Voici le premier chapitre d'une longue épopée qui mêlera de nouveau l'ombre et la lumière, sur ce, je vous laisse à votre lecture !
Disclaimer : Tous les personnages utilisés dans cette fanfiction, donc de la licence The Legend of Zelda appartiennent à Nintendo (sauf Ocs ).
Mise à jour du 06/09/20: J'ai complètement réécris ce chapitre, le ton a changé mais également la quête de Link, seul quelques paragraphes sont restés identiques.
Quelques mois après que le lien entre Crépuscule et Lumière soit définitivement brisé…
J'étais rentré chez moi depuis seulement quelques mois pour reprendre mon ancienne vie au village de Toal et cela me semblait déjà être une éternité, comme si ces jours intenses de mon existence de héros n'avaient été qu'un rêve.
Toal, un petit village au fond de la forêt, nourri par la lumière protectrice de Latouane. Il était réputé pour ses délicieux potirons et les fromages de ses chèvres aux cornes soudés. Dirigé par un chef aux allures de brute, grand et large dont le crâne rasé ne faisait qu'accentuer ses airs de dur à cuire : Bohdan. Néanmoins s'il n'avait pas toujours l'air pas très sympathique, il était un homme généreux. Il avait une fille nommée Iria , face à qui il se montrait bien souvent impuissant. Tout le monde savait que derrière ce physique de géant se cachait un père poule, caractéristique dont sa fille n'hésitait pas à faire usage.
Je dois avouer que j'étais de temps en temps déboussolé par son comportement, sûrement étais-je un peu trop gentil avec mon amie d'enfance, ou juste trop mou. Elle était toujours pieds nus mais personne n'osait rien lui reprocher, elle et son visage d'ange. A moins que ce soit parce tout le monde savait qu'au fond elle n'entendait pas la moitié des remarques. Néanmoins s'il y avait une chose qui pouvait facilement froisser les traits de son visage, c'était que je blesse Epona, qu'il s'agisse de son intégrité physique ou de son humeur.
Elle avait beau être ma jument, j'arrivai parfois à en douter tellement la petite villageoise la chouchoutait sans cesse. A vrai dire, je comprends que l'on puisse m'envier ma magnifique monture. Comment ne pas tomber en admiration devant sa belle robe châtain, sa crinière et sa queue blond platine et ses petits yeux noirs ?
Sans oublier le bout de ses pattes blanches qui ajoutaient à son élégance. J'avais de quoi être aussi fier que n'importe quel grand cavalier d'Hyrule, sans exagérer, du moins de mon point de vue. Tout le monde l'appréciait au village, surtout les enfants qui ne cessaient de me courir autour dans l'espoir d'obtenir un petit tour sur son dos.
Je paraissais heureux, mais il ne fallait pas s'y fier, ça n'était qu'une attitude que j'adoptais pour que personne ne s'inquiète. Au fond de moi-même j'étais encore sous l'effet du décalage sonnant entre des semaines intenses de combats pour la liberté de mon royaume et le retour à « la normale ». Excalibur reposait à nouveau au sur son socle, dans le temple délabré, ma tenue verte toute rafistolée bien rangée au fond de mon placard. La princesse m'avait renvoyé ici avec quelques politesses bien obligées, m'expliquant qu'un nombre minimum de personne devait savoir ce que j'avais accompli. Pourquoi donc ? Parce que j'étais sans équivoque lié à la princesse Midona, dirigeante du Crépuscule, or personne ne devait chercher ce royaume à présent. Cela impliquait donc qu'un minimum de personnes devaient être au courant. Me mettre sur un piédestal aurait été accompagné de nombreuses questions dérangeantes.
Donc voilà, juste un merci royal, aucune gloire, aucune statue à mon effigie, juste la certitude d'avoir sauvé des vies et accomplis la volonté des déesses. L'homme que j'avais été aurait pu s'en contenter, être humble. Mais cet homme si simplet n'avait pas vu la mort sous toutes ses coutures, il n'avait pas passé des nuits entières poursuivit par des êtres monstrueux dans les couloirs vides et froids des donjons, n'avait pas expérimenté la solitude dans sa plus violente forme. Alors cet homme humble ne pouvait plus être moi, car moi, moi j'avançais avec ce désir cupide de reconnaissance, mêlé au courage que me procurais ma partir de la Triforce. Je n'aurais pas pu réussir si l'un ou l'autre n'avait pas été. Néanmoins je ne me suffisais pas.
La princesse Zelda m'avait témoigné quelque amitié certes, mais elle ne pouvait pas se mettre à ma place puisque quoi qu'elle fasse, elle restait une otage royale. Non, c'était la femme qui s'était autant par amour du peuple d'Hyrule que par le sien de nouveau condamnée dans l'exil qui me poussait en avant : Midona, princesse du Crépuscule et souveraine du peuple des ombres, peuple Twili.
Si mes souvenirs de cette période se couvrent petit à petit du voile de l'oubli, notre rencontre restait gravée au fer rouge dans mon esprit. J'étais à ce moment là complètement désemparé par ma nouvelle forme bestiale, mais également par ma présence non expliqué dans les tréfonds du château d'Hyrule. Je ne savais rien du fait que cette forme était en réalité un cadeau de la Triforce du Courage sommeillant en moi, m'épargnant le sort plus commun de désincarné. Elle était alors arrivée devant mon cachot avec un petit sourire malicieux, dévoilant une canine. Son œil arborant les couleurs d'un soleil en fin de journée, immense sur son petit visage, appuyait d'autant plus en concert avec son petit nez retroussé son air de crapule. La moitié du visage était mangé par un immense casque qui semblait bien trop lourd et qu'elle portait pourtant sans difficulté apparente, casque duquel sortait une chevelure rousse et deux oreilles pointues aux étranges marques bleues. Le reste de son corps bien petit comparé à la tête était principalement blanc et noir et marqué par endroit de motifs bleues luminescents. Ma méfiance ne pouvait que prendre source dans son apparence, et son expression. Elle n'était pas là pour m'aider, elle était là pour me proposer un marché. Elle avait brisé les chaînes qui entravaient mes pattes avant de me mettre au défi de sortir seul de cette cellule. Ce que j'avais réussi avec brio. C'était ainsi qu'avait débuté tout d'abord notre collaboration, collaboration déséquilibrée puisque ignorant comme j'étais je ne pouvais que suivre ses indications à la lettre. Les termes du marché n'avaient jamais été évoqués tout haut, je devrai même dire que nous n'avions jamais évoqué l'idée même d'un marché, néanmoins je faisais les trois-quart du boulot tandis qu'elle m'aidait lorsque mon seul effort ne suffisait plus.
Mais la carapace toxique de cette relation s'était petit à petit craquelé tandis qu'elle me révélait petit à petit sa réelle identité, celle de la souveraine déchue prête à tout pour arracher son peuple des griffes de celui qui avait usurpé son pouvoir, Xanto. Ainsi tout à fait naturellement le marché avait laissé place à l'amitié, doucement mais sûrement.
Elle était la seule à être à mes côtés durant toutes mes épreuves, sans son concours je n'aurais pas pu accéder au château pour libérer la princesse et vaincre Ganondorf. Même sans cet aspect purement matériel, mon pauvre esprit n'aurait pas tenu le coups, Triforce du Courage ou non, je serai devenu fou ou aurait abandonné si elle n'avait pas été là pour me secouer lorsque je m'apprêtai à baisser les bras, à me montrer le chemin lorsque la situation me semblais sans issue.
A quoi bon ressasser, j'avais beau retourner ces faits dans tous les sens, cela ne m'aidait pas à accepter le fait que le passé était le passé, que je devais mettre les bons comme les mauvais moments derrière moi et continuer à avancer.
Elle avait coupé les ponts reliant nos deux mondes de peur qu'un deuxième individu dotés des mêmes intentions que Ganondorf ne forcent les deux univers à se confronter pour le pire. Les Twilis étaient les descendants de criminels bannis, et bannis ils devaient le rester, même si le mal avait depuis longtemps été purgé de leur sang.
Les pleurs du bambin me sortirent on ne peut plus efficacement des mes idées noires. C'était de loin le son le plus insupportable qui pouvait sortir de ce petit être, et pourtant je ne pouvais sur le moment que le remercier.
Pratiquement tout le village était penché au-dessus du berceau du nouveau-né. La dernière merveille d'Ute, selon les dires de Bohdan. Cela faisait déjà bien une heure que les adultes harcelaient la mère de questions tout en s'émerveillant de la moindre action de l'enfant. Quand à moi, je ne me sentais pas très passionné par le sujet, je changerai d'avis lorsque je serai moi-même père, me répétait Moï. En attendant, j'estimais être resté suffisamment longtemps pour ne pas être impoli. Je saluais tout le monde en tentant de cacher le fait que je ressassais ma tristesse. Iria tenta de me retenir, prétextant que le dîner serait bientôt entamé. Elle n'aimait pas me voir dans cet état, encore moins me laisser seul dans ces moments là.
De tout le village, seule elle et Moï, qui avait fait parti de la Résistance avaient vaguement une idée de ce j'avais pu faire lors du temps où j'avais accompli mon destin de héro. Ils avaient fait en sorte que personne ne me pose de questions au village, je ne pouvais que leur en être reconnaissant.
J'insistais néanmoins pour rentrer, prétextant être fatigué par ma journée de travail. On ne chercha pas à me retenir, néanmoins Iria tint à me raccompagner chez moi. Le ciel se teintait de couleurs chaudes, comme les yeux de Midona, bientôt le crépuscule prendrait possession des plaines d'Hyrule.
Nous marchâmes en silence jusqu'à ma maison, construite sur un énorme tronc coupé. Alors que je m'apprêtai à monter l'échelle y menant :
« Link attends !
-Oui ? »
Je me retournai, son visage était pour moi un livre ouvert, elle allait me demander un service.
« J'ai un service à te demander, tu vas penser que c'est beaucoup, mais je t'assure que je le fais autant pour toi que pour moi.
-Je t'écoute, mais je ne promets pas d'accepter.
-Et bien voilà, j'ai correspondu avec quelqu'un dernièrement au sujet du ravin de la Citadelle.
-Iria…
-Je sais ce que tu penses, je n'arrive pas à accepter le fait qu'elle soit partie. Tu as raison. Mais je sais qu'obtenir des réponses pourrait m'aider à l'accepter un peu plus, même si elles ne rempliront jamais le vide qu'elle a laissé.
-Quelles réponses veux-tu ? Le sol de la ville est un vrai gruyère et les fondations de la place étaient en mauvais état, c'est tout ce qu'il y a savoir!
-Si le sol là-dessous avait été semblable au reste des sous-sol de la ville cela n'aurait pas eu lieu ! Ce n'était pas quelques tunnels, c'était une salle entière qui se trouvait là !
-Et alors ? En quoi cela va t'aider à comprendre le fait que ta mère est morte ! »
J'avais crié cette phrase, je la regrettai immédiatement, encore plus face au regard infiniment blessé qu'elle m'accorda. Je bredouillai des excuses mais tout ce que récoltais était la marque rouge de sa main sur ma joue avant qu'elle ne parte les larmes au yeux.
Plus le temps passait, plus ce sujet devenait source de conflit entre nous. La mère d'Iria, elle avait été la figure maternelle que je n'avais jamais connu, à cette époque moi et Iria étions plus inséparables que jamais. Elle était une couturière réputée si bien que son nom arriva aux oreilles de la cour royale. Ainsi il y a environ dix ans, elle était partie à la Citadelle afin d'honorer quelques commandes prestigieuses. Elle nous avait promis de nous ramener quelques friandises importées des royaumes voisins. Un jour Bohdan avait reçu une lettre cachetée, elle ne reviendrait pas.
Le deuil s'était abattu sur le village et il avait fallu bien des années à Bohdan pour expliquer aux plus jeunes la raison de sa mort.
La place de la ville m'avait toujours semblé relativement neuve contrairement au reste de la Citadelle, et c'était le cas, puisque dix ans auparavant celle-ci s'était effondrée, engloutissant une trentaines de personnes, dont la mère d'Iria. Sous celle-ci se trouvait une immense salle souterraine contenant un portail inachevé occupant tout un pan du mur, ceux qui étaient descendus chercher les corps et d'éventuels survivants parlaient de murs entiers gravés de fresques étranges. L'armée avait rapidement clôturé la zone, empêchant les habitants d'en savoir plus et on ignorait qui avait bien pu en quelques mois reconstruire la place, cette fois en s'assurant que le sol, ou plafond de la salle, n'aurait plus aucune chance de s'écrouler encore. Toutes les questions des habitants, pourtant légitimes, n'avaient jamais connu de réponses et ils avaient dû se contenter d'un silence qui les rendaient amer lorsqu'on abordait le sujet.
Je comprenais que les recherches d'Iria se portaient sur cette pièce dissimulée sous terre, je lui devais des excuses, et le plus vite serait le mieux. Elle devait être retournée chez Moï et Ute maintenant, il me faudrait tenter de lui parler après le repas si possible.
En attendant je rentrais chez moi pour me préparer un repas copieux, la cuisine d'Ute était bien meilleure, mais j'avais besoin de solitude. La nuit se couchait, je n'avais aucune idée de l'heure à laquelle leur repas se terminerais, et encore moins de si Iria me laisserait lui parler. La meilleure chose à faire était encore de revenir dans le village, ma maison se situant à sa limite, afin de guetter le moment propice.
J'eus le temps de faire une dizaine de fois le tour du village avant que les premiers invités ne partent, parmi eux il n'y avait ni Bohdan ni Iria. Je me plaçais sous l'une des lanternes afin d'être visible car il faisait à présent nuit. Elle sortie en dernier et le sourire qu'elle arborait se mua en une expression indéchiffrable lorsqu'elle me vit en train d'attendre. Je la rejoignais d'un air un peu pressé, ma culpabilité gravé sur le visage.
« Iria je… Je te dois des excuses.
-Je pense la même chose.
-Je t'en présente donc, je suis désolé de m'être énervé à propos de…
-C'est bon, j'ai compris je te pardonne. Je sais que ce n'est pas facile pour toi non plus. »
Bohdan passa à côté de nous mais en voyant nos têtes il comprit que le mieux à faire était encore qu'il passe son chemin.
« Dis-moi ce que tu voulais me demander, je… J'ai aussi envie de savoir après réflexion... »
Son visage s'éclaira d'un coup.
« Vraiment ?
-Beaucoup de personnes doivent chercher des réponses à propos de ce qu'il se trouvait là-dessous, ce serait bête de ma part de refuser de faire de même alors que tu semble avoir trouvé une piste.
-Parfaitement. Donc comme je te disais, j'ai déjà correspondu plusieurs fois avec une personne vivant à la Citadelle, cette dernière m'a conseillé quelques ouvrages qui pourraient m'éclairer sur le sujet.
-Tu ne pourrais pas mettre cela sur la liste du prochain convoi du village ? Il part dans à peine plus d'une semaine.
-J'aurais parfaitement pu, malheureusement ce ne sont pas des ouvrages que l'on trouve en librairie.
-Alors où dans ce cas ?
-Je vais te le dire mais promet moi de ne le confier à absolument personne.
-C'est déjà le cas de cette conversation dans son entièreté. »
Elle hocha la tête d'un air entendu et sortit un petit carnet de sa sacoche.
« Je l'ai « emprunté » à mon père disons. En tant que chef du village il a une autorisation toute spéciale pour accéder à la bibliothèque royale !
-Mais il va s'en rendre compte ! A ce moment là je ne donnerai pas cher de notre peau…
-Ne t'inquiète pas, il ne l'utilise pratiquement jamais. Contente toi d'être revenu avec avant le départ du prochain convoi et ça devrait passer inaperçu.
-Il faudra bien rendre ces livres un jour…
-On improvisera à ce moment là. »
Elle semblait sûre de son plan, moi un peu moins. Ce genre d'initiatives n'étais pas dans ses habitudes, ce qui rendait son plan d'autant plus expérimental et… presque bancal.
« Très bien, supposons que j'arrive à emprunter ces livres, comment justifier mon absence ?
-Ne te soucie pas de ça, je m'en occupe.
-Je peux te faire confiance pour trouver un alibi assez crédible ?
-Link ! Je n'ai jamais menti jusque là, et c'est pour ça qu'ils ne remettrons pas ma parole en question.
-Justement, c'est ce qui m'inquiète…
-Quoi ?
-Tu ne sais pas mentir.
-Il faut bien un début à tout… Link, je le fais aussi pour toi, tu m'as l'air complètement déprimé, tu as besoin de sortir de ce trou paumé. Profite tout ce que tu peux de la vie de la Citadelle, n'hésite pas à user de ce passe pour lire ce qu'il te plaît. Du moment que tu rentre avant le départ du convoi.
-Iria...
-Assez discuté ! Rentre donc chez toi, il faut que tu sois prêt demain matin !
-Je dois partir demain ?
-Le plus tôt sera le mieux, n'oublie pas les trois principaux points de cette missions : un, tu ramène les bouquins, deux, tu rentres à temps, trois, le plus important ! Tu te changes les idées et tu reviens débarrassé de ta déprime! »
Sur ces mots, elle me fourra le carnet dans une poche et me poussa en direction de chez moi.
« Allez bonne nuit Link !
-Bonne nuit, Iria... »
Elle rentra chez elle un regard en arrière, mais sa démarche indiquait que tout semblait aller pour le mieux de son point de vue. La mienne exprimait le contraire, je n'avais aucune idée de quoi emporter, tout du moins pas plus que la sacoche d'Epona ne pourra supporter.
Quitter Toal, voyager, il était vrai que j'y inspirai depuis quelques temps. La seule idée du périple qui m'attendait au petit matin accentuait ma fatigue, il était tard après tout. Je réfléchirai aux bagages le lendemain, pour le moment, il fallait dormir.
Pour ceux qui se rappellent des anciennes versions j'espère que vous appréciez les changements effectués. Quand aux nouveaux lecteurs, j'espère que ce chapitre vous a donné envie de lire la suite. Je réécris petit à petit tous les chapitres, si vous voulez savoir lesquels ont été réécris, cela sera tenu à jour sur mon profil dans la rubrique "infos diverses".
En tout cas je vous remercie d'avoir pris le temps de vous y intéresser, je serai heureuse d'avoir votre avis dessus, mais rien ne vous y oblige.
