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Audrey : C'est pas passé loin effectivement ! Clairement personne n'aurait aimé être à la place du ninja de Suna... RIP lui... Anko c'est la meilleure !
Ibiki s'installa sur la chaise présente à côté du lit. Il sentit son cœur se serrer en la voyant allongée là. Elle était tellement pâle. Il caressa doucement sa main, il avait l'impression qu'elle pouvait se briser à chaque mouvement. Les blessures commençaient à cicatriser. Du moins, celles apparentes...
Suikui, la médic-nin qui suivait Amaria, lui avait expliqué dans les grandes lignes la situation de la brune. L'interdiction d'utiliser son chakra sauf si ça pouvait lui sauver la vie. Sa carrière de kunoichi qu'elle avait dû abandonner à peine débutée. Le sceau de protection qui limitait ses réserves de chakra au stricte minimum et l'empêchait de circuler dans la majorité des méridiens.
Heureusement, Jiraya était rentré quelques jours plus tôt à l'annonce de la mort du troisième. Il avait remis en place le sceau créé par Kushina des années auparavant. Ainsi, Suikui avait pu commencer à réparer les plus graves lésions au niveau des méridiens. C'était un titanesque travail de précision. Elle ne pouvait procéder à un travail d'ensemble. Ça prendrait encore du temps. Elle lui avait assuré que le retour du sceau devait être un grand soulagement pour Amaria.
Ibiki avait trouvé l'ordure qui lui avait fait ça. Les deux autres étaient morts, l'un de la main de son amante, l'autre des shinobis qui l'avaient secouru, tout juste à temps. Il avait demandé aux gamins qu'elle avait protégés le descriptif de l'ennemi et l'avait vu au milieu des prisonniers. Il s'en était occupé avec soin. Ça avait peine suffit à passer ses nerfs.
Et elle était toujours dans un profond coma.
Suikui lui avait expliqué qu'elle s'était retranchée dans un coin de son esprit pour échapper à la douleur. Il n'y avait aucun moyen de savoir quand elle reviendrait à elle. Alors, il venait chaque jour aussi longtemps qu'il pouvait se le permettre, il dormait sur ce siège inconfortable. Il pouvait ainsi lui parler, tenir sa main, faire en sorte qu'il y ait toujours une présence avec elle.
La voir comme ça lui faisait mal.
Il alternait entre ses devoirs de ninja et son besoin de garder les yeux sur elle. Son besoin de voir le mouvement de sa respiration. Son besoin de la voir vivante. Chaque minute loin d'elle était une torture. Il fallait qu'elle vive. Il aurait donné sa propre vie pour ça.
Il avait tout fait dans l'espoir de la protéger. Faire en sorte qu'elle n'ait aucun lien apparent avec lui n'avait pas suffit. Aurait-il dû le montrer ? Est-ce que l'ombre de sa réputation aurait éloigné tous les ennemis d'elle ? C'était-il trompé ?
Il avait tant de questions sans réponse. Ce qui était fait, était fait. Pas moyen de revenir en arrière.
— Allé Ibiki ! Viens avec nous. Ça fait des jours que tu refuses de venir boire un verre. L'invasion est terminée, la vie reprend son cours, il faut fêter ça !
Ibiki se crispa. La vie était loin d'avoir repris son cours. Elle s'était figée dans un équilibre précaire ou l'attente était insoutenable. Le nœud d'angoisse semblait se resserrer toujours plus. Rien n'allait. Alors certes, Konoha n'était plus attaquée... Mais... Ça ne résolvait rien à ses yeux.
— Je ne sais pas ce que tu as, mais je suis sûr que l'alcool peut régler ça sans mal !
Il serra fort le poing enfonçant ses ongles dans sa paume. Il ne pouvait se défouler à coups de poing sur son collègue et ami, mais bon sang, ça le démangeait fortement ! Il n'était pas certain de résister à une autre remarque.
Anko posa une main sur son épaule dans une tentative d'apaisement. Elle avait une vague idée de l'état d'esprit de son supérieur et voulait éviter de le voir exploser.
— Viens, même pas longtemps, débuta-t-elle avec prudence.
Elle soutient son regard acéré. Elle savait qu'il ne rentrerait pas chez lui, qu'il irait passer sa nuit à l'hôpital où il somnolait une ou deux heures. Il s'épuisait. Elle ne savait pas comment l'aider. Elle n'était pas censée savoir à quoi Amaria ressemblait, elle ne devrait même pas être au courant. Alors tenter une discussion sur ce sujet...
— Ibiki...
Kurenai vola à son secours en attrapant un bras du Maître des Tortures et en le traînant tant bien que mal vers le bar. Il ne résista pas longtemps et finit par la suivre. Quelques minutes suffiraient et il pourrait s'en aller.
Il s'installa avec eux, une bouteille à la main. Il n'avait pas le cœur à boire. Il écoutait d'une oreille distraite les histoires des uns et des autres. La gamine que Kurenai essayait de transformer en kunoichi était à nouveau sur pied quoi qu'encore un peu fragile. Elle reprenait doucement l'entraînement.
Ils évoquèrent Gai qui n'était pas présent ce soir-là. Il était dévasté depuis qu'il savait que son disciple ne serait certainement plus un ninja. Le dernier espoir résidait sur un hypothétique retour de Tsunade. Il n'y croyait guère et s'évertuait à redonner le moral à son protégé. Ibiki songea qu'il devrait aller le voir pour lui apporter son soutien. Il savait combien Gai aimait ce gamin. Combien il voulait transmettre ce pourquoi il avait tant souffert dans sa jeunesse.
Il avait laissé tout le monde perdu dans sa douleur.
— Alors, tu vas nous dire pourquoi tu tires la gueule depuis tout ce temps, Ibiki ?
Anko se tendit prête à intervenir.
— Ça te regarde, Kotetsu ?
— Sérieux, je ne t'ai jamais vu tirer une tronche pareille !
— Ferme là, Kotetsu, le coupa Anko. Ça te regarde pas. Maintenant fiche lui la paix.
Ibiki remercia Anko d'un hochement de tête. Elle avait beau être mal considérée par la moitié du village, elle n'en restait pas moins une amie fidèle.
Kurenai fronça les sourcils en regardant la scène. Elle n'avait jamais vu Ibiki comme ça et le fait qu'Anko soit si protectrice était étonnant. Elle savait ce qui rongeait Ibiki et pour qu'elle ne le crie pas sur tous les toits ça devait être important. Kurenai posa son verre et se fit plus attentive. Ibiki était absent, il ne buvait pas lui qui avait pourtant une bonne descente. Il fixait la porte avec l'air de quelqu'un qui voulait s'enfuir.
Et il avait l'air de tellement souffrir.
Au moment où Ibiki décida qu'il avait passé assez de temps ici, un ninja fit irruption dans le bar et marcha droit sur eux.
— Morino-san, je vous trouve enfin ! Suikui m'a demandé de vous prévenir.
A la mention de Suikui, Ibiki se sentit étouffer. Qu'allait-il lui annoncer. Il se crispa prêt à encaisser la pire nouvelle. Il ne savait même pas s'il aurait la force d'aller s'effondrer hors de vue.
— Elle s'est réveillée et elle vous demande, lui annonça-t-il.
— Bordel !
Ibiki se leva renversant au passage la bouteille qu'il n'avait pas entamée. Il fit signe à l'autre qu'il le suivait et sortit rapidement sans un regard de plus pour ses amis.
Anko eut un soupir soulagé et se laissa retomber contre le dossier de sa chaise.
— Par l'Ermite, merci, murmura-t-elle.
— A ce point, questionna Asuma.
— J'aurai jamais pu l'empêcher de faire une connerie si ça s'était mal terminé, souffla Anko.
— Et qui est ce "elle", demanda Kurenai au nom de leur petite assemblée qui était totalement perdue.
— La personne la plus importante pour lui, mais il m'a demandé de ne pas dire un mot là-dessus. Alors ne cherchez pas à en savoir plus.
Ils hochèrent la tête malgré toute la curiosité qui les assaillait. Ibiki avait quelqu'un dans sa vie et avait réussi à le cacher tout ce temps ?
