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Noví Grad.
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Môj texaský
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Vendredi 19 avril.
Clint hocha simplement de la tête et se leva, il avait hâte de fuir l'ambiance malsaine qui régnait à cet instant. Il se doutait bien que ce Matúš était jaloux de lui. Mais il ne passait rien entre lui et Pietro. Il n'avait pas à s'en faire.
Un long silence s'immisca entre Pietro et Clint, ils marchaient côte à côte sans rien dire. Clint était vraiment mal à l'aise, il ne voulait pas créer autant de tension. Il tenta de dénouer la situation.
« Ça avait l'air tendu tout à l'heure... Avec .. Matúš?
– Oh... c'est ... »
Pietro stoppa net et se tourna vers Clint.
« Un peu oui, mais j'ai pas envie d'en parler, allons dîner Clint... demanda le jeune en réajustant le col de Clint.
– Très bien, fit seulement le père de famille.
– Qu'est ce que tu veux manger Clint?
– Fais-moi découvrir ta Sokovie. »
Le jeune sourit en coin et tourna subitement dans une rue.
Clint pouffa de rire nerveusement, il était en train de suivre un homme qu'il connaissait à peine dans des rues un peu sombres. Un homme qui lui promettait de lui découvrir la gastronomie d'un pays qui détestait les américains.
« J'ai pas eu le temps de réserver mais on aura de la place.
– Ok, je te fais confiance. »
Les hommes marchèrent encore un peu puis Pietro entra dans un petit restaurant. On aurait dit une maison. C'était une maison. Il y avait juste un petit panneau qui indiquait que c'était un restaurant.
De l'extérieur, ça ne payait pas de mine mais de l'intérieur, c'était typiquement sokovien. Pietro s'adressa à l'accueil et une hôtesse les emmena carte à la main vers une table un peu reculée. Les hommes s'assirent puis Pietro proposa.
« Si on se l'a fait à la sokovienne. Je propose qu'on boit une borovička.
– Allons-y, ta soeur m'a déjà à moitié tué, autant continuer. »
Pietro sourit puis passa commande. Clint reprit de suite.
« Tu vas me traduire les plats au moins!
– Il faudrait que tu t'entraines un peu à parler Sokovien. Au début tu faisais des efforts maintenant, tu ne t'adresses plus qu'en anglais.
– C'est vrai. J'avoue.
– Mais je t'aiderai si tu bloques sur un mot.
– merci. »
L'apéro arriva sur la table accompagné de poulet à la sokovienne. Ils burent leurs verres cul sec, puis recommanda une autre Borovička puis ils commanderent leur plats. En attandant que leur plats arrivent, Pietro chercha à en savoir plus sur son américain préféré.
« L'armée te manque pas?
– Un peu, mais on est jamais nullepart chez soi, lança Clint en haussant les épaules.
– Parce que tu l'es ici?
– Non. Et toi? Tu as toujours vécu à Reknova?
– Non, on est de Banská Bystrica à la base, près de Novi Grad mais...
– Mais?
– J'en ai aucun souvenir, ma mère est décédée j'avais trois ans. On a été recueillies par son frère et sa femme.
– Mince, je suis désolé, bafouilla Clint avant de manger un peu de poulet en guise d'apéro.
– On a eu une belle vie Wanda et moi. Enfin, je trouve. On a perdu notre mère jeune, notre géniteur s'est barré avant même qu'elle accouche mais... Django et Marya... Ils... On avait un toi, de la nourriture, de l'amour ... C'est tout ce qu'on voulait... Abrégea Pietro, le regard triste.
– Et ils habitent où?
– Ils étaient d'ici de Reknova. Ils ont été tués comme pas mal de gens durant la bataille de Sokovie, annonça Pietro fataliste.
– Merde... Qu'est ce qu'il s'est passé ?
– Je t'en parlerai peut-être après quand je serai moins sobre, dit seulement Pietro.
– D'accord.. désolé... fit Clint en baisant les yeux.
– Ne le sois pas, chuchota Pietro en posant la main sur celle de Clint. »
Clint fut gêné un instant. Il ne savait pas si c'était cette main d'homme qui le tenait ou bien ce qu'il ressentait lorsqu'il avait fait ce geste.
« T'as d'autre frère et soeur? relança subitement Clint pour couper ce moment ambiguë.
– Non, aucun, même Django et Marya n'avaient pas d'enfants. On était leur... Leur trésor... Chuchota Pietro.
– C'est trop mignon, lâcha Clint spontanément. »
La serveuse arriva et servit les plats que Pietro avait choisi pour eux. Un guláš sokovien, un vyprážaný syr accompagné de halušky.
Clint goûta tout d'abord le guláš, puis découvrit le vyprážaný syr, un steak de fromage pané , puis les halušky, produit similaire au gnocchis.
Après avoir goûter au repas, Pietro reprit.
« Et toi? Où as-tu connu ton épouse?
– Au lycée...
– Oh un amour de jeunesse.
– En quelques sorte. On s'est fréquenté un peu, on s'est amusé chacun de notre côté ensuite. Surtout moi, avoua clint. Et un jour on s'est retrouvé, finit-il par dire.
– Et vous vous êtes plus jamais quittés, marmonna Pietro.
– C'est un peu ça, oui.
– Du coup, ça fait un bail que vous êtes ensemble. En fait, je viens de me rendre compte que je ne sais même pas ton âge.
– Ouh là, je le connais pas moi-même, plaisanta Clint. »
Pietro éclata de rire.
« Je miserais sur 60 ans! Maxi, ajouta t-il ensuite.
– Merci! Enfoirés. J'ai ... 44 ans, fit Clint en grimaçant.
– Ouch.
– Ouais...
– C'est pas non plus 60 ans mais ça pique quand même, ajouta Pietro en grimaçant.
– Et toi? finit par demander Clint.
– Même âge que ma soeur.
– Tu veux pas me le dire?!
– Non.
– Pourquoi ?
– Je voudrais pas te faire fuire, chuchota le sokovien.
– D'accord... répondit Clint en chuchotant lui aussi. »
Les hommes continuèrent leurs repas, Clint finissait le guláš, tandis que Pietro finissait le vyprážaný syr.
« Alors ce guláš? demanda Pietro.
– Divin.
– Normal, il est sokovien. »
Clint sourit, alors que le plus jeune se laissa tomber contre son dossier repu.
« Je suis en train de chercher une spécialité sokovienne en dessert, mais je suis pas sûre qu'ils aient ça à la carte.
– C'est pas grave, au pire, on sait qu'il y a des digestifs sokoviens.
– Oh ça oui, ça n'empêche que je suis gourmand. Et que je veux un dessert, répondit Pietro en se remettant correctement. »
Clint sourit gêné. Pietro semblait vraiment être attiré par lui. Toutes ses phrases semblaient porter à confusion. C'était très ambiguë. Ça le stressait un peu dans un sens et dans un autre, ça lui plaisait.
« Bon, je vais aller commander un digestif et un dessert, se décida Clint en se levant.
– Tu y vas? s'étonna Pietro.
– Oui, à condition que tu me dises ce que je dois prendre!
– Tu vas savoir le prononcer ? le titilla le jeune garcon.
– Ça, on le saura que quand on nous le servira, lâcha Clint en grimaçant.
– D'acc, je veux bien: čokoládová zmrzlina,
– J'arrive. »
Pietro lui fit seulement un clin d'oeil et Clint paru rougissant à cet instant, il ne savait pas ce qui allait commander. Il avait déjà oublié, il retourna à la table et Pietro nota le plat sur son téléphone. Clint se demanda si ce n'était pas une blague. Une sorte de bizutage, ou était les voyelles ? Il ne voyait que des consonnes! Il passa la commande de Pietro et commanda deux slivovíčka.
« Alors?
– J'espère que je me suis pas trompé. Je suis pas sûr qu'elle m'ait comprise. Il manquait pas des lettres? demanda Clint tout de même.
– Des lettres? Non! Pourquoi?
– J'avais l'impression qu'il manquait des voyelles, lança sérieusement Clint. »
Pietro éclata de rire et Clint le suivi dans son fou rire. Les hommes se calmerent alors que la serveuse arriva. Clint fronça les yeux en voyant la commande.
« Merde... J'ai dû me tromper.
– Pas du tout. Čokoládová zmrzlina, une glace au chocolat et c'est vrai qu'on dirait qu'il manque des voyelles. Une slivovíčka ?
– Yep.
– Et bien, Clint, lança Pietro en attrapant son verre. J'ai passé une agréable soirée en ta compagnie.
– Et bien, moi aussi. Santé, lança clint'
– À nous, ajouta Pietro.
– Euh... Oui .. santé. »
Les hommes burent la moitié du verre, puis Pietro entama sa glace au chocolat.
« Tu en veux?
– Je voudrais pas te voler ta glace.
– Je suis peut être gourmand mais je suis pas égoïste non plus. Sers-toi, chuchota Pietro en lui tendant une cuillère. »
Clint accepta et pris une cuillerée.
« Parles moi de toi Pietro, chuchota subitement Clint.
– Que veux-tu savoir de moi?
– Je sais pas ..
– Tu voulais savoir comment mes parents sont morts... Enfin Django et Marya... Je vais plomber l'ambiance je crois.
– Tu n'es pas obligé de m'en parler. Excuse-moi.
– La guerre, tu connais ça, toi, la guerre. »
Pietro se tut et Clint ferma les yeux. Il en avait connu des guerres, il avait perdu des frères d'armes, mais aucun de ses proches étaient une victime de guerre.
« Ils sont .. des dommages collatéraux... Le missile qui nous est tombé dessus devait tomber 10 mètres plus tôt. Un peu de trop de vent, des calculs pas très précis et voilà qu'il tombe chez nous. Et tu sais de quelle nationalité elle était cette bombe?
– Américaine je présume.
– Stark industries... Je vois encore ce putain de nom inscrit sur ce missile, armé mais en attente.
– Il avait pas explosé ?
– Wanda et moi, on était terrorisé, on ne savait pas où se situaient exactement nos parents, on pouvait s'enfuir, on avait une ouverture mais on voulait pas. On attendait les secours, pour qu'ils délivrent nos parents, ils ne sont jamais venus, et cette bombe n'a jamais explosé.
– Comment sont-ils mort?
– Étouffé, ils avaient les poumons perforés. D'après les légistes, ils sont mort 30 minutes après l'impact, Wanda et moi sommes restés deux jours ...
– Pietro .. je suis vraiment désolé. Je comprends que tu m'en veuilles, murmura Clint.
– Que je t'en veuille?
– Et bien, je suis un ancien militaire américain, alors je comprendrais que tu m'en veuilles, ajouta t-il encore.
– Ce n'est pas aux américains que j'en veux, enfin du moins, pas aux militaires. C'est... J'en veux au gouvernement de laisser des entreprise comme Stark industrie revendre des missiles sans savoir ce qu'ils vont en faire... Bref, parlons plus de tout ça tu veux bien? déclara Pietro en serrant la main de l'agent de sécurité dans la sienne. Je t'en veux pas Clint ...
– D'accord...
– J'ai pété l'ambiance, lança Pietro en retirant sa main.
– Il fallait que ça sorte ! le défendit Clint.
– Chceš kávu alebo druhý digestív? (Voulez vous un café, ou un second digestif?) demanda la serveuse.
– Vezmeme si becherovka. (On va prendre une becherovka.) »
La serveuse repartie, Pietro reprit.
« J'ai commandé une becherovka, t'en as déjà bu?
– Ça me fait peur, lança Clint en riant.
– C'est juste des herbes, des épices et de l'eau! avec un peu sucre et beaucoup d'alcool aussi! ajouta ensuite Pietro.
– Tu vas me tuer...
– C'est pas grave on est à pieds!
– Parle pour toi, je dois retourner jusqu'à Krásne après!
– Ah oui, c'est vrai. Merde, je le buverai si tu veux, se dévoua le sokovien.
– T'inquiètes, j'ai été entraîné à la russe. »
Pietro éclata de rire. Son rire se faisait entendre dans toute la salle.
« Je rigole pas! Ma meilleure amie est russe!
– Ah ouais? Elle vit aux état Unis? doutait le plus jeune.
– Ouais, elle a étudié à New York, on s'est rencontré au lycée. Elle bosse pour Security Corporation maintenant, j'ai réussi à la faire entrer. Laisse tomber, j'en ai pris des cuites avec elle et son pote d'enfance.
– Comment elle s'appelle ?
– Natasha, Natasha Romanoff et son pote c'est James Barnes.
– Barnes? C'est pas très russe ça!
– Son père est americain et sa mère est d'origine Roumaine, mais ils ont émigré en Russie. Il vit aux state aussi maintenant. C'est un militaire. »
La serveuse arriva et déposa les verres. Les garçons sourirent puis trinquerent avant de boire le verre cul sec.
« Youhou... c'est dur. »
Pietro rit à plein poumon.
« La clope va être terrible.
– Tu m'en fileras une?
– Yep. Je vais pas tarder à y aller de toute façon. J'ai encore de la route.
– T'as raison. »
Le duo alla régler la note puis ils repartirent vers l'Avengers bar.
Ce fut devant l'enseigne à présent éteinte que Pietro s'approcha des lèvres de l'américain, mais Clint empêcha le sokovien de sceller leurs lèvres.
« Je... Je ne peux pas! lâcha Clint en se reculant alors que Pietro tourna les yeux honteux.
– Désolé, fit Pietro, bonne nuit Clint, ajouta t-il en partant.
– Attend, fit Clint en lui attrapant le bras.
– Je pensais juste que je te plaisais, tentait de se justifiait le blond.
– Mais, je .. je ne suis pas gay. »
Pietro sourit jaune et rétorqua.
« Pourquoi t'as accepté ce rendez-vous si tu l'es pas?
– Je... J'en sais rien, avoua Clint.
– Tu savais que j'étais gay!
– Mais non.
– klamár! (menteur!) Clint... Tu savais! le contredit encore Pietro.
– C'est vrai, avoua ce dernier, mais je croyais que c'était un dîner entre pote, rebondit-il ensuite.
– Et bien pour ma part, c'était un rencard, et je reste persuadé que tu le savais.
– Peut être bien... Je .. je suis un peu perdu Pietro, bafouilla Clint.
– Ça, je veux bien le comprendre. Dans tous les cas, j'ai passé une excellente soirée. Et.. j'espère que jai pas été trop lourd, lança le jeune en tentant de fuir une nouvelle fois.
– T'as été parfait. Pietro! C'est la première fois que... Que..., Bafouilla encore Clint en le retenant par la manche.
– Tu es attiré par un mec? supposa t-il. »
Clint hocha seulement de la tête, puis regarda le sol honteusement tout en lâchant la manche du sokovien. Pietro sourit tendrement.
« Et bien je suis flatté d'être le premier mec à faire chavirer ton coeur. »
Clint releva la tête et pouffa de rire.
« C'est une technique de drague sokovienne ?
– Non c'est une technique de drague bancale c'est tout! Lâcha Pietro en riant luii aussi.
– Et bien, ça m'a fait rire.
– Homme qui rit, déclara Pietro en riant encore. »
Clint rit de nouveau, puis se calma.
« Bonne nuit Clint.
– Bonne nuit Pietro, murmura rapidement Clint avant de se retourner et de partir vers sa voiture. »
Dans sa škoda, Clint inspira une grosse bouffe d'air. Il avait tant eu envie de céder à la tentation des lèvres de ce sokovien. C'était une torture de ne pas y avoir céder. Il finit par démarrer puis entreprit d'aller jusqu'à chez lui, lorsqu'il croisa Pietro qui s'en allait à pied jusqu'à chez lui.
Clint hésita quelques secondes puis s'arrêta et ouvrit la portière côté passager.
« Je te dépose.
–Určite nie! ( sûrement pas !) Non merci. Ça ira, c'est gentil.
– C'était pas une question Pietro, je te dépose. »
L'homme grimaça et finit par entrer dans l' lui dicta la route à prendre puis, Clint lança.
« Je savais que tu étais gay, et je savais que c'était un rencard. C'est juste que je savais pas comment se terminerait cette soirée. Et je me suis dis que tu tenterais peut-être rien ce soir, et que je pourrais profiter de flirter avec un mec qui me plaisait, annonça Clint de but en blanc.
– Alors je te plais quand même un peu, déclara Pietro timidement.
– Biensure que oui!
– D'accord, fit seulement Pietro à present gêné par la situation.
– J'ai autant eu envie de t'embrasser que toi, mais j'ai peur des conséquences.
– Hummm... fit seulement le jeune homme, alors que Clint espérait que Pietro en dise plus. »
L'américain reprit la parole.
« J'ai peur de m'attacher à toi. J'ai pas envie de te blesser et j'ai pas envie de blesser mon épouse non plus, tu comprends ce que je veux dire?
– Je comprends. J'habite là, abrégea le plus jeune. »
Clint s'arrêta, puis retint Pietro par le bras. Il plongea son regard dans celui du sokovien.
« D'accord, Je savais que tu étais gay, et je savais que c'était un rencard mais tu savais aussi que j'étais marié et que tôt ou tard, je repartirais chez moi.
– Et alors? Je devrais laisser passer ma chance? Tu me plais de trop pour ne pas tenter quoique se soit. Je savais très bien que tu ne quitterais pas ta femme pour moi et que tu partiras un jour, ça n'empêche que ... Tu me plais toujours malgré ça, chuchota le jeune, alors que Clint fut troublé par cet aveu plus que sincère.
– Tu serai prêt à être l'amant d'un gars qui finira par partir à 7000 km de toi?
– Tant qu'il n'est pas Texan, ça me va. »
Clint pouffa de rire.
« Excuse-moi, désolé c'est nerveux, de défendit Clint.
– C'était fait exprès, pour détendre l'atmosphère. T'inquiètes pas Clint, y'a pas mort d'homme... Arrête de stresser. Bonne nuit Clint, fit le jeune. »
Clint hésita un moment et finit par lâcher le bras du plus jeune.
« Bonne nuit Pietro, finit-il par dire. »
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Dimanche 21 avril
Clint était dans le jardin et finissait d'arroser les plantes. Il était dans ses pensées et ne savait pas s'il devait saisir cette opportunité. La veille au matin, Clint avait reçu un appel de son employeur, il devait accompagner monsieur Caldwell à Noví Grad durant quatre jours. Il travaillerait en demi journée et sejournerait à l'hôtel.
Clint n'avait pas eut le choix d'accepter son offre, mais la question d'emmener Pietro s'était posé lorsqu'il était tombé sur les informations peu après. Un meeting sur le droit à l'adoption pour tous se tiendrait justement à Noví Grad. Pietro pourrait trouver plusieurs alliés.
Clint posa l'arroseur et se posa lui aussi. Il n'avait pas trop eut le temps de réfléchir à la question. Il avait passé toute son après midi au centre commerciale avec femme enfants, puis s'était retrouvé chez leurs voisins. Ce fut ce matin qu'il commencait a réfléchir à la question. L'informer qu'il y avait un congrès à Noví Grad n'engageait à rien. Il finit par envoyer un SMS au sokovien.
" – Salut, je ne sais pas si tu le sais, il y a une sorte de manif à Noví Grad cette semaine.
– Salut, une "manif"? Qu'est ce que c'est?
– Une manifestation. Désolé, j'avais oublié que l'anglais n'est pas ta langue maternelle.
– Ah, d'accord et ça concerne?
– Ah oui! C'est à propos du droit à l'adoption pour tous. Je me suis dis que ça pourrait t'intéresser, je pense qu'il y aurait quelques personne avec qui se rallier.
– Intéressant. C'est quand exactement ?
– Cette semaine, j'ai plus les dates en tête.
– Je vais voir ça. Merci.
– De rien. "
Clint rangea son portable.
Au moins il avait prévenu Pietro pour la manifestation. Lui n'irait pas à cette manif, c'est sûre, mais peut être que Pietro irait et pourquoi pas se rejoindre pour faire la route ensemble. Clint reprit son téléphone.
"– Je pars pour Noví Grad demain, pour quatre jours. Mon train part à 9h, si tu veux, on peut faire la route ensemble. 4h de train seul c'est pas super.
– Ah, et bien, je ne sais pas, je vais voir. Combien ça coûte au fait Reknova-Noví?
– Oh, euh une quinzaine d'euros.
– D'accord, je verrais.
– Ok, tiens moi au courant."
Clint rangea son téléphone et se rentra également. Il aida son épouse a finir le repas du midi, puis passa à table.
Ce fut à peine sortit de table que Clint reçut un SMS.
"– La manif est mercredi, dommage qu'elle soit pas prévue lundi, ça aurait été mieux.
– Oui dommage."
Clint se leva et alla se faire un café avant de répondre encore.
" – Après tu peux rester du lundi au mercredi.
– Ça va pas être possible financièrement parlant, j'ai pas les moyens de m'offrir deux jours à Noví Grad. Tu sais combien coûte une chambre d'hôtel?
– 89 € ! C'est rien du tout.
– C'est déjà trop pour moi.
– Pas pour moi, je t'héberge, si tu veux."
Clint attendu une réponse du sokovien, mais rien n'arrivait, il prit son café en main et alla se poser dans le jardin. Lila et Cooper jouaient au ballon, alors que Laura éplucher déjà les légumes du repas du soir.
La femme proposa ensuite d'aller se ballader, ce fut en famille que les Barton allèrent se ballader dans les rues de Krásne. Il y avait pas grand chose autour, pas de magasin, rien de tout ça, mais la vie était magnifique de l'autre côté de la rue. D'un côté il y avait des rangées de Mason, de l'autre, des montagnes a perte de vue.
Ce fut pour l'heure du goûter qu'ils rentrèrent, Laura alla plier le linge tandis que Clint regarda ses sms. Toujours pas de réponse. Il renvoya un message à son sokovien préféré.
"– Excuse-moi si je te brusque, c'est juste que j'aimerai que tu viennes avec moi. J'ai jamais été à Noví Grad et j'aimerai que tu me fasses visiter.
– Et tu me plais aussi Pietro."
Clint soupira mais le jeune répondit de suite.
" – Désolé, je captais plus. J'aimerai trop te faire visiter ma Sokovie Clint. T'imagines même pas, j'ai juste peur de t'être redevable si j'accepte. Et je sais que je te plais ;)
– Va falloir que je pense à comment tu vas devoir me payer.
– Sérieux?
– Ouais xd. Je rigole, tu seras un parfait traducteur ambulant, allez, c'est une belle opportunité pour toi d'aller là-bas et au bon moment. Ne laisse pas passer ça pour une question de fierté, c'est moi qui t'invite Pietro.
– C'est quel train?
– 813, 9h07. Je t'attendrai ;)
– À demain alors.
– À demain. "
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Lundi 22 avril
Clint était sur le quai, sa valise à roulette à la main, il se demandait s'il avait acheté ce billet supplémentaire pour rien. Peut-être que le jeune avait changé d'avis finalement. Il était 9h pile et il fallait qu'il entre dans ce train où son patron le saquerai. Il n'y avait pas beaucoup de train qui passait par Reknova, c'était une petite gare et le prochain train en partance de Noví Grad était prévu vers 12h, il arriverai en retard à son poste s'il ratait celui ci.
Il était à deux doigts de monter quand il aperçu un blondinet avec une veste kaki sur le dos et un sac de sport sur l'épaule.
« Salut, dit seulement le jeune homme souriant.
– Salut. Je croyais que t'allais pas venir.
– Et bien je suis là, fit Pietro en haussant les épaules. »
Clint lui fit signe de monter. Ils s'installèrent côte à côte, Clint soupira bruyamment.
« Ça va? s'inquiéta le sokovien.
– J'ai bien cru que j'allais rater le train, le prochain est à 12h, je prend le service à 14h.
– Comment tu bosses au fait?
– Je bosse cet après midi, demain je fais du matin, mercredi je fais de l'après-midi et jeudi, matin.
– D'accord.
– Je finis à 21h ce soir, je suis pas sûr qu'on trouve quelque chose d'ouvert pour manger.
– À Noví ? Biensure que si, on va bien trouver un kebab, t'inquiètes.
– Cool, ça fait très longtemps que j'en ai pas manger, avoua Clint.
– C'est ça la vie de famille, on mange des bons petits plats maison, plus sains mais bien plus riche aussi, ajouta Pietro.
– Plus riche? Tu veux dire que je suis gros?
– Pas du tout, loin de là, fit Pietro en détaillant le corps de l'américain.
– Ne me regarde pas comme ça, fit Clint gêné et rougissant.
– Ça te gêne? titilla le blond.
– Un peu. Alors au fait, je t'ai même pas demandé, ça s'est passé comment ton rassemblement ? s'intéressa Clint.
– Et bien, pas trop mal, on était une petite centaine, dit Pietro une grimaçant.
– C'est cool.
– C'est peu, rectifia Pietro.
– Et bien 100 c'est mieux que un, contra Clint.
– Hum... On a eut 87 signatures hier.
– c'est super! lança Clint.
– Mouais, en douta Pietro.
– Je sais, c'est peu, mais c'est déjà mieux que rien. J'ai bien fait de te proposer de venir, je suis sûre que tu trouvera des groupes avec qui te rallier.
– Dommage que tu bosses.
– Même si je bosserai pas, je pourrais pas y participer, j'ai pas le droit de prendre parti pour un mouvement politique. Je suis comme un suisse, je dois rester neutre, lâcha Clint alors que Pietro pouffa de rire.
– Comme un suisse!
– Ouais comme un suisse! Tu sais qu'ils sont neutre? questionna Clint.
– Je sais, Clint, c'est juste que je me disais que tu dois être un parfait couteau suisse, ou a défaut, un très yaourt.
– N'importe quoi! T'es trop con, dit Clint en ebourrifant les cheveux de ce dernier »
Pietro sourit puis se mit à l'aise, il posa son crâne sur l'épaule de Clint. Celui-ci hésita un moment puis passa son bras autour de la nuque du sokovien. Ces quatre heures de route seraient très agréable finalement.
OoooO-OoO-OoooO
Les garçons avaient passé la plupart du temps de trajet à somnoler. Ils n'avaient presque pas discuter. Ils étaient restés l'un contre l'autre. Le train était entré en gare vers 13h, les garçons filèrent aussitôt à l'hôtel. Clint avait juste eut le temps de se changer et d'aller rejoindre son protégé.
Il devait rester en faction devant l'hôtel où se tenait la réunion. Les autres garde du corps des autres invités étaient sokoviens. Ils n'avaient pas pu parler avec eux pour passer le temps. Quelque fois, il envoyait des SMS à Pietro. Celui-ci était resté dans la chambre d'hôtel à préparer des tracts.
Au soir, Pietro prit l'initiative de le rejoindre à l'assemblée. Le jeune l'attendait près de l'hôtel. Clint sourit aussitôt en le voyant adossé à un panneau de signalisation. Le duo se dirigea vers le centre villa et chercha un endroit où se restaurer.
Ils finirent par trouver un kebab. Un match de foot passait à la télé. Clint et Pietro regardèrent la dernière mi temps, puis entreprirent de rentrer doucement.
Noví Grad était une villa assez florissante, bien qu'elle avait été bombardé elle aussi. Le gouvernement avait trouvé des fonds pour la rebattir, ce n'était pas le cas du reste du pays. Clint pu s'apercevoir de suite, des injustices entre la capitale et la banlieue. Il y avait des tas de bars, des restaurant de toute sorte. Des immeubles récents, de belles voitures. Des patrouilles de polices allaient et venaient, surveillant les passants, et les touristes. C'était comme si, le Sokovie avait réuni toutes les richesses du pays dans une seule ville. C'était comme si, la Sokovie était Noví Grad. C'était désolant de voir la différence entre la capitales et le reste du pays.
Les garçons s'arrêtèrent dans un bar, il était déjà 23h, et ils choisirent de boire seulement un digestif, Clint reprenait le service à 6h tapante le lendemain, ils ne devaient pas trainer.
Les hommes arrivèrent dans leur chambre vers les coups de 0h00, Clint se laissa tomber sur le lit, ça faisait un bail, qu'il n'était pas rester en statiques toute une après midis. Son dos hurlait de le laisser se reposer. Le jeune se moqua gentiment de lui, et s'incrusta sous la couette.
« T'es déjà dans les couvertures? marmonna Clint encore habillé au dessus du couvre-lit.
– J'ai dû me lever tôt ce matin, trop tôt pour moi, je suis pas du matin.
– T'as dormi pendant toute la route, se moqua Clint les yeux fermés.
– Mais je me suis levé tôt, marmonna encore Pietro, allongé sur le dos.
– Je suis exténué moi aussi.
– Je sais papy, ton dos n'aime pas que tu reste debout à rien faire toute après midi, se moqua le jeune.
– J'ai l'impression que tu te fou de moi, lança Clint en ouvrant les yeux.
– Exact. »
Clint ricana puis commença à se dessaper.
Allongé côté à côte, les garçons regardaient le plafond. La chambre était silencieuse, comme tout l'hôtel. Pietro rompu le silence.
« On peut aller en centre ville demain si tu veux!
– Ouais, ça serait pas mal. Ça à l'air chouette.
– J'adore Noví Grad, déclara Pietro subitement.
– Tu m'étonnes, c'est une belle ville. »
Le jeune se mit sur le côté, Clint lui fit face.
« Pourquoi tu m'as proposé de venir? »
Clint haussa les épaules, le jeune poursuivi.
« C'était pour l'opportunité que j'aille au rassemblement où il y a autre chose? proposa Pietro.
– Bah, c'était pour la manif, et pour autre chose aussi, avoua Clint en détournant le regard.
– T'as envie de profiter, murmura le sokovien.
– Profiter de?
– De moi, trancha Pietro.
– Je suis pas sûre que le mot profiter soit de rigueurs, mais oui, avoua finalement Clint.
– Tu peux parler avec des mots plus compréhensibles, je suis pas parfait en anglais, soupira Pietro en grimaçant.
– Tu l'es déjà plus que moi en sokovien, se moqua de lui même, Clint.
– Ça c'est sûre, y'a pas photo. Alors... Pourquoi m'as-tu emmené ici? réitéra Pietro.
– Pour passer du temps avec toi, avoua encore Clint.
– D'accord, c'est plus clair maintenant. Bon, je vais te laisser te reposer, chuchota Pietro en glissant une main dans les cheveux du plus vieux. Bonne nuit Clint.
– Bonne nuit Pietro, clôt le plus vieux avant de fermer les yeux. »
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Môj texaský * mon Texan.
