Quatrième Année. C'est les vacances de Noël, et cette année, une fois n'est pas coutume, il y aura foule au traditionnel Bal de Noël. En effet, cette année, Poudlard accueille le célèbre Tournoi des Trois Sorciers et, dans la foulée vingt élèves de deux autres grandes écoles de magie : L'Académie de Magie de Beauxbâtons, située en France, et l'Institut Durmstrang, quelque part en Russie. Avec L'École de Sorcellerie Poudlard, elles forment à elles trois les plus prestigieuses écoles de Magie d'Europe.

Mais ce qui préoccupe le plus les élèves, actuellement, c'est le fameux Bal de Noël car, comme dans tout bal qui se respecte, que ce soit chez les Sorciers ou chez les Moldus, il est hors de question d'y aller sans cavalier ou cavalière !

Bien évidemment, toutes les filles de Poudlard ont jeté leur dévolu sur les garçons de Durmstrang, et les garçons de Poudlard, eux, sur les très jolies filles de Beauxbâtons. Mais il n'y a cependant rien de plus compliqué que de demander à la personne concernée, de venir au bal avec soi...

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Hermione Granger était, cependant, peut-être l'une des seules filles, sinon la seule, de toute l'école à ne pas s'inquiéter d'avoir ou non un cavalier, pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait pas l'intention d'aller au bal, mais c'était sans compter les invitations qu'elle avait d'ores et déjà reçues.

— Mais enfin, Mione, tu dois y aller ! Ça n'a lieu qu'une fois par an et... et en plus, tu as reçu des invitations !
— Ron, ça a lieu toutes les années ! répondit Hermione en levant les yeux au ciel. Et toutes les années à partir de maintenant, c'est-à-dire encore trois, je n'irais pas à ce bal. C'est une perte de temps. Et je me fiche des invitations. Ce ne sont que des bouts de papier.
— Une perte de temps ? Des bouts de papier ? demanda Harry, étonné. Moi je vois plutôt ça comme une chance de connaître quelqu'un d'autre que son entourage proche. Ron, tu as déjà quelqu'un en tête ?

Ron haussa les sourcils puis ses oreilles prirent une belle teinte rouge vif.

— Fleur... dit-il tout bas.
— Fleur... Delacourt ? dit Hermione. Oh, mon pauvre Ronald, tu n'as aucune chance ! Cette fille a du sang de Vélane, tous les garçons sont à ses pieds ! Ça m'étonne d'ailleurs que certaines filles de Poudlard aient reçu des invitations, nos gars veulent tous les filles des Beauxbâtons !

Ron fronça les sourcils puis marmonna quelque chose et croisa les bras, vexé. Hermione secoua la tête avec un sourire puis avisa la boutique de plumes et parchemins et signala aux deux garçons qu'elle les retrouverait plus tard.

C'était mercredi, premier jour des vacances de Noël, et les élèves restés à Poudlard avaient donc le droit d'aller se promener à Pré-au-Lard quand ils le désiraient à condition d'être rentrés pour le dîner sans quoi l'autorisation de sortie serait compromise pour l'élève fautif.

Hermione laissa donc ses deux amis et entra dans la boutique qui sentait bon le vieux papier et l'encre fraîche. Elle prit une bouffée d'air et sourit. Un homme s'approcha alors d'elle avec un sourire jovial et elle le regarda.

— Bonjour, Monsieur James ! s'exclama-t-elle.
— Miss Granger ! Quel plaisir de vous revoir.

L'homme regarda autour de lui puis leva l'index et s'éloigna. Hermione rigola doucement. C'était le signe qu'il avait quelque chose de nouveau à lui montrer et quand il revint en déposant sur le comptoir en pin massif, une boîte en métal argenté délicatement ciselée, Hermione ne put s'empêcher de s'approcher.

— Je viens de recevoir ce coffret d'écriture, dit l'homme en l'ouvrant délicatement. Regardez-moi ce petit bijou...

Il fit pivoter le coffret vers Hermione et celle-ci haussa les sourcils.

— Superbe... souffla-t-elle en approchant la main des plumes d'oie blanches alignées.

Juste à côté, il y avait trois encrier, vides, en verre épais recouvert de filaments d'argent, comme si on les avait retournés et fait couler de l'argent liquide dessus. Tout à droite du coffret, il y avait la plus belle collection de pointes de plumes qu'Hermione avait vue. Il y en avait douze au total, allant de la plus fine, comme un cheveu, à la plus épaisse. Elles étaient toutes en argent, gravées d'arabesques.

— Il est vraiment splendide, vous le vendez ?

L'homme de l'autre côté du comptoir pinça la bouche.

- Malheureusement, il est réservé... Il m'a été commandé, un cadeau de Noël... Il est arrivé ce matin et son nouveau propriétaire doit venir le chercher sous peu. Je désirais juste vous le montrer.

La clochette de la porte se fit alors entendre et Hermione pivota d'un quart de tour pour aviser la personne. Elle eut un léger hoquet en le reconnaissant.

— Malefoy... gronda-t-elle.
— Oh, fantastique, Granger ! répliqua le blond en levant les yeux au plafond. Dites, vous avez reçu un paquet à mon nom ? demanda-t-il ensuite au gérant de la boutique.

Hermione serra les mâchoires.

— S'il vous plait, Monsieur, auriez-vous reçu... commença-t-elle.
— Oh la ferme, Sang-de-Bourbe ! la coupa aussitôt le Serpentard. Alors, mon colis, j'attends ?

Hermione eut un violent sursaut sous l'insulte et elle recula de plusieurs pas, meurtrie et choquée qu'il ose utiliser une telle insulte devant un inconnu. Elle regarda l'homme qui semblait aussi choqué qu'elle. Sans un mot, le gérant referma le coffret et le glissa sous son comptoir. Malefoy haussa un sourcil et croisa les bras.

— J'attends.
— Et vous attendrez encore un moment, jeune homme, répondit le gérant, les sourcils froncés. La politesse et le respect des adultes sont-ils en option, chez les aristocrates ?

Les yeux de Malefoy lancèrent des éclairs.

— Je veux mon colis, dit-il, les dents serrées. Vous l'avez ou pas ?

Le gérant resta silencieux. Hermione serra soudain les mâchoires et s'approcha vivement du blond. Avant qu'il ne comprenne ce qui s'était passé, il éprouvait une atroce brûlure sur sa joue droite.

— Tu n'auras pas ton colis, espèce de sale petit blanc-bec ! s'exclama la Gryffondor. J'en ai plus qu'assez que tu te comportes comme si tu étais le Roi d'Angleterre ! Tu n'as que quatorze ans, bordel !

Elle vociférait littéralement, les larmes aux yeux et, se tournant vers le gérant, elle lui tendit une bourse de Gallions.

— Je prends le coffret, dit-elle, un peu brutalement. Cash. S'il vous plait.
— Miss Granger, il est réservé et... hésita le gérant en regardant Malefoy.
— Justement, répondit Hermione.
— Tu n'as pas le droit, Granger ! répliqua aussitôt le blond en se précipitant sur le comptoir. Il est à moi ! C'est mon cadeau de Noël !
— Eh bien sache que c'est un bien trop beau cadeau pour un garçon aussi odieux que toi ! répliqua la brunette dans la foulée en le repoussant vivement. Envoyez le prix du coffret à Mrs Malefoy, dit Hermione au gérant. Tu ne mérites pas qu'on te fasse de tels cadeaux, tu n'es qu'un sale gamin égoïste et pourri gâté qui claque des doigts pour avoir ce qu'il veut ! ajouta-t-elle en regardant de nouveau Malefoy.

Il était rouge de rage et se retenait à grand-peine de bousculer Hermione et de lui filer la raclée de sa vie. Cependant, il était en présence d'un sorcier adulte qui avait parfaitement le droit d'user de magie, lui, pas comme eux, et qui se ferait un plaisir de protéger Hermione et de faire passer l'envie à ce jeune sorcier insolent, de se défouler sur une fille.

Le gérant prit un malin plaisir à emballer le coffret sous le nez de Malefoy, pendant de longues secondes, et le Serpentard enrageait littéralement. Ses poings se serraient et se desserraient, une grosse veine saillait à sa tempe et battait la mesure.

Quand le paquet fut prêt, Hermione hocha la tête pour le gérant et celui-ci sortit sa baguette et le fit disparaître.

— Livré à domicile, dit-il avec un petit sourire triomphant en regardant Malefoy.

Celui explosa soudain.

— Mon père en entendra parler ! hurla-t-il. Vous allez avoir des problèmes ! Je vais m'assurer que cette misérable boutique soit fermée !
— Oh, mais faites, jeune homme, j'ai enduré plus coriace que votre cher père... dit le gérant avec un mince sourire en s'accoudant au comptoir. Tenez, Miss, votre monnaie...

Hermione récupéra les quatre Mornilles que lui tendait l'homme et elle les regarda un moment avant de regarder Malefoy. Elle se tourna alors vers lui, lui prit la main et lui plaqua les quatre piécettes dans la paume.

— C'est tout ce que tu mérites, souffla-t-elle. Joyeux Noël...

Elle adressa un sourire et un signe de la main au gérant puis quitta la boutique, très fière de ce qu'elle venait de faire, mais aussi soulagée et un peu effrayée. Elle savait que Malefoy ne lui ferait jamais de mal, que même s'il avait été élevé à détester les Moldus et les sorciers qui en descendaient, il n'irait pas risquer sa réputation en levant la main sur une fille. Et encore moins sur la meilleure amie du Sauveur du Monde Sorcier... Mais bon, son esprit tordu pouvait très bien contourner habilement tout ça sans que personne ne le sache...

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De retour dans son dortoir, Hermione découvrit le colis sur son lit et s'empressa de le déballer. Elle l'ouvrit et l'admira pendant plusieurs secondes avant de le refermer et de le ranger soigneusement sous son lit, dans sa valise. Elle n'avait pas l'intention de s'en servir ou de l'offrir, elle l'avait acheté pour donner une leçon à Malefoy et elle espérait bien que cela fonctionnerait.