait son petit effet, mais c'est surtout le médecin traitant des trois-quarts de la réserve, rit-elle.

Le garçon la repose au sol, devant sa moto. Elle lui lance un regard incrédule. Parce qu'il était sérieux en plus ? Il lui enfile son casque sur la tête et aide Haven à prendre place sur la moto. Au prix d'un effort surhumain, elle relâche son bras douloureux et s'accroche à Jacob par la taille tout en serrant son t-shirt le plus fort possible. Il démarre.

À l'hôpital, les deux jeunes gens se présentent, demandant à voir Carlisle Cullen tout en expliquant la situation : Jacob courait dans les couloirs sans ne regarder où il allait, Haven se rendait en classe en toute hâte, le garçon l'a bousculé et elle s'est démis l'épaule. La secrétaire médicale leur demande de patienter quelques minutes.

Ils finissent par voir arriver le docteur Canon enfin, Cullen, qui les cherche du regard. Haven fait signe à son voisin et se lève pour aller à la rencontre du médecin.

- Bonjour Haven, tu viens pour une luxation de l'épaule gauche c'est bien ça ? lit-il sur sa fiche-patient.

- Par ma faute, doc… renchéri Jacob.

- Allez, suis-moi, je vais te remettre ça en place.

La jeune fille s'exécute et entre dans la salle d'examen. Le médecin l'ausculte brièvement pour déterminer la manière de procéder à la remise en place de l'épaule.

- Très bien Haven, met ta main droite sur mon épaule, tu peux crier et tu peux serrer mon épaule, aussi fort que tu le souhaites, ça marche ?

La jeune fille acquiesce et pose sa main valide sur l'épaule du docteur. Comment allait-elle pouvoir serrer son épaule ? On dirait du marbre : froid et dur. Sans qu'elle ne s'en rende compte, le médecin lui remet l'épaule en place d'un geste professionnel et rapide. Il lui pose une attelle et lui fait une prescription médicale tout en lui expliquant quoi faire pour s'occuper de son épaule. Elle le remercie alors que Jacob s'approche d'eux.

- Merci Doc ! Tu me sauves encore une fois ! dit-il.

- Encore une fois ? le questionne-t-elle. C'est plutôt moi qu'il a sauvé !

- Arrêtez de dire des âneries et sauvez-vous ! rit le médecin.

Jacob raccompagne sa camarade chez elle. L'avantage de vivre dans une réserve amérindienne, c'est que tout le monde sait où habite tout le monde. Devant la maison, Haven descend de la bécane et rend le casque à son propriétaire en le remerciant pour tout ce qu'il a fait.

En entrant chez elle, un enfant de 3 ans accours vers elle.

- Taaataaaa ! dit-il en sanglotant. Y respire pu Milo ! Viens !

Ni une, ni deux, Haven se précipite à la suite de son neveu dans la chambre de Milo. En entrant dans la chambre, la jeune fille s'aperçoit avec effroi que son second neveu est allongé au sol et tout rouge. Dans un coin de la pièce, Daphnée, sa grande sœur, est paralysée sur place, le regard dans le vide et des larmes roulant sur ses joues.

Après avoir posé son oreille contre la poitrine du nourrisson allongé au sol, Haven constate que le bébé respire peu et mal, mais qu'il est encore vivant.

- Miky, chéri, va jouer dans ta chambre et emmène ta mère avec toi, ordonne-t-elle.

Il obéit, percevant l'inquiétude dans la voix de sa tante. La jeune fille, toujours accroupie auprès du nourrisson en détresse respiratoire, inspire profondément, en essayant de se souvenir au mieux des gestes de premier secours qu'on lui a appris à l'école. Elle observe le bébé et finit par constater à la lumière de son écran de téléphone, qu'un objet est coincé dans sa gorge. Elle compose le numéro d'urgence et attend que quelqu'un décroche.

- 911, j'écoute ?

- Mon neveu a un jouet dans la gorge, il ne respire presque plus, j… j'ai besoin d'aide !

- Votre nom et votre adresse s'il vous plaît ?

Haven répond à la question, en précisant la localisation de la maison. L'opérateur en ligne rassure Haven tout en lui expliquant la marche à suivre afin de déloger l'objet coincé. Elle entreprend les mouvements de la technique de Heimlich indiqués par son interlocuteur.

Le bébé finit par recracher l'objet, Haven pousse un soupir de soulagement, mais il demeure toujours inconscient.

- Faites un massage cardiaque, avec deux doigts, indique l'opérateur en lui expliquant comment s'y prendre.

Haven débute le massage cardiaque, l'opérateur reste en ligne avec elle jusqu'à l'arrivée des secours. Au loin, la jeune fille entend les sirènes, elle demande à son neveu d'aller ouvrir la porte et de les attendre sur le perron.

Lorsque les ambulanciers entrent dans la chambre pour prendre le relais, Haven se met à pleurer toutes les larmes de son corps. Son neveu vient se réfugie dans les bras de sa tante qui le serre contre elle tendrement.

- Les môsieur emmènent Milo dans les 'bulances ? demande le petit garçon.

- Oui, mais il est sauvé grâce à toi et ta tata, répond l'un des ambulanciers, ce qui eut don de faire bomber le torse à l'enfant.

- Tu sais tata j'aime pas bien quand tu pleurs… Haven sourit alors que son neveu lui essuie ses larmes et lui fait un bisou. J'aime mieux quand tu fais des bisous d'amour sur la joue !

L'ambulancier pose quelques questions à la jeune fille. Depuis combien de temps Milo était-il inconscient ? Elle n'en sait rien et sa sœur est si bouleversée qu'elle ne peut répondre à la question.

Haven, Daphnée et Mike sont ensuite escortés par les ambulanciers jusqu'à leur véhicule. Avant de partir, elle laisse un mot à ses parents au cas où ils n'écoutent pas leur messagerie vocale.

- J'ai entendu les ambulances, la fit sursauter Jacob, venu de nulle part, quand j'ai vu qu'elles allaient vers chez toi j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose… il regarde son attelle, je te rejoins à l'hôpital.

- T'es pas obligé de venir, tu sais...

- Je ne te laisse pas le choix, je t'ai déboîté l'épaule.

Elle grimpe dans l'ambulance et le chauffeur démarre.

À l'hôpital, le bébé est pris en charge immédiatement tandis que Daphnée est accompagnée par une psychologue. Haven s'occupe de remplir des documents administratifs à côté de Jacob dans la salle d'attente. Elle le remercie encore une fois d'être présent et il la gratifie d'un sourire à la Jacob Black, c'est-à-dire resplendissant. Elle rougit jusqu'aux oreilles, non pas qu'elle soit amoureuse, Jacob ne l'a jamais intéressé, mais un sourire comme ça, on vous en fait rarement.

Jacob est un garçon sympathique et empli de joie de vivre, ce n'est pas le genre de garçon à chercher la bagarre et ce même après avoir changé de fréquentation. Il n'a jamais renié ses valeurs. Surtout qu'aujourd'hui nouveaux et anciens amis traînent tous ensemble.

Haven se lève pour apporter les documents à la secrétaire hospitalière, elle observe Jacob au loin et se souvient avoir entendu son père dire qu'il prenait des stéroïdes et qu'il était certainement dealer au sein d'un réseau. N'importe quoi… quoique ?

Elle retourne s'asseoir auprès du garçon. Au fil des heures, la jeune fille se laisse aller contre Jacob, qui lui serre la main.

- Est-ce que tu prends des stéroïdes ? demande-t-elle soudainement.

- Non et je n'en vends pas non plus.

- Je... j'ai entendu parler de ça un jour, je... je voulais savoir si c'était vrai… avoue-t-elle penaude.

- J'ai eu une poussé de croissance, un truc génétique.

- T'es pas obligé de t'expliquer, je voulais juste savoir la raison pour laquelle mon père te tuera : l'épaule, les stéroïdes ou ma main dans la tienne...

Haven rougit et Jacob rit. Mike qui ne cesse de gambader partout sous le regard de sa tante profite de cet instant pour revenir vers eux. Il grimpe sur les genoux de Jacob qui se tétanise.

- Tata elle a mal à lapaule alors j'peux pas faire dodo contre elle, dit-il à Jacob qui se détend. Le petit garçon se blottit contre son aîné, qui encercle le petit bonhomme afin d'éviter qu'il ne tombe. Mike ferme les yeux progressivement et sa respiration ralentit.

Plus tard, lorsque monsieur et madame McGeller entrent dans l'hôpital, la jeune fille se redresse afin de se précipiter à leur rencontre. Dans les bras de sa mère, elle éclate en sanglot tout en racontant les événements. Ses parents l'écoutent sans rien dire et, comme pour éviter le sujet qui fâche, à savoir la vie de Milo, ils l'interrogent sur son épaule. Elle prétexte avoir glissé en sortant des toilettes au lycée afin d'éviter des ennuis à Jacob.

- Milo va bien, il est encore en salle de réveil, dit-elle. Il aura bientôt le droit aux visites.

La famille et Jacob attendent ensemble l'arrivée des médecins ou, à défaut, l'arrivée de la mère de l'enfant qui est toujours en cellule d'aide psychologique. Cette dernière ne se fait plus tarder rejoint sa famille. Haven, en grande conversation avec son père, la voit entrer et s'arrête aussitôt de parler. La jeune fille se lève et s'approche de sa sœur et la serre dans ses bras

- Merci d'avoir été là, Haven, dit Daphnée. A cause de moi il aurait pu mourir, je n'ai pas sur réagir…

Les deux sœurs pleurent dans les bras l'une de l'autre et se soutiennent dans ce moment difficile. Haven comprend pourquoi sa sœur est restée tétanisée. Le choc de la situation a certainement dû être si violent qu'elle a perdue pied…

Le docteur Cullen s'approche de la famille afin d'annoncer une bonne nouvelle. Milo s'est réveillé et a été transporté dans une chambre où il peut recevoir la visite de sa famille. Les parents ainsi que la sœur d'Haven se précipitent à ses côtés, cette dernière quant à elle reste en retrait.

- Tu viens ? l'appelle sa mère sur un ton qui intime l'ordre. Haven secoue négativement la tête. Madame McGeller insiste encore, mais le docteur Cullen intervient :

- Madame, votre fille est encore en état de choc, je ne pense pas que cela soit une bonne idée qu'elle entre dans cette chambre.

- Très bien, tu... tu iras plus tard, finit-elle par céder.

Haven acquiesce pour faire plaisir à sa mère, tout en sachant qu'elle n'irait pas voir son neveu dans sa chambre d'hôpital. Ça non. Jamais.

- Jacob ? Tu... tu pourrais me ramener ?

- Ouais, viens.

Les deux jeunes sortent de l'enceinte du bâtiment afin de retrouver la moto de Jacob. Le garçon attache le casque à sa camarade avant de monter sur son véhicule. Haven prend place à l'arrière et s'agrippe au garçon du mieux qu'elle peut.

Devant la maison des McGeller, Jacob ralentit et se gare. Haven retire le casque qu'elle enfile sur la tête de Jacob et descend de la bécane. Le garçon rit et retire le casque avant de descendre à son tour de la moto. Haven le remercie de l'avoir raccompagné mais il ne l'entend pas de cette oreille. Elle pensait sérieusement qu'il allait la laisser seule dans cet état ? Non, Jacob était trop gentil pour ça.

Ils entrent tous les deux dans la maison. Haven lui explique brièvement qu'elle vit avec ses parents, sa sœur et ses neveux. N'ayant jamais montré sa chambre à personne d'autre que Jill, d'abord hésitante, elle finit par entraîner Jacob dans son havre de paix.

Dans la pièce, Jacob regarde à peu près tout, il la détaille de haut en bas. Son regard accroche l'étagère au-dessus du bureau de la jeune fille où se trouvent des loups en peluche et absolument tous ses ouvrages sur les légendes Quileute. Haven rougit, espérant qu'il ne se moque pas d'elle.

- Tu aimes les légendes ? la questionne-t-il sans la moindre moquerie.

- Ouais, j'adore, avoue-t-elle.

- Les légendes sont géniales, rebondit-il, enthousiaste.

- En secret, j'aimerais qu'elles soient vraies... Des guerriers-loups et des sangs-froids... Ça me fait rêver... déclare la jeune fille, le rouge aux joues.

Il sourit, sincère et s'assoit au sol tandis qu'Haven prend place sur son lit. Il l'observe un instant avant de détourner son regarde afin d'observer le reste de la pièce. Son regard se pose sur un loup en peluche au pelage brun-roux posé au milieu des oreillers.

- Il s'appelle comment ?

- Wolfy.

- Super original ! se moque-t-il.

- J'avais quatre ans quand je l'ai eu... se défend-elle en riant.

- J'aime la couleur en tout cas, répond-il avec une pointe d'amusement.

- Tu le trouves moche c'est ça ? Wolfy c'est le plus beau.

- Oui il est beau, mais il m'a juste fait penser à un truc drôle, mais tu ne comprendrais pas... Je raconterai ça à Sam et les autres.

Haven acquiesce et reste sans rien dire. Jacob et Haven profite de ce moment ensemble pour échanger sur leur souvenir d'enfance, l'époque où ils étaient insouciants et croyaient que tout le monde était gentil.

Ils se remémorent des bons moments tel que les dinettes où ils cuisinaient des pâtés de terre qu'ils voulaient absolument faire manger à leurs parents. Les deux Quileutes se demandent alors pour quelle raison ils ont cessé de se parler alors que leur enfance ensemble était si chouette ?

- Tes parents vont bientôt arriver, je ferais bien de ne pas être là... Ton père n'a pas l'air de m'apprécier. On se voit demain au lycée ? explique-t-il.

- Mon père croit que tu prends des stéroïdes, mais je lui dirais que c'est faux.

Il s'éloigne en souriant, remonte sur sa moto, met le moteur en marche puis relève la tête vers Haven.

- Je viens te chercher à huit heures moins cinq, déclare-t-il avant de démarrer.

La jeune fille reste coite pendant quelques instants, mais finit par lui faire un signe de la main avant qu'il ne s'en aille. Elle le regarde s'éloigner, non pas en direction de sa maison, mais vers celle de Sam.


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Bonjour à toutes et tous, comment allez-vous ?

Comme je vous l'ai déjà annoncé il y a maintenant de nombreux mois, cette fanfiction a été entièrement réécrite. Cette histoire n'est pas parfaite, il y a des défauts, des erreurs etc. mais je suis satisfaite du résultat. Il faut avant tout savoir que le matériaux de base a été rédigé en 15 jours seulement.

N'hésitez pas à laisser vos reviews :)