Le ciel était un peu triste aujourd'hui et il venait de terminer son service.
Bien qu'il avait été hésitant, il se souvint de sa parole qu'il avait donné à Lisanna et il prit la route pour aller à sa rencontre.
Il s'adossa sur un des murs de la bâtisse du refuge, les mains dans les poches, luttant contre son envie d'y entrer et de la voir au plus vite.
L'avoir revu hier après quatre jours avait fait monté en lui une certaine joie.
Il n'allait pas le nier, depuis qu'il avait rencontré Lisanna, sa vie qui n'était que monotone et solitude avait été balayé.
Bickslow ferma les yeux, et tout doucement une douce mélodie monta à ses oreilles.
Cette voix.
Lisanna ?
Il suivit la mélodie et se retrouva face à une large fenêtre, à travers laquelle il vit Lisanna en train de chanter et une fille aux cheveux marrons, toutes deux en train de prendre soin d'un chat.
C'était sûrement l'animal et la fille dont Lisanna lui avait parlé.
Il resta bouche bée devant l'image qui s'offrait à lui et le rouge lui monta au joue par sa beauté.
Son coeur se mit à battre en désordre et il détourna la face et s'adossa contre la fenêtre en fermant les yeux.
Logiquement il ne devrait pas être ici, il devait la tenir éloigner de lui pour qu'aucun malheur ne puisse lui arriver à cause de son ancienne vie mais il lui avait fait savoir qu'ils continueront à se voir.
Il était vraiment perdu.
— Bickslow ?
Ce dernier ouvrit subitement les yeux.
— Lisa... Lisanna ? Mais tu étais à l'intérieur il y'a peu...
— Millianna t'a aperçu à travers la fenêtre et je me suis empressé de te rejoindre, murmura t'elle, le rouge aux joues.
Ses deux mains serraient le bas de sa robe couleur jaune.
Quand Millianna lui avait fait savoir la présence de Bickslow, elle n'avait pas pu s'empêcher d'accourir vers lui même si son coeur était en train d'exploser dans sa poitrine à cet instant sachant qu'il était juste tout près d'elle.
Ses sentiments étaient vraiment réels.
Bickslow se dit que les couleurs vive l'allaient vraiment à ravir.
Lisanna se jeta dans ses bras et leva la tête vers lui en lui souriant.
Il eut un mouvement de recul trop pris de court par cette proximité.
— Que... Qu'est-ce que... fit-il.
Montre lui clairement tes sentiments pour lui, lui avait conseillé sa soeur.
— Je suis contente que tu ai pu venir comme promis. Tu veux me raccompagner ? Je dois rentrer plus tôt aujourd'hui, dit-elle en l'arrêtant le bras, lui donnant un magnifique sourire.
Bickslow prit d'abord la peine de l'éloigner de lui et cela brisa le coeur de Lisanna.
Pourquoi le percevait-elle comme un rejet alors que c'était juste un simple geste ?
— Tu ne devrais pas être aussi familière avec moi, dit-il.
Le coeur de la jeune fille rata un battement.
— Pourquoi ? demanda t'elle, surprise.
— Je peux être un danger pour toi.
— Pourquoi tu dis ça ? Avec... Avec toi je ne ressens aucun danger, au contraire, je sais que je suis en sécurité.
Bickslow rit, un rire sans joie ce qui surpris Lisanna.
Elle ne savait rien de lui, juste qu'il s'appelait Bickslow. Comment pouvait-elle se sentir en sécurité avec lui ?
— T'es drôle. En sécurité avec une personne dont tu ignores presque tout.
— C'est vrai. Si j'ignore tout c'est parce que tu te rétractais toujours à chaque fois que je posais des questions sur toi. Je ne voulais pas te forcer et qu'à cause de ça tu ne daigne plus être mon... Ami, hésita t'elle à dire.
Ses sentiments lui prenaient vraiment par surprise.
— J'attendrai quand tu te décideras à te confier à moi, je suis là pour toi comme tu l'es pour moi.
Et parce qu'elle l'aimait.
Même si elle ne savait pas à quoi il ressemblait, elle était tombée amoureuse de lui inconsciemment par la manière dont il se comportait avec elle, la façon affectueuse envers laquelle il agissait a son égard.
Les mots se bloquèrent dans sa gorge ne sachant quoi répondre à ça.
— Tu sais je t'attendais et j'ai envie de rentrer avec toi. Pas toi ?
— Hein ? Je... Je vais t'accompagner.
— Merci, tu es merveilleux, s'exclama t'elle, toute joyeuse, en lui prenant le bras.
Il ne comprenait pas pourquoi elle débordait de joie aujourd'hui.
— T'as quoi ? Tu es beaucoup plus heureuse que d'habitude.
— C'est parce que tu es avec moi.
Il la rendait heureuse ?
Poursuoi elle lui disait ça ? Ça l'attirait de plus en plus.
Elle l'attirait de plus en plus.
En court de route, elle lui avait parlé du mariage de sa soeur et de la tristesse c'était peint sur son visage car elle ne pourra pas la voir lors de ce jour si heureux.
Par contre, Bickslow ne pouvait aller la voir tous les jours, essayant de mettre de la distance dans leur amitié ?
Mais les fois qu'il venait, il disait continuellement à Lisanna quelle devait se méfier de lui ce qu'elle ne comprenait pas vraiment alors elle lui posait des questions auxquelles il refusait de répondre.
Ça lui faisait mal, elle venait à peine de découvrir ses sentiments et c'est justement là qu'il essayait d'instaurer une certaine distance entre eux.
Pourquoi ?
Après trois jours il était enfin revenu. Elle avait été si triste mais quand elle l'avait vu, son coeur avait bondi de joie.
Un moment elle lui avait suggéré de s'assoir sur un banc dans le parc, elle voulait être tout prêt de lui. Juste un moment.
Mais le silence était maitre d'eux. Pourquoi c'était devenu si gênant entre eux ? Pourquoi n'arrivait elle plus à lui glisser une parole ?
Il avait instaurer une distance.
Bickslow fini par briser ce silence.
— Lisanna tu sais. Je suis pas quelqu'un de fréquentable, c'est mieux si on reste éloigné.
Son coeur rata un battement à cette phrase.
— Tu... Tu n'es pas serieux n'est-ce pas ? paniqua t'elle, le coeur en miette.
— Je suis sérieux, peina t'il à dire.
Lisanna lui prit affectueusement la main.
— J'aime être avec toi. Quand tu ne venais pas j'ai compris que je voulais toujours être avec toi.
— Suis pas la meilleur des personne pour ça.
— Pourtant je me sens en confiance avec toi.
— Tu ne devrais pas faire confiance à n'importe qui.
Lisanna lâcha sa main et posa le sienne sur sa poitrine qui se serrait douleuresement.
— Tu ne veux pas qu'on reste ne serais-ce ami ? souffla t'elle levant le visage de ses yeux toujours fermés vers lui.
Pourquoi disait-elle ne serai-ce ? Ils n'avaient été rien d'autre que des amies. Non ?
Mais voir son visage aussi triste, ses traits crispés l'attrista à son tour et son coeur se brisa.
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il avait ?
Elle était si proche de lui et ses lèvres...
Ses lèvres qu'elle pinçait légèrement l'attirait.
Il soupira de désir, c'était trop tentant.
Il prit son visage en coupe et se mit à caresser sa joue de son pouce.
Elle devenait de plus en plus rouge, il sentait son malaise mais toutefois elle ne le repoussait pas.
Il la saisit finalement à la taille pour l'approcher de lui.
Alors, il baissa son visage lentement et posa délicatement ses lèvres sur les siennes avant de se mettre à l'embrasser.
Elle ne répondit pas tout de suite,mais quand elle le fit, ses gestes étaient incertains et maladroits.
Ce n'était quand même pas ce qu'il croyait.
Bickslow se détacha d'elle pour la regarder longuement.
— On ne t'as jamais embrassé ?
— O-oui... Tu es le premier.
Elle parlait d'une petite voix, ses joues encore rouges et le coeur battant à tout rompre par ce baiser.
— Et pourquoi tu m'as laissé faire ?
— Je ne voulais pas te repousser.
— Tu aurais dû.
Il se leva pour s'en aller. Pourquoi l'avait-il embrassé alors qu'il voulait qu'il arrête de se voir.
Et puis n'était-il pas censé être que des amis ? Même si elle le plasait, il n'aurait pas dû dépasser les limites.
Lisanna retint son bras sentant qu'il était sur le point de s'en aller.
— Ne t'en vas pas.
— Laisse moi partir, je ne vais que profiter de toi.
— Pourquoi tu dis ça ? J'ai confiance en toi. Tu ne m'as jamais fait quelque chose qui puisse laisser croire que tu veux jouer avec moi.
— Je suis pas un gar bien, c'est pourquoi je suis seul, je finis toujours seul.
— Tu ne fais que dire cela mais quand je suis avec toi je me sens bien, tu es attentionnée et aimable avec moi. Je ne vois pas de mal en toi.
— Justement tu ne vois pas.
Elle hoqueta de surprise et lâcha son bras.
Lisanna baissa sa tête et il vit ses épaules trembler.
— Je suis aveugle je le sais bien, murmura t'elle.
Sa voix était comme brisée qu'elle peinait à sortir d'entre ses lèvres.
— Je ne voulais pas dire ça, s'excusa t'il.
Il releva son visage pour qu'elle le fit face mais ce qu'il vit lui brisa le cœur.
Elle pleurait.
Les larmes coulaient de ses paupières fermées.
Il se sentait mal, horrible. Il avait raison il était quelqu'un d'horrible.
Il ne savait pas quoi faire ni quoi dire.
— Je t'aime Bickslow.
Il écarquilla les yeux surpris. Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Il avait dû mal entendre, elle ne pouvait pas l'aimer, pas lui.
Très lentement elle soulevait ses paupières. Des yeux blanc et vides, limpides.
— Parfois j'aimerais vraiment te voir.
Il était déstabilisé. Elle avait ouvert les yeux, pourtant une fois elle avait dit qu'elle ne ferait que pour une personne qu'elle désespérait de voir.
Alors elle l'avait fait pour lui et pour personnes d'autres.
— Lisa...
— Personne n'aimera jamais une aveugle.
Elle se leva et partit sans qu'il n'eut le courage de l'arreter.
Il n'avait pas pu placer un mot tant il se sentait mal, surpris, choqué.
Mais il aurait dû parler, dire quelque chose.
Bickslow resta statufier un bon moment en fixant la place qu'elle occupait plus tôt mais il se retourna subitement.
Merde !
Est-ce qu'elle allait retrouver son chemin ?
Il se mit à courir pour la rattraper, prenant le chemin qui menait chez elle.
Mais il se stoppa en cours de route quand il la vit, entourer de ces deux bonnes filles.
*
Lisanna avançait sans trop savoir où elle se dirigeait, essayant du mieux qu'elle pouvait de contrôler ses larmes.
Finalement, elle s'adossa contre une bâtisse. Elle en savait même pas si elle avait prise le bon chemin pour rentrer.
Elle devait peut-être demander son chemin.
Entendant des voix tout près, sûrement deux personnes qui causaient, elle les interpella.
— Excusez moi, s'il vous plait.
— Lisanna ?
— Ah ! C'est vous.
Ikari et Lydia.
Elles refuseront sûrement de lui indiquer mais elle ne pouvait pas rester là.
— Je... Je sais qu'on ne s'entend plus très bien mais est-ce que vous pouvez m'aider à retrouver mon chemin ? Je me sens perdu.
Les deux filles se regardèrent longuement avant de lui répondre.
— Tu es sur la bonne voie.
— Ah... Merci.
Est-ce qu'elle lui mentaient ? De toute façon elle demandera à d'autre passant.
Lisanna voulut donc s'en aller mais ses anciennes amies la retenirent.
— Lisanna attend. On peut te raccompagner si tu veux.
— Pourquoi ? s'étonna t'elle.
— Tu n'as pas l'air bien et pas que ça nous intéresse mais si quelque chose t'arrive alors qu'on t'a croiser, on n'aimerais pas avoir la conscience lourde.
— Euh merci.
Bickslow les regarda s'en aller avec Lisanna mais il y avait pas eu d'avoir un problème entre eux.
De plus il avait déjà réglé le compte de ses filles, elles ne pourraient plus s'en prendre à Lisanna.
Je t'aime Bickslow.
Il ferma les poings et fit demi-tour. Il devait rester loin d'elle, il ne pouvait rien l'apporter de bien.
