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Appendice 4 – Mark

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-Point de vue du major Mark Andrews-

Je regardais ma sœur marcher le long du quai vers le bateau qui allait la mener vers sa mission en France, chez l'ennemi. Et je ne savais pas combien de temps elle vivrait loin de moi, pour cette mission difficile. Elle avait déjà tellement souffert ces derniers mois avec la mort brutale de son mari Jonathan. Son grand amour qu'elle avait épousé quelques années auparavant.

J'étais si fier d'elle. Elle avait remonté la pente en agissant pour les autres, et elle l'avait fait avec brio. Ma sœur était si étonnante.

Nous avions toujours vécu ensemble, mais malgré cela je découvrais constamment de nouvelles choses sur elle. Comme on en découvre tous sur nous-même tout au long de la vie. Nous étions indissociables elle et moi depuis le tout début. Ouvrant les yeux pour la première fois dans un même geste ou presque. Partageant le même premier souffle, le même cri.

Si une partie de moi aurait aimé être avec elle, pour la protéger, l'autre partie de moi savait qu'elle n'était pas en danger. Elle était entrainée à tout subir, à tout vivre, peut-être même plus que moi sur certains points.

Je raccompagnais Lucy à la maison.

Nous entrâmes dans la maison familiale plongée dans le silence, une douce lumière éclairant l'entrée. Ma mère arriva du salon, et à son sourire qui s'effaça en nous voyant je compris qu'elle avait espéré que l'on reviendrait avec Emma. Ma mère et Emma était deux femmes très différentes, qui ne se comprenait pas toujours. Même si ma mère avait été fière qu'elle veuille devenir médecin comme son père, elle n'avait pas vu venir les derniers événements. Sa petite fille était un soldat désormais, et elle avait du mal à le concevoir. Et connaissant ma mère, je me doutais que cette déception venait de pair avec la peur de la perdre.

Tu aurais pu la retenir, lâcha ma mère en me regardant.

Maman… commença Lucy.

Ta fille est un soldat, fit mon père en arrivant à son tour. Elle va servir son pays, tout comme Mark. Il n'y a pas de plus grand honneur.

Si seulement l'honneur pouvait être autre, souffla-t-elle.

Mais il n'en était rien.

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Au fil des mois qui s'écoulaient, on recevait des rapports de nos agents, Emma et son co-équipier David, mais aussi d'autres agents.

Si j'en entendais certains échos parfois, je choisis volontairement de ne pas les lire. Car une partie de moi était angoissée par ce que pouvait vivre Emma de l'autre côté de la manche.

Oui, j'aurais aimé être avec elle. Littéralement.

Il fallut attendre de longs mois avant que je puisse, à nouveau, la prendre dans mes bras. Ses traits étaient tirés et elle portait l'uniforme américain des troupes aéroportées ce qui me fit tiquer. Mais même dans un uniforme qui n'était pas le nôtre, elle avait fière allure. Droite et digne. Elle imposait le respect. Il n'y avait pas deux femmes comme elles. J'en étais certain. Et j'en étais d'autant plus fier de l'avoir comme sœur. Si nous avions été des triplés je n'osais imaginer le caractère tout aussi flamboyant de cet enfant supplémentaire.

Les gars je vous présente ma sœur le lieutenant et espionne Emma Andrews.

J'avais presque rêvé de dire cette phrase. Présenter ma sœur à mes hommes et voir la fierté qui émanait de moi rejaillir sur eux.

Les quelques jours pendant lesquels j'ai pus profiter d'elle passèrent à grande vitesse. Trop grande même.

Mais le devoir était le devoir, et il nous fallait nous séparer. Emma restait avec les hommes de la Easy compagnie, pendant que moi je poursuivais mon chemin avec les Red Devils.

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Au printemps 1945 je rentrais enfin en Angleterre. Pour nous la guerre était achevée. Une autre partie de la division fut ensuite envoyée en Norvège, mais je n'en fis pas parti.

J'avais vu trop de guerre, et j'en avais assez.

Durant toute mon enfance, jusqu'il y a un an en arrière, j'avais toujours vu mon grand-père paternel nous parler de certains de ses faits d'armes durant la première guerre mondiale. Pas tous, parce que pour lui c'était bien trop difficile de raconter certaines choses qu'il avait vécues. Mais on voyait sa fierté de l'avoir fait, d'avoir servi son pays. Il n'aurait pas pu faire autrement. Les hommes de cette époque ne s'étaient pas vraiment posé la question. Ils s'étaient engagés et étaient partis.

Et cet homme là avait toujours été notre modèle à ma sœur et moi. Parce qu'il était courageux, qu'il avait vécu et survécu à une des pires batailles de l'histoire : la bataille de la Somme.

Donc même si pour tous les deux ça n'avait pas été facile, loin de là, on n'aurait pas pu faire autrement. Partir voulait dire agir. Et au moment de notre engagement c'était notre mantra. Pour des raisons différentes, Emma après la perte de son mari, moi parce que j'étais un peu perdu dans ma vie.

Quelques mois après mon retour, Emma finit par revenir. Mon dieu que j'avais attendu ce moment.

Je la serrais longuement dans mes bras. Elle m'avait manqué. Terriblement. Et depuis la mort de Lucy durant notre absence, nous n'étions plus que nous deux.

Tu m'as manqué, souffla-t-elle.

Toi aussi, fis-je. Nous avons été éloignés bien trop longtemps.

Je vais partir, déclara Emma après un instant de silence.

Tu as fini par trouver quelqu'un ? devinais-je.

Oui.

Comment il s'appelle ?

Charles Grant, répondit Emma. Il est sergent.

Je le connais, dis-je.

Tu le connais ? s'étonna ma sœur. Comment ça ?

Quand on était aux Pays-Bas, j'ai vu un homme te regarder avec tendresse. C'était lui.

Et qu'est-ce que tu lui as dit ?

De faire attention. Que tu n'étais pas un jouet que l'on prend comme ça, et que s'il te faisait du mal je le retrouverais.

Mark ! s'exclama Emma.

Quoi ? m'écriais-je. Tu es ma sœur !

Charles ne me ferait pas de mal. C'est plutôt moi qui lui en ait fait au début.

Il faut te mériter, affirmais-je. Mais s'il ta attendue c'est qu'il t'aime vraiment. Alors tu es sûre ?

Plus que jamais, fis-je avec un sourire.

Je suis content de l'avoir rencontrer, déclarais-je. Au moins j'ai pus le prévenir que s'il te faisait du mal je le retrouverais.

Ça ne m'étonne pas de toi, affirma Emma en riant cette fois-ci.

Je ne t'avais plus vue sourire comme ça depuis des années.

Je sais. Mais aujourd'hui je laisse enfin le passé là où il est.

Je pris ma sœur dans mes bras.

Je te souhaite de trouver le même bonheur, me dit-elle quand nous nous détachâmes.

Il se pourrait que ce soit déjà le cas, fis-je avec un clin d'œil.

Raconte-moi tout ! m'exclama Emma.

Margaret est une femme lumineuse et drôle, commençais-je. Si je m'étais écouté je l'aurais épousée sur le champ.

Tu vas le faire ?

Bien sûr ! dis-je. Je ne la laisserais pas partir !

Je serais sans doute partie, fit Emma déçue.

J'en doute.

Elle me regarda sans comprendre les sourcils foncés.

Je me marie demain, expliquais-je.

Mais comment tu as su ?

Je suis major Emma, ce n'est pas compliqué de connaitre la date de ton retour, dis-je avec un clin d'œil. Et toi, tu vas épouser Grant ?

Il est hors de question que je le laisse partir, me répondit-elle. Je l'ai prévenu : je ne le lâcherais pas, il allait devoir s'y faire.

Je pense que mon voyage de noce peut me mener aux Etats-Unis, dis-je avec un sourire. Où vit ton cher et tendre ?

En Californie, à San Francisco.

Cap sur San Francisco alors ! m'exclamais-je dans un rire.

Emma se jeta sur moi, et m'embrassa sur les deux joues.

La guerre était finie, et laissait place, enfin, à la vie. Nous nous étions battus pour le meilleur, à nous d'en profiter. Pleinement.

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J'avais déjà fait Grant et Lucy, il ne manquait plus que Mark. Et je ne pouvais pas décemment faire l'impasse sur le jumeau d'Emma.

J'espère que ce nouvel appendice vous a plu.

Je ne dis rien pour la suite. C'était peut-être le dernier (ou pas). Au pire vous aurez la surprise dans quelques jours. Et si jamais vous avez de suggestion, une envie de chapitre du point de vue de Grant par exemple ou autre, dites le moi (et non Lana je ne réécrirais pas toute la fic du point de vue de Grant^^).

A bientôt ! Et prenez soin de vous.

Little-road.