Note : je remercie MoOonshine d'avoir corriger ce chapitre à la dernière minute. Chapitre qui est la suite du texte Gémeaux ! J'ai craqué mon slip, c'est le texte le plus long pour le moment xD. Et je rappelle que Zèlos n'est pas un exemple à suivre !
Signe : Sagittaire
Carnation (Oeillet)
Les signes du Sagittaire sont aimables et populaires, tout comme la charmante fleur de l'œillet. Les œillets blancs représentent l'amour, ce qui fonctionne parfaitement avec les Sagittaires qui sont connus pour leur amour de l'amour, il est logique qu'ils soient associés à l'une des fleurs de mariage les plus couramment choisies !
Thème(s) : amour pur, mariage
Personnage : [Aiolos x Saga], Kanon, Zèlos et le reste de la chevalerie. + D'autre perso (surprise)
Je vous souhaite une agréable lecture. O/
Flashback, 15 ans auparavant.
Le soir tombait, les ténèbres enveloppaient l'azur, elles obscurcissaient les paysages dont on ne voyait plus que les silhouettes empanachées de noir. Le ciel se nimbait de quelques nuances enflammées, dernière lueur du soleil, avant de s'évanouir au fin fond du monde laissant le plein pouvoir à la nuit exacerbant très souvent : les peurs, les angoisses et les sentiments. Seul l'astre lunaire dans son halo de lumière argentée et paisible apportait douceur et réconfort telle une figure maternelle à ses enfants les prenant dans ses bras réconfortants, les enveloppant de quiétude.
Dans l'obscurité du palais du Grand-pope dont les rayons lunaires s'infiltraient entre les colonnes de pierre, projetant tous deux un chemin d'ombres et de lumières sur le sol, un jeune homme destiné à devenir chevalier d'or y marchait à pas feutrés se rendant à l'autel de sa déesse.
Comme chaque mardi soir il s'y rendait pour le chercher et le contempler.
Un silence religieux régnait dans ce lieu sacré et devant l'autel une silhouette était agenouillée, l'adolescent s'arrêta derrière une colonne s'assurant d'avoir une vue d'ensemble sur le lieu sans que la personne ne priant puisse l'apercevoir.
Comme toutes les nuits du mardi, il observait dans l'ombre Saga prier devant la statue de leur déesse.
Aiolos, ne pouvait pas entendre les prières formulées par la voix ne montant jamais d'octaves, mais devinait leurs formes sans mal par la douceur et l'amour qu'avait cette voix en parlant de son prochain. Des prières adressées pour autrui que pour sa personne à sa déesse, ainsi était Saga. Aiolos le savait, comme il savait que Saga se rendait aux villages se situant aux alentours du sanctuaire lors de son seul jour de récupération pour aider les villageois que cela soit pour réparer une toiture, transporter quelque chose, souvent de l'eau, ou apporter de modestes remèdes à basse de lavande qu'il faisait lui-même le soir. Le reste du temps soit il s'entraînait, soit il instruisait le Grec aux jeunes enfants arrivant au sanctuaire pour leur permettre une meilleure intégrité, une tache qu'il avait endossé seul.
Saga n'était jamais fatigué lorsqu'il s'agissait de faire quelque chose pour autrui, un homme donnant le sourire à sa simple vue. Le futur chevalier du Sagittaire resta de longues minutes, peut-être une heure, à observer Saga avant de sortir de sa cachette en s'annonçant.
-Saga.
L'appelé se releva puis se tourna pour faire face à son interlocuteur qui se crispa légèrement et dont le cœur commença à battre la chamade voyant le visage de l'autre arborant un sourire heureux de le voir.
-Merci de venir me chercher à chaque fois et pardon du dérangement.
-Je le fais parce que j'en ai envie. Avoue-t-il détournant le regard.
Toujours à remercier et à s'excuser pour la moindre petite chose, à se souvenir de la bonté des autres à son égard, mais jamais de la sienne envers autrui. Aiolos savait que s'il ne venait pas chercher Saga, les prières auraient continué jusqu'à l'aube comme cela était déjà arrivé à plusieurs reprises. Reportant son regard turquoise sur Saga, il remarqua la tenue de ce dernier dont il n'avait pas prêté attention avant, trop obnubilé par le sourire de l'autre.
-Pourquoi tu ne portes pas ta nouvelle tunique donnée par le Grand-pope ?
Ce-fut cette fois-ci à Saga de détourner le regard en saisissant son coude droit, signe qu'il allait mentir. Un tic qu'Aiolos ne connaissait pas encore à cette époque.
-Le vêtement s'usera avec les entrainements, je préfère donc le porter pour d'autres occasions.
-Oui, c'est logique. Pardon, c'était une question stupide. S'excusa-t-il se grattant l'arrière du crâne.
Intérieurement Aiolos se sentit soulagé, Saga avait pensé à lui-même pour une fois, loin de penser que le futur Gémeau avait offert ce vêtement à Kanon. Saga se sentait mal quelque part de mentir à Aiolos, surtout que ce dernier l'aurait compris étant lui aussi un grand-frère voulant le meilleur pour son cadet. Il ne voulait pas qu'Aiolos s'énerve contre lui, alors il avait menti.
-Ce n'est rien, rentrons mainten…
Un gargouillement retentit brisant le silence religieux du lieu, Saga se sentit rougir violemment saisissant le creux de son estomac criant famine.
-Pardon.
-Tu n'as pas encore dîné ?
Un nouveau gargouillement plus fort retentit faisant pâlir Saga et Aiolos, ce n'était pas le bruit d'un estomac ayant faim, c'était le bruit d'un estomac mécontent de ne pas avoir été nourri correctement depuis des jours !
-Depuis combien de temps tu n'as pas mangé Saga ? Se corrigea le brun légèrement contrarié.
-Je n'ai pas compté. Avoua-t-il baissant la tête afin d'éviter le regard le dardant.
Sans crier gare, une main rugueuse vient saisir la sienne, abîmée autant par les entraînements que les travaux manuels. Aiolos commença à traîner en dehors du lieu Saga qui sentait très bien la colère de son ami.
-Tu n'es vraiment pas possible Saga par moments !
-Je suis désolé, tu m'emmènes où ?
-Chez moi, je vais m'assurer que tu manges correctement et ça fera plaisir à Aiolia de te voir.
Saga stoppa leur marche au cœur des couloirs monochromes, ancrant ses jambes dans l'ombre d'un pilier faisant stopper net Aiolos sous des rayons lunaires. Leurs mains toujours jointes, à la frontière des ténèbres et de la lumière.
-Qu'est-ce qu'il y a Saga ?
-Merci de ton inquiétude, mais je n'ai pas envie de manger. Le cœur m'en manque.
-Comment ça ?
-Quelques villages connaissent un début de famine…comment pourrais-je manger à ma fin sachant cela ?
Aiolos ne sut pas comment répondre, ni comment réagir. Il se demanda simplement pourquoi Saga était aussi sensible et compatissant aux lamentations du monde, quelque part Aiolos se sentait impuissant face à cela. À la fois, une douce chaleur lui engourdissait agréablement le cœur ne sachant plus s'il devait battre la chamade ou battre paisiblement sous cette bonté et commisération rayonnantes tel l'astre solaire brillant sur chaque individu.
Une seule certitude, il l'aimait et voulait partager sa vie.
-Je t'aime, sors avec moi.
Saga rougit violemment et ses cheveux se hérissèrent sous la déclaration soudaine et très inattendue de son ami de toujours pour qui il avait aussi des sentiments. La joie et la peur l'avaient gagné ainsi qu'une légère hésitation, mais tous furent balayés par la détermination du regard d'Aiolos.
-Je...moi aussi…t'aime...accepte… Bafouilla-t-il enfonçant sa tête écarlate entre ses épaules.
Leur mains toujours l'une dans l'autre, Aiolos tira vers lui Saga le faisant plonger dans les rayons argentés, ses lèvres viennent à la rencontre des siennes et sa main libre vint s'ancrer au creux du dos de ce dernier. Un baiser d'adolescent maladroit, mais d'une sincérité sans égale. Une embrassade maladroite rendue à moitié avec timidité par Saga.
À cette époque, Aiolos et personne d'autre n'auraient pu croire que Saga menait un combat incessant seul contre lui-même, tout au fond de lui. Une Bataille qu'il finirait par perdre, vaincu par lui-même, et serait destiné à la tragédie de ne jamais pouvoir se battre pleinement pour ses idéaux et son envie de justice, voire aller à l'encontre de cela. Tentative d'assassinat contre la réincarnation de sa déesse, prise de pouvoir du Sanctuaire, opposé à sa déesse lors de la bataille du Sanctuaire, et forcé d'endosser un rôle de Spectre.
La tragédie d'un homme voué à ne jamais se battre pour le bien et la justice auxquels il croyait profondément.
Un instant de faiblesse qui se répercuta dans le temps.
-Aiolos ?
Le Sagittaire revint à lui, son regard rencontra celui de son interlocuteur qui n'était nul autre que Saga semblant inquiet. Le Grec regarda autour d'eux, Zèlos n'était plus là, il venait de partir, ils n'étaient plus qu'eux deux dans la salle des invités. Puis le regard dériva de lui-même vers la main pansé, rougeâtre, contre son épaule, le verre dans sa main se brisa en morceaux s'enfonçant dans cette dernière. Instinctivement, le gémeau était venu saisir la main pour voir l'ampleur des dégâts, main que son propriétaire récupéra d'un mouvement du bras avant de lui tourner le dos.
-Pardon, je suis un peu sur les nerfs.
-Désolé… Y a-t-il quelque chose que je puis-je faire, pour arranger ton humeur ?
-Tu n'as pas à t'excuser pour ça, Saga. Aiolos serra le poing de sa main valide. Je n'aime pas te voir gentil avec des personnes telles que lui. Ça m'énerve. Pourquoi faut-il que tu sois toujours ainsi, même après toutes ces années passées ! Reprocha-t-il.
-Je suis désolé Aiolos, mais je n'arrive vraiment pas à lui en vouloir. J'ai conscience de ce qu'il nous fait est mal, je ne dirais jamais le contraire. Il me fait de la peine à dire vrai, extérioriser ainsi son complexe d'infériorité, « A quel point se sentit-il mal dans sa peau ?» Je me pose souvent cette question. Sachant cela je ne peux pas lui en vouloir pour le mal qu'il me fait personnellement.
Saga baissa la tête avouant cela, il n'en avait pas honte, il se sentait simplement mal car cela n'apaiserait pas la colère d'Aiolos, bien au contraire. En treize ans, la mansuétude de Saga n'avait pas changé tout comme Aiolos dont le temps s'était arrêté, connu une coupure. La seule chose qui avait changé était que l'un était un adulte et l'autre un adolescent dans le corps d'un homme de vingt-huit ans. Un jeune-homme détestant toujours autant voir son premier amour, qu'il aimait toujours, pardonner avec aisance le mal qu'il pouvait subir d'autrui.
-Aio'...pardon. Laisse-moi soigner ta main maintenant s'il te plaît. Dit-il avançant d'un pas.
-OCCUPE-TOI D'ABORD DE TOI ! TOI AUSSI TU ES BLESSÉ NON ! N'ESSAYE PAS DE SOIGNER MES PLAIES AVANT LES TIENNES, ÇA M'ÉNERVE ÉGALEMENT !
Saga recula d'un pas sous l'étonnement, c'était la première fois que le Grec lui hurlait dessus. C'était tendu entre eux deux depuis que Zèlos était là, mais ça n'avait jamais abouti à une dispute. Il regarda sa main pansée imbibée de sang, la fermant et l'ouvrant puis la main ensanglantée du Sagittaire, la peine vint se graver sur son visage.
-Merci de ton inquiétude, mais ce n'est pas aussi grave que toi. Ne t'en fais pas.
La goutte de trop pour le brun en colère qui se retourna et avança dangereusement vers Saga qui recula instinctivement jusqu'à ce que son dos heurta un mur, Aiolos se planta à cinq centimètres de Saga plaquant ses avant-bras de part et d'autre du visage de celui-ci. Les iris turquoise étincelant de colère s'ancrèrent dans le regard déboussolé.
-Saga, ça me blesse profondément de t'entendre me dire de ne pas m'inquiéter. Comment ne pas l'être ? Tu es la personne qui partage ma vie, je me soucie de toi autant que toi de moi. Cesse de tout prendre sur toi à la fin !
Les pupilles du bleuté s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit comme celle d'un poisson rouge face aux mots de son interlocuteur qui arbora la même réaction voyant la sienne à ses mots.
-Saga…ne me dit pas que tu croyais que…
Ce dernier, toujours dos au mur se saisie le coude gauche d'inconfort sans détourner son regard du Sagittaire, le visage proche du sien.
-Oui, je le croyais…à cause de mon côté sombre et aussi parce que je suis responsable de ta mort.
Aiolos retira ses avant-bras faisant face à Saga, la même colère dansant dans son regard et redessinant ses traits, lui donnant un air profondément contrarié, ses sourcils froncés n'aidaient pas.
-Je ne vais pas te mentir Saga. Je déteste, je HAIS ton côté sombre qui m'a privé de voir mon petit-frère grandir, qui a tenté d'assassiner notre Déesse, et qui est responsable de beaucoup d'autres choses. Je n'aime pas cette partie de toi et je ne l'aimerais jamais, mais je t'aime malgré tout. Je t'aime avec tes défauts détestables, comme tu es.
Les paroles ne laissèrent pas indifférent Saga qui baissa la tête, des mèches glissèrent de ses épaules venant masquer son expression. Le rouge à ses oreilles trahissait en partie ce qu'il ressentait à cet instant.
-…je l'ignorais…en même temps tu n'as jamais rien dit ou tenté depuis notre résurrection.
Le Sagittaire se retint de lui dire « en même temps, Kanon est tout le temps coller à toi. Il ne me donne aucune occasion de tenter quoi que ce soit » cela était vrai, Kanon collait Saga comme son ombre. Aiolos ne lui disait pas cela car s'ils commençaient à parler de Kanon, ils dévieraient du sujet principal et forte chance que ça se termine en dispute puisque Saga couvait beaucoup, beaucoup, trop Kanon. Le Gémeau quant à lui n'avait jamais essayé aucune approche plus qu'amicale avec Aiolos, car il avait été persuadé que ce dernier n'éprouvait plus de sentiments à son égard à cause d'Arès, son autre facette. Et qu'en individu juste et droit qu'était Aiolos, il ne blâmait pas le bon côté avec qui il restait ami.
Pour toute réponse, Aiolos glissa sa main saine dans le dos de Saga pour l'enlacer fort contre lui. Un câlin dont répondit positivement le Gémeau le serrant fort également, posant sa joue contre son épaule fermant les yeux se sentant bien contre lui. Ils restèrent l'un contre l'autre une bonne dizaine de seconde avant que le brun ne se décolle un peu, leurs bassins toujours collés à l'autre tout comme leur regard plonger dans celui de l'être aimé. L'un brillant d'amour, l'autre d'amour et de détermination entremêlés.
-Je veux faire les choses correctement comme à cette époque.
Aiolos marqua une brève pause comme prenant tout son courage à deux mains pour sa demande, certain de sa décision inchangée comme quinze ans auparavant.
-Saga veux-tu…
Des cris retentirent les firent sursauter et coupèrent court à leur discussion. Des cris provenant de loin, de très loin, un appel à l'aide d'une voix insupportable qu'ils ne connaissaient à contrecœur que trop bien.
Zèlos.
Aiolos ignora royalement les cris du crapaud suffisamment fort pour atteindre le sommet du sanctuaire, il reporta son attention sur Saga toujours entre ses bras afin de poursuivre sa demande. Gémeau dont les cris avaient dévié son attention d'Aiolos, et maintenant que son esprit n'était plus concentré sur le Sagittaire, Saga détecta un cosmos familier…plus que familier.
-Saga, veux-tu m'épou…
Violemment le Gémeau poussa Aiolos tel un mal propre qui finit au sol avant de l'enjamber et de débouler à toute vitesse en dehors de la pièce en criant :
- KANON EST RENTRÉ !
Tête à l'envers, le dégout sur le visage, Aiolos jura contre Kanon avant de poursuivre Saga.
Au temple du taureau, Zèlos était tombé dans un guet-apens. Quatre individus lui étaient tombés dessus telle une clique, le rouant de coup de pieds et l'entourèrent tels quatre chiens essayant de manger dans une même gamelle, le spectre n'était pas bien grand il fallait dire. Sentant la cosmo-énergie de Saga se rapprocher ils s'éloignèrent du crapaud gisant au sol, Gémeau qui avait déboulé jusqu'en bas en moins de cinq seconde ayant utilisé son arcane « another dimension » pour se déplacer directement à son temple. À des maisons plus loin on pouvait sentir Aiolos descendre à toute allure.
Zèlos en profita pour se relever et courir sous l'adrénaline vers la maison de Saga afin que ce dernier le défende, bon et droit comme était Saga, Zèlos était sur d'y trouver une protection et de se venger. L'émissaire n'eut le temps de commencer à monter les marches que Saga était déjà là, sautant des dizaines de marches d'un seul bond, les pans des manches virevoltant telles des ailes d'un lépidoptère.
Le dernier bond effectué, le gémeau se trouva à l'arrière du temple face à Zèlos boursouflé qui se jeta à ses pieds en pleurs et criant qu'il avait été frappé sans aucune raison, le pire, il ne mentait pas et Saga le savait. L'adjoint du Grand-pope s'avança d'une démarche contrariée vers le petit groupe, petit-frère ou pas petit-frère, il y avait des règles et un accord à respecter ! Une justice à protéger !
-Qui l'a frappé ? Demanda durement Saga fronçant les sourcils.
Personne ne balança le méfait, le regardant comme s'ils ne savaient pas de quoi il parlait.
-Il est tombé des marches. Commença Shura dans un rictus satisfait regardant de haut le concerné. Pas notre faute si ce crapaud stupide n'est pas capable de retomber sur ses pattes. Tellement inutile, l'euthanasie lui ferait le plus grand bien. Estime-toi heureux d'avoir ton armure, la même qui t'a épargné une mort violente sous les marches.
Shura avait la rancune tenace surtout quand on faisait du mal à son lion, Aiolia qui d'ailleurs en plus de tenir les mains du Capricorne était assis sur les genoux de ce dernier. Il s'y était posé plusieurs minutes auparavant car Shura avait commencé à se débattre plus ardemment que d'habitude afin de pouvoir participer au piétinage de Zèlos, et entre piétiner un crapaud et avoir les fesses d'Aiolia contre ses cuisses…le choix était vite fait.
Tous confirmèrent sans scrupule que Zèlos était tombé des escaliers et Kanon qui cachait sa pommette boursouflée sous sa main ajouta même à Saga que c'était pour cette raison qu'il avait trouvé le spectre devant les marches. Saga était gentil, mais pas con pour ne pas voir qu'ils mentaient tous. Il les avait vu grandir et les avait éduqués en partie non mais !
Saga croisa les bras de mécontentement, les sourcils encore plus froncés.
-Qui t'a frappé ?
-Le scorpion et le Verseau avec ses deux plumeaux.
Camus ouvra grand les yeux sous l'accusation totalement fausse. Oui, il était la cause pour laquelle Zèlos s'était fait piétiner par ses adorables disciples et son merveilleux amant qui n'avait pas utilisé la batte de baseball au final, mais le quatrième individu l'ayant piétiné était Deathmask qui s'était rendu justice lui-même, pas lui ! Camus était outré devant une telle accusation envers sa personne, il regretta même d'avoir eu une once de pitié pour cet énergumène.
-J'attends des explications, tout de suite.
Le ton était plus dur que jamais et toute indulgence l'avait quitté, il y avait des limites avec lesquels il ne fallait pas jouer et ne surtout pas dépasser. Saga était mécontent il n'y avait rien à dire, il arborait la même tronche crispée que lorsqu'il endossait son armure d'or. Toutefois tous restèrent calmes, suivant à la lettre le plan que Kanon leur avait détaillé, l'un des points du plan était de ne pas agir et de ne pas répondre à un Saga énervé, vraiment énervé. Alors les chevaliers d'or ne disaient rien.
Batte à la main et arborant une expression entre l'inquiétude et l'hésitation Kanon s'avança vers son frère.
-Tu promets de ne pas t'énerver Saga ?
-Je suis déjà déçu et en colère par votre comportement, je ne vois pas ce qui pourrait m'éner…
Ses paroles moururent dans sa gorge lorsque Kanon retira sa main pour dévoiler sa pommette meurtrie. Ni une, ni deux, Saga saisit son cadet par les épaules.
-Kanon, ton visage ! Qui t'a fait ça ?!
Ce dernier fuit tristement du regard son frère, les larmes aux yeux en lui demandant pardon. Toute la peine du monde était détenue sur le visage de Saga en cet instant.
-Kanon. Appela-t-il d'une voix à la fois malheureuse et réconfortante. Je suis ton grand-frère tu peux tout me dire, tu sais ça. Promis, je ne m'énerverais pas. Qui t'a fait ça ?
Le manipulateur cacha de nouveau sa blessure, laissant des larmes de crocodile couler sur ses joues.
-Zèlos.
-Quoi ?! s'écria le concerné, outré. Comment j'aurais pu te blesser au visage, je suis bien trop petit pour cela !
-Avec ça. Ajouta-Kanon montrant la batte dans sa main.
Le regard de Saga cette fois assassin se porta sur Zèlos qui déglutit et pâlit sous le cosmo-sombre entourant Saga, mais le spectre ne dit pas son dernier mot.
-Et pourquoi je t'aurai frappé d'abord ?!
-C'est à moi de te poser la question, je t'ai simplement proposé de jouer au baseball avec nous, tu as dit oui et la seconde d'après tu m'as frappé avec la batte au visage !
- Menteur ! Déjà, le baseball ça se joue avec une balle ! Et tu n'as pas de balle !
Kanon serra la manche de Saga tel un enfant effrayé par les cris d'un individu, aussitôt le regard de Saga sembla jeter des lasers sur le crapaud qui recula intimidé. Tel un magicien Kanon sortit deux balles de nul ne sait où de sa scale à la vue de tous.
-Elles sont là.
-Tu n'as pas de gant de baseball !
-Ils sont dans le sac à dos de Hyoga.
Le blond ouvrit son sac dévoilant la preuve, effectivement il y avait bien des gants de baseball. Le cygne comprenait mieux pourquoi Kanon lui avait donné ce sac sur le chemin.
-Pourquoi alors tu as apporté deux battes avec toi hein !
-J'en ai apporté en plus comme les balles, ne sait-on jamais.
-Comment ça ne sait-on jamais ?! Pour mieux me défoncer la gueule, tu veux dire !
Plus Zèlos essayait de se défendre plus il donnait l'impression de chercher des excuses pour ne pas passer pour le coupable de la blessure à la pommette de Kanon, il passait pour un menteur aux yeux de Saga. Gémeau qui commençait à en avoir marre de cette situation et avoir des envies de meurtre envers Zèlos qui essaya une autre attaque.
-Pourquoi le blond est là alors ! Dit-il pointant Hyôga du doigt.
-Il n'a pas le droit de rendre visite à son maître et de jouer au baseball aussi ?
-Et bizarrement, c'est aujourd'hui !
- Ça suffit ! Ordonna froidement Saga saturé par toutes les excuses bidon du crapaud. Zèlos, je te prie de déguerpir d'ici et si tu oses lever encore le ton ou refuses de quitter les lieux, je te ferais dégager de force. Est-ce clair ?
Voyant que même Saga s'était tourné contre lui, Zèlos joua sa dernière carte qui lui restait et elle était imparable.
-Vous m'avez frappé je vous rappelle ! Moi ! L'émissaire des enfers ! Ça va vous couter cher ! Très, très, cher ! On plus vous avez essayé d'étouffer l'affaire !
-Je concède la chose et des excuses seront faites par les concernés et moi-même en tant qu'adjoint du Grand-pope, mais avant, j'exige que tu t'excuses auprès de tout le monde pour tout ce que tu as fait au sein du sanctuaire et pour avoir frappé mon petit-frère. Et nullement on n'a cherché à étouffer l'affaire que les choses soient claires entre nous.
Saga restait Saga, droit dans ses bottes.
-Je refuse ! Et puis quoi encore ! Vous avez cherché à détourner le sujet par le baseball ! Je veux des excuses et à genoux ! Et peut-être que je songerais à ne rien dire au Seigneur Hadès !
Au même moment, Kanon tira sur la longe manche de Saga pour avoir de nouveau son attention chose qu'il eut immédiatement, le regard de son ainé devient tristesse et inquiétude lorsqu'il se posa sur lui. Zèlos pouvait dire ce qu'il voulait, il était trop tard. Kanon menait le jeu.
-Grand-frère, ce n'est pas aux autres et encore moins à toi de s'excuser. Mais à lui ! Les autres m'ont simplement défendu lorsque Zèlos m'a attaqué en premier et ils ont essayé de me protéger en te mentant. C'est entre lui et moi, c'est à moi, Dragon des mers et représentant du sanctuaire sous-marin de gérer la situation pas au sanctuaire d'Athéna. D'un geste de la main, il essuya les fausses larmes aux coins de ses yeux et poursuivit d'une voix nouée par les remords. S'il te plaît ne les blâme pas et ne leur en veux pas pour m'avoir aidé, grand-frère, ils n'ont rien fait de mal. Je suis désolé de crée des ennuis au sanctuaire. Pardon de te créer encore des ennuis grand-frère, ne me déteste pas s'il te plaît.
Enfant, Kanon avait été rejeté des autres et parfois persécuté parce qu'il était le double de Saga que beaucoup d'autres apprentis candidats pour l'armure des Gémeaux jalousé, à cause de cela Saga s'était mis à couver plus que de raison Kanon. Et celui-ci en tirait un avantage sans honte par moment. Et depuis longtemps, Kanon s'était vengé dans l'ombre de ses persécuteurs étant enfant, lui aussi avait la rancune tenace comme Shura.
-Qui a du pop-corn ? Demanda le Cancer.
Amadoué comme jamais, Saga prit son petit-frère dans ses bras lui caressant les cheveux pour le rassurer et lui disant des paroles réconfortantes, une étreinte que Kanon lui rendit s'agrippant à lui comme s'il était sa seule bouée de sauvetage au monde. Tous jurèrent voir des cornes et une queue de diable, un diable dans les bras d'un ange serait plus juste. Le dragon des mers posa son menton sur l'épaule de son frère, lui caressant encore sa longue chevelure, sourire satisfait aux lèvres il fit deux majestueux doigts d'honneur à Zèlos qui réagit au quart de tour.
-Vous me le payerez ! Tu me le payeras Kanon ! Je détruirais le sanctuaire sous-marin et je pourrirais la vie des marinas comme je le fais avec les chevaliers d'or ! Jours après jours ! Et tu ne pourras rien y faire ! Vous ne pouvez rien contre moi temps que je serais émissaire !
-Tu reconnais avoir créé des soucis au sanctuaire ? Demanda Kanon dans un sourire triomphant.
-Oui ! Et que vas-tu faire ! Je te l'ai dit tu ne peux rien contre moi !
Zèlos, sous la colère, commença à rappeler tout ce qu'il avait fait au sanctuaire depuis des jours déjà en proliférant des menaces de ce qu'il allait encore leur faire et rappela aux chevaliers leur impuissance puisque leur déesse n'était pas là, il avoua tout, absolument tout dans les moindres détails. Plus il parlait et plus il prenait la confiance. Lorsqu'il eut fini au bout de quinze bonnes minutes non-stop, Kanon tira son téléphone et dans un sourire il posa son doigt dessus.
-C'est dans la boîte.
Il cliqua.
«Je détruirais le sanctuaire sous-marin et je pourrirais la vie des marinas comme je le fais avec les chevaliers d'or ! Jours après jours !»
Il arrêta l'enregistrement à la fin des deux premières phrases, qui firent hoqueter Zèlos de surprise. Lorsque leur déesse reviendra, ils auront des preuves à l'appui et pas simplement leurs paroles contre le spectre pour qu'il soit puni correctement. Et Kanon avait également une preuve de plus pour accuser Zèlos de l'état du sanctuaire sous-marin. Le spectre comprenant la situation, n'étant pas si stupide que cela, se jeta sur Kanon afin d'essayer de récupérer l'enregistrement, grand comme était Kanon, il lui a suffi de lever la main pour rendre son téléphone hors de portée du crapaud qui sautait désespérément pour prendre le Cellulaire. Ni arrivant pas, il donna un coup de pied au fémur de Kanon qui en écarquilla les yeux en pensant :
LE CON !
Un pied heurta violemment le spectre, un coup suffisamment fort pour envoyer voler ce dernier à quelques mètres et faire entendre un craquement sonore. Le regard de Kanon se tourna vers la provenance du coup, qui n'était nulle autre que Saga dont les yeux étaient devenus rouges et les cheveux grisonnants. Arès avait perdu tout pouvoir d'emprise sur Saga depuis la résurrection, il ne pouvait donc pas prendre le contrôle…à moins que Saga ne laisse cette part de lui s'exprimer…
Et merde il a pété les plombs.
Les ors regardèrent Kanon d'un regard disant « ça aussi c'était prévu ? », Kanon leur répondit aussi d'un regard, disant « non, mais je gère.» qui pouvait se traduire par « j'ignorais que le QI de ce stupide crapaud était aussi bas que le zéro absolu de Camus pour me frapper devant mon frère ! Mais pas de panique, mes yeux de cocker vont calmer Saga s'il ne se calme pas seul.»
Kanon ne pouvait pas tout prévoir non plus ! Le facteur zéro n'existait pas !
Entretemps, Saga s'était jeté sur Zèlos d'un simple pas, creusant la distance en une fraction de seconde, sa semelle s'écrasa brutalement contre le dos du spectre ne lui donnant pas la chance de se relever ou de prendre la fuite. Il attrapa à une main l'arrière du crâne de l'émissaire et l'écrasa violemment contre le sol, encastrant entièrement son visage dedans.
-DÉCHET INUTILE ! SOMBRE MERDE ! ORDURE DES BAS-FONDS DES ENFERS ! COMMENT OSES-TU ME PROVOQUER ! COMMENT OSES-TU FRAPPER MON FRÈRE ! MISÉRABLE VERMINE ! TU FRAPPES LE PREMIER ET TU OSES RÉCLAMER DES EXCUSES ET NOUS MENACER DE SUR QUOI ! MERDE DU FOND DU CUL D'HADÈS !
Injuria Saga ponctuant chaque insulte en retirant du trou la tête ensanglantée par la nuque pour l'éclater de nouveau contre le sol.
Il répéta le mouvement sans interruption avec une grande violence. Même si c'était d'une brutalité inouïe, Zèlos entant que spectre ne pouvait pas mourir, et comme il ne pouvait pas mourir, c'était insupportable, surtout que le casque de son surplis censé protéger son crâne s'était brisé. Même un crâne fait d'acier ne pouvait pas supporter une telle torture, Zèlos finit par faire ce qu'il savait le mieux faire, crier à l'aide et pleurer.
-LA FERME ! Ordonna Saga, claquant de nouveau la tête contre le sol et la laissant contre, faisant taire Zèlos.
Le spectre commença à se débattre sous le manque d'oxygène le faisant souffrir une bonne minute avant que le Gémeau ne rejoue avec sa tête comme avec un vulgaire ballon. Voyant que la colère de Saga ne diminuait pas à mesure qu'il se défoulait, Kanon décida d'intervenir. Non pas pour sauver Zèlos, mais parce que Saga semblait s'énerver de plus en plus à mesure qu'il cognait le crapaud.
Le dragon des mers fut coupé dans son élan par une voix, l'intervention de quelqu'un qui fut plus rapide que lui.
-SAGA LACHE-LE ! TU VAS LE TUER ! Cria Aiolos bondissant des marches restantes sur le gémeau.
Le voyant foncé droit sur lui, Saga envoya voler Zèlos telle une balle sur Aiolos qui envoya à son tour le spectre voler tel un vulgaire ballon d'un coup de pied vers la maison du bélier. Le regard de Saga suivit la nouvelle trajectoire et ses jambes s'ancrèrent au sol pour prendre l'appui nécessaire à fin de rattraper le crapaud. Hélas, il n'eut le temps de passer à l'action, Aiolos plus rapide lui barra la route, ouvrant grand les bras.
-Saga calme-toi !
-Dégage de mon chemin Aiolos, je n'ai pas fini avec lui ! Ordonna-t-il essayant de passer.
Le Grec continua à lui barrer le passage comme s'il était son reflet, suivant ses déplacements.
-TU VAS FOUTRE LE CAMP DE MON CHEMIN OUI !
Agacé, Saga envoya son poing volé, l'autre esquiva avec aisance, ainsi que tous les autres coups qui commencèrent à pleuvoir.
-Saga calme-toi s'il te plaît !
-Comme si j'allais t'écouter sale gamin !
-Ne me force pas à te calmer !
-Je demande à voir ! Dit-il lançant son poing droit sur le visage du Sagittaire.
-…très bien.
Aiolos cueillit en plein vol la main pansée de Saga, de sa main blessée dont il avait retiré les bouts de verre durant sa course vers le bas. Il tira Saga vers lui, la main saine du Sagittaire s'ancra fermement au creux du dos de Saga le maintenant contre Aiolos qui vint happer sa bouche dans un baiser brûlant et à la langue intrusive les lèvres du Gémeau, faisant écarquiller les yeux de ce dernier et lui arrachant un gémissement étouffé de surprise. Une plainte ne faisant qu'encourager Aiolos à continuer resserrant sa prise autour de la taille de Saga et de la main dans la sienne empêchant tout mouvement de recul. Le Gémeau commença à se débattre tel un diable pour se dégager d'Aiolos et plus il se débattait plus il devenait fébrile et ses cheveux retrouvaient leur couleur naturelle et ses iris leur douceur jusqu'à fermer les yeux.
Face à la tournure des choses, face à ce spectacle inattendu, Camus cacha les yeux de ses canetons, Shura les yeux d'Aiolia afin de lui préserver cette image du grand-père pur et Saint, Shaka avait refermé les yeux pour s'épargner cette scène, et Aphrodite en bonne commère filmait l'action à côté d'un Deathmask mangeant des chips qu'il était parti chercher dans le temple d'Aldébaran durant les aveux de Zèlos, une sorte de pub avant la suite du spectacle pour lui.
Ne sentant plus Saga se débattre, mais répondre pleinement au baiser, Aiolos romput ce dernier.
-Calmé ?
Aussi rouge qu'une tomate et couvrant la partie inférieure de son visage du revers de la main, Saga hocha la tête fixant le sol. Il était le genre d'homme trop pudique pour faire une telle preuve d'amour en public et encore moins devant des jeunes comme Isaac et Hyôga. Le pire il avait répondu au baiser.
-Bien. Saga, ce que je voulais te demander plus tôt était, veux-tu…
Aiolos n'eut pas le temps de finir qu'il se retrouva au sol, dans sa chute, il vit le regard froid de Kanon qui l'avait saisi par le col-arrière de sa toge pour l'envoyer s'écraser au sol. L'enfoiré ! La seconde d'après Kanon se jeta dans les bras de Saga.
-Grand-frère ! Tu as promis de ne pas t'énerver ! Bouda Kanon enflant ses joues, serrant possessivement son frère.
-Kanon, c'est quoi ces manières ! Excuse-toi tout de sui…
Saga ne put finir son reproche devant les yeux de cocker de Kanon contre lui.
-Grand-frère, j'ai mal à la pommette, met moi des glaçons ou de la pommade.
-Ohhhh Kanon, pardon, grand-frère t'a délaissé. On va faire ça tout de suite.
Ce disant il prit Kanon dans ses bras le serrant fort contre lui, comme pour lui témoigner tout son amour et à quel point il était désolé de l'avoir délaissé. Saga jeta un regard à Aiolos toujours au sol, les fixant mécontent.
-Pardon Aiolos on reprendra notre discussion tout à l'heure.
Sur ces brefs mots, Saga prit la direction de son temple tenant la main de Kanon. Cadet qui fit un doigt en tirant la langue tel un gamin à Aiolos, ce dernier voyait avec netteté des cornes de diable ainsi que la queue allant avec sur le jumeau de Saga.
Tous plaignirent Aiolos, Kanon ne lui laissait vraiment aucune ouverture.
Aldébaran, lui, plaignait l'état de la cour arrière de son temple.
Durant ce temps-là, après que le coup de pied du Sagittaire l'ayant fait voler, s'écraser, contre le toit du temple du Bélier, Zèlos en avait profité pour prendre la fuite dans un état misérable, reconnaissable que par les restes de son surplis. Dans sa descente des marches de la première maison, il jurait contre les chevaliers d'or, surtout Kanon, promettant de se venger.
Arrivé aux dernières marches, les premières pour ceux voulant monter, il tomba sur un homme de grande taille aux cheveux blancs et aux yeux saphir, vêtu intégralement de bleu.
Ils se fixèrent un moment dans le blanc des yeux.
-Excusez-moi. Êtes-vous Zèlos ? Demanda poliment l'inconnu.
-Oui, je suis le grand Zèlos, pourquoi donc ? Tu veux un autographe ?
L'homme fit craquer ses doigts sans perdre son sourire.
-T'es mort enfoiré.
Crystal aussi était venu venger son maître.
La Sibérie, ce n'était pas la porte à côté.
Dans la salle à vivre du temple des Gémeaux, assis sur le canapé, Kanon finissait de changer les bandages des mains d'un Saga aux joues rouges et aux sourcils froncés, tout en le mettant au parfum sur le plan qu'il avait mis en place. Du moins les grandes lignes évitant les détails qui pourraient contrarier son frère, la justice de ce dernier surtout. Une fois les bandages terminés et le plan expliqué, Kanon rangea le matériel de soin dans la petite boîte trônant sur la table basse.
-Merci Kanon.
-Ne me remercie pas pour ces choses-là.
Kanon soupira s'enfonçant dans le canapé fixant le plafond.
-Tu vas rougir et faire la tronche encore longtemps ? Ce n'est pas la fin du monde.
-La vidéo d'Aphrodite est devenue virale dans tout le sanctuaire en même pas une heure, tous les chevaliers d'argent, les servantes, les gardes et la moitié des apprentis ont déjà liké.
-Misty le premier et ils ont même laissé des commentaires. Ajouta Kanon saisissant son téléphone pour montrer à son frère.
-Je ne veux pas entendre ou lire leurs commentaires. Se plaignit Saga cachant son visage d'embarras entre ses mains.
-Ca va passer. Rassura le cadet tapotant le dos de Saga. Dans deux semaines.
Saga soupira lourdement à cette idée, il n'aimait pas ce genre de situation et encore moins lorsqu'elle touchait sa vie privée…et amoureuse. Il essaya de penser à autre chose pour oublier cela et Aiolos lui revint à l'esprit…le début de sa demande surtout, qui n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd.
-Kanon.
-Oui ? Dit-il continuant les caresses dans le dos.
-Aiolos m'a dit qu'il m'aimait toujours.
-Quoi ?! Le… Kanon retint de justesse son juron monumental se mordant la lèvre inférieure. Quand ça ? Tu lui as dit quoi ? Non, j'espère ? Il t'a rien fait au moins ?
-Aujourd'hui, il m'a simplement enlacé.
Le salaud je vais lui crever ses morts ! D'où il touche mon frère ! Une veine battait à sa tempe à ses pensées.
-Il n'a pas encore formulé sa demande, mais je compte dire oui.
-QUOI ?! C'EST SI SERIEUX QUE ÇA ENTRE-VOUS DEUX !
Les joues pivoines, Saga hocha la tête posant ses mains contre son cœur.
-Sa déclaration d'aujourd'hui…comment dire, c'était un deuxième coup de foudre pour moi.
- Tu ne veux pas m'épouser plus tôt ? Bouda Kanon se jetant sur les genoux de son ainé tel un gamin.
Saga rigola à l'attitude de son cadet puis vint lui caresser les cheveux.
-Tu devrais filer, n'as-tu pas un rendez-vous au sanctuaire sous-marin avec un juge toi ?
Kanon fit la moue et se leva à contrecœur.
- Oh fait, c'est quoi son nom ? Tu ne me l'as pas dit.
Son jumeau leva les yeux au ciel cherchant dans sa mémoire le nom.
-Rhadamanthe de la Wyverne il me semble.
-….C'est pas le juge avec lequel tu t'es fait explosé ?
- Je me disais bien que son nom me disait quelque chose. Bon je file, j'ai un complot à finir moi.
-Rentre tôt pour le dîner, y a ton plat préféré.
-Compte sur moi.
Kanon quitta les lieux et Saga partit ranger la boîte à pharmacie avant de se rendre dans la cuisine pour entamer la préparation du dîner, des coups à la porte l'interrompirent. Saga hésita un moment avant d'aller ouvrir puisque l'individu masquait son cosmos, mais pas sa présence.
À sa grande surprise ou pas, c'était Aiolos vêtu d'une nouvelle toge blanche et bouquet d'œillets entre les mains, dont l'une pansée, qui se tenait devant sa porte. Le Sagittaire avait été informé par son cadet du plan mis en place par Kanon et donc il avait attendu que ce dernier quitte les lieux pour venir voir Saga. Il était sûr de ne pas se faire interrompre cette-fois !
Dès que le maître des lieux lui ouvrit la porte il se lança.
-Saga veux-tu…
-Oui, j'accepte.
Le Gémeau n'avait pas attendu pour donner sa réponse dans un sourire heureux, à la vue de cela et à la réponse surtout, le regard d'Aiolos se remplit d'étoiles et un grand sourire illumina son visage.
-Tu acceptes vraiment de m'épouser ?!
Saga lui claque la porte au nez.
-….Saga ? Appela-t-il donnant quelques coups à la porte.
Ne recevant aucune réponse, il se mit à tambouriner gentiment celle-ci demandant d'une voix inquiète si tout allait bien. De l'autre côté, Saga était dos contre ladite porte et dans l'incompréhension la plus totale.
Aiolos ne voulait pas sortir avec lui, mais l'épouser ? Saga se sentit violemment rougir.
Il aurait pu mettre un genou à terre ou quelque chose du genre pour qu'il comprenne bien de quelle demande il était question !
Ce fut dans la douleur et la souffrance que Zèlos réussit à regagner les enfers, il n'était reconnaissable que par son faible cosmo désormais, son visage ne ressemblait plus à rien. Il se jura de tout dire à son Dieu, enfin de dire que les chevaliers d'Athéna l'avaient frappé, menacé, et qu'ils organisaient un coup monté contre lui ! Et qu'ils avaient été suffisamment stupides pour le lui dire ! Surtout Kanon !
Se rendant à la Giudecca, palais d'Hadès et lieu le plus reculé des Enfers, il croisa Pandore troublée qui en sortait.
- Zèlos, tu tombes à point nommé. Le seigneur Hypnos te demande.
La jeune-femme ne se soucia pas de l'état de ce dernier, non pas par froideur, simplement que si Zèlos est dans ce sale état c'est qu'il l'avait cherché. Il n'y avait rien d'autre à comprendre pour elle, ce spectre détestable ne bénéficiait guère de sympathie dans son propre camp.
-Dame Pandore. Salua-t-il poliment. J'aimerais m'entretenir en urgence avec sa Majesté Hadès d'abord. Et pourquoi le Seigneur Hypnos me cherche-t-il ?
-Cela ne sera pas possible, sa Majesté est absent et ne rentrera que dans trois jours.
Elle ne lui précisa pas les raisons de cette absence et il n'avait pas à les savoir, uniquement les Dieux jumeaux et sa personne étaient aux courants de l'escapade amoureuse d'Hadès avec Poséidon. Qu'eux trois ont vent de ce genre de détails relevant de la vie privée du Souverain du royaume souterrain.
-Le seigneur Hypnos supervise les enfers en son absence. Poursuit-elle. Si tu as une plainte à formuler c'est à lui qu'il faudra t'adresser et j'ignore pourquoi il te convoque, mais je soupçonne que cela soit en lien avec son humeur du moment.
-Très bien alors. Comment elle est son humeur ? Bonne j'espère ?
-Le seigneur Hypnos est d'une humeur sombre, très sombre. De très, très, très, mauvaise humeur. Elle en avait des sueurs froides et le teint qui palissait juste à en parler.
-Bien je ferais attention.
-Adieu Zèlos.
Pandore le quitta, plutôt dans sa démarche calme elle cherchait à s'éloigner du lieu qui allait tourner au cauchemar. Elle ignorait ce qu'a bien pu faire Zèlos pour mettre le dieu dans un tel état, mais elle savait que c'était la dernière fois qu'elle le verrait et Zèlos ne sera pas une perte à pleurer bien au contraire.
-En revoir dame Pandore.
Zèlos entra dans les lieux se dirigent directement vers la salle du trône en pestant tout bas « en quoi je suis en lien avec son humeur, salope de Pandore ! Gothique de merde ! Et toi, foutu Dieu de merde pourquoi tu choisis d'être grincheux aujourd'hui hein ! Ton amante t'a cocu ou c'est comment ? Fumeur de pavot ! Jouer de pipeau du Dimanche ! » Plus il s'enfonçait et plus les lieux étaient plongés dans une obscurité opaque, dense, il commença à pester cette fois contre le spectre chargé de la luminosité du lieu.
Arrivé devant la porte donnant à la salle du trône la peur le saisit aux tripes comprenant que cette obscurité n'était pas due à un manque de luminosité, mais que c'était le cosmo-sombre se dégageant de derrière la porte. Un cosmo se rapprochant plus de la Mort que du Sommeil paisible. Zèlos tourna le dos à la porte pour faire demi-tour se disant qu'Hypnos pouvait aller se faire foutre. Au premier pas la porte derrière lui s'ouvrit d'elle-même dans un fracas ne laissant voir que des ténèbres insondable et un pentagramme pourpre brillant au cœur de toute cette noirceur étouffante.
-Tu ne vas nulle part.
Hypnos n'était pas énervé, il était furieux.
Foutre la merde au sanctuaire était une chose, détruire le potager en était une autre, mais toucher à son amant de la sorte !
Pandore continuait de s'éloigner dans sa démarche de dame calme et elle se sentait plus en sécurité désormais, loin du palais. Hypnos était un dieu calme, réfléchi, impartial et répugnant la violence inutile, le genre de divinité dont la colère ne gagne jamais et lorsque cela se produisait, la fuite était de mise. Ô grand jamais la jeune-femme n'aurait imaginé voir le Sommeil dans un tel état de colère.
Ses pas s'arrêtèrent voyant une brèche dimensionnelle s'ouvrir à quelques pas d'elle.
-Votre majesté ? Dit-elle surprise. N'étiez-vous pas en vacances avec le seigneur Poséidon ?
Elle se permit de poser la question car il n'y avait qu'eux deux aux alentours et aussi car le dieu des enfers semblait très mécontent.
-Ne me parle pas de cet idiot Pandore, veux-tu bien ! Gronda la divinité en colère. Et convoque immédiatement Zèlos à mon palais !
La jeune-femme ne s'offusqua pas du ton, car elle sait que la colère de son Dieu bien-aimé était tournée contre le dieu des mers et Zèlos, non elle. Pandore fit une révérence pour saluer correctement son Dieu rentré avant de répondre à sa question.
-Zèlos est actuellement à la Giudecca en entretien avec le seigneur Hypnos.
-Parfait alors, Il va m'entendre lui ! Dit-il enjambant le pas vers son palais suivi de près par Pandore. Il a dépassé les limites cette fois !
Hadès se mit à raconter la situation à la commandante de son armée. Il lui parla de sa dispute avec Poséidon qui s'était déclenché après un appel de Kanon informant son Dieu qu'il démissionnait de son poste de Dragon des mers, car les conditions de travail étaient inadmissibles et que les spectres se croyaient tout permis surtout Zèlos, non sans énoncer les dégâts du sanctuaire sous-marin fait par ce dernier. Kanon avait même ajouté qu'en plus d'avoir été frappé au visage par Zèlos, celui-ci avait chié sur le trône de Poséidon ! Pour appuyer ses témoignages, prouvait qu'il ne mentait pas, Kanon leur avait même envoyé des images et un enregistrement audio contenant les menaces de Zèlos, les laissant tous deux sans voix. Ce qui avait vraiment déclenché leur dispute fut une simple reproche de la part de Poséidon «Hadès, éduque tes spectres, ils se croient vraiment tout permi ! » Et comme si cela ne suffisait pas, au milieu de sa dispute avec Poséidon, il avait reçu un coup de téléphone de sa nièce, Athéna, qui s'était mise à lui hurler dessus concernant le comportement de son spectre, qu'elle ne voulait plus voir dans son sanctuaire, et qu'elle se rendait tout de suite aux enfers pour mettre les choses au clair avec lui concernant cette histoire, et qu'avant d'avoir le culot de lui répondre il devra écouter la pièce jointe qu'elle lui avait envoyée, puis elle avait raccroché sans lui donner le temps de placer un mot. Pièce audio qui contenait encore des aveux de Zèlos ! Ce qui avait relancé de l'huile sur le feu entre Poséidon et lui sur la façon dont Hadès avait à gérer ses hommes !
Kanon n'avait pas attendu qu'Athéna rentre pour lui faire écouter l'enregistrement, il lui avait tout bonnement envoyé par téléphone avec un gros pavé explicatif ! Numéro de téléphone privé de leur déesse entant que « mortel » et non pas celui de « déesse » actuellement indisponible pour « absence pour examen », numéro que Kanon avait obtenu d'Hyôga contre une belle vengeance.
Écoutant son Dieu, Pandore comprit l'ampleur de la situation et que Zèlos ne s'était pas mis à dos qu'Hypnos, mais aussi trois autres dieux ! Et que tout cela n'allait pas s'améliorer lorsque Rhadamanthe rentrera faire son rapport directement à Hadès puisqu'il était là, Athéna sera déjà là nul doute. Poséidon probablement aussi, au vu de son caractère et sa fierté il n'allait pas resté silencieux bien longtemps. Des millénaires qu'il a été emprisonné et maintenant qu'il peut poser son cul pour gouverner sur son sanctuaire marin, un spectre chie sur son trône !
-Et avec tout ça il a le toupet d'aller se plaindre auprès d'Hypnos ! Comme s'il allait l'aider ! Poursuivit le dieu après son monologue.
-Oui et non votre majesté. Zèlos avait effectivement une plainte à émettre, mais le seigneur Hypnos avait également demandé qu'il soit convoqué.
-Et pourquoi donc ? Interrogea Hadès peu rassuré.
-Je l'ignore mon seigneur, mais l'humeur du seigneur Hypnos est très sombre aujourd'hui au point d'avoir plongé votre palais dans les ténèbres.
-…oh patin (putain) !
Sachant de quoi était capable Hypnos dans un tel état, le dieu se mit à courir à toute allure en la direction de son palais laissant sa sœur-aînée derrière lui. À son arrivée il était trop tard, l'âme de Zèlos fut tellement endommagée par le Sommeil qu'il n'arrivait plus à ressusciter le crapaud dans son état initial.
Le lendemain tous les chevaliers d'or ainsi que Poséidon avaient reçu une lettre d'excuses de la part d'Hadès pour le comportement de son subordonné et promettait qu'une fois Zèlos ressuscité, celui-ci ferait l'homme à tout faire toute l'année au sanctuaire. Plutôt quand Hadès et la Mort auraient fini de recoller les morceaux brisés de l'âme de Zèlos, d'après Kanon qui avait eu cette information du juge avec qui il a entamé une relation.
Aldébaran de son côté ne s'était pas fait disputé comme lui avait garantie Kanon, le brésilien ne s'en était sorti qu'avec une promesse, Hypnos lui avait fait promettre de ne plus rien lui cacher. Quant à Aiolos, après une longue discussion avec Saga, ils décidèrent de se marier.
Par amour on peut prendre sur soi.
Par amour on peut s'oublier.
Par amour on peut devenir un monstre.
Première partie Gémeaux.
