Pour être honnête avec vous cher lecteur, j'avais -à l'origine- prévu d'écrire une version 2 de cette fic. J'avais même posté un nouveau premier chapitre avant de tout supprimer. Pourquoi ? Parce qu'à part ce début rien n'a vraiment changer. Juste l'organisation des chapitres peut-être, et des passages 'flash-back' du passé d'Emma placés dans le nouveau premier chapitre. Sans parler de l'appendice sur Lucy devenu un chapitre. Bref. Pas grand chose en vérité.
Néanmoins, j'avais ce morceau inédit -qui fait parti du nouveau début donc- que j'avais envie de partager avec les lecteurs de cette fic que j'adore, et celle dont je suis sans doute la plus fière.
Du coup me revoici ici, quatre mois plus tard, avec un nouvel appendice.
J'espère qu'il vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture.
ps : une nouvelle version du prologue est en ligne :)
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Appendice 6 – Before company E
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Avril 1942 - Port de Londres, Angleterre.
Je regardais Lucy et Mark devant moi. Mon jumeau portait son bel uniforme des Red Devils. Le lieutenant Mark Andrews imposait le respect. Lucy elle portait une robe crème et une cape marron. Ses cheveux blonds virevoltaient autour de son visage.
Je ne sais pas quand on se reverra, commençais-je. Mais je penserais à vous. Chaque jour.
Tu vas assurer, affirma Mark.
Et on pensera à toi aussi, dit Lucy. Nous sommes une famille.
Je pris ma sœur dans mes bras, puis mon frère. Gravant ce moment dans ma mémoire comme si c'était le dernier.
En m'éloignant d'eux je vis un peu plus loin celui qui allait être mon partenaire durant toute la mission : David. Son père, notre supérieur hiérarchique, était venu en personne, et semblait lui donner des consignes de dernière minute. Contrairement à mes relations avec les membres de ma famille, qui avaient toujours été aimantes et chaleureuses, la relation qui unissait le père et le fils semblait distantes, sans aucune effusion.
Je marchais lentement le long du quai, vers le bateau qui me ferait traverser la manche, me conduisant vers ma mission. J'étais entrainée, j'étais prête. A cet instant précis je ne le savais pas encore, mais cette mission allait durer deux ans et m'emmener jusqu'en juin 1944. Deux ans sans voir ma famille. Deux ans qui me marqueraient au fer rouge. Davantage qu'aucun autre événement de mon passé.
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Automne 1942 – Paris, France.
Cela faisait de longs mois que nous étions en mission David et moi. Nous nous étions habitués sans mal à notre nouvelle vie. Prenant des renseignements sans attirer les soupçons de personne.
Nous étions sous les ordres de Frederik, un homme distant et froid, plutôt grand, aux cheveux blonds parfaitement coiffés. Le parfait petit arien. Nous l'avions quitté depuis deux jours, et je devais bien avouer qu'il ne me manquait pas le moins du monde, bien au contraire. Même s'il nous avait accueilli sans poser de question, et qu'il ne nous avait jamais soupçonner, son regard froid et intrusif, pouvait peser.
Depuis deux jours nous étions à Paris. Envoyer là pour un motif bidon dont notre hiérarchie s'était chargée. Mais nous n'étions pas ici pour nous prélasser et nous reposer. Nous avions une cible à éliminer et il ne fallait pas nous louper. De vrais agents secrets.
Et nous étions là pour l'Angleterre, mais aussi pour l'ennemi : un de nos agent venait d'être découvert, et les SS avait décider de l'éliminer. Heureusement pour lui, s'était à David que revenait cette tâche, et il n'avait pas l'intention de suivre les ordres, mais de l'exfiltrer. Quant à moi, je devais m'occuper d'une femme qui dénonçait des résistants pour les beaux yeux de soldats SS en manque de compagnie féminine. Pathétique.
Nous avions chacun notre cible, et une soirée pour le faire.
Je sortis en premier, vêtue d'une robe de soirée et d'un manteau, je me dirigeais vers un des grands restaurants chics de la capitale française. Logé dans un des plus beaux hôtels, lumineux, et luxueux, réservés à une clientèle fortunée et influente. Les officiers SS y avait naturellement leurs ronds de serviette, et en profitait grassement. Pour eux, la guerre qui faisait déjà rage depuis 1939 de ce côté de la manche, était bien agréable. Loin de tous combats et de la vie en caserne ou en poste avancé, ils avaient une vie agréable. Sans compter certaines femmes qui gravitait autour d'eux. Tout comme ma cible.
Je pénétrais dans le grand salon et je la vis presque immédiatement. Grande, les cheveux châtains, les formes généreuses, elle glissait des phrases dans l'oreille d'un officier haut gradé avant de l'entrainer dans un coin plus discret. Pour lui faire des confidences. Et plus encore.
J'attendis alors patiemment au bar, après avoir déposé mon manteau à l'accueil. Dans ma robe de satin je ne laissais personne indifférent mais je n'en avais que faire. Je n'étais clairement pas là pour ça.
Après quelques minutes ma cible réapparue. A son manque de rouge à lèvres et au sourire satisfait de l'officier, je devinais que le transfert d'informations avait bien eu lieu, puisque le règlement avait été fait. Je ne pouvais rien faire pour la personne qu'elle venait de balancer, mais je pouvais toujours empêcher d'autres de subir le même sort.
Je la suivis dehors. Elle allait fumer une cigarette dans une ruelle à l'arrière. C'était le moment ou jamais.
Sans faire le moindre bruit je m'approchais d'elle. J'étais parfaitement discrète et elle ne m'entendit pas approcher. Plus que quelques mètres. Elle ne se doutait de rien, fumant tranquillement sa cigarette sans se préoccuper de quoi que ce soit d'autre. A tort.
Je réduisais la distance entre elle et moi, et d'un geste sûr je suis brisais le cou. Elle s'effondra sur le sol, morte. Il ne m'avait fallu que de quelques secondes.
Je m'exfiltrais rapidement, après lui avoir dérober un petit carnet. Des noms de résistants, mais aussi d'agents. Des nôtres. Des leurs. Cette femme en savait beaucoup trop.
Je marchais à pas rapide vers la chambre d'hôtel que j'occupais avec David. Passer pour un jeune couple rendait les choses plus simples. Et cela évitait bon nombre de questions.
Je l'attendis une bonne partie de la nuit. Prête à partir.
L'agent est en sécurité ? lui demandais-je alors qu'il entrait dans la pièce.
En route pour l'Angleterre, répondis David. Et ta cible ?
Elle ne parlera plus.
Il est temps de partir alors.
Allons-y, fis-je en me levant.
On quitta Paris pour nous rendre dans une petite ville à côté. Le temps de reprendre nos uniforme SS et notre couverture. Avant de nous diriger vers le nord du pays.
Cette escapade de trois jours avait été la seule de nos deux ans de mission. Parce que même si notre mission était par définition dangereuse, ces autres tâches l'étaient encore davantage. Un pas de travers et nous pouvions être découvert. Et nous ne serions plus d'aucune aide. Pour personne.
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J'espère qu'il vous a plu.
Prenez soin de vous.
Little-road.
