Bonjour/bonsoir à toutes et à tous ! J'ai pris plus de temps que prévu pour corriger ce chapitre. Malheureusement, le chapitre quatre n'arrivera pas maintenant mais j'ai pleins de fanfictions et autres one-shot de côté ;) !
Juste, petit avertissement :description assez macabre au début du chapitre !
J'ai fini de parler, je vous souhaite une bonne lecture !
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« -Jotaro... Pourquoi ?... »
Le gamin était plus petit que lui. Il avait une peau blanche alarmante et des ongles noirs de crasse. Ses habits étaient en lambeau et il était couvert d'éraflures. Du sang suintait de ses blessures et formait une flaque à ses pieds. Il sentait le beurre rance et la pourriture. Mais le pire était ses yeux : ses globes oculaires avaient disparu et seules des larmes de sang coulaient et alimentaient la mare rouge.
Jotaro essaya de reculer, mais ses pieds étaient gelés. De la glace rampait le long de ses jambes, lui glaçant les muscles et le maintenant prisonnier. Il essaya de frapper la glace, toutefois, ce fut vain. Au contraire, la glace s'était accrochée à ses mains et le faisait atrocement souffrir. Elle avait formé des pics qui avaient transpercé sa peau. Il était prisonnier. Il n'avait plus aucun moyen de s'enfuir.
Le garçon s'était avancé vers lui avec une lenteur agonisante. Il n'était plus qu'à quelques centimètres de lui. Il pouvait sentir son souffle putride sur sa peau, ses ongles allaient lui arracher les yeux...
« -Jotaro ! Tu vas être en retard mon très cher petit frère ! »
Jotaro se réveilla brusquement, de la sueur coulant le long de son corps. Ce n'était qu'un cauchemar... Il se prit la tête dans les mains et grinça des dents. Ses cheveux étaient poisseux et le reste de son corps n'était pas mieux. Son t-shirt était collé contre son torse alors qu'il avait fait tomber sa couverture durant la nuit. Son odeur suintée par les pores de sa peau, saturant sa chambre d'une odeur salée. L'envie de prendre une cigarette le démanger, mais il avait promis à Jonathan de ne pas fumer dans la maison.
Heureusement, ce matin Joseph n'était pas entré dans sa chambre pour le réveiller. Peut-être n'avait-il pas apprécié la bassine d'eau froide qu'il s'était prise quand il lui avait joué son petit tour quatre fois d'affilée. Qui pouvait savoir ? Évidemment, Jonathan l'avait grondé, mais cela valait largement le coup. Rien que d'entendre Joseph claquer des dents pendant une bonne heure et éternuer durant le reste de la semaine avait illuminé sa journée.
Il sortit en trombe de sa chambre et partit immédiatement vers la salle de bain. Il supposait que Josuke occupait celle du rez-de-chaussée et Joseph ne le réveillerait pas avant d'avoir pris sa douche. Quant à Jonathan, la question ne se posait même pas : cet homme était une énigme, réussissant à se lever avec le soleil et à être souriant toute la journée.
Après une bonne douche rafraîchissante, il regarda l'heure sur son téléphone et sut qu'il allait tuer Joseph. Il était une heure plus tôt que l'heure à laquelle il se levait habituellement. Il enfila un t-shirt au hasard, sa veste d'étudiant trop petite et son chapeau fétiche. Il était prêt à avoir une conversation avec son frère.
Il flottait dans l'air une délicieuse odeur de crêpes et de cafés. Jotaro en attrapa une et se servit une tasse du liquide noir et amer. Les trois garçons étaient déjà à table, discutant de tout et de rien. Josuke avait fini de réaliser son ébouriffante coiffure et Jonathan avait déposé son tablier sur le comptoir. Joseph vivait sa vie tranquillement et cela agaçait Jotaro au plus au point.
« -Joseph, pourquoi tu m'as réveillé aussi tôt ? Grogna le noiraud en assassinant du regard son aîné.
-Eh bien, j'avais l'intention de m'acheter des magazines et quelques pâtisseries. En plus, Polnareff a dit qu'il était disponible ce...
-Quel rapport avec moi ? L'interrompit Jotaro. Cette chicane avec Joseph ne faisait qu'accentuer sa mauvaise humeur et il laissa involontairement échapper son odeur.
-Hey, Jotaro ! Je voudrais pouvoir avaler quelque chose ce matin. S'exclama Josuke, sa crêpe suspendue à quelques centimètres de sa bouche.
Jonathan le regarda d'un air compatissant et frotta sa main dans son dos. Même s'il ne l'avouerait jamais, il aimait les petites attentions de son frère ainé. Cela lui mettait du baume au cœur, mais pas au point d'oublier la petite tête brune.
-Je réitère ma question, le vieux. Qu'est-ce que tes bêtises ont avoir avec moi ?
-Jotaro, ne m'appelle pas comme ça ! Je n'ai qu'un an d'écart avec toi. Ce serait plutôt Jonathan le vieux. Se plaignit Joseph.
-Jonathan est beaucoup moins chiant que toi, le vieux. Ne change pas de sujet et explique-toi.
-Très bien... Qu'est-ce que tu peux être grognon le matin... Vois-tu, nos chers frères nous abandonnent en ce beau matin de rentrée. Jonathan va chercher Érina et Josuke va rendre visite au père d'Okuyasu avec lui. Il ne reste donc plus que nous, et en gentil grand frère que je suis, je te propose de venir nous accompagner, moi et Polnareff.
Jotaro fixa Joseph comme si un tentacule venait de lui pousser sur le visage. Il ne venait pas de sortir des conneries pareilles de si bon matin... Il devait avoir mal entendu.
-Je refuse. Débrouille-toi tout seul.
Il se leva, rangea sa tasse et sa cuillère et retourna dans sa chambre. Du moins, c'est ce qu'il avait l'intention de faire, mais Joesph mit son bras autour de cou.
-Allez Jotaro, on va s'amuser ! Et puis, tu devras aller à l'université quoi qu'il arrive donc autant y aller en bonne compagnie.
-Ne te considère pas comme une bonne compagnie. La dernière fois que j'ai fait le trajet avec toi, on a été arrêté pour vente illégale d'alcool.
-Ose me dire, Jotaro Joestar, que tu n'aimes pas la tequila !
-Là n'est pas la question. Je ne viens pas.
Joseph se plaça devant lui et ses yeux chocolat dans les siens.
-Si jamais tu acceptes de venir avec nous, je te paye un magazine sur les dauphins et un paquet de cigarettes. Ca te va ?
Un petit sourire fleurit sur les lèvres de Jotaro et mourut aussitôt. Il avait l'intention de les rejoindre, mais s'il pouvait avoir un petit supplément, il n'était pas contre.
-On part dans combien de minutes ?
-Dans dix minutes ! »
Joseph lui fit un énorme câlin, vite rejoins par le reste de la fratrie. Jotaro se sentit écrasé et eut peur de voir ses organes ainsi que son âme sortir de son corps. Toutefois, pour apporter un peu de bonheur à ces trois idiots, il pouvait bien faire quelques sacrifices.
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Polnareff les attendait près d'un petit konbini à côté de leur restaurant favori, ''Tratorria Trussardi''. Son propriétaire, Tonio Trussardi, était un grand ami de son jeune frère depuis qu'il l'avait aidé à faire connaître sa petite entreprise. Il avait même proposé un job de serveur à Josuke et à son meilleur ami, poste qu'ils avaient immédiatement accepté.
« -Jotaro ! Joesph !
Il leur fit un énorme salut, attirant inévitablement l'attention sur eux. Jotaro cacha son visage avec sa casquette pendant que Joseph se précipitait dans les bras du français. Il avait déménagé il y a quelques années avec sa jeune sœur Sherry, et après une bonne baston, ils étaient devenus naturellement amis. Bien qu'il soit trop bruyant et trop plein d'énergie, on ne voyait jamais Jotaro commencer une bagarre sans que Polnareff soit à ses côtés.
-J'espère qu'on ne t'as pas trop fait attendre ?
-Ne vous inquiétez pas, je viens à peine d'arriver. Tu as réussi à réveiller Jotaro à une heure décente. Chapeau bas l'ami.
Il tira son chapeau imaginaire en direction de Joseph pendant que Jotaro roulait des yeux. Qu'est-ce qu'il pouvait être dramatique.
-Abdul n'est pas avec toi ? Interrogea l'ainé.
-Ce rabat-joie est parti prier à l'aube. Et quand je lui ai demandé s'il préférait s'amuser avec ses amis ou passer du temps avec son dieu, il m'a répondu que la réponse était évidente. Quelle cruauté !
Des larmes de crocodile coulaient sur ses joues tandis que Joseph le consolait. Jotaro soupira et se retint de prendre une cigarette pour calmer ses nerfs. Tout le monde dans l'université pouvait assurer que Polnareff était le meilleur ami d'Abdul, même si ce dernier ne l'avouerait jamais.
-Est-ce que vous allez passer toute votre matinée à chouiner ou on peut y aller ? Grommela Jotaro, n'aimant pas attirer l'attention.
-Ne t'en fais pas Grincheux, si on s'est réveillé tôt, c'est bien pour raison. S'exclama Polnareff en entrant dans le petit magasin, vite suivit de Joseph.
-Yare yare daze... »
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Ils avaient pris bien plus de temps que prévu, car même si Jotaro avait facilement trouvé ce qu'il cherchait -une revue scientifique sur le monde marin et un paquet de cigarettes- les idiots qui l'accompagnaient avaient été bien lents.
« -Regardez ça ! C'est César !
Jotaro se rapprocha des garçons qui tenaient un magazine de mode où l'on pouvait observer le meilleur ami de Joseph, César Antonio Zeppeli. Certes, il n'était pas en première page, toutefois, c'était un début prometteur pour un débutant comme lui.
-Il m'avait parlé d'un petit boulot pendant les vacances, mais vu qu'il n'était pas sûr de l'avoir, il n'a pas voulu m'en dire plus. Il m'a caché cela... Quelle méchanceté !
-Et regarde la page d'après, ce ne serait pas Mademoiselle Lisa Lisa ?
-Oh my god !
Jotaro soupira, mais examina la photo d'une femme brune portant des lunettes de soleil. Elle était la vedette du nouveau film d'un grand producteur italien.
-Pourquoi toutes les personnes que je connais sont célèbres ? Et pourquoi il ne me présente jamais à un grand producteur de mode ! S'écria le français.
-As-tu enfin accepté le fait que ton style soit pourri ?
-Mais non, pas du tout Jotaro. Le style et les manières françaises sont inégalables. Je pense juste qu'avec ma taille et ma carrure parfaite, je ferais un modèle formidable.
-Yare yare daze... Je serai surpris si qui que ce soit te contacte pour porter leur marque. Ca voudrait dire qu'ils sont désespérés. »
Polnareff commença à crier comme un fou, et Joseph saisit cette occasion pour mettre le magazine discrètement dans son panier. Jotaro haussa un sourcil, mais ne commenta pas. Il était libre de faire ce qu'il voulait après tout.
Jotaro n'oublia pas de faire payer ses courses à Joseph, une promesse étant une promesse. Ils passèrent aussi dans une petite boulangerie où ils achetèrent diverses pâtisseries ainsi que trois thés. À son grand dégoût, la serveuse n'avait pas arrêté de lui faire les yeux doux tandis que sa collègue essayait d'obtenir le numéro de son frère. Polnareff divertissait des touristes en leur expliquant l'une de ses palpitantes aventures. Il n'avait pas à préciser qu'il avait attrapé les deux hommes par le bras et était sorti en vitesse du magasin.
Ils marchaient tranquillement, Joseph et Polnareff discutant du métier de top-modèle, Jotaro intervenant parfois pour les recadrer. C'est à ce moment-là que le drame se déroula. Il y avait un attroupement de filles devant eux et ils avaient décidé d'un commun accord d'emprunter la ruelle à leur droite. Alors qu'ils allaient reprendre leur chemin, une voix forte et criarde se fit entendre.
« -Si ce ne sont pas mes chers amis, Jotaro, Joseph et Polnareff ?
Une silhouette était sortie de la foule, et au grand désespoir de Jotaro, il le reconnaissait. Il sentit Polnareff se tendre à ses côtés et serrer les poings.
-Rubber Soul... Que nous vaux le déplaisir de te voir ? Demanda Joseph en lançant des poignards à l'autre homme. Le parfum hibiscus de son frère explosa autour de lui, et même s'il le comprenait, il plissa le nez. Rubber Soul répondit en laissant échapper sa fragrance de banane avec une pointe de moutarde. Il était vrai que défier deux alphas et un oméga seul pouvait angoisser, mais il l'avait cherché.
-On ne m'appelle plus comme cela. À présent, je suis Yellow Temperance, le plus jeune acteur ayant joué au Kabuki-za !
Les filles crièrent, leurs voix haut-perchées détruisant les tympans de Jotaro. Il détestait ce genre de personne. Elles ne voyaient même pas quel type de personne était vraiment Rubber Soul. Il se promit pour la millième fois de ne jamais sortir avec ce genre de cruche.
-Yellow... Temperance ? Répéta Joseph incrédule.
Rubber Soul hocha la tête, fier de lui. Jotaro observa Joseph et sut ce qui allait se passer quand il vit sa lèvre du bas frémir. Dire qu'il avait promis à Jonathan de ne pas créer de problème le premier jour de cours... Ces chances étaient parties en fumée. Comme prévu, Joseph éclata de rire, vite suivi par Polnareff. Des larmes coulaient sur leurs joues et ils durent se tenir à Jotaro pour ne pas s'effondrer.
La réaction de Rubber Soul ne se fit pas attendre. Il devint rouge de colère et son parfum moutarde prit totalement le dessus sur son précédent effluve. Jotaro avait appris à cause de nombreuses bagarres, que le rêve de Rubber Soul était une chose qu'il ne fallait piétiner. Il avait donc évité de faire de quelconques réflexions pour ne pas l'énerver plus que nécessaire. Malgré sa haine contre lui, il ne cherchait pas les ennuis s'il n'y en avaient pas. Hélas, c'étaient elles qui venaient à lui...
-Comment osez-vous vous moquer de moi ? Sales gaijins !
En un clin d'œil le poing de Joseph s'écrasa contre le nez de Rubber Soul avec un craquement morbide. Il s'étala de tout son long sur la petite avenue, faisant beugler les jeunes femmes.
-Répète ce que tu as dit.
C'était au tour de Polnareff de s'énervait et Jotaro sortit une cigarette.
-Toi, tu es pire que les autres, oméga.
La phrase de trop. Le français voulut fracasser le visage de l'homme contre le bitume, mais il esquiva habilement, se relevant avec une grâce qui ne seyait pas avec la situation. Pendant qu'ils étaient occupés, Jotaro regarda les dernières folles qui étaient restées.
-Cassez-vous.
Elles frissonnèrent, certaines devenant hystériques, mais obéirent et partirent sans demander leur reste. Jotaro entendit quelque chose tomber par terre et se retourna à temps pour éviter un coup de poing. Il n'avait pourtant rien fait... Toutefois, il n'était pas du genre à se laisser faire. Il riposta donc et atteint l'abdomen. À force de combat, il avait apprit à frapper sans se blesser et à viser les points stratégiques. Quand il vit Rubber Soul s'effondrer par terre, il sut qu'il n'avait pas perdu la main.
Il aida Polnareff à se reveler et ils aidèrent Joseph à porter l'alpha dans une petite ruelle à l'écart de la rue principale. Il semblait sonné, au pire évanoui et Jotaro déclina l'offre de Joseph.
-Non, nous ne le mettrons pas dans les poubelles.
-Mais, Jojo, tu as entendu ce qu'il a dit ! Ce mec mérite une punition pour toute la merde qu'il a dit ! S'emporta Polnareff.
-Je suis sûr que tu serais dans le même état que lui si on avait insulté tes cheveux.
L'oméga ouvrit puis ferma sa bouche comme un poisson, son odeur de rose devenant moins étouffante.
-Bande de...
Rubber Soul s'était réveillé de sa petite sieste et était de très mauvaise humeur. Ses phéromones le mettait mal à l'aise, comme si une envie de l'écraser fourmillé sous sa peau. Il maudit ses gènes alphas l'empêchant de garder son calme. Il sentait Joseph bouillonnait à côté de lui et Polnareff se tenait à une certaine distance de sécurité, son parfum l'affectant plus qu'eux.
-Vous allez voir quand Dio l'apprendra... Il ne vous laissera pas vous en sortir indemne.
-On en a rien à foutre de Dio. Cela fait des années qu'il en a après nous et nous sommes toujours vivants. Rétorqua Joseph en le frappant une nouvelle fois au visage. Il se tordit de douleur et cracha du sang. Jotaro préféra lui envoyer la fumée de sa cigarette, espérant en vain que cela couvrirait sa désagréable odeur.
Et c'est là qu'il la remarqua. Elle était faible, quasiment imperceptible. Cela ressemblait à une douce caresse ou à une légère brise d'été. Tout à coup, elle s'aigri, gardant malgré tout sa légèreté. Qu'est-ce qui a bien pu provoquer ce changement, se demanda Jotaro. Et a qui peut-elle bien appartenir ? Il se retourna nonchalamment et il sut. Il y avait un jeune homme aux cheveux roux avec une frange sur le côté droit. Il portait des boucles d'oreilles cerise et un uniforme vert. Ses yeux étaient d'une énigmatique teinte lavande. Il pouvait y lire la surprise et peut-être un peu de peur. C'était à lui qu'appartenait cette odeur de cerisiers en fleur.
Son mouvement avait attiré l'attention des autres garçons et de petites rougeurs apparurent sur le visage du nouveau venu. Avant qu'il n'ai pu prononcer la moindre syllabe, le roux prit la fuite. Jotaro était trop choqué pour effectuer le moindre mouvement. Il entendait en fond le cri de Joseph et les paroles de Polnareff. Toutefois, tout lui semblait loin, futile, comparé à ce jeune homme. Mais qu'est-ce qui n'allait pas avec lui ? Il était bouleversé par une simple odeur, d'un inconnu en plus de cela. Il n'était peut-être pas un oméga ? Juste un bêta avec un parfum pour oméga. Il avait entendu dire que c'était très à la mode en ce moment.
Néanmoins, il savait qu'il niait la cause de son trouble. La vérité était qu'il avait le sentiment de le connaître. Il était sûr d'avoir déjà rencontré ses yeux violets. Il n'arrivait pas à savoir où il l'avait connu. Pourtant, des cheveux roux flamboyant ne s'oubliaient pas facilement. Il espérait secrètement qu'il soit dans son université pour pouvoir lui parler. Si jamais ce n'était pas le cas, il devrait le chercher dans toute la ville et cela l'emmerdait déjà.
-Hey ! Jotaro, tu vas bien ?
Polnareff avait posé sa main sur son épaule et il hocha mécaniquement la tête. Il se releva difficilement et interrogea les garçons des yeux.
-Qu'est-ce qu'on va faire de lui ? Demanda Jotaro en faisant un mouvement de tête vers Rubber Soul.
Joseph réfléchit et une lumière apparut dans ses yeux. Jotaro savait qu'il n'allait pas aimer cela. Il l'attacha avec une corde -seuls ses aïeuls savaient pourquoi il en avait une- et le baillonna avec un tissu. Il bougea les poubelles pour que personnes ne le voit et il était à présent caché du reste du monde.
-Tadam !
-Je ne sais pas ce qui est pire... Que tu l'es attaché et baillonné ou que tu sois fier de toi...
-Et s'il reste la toute la journée ?
-Jotaro, arrête d'être rabat-joie. Et on passera quand on sortira des cours pour voir comment il se porte.
-En tout cas, ne comptez pas sur moi pour venir avec vous. Cette histoire ne me concerne plus.
C'est sur ces dernières paroles qu'ils quittèrent cette ruelle pourrie et se dirigèrent vers l'université, des yeux violets restant gravés dans la mémoire de Jotaro.
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Si seulement tout était plus simple. Jotaro alluma une énième cigarette, observant la scène de ménage qui se déroulait devant lui. Ils avaient eu du mal à passer le portail de l'université, étant assailli de femmes et d'hommes plus bêtes les uns que les autres. De plus, malgré son comportement à leur égard, ils ne cessaient de redoubler d'efforts l'agaçant encore plus. C'était peut-être à cause de Joseph, qui prenait le temps de leur répondre et sortait souvent avec eux. Il pouvait entendre Polnareff chouiner, enviant leur popularité.
Quand ils purent enfin passer le portail, ils eurent la désagréable surprise de voir Lisa Lisa. Elle était l'une des professeurs de sport de l'université et était connue pour être intransigeante sur le comportement de ses élèves. Joseph l'avait eu durant ses deux dernières années, et il semblait bien parti pour l'avoir une troisième année.
-Lisa Lisa ! Comment vas-tu en ce beau jour de rentrée ? S'exclama Joseph. Il essaya de lui faire un câlin, mais échoua lamentablement, se prenant un coup d'écharpe à la place.
-Je vous veux tout les trois dans mon bureau.
Elle repartit, gardant sa démarche élégante, le rubis à son cou reflétant parfaitement la lumière du soleil. L'idée de ne pas suivre la femme germa dans l'esprit de Jotaro, mais mourut en pensant aux conséquences. Elle était connu pour ses punitions où les élèves frôlaient la mort, Joseph et César étant les principales bénéficiaires. Et il voulait être en forme pour ses cours de biologie, même s'il dormait durant le reste des matières au grand dam de ses professeurs.
-Vous êtes une bande de crétins !
Elle avait les mains posé sur les hanches et avait enlevé ses lunettes de soleil, ses yeux bleux lançant des éclairs.
-Qu'est-ce que je vous ai dit sur les bagarres ? Le premier jour en plus !
-Mais Lisa Lisa... Commença Joseph en se dandinant sur la petite chaise.
-Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme cela ! C'est Madame pour toi ! Répliqua-t-elle.
-Mademoiselle Lisa Lisa laissez-moi vous expliquer...
-Tais-toi ! J'en ai marre de toujours vous justifier à cause de vos bagarres ! Un coup c'est vous, l'autre c'est celui avec ses cheveux. Et tu serais gentil de ne pas mettre des cendres partout. Tu peux prendre le cendrier qui est sur mon bureau.
-Mais... Lisa Lisa... Pourquoi tu lui dis rien à lui ?
-Parce que contrairement à toi il n'a pas la fâcheuse manie de se fourrer dans des situations improbables. Et il n'est pas aussi familier avec moi.
-Et moi Mademoiselle Lisa Lisa...
-Toi aussi, avec ta susceptibilité française. Il faut que tu apprennes à ne plus faire attention aux critiques sur tes cheveux ! Que vous êtes agaçant.
-Mais, comment tu sais qu'il s'est passé quelque chose ? Interrogea Joseph.
Elle plissa les yeux, n'appréciant clairement pas le tutoiement.
-Un groupe de jeune femme est venu me voir pour m'informer que vous et Monsieur Rubber Soul avaient commencé une bagarre près de l'université. D'ailleurs, je ne l'ai pas vu avec vous. Vous ne l'avez pas tué quand même ?
-Non ne t'en fais pas, nous ne sommes pas des meurtriers, tu sais. Assura Joseph.
-Alors où est-il ?
Joseph plissa les lèvres, ses yeux se tournant successivement vers Jotaro et Polnareff.
-Tu as l'inttention de me répondre, Joseph Joestar ?
Elle leva le doigt vers les garçons, s'impatientant grandement. La porte s'ouvrit brusquement, dévoilant le professeur Stroheim et le jeune roux qu'ils avaient croisé plus tôt. Il semblait nerveux et avait été poussé de force dans le bureau. Jotaro pût entendre Joseph soupirer à côté de lui et il espérait pour lui qu'elle n'apprendrait jamais ce méfait.
-Lisa Lisa, s'écria joyeusement Stroheim.
-Stroheim, qui nous ramenez-vous ?
-Un élève perdu, il semblerait.
Le roux était totalement désemparé et pâlit quand il les remarqua. Tout les trois le fixaient et Jotaro se sentit désolé pour lui. Il y avait de petites rougeurs qui coloré ses joues, allant de paire avec ses boucles d'oreilles. Il détourna les yeux, évitant tout contact visuel avec eux. Hélas pour lui, son mouvement attira l'attention des professeurs qui se tournèrent vers eux.
-Vous vous connaissez ? Interrogea Lisa Lisa en haussant les sourcils.
-Non, absolument pas ! Cria le jeune homme.
-Oui !
-Oh my god !
-Yare yare daze...
Stroheim papillonna des yeux. Et pour cause, ils avaient tous répondu en même temps. Des réponses hétérogènes qui plus est. Le roux plissa les yeux et fronça les sourcils en les regardant. Comme à son habitude, Polnareff souriait bêtement et Joseph avait les mains sur ses joues. Jotaro rabatit sa casquette sur ses yeux, lassé du comportement de son ami et de son frère.
-Et bien... Enfin, ce n'est pas notre problème éluda Lisa Lisa. Jotaro, Polnareff, Kakyoin, je vais vous conduire à vos cours respectifs. Stroheim, tu pourrais emmener Joseph en cours ?
-Bien sûr !
-Mais Lisa Lisa... Nous ne sommes plus des enfants. On peut y aller tout seul.
Elle fronça les sourcils et s'approcha de Joseph avant de lui asséner une claque sur la nuque.
-Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme cela. Tu es déprimant Jojo.
Il lui sourit ce qui ne fit qu'amplifier son froncement de sourcils. Jotaro ne saurait dire si Lisa Lisa appréciait ou non les fourberies de Joseph. Étant donné qu'elle ne l'avait toujours pas fait renvoyer, cela ne devait pas la déranger.
-Les garçons, allons-y.
Elle ouvrit la porte, invitant les occupants à sortir de la pièce. Joseph faisait la moue, Stroheim le surveillant et restant derrière lui. Il l'a bien mérité, pensa Jotaro en cachant son sourire narquois derrière sa casquette.
-Les gars ! On mange au restaurant de ramen ce midi. Vous venez ?
-Avec plaisir ! Répondit Polnareff tandis que Jotaro marmonnait un semblant d'affirmation. Il pensait déjeuner tranquillement sous son cerisier, mais il savait que Jonathan serait désappointé s'il ne venait pas. Le français commença à engager la conversation avec le jeune inconnu, même s'il était clairement réticent. Il écouta discrètement la discussion et fut assez déçu quand Lisa Lisa coupa le français. Toutefois, il haussa les sourcils quand elle lui proposa son aide. Quelque chose clochait. Elle n'était pas le genre de femme à aider autrui, et encore moins les petits nouveaux. Son camarade devait penser la même chose, car ils firent à peine quelques pas avant que Polnareff ne demande :
-Mademoiselle Lisa Lisa, il y a une raison pour laquelle vous lui avez proposé votre aide ?
Elle s'arrêta quelques secondes avant de baisser ses lunettes de soleil et de laisser aller son odeur d'agrume.
-J'ai mes raisons.
Et elle partit sans donner plus d'explications. Polnareff se tourna vers Jotaro, l'interrogeant du regard. Jotaro prit une bouffée de sa cigarette, les questions se bousculant dans sa tête.
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Comme prévu, toute la famille Joestar et leurs amis s'étaient retrouvés dans le restaurant de ramen près de l'université, le seul avec celui de Tonio pouvant accueillir toute cette ménagerie. Ils avaient aligné quatre tables et occupaient tout l'espace du restaurant. La première table était occupée par César et Joseph qui se disputait à propos du travail de mannequin du blond. En face d'eux, Smokey et Speedwagon échangeaient des banalités, réussissant à faire abstraction des cris des jeunes hommes. La table suivante était composée d'Anne, de Suzie Q et de Sherry qui conseillait Mark. Ce dernier voulait offrir un bijou à sa fiancée et avait demandé l'aide des jeunes femmes. Koichi, Érina et Abdul parlaient du programme de lettres et langues de master 1, Érina gardant une place pour Jonathan. Au grand désarroi de Jotaro, il s'était retrouvé avec Josuke, Okyuasu et Polnareff qui discutaient du nouveau gel que ce dernier avait trouvé. Dire qu'il ne s'était mis là que pour fumer en paix. Il ne manquait que Jonathan ce qui était assez étonnant venant d'une personne prônant la galanterie anglaise. Il devrait le questionner sur cela ce soir.
-Hey, Jotaro.
La voix de Polnareff le sortit de sa rêverie et il détacha son regard du beau ciel bleu.
-Oui ?
-Tu pense que Rubber Soul est sorti de derrière les poubelles ?
-Comment je suis censé le savoir ? Grogna Jotaro.
-Vous vous êtes battus vous aussi ? Intervint Josuke.
-Ouais, un mec nous a insulté et on a riposté. Un truc normal.
-Pareil. Un gars a critiqué mes cheveux et j'ai pas pu me retenir.
-Alors, tu oublies de préciser Polnareff que vous vous étiez moqués de lui en premier lieu. Et Josuke, tu sais que Jonathan ne va pas être content quand il l'apprendra ?
Josuke fit la moue, mais son visage reprit contenance, ses traits se durcissant.
-Il n'avait pas qu'à se moquer de mes cheveux. Conclut Josuke.
Okuyasu hocha la tête derrière lui, donnant un petit air comique à la scène. Pile à ce moment là, Jonathan entra dans le restaurant, son éternel sourire ne quittant pas ses lèvres.
-Désolé du retard tout le monde. Il y a eu un petit contretemps qui m'a ralentit.
Il salua tout le monde et partit s'asseoir à côté d'Érina. Josuke avala difficilement, priant pour qu'aucun des deux n'aient entendu leur conversation. Jotaro était de cet avis : il préférait se faire disputer par son ainé chez lui plutôt que devant ses amis. Et puis, Joseph était celui qui avait commencé cette bagarre, pas question qu'il s'en sorte aussi facilement. L'espace d'un instant, il se dit qu'ils menaient vraiment la vie dure à son frère.
Très vite, il repensa au roux de la veille. Il avait beau chercher dans sa mémoire, il ne savait toujours pas où il l'avait vu . De plus, ce dernier ne semblait pas le connaître non plus. Il avait juste été surpris de voir des mecs tabassaient un gars dans une ruelle. Plus il y réfléchissait, plus l'approchait semblé compliqué. Il devait trouver un moyen d'engager la conversation de manière normale, sans le frapper ou l'effrayer. Il n'avait pas beaucoup d'expérience dans le domaine, les seules personnes avec qui ils discutaient l'avait aborder en premier. Ce n'était pas qu'il était timide il aimait juste la paix qu'accompagnait la solitude. Peut-être devrait-il demander de l'aide à l'un de ses frères ? Non, il avait sa fierté d'alpha. Il devrait donc se débrouiller seul. Mais comment allait-il y arriver ?...
-Jotaro, tu as déjà choisi ? Interrogea Polnareff.
Le serveur était arrivé devant eux depuis quelques minutes et attendait nerveusement leur commande.
-Oui, je vais prendre un yuzu fish tonkostu tsukemen.
Le serveur nota rapidement sa commande, puis s'enfuit vers les cuisines.
-Tout va bien Jotaro ? Ce n'est pas dans tes habitudes de révasser.
-Je vais bien, Josuke.
Son jeune frère haussa les épaules, continuant sa conversation avec son meilleur ami. Jotaro rabattit sa casquette sur ses yeux et soupira. Il était distrait, ce qui ne lui arrivait jamais. Tout cela à cause de ce Kakyoin...
-Jotaro, tu pense quoi du gars qu'on a rencontré ce matin ?
Sans qu'il s'en rende compte, Joseph était venu s'asseoir à côté de lui, laissant César avec Speedwagon et Smokey.
-Rien. Il ne m'intéresse pas.
-Vraiment ? Moi qui pensait qu'il t'avait tapé dans l'œil, même si ce n'est pas un oméga.
-Qu'est-ce que tu entends par là ?
-Et bien, tu sais, depuis qu'on l'a croisé tu es dans ta bulle. Tu n'as même pas fumé une cigarette depuis qu'on est arrivé ! Alors je me suis dit que c'était certainement de sa faute.
Jotaro fronça les sourcils. Il maudissait Joseph et sa nature observatrice.
-Cela n'a aucun rapport.
-C'est ton cauchemar de ce matin qui te hante ? Chuchota Joseph.
Tout à coup, il eut une explosion de phéromones et Jotaro se retint de sauter sur son frère. Évidemment, Jonathan accoura à côté d'eux, le visage inquiet.
-Vous allez bien tout les deux ?
-Oui oui, ne t'en fais pas. C'est juste Jotaro qui n'a pas apprécié ma blague, pas de quoi s'affoler.
Jotaro ne prononça pas un son, ses yeux fusillant Joseph.
-Les garçons, ne vous battez pas. Et n'oubliez pas qu'il y a des omégas dans la salle.
-Ok Jonathan !
Jotaro grogna tandis que son grand frère repartit s'asseoir à côté d'Érina.
-Pourquoi tu as réagit comme cela ? Murmura Joseph. Si j'ai baissé la voix c'est bien pour une raison.
-C'est simple, comme d'habitude tu te mêle de mes affaires.
-Hey ! Ce n'est pas de ma faute si je t'ai malencontreusement entendu crier ce matin ou bien que j'ai remarqué que tu t'étais figé devant le garçon de ce matin.
-Bien sûr que non, tout cela n'est du qu'au hasard.
-Je savais que tu me comprendrais !
Jotaro était fatigué des bêtises de Joseph, et surtout de son côté fouine. Comment César réussissait à le suporter ?
-Plus sérieusement, j'avais vu jsute n'est-ce pas ?
Jotaro ne répondit pas, ne voulant pas donner raison à son frère et flatter son égo.
-Tu pense que tout cela est lié ? Ton rêve et ta rencontre, précisa-t-il.
-Ne me dis pas que tu fais parti de ces romantiques qui croient encore aux âmes sœurs ?
Joseph haussa les épaules, une petite lumière illuminant ses yeux.
-Il était dans ton cauchemar ?
Jotaro fronça les sourcils et réfléchit. La personne avait peu de trait physique notable. Il n'avait pu voir la couleur de ses yeux -il n'en avait plus- et il ne souvenait plus s'il avait ou non des cheveux. De plus, il était sur que Kakyoin ne sentait pas le cadavre. Il sentait les cerisiers en fleur, pas le beurre rance.
-Je ne crois pas...
-Et bien, les rêves de ce genre sont assez subjectifs, surtout quand ils concernent les bêtas. D'ailleurs, je ne m'attendait pas à ce que tu sois intéressé par un bêta. Je te voyais plus avec un oméga.
Jotaro fronça les sourcils. Kakyoin était un bêta ? Pourtant il était sûr d'avoir senti quelque chose. Et on ne pouvait tromper l'odorat d'un alpha.
-Certes, tu n'aimes pas les omégas collants mais tout de même. Peut-être qu'ils t'ont traumatisé, enchaîna Joseph sans se rendre compte du conflit intérieur de Jotaro.
-Alors j'avais raison ! Le nouveau t'as tapé dans l'œil ! S'exclama Polnareff en s'incrustant dans la conversation.
-Yare yare daze... Foutez moi la paix tout les deux.
-Pas question ! Cela fait des années, des siècles que tu n'as pas posé les yeux sur quelqu'un ! Il faut absolument que cela se concrétise, c'est peut-être notre seule chance de sauver ta désendance !
Jotaro roula des yeux tandis que Polnareff et Joseph se faisaient leur petit film dans leur coin.
-Plus sérieusement. Tu t'étais déjà senti attiré par un bêta ? Chuchota Joseph.
-Qui a dit que j'étais attiré par lui ? Et puis, comment peux tu être sur qu'il soit un bêta ?
-Son odeur. Il n'en avait aucune. Et même si je n'ai pas un nez aussi fin qu'Érina, j'aurais senti s'il était un alpha.
Jotaro savait que son frère avait raison, même s'il avait volontairement oublié sa première question. Les alphas avaient un parfum plus puissant que celui des omégas et étaient facilement identifiable par leurs congénères.
-Toutefois, tu ne peux pas dire qu'il n'est pas un oméga ?
-Non, mais s'il en est un, il doit avoir un sacré self-control pour résister aux parfums de trois alphas.
-Et puis, je l'aurais remarqué s'il possédait une odeur, ajouta Polnareff.
Ils commencèrent à faire douter Jotaro qui tira sa casquette pour cacher son expression. Avait-il imaginé cette odeur de cerisier ? Est-ce possible d'imaginer une odeur ? Il devrait faire des recherches plus tard, quand il ne sera pas entouré des deux idiots qui l'observaient avec émerveillement.
-Messieurs, vos plats sont arrivés.
Ils se retournèrent comme un seul homme vers le serveur, Jotaro remerciant intérieurement un quelconque dieu pour avoir interrompu cette conversation. Joseph se tourna vers lui, plissa les yeux et commença à manger. Jotaro se savait sauver, pour l'instant.
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Il avait toujours détesté les cours. Les seuls qui l'intéressaient vraiment étaient les sciences. Il trouvait l'Eps inutile et n'accordait aucune importance aux langues, excepté l'anglais. Ce n'était donc pas rare de le voir sécher, essyant de ne pas se faire attraper par Lisa Lisa, ou pire, par Jonathan. Il avait commencé à se cacher sur les toits, mais il avait été rapidement repéré. Il pouvait aller en ville mais il n'y avait aucun endroit assez calme pour lui. Partout où il allait, il y avait au moins une fangirl qui l'accostait et il était obligé de partir.
Heureusement pour lui, il avait trouvé un petit coin tranquille à l'ombre d'un cerisier assez loin du campus. Évidemment, ses groupies avaient tenté de le rejoindre mais il les avait repoussé avec ses hormones. C'est donc tout naturellement qu'il se dirigea vers son havre de paix. Et il apreçut au loin une personne qui s'était assise sous le cerisier. Il fronça les sourcils et était prêt à signaler sa présence quand il remarqua les longs cheveux roux de l'inconnu.
Instinctivement, il se cacha derrière un autre arbre, espérant ne pas avoir été remarqué. Pourquoi je fais cela, pensa Jotaro. Il soupira et se laissa tomber le long du tronc. C'était peut-être son imagination ? Il devenait fou et dans quelques semaines il serait incontrôlable. Il se ressaisit et observa le jeune homme. Il était penché au-dessus de son sandwich, perdu dans ses pensées. Son étrange méche se balançait de gauche à droite, suivant le rythme de l'alizée.
Soudainement, il se releva et rangea ses affaires, surprenant Jotaro qui reprit sa place derrière l'arbre. A son grand soulagement, il partit dans une direction opposée à la sienne et il pût reprendre sa place habituelle sous le cerisier. Il renifla l'air et il sentit l'odeur habituel de cerisier. Pourtant, il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose n'allait pas. L'odeur était plus intense que d'habitude et elle provoquait des frissons sur sa peau. Ce n'était pas normal, pas normal du tout.
Il alluma une cigarette et commença à relire ses cours de biologie. Certes il n'était pas connu pour sa rigueur ou pour son assiduité, mais il faisait une énorme execption pour ses cours de sciences. Il voulait à terme obtenir son doctorat et devenir biologiste marin, et rien ne pourrait l'en empêcher.
Sans le remarquer, il commença à piquer du nez et quelques minutes plus tard, il s'endormit sur ses fiches de révisions. Il rêvait qu'un gamin aux cheveux roux qui était resté coincé dans un cerisier. Il ressemblait comme deux gouttes à Kakyoin, sa frange et ses yeux lavandes étant facilement reconnaisable. Il allait commencer à monter quand le garçon tomba de l'arbre. Il accouru à ses côtés et il entendit à nouveau cette voix :
-Pourquoi ?...
Tout à coup, le décor changea. Le cerisier sécha et prit l'apparence d'un arbre mort. Les oiseaux devinrent d'énormes corbeaux aux yeux rouges et aux dents aiguisées. Le garçon redevint celui qu'il était dans son cauchemar de la matinée, ces yeux restant obstinément vide.
-Pourquoi Jotaro... Es-tu parti ?
Il allait lui répondre quand il sentit quelqu'un le secouer. Il ouvrit péniblement les yeux et il reconnut à l'odeur la personne qui l'avait réveillé.
-Qu'est-ce que tu fais là, Josuke ?
-Ce serait pas plutôt à moi de te demander ça ? Ok ok calme toi. Je passais juste dans le coin quand je t'ai vu. Etant donné que tu semblais faire un cauchemar et que la cloche avait sonné, j'ai pensé qu'il fallait te réveiller.
Les yeux de Jotaro s'écarquillèrent et il fila vers l'amphithéatre, remerciant Josuke au passage. Ce dernier haussa les épaules et continua sa route.
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-Vous êtes surs que vous n'avez rien à me dire tout les trois ?
Les trois cadets se figèrent comme un seul homme et se tournèrent lentement vers leur ainé. Joseph ne fit pas de quartier et se mit immédiatement à fuir, stopper dans son élan par la poigne de Jonathan.
-N'essaye même pas de t'enfuir Joseph. Cela vaut pour vous aussi.
L'anglais les invita à table et aucuns d'entre eux n'en menaient très large.
-J'aimerais une explication.
-De quoi parle tu ? Demanda innocement Joseph.
-Ne joue pas à cela avec moi. Lisa Lisa et Stroheim m'ont tout raconté.
Jotaro soupira intérieurement. Il détestait les sermons de Jonathan les trouvant trop long et trop agaçant.
-Qu'est-ce que je vous ai répété sur les combats ? Le premier jour en plus de cela ! Et si vous vous blessiez ? Ou que ces personnes portent plainte ? Vous vous rendez compte à quelle point je me suis inquiété ?
Cela se voyait qu'il était sur le point de pleurer et il leur donna une tappe sur le front. Il fronça les sourcils et ne leur dit son habituel ''bonne nuit'' et partit directement dans sa chambre.
Josuke faisait la moue, étant le plus touché par le comportement de son grand frère. Joseph haussa les épaules, mais Jotaro savait qu'il s'en voulait. Jotaro soupira et quitta la salle à manger et son ambiance cafardeuse.
Il trouva refuge dans sa chambre et jeta son sac dans un coin de la pièce. Il s'étala de tout son long sur son lit et se mit à réfléchir. Même s'il ne l'avait pas montré à Joseph, son rêve l'avait grandement perturbé. Il ne savait pas où, mais il connaissait cet inconnu. Il avait le sentiment d'avoir oublié une chose importante, comme un segment de sa vie. Et puis, le mystérieux jeune homme, ce Kakyoin. Sa rencontre avec lui ne devait pas être le fruit du hasard, même s'il n'irait pas jusqu'à parler d'âmes sœurs. Il n'était pas aussi romantique que son frère.
Il commença à bailler et changea rapidement de vêtements avant de repartir dans son lit. Il se devait de dormir. Pourtant, une pensée le tiraillait. Il ne voulait pas revoir cet enfant, il ne voulait pas de ses interrogations dans sa vie. Son quotidien était déjà bien trop complexe pour lui. Malgré tout, il savait au fond de lui que de nombreuses choses changeraient cette année. Qu'il le veuille, ou non.
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Konbini : épicerie japonaise ouverte 24h/24 et 7j/7.
Gaijins : termes très péjoratif qualifiant les japonais d'origine étrangère
Yuzu fish tonkostu tsukemen : ramen avec du poisson et du bœuf, et du yuzu
J'espère que ce troisième chapitre vous aura plus. Le chapitre quatre viendra compléter ce qui correspond à mon prologue. Normalement, je devrais poster une nouvelle fanfiction en septembre :)
D'ici là, je vous dis à bientôt et prenez soin de vous !
