Remarque : merci de lire cet avertissement avant la lecture de ce chapitre. Une scène pouvant heurter la sensibilité de personnes sensibles avec des sujets liés à la violence ou à une agression (par exemple) apparaîtra dans ce chapitre. Contenu à caractère sexuel (NSFW à l'écrit ?), ou description plus ou moins détaillée de violence. Un Avertissement supplémentaire sera présent avant le début de cette scène (vous pouvez simplement ne pas lire et passer directement à la fin de l'avertissement). Il y aura également un bref résumé à la fin de l'avertissement pour que vous ne soyez pas perdus dans l'histoire. Le résumé contiendra le moins de précisions possibles, cela pour éviter de choquer, j'ai essayé de choisir mes mots soigneusement... Mais je suis maladroite : gardez toujours à l'esprit que cette fanfiction est dans la catégorie "Mature". Il y aura forcément des moments dans lesquels de la violence modérée/ou des contenus adultes seront présents et je ne vais pas laisser un avertissement à chaque fois, je ne vais pas le faire que si la scène est - de mon point de vue, choquante ou beaucoup trop explicite. Si vous êtes une personne mineure, ou sensible, faites attention à vous, si vous avez la sensation que cette histoire devient trop violente ou gênante lors de votre lecture même lorsqu'il n'y a pas d'avertissement général, je vous prie et vous encourage fortement à ne pas poursuivre la lecture. Faites attention à votre sensibilité, s'il vous plaît ! Cette fanfiction deviendra plus sombre dans les prochains chapitres, elle n'a pas été conçue pour rendre le lecteur joyeux à chaque instant.


- Al !

Quand il arrive à ses côtés, tout d'abord, il n'y avait rien, pas une seule preuve d'un mouvement dans l'eau de la part de la brune ni du petit garçon. Soudain, des dizaines de bulles, suivis par une agitation de l'eau se montrèrent à la surface.

Edward hurla le nom de son frère une fois de plus, puis avança vers la rivière, l'idée en tête de plonger. Scar était de justesse assez près et vif pour retenir le blond en voyant le mouvement dans l'eau. Il fit bien, voiture quelques secondes après...

Un déferlement d'eau vint éclabousser les deux rives autour de la rivière : Lust en autre soudainement, d'un bond - tenant de ses deux mains la grosse armure grise.

Malheureusement, elle semblait avoir mal calculé son saut - sans doute à cause du poids d'Alphonse, puisqu'avant de toucher le sol, elle s'écrasait au sol, Al également. Par la vitesse de son atterrissage, Lust avait relâché l'armure avant qu'elle ne touche le sol, mais elle roulait sur ses hanches propres sur plusieurs mètres.

"Al !" Hurla de nouveau Edward en courant à lui.

Scar approchant aussi, imitant le jeune alchimiste en posant un genou au sol.

"Alphonse, dis-moi que ça va, je t'en prie... Dis-moi que la marque de sang est toujours là..."

L'inquiétude était chez Scar aussi, mais rapidement, la voix d'Alphonse a répondu :

"Ça va, Ed ! Je vais bien ! Ma marque est toujours là, j'en suis sûr !"

Sur ses mots, le cadet se releva (Ed et Scar firent de même.) puis il ouvrit la porte en métal sur son thorax. La lueur rouge très imposante en émanant était aveuglante.

Et en effet, la marque rouge - faite de sang était toujours présente sur la paroi lisse du métal. Alphonse referma ensuite son armure, avant de s'exprimer joyeusement :

"La Pierre Philosophale me donne une énergie d'enfer ! Grâce à elle, j'ai l'impression de pouvoir tout faire. En dirait même qu'elle empêche l'eau de dissoudre le sceau de sang que tu m'as tracé."

"Bon sang... Bon sang... Tu m'as tellement fait peur ! Fais attention espèce d'idiot !" S'écrit le blond, plein d'émotion.

"Désolé, grand frère... Je n'ai pas fait exprès."

Edward se calma, il posa ensuite son front contre le torse de l'armure. Soulagé, mais aussi encore un peu bouleversé.

Scar regardait la scène sans un mot. C'était touchant. Ces deux jeunes frères tenaient tellement l'un à l'autre, prêts à tout pour se protéger, rester ensemble, et pour se rendre réciproquement ce qu'ils avaient perdu. Si seulement il avait pu rendre à son frère ce qu'il lui avait donné, lui dire qu'il tenait à lui, s'excuser pour être tombé amoureux de celle qu'il aimait...

"Promis, je ne vais plus être aussi imprudent, c'est juré. Je ne peux peut-être pas me noyer, mais je ne pouvais plus remonter, j'avais l'air d'être trop lourds... Comme-ci l'eau me retenait. Je crois que je ne peux pas nager avec ce corps... C'est Lust qui m'a aidé, elle est venue au fond me chercher, malgré mon poids."

Lust... En voyant et écoutant les deux frères : Scar avait oublié cette autre présence plus discrète.

La recherchant du regard, Il la trouva derrière eux - à quelques pas. Elle était toujours au sol, à genoux. Son dos lui faisait face et il pouvait l'entendre tousser de l'eau, pour cracher l'eau de ses poumons.

Étrange, un Homunculus n'était-il pas censé ne pas avoir besoin de respirer d'habitude ? - Se dit-il.

Elle semblait tout juste être sortie in extremis d'une noyade. Voir cette jeune femme - en apparence, força presque le corps de Scar à se déplacer près d'elle instinctivement. Il fit quelques pas pour la rejoindre, puis s'arrêta à ses côtés.

Lust baissa la tête, comme pour cacher ses toux. Son corps tout entier était trempé - tout comme ses cheveux.

"Un bain de minuit... C'est excellent pour la santé à ce que l'on dit..." Dit-elle avant une autre canne de toux.

Scar allait lui répondre, mais fut obligé de s'interrompre en voyant soudainement dans les lueurs de la lune : un ligament rouge - mélangé à l'eau sur la peau de Lust, qui coulait sur son menton. Du sang ?

Il n'avait besoin que d'une seule fraction de seconde pour se mettre à maudire la vue. Scar détestait ce que qu'il voyait, il détestait se souvenir que la jeune femme dont il était amoureux autrefois, avait à un moment, elle aussi craché du sang. "Elle" se cachait ainsi en se détournant, pour ne pas que son frère et Scar lui-même ne puissent voir le sang dégoulinant des commissures de sa bouche.

Non, il ne pouvait pas supporter ça. Cette vision était trop désagréable - et tellement juste comme punition pour ses crimes...

Se laissant submerger par les émotions et sa mélancolie, Scar tomba à genoux près d'elle. Sa main vint ensuite attraper le visage de Lust - pour la forcer à lui faire face, et pour mieux la regarder. Le geste de l'homme imprévisible fut une surprise, il pouvait lire l'étonnement dans les grands yeux de chat de la brune alors que sa paume restait contre sa joue froide et mouillée.

Pendant un moment, son regard ne quitta pas les beaux yeux inhumains couleur lavande de Lust, puis tomba à ses lèvres mauves - qui semblaient aussi noires que ses cheveux dans cette nuit d'été. Des lèvres trop sombres, mais ces lèvres semblaient plus belles encore à chaque fois qu'il pouvait inspecter cette bouche parfaite.

Ces lèvres étaient belles, mais ce qui ressemblait à du sang, tombant du coin de sa bouche, ne l'était pas. Sans s'en rendre compte, car Scar utilisa son pouce pour caresser la commissure gauche de ses lèvres. Doucement. Il n'avait qu'une idée en tête. Il oublia tout le reste. Malgré le sourire fin qui se dessina contre son doigt.

La paume froide de Lust vint soudainement se poser sur la sienne, sans le repousser. Le coeur de Scar commença à battre sous le geste, sa respiration changea légèrement son rythme.

"Ce n'est pas du sang." Dit-elle doucement, presque comme si elle savait que la vue de ce rouge était la cause de son dérangement... Bien que ce soit impossible qu'elle en sache la raison exacte.

"Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-il arrivé ?" Demanda-t-il un peu hypnotisé, ses yeux occupés par les mouvements de son pouce.

Lust ne lui offrit aucune réponse : elle semblait tout simplement éviter de le faire. Elle voulait lui répondre qu'il ne s'agissait que d'un lot important d'âmes, écoulé et gaspillé, au lieu de cela, elle se pencha légèrement pour presser son visage contre la paume de Scar - en fermant les yeux avec un sourire. Le sourire aurait pu être moqueur, pour lui répondre sournoisement comme une partie d'elle en avait envie, mais une partie encore plus grande ne fit pas de ce sourire quelque chose de sournois ou de moqueur. Elle sourit simplement. Appréciant découvrir de nouvelles sensations contre sa peau. Surtout lorsque ses sensations provenaient d'un homme d'une autre vie. Elle aspirait depuis trop longtemps à avoir ce que cette femme avait, avoir un aperçu de la douceur de Scar en était donc un curieux et modeste essai, mais non moins agréable. Il était toujours aussi chaud - moins brûlant, car moins fiévreux, mais chaud comme les rayons du soleil en été.

Il n'était pas comme elle.

Comment pourrait-il apprécier l'effet de froid de ce visage albâtre contre sa paume ?

Après quelques secondes...

Quelque chose n'allait plus.

Pourquoi l'impression d'oublier quelque chose vint occuper les pensées de Scar ? Pourquoi est-ce que caresser cette joue douce était un mélange agréable, mais aussi un acte repoussant à la fois ? Pourquoi avoir cette paume sur sa main avait l'air d'être faux et artificiel ? C'était comme l'impression d'être face à une vision floue, une vision instable qui semblait se détériorer à chaque instant, puis devenir difficile à cerner, indéchiffrable à mesure qu'une nouvelle seconde s'écoulait.

Son esprit tourmenté vint brusquement le ramener sur le droit chemin - le sortir de cet état niais et perdu dans lequel il se trouvait depuis qu'il avait approché cette femme.

La réponse était claire : il avait encore perdu la notion du temps en confondant l'instant avec le passé. Pourquoi son cerveau était-il aussi défaillant ? S'il n'avait pas les souvenirs de ce visage d'une époque lointaine, cela aurait été facile d'ignorer cette figure. Scar n'était pas intéressé uniquement par la beauté... Combien même, il savait reconnaître lorsqu'une femme était belle. Lust n'aurait jamais dû avoir ce visage en premier lieu.

Pourtant, il était si difficile d'ignorer cette femme - non seulement pour son apparence, mais pour son histoire. Et pour quelque chose d'autre qu'il ne pouvait pas expliquer.

La tête plus froide, Scar retira sa main hors de la joue de la brune puis se releva. Le geste était rapide et imprévu : le visage de Lust tomba légèrement - comme sa main lorsqu'il la priva de sa présence. Elle leva ensuite la tête pour le regarder : quelques-unes de ses longues mèches noires toujours collées le long de son visage, ses yeux roses révélant une certaine incompréhension sur le "pourquoi" il l'avait quittée sans prévenir. L'incompréhension de Lust ne dura cependant qu'une courte seconde. Elle était bien trop intelligente pour ne pas le comprendre.

Scar ne pouvait rien dire. Pas qu'il ne le pouvait pas, mais, car il ne le voulait pas.

Non, elle n'allait pas encore entendre une fois de plus que la femme dont elle avait le même visage était la femme qu'il aimait : tout ça ne la regardait pas. Cette créature semblait sortir de l'enfer pour le torturer, que cela soit volontairement ou non. Il n'allait donc pas lui donner plus de possibilités de se jouer de son esprit. Pas d'avantage en tout cas, car elle avait déjà suffisamment de matière pour le faire.

Il prit une longue respiration, une lourde expiration, puis commença à marcher - sans se retourner, laissant Lust derrière lui. Il rejoignit le feu sur les énormes rochers.

Scar avait désormais une colère dans le creux de son ventre, dans sa gorge, dans son poing durant sa marche. Il ignora même le regard scandalisé des frères Elric pesant sur lui. Sûrement, avaient-ils vu la scène, encore plus sûr : Scar regrettait que ce soit le cas.

Cette femme était une faiblesse pour lui. Si Edward ne s'en était pas déjà aperçu lorsqu'il lui avait raconté une partie de son histoire, ce geste envers elle et sa préoccupation excessive étaient des preuves accablantes.

La colère de Scar, cependant, n'était pas envers Lust. Il ne pensait pas dire cela un jour, mais pour une fois... Cette créature, faite d'Alchimie maudite, était innocente.

Le seul coupable, c'était lui, accompagné de sa propre culpabilité qui était d'avoir des souvenirs.

Ce passé est le mien. Lust n'était pas là à cette époque. – Se dit-il.

Comme la vie était cruelle. Il pouvait en vouloir à Lust la plupart du temps et lui montrer de la colère, mais il n'avait aucune excuse pour le faire lorsqu'il se perdait lui-même avec ses propres souvenirs.

Il n'était plus capable de faire la distinction entre ses souvenirs et le présent, était-ce également la même chose pour elle ? Était-elle perdue entre deux vies ? Impossible, elle lui avait même confirmé ne pas avoir de souvenirs d'une vie passé. Avait-elle raconté un mensonge à ce moment ?

Il ne souhaitait pas ça, pas même à cette créature.

Le possible passé commun entre eux était alors une corde autour du cou de chacun, et le présent, une chaise bancale qui risquait de s'effondrer sous leurs pieds.

...

Mais...

Que s'était-il passé plus tôt ?

Si l'attente d'Edward semblait avoir été trop longue, pour Lust, c'était tout le contraire. L'instant avait été trop fugace.

Au moment où Alphonse avait disparu sous cette eau sombre, Lust avait décidé de plonger à toute hâte pour le récupérer - la crainte de voir la précieuse pierre philosophale disparaître en même temps que le sceau qui permettait à l'armure d'être vivante... Dans cette profondeur - autant plus durant la nuit, Lust ne voyait rien, si sa vision était meilleure que n'importe quel être humain, la noirceur lui faisait tout de même défaut. Elle avait la (mal)chance d'avoir des poumons qui n'étaient pas vraiment fonctionnels à plein temps puisqu'elle ne respirait pas vraiment - pas de nécessité d'air avec des pierres d'âmes comme carburant, en conséquence, elle ne manquait jamais d'air.

Pourtant...

Dans l'eau...

Quelque chose d'étrange était arrivé.

Touchant le fond de l'eau, l'homunculus avait trouvé Alphonse en se heurtant contre lui. Par chance. Heureusement, elle pouvait un peu mieux distinguer les choses dans le noir qu'un humain ordinaire. Légèrement mieux.

Il était grand à porter, elle l'avait donc attrapé de ses deux mains en posant ses paumes contre son torse métallique, décidée à le remonter, puis...

D'une manière imprévue, une forte brûlure, une souffrance inimaginable à d'abord parcouru les mains puis le reste du corps tout entier de Lust. C'était si puissant, que le corps de la brune fût pris de spasmes fulgurants.

Elle fit néanmoins le rapprochement très vite : la pierre philosophale. Le mal est apparu dès lors qu'elle avait posé les mains dessus...

De par les cercles rouges sur ses mains gantées, elle était en train d'absorber des âmes prisonnières de la pierre. Elle avait négligé ce détail... Lust était capable de manipuler la puissance des pierres rouges avec mes mains : absorber les âmes ou les transférer dans un autre réceptacle comme de fausses pierres philosophales, les joyaux rouges.

L'Homunculus était donc en train de subir un véritable déferlement physique. Si elle continuait à accumuler les âmes, semblable à une machine en surchauffe, elle allait faire une surcharge. Lust ne savait pas comment ce serait possible de contrôler ça. Même le corps d'un homunculus avait ses propres limites et ne pouvait accepter et contenir qu'un certains nombres d'âmes. Elle ne comprenait pas... Pourquoi est-ce que quelques secondes avant, elle avait pu toucher de ses paumes les mains d'Alphonse sans ressentir la pierre ? Peut-être était-ce (probablement) car Scar avait commencé à transmuter la pierre sur le thorax de l'armure, le métal en devenant la source première. Alors que les gants de l'armure, étaient faits d'une matière légérement différente.

Elle devait faire vite.

Malgré la douleur, elle serra la mâchoire, réussissant à maximiser sa force et à en transférer le plus possible dans ses jambes.

Elle sentait ce qui lui servait de sang être complètement imprégné par les lueurs rouges entrant en elle, alors qu'elle crachait déjà du liquide rouge mélangé sous l'eau.

Puis, le souvenir d'avoir pu sentir le mouvement rapide lui ayant permis de bondir hors de cette maudite flotte lui revint... Elle ne se souvenait même pas avoir sauté d'elle-même, comme-ci la puissance autour d'elle contrôlait simplement l'eau. Créant une sorte d'aide, un passage sous les eaux pour en laisser sortir son corps...

Où était-ce simplement la façon qu'elle imaginait ce qui s'était passé ? Ses idées n'étaient plus si claires.

Alors que Lust allait atteindre la limite du nombre supportable d'âmes, le moment où son corps allait en refuser davantage, elle sauta. Dans son saut, elle relâcha Alphonse en ressentant un choc dans son corps, comme ci elle avait été frappée d'une chaleur intense, obligée par son instinct à s'éloigner immédiatement de la pierre philosophale. C'était imprévu, et elle se sentait trop affectée par la force brutale de ce qu'elle venait de vivre pour réussir à atterrir efficacement sur la terre ferme. Sous le coup, elle s'est écrasée sur le sol, pour y recracher un amas des âmes rendues liquides par son corps.

Alors, Lust se rendit compte d'une chose : elle avait pu réussir à contenir une quantité importante de puissance dans ses jambes, la canalisant pour la laisser ressortir sous forme d'un saut plus puissant. Elle ne se rappelait pas avoir jamais utilisé sa puissance physique de cette manière, tout était instinctif avec ses capacités et son corps mince. Cependant, Lust dû faire ressortir un léger excès d'âmes, trop nombreuses : son corps n'avait plus la place de contenir plus d'âmes.

Qui sait, que serait-il arrivé si elle avait absorbé un plus gros nombre d'entre elles ? Dante avait dit une fois, qu'un bien trop gros nombre d'âmes était la perte d'un homunculus... Que voulait-elle dire par « perte » ?

Est-ce que j'ai réussi à sortir sans sauter de moi-même ? L'énergie, les âmes... Peuvent-elles agir d'elles-mêmes ? Si c'est possible, je doute que ces âmes en peine et tourmentées souhaitent m'aider. Je ne suis qu'une prison pour elles.- Se dit-elle.

Continuant de cracher et d'expulser le rouge d'autrefois scintillant, elle avait encore moins prévu ce qui allait venir.

Scar.

Scar s'était rapproché, elle ne s'y attendait pas. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il fit ensuite : poser sa main sur sa joue. Le contact de sa paume contre la peau lisse de Lust, devenait alors la chose la plus étrange aux yeux de la brune. Elle connaissait la sensation de chaleur par le biais du soleil, et même des brûlures du feu. La chaleur de Scar était douce malgré sa paume abîmée, une belle sensation. Elle donnait à Lust un instant dans un monde différent - un univers de pureté douce loin de ce monde amère et sale qu'elle détestait.

Elle avait l'impression de ressentir quelque chose se rapprochant des émotions humaines : une petite chaleur parcourant - bien que subtilement, ses deux joues. Les deux joues, pas uniquement celle que Scar était en train de toucher.

Ce n'était pas de la luxure, c'était différent. Ça ne pouvait pas être de la luxure. Pas ça.

Mais qu'est-ce qu'elle y connaissait ? Elle ne savait que peu différencier tous ses faibles sentiments, donner des noms à chacun d'eux alors qu'elle ne pouvait pas les différencier avec certitude était stupide. Lust avait quelques idées, bien sûr, mais le désavantage était qu'elle avait appris le nom des sentiments lorsqu'ils étaient décrits par les humains ou dans les livres.

Les ressentir elle-même n'était pas si facile.

Puis, Scar avait retiré sa main en un instant, privant soudainement Lust de cette belle sensation. Laissant un vide près d'elle.

Pourquoi ?

Tout s'était passé si vite...

Trop vite.

La tête de Lust était trop lourde, elle se baissa dans ce qui semblait s'apparenter à une semi-défaite. Ses épaules s'affaissant. Ses poings fermés étaient appuyés contre ses genoux. Pourtant, dans ce qui pouvait s'apparenter à cette défaite, Lust sourit.

"Je ressens d'autres brides d'émotions... Moi, une créature sans âme. Oh, mais je ne suis pas censée en avoir pourtant."

Une douche froide, au sens figuré comme au sens propre - c'est ce qu'elle venait de subir entre les récents événements, son corps trempé, ses cheveux mouillés et l'eau dégoulinante.

Les épaules de Lust se mirent à trembler rapidement.

Elle n'avait pas froid, bien que l'air se soit refroidit.

Elle riait.

Elle riait d'un rire silencieux et étouffé dont seul le mouvement de ses épaules aurait pu être perçu.

Je ressentais si peu avant que Scar ne vienne à moi. Toute cette eau sur mon corps est lourde et vide à la fois. Mais regardez cela, Maître, je ressens différentes choses. De nouveaux sentiments sont en moi. – Ses pensées silencieuse était pour Dante, comme elle avait envie de dire ces mots à cette femme. Elle ressentait tellement plus que ce qu'elle aurait dû.

Elle ne savait pas, elle ne savait plus.

Le tremblement léger de Lust attira quelqu'un.

"Lust... Ça va ?" Demanda une petite voix timide.

Une demande que Lust n'entendit pas, mais qui se répéta presque tristement :

"Dis-moi... S'il te plaît ? Je ne voulais pas que tu..."

Alphonse. Il s'agissait de sa petite voix que Lust entendit cette fois - alors qu'il se plaça à genoux face à elle, Edward à ses côtés.

"Pourquoi ?" Répondit Lust encore dans le flou, mais moins sûre d'être bien consciente cette fois. Une partie de ses pensées ailleurs.

"Pourquoi ?" s'étonna Al, inquiet en répétant le même mot.

"Pourquoi me demander si je vais bien ?"

"Et bien... Parce que tu as..."

La grande armure se fit interrompre par son frère :

- Tu l'as aidé. Tu as plongé dans l'eau pour le ramener à la surface.

Leur petite discussion ramena rapidement Lust à eux, la sortant de ses pensées. Elle releva la tête pour la laisser tomber en arrière quelques secondes, elle leur rendit ensuite un regard en baissant légèrement la tête, s'adressant à Edward :

"Ce n'était que de l'eau."

"Non, ce n'est pas que de l'eau. Il aurait pu rester au fond de l'eau si tu ne l'avais pas...

"Oh, je t'en prie, c'est pour ça que je suis là, non ? Parce que deux gamins sont incapables de ne pas s'attirer des ennuis. C'est parce que tu le sais toi-même que tu as accepté que je vous accompagne, Fullmetal. Alors ne viens pas faire le garçon étonné près de moi.

Lust le dit exprès dune manière nonchalante pour l'interrompre tout en se relevant elle-même, sa vision était encore floue, elle ne s'était pas complètement remise de l'effervescence d'âmes en elle.

Je crois que j'ai fait le plein niveau quantité d'âmes. Dante ne nous jamais donné une aussi grande quantité d'une seule traite. Je comprends maintenant pourquoi... – Réalisa-t-elle.

"Ça va." Dit finalement Lust. "La marque de sang sur l'armure, est-elle intacte ?"

La petite conversation commençait très légèrement à embêter la brune. Elle ne comprenait pas pourquoi ces gamins agissaient toujours avec inquiétude et posaient mille questions autour des autres.

"Oui." Répondit Edward légèrement frustré préférant ignorer les autres remarques, moins sûr que celles-ci soient vraies. "Il y avait de l'eau dans son armure, mais il y a une possibilité que la pierre a peut-être protégé la marque."

"Je vois. Bien."

Les garçons se sont relevés à leur tour.

"Lust, tes vêtements sont trempés. Tu dois avoir froid..." Dit le plus jeune. "Viens avec nous prêt du feu, pour te réchauffer."

"Ouais... On te doit bien une place au chaud alors que tu viens d'aider Al." Ajouta l'aîné en détournant la tête, gêné.

"Non, ça ira. Mes vêtements vont sécher bientôt. Nous ne devrions déjà plus en parler." Répliqua Lust, pas le moins du monde intéressée par l'offre.

Pas question, que faire avec eux autour de moi et si près ? Mieux vaut éviter. – Se dit la brune après peu de réflexions, préférant tordre ses cheveux entre ses mains pour se débarrasser du surplus d'eau.

Les garçons la regardaient toujours. Edward s'adressa à son frère :

"Rejoins Scar, on arrive dans deux minutes."

"Tu es sûr ? Mais elle ne veut pas..." Répondit Al.

"Fais ce que je te dis, j'ai besoin de parler avec elle."

"Bon, d'accord. Mais... Gentil, Ed, d'accord ?"

Lust ne s'attendait pas à le voir partir aussi vite, mais c'était pourtant ce qu'il fit : Al allant rejoindre Scar prêt du feu sans perdre de temps.

Ça alors... Discussion privée. Que me veut-il ? - Se demanda Lust.

Elle était seule avec Edward. Avait-elle mal fait ce pourquoi il la tolérait près d'eux ? N'avait-elle pas fait ce qu'elle devait ? À savoir, les protéger ?

Un doute vint questionner la brune, espérant ne pas le voir lui annoncer que leur accord allait tomber à l'eau - comme deux personnages plutôt (Ah, ah). Elle remercia sa vile conscience amèrement.

"Lust, allons marcher, j'ai besoin de te dire quelque chose." Annonça Edward d'un signe de tête, pointant la direction contraire d'Alphonse.

"Très bien."

Pourquoi voulait-il s'éloigner ?

Une fois assez loin, Edward s'arrêta en mettant les mains dans ses poches, il se tourna ensuite en regardant la rivière. Une fine brise de vent vint faire remuer sa natte blonde, et aurait dû donner des frissons légers à Lust à cause des gouttes d'eau sur sa peau douce, ce qui ne fut pas le cas. Les bras de la fille vinrent pourtant instinctivement entourer son propre corps, alors qu'elle arrêta sa marche aux côtés du blond pour contempler le même point de vue que lui.

Je ressens la brise, mais je n'ai toujours pas si froid... Mes pierres me protégeront toujours des vents forts et des températures les plus froides. – Se dit-elle. Elle n'en mourrait pas.

Avec des yeux de chats paresseux, c'est Lust qui débuta la conversation calmement :

"Pourquoi donc vouloir nous éloigner d'eux ?"

"Je veux te dire... Merci." Répondit Ed, le regard ailleurs, presque timidement.

Bon sang. Ce n'est que pour ça... Et dire qu'elle commençait à penser qu'il allait rompre leur accord.

Lust plissa les yeux.

"Pourquoi cela ? Je te l'ai dit : je ne mens pas. Si vous faites de moi une humaine à part entière, je suis une alliée. Si ma motivation avait été d'enlever ton frère ou de te tuer, je l'aurais déjà fait.

Edward toussa, gêné :

"Je sais. Mais quand je t'ai entendue hurler qu'Alphonse était tombé dans la rivière... J'ai pensé que tout était terminé. À cause de la..."

La voix du garçon tremblait pendant qu'il parlait. Pourquoi se confiait-il à elle ? Il semblait être blessé émotionnellement, dans l'incapacité de terminer sa phrase. Sans gêne, Lust termina ce qu'il voulait dire pour lui, la raison en étant prévisible :

"À cause de la marque de sang dans sa grosse carcasse métallique. Je le sais. C'est ce petit cercle de transmutation, dessiné de ton propre sang et de ta propre main qui permet à Alphonse de vivre. Je suis au courant, tu le sais bien."

Un silence s'ensuivit... Mais il était viscéral pour plusieurs raisons.

Oui, Edward, tu le sais, n'est-ce pas ? J'ai utilisé cette marque pour menacer ton frère par le passé. Je t'ai même dit que si tu ne créais pas la pierre philosophale à l'époque, j'allais détruire le sceau devant tes yeux, te privant à tout jamais de ton frère. Tu t'en souviens, tu ne peux pas avoir oublié mes actes. -

Il ne pouvait pas l'avoir oublié. Lust, aurait-elle seulement aidé Alphonse si l'eau n'avait jamais été une menace ? Oh... Elle l'aurait peut-être laissé mijoter dans l'eau un moment, pour lui laisser le temps d'apprendre de ses erreurs.

"Lust. Je ne sais pas si tu ressens vraiment des émotions, vous, les Homunculi en général... Mais Alphonse - même s'il n'a plus de corps de chair, possède des sentiments."

"Où veux-tu en venir, Fullmetal boy ?" Demanda Lust.

Edward se retourna pour lui faire face, il semblait gêné, mais tentait de montrer un air sérieux. La brune se tourna à son tour, il parla :

"Lust. Si tu n'es pas juste une enveloppe vide, tu dois avoir remarqué qu'il s'en veut, non ? Dans la tête d'Alphonse, c'est de sa faute si tu as plongé dans l'eau, que tes habits sont inondés, et que tu risques d'avoir froid. Et par le truc rouge le long de ton cou, j'en déduis même que tu es morte au moins une fois... En tout cas, tu as craché du sang. Ou des âmes... (l'expression le gêna.) Et ce n'est sûrement pas arrivé sans douleurs, je me trompe ? Enfin... Je ne sais pas ce qui est arrivé sous l'eau, mais il s'est passé quelque chose.

Son petit discours surprit Lust. Le gosse était intelligent. Beaucoup trop. Elle essuya ses lèvres et son menton rapidement.

Edward Elric. Tu es vraiment un être humain différent des autres... - Pensa Lust

Elle avait également remarqué qu'Alphonse Elric était différent avec elle, d'une autre manière que ne l'était le Fullmetal Alchemist, mais sans jamais s'être posé une telle question.

"Contrairement à la croyance populaire, je ne suis pas une enveloppe vide." Dit Lust, évitant de parler de ce qui était arrivé dans la rivière et... Surtout, ne pas parler de la Pierre - et de la réaction survenue après avoir touché l'armure.

"Alors, ce serait bien de faire en sorte d'apaiser sa culpabilité. Lust, je ne te demande pas de te soucier de lui - car je pense que tu t'en moques, tout comme tu es là juste pour la pierre philosophale... Mais fais cet effort pour lui. Peut-être que l'image que nous avons des Homunculi d'une manière générale pourrait changer si certains d'entre eux font des efforts."

Aux mots du blond, Lust fronça les sourcils. Ce qu'elle venait d'entendre n'était pas entré dans l'oreille d'une sourde.

Le gamin s'en veut-il vraiment de me voir couverte d'eau ? La belle affaire. Au contraire, je ne dois pas douter : le laisser "culpabiliser" semble être désagréable pour lui, ce serait sans doute une punition méritée pour avoir mis MA pierre philosophale en danger. -

C'est ce qu'elle devait faire : rire au nez du blondinet, et de la tendance chaotique que les humains avaient à se rabaisser à ce genre de demandes et de sentiments ridicules.

Pourtant...

Contre toute attente, et malgré tout...

Une partie de Lust empêchait sa voix de prononcer ces mots "hors de question" ou "c'est ce qu'il mérite". Sa voix était coincée dans sa gorge et le rire sarcastique qu'elle aurait voulu relâcher ne se fit jamais entendre.

Alphonse Elric... Le petit garçon humain qui n'a pas arrêté de me parler étrangement ces derniers jours. Il m'a plusieurs fois parlé comme s'il avait tout simplement oublié qui je suis réellement... Un Homunculus. Une créature sans âme. Un monstre. Il m'a même défendue quand Edward m'a hurlé dessus... -

Et plus important encore : c'était ce petit gars qui avait donné sa chance à Lust.

Il m'a donné la possibilité de prouver à Edward Elric, que je pouvais les aider s'il acceptait de me laisser les protéger - en échange d'humanité. M'a-t-il simplement traitée... Comme une humaine ? Comme ce que je souhaite devenir du plus profond de mon être ? -

Prise de questions, une Lust silencieuse détourna son regard d'Edward, pour contempler la lune, laissant les ruissellements de la rivière comme seul bruit perceptible.

L'Alchimiste ne coupa pas le silence, il semblait légèrement stressé - attendant une réponse. La brune, hésitait-elle ?

Après un moment, Lust lui donna une réponse, elle répondit sans toutefois vraiment réfléchir :

"D'accord. Je vais près du feu, mais uniquement pour sécher ma robe."

Être trempée de la tête aux pieds n'était pas agréable. C'était une nuit d'été, certes un peu moins chaude que la veille, un humain cela dit, aurait frissonner à sa place : leurs corps étant bien plus chauds que le sien et plus sensibles.

"C'est vrai ?!" Demanda aussitôt Edward, un peu trop vite et fort.

"Oui, c'est vrai."

Un large sourire se dessina sur les lèvres du jeune garçon - sûrement surpris de la réponse positive. Un sourire qu'il tenta immédiatement de masquer en mimant une quinte de toux - son poing métallique devant sa bouche :

"Alors, allons-y, Lust."

"J'ai une chose à faire avant. Attends-moi quelques secondes." Dit-elle, ses yeux de chat fixant quelque chose au centre de l'eau tout près.

"Pourquoi ?"

"Des démangeaisons aux bouts de mes griffes."

S'approchant de la rivière, Lust entra dans l'eau légèrement jusqu'aux genoux - sous le regard interrogatif du blond. Elle pointa ses doigts dans une direction précise. En une fraction de seconde, étirant ses ongles, elle les enfonça sous la surface de l'eau à la vitesse de la lumière avant de les rétracter. Cependant, elle laissa ses griffes agrandies d'une dizaine de centimètres pour les pointer à Edward, ce afin de lui montrer une prise. Plutôt deux.

Deux poissons argentés étaient en train de se débattre au bout des lances ultimes.

"Je t'ai entendu parlé de poissons tout à l'heure. Il me semble ne pas t'avoir vu en manger... Et ces deux abrutis de poissons semblaient me narguer aussi près de la surface." Dit-elle nonchalamment.

À ce moment...

Edward frappa l'air de son poing en métal, ne pouvant cacher le sourire immense et toutes ses dents, ainsi que la petite larme pitoyable qui coulait déjà de son œil droit.

"Aaah ! Du poisson grillé... Du poisson grillé !"

Le gamin attrapa les petites créatures désormais mortes et immobiles, il se mit à rire sournoisement :

"Merci ! J'adore le poisson !"

Lust rangea ses griffes.

"Je trouve cela dégoûtant personnellement." Lui répondit-elle simplement.

Il se lécha les lèvres d'anticipation gourmande, avant de se répéter :

"Sûrement, car tu n'as jamais goûté ! Et est-ce que je t'ai dit merci, déjà ?"

Trouvant son bonheur pour deux malheureux poissons ridicule, Lust ria en fermant les yeux :

"Oui, tu l'as déjà dit."

Elle n'était jamais remerciée pour son travail ou ses efforts, mais avec ces gamins, elle l'était pour trois fois rien... Quelle étrangeté.

...

Arrivés près du petit feu vers les grandes roches.

Scar et Alphonse étaient assis, mais Lust nota immédiatement qu'ils ne semblaient pas se parler. Un silence régnait entre eux.

Edward arriva avant elle, il sauta sur les grandes pierres et s'installa à côté d'Alphonse, pressé de faire cuire ses poissons pour les dévorer.

En ce qui concernait Lust, elle n'avait pas prévu de grimper tout de suite, encore moins sûre de vouloir se joindre à eux maintenant qu'elle y était vraiment. Être au milieu d'un petit groupe de gens - dans ces circonstances, était une expérience nouvelle - étant donné qu'elle ne devait pas les manipuler ou les tuer.

Alphonse était très heureux de voir Lust - elle pouvait le dire par le petit cri de joie de l'armure. Il se leva, rejoignant le bord du gros rocher en face de Lust, et lui tendit une main.

Voulait-il qu'elle accepte sa main ? Elle hésita à le faire. En partie, parce qu'elle ne voulait pas, mais aussi, car ce qui s'était passé la dernière fois qu'elle avait touché Alphonse ne devait pas se reproduire.

Pour l'une des premières fois de sa vie, elle regarda nerveusement derrière Al : Scar était là. Il ne regardait pas, même lorsqu'elle en était sûre - il ressentait le regard de la brune pesé sur lui. En plus de cela, il semblait furieux, la fureur facilement déterminable sur ses traits même si ses yeux restaient fermés et sa tête baissée.

M'en veut-il ? Ai-je encore fait quelque chose ? Regrette-t-il son geste ? – Se demanda la jeune créature

Cela dérangea Lust.

"Je t'aide à monter. Prends ma main." Proposa Al.

Lust hésita quelques secondes. Devait-elle le faire ? Elle réfléchit.

Si ma théorie est bonne, les gants de l'armure me protégeront des effets d'absorption de la pierre philosophale. Lorsqu'il a attrapé ma main tout à l'heure, je n'ai jamais touché autre chose que les gants... Et tout s'est très bien passé. Scar a fait la transmutation à partir du torse de l'armure... J'imagine que les gants d'Alphonse ne sont pas faits de la même matière, donc ne sont pas réellement fusionnées avec la pierre directement. -

Hélas, bien sûr, elle n'était pas certaine de cela, devait-elle vérifier à nouveau ?

Toute théorie et à mettre en pratique... Autant vérifier maintenant. – Se dit-elle.

Finalement, Lust accepta son aide et posa ma main dans la sienne.

Bingo, elle avait vu juste. Elle ne ressentait rien de particulier. Aucune chaleur brûlante et aucune âme contre ses paumes. Doucement, Alphonse aida Lust à monter comme-ci elle était faite de porcelaine - poliment, puis il lui proposa de s'asseoir en face de lui. Prenant place, Scar était désormais à côté d'elle.

Chacun d'eux laissa le crépitement du feu régner. De douces lueurs accompagnaient chacune des flammes attrayantes.

. . . . . . .

Des minutes passèrent silencieusement.

Scar était toujours autant silencieux, Lust avait envie qu'il parle, l'entendre dire quelque chose, au moins aux enfants pour attester sa présence.

Il n'y avait qu'Edward et Alphonse qui semblaient plus ou moins joyeux, se parlant de choses futiles - comme de deux personnes dont une dénommée "Winry". La brunette avait l'impression que le cadet appréciait de narguer gentiment le plus grand à ce sujet. Elle est rapidement venue à la conclusion que cette Winry pourrait être plus qu'une amie pour le Fullmetal boy.

"Tais-toi, Al." Répliqua le blond à un moment. "Si tu ne la fermes pas, je vais détruire mon auto-mail sur ta grosse carcasse - et Winry va me fracasser la tête si je le détruis... Encore une fois."

"Cette Winry" dit Lust finalement "est-ce quelque chose comme ta fiancée ?"

La réaction du petit blond était totalement absurde :

"Non ! Pas du tout ! Winry est juste une amie... Une amie d'enfance ! Ce n'est même pas une petite amie, alors une fiancée... Quelle idée stupide !"

"Je me le demandais. Je pense que les garçons humains parlent souvent des filles lorsqu'elles sont engagées avec eux. Est-ce le cas ici ?"

Après tout, du peu qu'elle savait, à chaque fois qu'un garçon ou une fille avait parlé d'une connaissance près d'elle, c'était car "il" ou "elle" était plus qu'une simple connaissance pour ladite personne... À l'enfant innocent ayant un béguin pour une petite fille dans un parc, à une femme ayant de forts sentiments pour un homme qui en aimait une autre et ne la regardait pas de la même façon... Aux amants secrets qui se retrouvaient à quelques tabourets d'elle dans un bar... Comme-ci chaque être humain avait forcément sa moitié quelque part, tout semblait tourner autour de la même chose. L'être humain devait lorgner sur quelqu'un en particulier pour exister complètement.

Edward devint rouge :

"Elle n'est pas ma fiancée ni ma petite-amie, mais juste une amie !"

"Inutile de t'emporter, ce n'était qu'une simple question, tu sais." Répondit Lust.

Elle termina sa phrase en posant son visage dans sa paume, son coude appuyé sur un genou.

"Ouais, bah, je n'aime pas qu'on suppose des choses." Répliqua-t-il."Tu parles peu, mais tu parles pour dire n'importe quoi, toi."

Edward pesta en commençant à faire cuire ses poissons embrochés sur une petite lance faite de pierre - taillée par alchimie.

La vue du poisson grillé ne donnait pas du tout envie à Lust. Voir les écailles brûlées, et la chaire calcinée du poisson, était une vue "répugnante".

Un moment plus tard, son repas cuit, Edward sourit de pleines dents en le tirant hors des flammes. Il en proposa un à Scar - qui refusa d'un simple signe de la main.

"Et toi, Lust, tu en veux ?" Demanda l'alchimiste.

"Non, je ne mange pas."

C'est vrai, je ne mange jamais, mon corps n'en a pas besoin pour vivre, alors, quelle utilité ? -

"Tant pis pour vous, moi, j'ai la dalle ! Il y en aura plus pour moi."

Edward sourit, croquant dans la petite créature cuite. Lorsqu'il avala goulûment une grande bouchée, un gémissement de joie se fit entendre de sa gorge :

"C'que c'est bonnn ! Ça fait du bien de manger autre chose que des fruits ou des plantes bizarres !"

"Si tu le dis." Répondit Lust nonchalamment. "Je vais m'allonger un peu."

"Et s'il y a des gens indésirables ?"

"Il n'y en aura pas."

"Comment tu peux en être si sûre, Lust ?"

"Si c'était le cas, ce serait mon problème à régler, pas le tiens. De toute façon, je ne dors jamais vraiment de mes deux yeux. Le moindre bruit m'alerte."

Edward acquiesça :

"Ça, je m'en doutais. Mais fais donc, il n'y a pas de problème... Je suppose."

Ainsi, sans bouger de sa place, Lust s'allongea sur le côté, contre cette roche dure. Dans cette position, Scar était juste en face d'elle, semblant ailleurs, alors que ses yeux couleur rubis fixaient le feu.

Un jour, peut-être, tes yeux se poseront-ils de nouveau sur le visage de cette femme, de cet être humain que tu avais l'air d'aimer. Si je retrouve mon âme, j'espère découvrir la vérité. Je me demande si je suis vraiment une partie de cette jeune femme. - Lust était silencieuse, les pensées dominantes.

Fermant les yeux, cherchant le repos sans la fatigue physique, elle souhaitait simplement avoir au moins le droit d'espérer l'humanité...

. . . . .

/!\ Attention, contenu sensible (sexuel, violence, détails sensibles...) à venir à partir d'ici. Si vous êtes une personne sensible, je vous propose de descendre jusqu'à la fin de cet avertissement. Un résumé vous sera proposé à la fin de l'avertissement. /!\ Lisez uniquement si vous pensez pouvoir le faire.

"Scar."

"Réveille-toi..." Murmura une voix douce au creux de son oreille. "Réveille-toi."

Il faisait si sombre... Est-ce qu'il dormait ? Il pouvait ressentir la roche sous son dos alors qu'il semblait toujours allongé au même endroit.

Une brise fraîche, un souffle vint caresser agréablement son cou, puis une petite pression - comme-ci quelque chose était pressé contre son corps - se fit ressentir.

Scar ouvrit lentement les yeux, pas tout à fait immergé de son sommeil.

Une figure pâle, brillante sous les lueurs de la lune se trouvait juste en face de son visage - au-dessus de lui. Le ciel étoilé était visible derrière cette forme, très vite vue comme féminine.

Lust ?

Oui, c'était elle. Elle était allongée sur la poitrine de Scar, l'une de ses mains caressant sa blessure qu'elle prenait soin de ne pas écraser.

Était-il encore sous l'effet de son sommeil écourté et de la fatigue ? Son corps ne trouvait plus la force de bouger, il n'arrivait même pas à remuer l'un de ses doigts.

Un murmure, un autre, de la fraîcheur d'une brise d'été vint de nouveau mais pour cette fois chatouiller de proximité son oreille.

"Je veux te donner ce que tu mérites." Dit-elle d'une façon incroyablement séduisante.

Ce qu'il méritait ? Que voulait-elle, pourquoi ne ressentir ni l'envie ni la force de la pousser hors de lui ? La seule chose que Scar pouvait faire était d'admirer ce visage magnifique qui semblait être fait de porcelaine. Elle était si belle avec ses jolies boucles noires tombant en cascade sur ses épaules, la grande mèche qui recouvrait son œil gauche, ses lèvres sombres, pulpeuses et alléchantes sublimées par un sourire charmant...

Ces lèvres, il avait tellement envie de les embrasser. Ce manque de contact faisait horriblement mal. Au point de causer une souffrance physique rien qu'en les regardant.

"Veux-tu m'embrasser, Scar ? Veux-tu goûter ces lèvres que tu admires tant ? Connaître leur douceur, le goût que tu rêves de savourer depuis si longtemps ?"

Oui, bien sûr que l'envie de goûter cette bouche était une torture.

"Veux-tu..."

La jolie voix douce devint un murmure alors qu'elle approchait ses lèvres près de celles de l'homme - sans les toucher. Cette proximité procurait des frissons dans tout le corps de Scar. Sa respiration commença rapidement à devenir irrégulière, folle - quand soudain, le visage de Lust vint s'enfouir dans le creux du cou de Scar. Les cheveux noirs sous son menton sentaient bon... Il voulait passer sa main dans cette couleur noire soyeuse.

"Peux-tu... Caresser mon corps, s'il te plaît ? Je veux connaître la sensation de ta main sur chaque parcelle de ma peau. Ta chaleur contre moi."

Ce qu'il entendit ne fit pas que le surprendre, mais le rendait fou. Elle posa sa question sans laisser le temps d'y répondre : elle attrapa la main du guerrier et la guida vers sa propre hanche. La paume de Scar entra en contact avec la peau lisse et pâle... Très vite, il se rendit compte qu'elle était nue. Il en était d'autant plus certain lorsqu'il sentit la poitrine de Lust - le frottement soudain des seins nus de la brune contre son torse, celui de ses jambes fines contre ses cuisses. Elle ne portait pas sa robe. Elle ne portait rien.

Lust était nue.

Une douloureuse sensation de brûlure s'est vite mise à parcourir son corps. Une sensation qui se fit plus encore ressentir dans son bas-ventre, dans son coeur. Et c'est là que Scar se rendit compte que lui aussi était dévêtu, il n'avait aucun vêtement - sinon il se serait sûrement senti à l'étroit dans son pantalon.

Oh mon dieu. Il voulait ce corps, il le voulait plus que jamais. Il voulait découvrir chaque courbe, il voulait embrasser chaque partie de ce corps.

Tentant de bouger, il réalisa qu'il ne le pouvait toujours pas. Il voulait la serrer plus fort à lui. La presser contre lui, attraper ce visage pour embrasser ces lèvres magnifiques : mais son corps ne bougeait pas. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

Elle posa une main sur la clavicule de Scar. La main douce et fine glissa jusqu'à son ventre, avant de s'arrêter à quelques centimètres de son bas-ventre.

"Tu ne veux pas de moi ? Pourquoi es-tu si calme ? S'il te plaît... J'ai besoin de toi. Je suis si seule. Tu n'as aucune idée de ce que je ressens et combien j'ai besoin d'être touchée... Par toi."

Dit-elle tristement, mais déterminée, déçue qu'il ne la touche pas : malgré le fait que sa main soit posée sur sa hanche et maintenue par la paume de la brune... Aucun des nerfs de Scar ne répondait. La brune releva son visage pour le regarder. Là, il avait l'impression douloureuse de recevoir un violent coup de poing dans l'estomac, par la vue qui lui déchira le coeur : les magnifiques yeux de la jeune beauté semblaient être emplis de tristesse : était-ce vraiment possible ? Pouvait-elle ressentir cela ?

"Je t'en prie... Aime-moi." Supplia-t-elle. "Je pensais que tu m'aimais assez pour me vouloir à travers le temps... Que tu me voulais car tu m'aimais."

Bon sang. Il voulait aimer cette femme. La toucher, l'embrasser, la découvrir, la goûter... Goûter chaque parcelle d'elle. Mais il ne le pouvait pas.

Son corps refusait toujours de bouger.

Lust baissa la tête, posant ses lèvres sur la poitrine de Scar, avant de laisser des traînées de baisers jusqu'à ses abdos.

"J'ai envie de toi." Elle posa une main sur la cuisse de Scar, bien trop proche. "Lorsque mes yeux se posent sur toi, j'ai l'impression de prendre feu. Comme s'il me manquait quelque chose. Je pense que t'avoir en moi me comblerait. Je veux ta chaleur avec la mienne, je veux que tu combles mon manque."

Elle fit ensuite courir sa langue en remontant plus haut, léchant doucement la peau mate du guerrier jusqu'à l'un de ses tétons.

Scar grogna, un gémissement de besoin dans sa gorge, le poussant à serrer les dents.

"Comment peux-tu rester si calme près de moi ?" Elle sourit, avant de lécher complètement le téton de l'homme. Elle fit des mouvements circulaires avec sa langue, l'humidité contre sa peau rendait Scar complètement fou, il grognait lorsque aucun mot ne pouvait sortir. Il se sentait durcir à chaque touche.

"Hmm, tu n'es toujours pas décidé à me prendre ?"

Lust embrassa le cou de Scar, puis son menton. Les mouvements de la femme étaient lents, s'attardant sur chaque centimètre de peau sur son trajet.

"Mais j'oubliais... Peut-être est-ce plus facile de me détester ?" Demanda-t-elle, dirigeant sa main de la cuisse aux cheveux de Scar pour les caresser avec une douceur jamais vue, contrastant particulièrement avec des mots dites d'une manière un peu sévère. "Ta haine contre moi... Est-elle plus forte que l'amour que tu avais pour moi autrefois ?"

Était-ce le cas ? Comment pourrait-il y répondre, ses yeux étaient dirigés vers elle, de désirs brûlants. Il n'avait pas le temps pour ce genre de questions, pas lorsqu'il voulait jeter sa frustration, son désir et ses envies sur elle. Il était trop subjugué par cette femme pour s'accorder un temps de réflexion. Elle était allongée contre lui, et il ne pouvait pas bouger, pas même suffisamment pour regarder ses seins pressés contre les siens. Cela le rendait fou.

"Tu sais que ce corps est à toi ? Mon corps a toujours été pour toi. Je t'attendais."

Cette déclaration, contrairement à d'autres, fut entendue par Scar. Il voulait grogner soudainement de désespoir mélangé à une colère montante.

Non, elle mentait, se dit-il. Elle n'était pas à lui. Elle n'était toujours pas pour lui. Peu importe ce qu'elle disait et faisait, elle avait faux sur toute la ligne.

Elle posa un baiser sur le coin de la bouche de Scar, sans jamais toucher ses lèvres, sa main toujours là, à caresser ses cheveux tandis que l'autre alla dans le creux de son cou.

"Je sais à quoi tu penses actuellement." Dit-elle, ses yeux montrèrent une soudaine tristesse. "Tu penses toujours que mon corps appartient à ton imbécile de frère, mais c'est faux..."

C'était douloureux. C'était une torture, car c'était vrai, c'était ce qu'il pensait. Était-ce pour cela que son corps refusait de répondre à celui de cette femme ? Pourtant, il souhaitait pouvoir crier que c'était faux, et qu'elle était à lui.

"Scar... Quand vas-tu enfin réaliser que ton frère ne m'a jamais aimée, pas aussi sincèrement que toi tu m'aimes. En vérité, ce que ton frère voulait, c'était poser ses mains sur mon corps, et tu le sais. Au fond de toi, tu le sais très bien. C'est ce que les hommes veulent tous. Tous les hommes veulent la même chose. Ils sont tous pareils. Tout autour de moi, je ne vois que des hommes qui rêvent de se mettre entre cuisses. Mais je te rassure... Tous ceux qui essaient finissent avec des têtes séparées de leurs corps."

La voix de Lust devint plus sombre tout d'un coup, les traits de son visage plus méchants :

"Mais toi, tu m'aimes vraiment, n'est-ce pas ? Je sais que c'est ton coeur que tu aurais perdu si tu avais effectué la transmutation à la place de ton frère. Pour me ramener, tu aurais donné ton coeur. Ton coeur m'aime plus encore que tu ne me désires avec ton corps."

Son frère aimait cette femme, Scar voulait le hurler.

Elle n'avait pas le droit de dire ça. Non, elle n'avait pas le droit.

"Je ne suis pas comme lui... Jamais je n'aurais pratiqué une transmutation humaine, jamais. Même pas pour toi !" Cria Scar, les mots sortant enfin de sa bouche.

"Arrête de nier !" Hurla-t-elle en capturant le visage de Scar dans sa main libre et en approchant leur visage l'un de l'autre. Ses yeux de chats semblaient soudain furieux. Il ne pouvait détourner son regard d'elle. "Tu sais que ce que je dis est vrai. Tu es au courant de ce que ton frère a perdu pour me ramener à la vie... Tu sais quelle odieuse partie de son misérable corps, il a donné dans cet échange équivalent ! Pourquoi n'a-t-il pas perdu son coeur ce jour-là, ou n'importe quoi d'autre ? Non, il a perdu ce qu'il avait entre les jambes... Nous le savons tous les deux... Je n'étais rien de plus que l'objet de ses fantasmes. Jamais il ne m'aurait donné de l'amour, l'amour que je méritais. Il ne m'a jamais et ne m'aurait jamais aimée comme tu le fais. Je sais que tu ne veux pas uniquement mon corps... Tu me l'as prouvé avec des années d'abstinence. C'est pour cette raison que je désire te l'offrir, maintenant."

Scar ne supportait plus ces mots, ils firent naître en lui une colère qu'il ne soupçonnait pas.

Soudainement, par un mouvement rapide - de rage, il retrouva enfin l'usage de son corps. Il attrapa le bras de Lust et inversa leur position : elle sur le dos et lui au-dessus. Elle semblait surprise, son visage perdant sa colère, remplacée par... Des émotions étrangères sur ce visage pâle.

"Tais-toi !" Dit-il enfin en hurlant, de sa voix la plus forte. "C'est ton corps que je veux, rien d'autre ! C'est moi qui te veux aujourd'hui... Alors que tu étais promise à un autre ! Et tu penses que mon amour est plus pur que celui que mon frère avait pour toi ?! Tu étais sa fiancée, pas la mienne ! Je n'avais aucun droit de regard sur toi, je n'en ai toujours pas ! Je n'étais qu'un gamin ignorant ! Je n'étais qu'un gamin, c'est la seule raison de cet amour "si pur" dont tu parles !"

Non, il mentait, il ne voulait pas que ce corps. Il voulait cette femme entièrement, de chaque parcelle de son être. Tout a empiré avec les années, son amour pour elle n'avait jamais cessé de grandir, lorsqu'elle était partie. Il était passé d'un enfant avec un béguin enfantin mais sincère à un amour malheureux et inébranlable que même le temps ne pouvait effacer. Aujourd'hui, il voulait l'âme, l'esprit de cette femme, il voulait la caresser, il voulait l'entendre crier son nom, la voir le supplier de continuer. Il voulait sentir ce corps se rompre sous le sien, et il voulait déverser chaque parcelle de son être en elle pour l'imprégner comme la sienne à tout jamais. Il voulait la garder à ses côtés et ne plus jamais la laisser s'éloigner de lui. Il voulait tout d'elle et le faire savoir. La faire se sentir comme la chose la plus précieuse existante.

Mais il n'avait pas le droit de le faire. Non, il n'avait pas ce droit. Elle ne lui appartenait pas, encore moins de la façon qu'il voulait qu'elle le soit.

Si elle avait été à lui, il lui aurait déjà tout donné depuis longtemps.

"Je le pense toujours... Tu mens." Dit-elle en souriant, comme si elle était capable de lire son esprit à l'instant présent. "Tu dis ça uniquement car tu as peur. Tu as beau être l'homme le plus fort du monde, ton corps tremble comme une feuille dès que tu me vois. Je suis ta faiblesse. Tu as peur de "trahir" ton frère, n'est-ce pas ? Nous n'étions pas mariés lui et moi. La mort m'a prise avant que je ne fasse l'erreur de l'épouser. Il n'y aura jamais aucune trahison. Je peux faire ce que je veux. Je suis une femme libre, et si je veux me donner à toi, je suis dans mes droits. "

"Que veux-tu de moi ?" Dit Scar amèrement. "Pourquoi tu me tortures ? Me jouer ces vils tours... Es-tu vraiment un démon ou une punition de Dieu pour me punir ? Qu'attends-tu que je fasse, moi qui ne fait que me battre avec mon coeur et mes propres désirs pour ne pas commettre toujours plus de pêchés ?"

Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de la brune, faisant disparaître complètement tout autre émotion sur son beau visage :

"Je veux que tu me prouves ton amour. Et tu es en train de le faire une fois de plus : en ne profitant pas de ta chance pour enfoncer entre mes jambes, toute ta frustration et ta luxure. Je t'ai mis à l'épreuve. Je savais que tu m'aimais. Tu te bats constamment avec tes désirs, mais ton amour et plus fort et tu résistes encore - même sans t'en rendre compte. Tu souffres, mais tu résistes. Ton frère aurait plus que probablement tout fait sauf être aussi courageux et fort que toi. Il aurait cédé, sans même hésiter. Tu es spécial, Scar. Tu es ce qu'il faut à une créature comme moi. Tu as tout ce qu'il faut pour moi."

C'en était trop, il ne pouvait pas en prendre plus. Ces mots étaient en train de le tuer totalement. Ils firent monter en lui une rage palpable, un désespoir de sans lendemain possible.

"Je vais te donner tout l'inverse de ce que tu me demandes, sale monstre. Tu as tort. Mais puisque que tu te donnes à moi, je vais te prendre. En échange, prends ensuite mon âme avec toi en enfer, plus rien ne m'importe si ce n'est te faire taire une bonne fois pour toutes ! Je ne vais plus ressentir ce mal constant en moi et cette douleur à chaque fois que je pense à toi !"

Dans un cri de rage, Scar pressa son corps contre celui de Lust, pour aller mordre la chair de son cou pâle avec ses dents. Il poussa la main de la brune hors de la sienne, pour aller caresser son sein gauche.

Ses gestes choquèrent Lust, son corps commença à trembler contre celui de Scar - mais il ne le remarqua pas. Non, au lieu de cela, il continua de toucher ce corps parfait avec lequel elle le faisait languir depuis trop longtemps. Il n'était pas doux, il ne le pouvait pas. Il ne le devait pas. Elle le voulait aussi, d'ailleurs, n'était-ce pas elle qui mendiait pour cela quelques secondes auparavant ?

"Que... Que fais-tu ?"

Demanda-t-elle. Sa voix malicieuse était tombée, elle était maintenant pleine de peur, tout comme ces beaux yeux lavande étaient larmoyants - dont le regard montrait de la peur pure. Elle tentait même, de pousser le corps de Scar hors d'elle, mais elle n'en avait pas la force. Les bras de Lust sont tombés de chaque côté de son corps et ne semblaient plus vouloir bouger ensuite.

"J'ai inversé les positions, maintenant, c'est toi, qui vois ton propre jeu se retourner contre toi, monstre. Tu m'as dit de te prendre, je vais le faire." Dit-il amèrement.

"De cette façon ? Arrête... Tu ne peux pas faire ça, tu n'as pas envie de le faire... Tu vas te perdre, tu vas tout gâcher..." Répondit-elle. Les mots de Lust étaient des supplices. Mais était-ce pour elle ?

Il était trop tard... Scar avait déjà perdu : il ne pouvait plus arrêter son corps. Son désir ainsi que son envie de mettre fin à tout ça. Toutes ces années de retenue devaient prendre fin. Tout autour de lui avait disparu, il ne restait qu'elle et ces mots résonnant dans son esprit "Je te veux", "prends-moi", "je t'appartiens". Elle lui avait demandé.

Il ne pouvait pas l'avoir complètement. Pas comme il le voulait. Il ne savait même pas ce qu'était réellement cette femme, "quelle" femme elle était vraiment, ni si elle savait ce que signifiait "sincérité". Elle semblait toujours si fausse et sournoise, un niveau de complot démesuré derrière la tête.

Mais il allait au moins avoir une partie d'elle.

Il déplaça sa main gauche sous le genou de Lust pour poser sa jambe sur son épaule pour mieux se positionner entre ses jambes.

"Attends..." Dit-elle.

Scar ne l'entendait plus. Il attrapa ensuite sa virilité dans sa main et se guida à l'entrée de Lust, frottant sa queue le long de l'ouverture étroite de la brune.

"Non... Scar, ne fais pas ça... je t'en prie..."

Le frottement de la pointe de son sexe contre elle était une damnation. Il était perdu, au moment où il l'avait touchée à cet endroit, il avait déjà été trop loin.

Son membre la réclamait, sensible et désireux alors qu'il fit des mouvements de bassin, se frottant contre elle. Il était déjà si dur.

Une autre voix, mais une voix qu'il entendit lui donna des frissons :

"Ha, ha, ha. C'est ça... C'est ça. Allez, mon amour. Prends-moi..." La voix féminine de ses rêves les plus fous, si belle et si réelle, si proche. "Tu es tout ce que je veux, tant que j'en défaille déjà."

Il entendit ensuite Lust gémir, mais cette fois, elle semblait apprécier. Il n'avait entendu aucune complainte - si elle en avait fait une, mais il entendait les gémissements de luxure venant d'elle. Chaque phrase le suppliant de la pénétrer avec hâte. Lust retrouva à son tour la force de lever les bras, pour les enrouler autour du cou de Scar, sa jambe levée sur son épaule solide.

"Tu me veux... Scar... Tu me veux." Dit-elle en soupirant de joie, sentant la masculinité dure de Scar se frotter entre ses lèvres inférieures.

Scar grogna, c'était déjà si bon. Comment pourrait-il faire marche arrière ?

Il bougea la pointe de son sexe pour se frotter contre le clitoris de la brune, la faisant gémir à haute voix. Le son de cette voix si féminine criant pour lui était si exaltante, si charmante...

Après quelques secondes supplémentaires, Scar baissa la tête pour mordre l'un des gros seins de Lust, pendant que sa queue pénétrait légèrement ses lèvres pour se frotter entre elles et son humidité avec de petits coups de bassin. Le corps entier de la brune se tendit sous lui à plusieurs reprises alors qu'il la caressait à son point sensible durant ses frottements et ses mouvements imitant des va-et-vient. Il suça la pointe rose de son sein. Elle posa une main sur le bas du dos de Scar, et son autre main restait dans ses cheveux blancs, appuyant sur l'arrière de sa tête pour le garder proche d'elle.

"N'est-ce pas comme cela que nous devrions rester ?" Dit-elle entre deux gémissements. Peux-tu le dire toi aussi, que nous sommes faits l'un pour l'autre ? Nos corps sont parfaitement emboîtés l'un contre l'autre. Il n'y a pas de coïncidences à nos retrouvailles. Je suis à toi, tu es à moi."

Scar grogna de satisfaction et passa à l'autre sein comme réponse, pour mordiller son mamelon entre ses dents, faisait gémir Lust. Il la lécha ensuite, le bout de sa langue sur la pointe d'abord, puis autour de l'auréole rosée, avant de reprendre la pointe, ouvrant en grand la bouche pour l'avaler tout entier. Sa langue continua de mouiller la peau douce comme la brune l'avait fait plutôt pour lui.

Il voulait la dévorer.

"Scar..." Dit une Lust frémissante, le sentant durcir davantage à mesure qu'il se frottait contre elle.

Elle prononça son nom encore deux fois avant qu'il n'en puisse plus et bougea, abandonnant à contrecœur la poitrine succulente et bien ronde. Il n'avait qu'une main, mais son désir pour elle était si profond qu'il arriverait à lui faire crier son nom même amputé d'un bras.

Comme Scar dû se relever légèrement pour se positionner, Lust leva la tête quelques secondes pour regarder vers le bas et voir le membre épais, là, à se frotter contre elle. Lorsqu'il frotta le clitoris de Lust une nouvelle fois, elle retomba en arrière en un cri qui aurait fait rougir de fierté n'importe quel homme :

"Oh Scar ! (Sa tête retomba) Tu es incroyable ! Déjà si incroyable."

Scar n'était bien sûr, pas insensible. Il fit exprès de caresser le point sensible de Lust avec toute la longueur de sa queue.

Lorsque les cris de Lust ne suffisaient plus, il avait besoin de lui faire autre chose.

Il se releva légèrement, soulevant davantage la jambe de Lust grâce à un mouvement d'épaule, il la déplaça de sorte à ce que son sexe soit aligné à son entrée. Il rapprocha ses hanches de celles de Lust, pressant la pointe de sa virilité légèrement en elle, se guidant avec sa main. Son sexe était déjà péniblement gonflé et dur entre ses doigts. Il ne l'avait pas encore pénétrée qu'il se sentait déjà déliré sous le plaisir et le désir. C'était déjà si bon de sentir cette femme autour du bout de sa queue, qu'il devenait fou à l'idée qu'elle le prenne entièrement en elle.

"Scar... Attends."

Une voix à peine inaudible.

Une voix soudaine.

Scar ne l'entendit pas.

Il poussa légèrement plus en elle, savourant avec des grognements de plaisirs purs.

"Scar..."

Mais ce n'était qu'une voix de son esprit ?

Toujours pas, cette voix était trop faible. Scar n'avait désormais qu'un seul bruit résonnant dans ses oreilles : les gémissements de Lust d'un peu plus tôt. Ça avait été si bon de la voir agitée sous lui, et de la sentir gémir sous ses doigts.

"Arrête..." Dit-elle une fois de plus, désormais plus agitée, prenant le visage de Scar entre ses mains. "Arrête maintenant."

Le comportement de Lust avait changé. Ce n'était pas une voix douce, cette voix qu'il entendait était indescriptible.

"Je te veux", "j'ai besoin de toi", "je veux te sentir en moi", fais-moi tienne" étaient tout ce qu'il entendait, bien qu'ils ne soient que des mots passés, non ceux du présent.

"Arrête, Scar... Arrête."

Ce fut la dernière chose qu'elle dit avant de le sentir entrer en elle, lui coupant le souffle.

Scar poussa, sa queue alignée à merveille avec elle. Lust était serrée et humide, il poussa jusqu'à être entré en elle de quelques centimètres.

"N-Non... !" Cria Lust.

Trop tard.

"Fais-moi tienne.", encore et encore se répéta dans sa tête. Il n'en pouvait définitivement plus. Il était perdu.

D'un coup de hanche rapide, Scar entra en elle, la pénétrant et faisant taire ses murmures agaçants et provocants qui étaient répétés dans son esprit, parce qu'elle voulait qu'il la fasse sienne, elle lui avait dit. Elle le lui avait demandé.

Des années de frustrations et de désirs... Il n'allait plus rien refouler, il ne le pouvait plus. Elle l'avait fait atteindre son point de rupture en le provoquant, en le chauffant, il ne pouvait plus se retenir. Il enfonça son membre dur entre les jambes de la brune dans un mouvement de reins trop brusque.

Mais, alors qu'il s'attendait à cogner le corps de la créature au plus profond de son ventre, quelque chose empêcha son premier coup de rein d'être le bon.

Des parois beaucoup trop serrées enveloppaient son sexe - qui n'avait pas encore pénétré à mis-longueur la créature de ce qu'il aurait dû avant son coup de reins.

Un cri de douleur se fit entendre au même moment, arrêtant immédiatement Scar.

Un cri qui lui glaça le sang.

"Qu'est-ce que..." Dit-il à voix basse.

Alerté, il releva la tête pour regarder le visage de la créature. Le coeur de Scar se brisa immédiatement. Au lieu de voir un visage pâle et sournois encadré de cheveux noirs, des yeux d'un air lavande diabolisé et d'une expression d'extase, il vit le même visage, mais d'un teint bronzé, entouré de cheveux châtains. Les yeux de la jeune femme étaient d'un rouge rubis distinctif maintenant, et son visage était un mélange d'effroi et de douleur.

Le coeur de Scar s'arrêta, il en était sûr, en la voyant ainsi :

Elle était pressée sous le poids de l'homme, une expression de douleur, de choc sur le visage, et de grandes larmes visibles sur ses joues. Des larmes cristallines.

"Je t'en prie... Arrête..." Supplia-t-elle en pleurant. "Pourquoi fais-tu ça...?"

Immédiatement, il relâcha la jambe de la jeune femme, pour s'appuyer de son unique bras. Scar se releva suffisamment pour voir le bas-ventre de la jeune femme, et retira son sexe, doucement hors d'elle. Il tremblait de peur lui aussi désormais.

"Je suis désolée..." Murmura-t-il à plusieurs reprises. "Je ne voulais pas... Je ne voulais pas te faire de mal... Je ne..."

Il murmura ses mots dans des répétitions de sa propre douleur, jusqu'à être complètement hors d'elle, remarquant alors du sang le long des cuisses de la jeune femme.

Scar se brisa comme du verre.

"Non... Mon dieu... Non, Non, Non... Non !" Hurla-t-il.

Que venait-il de faire ? Qu'avait-il fait ?

Il n'avait pas pu faire ça, ce n'était pas possible. Il n'avait pas pu détruire la pureté incarnée, souiller de sang la jeune femme la plus pure et belle qu'il ait jamais vue.

Lust n'était qu'un démon sans âme. Un homunculus né du corps d'une autre. Elle n'avait rien de pure, surtout comparée à "'elle". C'était Lust qui était ici, à le torturer, à le provoquer, pas "elle". Et Lust n'était qu'une version sans pureté d'une autre femme. Lust portait le nom d'un péché !

Alors, pourquoi ? Pourquoi était-elle venue le tenter ? Elle, qui possédait Luxure comme seul et unique nom, ne devrait avoir aucune pureté. Pourquoi son apparence avait-elle changé ? Pourquoi lui avait-elle dit qu'elle le voulait d'une manière aussi sûre d'elle pour que cela se termine ainsi ?

Il se prépara à hurler, de peur, de regrets, de remords, de tout. Il ne comprenait plus rien. Qu'avait-il fait ?

Comment aurait-il pu ne pas reconnaître une femme d'une autre ? Il voulait hurler qu'il était désolé et demander pardon, il voulait hurler pour lui-même et pour "Elle".

Et alors qu'il était sur le point de le faire,

c'est à ce moment que...

Il se réveilla.

. . . . . . .

/!\ Fin de l'avertissement. /!\

Résumé : Scar est torturé mentalement et physiquement : il s'est réveillé auprès de Lust. Beaucoup trop proche, elle montrait un visage différent, sournois, avouant à Scar qu'elle le désirait et qu'elle pensait qu'il était l'homme parfait pour elle. Elle avoua également à Scar que son frère n'aimait pas autant cette femme qu'il le prétendait, mais qu'il ne la voulait que physiquement, ce pourquoi il aurait perdu ses organes génitaux durant la transmutation de Lust. Il comprit très vite que la Lust qu'il voyait détestait le frère qu'elle jugeait coupable pour de la luxure et que le frère ne la méritait pas. Sous les avances et les demandes de la brune, Scar ne pouvait ignorer plus longtemps la jeune femme, cédant à ses demandes, et tout deux commencèrent à coucher ensemble. Cependant ? Tout prit une tournure que Scar n'aurait jamais crûe possible, lorsque durant leur rapport sexuel, le visage de Lust apparu plus tard avec un teint de peau bronzé et des yeux rubis larmoyants lui demandant d'arrêter de la toucher. Il avait l'impression de devenir fou, luttant contre son désir (auquel il avait cédé) pour Lust, et sa volonté de préserver la pureté de la jeune femme au visage bronzé. Il ne savait alors plus quelle femme il touchait alors qu'ils étaient sur le point de faire l'amour, quelle femme était dans ses bras, ni si l'homunculus Lust avait réellement existé. Il hurla en se rendant compte, qu'au lieu de Lust, sous lui, se trouvait une jeune femme innocente ayant autrefois vécu à Ishbal. Il avait blessé la plus pure des jeunes femmes durant leur rapport sexuel parce qu'elle était vierge, et elle n'était pas Lust. Un Homunculus désireux et malin avait troqué sa place avec une autre jeune femme. Il se réveilla soudainement pour se rendre compte que tout n'avait été qu'un cauchemar. Que rien ne s'était passé. Mais ce cauchemar ne faisait-il que refléter les pires craintes inavouées de Scar lui-même ? Qui était réellement Lust ? Y avait-il toujours en elle, une partie de la jeune femme de son passé ?

Les yeux de Scar s'ouvrirent soudainement.

Son corps tremblait, recouvert de sueurs froides.

Il était allongé sur le sol, dos contre de la pierre, toujours le long de cette rivière.

Le ciel est la première chose qu'il vit en ouvrant les yeux. La lune haute éclairant patiemment son visage.

Scar avait l'impression d'immerger d'une véritable noyade. Était-ce un cauchemar ? Ce qu'il venait de vivre... N'était qu'un mauvais rêve, n'est-ce pas ?

C'est irréel... C'est irréel. Tout va bien... Je n'ai pas... Je n'ai rien fait... - Se répéta Scar.

Sa poitrine brûlait, sa respiration : une vraie cacophonie.

Il avait besoin de prendre de grandes respirations pour calmer ses nerfs et la chaleur dans ses poumons. Après quelques secondes, il revint lentement à la réalité : Oui, ce n'était qu'un rêve. Un cauchemar odieux. Il n'aurait jamais fait ça de son vivant.

Tout autour de lui était presque comme il l'avait laissé avant de s'être laissé emporté par le sommeil. Presque. Il était au même endroit.

Lust n'était pas sous son corps, ni nue. Et "la jeune femme" non plus.

Il portait encore son pantalon noir.

Dieu merci.

Il n'avait pas succombé à ce corps.

Il n'avait pas couché avec une chose non-humaine ni entaché le corps de la femme de son passé.

Cependant... Scar avait honte : en se relevant légèrement pour s'asseoir, il vit l'effet de ce rêve pêcheur - avant qu'il ne devienne un cauchemar - au travers du léger gonflement dans son pantalon. Mais la tournure horrible de ce songe avait vite fait de refroidir horriblement ses pensées et son corps. Heureusement, son pantalon était large, mais une douche froide lui ferait du bien, décidément.

Scar était encore déstabilisé par les visions s'étant offertes à lui dans ses songes... L'impression de se battre avec deux parties de son être.

Une partie désirait la brune, en acceptant que cette créature n'appartenait pas à son frère.

L'autre partie de lui, semblait la haïr plus que jamais pour vouloir le tenter et le séduire.

Il ne ferait jamais du mal à une femme. Peu importe si était humaine ou non.

Ce n'était qu'un rêve horrible. Un cauchemar. Il n'était pas maître des songes... Mais il était cependant maître de lui-même : jamais elle n'arriverait à lui faire ça. Ce cauchemar qui était survenu uniquement - il en était persuadé, car il s'était légèrement remis en question à force de côtoyer la créature. Oui, il avait osé imaginer que peut-être... Une partie de la femme dont il avait été amoureux était toujours présente.

Mais c'était une erreur. Cela ne pouvait plus arriver.

Elle était morte. Elle était auprès de Dieu.

Jetant un coup d'œil rapide autour de lui, Scar pouvait voir Edward allongé de l'autre côté du feu. Alphonse était là aussi, dos à Scar, regardant la rivière. Puis, il tourna suffisamment l'épaule pour remuer les morceaux de bois derrière lui, empêchant les flammes de s'éteindre, à l'aide d'un bâton.

Dieu merci. Personne n'avait vu l'effet secondaire physique présent sur son corps. Scar ne s'en serait pas remis si un enfant l'avait remarqué.

Il se releva suffisamment en s'appuyant de son bras et de ses jambes.

Tout allait presque bien. Car le mot "presque" ne disparaissait jamais.

Il manquait quelqu'un.

Où était l'Homunculus ?

Scar la rechercha du regard, mais elle était nulle part où être vue.

"Tu es réveillé ?" Demanda finalement Alphonse sans se tourner complètement.

"Oui."

"Un cauchemar ?"

Qu'est-ce qui lui fait dire ça ? J'espère ne pas avoir parlé durant mon sommeil... Y révélant des choses dont je ne suis pas fier. - Scar pressa sa main sur son visage, frottant son front, en grognant.

"Pourquoi tu me demandes ça ?" Répondit Scar.

"Juste comme ça. Tu t'es réveillé en plein milieu de la nuit... Ah, et heu... Ne parle pas trop fort, s'il te plaît. Edward vient de s'endormir."

Le blondinet dormait, allongé sur le dos avec son bras métallique courbé derrière sa tête. Les ronflements mélangés avec les bruits reposants de la rivière proche.

Cela dit, Scar se demandait toujours où était l'Homunculus. Il se demandait surtout pourquoi elle n'était pas là alors qu'Alphonse - qui ne pouvait dormir, ne devait pas la laisser sans surveillance. Il ne pouvait pas faire confiance aussi facilement à ce monstre. Cela l'obligea à questionner le garçon d'un ton sévère :

"Où est-elle ?"

Alphonse lâcha un petit hoquet à la question. Quelque chose qui fit immédiatement penser à Scar que ce n'était pas un geste de surprise, mais de crainte.

"Lust ? Oh.. Euh, elle est juste là, tu n'as pas à t'inquiéter." Dit Alphonse, serrant ses jambes métalliques, faisant face non pas à Scar, mais à la rivière.

Étrange. Sa voix était étrangement différente de d'habitude. Il cachait quelque chose.

"Elle est juste là ? C'est drôle, car je ne la vois pas." Répliqua Scar.

Aucune réponse.

Scar se leva. Heureusement, la tente sous son pantalon allait mieux, mais que très "légèrement" remise de ses émotions d'un peu plus tôt.

"Réponds. Si elle a fait quoi que ce soit, je jure qu'elle le paiera." Dit Scar sévèrement.

Sa voix claire et ferme. Si jamais elle avait fauté malgré son accord avec les Elric, elle ne s'en sortirait pas à si bon compte.

La grande armure sursauta dès qu'il se rendit compte des menaces à l'encontre de la créature.

"Non ! Ne lui fais pas de mal ! Elle n'a rien fait !" La défendit Al, en se retournant suffisamment pour le voir.

"Alors dis-moi où elle se cache."

Après un instant d'hésitation, le casque de l'armure se baissa - comme dans une défaite, répondant tristement :

"Elle est derrière la petite forêt, après les arbres par-là... Elle n'est vraiment pas loin... S'il te plaît, ne t'énerves pas... Elle n'a vraiment rien fait. Elle va très vite revenir..."

Alphonse indiqua la direction : la gauche de Scar. En regardant par-là, l'homme remarqua que la rivière semblait passer entre une petite forêts d'arbres.

"Je dois aller voir." Se dit-il.

Scar commença à marcher pour rejoindre la forêt, mais la voix en alerte d'Al se fît entendre derrière lui :

"Tu n'as pas besoin d'y aller !" Elle va revenir et..."

"Elle n'a pas le droit de s'éloigner." Dit sévèrement l'homme.

"Mais elle..."

Scar ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase, en jetant un regard sévère par-dessus son épaule, sans s'arrêter. Cela ne donna pas envie à Alphonse de le contrarier, le faisant se taire pour de bon.

Heureusement, Edward dormait profondément.

. . . .

Scar est arrivé à la petite forêt rapidement. Elle n'était composée que de quelques arbres - pas très épais. Il se faufila sans mal entre quelques feuillages, suivant simplement le cours d'eau qui continuait.

Quand finalement, il arriva à la fin de ce petit-bois, il remarqua avec émotion la vue s'offrant à lui :

Un lac se trouvait en face à quelques mètres. La vaste étendue d'eau était dégagée de tout arbre, ce qui laissait la lune ainsi que ses centaines d'étoiles se refléter à la surface. C'était magnifique.

Scar décida de s'en rapprocher, tout en inspectant les horizons : il ne remarqua la présence de personne.

Cependant... À mesure qu'il s'en approchait, une silhouette blanche prenait forme petit à petit sur la surface de l'eau. Un blanc curieusement identique à celui de la lune.

Intrigué, accélérant sa marche, Scar s'arrêta au bord de l'eau.

Très rapidement, il pouvait discerner ce qu'était cette forme blanche :

La forme, c'était son dos à elle, son dos qui faisait face à l'homme, alors que de fins bras couverts de noir semblaient se serrer autour de son corps mince.

Lust.

La créature à la peau de porcelaine se baignait. Elle faisait face à la lune et ne semblait pas avoir remarqué la présence derrière elle.

Mais surtout... Elle était nue, ne semblait porter que ses gants. Pourquoi les garder ? Il aurait pu se poser cette question s'il n'était pas déjà presque en train de devenir fou à la vue.

Fort heureusement, l'eau arrivait aux hanches de Lust, recouvrant ses fesses - et son intimité, les cachant à la vue de tout intrus. Sans parler des longs cheveux de la brune, tirés de coté sur l'une de ses épaules, ne recouvrant désormais plus son dos...

Une chaleur immense brûla soudainement la base des joues de Scar - puis son corps. Ses yeux - désormais écarquillés, n'arrivaient pas à se détourner de cette vue aussi belle que dérangeante.

Après le cauchemar, encore un autre ?

Un rêve éveillé ?

Pourtant, Scar avait conscience de ne pas respecter l'intimité de Lust. Créature, humaine ou non... Elle restait une femme. Au moins physiquement, ou au moins psychologiquement. Il ne devait pas être là... Avait-il déjà troublé l'intimité d'une femme comme ça ? Non. non, jamais.

Alors pourquoi ne pouvait-il pas prendre la décision de se retourner et de partir ?

Son corps était encore torturé par ce rêve dérangeant... Son esprit et son âme en pleurs. Ce cauchemar honteux... N'était-il pas suffisant ? La rage que Scar pouvait ressentir dans ce même songe faisait partie du passé et n'était pas réelle, n'est-ce pas ? Il était bien conscient que cette fois-ci, il ne rêvait pas, et que ce n'était pas Lust qui était venue "jouer" avec ses sentiments : il était venu à elle.

Mais elle était belle, trop belle : les lueurs de la lune se montraient dans ses longs cheveux noirs à l'arrière de sa tête, alors que sa peau pâle, en reflétait harmonieusement la lumière.

Plongeant ses mains dans l'eau, elle a mouillé son visage. Il pouvait presque voir les frissons sur sa propre peau en imaginant les petits filets du liquide froid caresser le corps de la brune - alors qu'ils descendaient de son cou à sa poitrine. Il avala sa salive, sa pomme d'Adam douloureuse.

Elle fit quelques pas en avant, laissant le bruit à peine audible de l'eau autour d'elle. Elle semblait caresser la surface de l'eau à chaque mouvement.

Le regard de Lust ne semblait jamais quitter la lune. Peut-être était-elle songeuse un moment - puis dans un petit mouvement, elle a vite réitéré son geste d'un peu plus tôt : prenant de l'eau entre ses mains, mais pour cette fois, frotter sa poitrine. Scar devinait chaque geste facilement par les mouvements des bras de la brune.

Pendant ces gestes, le corps de Lust se tourna légèrement, et là... Les joues de Scar prirent tout simplement feu :

Scar pouvait apercevoir un des seins de la brune quand elle décida de courber un bras derrière sa tête - sous ses longs cheveux ébène. Ce n'était que la vue d'une forme à cette longue distance, mais qui semblait si ferme et douce - même à cette distance, plus doux que dans son rêve le plus fou.

Cela ne dura qu'une fraction de seconde, mais c'était déjà trop, n'est-ce pas ? Scar était en train de commettre une grave faute, en plus de passer pour un vicieux.

Il devait partir, tenter d'oublier la forme arrondie et ferme de cette partie intime de féminité.

Gloussant, un nœud dans la gorge, Scar se retourna pour partir, espérant que Dieu lui pardonne d'avoir retardé son départ. Il avait le visage plus rouge que ses yeux.

Dans son coeur, il supplia des excuses à son dieu et à "Elle".

Pardonne-moi... Grand dieu d'Ishbal. Pardonne-moi -

Malheureusement, quelques pas faits pour partir, une voix, loin derrière son dos - surprise et alertée, prononça le pseudonyme par lequel il était réputé grâce à sa cicatrice.

- Scar !

Une voix qu'il redoutait maintenant plus que jamais, alors qu'une honte immense força son corps à se raidir et à lui faire cesser sa marche.

- Merde... Dit-il.

. . . .