What a wonderful world

Salut à tous !

Après une longue période d'inactivité, je reprends du service en profitant du confinement pour me lancer dans un univers que je n'avais pas encore eut l'occasion d'explorer mais qui m'intéresse beaucoup, celui des alphas et des omégas. Ça change un peu de ce que j'ai l'habitude d'écrire alors j'espèce que ça vous plaira quand même !

Bonne lecture !


Chapitre 1

Gabriel traverse rapidement la rue pour rejoindre son petit appartement. Tous les sens en alerte, il jette régulièrement des coups d'œil par-dessus son épaule.
Quelques centaines de mètres à peine.
La pluie tombe en fines gouttelettes qui se prennent dans ses mèches folles et scintillent à la lumière des réverbères. Il resserre les pans de son manteau autour de lui, bien conscient qu'il n'est pas censé être dehors à cette heure-ci. Il sait parfaitement qu'il n'est plus en sécurité en dehors de la chaleur du club.

« Prudence est mère de sûreté, Gabriel »

Combien de fois a-t-il entendu ces mots de la bouche de sa mère ? Toujours est-il que s'il est encore libre et non marqué à 24 ans, c'est en partie grâce à elle et aux valeurs quasi-paranoïaques qu'elle lui a enfoncé dans le crâne à l'aube de ses premières chaleurs, quand il a compris qu'il passerait sa vie en tant qu'oméga et pas en tant qu'alpha.

L'exception de la famille.

Il y avait bien Raphaël, mais c'était différent. Un bêta était toujours plus respecté qu'une putain esclave de ses hormones. Ouais, Michel n'avait jamais été un grand poète. Ni un grand frère, d'ailleurs. Le seul qui avait continué à agir comme si de rien n'était était Lucifer.
Ah, Lucy.
Son modèle, son héros, érigé si haut sur son piédestal qu'il doutait un jour de lui arriver à la cheville, même en grimpant sur un tabouret.

Enfin, ça c'était avant. Avant qu'il ne comprenne que la vie finit toujours par séparer ceux qui sont fait pour être ensemble.
Combien de temps qu'il ne l'a pas vu ? Un an ? Peut-être deux. Qu'est-il devenu ? Est-il devenu l'alpha dont son père avait toujours rêvé ? A-t-il rencontré un oméga ? L'a-t-il...

Il secoue la tête. Ça ne lui ressemble pas de se perdre ainsi dans le dédale de ses pensées. Il doit être attentif, alerte, son appartement n'est plus qu'à quelques mètres, il attrape les clefs au fond de sa poche...

- Eh, toi !

Gabriel s'immobilise en même temps que son cœur rate un battement. La pluie cloue toutes les odeurs au sol mais il n'ose pas tourner la tête. Sa prise se resserre sur son trousseau, il attend, guettant le bruit mouillé des pas de celui qui l'a abordé dans la rue déserte.

- J'te parle.

Il n'est plus qu'à quelques mètres, il peut voir d'ici le fronton de sa porte. C'est trop bête.

- T'es sourd ou quoi ?

Une première effluve lui effleure les narines. Alpha.
L'autre a dû le sentir aussi puisque le chuintement de ses pas se stoppe net. Gabriel fixe toujours sa porte, la poignée ne lui a jamais paru aussi brillante qu'à la lumière des lampadaires. Aussi loin. Il pourrait courir. Son cœur se met à battre plus vite à cette perspective.

- Qu'est-ce qu'un oméga fait tout seul dehors à cette heure-ci ?

La voix de l'homme est grave, son timbre sensuel. Il doit être jeune, peut-être quelques années de plus que lui. Il peut facilement le rattraper. Mais qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas ?

Sortant brusquement les clefs de sa poche, Gabriel pique un sprint jusqu'à la porte de son appartement, le cœur battant follement dans les oreilles. Il entend l'homme le héler, étouffer un juron, puis le bruit de ses pas derrière lui.
Il s'écrase presque contre sa porte et tente d'enfoncer sa clef dans la serrure d'une main tremblante.

- Allez... Allez...

La panique hache ses mouvements et il sent sa gorge se nouer alors que sa vision se brouille d'une peur viscérale. Pourquoi cette fichue ne veut-elle pas s'ouvrir au moment où il en a le plus besoin ? Il secoue la poignée en gémissant. Clic. Une larme de soulagement roule sur sa joue à l'instant où il parvient enfin à tourner la clef pour pousser la porte, chez lui, en sécurité.

Une main l'attrape soudain par le col pour le tirer en arrière.