Je me réveillais à l'aube ce matin-là, un sourire aux lèvres. J'étais tellement heureuse ! Hier, Sam m'avait demandée en mariage. Jamais je ne me serais attendu à ce qu'il le fasse aussi tôt. Mais dieu seul savait à quel point j'en étais heureuse. J'étais euphorique, j'avais l'impression de flotter dans un monde de bonheur pur. C'était vraiment magique. Je regardais l'anneau à mon doigt, simple, mais remplis de pleins de promesses. Promesse d'un avenir heureux.

Je sentis Sam bouger à mes côtés, il se réveillait enfin. Je souris, ça faisait quelques semaines que je vivais ici, avec lui. Qu'est-ce qu'on était bien. Mon père n'avait pas du tout aimé me voir quitter la maison. J'étais trop jeune d'après lui, beaucoup trop jeune. Il n'en démordait pas, malgré mes vingt et un an... Ça faisait cinq ans que j'étais avec Sam jour pour jour.

Quand je repense à la manière dont on s'est connu, on s'était détesté dès le premier regard échangé. On ne ratait jamais l'occasion de se charrier, d'envoyer des pics parfois blessants l'un à l'autre. Ça avait duré des années. Jusqu'à nos dix-sept ans... Ce fameux jour, ou en plein cours, on s'était disputé, le professeur exaspérer nous avait collé pour deux semaines entières chaque soir pendant deux heures. Et puis un de ces fameux soirs, au lieu de nous disputer il m'avait tout simplement embrassée. Depuis ce jour, rien ne nous avait plus séparés.

Je le regardais émerger en souriant, il n'était vraiment pas du matin. Mon sourire s'élargit en le voyant me sourire à son tour. Je l'embrassais chastement avant d'enfiler des vêtements et de partir préparer de quoi nous rassasier.

Tout en cuisinant, je repensais au fusil que mon père avait à porter de main bien souvent... Pauvre Sam, comment allait-il s'en sortir quand il faudra annoncer nos fiançailles à mon père ?

_ Qu'est-ce qui te fait autant sourire ce matin ? murmura Sam en m'embrassant.

_ Toi, mon père et son fusil ! lui répondis-je en riant.

_ Ce n'est pas drôle Lee-Lee... bougonna-t-il.

_ Oh que si, ris-je de nouveau.

_ Et si, je me retrouve avec une balle entre les deux yeux, ça te fera toujours rire ?

_ Je ne pense pas non...

_ Tu crois qu'on est obligé de lui dire ? demanda-t-il plein d'espoir.

_ Oui, je pense que ça serait bien, lui annonçais-je.

_ Dommage...

_ Ma mère nous défendra, le rassurais-je.

_ J'espère bien.

On finit par manger tranquillement, riant de tout et de rien comme à notre habitude. Nous étions de bon vivant comme dirait ma mère. Je l'embrassais et filais voir cette dernière avant de partir pour Port Angeles. J'avais décidé de poursuivre mes études le plus loin possible, alors que Sam, lui travaillait dans le garage auto de la Push. Il avait toujours aimé la mécanique.

Pour ma part, je ne savais absolument pas quoi faire pour le moment. Je me contentais donc de suivre ces cours dans l'espoir de trouver ma voie. Espérons que ça fonctionne.

Après une trentaine de minutes de route, je me retrouvais assise dans ma salle de cours. Une fois n'est pas coutume, j'étais encore arrivée juste à l'heure. Je suivis le cours avec attention durant les trente premières minutes avant de laisser mon esprit dériver vers mon avenir, ma famille, mes amis. J'avais vraiment tout pour être heureuse quand j'y pensais.

_ Mademoiselle Clearwater, auriez-vous la bonté de revenir avec nous ? Où souhaitez-vous que je vous mette dehors, dès maintenant ? fit mon professeur avec dédain.
_ Désolée, répondis-je simplement.
_ Bien. Poursuivons désormais. Mais que ça ne se reproduise plus mademoiselle Clearwater.
_ Bien, Monsieur.

Ce professeur ne m'aimait pas le moins du monde. Était-ce parce que je venais de la réserve ? C'est fort probable, j'étais la seule ici. La seule différente, ma peau brune faisait défaut parmi toutes ces personnes à la peau pâle. Je suivis néanmoins le cours avec attention. Les deux heures avec ce prof se terminèrent enfin. Je notais avec soin la rédaction à rendre pour le mois suivant, autant ne pas l'oublier, parce que sinon...

Je sortis en soupirant de bonheur, enfin terminé. Il était temps. Je me rendis ensuite à mon cours d'espagnol allé savoir pourquoi j'avais décidé de faire de l'espagnol, par pur caprice, mais je m'en sortais bien. Vraiment bien, j'étais quasiment au même niveau que les autres alors qu'il avait deux voir trois ans de pratique de plus que moi. Mon envie d'apprendre avait réussi à combler ce fossé. Malgré que mes débuts furent hasardeux. Voir carrément catastrophique !

_ Bonjour, fit de manière enjouée la professeure d'espagnol.

Cette prof était toujours joyeuse. Je ne sais même pas comment elle peut être autant de bonne humeur. Ses élèves peuvent lui en faire voir de toutes les couleurs qu'elle ne s'énervera pas pour autant. C'est comme même fou.

Elle commença son cours tout en souriant. Elle aimait enseigner ça se voyait. L'heure passa extrêmement vite. Le temps du midi arriva, je rejoignis Abby, ma seule et unique amie ici, un peu plus jeune que moi, mais vraiment sympathique. Je l'accueillis avec un grand sourire aux lèvres. Elle appelait ça, le syndrome quileute. D'après elle, nous sourions trop. Heureusement qu'elle n'est pas encore venu à la Push parce qu'elle aurait vu une toute autre réalité. Bien que ce soit vrai, nous sourions beaucoup pour la plupart. Après tout le bonheur ne vient pas en pleurant et se repliant sur soi-même.

Je la pris dans mes bras, heureuse de la revoir et surtout de lui raconter les dernières nouvelles. Je n'eus même pas le temps d'en placer une, qu'elle avait déjà repéré la bague à mon doigt. Elle se mit à rire et sauter un peu partout comme une hystérique. Cette fille n'était vraiment pas nette, je vous le dis !

Aussi, je la laissais s'extasier devant la bague quelques minutes, bien que je sache qu'elle ne tiendrait pas longtemps avant de me poser toutes sortes de questions allant d'un extrême à un autre.

_ Il t'a enfin demandé en mariage !
_ Comme tu peux le voir, souris-je.
_ C'est trop mignon !

_ Si tu les dis, rigolais-je.
_ Tu m'inviteras ?
_ Bien sûr !
_ Je pourrais t'aider à tout préparer ? Enfin même-ci, je pars pendant un an dans à peine deux semaines...
_ Je vais avec ma cousine voir des robes la semaine prochaine. Parce que d'après elle, même-ci la date n'est pas fixée, je dois commencer.
_ Et elle a raison ! approuva-t-elle.
_ Tu viendras, alors ? demandais-je.
_ Eh bien si dame Clearwater m'invite comment pourrais-je refuser ? plaisanta-t-elle.
_ Arrête de te foutre de moi, Stom, répliquais-je.

On continua à se taquiner un moment avant de repartir en cours chacune de notre côté. Je poussais un soupir en me souvenant que dans deux semaines elle partait pendant un an en France ou en Angleterre pour pouvoir intégrer, je ne sais plus quelle école d'art trop bien. Elle allait me manquer. Surtout, elle ne pourrait pas être là à mon mariage... Au moins, Emily, ma cousine, que je considérais comme une sœur, serait près de moi le jour J.

Le reste de la journée passa vite et bientôt, il fut l'heure de rentrer. Je repris donc la direction de la Push en chantant toutes les chansons qui passaient à la radio. Heureusement que les routes sont la plupart du temps déserte sinon on m'aurait prise pour une folle.

Je finis par arriver à destination, je bondis de la voiture pressé de revoir mon Sam. Après avoir fait le tour de la maison et constater qu'il n'était pas là, je me décidais à écouter les messages. Aucun de sa part. Curieux, d'habitude, il me prévenait toujours quand il rentrait tard. Je haussais les épaules avant de m'atteler à la préparation du dîner. Après tout, il avait toute ma confiance.

Aussi, je préparais le repas la musique à fond dans les oreilles pour dissiper mon inquiétude. Je soupirais en voyant vingt et une heures s'afficher à la pendule, voilà une heure que j'étais rentrée et toujours rien.

Je fixai le téléphone avant de me décider à téléphoner à son garage. Après d'interminables secondes d'attente, on me décrocha enfin. C'était Carl le patron de Sam. Un gars sympathique, il prendrait sa retraite dans un an ou deux.

_ Bonjour Carl.
_ Leah, s'enthousiasma-t-il.
_ Je cherche à joindre Sam. Il est encore là ? Demandais-je.
_ Il est partit en milieu d'après-midi en me disant qu'il ne se sentait pas bien.
_ Oh...
_ Il n'est pas rentré ?
_ Non.
_ Ne t'inquiète pas, il ne doit pas être bien loin.
_ Oui, sûrement.

Je raccrochais plus qu'inquiète. J'appelais encore deux ou trois personnes, mais personnes n'avait de nouvelle. Je soupirais, que pouvait-il bien faire ?

C'est finalement vers vingt-trois heures qu'il rentra. Il me prit dans ses bras, avant de monter sans un mot à l'étage. Je le suivis silencieusement me demandant ce qu'il pouvait bien avoir pour qu'il soit dans cet état. Mais aucun son ne sortit de sa bouche et il se coucha comme cela.

Je soupirais espérant pouvoir avoir une discussion le lendemain matin. Je mis du temps avant de réussir à m'endormir...

Le lendemain matin, je me réveillais, bien décider de discuter avec lui. En me retournant, je constatai que sa place était froide. Depuis combien de temps était-il parti ? Je descendis en bas, mais fus bien forcé de constater que j'étais seule dans la maison. Mon regard tomba finalement sur un bout de papier.

J'ai dû partir plus tôt.
À ce soir.
Je t'aime.
Sam.

Je soupirais, me disant que je me faisais des films. J'étais bien trop jalouse pour ma bonne santé. Je me préparais et filai en cours. Dernière journée et week-end. Je n'avais cours que le lundi, mardi et jeudi.

Je rejoignis Abby dès que je la vis. Elle me sauta dans les bras. Néanmoins, elle fronça les sourcils en me voyant. Elle m'avait déjà percée à jour.

_ Clearwater, dis-moi ce qui ne va pas tout de suite ! m'ordonna-t-elle.

_ C'est rien.

_ C'est qu'il y a quelque chose. Dépêches.

_ C'est Sam...

_ Quoi, qu'est-ce qu'il a fait ?

_ Je me fais des films, t'inquiètes.

_ Leah.

_ Il rentre tard, il part tôt et il n'est pas au travail, pas avec ses amis... Et tu sais comment je suis...

_ Hum...

_ Quoi ?

_ C'est louche, fit-elle suspicieuse.

_ Mouais...

_ Je sais !

_ Quoi ?

_ Il te prépare une surprise, fit-elle.

_ Euh...

_ C'est trop mignon, s'exclama-t-elle.

_ Moui...

_ Tu n'y avais pas pensé ? s'horrifia-t-elle.

_ Non, avouais-je.

_ Je suis sûre que c'est ça.

_ Tu as sûrement raison, ça serait bien son genre.

_ Tu vois ! Bon aller, j'y vais, à tout à l'heure.

Je la regardais partir en courant vers sa salle de cours et partis vers la mienne en réfléchissant. Abby avait raison et je me faisais des films pour rien. Je secouais la tête et m'asseyais à ma place. J'écoutais vaguement le cours intervenant de temps à autre.

La journée passa à une allure folle. Si bien que je repris la route sereine vers mon chez-moi. Presser de revoir Sam. Tout en conduisant, je fixais la bague à mon doigt. Un sourire béat au visage. Il faut vraiment que j'arrête ce genre de crise de jalousie.

En passant le seuil de la maison, je constatais une nouvelle fois que Sam n'était pas rentré. Les heures passèrent sans qu'il ne revienne. Las, je partis me coucher, inquiète une nouvelle fois. Le lendemain matin, il n'était toujours pas revenu.

Les cinq jours suivent je ne le vis pas une seul fois. Il n'était pas revenu depuis bientôt une semaine. Assise dans le canapé, je pleurais d'inquiétude, je ne savais pas quoi faire. Pas une nouvelle, un signe rien néant.

Abby avait essayé de me rassurer par téléphone, tout comme Emily. Ma mère était passée me voir me remonter le moral. Puis mon père et mon frère étaient venus. Mon frère et sa joie de vive m'avaient fait un grand bien.

Je fondis en larmes en voyant Sam franchir le seuil de notre maison. Je le pris dans mes bras, lui disant de ne plus jamais me refaire ça. J'étais tellement heureuse de le revoir que je ne pensai même pas à lui demander ou il avait passé les six derniers jours. J'étais juste heureuse de le voir. L'avoir près de moi. Il me sourit et m'embrassa, se confondant en excuse.

Il souleva mon visage pour que je le regarde dans les yeux. Je fixais ses yeux d'un brun quasiment noir, j'y lus l'espoir, l'inquiétude, la peur. Puis finalement, l'espoir partit. Ne laissant que l'inquiétude. Un peu d'amour aussi. Aurait-il préféré voir quelqu'un d'autre à ma place quand il me fixait dans les yeux ? Je ne le saurais probablement jamais.

Il me serra dans ses bras avec toute l'affection qu'il me portait. Une partit de moi su que quelque chose avait changé, mais je n'y prêtais pas attention. Mon amour était revenu, n'était-ce pas tout ce qui comptait ?
Bien sûr que oui.

Aussi s'attabla-t-il avec moi, tout en souriant, nous évoquions nos projets. Nous voulions des enfants dès que possible. Après le mariage ça serait bien. Juste après la fin de mes études. Puis nous avions commencé à établir une liste d'inviter. Nous lançant des pics de tant à autre. Finalement, rien n'avait changé. Il était toujours mon Sam. L'homme de ma vie, celui que mon cœur chérissait. Je chassais les inquiétudes des jours passés.

On partit se coucher vers minuit.

Le lendemain, je ne me formalisais même pas de la place froide à mes côtés. Je lui faisais confiance. Je sais qu'il n'était pas quelqu'un qui aimait faire souffrir les autres. Je me décidais à nettoyer la maison, il était temps. Je n'étais vraiment pas une grande ménagère. Ce n'est pas mon truc.

Je me mis finalement à réviser mes cours.

Les jours passèrent tranquillement, se suivant et se ressemblant pour certain. Sam était souvent absent. Il y avait cette distance entre nous deux qui n'avait rien à faire ici. Les choses avaient changé imperceptiblement. Et ça commençait à se ressentir entre nous deux.

Et je ne pouvais rien y faire.

Cette constatation me faisait souffrir, car je n'arrivais pas à trouver le détail qui m'échappait. Ce quelque chose qui s'était mit entre nous... Qui détruisait tout ce que nous avions construit tout au long de ces dernières années.

Samedi arriva plus vite que prévu. Emily frappa à ma porte à neuf heures tapante. Son grand sourire chaleureux aux lèvres. Je la pris dans mes bras, elle m'avait manqué, quelle idée de vivre aussi loin de moi. Elle était ma sœur de cœur. Je l'adorais, nous entendions tellement bien et cela depuis toujours. Nous avions le même âge et on s'était côtoyée depuis le jour de notre naissance. Forcément, cela créait des liens.

Je grimpais à ses côtés dans sa voiture plus excitée que jamais. Je lui indiquais que nous devions prendre Abby en passant. Lui précisant que j'avais invité cette dernière à venir avec nous car elle ne pourrait pas être là au mariage puisqu'elle partait dans trois jours. Emily sourit et accepta de faire le détour, contente de pouvoir rencontrer une de mes amies. On discuta des dernières nouvelles ensembles.

Je repérais Abby de loin, elle attendait en sautillant au bord de la route, espérant sans doute se réchauffer de cette manière. Elle salua chaleureusement Emily. J'étais sûre que ces deux-là, s'entendraient à merveille. Elles avaient des caractères qui s'accordaient merveilleusement bien. On commença alors à parler du sujet du jour : ma robe de mariée.

On arrivât une bonne demi-heure plus tard devant la boutique. Je fus subjuguée par la beauté de toutes les robes présentes. Plus belle les unes que les autres. J'en essayais plein, n'ayant pas de modèle précis en tête. Mes deux accompagnatrices s'en donnèrent à cœur joie, me présentant toutes les robes qui leur plaisaient. Près de trois heures passèrent avant que je retienne deux robes, en disant à la vendeuse qu'il fallait que je réfléchisse avant d'arrêter mon choix. Après tout, il s'agissait d'une décision cruciale !

On s'arrêta pour grignoter un peu et fit deux trois boutiques, avant de se décider à rentrer. Ci-bien que quand on arriva, il était près de dix-neuf heures. Je fus heureuse de voir la voiture de Sam, devant la maison. J'entraînais Emily à ma suite. Une fois dans l'entrée, je sautais dans les bras de mon amour, heureuse de le revoir. Il m'embrassa passionnément et me serra fort contre lui.

Je partis quelques secondes poser mes affaires. Quand je revins, je vis Sam regarder Emily dans les yeux. Ce que j'y vu me fit l'effet d'une douche froide.

Passion, fascination... Amour.

Il avait un sourire béat aux lèvres. Mon Sam regardait Emily avec amour. Il l'avait vu plusieurs fois sans jamais rien et là... Il... Il la regardait avec amour ? J'avais l'impression de suffoquer. Qu'on me poignardait le cœur encore et encore, et encore... Cela faisait désormais des semaines que j'attendais un regard identique, enfin délaissé de toute l'inquiétude qu'il semblait avoir accumulé ces derniers temps. Et il l'offrait à Emily...

Emily finit par détourner le regard gêné. Pourtant pas indifférente... Ce fut comme un nouveau coup de poignard dans le dos. Comment pouvait-elle...

Ma presque sœur finit par dire qu'elle allait rentrer. Elle tremblait légèrement et semblait perdue. Pourtant, j'en fus soulagée et je n'essayais pas de la retenir ayant même hâte de la voir s'éloigner. Sam essaya de la retenir. En vain. Fort heureusement d'ailleurs, je ne l'aurais pas supporté. Je ne savais déjà plus comment réagir. Que faire ?

Je fixais Sam interrogative, mais rien. Il m'ignora. Il tremblait, je le vis sortir et partir dans la forêt. Je me laissais tomber au sol, mes jambes ne me portaient plus. Les larmes coulaient sans que j'arrive à les arrêter.

Que se passait-il ?

Il revint quelques heures plus tard et me prit dans ses bras me disant qu'il m'aimait. Pourtant à mes oreilles ça sonnait faux. L'énergie du désespoir aidant, je m'accrochais à ses mots en lui murmurant que je l'aimais aussi. À jamais.

Les jours suivant furent difficiles. La distance entre Sam et moi s'était agrandi. Je ne savais plus vraiment quoi faire. Chacun de notre côté, nous faisions notre possible. Vainement ? Peut-être bien... Il semblait que nous nous accrochions encore et encore à ces sentiments qui avaient fait de nous un couple uni ces dernières années. Mais à chaque fois, le regard qu'il avait offert à ma cousine revenait me hanter. C'était tellement dur.

Seule une fois de plus, je me décidais à partir en balade tranquillement. Mes pas me conduisirent d'eux-mêmes vers le lieu de travail de Sam. Que m'attendais-je à trouver en allant là-bas ? Sûrement pas Carl m'annonçant que Sam avait ne prit sa journée pour se rendre à la réserve voisine. Non. Je ne l'aurais jamais imaginé. C'est comme ça qu'il se battait pour nous ? En se rendant dans la réserve voisine, lieu de vie d'Emily ? Il allait la voir en cachette... Depuis combien de temps cela durait ? Pourquoi ses sentiments avaient-ils tellement changés en si peu de temps ? Avait-ce un lien avec le changement physique qu'il avait subi ? Ca n'avait pas de sens... Cinq années d'amour ne pouvaient pas disparaître en un claquement de doigt, n'est-ce pas ?

Blessée, je rentrais dans notre chez nous, qui n'avait plus vraiment lieu d'être. Assise à même le sol, je l'attendis, les yeux sur la pendule, pleurant toutes les larmes de mon corps. Sans pouvoir m'arrêter. Il finit par rentrer. Tard. Vraiment très tard. L'espoir m'avait quittée, je crois...

Il entendit un sanglot étouffé et baissa le regard sur moi. En le regardant dans les yeux, je compris. Je compris ce que je n'avais pas encore réalisé. Ce que je me refusais à accepter. Et pourtant, à cet instant, l'évidence se présenta à moi. Et même le ciel pleurait à cette révélation.

_ Sam... S'il te plaît...
_ Lee-Lee... fit-il hésitant.
_ Ne me dis pas ça... le suppliais-je.
_ Je ...
_ Tu ne peux pas faire ça... continuais-je. Pas maintenant... Pas après...
_ Tout est fini, Leah.
_ Non. Pas comme ça !
_ J'ai...
_ Bats-toi. Bats-toi pour nous ! criais-je.
_ Leah... J'ai déjà essayé. Je te jure que j'ai lutté. Mais c'est impossible...
_ Non, hurlais-je à nouveau. Sam, ne me laisse pas !
_ Je... On ne... Je ne peux plus continuer. Je ne peux pas ignorer mes sentiments...

Blessée, je sortis en courant, lui balançant la bague qu'il m'avait offerte au visage. Le noir m'engloutit alors qu'il me hurlait de revenir. Mais à quoi bon ? Il n'y avait plus d'espoir. La pluie tombait en masse, me gelant jusqu'aux os. Mais je ne sentais plus rien. Mon cœur, s'effritait à chaque pas. J'avais l'impression que des sceaux d'acide se déversaient sur mon cœur. Mes yeux me brûlaient d'avoir trop pleuré. Je tombais au sol me vautrant dans la boue. Frigorifier, je finis par me relever. J'avais l'impression de me noyer. L'air dans mes poumons semblait être de l'acide. Je suffoquais. Ma tête bourdonnait. Tombant de nouveau au sol, je vomis. Je me sentais tellement mal. Tanguant, essayant de maintenir une certaine cadence, je retournais vers le lieu de mon enfance. Qu'importe l'heure qu'il était. J'avais besoin de quelqu'un. Ma mère... Elle ne m'abandonnerait pas elle.

Après être tombée plusieurs fois, je finis par arriver devant la porte. Les larmes coulant en continu. J'avais tous perdu. Je frappais à la porte, pleurant toujours plus. Je tombais à genoux sur la terrasse devant la porte, qui finit par s'ouvrir sur mon petit frère. Il eut un hoquet de surprise me voyant vautrer devant la porte. Sûrement, l'image que je renvoyais à cet instant resterait-elle gravée en lui longtemps, mais je n'avais pas la force de l'épargner aujourd'hui. Je n'avais la force de rien...

Il hurla à ma mère de descendre le plus vite possible, tout en me prenant dans ses bras, se souciant guère que je sois mouillé et couverte de boue. Il me serra contre lui essayant de m'apaiser. Ma mère descendit en trombe et vint en courant vers moi.

_ Mon dieu, Leah. Que se passe-t-il, ma puce répond, s'exclame-t-elle paniquée de ma voir ainsi.
_ Il... m'a... Abandonnée, murmurais-je entre deux sanglots.
_ Qui ? s'alarma-t-elle bien que la réponse soit évidente.
_ Sam... Il ne veut plus de moi..., fondis-je en larmes à nouveau.
_ Ma Leah... Mais...
_ Il aime Emily..., la coupais-je en pleurant de tout mon soul.
_ Le salopard. Il n'avait pas le droit de faire ça, cria mon frère.

Il fut repris par mon père, qui alarmer par les cris avait finit par descendre. Ma mère entreprit de me sécher et avec son aide, j'atteins ma chambre. Elle m'aida à me changer. Mes larmes ne se tarissant pas, elle resta à mes côtés toute la nuit chantant la berceuse de mon enfance. Mais rien n'y faisait.

Le matin arrivant, je n'avais toujours pas fermé l'œil, les larmes continuaient leurs chemins. Ma gorge me brûlait. Je me murais dans le silence malgré les questions de ma mère. Je souhaitais rester seule. J'étais détruite. Et tellement vide.

Un texto d'Abby... Elle me disait qu'elle partait.

J'étais seule au monde. Je venais de perdre l'amour de ma vie, ma meilleure amie et ma presque sœur. J'étais seule. Détruite et seule. Mon cœur battait pour une raison qui mettait inconnu. Il n'avait plus de raison de battre... À quoi bon ?

Je passais mes journées à regarder le monde par la fenêtre de ma chambre... Les jours se succédaient sans raison. Mes parents se disputaient, de ma faute. Il y a quelques jours, Seth était allé voir Sam. Je savais que mon frère n'avait pas dû mâcher ses mots, il avait dû décrire mon état en hurlant, essayant de faire culpabiliser Sam. Deux choses étaient sûres à son retour. Mon père était du côté de Sam, la preuve, il avait puni Seth. La deuxième, découverte à cause du mutisme de mon petit frère, Emily était chez Sam quand il y était allé.

Deuxième douche froide. J'avais eu l'impression de revivre notre séparation en dix fois plus puissantes. C'était tellement horrible. Emily était avec Sam. Dans cette maison où j'avais vécu avec lui. J'avais été remplacée. J'en avais la nausée rien que d'y songer.

Chaque jour, je me maudissais d'être aussi faible. Mais qu'y pouvais-je ? Je souffrais tellement. Belle revanche de la vie. Elle m'avait repris le bonheur qu'elle m'avait offert de la manière la plus douloureuse possible. Afin que tout espoir me quitte. Je devais souffrir d'avoir été trop heureuse. Cinq ans de ma vie rayés en cinq secondes. En une phrase.

« Tout est fini, Leah »