Et voici comme promis le chapitre 8 en un temps record ! Bonne Lecture. (Absolument pas, je suis désolé.e, n'hésitez pas à review ;))
IMPORTANT: les paroles en japonais sont en italiques, afin de mieux les différencier du français.


C'est la fin de l'entraînement. Noa trépigne sur son bout de banc. Elle n'ose pas partir, encore imprégnée par le match qu'elle a vu. Elle ne peut pas partir comme ça, là maintenant tout de suite. Ça serait comme quitter la table à Noël avant la bûche : impensable !

À la place, elle observe le vieux monsieur de tout à l'heure se lever de son banc et s'approcher de ses joueurs. « Sûrement pour les féliciter » pense Noa, elle est trop loin pour entendre quoi que ce soit.

Les autres spectateurs ainsi que l'équipe défaitiste des étudiants quittent le gymnase en passant devant elle, sans vraiment lui accorder un regard. Noa, elle, elle attend. Quoi, exactement ? Je ne suis pas sûr qu'elle-même le sache.

Peut-être espère-t-elle pouvoir assister plus longtemps au talent des joueurs ? Ou peut-être veut-elle les soudoyer pour négocier une rencontre entre leur équipe et la sienne ? Tout est possible avec Noa Naoki.

En tout cas, elle reste assise sur le banc, la jambe qui tressaute et ses yeux dorés braqués sur les joueurs de Shiratorizawa.

L'un d'eux se retourne, c'est celui au numéro 3. Il lui lance un bref regard avant de se concentrer de nouveau sur ce que leur dit ce qui semble être leur coach.

Le débrief dure un moment puis le vieil homme s'en va et quitte le gymnase à son tour. Il passe devant Noa, lui lance un bref coup d'œil avant de froncer les sourcils. Il semble marmonner quelque chose et elle jurerait avoir entendu « encore une de ces fans hystériques ».

Elle fronce les sourcils à son tour tandis que le supposé coach disparaît par la porte. Quand son regard quitte l'homme âgé pour se reposer de nouveau sur l'équipe de volley, Noa remarque une présence juste à côté d'elle, le peut-être manager de Shiratorizawa.

- Tu comptes rester ? demande-t-il.

La question peut paraître peu sympathique, mais il n'y a aucune méchanceté cachée derrière. Il s'agit vraiment de savoir si oui ou non Noa compte rester à l'entraînement post entraînement.

- Ça ne dérange pas ? dit-elle en souriant.

- Aucunement.

Et hoop ! Un autre sourire lumineux. Le garçon regarde la place à côté de notre protagoniste puis son regard jade revient se poser sur elle.

- Je peux m'asseoir à côté de toi ? Je me sens seul, sur mon banc.

Noa pouffe à la blague du brun et opine de la tête, lui signifiant qu'elle lui donne l'autorisation de poser son postérieur à côté du sien, sur la même planche de bois verni : un honneur en soi. N'importe qui rêverait d'être à sa place (ou pas). Et le garçon en a conscience (ou pas) et sourit tout en s'asseyant à gauche de Noa.

- Tu es le manager du club ? lui demande enfin la brune, curieuse.

Il hoche la tête, ses mains sont posées de chaque côté de ses jambes. Et note importante : son sourire est toujours là.

- Je m'appelle Fujiwara Toshiro, se présente-t-il. Et toi ?

Le garçon – dont on apprend enfin le nom- aime bien entendre la brune parler. Il ne la connaît pas, c'est la première fois qu'il la voit, mais son petit accent français est exquis.

- Naoki Noa…

Elle s'apprête à poser une question quand les joueurs de l'académie de Shiratorizawa attirent son attention de nouveau. Ils s'entraînent au service. Le premier -et le seul dont Noa connaît le nom- joueur vient de sauter et d'envoyer un boulet de canon sur le terrain d'en face.

Un soupir admiratif lui échappe. Noa se demande si Célestine aurait été capable de réceptionner le service du fameux Ushijima Wakatoshi devant elle.

- Il est impressionnant, n'est-ce pas ? intervient Fujiwara en sortant la brune de sa rêverie.

- Qui ça ?

Noa, un peu longue à la détente, à du mal à suivre le manager.

- Ushijima.

Elle hoche la tête avant d'ajouter :

- Toute l'équipe l'est. Tu as vu le bloc du numéro cinq ? Et le passeur ? Le libéro n'est pas mal non plus !

- Tu t'y connais en volley ? intervient une autre voix, jusque-là inconnue.

Fujiwara sursaute, tandis que Noa se retourne vers l'inconnu. Il s'agit du central aux cheveux rouges. Il aborde un sourire railleur.

- Tendou ! rouspète le manager. Je t'ai déjà dit de ne pas me surprendre comme ça.

Il le sermonne un peu, mais le rictus amusé sur ses lèvres le trahit quelque peu.

- Tu sais bien que je m'en lasserai jamais Toshiro-kun, réplique le numéro cinq.

Il concentre ensuite son attention sur Noa, attendant visiblement une réponse à sa question. Elle revêtit alors un sourire fière et répond :

- Un peu, que je m'y connaisse en volley ! Je suis le champion de mon équipe !

Tendou incline sa tête sur la droite. Noa remarque seulement à ce moment-là, qu'elle n'entend plus le bruit des ballons sur le sol. Le reste de Shiratorizawa a arrêté de servir. Le numéro trois et quatorze se sont approchés de leur conversation.

- Toi, l'Ace de ton équipe ? répète Tendou, en contorsionnant pour avoir un « eyes contact » avec Noa qui est toujours assise.

La brune se tourne pleinement vers le middle blocker et ne remarque pas Fujiwara qui soupire doucement à sa gauche. Le sourire du centrale de Shiratorizawa s'agrandit quand il voit une flamme brûler dans la rétine dorée de la jeune Naoki.

- Tu ne me crois pas ?

Elle s'efforce d'afficher un sourire, ce qui s'avère plutôt effrayant.

- Disons que j'ai du mal, chantonne le rouge en se redressant.

Ni une, ni deux, Noa se lève et toise le numéro cinq du haut de son mètre soixante-douze. Une taille correcte pour une fille de 17 ans, qui s'avère ridicule face au mètre quatre-vingt-sept du middle blocker.

- Tu insinues que je ne sais pas jouer ?

Le sourire recourbé de Tendou s'agrandit encore. Taquiner les gens, il adore, mais quand les gens rendent ses provocations, il jubile.

- Ce n'est pas moi qui l'ai dit en tout cas~, susurre-t-il en agitant ses index recouverts par des bandages.

Si on était dans un dessin animé de type Tex Avery, une ampoule brillerait fortement auprès du crâne de Noa qui vient juste d'avoir une illumination. Mais vu que nous sommes dans un semblant de réalité, seuls ses yeux trahissent l'idée qui vient de germer dans son cerveau hyperactif.

Les mains sur les hanches, le menton relevé, un grand sourire sur les lèvres, Noa provoque le central de Shiratorizawa :

- On n'a qu'à voir ça sur le terrain !