Le tournoi concluant l'examen avait été maintenu, malgré l'attaque de la seconde épreuve. Le public était bien plus nombreux que prévu. Chaque pays avait envoyé une délégation pour assister aux combats. Ce tournoi avait pour objectif de présenter la force militaire des villages. C'était un spectacle avant tout.

Les combats étaient choisis pour être les plus spectaculaires possibles et ainsi en mettre plein la vue. C'était comme mettre une pancarte qui disait "ne m'attaquez pas, regardez la puissance d'attaque que nous avons".

Amaria poussa un long soupir en regardant les trois élèves devant elle s'activer. Ils devaient nettoyer les réserves puis la cour puis toutes autres choses qui leur prendraient la journée. Elle était de corvée de surveillance des élèves punis.

La veille, Ibiki était entré en coup de vent au beau milieu de la nuit pour lui demander de se tenir à l'écart des festivités. Il avait l'air si fatigué et si inquiet qu'elle n'avait pas cherché à argumenter. Elle faisait confiance à son intuition. Elle lui avait juste murmuré d'être prudent et il était reparti aussi sec. Le matin même, elle avait été libérée par son collègue de la corvée de surveillance. Il fallait au moins qu'elle soit occupée à quelque chose pour la journée. Elle espérait juste ne pas l'avoir envoyée à la mort à sa place.

— Haruta ! On te demande de nettoyer, pas de rendre la zone encore plus sale ! J'imagine que vous n'avez pas envie de revenir demain pour terminer.

La gamine marmonna avant de se remettre comme il faut au travail. Amaria replongea le nez dans son livre.

Amaria se redressa d'un coup, les sens en alerte, une boule au ventre. Haruta juste à côté d'elle fit un bond surprise du mouvement soudain. La pression dans l'air était telle qu'Amaria arrivait à la ressentir. Il se passait quelque chose de grave.

Elle s'approcha de la fenêtre en veillant à rester suffisamment dissimulée.

— Récupérez des kunais dans le tiroir du bas du bureau et restez cachés, ordonna-t-elle.

— Sensei que se passe-t-il ?

— Je ne sais pas encore.

Elle entendit les enfants s'exécuter, récupérer les armes et utiliser le bureau comme protection. Haruta surveillait la porte pendant que Jizo qui était particulièrement sensible aux chakras dans un certain périmètre se mit à surveiller qu'aucun ninja ne pénètre dans le bâtiment. Le dernier du trio rassembla toutes les armes présentes dans la pièce.

Soudain plusieurs explosions retentirent à des points différents de Konoha. Elle en nota un nombre concentré auprès de l'arène. Ibiki avait vu juste... Il y avait bien un danger qui courait les rues du village.

— Ok. On va rejoindre le bunker le plus proche. Vous savez où il se trouve ?

Les enfants hochèrent la tête, incapable de parler. La peur les avait saisis dès les premiers ordres d'Amaria. Jizo continuait tant bien que mal sa surveillance.

— Quoiqu'il arrive vous ne vous séparez pas. Il ne faut pas que vous vous retrouviez isolés. On n'attaque pas, on évite les ennemis et on prend le chemin le plus court possible vers le bunker. Jizo, tu vas devoir assurer la surveillance, je ne peux m'en charger. Vous avez compris ?

Nouvel hochement de tête.

— Bien. Allons-y.

Amaria prit plusieurs kunais et shurikens. Elle en avait toujours un peu avec elle, mais ça ne suffirait pas aujourd'hui. Elle prit la tête du groupe, veillant à raser les murs pour ne pas se faire repérer de l'extérieur. Ils devaient descendre deux étages. Amaria se dirigeait vers une des nombreuses portes dissimulées connues uniquement du personnel et des hauts-gradés. Ils pourraient ainsi sortir dans une rue derrière et pas exposés à tous.

— Au moins deux personnes sont dans le bâtiment, annonça la voix tremblante de Jizo.

— Merde ! Ça va le faire, se rattrapa-t-elle. On est plus très loin.

Amaria expira longuement pour chasser sa propre angoisse. Ses doigts blanchis serraient avec force le kunai. L'ennemi devait avoir des ninjas sensoriels dans leur rang et ils devaient détecter le chakra des enfants. Le trio ne savait pas encore dissimuler sa présence. Il faudrait ajouter ça au programme !

Enfin la porte fut devant eux. Elle soupira de soulagement.

— Haruta. Tu vas utiliser ton chakra et faire les signes suivants, ensuite tu poses ta main sur le mur en y injectant le chakra, ok ?

— Mais sensei, je...

— Ça va aller Haruta. Tu en es capable.

Haruta força ses mains tremblantes à former les signes qu'on lui montrait puis apposa sa main sur le mur. Une porte s'ouvrit. Aussitôt, le quatuor entra et descendit par l'échelle. La porte se referma après qu'Haruta répéta les signes. Ils se retrouvèrent dans un chemin souterrain étroit.

— Tout le monde va bien ?

— Oui sensei.

— Bien, nous n'avons pas le temps de traîner. Vous attrapez tous, le vêtement de la personne devant vous et on avance.

Amaria se mit en tête, une main sur le mur de gauche. Le mur de droite menait à un dédale qui visait juste à perdre les ennemis qui réussiraient à se faufiler jusque là. A l'aveugle, ils progressaient plus lentement. Ici, leur sécurité était toute relative. Une explosion au mauvais endroit et ils finissaient enseveli. Personne n'aurait le temps de les extirper.

Après dix minutes de progression, la main d'Amaria rencontra les barreaux d'une échelle. Ils étaient arrivés.

— Jizo, tu peux vérifier qu'il n'y a personne au-dessus de nous ?

Il se concentra au maximum essayant de freiner la panique. Il y avait beaucoup de sources de chakra autour d'eux, mais personne n'était juste au-dessus.

— La voie est libre, mais... Mais, i-il y a vraiment beaucoup de monde..

— Ça va aller. Vous visualisez à combien de mètres se situe le bunker. Là-bas, il y aura au moins des chunins pour nous protéger, il faut juste qu'on arrive dans leur zone d'action. Ça représente cinq cent mètres. C'est énorme et rien à la fois. On en est capable, ok ?

— On en est capable, répétèrent-ils docilement.

Amaria expira de nouveau longuement. Une fois sorti d'ici, il n'y aurait pas le droit à l'erreur. Aucun d'eux quatre ne pouvaient affronter des chunins ou rang supérieur. Le bunker était le seul espoir.

— C'est partit.

Elle commença à grimper suivi du trio. A peine une minute plus tard, ils étaient déjà dehors. Aussitôt, ils commencèrent à courir. Avec l'aide de Jizo, ils esquivaient les combats en prenant des rues vides. Amaria comptait les mètres avec désespoir. Elle sentait l'étau se refermer sur eux au fur et à mesure de leurs détours. Elle enfonça ses ongles dans sa paume jusqu'au sang. Elle devait à tout prix les protéger. C'était elle l'adulte. Il fallait protéger les générations futures, protéger la volonté du feu.

Avec l'énergie du désespoir, ils accélérèrent la cadence.

Soudain, un ennemi surgit devant eux et tenta de trancher la gorge de Jizo dans le même mouvement. Amaria interposa son arme de justesse et poussa l'enfant pour le mettre hors de portée. L'homme qui était certainement un chunin de bon niveau fut bientôt rejoint par deux genins. La brune avala difficilement sa salive en analysant la situation. Concrètement, ils avaient aucune chance.

— Pose dont ce kunai, tu vas te blesser avec ma jolie, se moqua leur assaillant sous le rire des deux autres. Ça serait bien dommage.

Amaria garda le silence, ce n'était pas le moment d'envenimer la situation.

— Qu'est-ce que tu vas faire sans chakra et avec trois mômes incapables de se battre, questionna-t-il curieux.

— Me battre et leur permettre de s'enfuir. Ce que ferait n'importe quelle personne pour des enfants du village, assura-t-elle avec conviction.

L'homme éclata de rire en la détaillant. Elle était petite, frêle et dépourvue de chakra. Il pourrait la tuer en lui donnant une simple claque. Amaria savait tout cela, mais elle n'avait jamais été du genre à fuir.

— Jizo ?

— Sensei ?

— Tu les guides en sécurité. On a fait le plus gros du chemin. Vous vous arrêtez sous aucun prétexte avant d'avoir la protection d'une équipe de Konoha.

— Mais et vous, pleura Haruta.

— Je vous couvre. C'est un ordre, exécution.

Ses ennemis éclatèrent de rire. Les trois enfants jetèrent un dernier regard à leur sensei, persuadé de ne jamais la revoir.

— Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

Amaria releva sa manche, les mains tremblantes. Elle anticipait la douleur. Elle effleura le creux de son coude et révéla un sceau. Elle l'observa brièvement, pris une longue inspiration et composa le signe.

— Rupture, murmura-t-elle.


Oups

Alors, les paris sont ouverts ! Que va-t-il se passer à votre avis ?

N'hésitez pas à laisser vos théories !