Amaria s'étira paresseusement. Décidément ce nouveau travail était parfait et lui laissait le temps de souffler. Aucune montagne de documents ne s'accumulait nulle part. Archiviste pendant six ans c'était déjà bien, pas besoin de plus.

Elle était aussi instable dans le travail qu'au niveau capillaire. Elle avait aujourd'hui des mèches roses. Voilà trois mois qu'elle avait commencé après avoir préparé ce changement pendant deux ans.

Elle travaillait désormais à l'académie. Elle avait dû suivre une formation de professeur qui lui avait fait lever les yeux au ciel tellement de fois qu'ils auraient pu rester coincés. Soi-disant qu'on ne pouvait rien faire à l'académie sans cette accréditation.

Elle était l'infirmière de l'académie, mais aussi la chargée de la prévention des risques. En gros, elle soignait sans chakra médical et disait que c'était dangereux d'être ninja. Vraiment les grandes lignes. Mais bien souvent les mômes voulaient devenir ninja parce que lancer des tornades de feu, des montagnes, des ouragans et des objets tranchants à la face des autres c'était plutôt cool.

Elle travaillait donc en compagnie d'un Yamanaka dans le but de montrer l'étendu des risques encouru par un ninja et comment s'en préserver. Amaria avait une flopée d'histoires difficiles en réserve avec tous les rapports de missions qu'elle avait lues. Elle faisait donc travailler les gamins sur des missions pour leur apprendre les bonnes décisions à prendre au moins sur le papier. Ces mises en situation leurs offraient un panorama de ce qui était exigé d'un shinobi autant sur le plan mental que sur le plan physique. Elle avait l'intention de faire intervenir des vétérans dans les classes.

L'objectif était de leur permettre d'avoir une vague idée de ce qui serait attendu d'eux. Le reste du temps, elle leur apprenait les premiers secours.

Elle devait faire la preuve de l'utilité de sa démarche. Cette année elle n'avait qu'une classe de premières années, des enfants de six ans. Elle commençait donc doucement. Hors de question de les traumatiser. Elle travaillait sur des rangs D. Elle aurait aimé pouvoir s'occuper un peu de ceux qui allaient être diplômés. Ils allaient partir sans aucune base en soin... Puisqu'elle savait que traditionnellement à Konoha c'était les kunoichi qui devenaient médic-nin, elle s'était invitée à un cours des futurs kunoichis. Elles apprenaient l'art de se tenir en société en cas de missions d'infiltrations. Rien de plus.

Amaria allait révolutionner tout cela !

Elle savait qu'elle n'aurait pas pu y arriver sans Ibiki qui avait innocemment pris son dossier de demandes et avait lâché un "ça serait intéressant" devant le hokage avant de reposer le dossier sur le haut de la pile.

Fallait ce qu'il fallait, toujours est-il qu'elle avait réussi. Les prochaines générations auraient toutes les cartes en main. Guerre ou pas guerre.

Elle rangea ses affaires. Il était temps de rentrer. Ibiki ne serait certainement pas rentré quand elle arriverait. Il lui avait dit travailler sur le prochain examen chunin dont il devait assurer la première épreuve. Anko s'occupait de la seconde et les avait mis en concurrence sur le nombre d'élimination. L'examen débuterait dans quelques jours.

Leur épreuve n'avait rien en commun, celle d'Anko était terrifiante. La forêt de la mort...

Enfin, elle n'était pas censée avoir ces informations.

Elle fila vers la maison d'Ibiki qui était devenue la leur depuis deux ans. Ils continuaient de cacher leur relation. Les tensions s'étaient plus ou moins apaisées, mais on n'était jamais trop prudent. Finalement, seule Anko était plus ou moins au courant. Une vague histoire de parfum sur une veste. Anko l'avait senti et s'était donné pour mission de découvrir qui mettait du parfum sur le manteau de son chef.

Ibiki avait été obligé de tout lui révéler avant qu'elle n'ameute tout Konoha. Elle avait accepté de garder le secret et de ne pas chercher l'identité d'Amaria. Mais elle ne loupait pas une journée pour le charrier à ce sujet.

Amaria se hâta sur le chemin du retour. A cause de l'examen, il y avait énormément d'étrangers en ville. Par conséquent, il y a beaucoup de tension. Les gens se jaugeaient du coin de l'oeil. Décidément, elle avait hâte que cet examen se termine et que tout le monde rentre chez soi. Konoha avait l'air au bord de l'implosion.

Elle fut surprise de trouver Ibiki déjà présent quand elle réussit enfin à se faufiler à l'intérieur.

— Ils t'ont libéré, questionna-t-elle en lui volant un baiser.

— Dernier moment de repos, marmonna-t-il. Les premiers candidats sont là, mais à partir de demain le plus gros va arriver. Vivement que ça se termine.

— Il me semblait qu'il y avait déjà beaucoup de monde. Dès que je tourne la tête, je vois un ninja d'un autre pays.

— Le Hokage a convié tous les pays sans limite de participants. Il voulait montrer que le village pouvait être une nation amie.

— C'est risqué...

Ibiki hocha gravement la tête. Vraiment très risqué. Il était heureux que certains pays aient boudé l'invitation. Au moins, les commerces de Konoha allaient faire bien des affaires. Les restaurants des Akimichi tourneraient à plein régime.

Il avait mis toute sa section sur le coup. Par équipe de deux pour les recrues les plus récentes et en solo pour les autres, ils sillonnaient le village jour et nuit. Aucune information ne devait leur échapper et ils ne devaient pas se faire repérer. Un excellent exercice. Surtout que comme il était occupé et qu'Anko aussi, ils échappaient à toutes autres formes d'entraînement pour le moment.

— Tu as trouvé comment en éliminer plus qu'Anko avec un questionnaire au final, voulut savoir Amaria, curieuse.

— Oui, ça y est ! J'ai ajouté une dixième question. Je leur laisse le choix d'y répondre ou non, tout en leur indiquant que s'ils répondent mal, ils ne pourront plus jamais repasser l'examen.

— J'imagine que la dixième question c'est ce choix de continuer ou non ?

— J'espère qu'ils n'auront pas tous ton sens de la déduction, sinon jamais j'en éliminerai plus qu'Anko !

— Avec la pression que tu vas leur mettre, ils arriveront même plus à se souvenir du nom de leur coéquipier, plaisanta la brune.

— Je te l'accorde, approuva-t-il avec un sourire carnassier aux lèvres.

Il avait beau s'en plaindre, cet examen l'amusait et le sortait de son quotidien. Il allait prendre plaisir à jouer sur les nerfs de ces gamins.

— D'ailleurs tu as le droit de leur interdire de repasser l'examen ?

— Non, mais ce qu'ils ne savent pas, ne peut que leur faire du mal.

Être l'ennemi du Maître des Tortures, ça devait être une expérience vraiment horrible. Heureusement pour elle, elle n'aurait jamais à expérimenter. Elle lui offrit un sourire amusé. Dommage qu'elle ne puisse assister à cette épreuve. Il fallait une accréditation pour ça aussi... Ibiki avait choisi les meilleurs parmi ses hommes, les candidats n'auraient aucun droit à l'erreur.

Quelques jours plus tard, le village était littéralement envahi. Il y avait une tension dans l'air, la première épreuve devait débuter dans quelques heures. Les cours à l'académie avaient été annulés jusqu'au lendemain. Konoha ne pouvait prendre le risque de rassembler la future génération en un point. Une attaque qui leur ferait perdre ces futurs combattants signerait la mise à mort du village.

Vers quinze heures, les premières équipes avaient commencé à converger vers la salle d'inscription.

Amaria s'était enfermée dès le début de matinée dans la bibliothèque de Konoha. Elle avait un traité sur les poisons ouvert devant elle. Il avait été ramené de mission par ninja quelques semaines plus tôt et après avoir été passé de mains en mains dans l'hôpital, il avait été mis ici. Elle avait lu tous les autres au moins deux fois, elle avait attendu avec impatience de pouvoir lire celui-ci.

Elle le referma aussi dépitée qu'elle l'avait été pour les autres. Il n'y avait pas ce qu'elle cherchait.

Le soir elle retrouva Ibiki qui avait l'air satisfait. Il avait déjà préparé le repas.

— Ton épreuve a été un succès ? Ils ont tous abandonné ?

— Anko m'a engueulé tellement il y en avait d'admis à son épreuve !

— Vraiment, s'étonna-t-elle. Tu semblais pourtant confiant sur le taux d'échec ?

Ibiki secoua la tête amusé.

— Il y avait ce gamin. Il les a tous remis en confiance après son discours comme quoi il deviendrait hokage quoiqu'il advienne. Plus personne n'a voulu abandonner après ça ! Et tu sais le pire dans tout ça ? Il a rendu copie blanche !

— Il a du cran ! Il fallait oser.

Ils parlèrent un moment de l'avenir du jinchuriki-que-personne-ne-devait-approcher et de son envie de devenir Kage. Bizarrement l'un comme l'autre avait bien envie d'y croire. Ça serait une belle revanche pour lui.