Note : je remercie MoOonshine pour la correction de ce dernier chapitre qui clos ce recueil. Pour ce dernier écrit, j'ai choisi d'écrire quelque chose de flyfly et tranche de vie, un truc qui se veut simple, sur un ship de marina que j'adore~ Baian et Io.
Signe : Poissons
Water lily (Nénuphar)
Leur élément étant l'eau et leur symbole étant les deux poissons, peut-être qu'aucune paire ne va mieux ensemble qu'un nénuphar et un Poisson. Avec un don pour l'art et tout ce qui est fantaisiste, les Poissons apprécient les marques d'affection uniques.
Thème(s) : art, fantaisie
Personnage : [Baian x Io]
Je vous souhaite une agréable lecture.
L'astre solaire s'alanguissait et paressait sur le voile d'azur dépourvu de strates blanches, ses doux rayons lumineux faisaient briller les vitres des hautes bâtisses d'innombrables reflets lumineux sous la chaleur tiède, légère, qui enveloppait la ville. À un arrêt de bus de la ville fourmillant de monde, deux jeunes hommes sortirent d'un long véhicule, dont l'un au teint blafard soutenu par l'autre pour ne pas tomber. Pied au sol, le pâle se décolla de son compagnon pour tenir, surtout marcher, seul.
Alors qu'il dépassait l'aubette en titubant, son petit-ami l'interpella.
-Baian, tu es sûr de ne pas vouloir t'asseoir quelques instants ?
-Non, c'est bon. Je me sens bien.
-Pourquoi tu es tout pâle alors ?
Io connaissait la raison, c'était plus un reproche qu'une question. Il n'aimait pas quand Baian se forçait dans un tel état, il n'aimait pas le voir ainsi tout court, malade.
-Tu sais bien que j'ai le mal des transports.
-Et tu as le culot de me dire que tu vas bien.
-Oui, bon d'accord ! Mais j'arrive à tenir debout et à marcher ! Alors c'est bon, tout va bien.
-…Un mec bourré marche plus droit que toi pour le coup.
-…..
L'orgueil du cheval des mers en prit un coup, bien que cela soit la vérité qu'il entendait. Baian était habitué qu'Io appuie là où ça fait mal dans son orgueil, que cela soit pour le taquiner, l'emmerder, ou par pure vérité comme en cet instant.
-Je concède, mais j'ai le mérite de tenir debout au moins.
-Merci à tes chevilles pour cela, suffisamment enflées pour faire de toi un culbuto(1). Regarde-moi dans les yeux et ose me dire que tu n'as plus de nausées tant que tu y es.
-Ça passera dans quelques minutes.
-Et tu ne peux pas poser ton cul « quelques minutes », y a pas le feu au lac à ce que je sache.
-Je n'ai pas envie de m'assoir, merci bien.
-Pourquoi faut-il que tu sois si buté par moments ! Grogna Io d'agacement, le ton dur.
-Pardon ?! De nous deux c'est toi le plus cabochard voulant à tout prix que je m'assoie.
-T'es vraiment un connard pour me dire ça alors que je m'inquiète simplement pour toi ! Démerde toi si tu fais un putain de malaise, Monsieur Fragile !
-Io, ça suffit ! Pesta le brun commençant à s'agacer également. Je me suis toujours débrouillé dans ces situations avec ou sans toi, ce n'est pas près de changer et surveille ton langage avec moi !
-Il te suffit d'un courant d'air pour te clouer au lit, d'un glaçon pour avoir l'angine, d'un peu de pluie pour être grippé, c'est à se demander comment tu fais pour survivre à chaque jour et comment tu es devenue un Général marin du Seigneur Poséidon, Sucre sur pattes.
Baian s'apprêta à réponde cinglement mais se ravisa soupirant simplement en réponse avant de capituler et de s'asseoir sagement sur le banc de l'abribus. Ils avaient passé un mois exténuant, infernal, dormant peu, voire pas du tout, tant ils avaient étés pris tous deux par : leurs devoirs de généraux, les examens universitaires, le travail à mi-temps, ainsi que le club de natation pour Baian et le refuge pour animaux pour Io. Ils étaient à cran à cause de la fatigue, à tous les niveaux, et maintenant que tout c'était calmé avec la fin des examens et qu'ils avaient l'occasion de sortir en amoureux, ils n'allaient tout de même pas se disputer. Alors Baian démordit, céda pour éviter cela.
- Tu as raison, je peux m'asseoir quelques minutes… Pardon de te prendre la tête alors que tu t'inquiètes simplement pour moi.
Io prit place à côté de Baian et sa main saisit tendrement celle du Canadien avant d'y mêler leurs doigts tout en posant sa tête contre l'épaule de celui-ci, sans prêter attention à la foule qui les entourait.
-Normal que je m'inquiète pour mon poney des mers. Il marqua une pause. Pardon de t'avoir traité de sucre sur pattes et de connard.
Il ne s'excusait pas d'avoir pris la tête à Baian, le Chilien ne voyait aucun mal à avoir voulu prendre soin de la personne qu'il aimait en la forçant à s'asseoir, bien que quelque part il se sente coupable de l'état de son compagnon.
-Baian, merci d'avoir organisé la sortie. Dit-il appuyant sa tête contre lui.
-Ce n'est rien, j'espère que l'exposition te plaira surtout.
- Tu as bon goût pour ces choses-là, je suis sûr que ça me plaira. Même si elle n'est pas à mon goût je l'aimerai malgré tout.
-Tes paroles sont contradictoires Io.
-Il n'y a rien de difficile à comprendre pourtant, je l'aimerai même si elle ne me plaît pas.
-…c'est décousu de sens et pourquoi tu l'aimeras malgré tout ?
-Bah, parce que c'est toi qui as organisé cette sortie. Dit-il comme si c'était la chose la plus évidente au monde.
-En plus de se disputer comme un vieux couple, on devient sénile.
-Je vais mal le prendre là.
Lorsque Baian se sentit mieux, les symptômes du mal de transport passer, ils poursuivirent leur rendez-vous en amoureux main dans la main. Le cheval des mers avait choisi une exposition d'art pour leur premier rendez-vous après un mois sans se voir, un lieu non choisi au hasard. Le Canadien avait pris en compte plusieurs éléments pour choisir le lieu du rendez-vous, comme toujours, depuis qu'il sortait avec Io, il avait proscrit de lui-même : le zoo, le parquet aquatique ou le cirque. Hors de question de montrer à un amoureux des animaux, des animaux en cage et encore moins des animaux mal traités qui se donnaient en spectacle pour une bouchée de pain. Et l'aquarium n'était pas différent que d'être au sanctuaire sous-marin. Alors Baian se montrait créatif, essayait, en organisant les sorties autour de ce qu'aimait Io, comme les randonnées ou le camping. L'art faisait partie des choses qu'Io aimait alors il avait choisi une exposition d'art pour changer des musées. Il aurait bien pu l'emmener au cinéma, mais Baian trouvait cela trop facile et aurait eu l'impression de ne pas avoir porté d'estime à Io.
Des choses dont Io, ayant bien plus le sens du détail qu'il ne le montrait par moments, avait conscience ne le faisant que plus tomber amoureux de Baian. Son petit-ami cherchait tout le temps à lui faire plaisir et se prenait même la tête pour ça, tout en faisant attention à ce qui pourrait le vexer, même des choses insignifiantes. Le cheval des mers savait même mettre son orgueil de côté pour lui, et cela était inestimable. Il aurait beau le remercier pour toutes ses attentions et lui en faire en retour, Io avait toujours l'impression que ce n'était pas suffisant. Les mots lui manquaient pour exprimer à Baian à quel point il comptait pour lui, lui dire à quel point il l'aimait.
« Je t'aime » et « merci » ne suffisaient pas.
Arrivés sur les lieux de l'exposition à thème de nénuphars, Io s'émerveilla devant les tableaux exquis qui faisaient revivre les étangs, faisent rêver, les arbres et leurs mailles subtiles, les teintes nuancées des nuages et des feuillages, les contrastes de couleurs, les nénuphars et les lotus, fleurs éblouissantes de candeurs et ondoyances des eaux. Chaque touche de couleur pastel semblait contenir l'essence même de ces images, comme si l'artiste avait capturé le moment présent pour l'immortaliser en appliquant tout son art, en y mettant tout son cœur.
De véritables hymnes à la nature.
Un tableau aux teintes claires et rayonnantes saisit Io en plein cœur, faisant élargir ses iris et ouvrir sa bouche devant tant de beauté. Un étang illuminé par un soleil éclatant absent du tableau, visible par les reflets irisés de l'eau et des ombres des nénuphars éparpillés flottant paresseusement sur l'eau limpide laissant entrevoir les algues roulant sous les eaux, formant des nuées de verts. Lunes d'eaux (2) aux teintes verdoyantes et chatoyantes provoquant par leur flottement des dentelles sur l'eau, des ondoiements de ramilles légères à la surface de l'eau comme s'ils résonnaient entre eux. On y voyait aussi la nage précise et claire sous l'eau d'un poisson aux écailles argentées vers un nénuphar, sous une lumière qui irradiait l'étang paisible.
Chaque coup de pinceau semblait emprisonner la lumière, et la faire rejaillir. L'émotion simple qui se dégageait de cette peinture était saisissante, une chose simple exprimée avec force. Io resta un long moment à contempler l'œuvre en silence surtout le poisson argenté et le nénuphar vers lequel il nageait, un nénuphar identique aux autres au premier abord.
-Baian. Si j'étais un poisson, tu serais mon nénuphar. Dit-il serrant un peu plus la main tenant la sienne.
(1) Un culbuto, ramponeau ou poussa est un type de jouet traditionnel pour enfants. Il s'agit d'un petit personnage dont la base arrondie est lestée de sorte que, même si le jouet est frappé ou renversé, il se redresse toujours et revient à la verticale en oscillant.
(2) Les nénuphars sont parfois surnommé « lune d'eau »
Je remercie infiniment tous ceux qui en suivie et lue ce recueil.
