A/N : Coucou, tout le monde !

Je vous ai manqué ? Héhé. Donc, ça fait un an… Oups. Je peux tout vous expliquer . Je viens de finir ma deuxième année de prépa, donc… les concours de l'ENS, ça prend du temps à préparer et la vie de khâgne est assez… occupée. J'ai passé mes weekends à faire des entrainements d'examen, à dormir (et à ne jamais vouloir me réveiller. Petite référence à une musique de LoK) et à faire mes devoirs.

J'ai perdu goût à la fanfiction, très honnêtement. Cette histoire est problématique en plus, parce qu'elle s'ancre dans un contexte particulier et je n'ai pas envie d'embêter les gens en leur rappelant les mauvais souvenirs. Mais je suppose que c'est un des risques d'écrire, puisqu'on entre plus ou moins dans la tête des gens.

Bref, ma vie d'étudiante n'était pas la seule raison pour laquelle je n'avais plus de motivation. J'ai aussi travaillé sur mon roman (enfin, celui que je compte publier éventuellement un jour avec un peu de chance) et ça m'a pris beaucoup de mon temps et de mon cerveau (et ça prend toujours beaucoup de mon temps et de mon cerveau, et aussi beaucoup de dossiers dans mon ordinateur).

Néanmoins, il faut croire que les Muses m'ont rappelée à mes devoirs ! Dans un éclair soudain de lucidité, j'ai décidé d'enfin finir ce chapitre 4 que j'avais déjà à moitié écrit il y a un an. Je ne sais pas où cette histoire va, vous le savez. Je ne sais pas si j'aurai la force de la finir, mais je vais essayer. D'ailleurs, comme ça fait longtemps, vous allez sûrement tout relire et, hum, j'ai fait une petite entorse à ma cohérence habituelle ^^' Les lecteurs pointilleux remarqueront que dans le chapitre 1, Asami dit avoir vendu le manoir familial, et finalement j'ai décidé que ça ne m'arrangeait pas du tout :D Je modifierai ça plus tard. Peut-être, héhé.

Dernière précision : j'ai répondu à toutes les reviews qui ont un compte avant de disparaître (d'ailleurs, j'ai jamais vraiment disparu, je traine encore sur le site et je réponds aux PMs) et avant que le site ne réactive les notifications. Donc, n'oubliez pas d'aller regarder. Pour les reviewers sans compte, je suppose qu'on se revoit à la fin, comme d'habitude. J'espère retrouver mes fidèles lectrices et lecteurs, même si je ne me fais pas trop d'illusions après le coup que je viens de vous faire.

Bonne lecture !


Les jours qui suivirent furent des monstres d'organisation. Korra et Asami étaient tellement occupées entre leurs cours, leurs coups de téléphone et les quelques heures de travail rémunéré qu'elles arrivaient à grappiller que c'était un peu comme si leur situation d'avant le confinement revenait. Elles se voyaient beaucoup moins, ça c'était sûr, mais c'était pour la bonne cause.

Korra harcelait son père à peu près tous les jours pour lui demander où il en était avec le conseil et il lui demandait à chaque fois d'attendre un peu. Apparemment, ce genre de choses prenaient du temps. Ce dont elle se fichait éperdument, parce qu'elle savait que du temps, elles n'en avaient pas beaucoup. D'ailleurs, de l'autre côté, Varrick la pressait un peu pour savoir quand il pourrait avoir accès aux entrepôts. Apparemment, il avait déjà eu l'opportunité d'essayer sa « gel-mobile », comme il l'appelait, à la Nation du Feu et comme elle était parfaitement fonctionnelle, il tenait à arriver à Republic City le plus vite possible. Et il s'attendait à avoir du matériel à embarquer pour le retour.

Le problème avec tout ça, c'était qu'Asami enchainait les demandes de dérogation pour pouvoir vider les entrepôts qu'elle pouvait vider et qu'elle essayait vraiment de tout réorganiser pour pouvoir produire ces parties de respirateurs et ces masques en même temps. Si bien que la moitié des entrepôts étaient dorénavant vides et elle espérait arriver jusqu'au deux-tiers.

Elle avait dû convoquer une partie de ces ingénieurs… Enfin, plutôt, elle avait dû leur demander de bien vouloir faire une réunion d'urgence par informatique, ce qui avait été exaspérant. Vraiment. Entre les problèmes de connexion, de micro, ou juste l'incompétence générale, elle avait failli tout arrêter plusieurs fois, pendant que Korra se moquait gentiment d'elle à côté. Elle avait contenu tant bien que mal sa fureur en se disant qu'une fois tout cela fini, elle allait probablement leur faire faire des formations informatiques. Et elle voulait bien même les prendre en charge si ça voulait dire avoir des vidéoconférences potables.

Et s'il n'y avait que ça ! Elle avait dû se heurter à l'incrédulité générale. Bon, elle devait avouer qu'elle-même avait été perplexe au départ, mais elle avait fait en sorte de s'y mettre, à point c'est tout. Et après avoir écouté les jérémiades de son équipe qui disait qu'ils « construisaient seulement des voitures », que c'était « absurde », et qu'ils n'étaient nullement qualifiés pour servir dans le domaine médical, elle avait tapé du poing sur la table, et ils avaient fini par taire leur confrontation. Elle était jeune, c'était une femme, et elle était PDG. Donc, elle décidait, et qu'est-ce qu'ils faisaient eux pour les sortir de cette situation déplorable ?

Même si Korra avait été un peu amusée de la voir s'énerver et à écouter son ton cassant, se disant qu'elle n'aurait vraiment pas aimé être à la place de ces messieurs, elle avait fini par éprouver de la compassion. Elle voyait bien qu'Asami perdait patience parce que c'était vraiment important et qu'elle se sentait un peu désespérée. Plusieurs fois, elle avait posé sa main sur son avant-bras — après s'être assuré qu'elle était bien hors cadre et que ses employés ne verraient pas ce petit geste — pour la calmer un peu. Asami ne se tourna pas une seule fois vers elle, mais ses épaules s'affaissaient un peu et son regard s'adoucissait légèrement dans ces moments-là, même si elle fronçait les sourcils dans un effort de se contrôler. Korra savait qu'elle lui était reconnaissante, elle essayait juste de ne pas perdre la face.

Dans tous les cas, les deux premières heures de réunion n'avaient pas été suffisantes. Mais après une lourde insistance, elle insista pour avoir des idées — et des bonnes ! — d'ici la fin de la semaine. Ce qui serait surement après l'arrivée des bateaux de Varrick… Mais ce n'était pas comme si elle avait le feu vert de la part de la Tribu de l'Eau.

Tout s'entrecroisait, c'était infernal. Un peu comme un cercle vicieux, mais pas tout à fait. Si elle avait le feu vert… Si elle avait le feu vert, il fallait encore qu'elle trouve des employés. Il lui en restait quelques-uns pour travailler sur les machines qui produiraient les pièces des respirateurs, mais pas assez. Elle avait la liste des employés qu'elle avait dû licencier et elle devait prendre contact avec chacun d'entre eux pour savoir s'ils voulaient revenir travailler, et ça ce n'était que si elle avait l'accord… Mais il y avait aussi les employés pour les chaines de gel de Varrick et tout son bazar. Pour être tout à fait honnête, elle n'était pas sûre de quel genre de personnel il aurait besoin, et encore moins sûre d'où elle allait les trouver, et encore moins sûre que ça : comment elle allait les payer !

Elle avait repris les négociations avec Varrick Industries parce que Korra était certes très gentille de lui avoir trouvé cette opportunité, mais la femme d'affaires dans l'histoire, c'était elle. Et elle avait juste eu besoin de voir les yeux bleus perdus de la femme de la Tribu de l'Eau quand elle avait reçu un brouillon de contrat pour comprendre qu'il fallait qu'elle prenne les choses en main. Jusque-là, certains points avaient été fixés.

Premièrement, Varrick voulait bien louer ses entrepôts à un prix surement un peu plus cher qu'une location de ce genre valait, et il voulait bien installer les chaines de production, et fournir tout le matériel, il voulait bien aussi faire l'import-export. Mais il avait bien dit qu'il était hors de question qu'il s'occupe du reste et il voulait juste que les choses « roulent ». Asami avait été un peu confuse, en se demandant comment un homme d'affaires pouvait lui sortir un truc pareil, mais après plusieurs dizaines minutes de négociations irréalistes avec Varrick, elle n'aurait vraiment pas dû être surprise.

Donc, ils en étaient là. Il s'occupait du matériel et du transport, elle s'occupait de tout ce qui était attrait à Republic City parce qu'elle avait la connaissance du terrain. Chose qui ne lui donnait pas les ressources pour trouver de la main d'œuvre. Elle n'avait qu'une seule personne pour gérer les ressources humaines (et Korra apparemment qui s'était mis en tête de faire un sondage pour trouver quels employés pourraient venir travailler) et ils avaient clairement besoin d'une centaine d'employés, si ce n'était plus.

Du moins, c'était ce que Varrick avait suggéré. Après tout, il exigeait d'avoir cinq de ses entrepôts. Cinq ! Elle avait réussi à déplacer pratiquement tout son matériel dans les deux entrepôts les plus petits. Il restait ainsi deux grands entrepôts et deux moyens que Varrick pouvait utiliser. Elle ne pouvait pas faire mieux. Mais Varrick ne s'en offusqua pas. Du moins, s'il pouvait les avoir à son entière disposition… Ce qui n'était pas le cas, puisque l'un d'eux était encore rempli. Mais il faudrait encore payer le transporteur, et elle devait l'avouer… elle commençait à vraiment grincer des dents… Elle était à peu près sûre que peu importe les ajustements qu'elle et ses ingénieurs allaient faire, ils lui couteraient beaucoup également. Et elle avait besoin d'une marge pour ces futurs employés… Elle ne pouvait compter sur aucune véritable entrée d'argent pour l'instant. Ce qui ne lui laissait qu'une seule solution…

« Hey, Korra, tu viens faire un tour avec moi ? »

Korra leva le nez de son ordinateur, perplexe.

« On est pas censées sortir pour rappel ?...

- C'est pour le travail.

- D'accord… Pourquoi je viendrais alors ?

- On a qu'à dire que tu es mon assistante. Non rémunérée, mais tu es mon assistante en ce moment, non ? J'en cherchais une justement. »

Elle eut un sourire taquin en prononçant ces mots et Korra pouffa.

« Très bien, patron, si tu veux. Mais je vois vraiment pas pourquoi tu aurais besoin de moi. »

Asami haussa les épaules.

« Je vais avoir besoin de compagnie. »

La jeune femme aux yeux bleus haussa un sourcil, mais plutôt que de lui répondre, Asami saisit ses clés et ouvrit la porte.

« On y va ? dit-elle en la tenant ouverte pour Korra.

- Maintenant ?

- Préférablement. »

Korra regarda Asami, puis son ordinateur, puis de nouveau Asami. Elle décida que ça devait être important et elle ferma le clapet de son ordinateur, mit ses chaussures et sortit. Elles ne dirent pas grand-chose alors qu'elles sortaient de l'immeuble, se dirigeant vers la voiture d'Asami. Une fois à l'intérieur, alors que la PDG mettait le contact, elle demanda :

« On va où ? Tu tiens à montrer à ta nouvelle employée ton royaume ?

- Non, pas vraiment… C'est un peu plus personnel que ça…

- Je croyais que c'était professionnel ?

- Disons que c'est un peu des deux.

- Et tu comptes pas me le dire ?

- Mmmm… Tu ne peux pas patienter ?

- Je hais patienter…

- Je sais, c'est ce qui fait que c'est drôle. »

Mais il n'y avait ni taquinerie, ni humour dans sa voix, simplement de la concentration. Voyant l'air préoccupé et distant de son amie, Korra n'insista pas davantage et se laissa guider, elle ne savait où. Ce qui s'avéra être à l'extérieur du centre-ville, ou encore plus à l'extérieur du centre-ville. Elles passèrent même les quartiers résidentiels, les banlieues, et bientôt, elles roulaient sur une grande route avec… presque rien autour. Les autres bâtiments étaient loin… et il y avait de la végétation, et bientôt, devant elles, un grand bâtiment, devant lequel Asami se gara.

Elle sortit, Korra fit de même.

« Bienvenue chez moi. »

Elles étaient devant une immense demeure aux murs blanc en style asiatique. Tout était grand. Les portes étaient grandes, les fenêtres étaient grandes, les escaliers étaient grands, même tout ce qui trouvait autour donnait le sentiment d'être minuscule ! Purée, mais où étaient-elles ? Korra avait l'impression de débarquer à l'improviste chez la royauté. Comment ça, ça pouvait être chez Asami ? Décidément, elle ne comprenait rien à rien… Pourquoi vivre avec elle quand elle avait ça ?

« Chez toi ? bredouilla-t-elle, hésitante.

- Je te fais visiter ? »

Korra, malgré son abasourdissement, ne traina pas et suivit Asami qui s'était déjà sensiblement rapprochée de l'entrée.

« Tu as dit chez toi ? » répéta la femme aux yeux bleus.

Elle entendit un léger rire.

« En fait, chez mon père. J'ai grandi ici.

- Je vois… Et donc… qu'est-ce qu'on fait ici ?

- On est donc dans l'entrée principale, commença Asami comme s'il s'agissait d'un exposé ou d'une visite guidée. »

Korra aurait bien regardé autour d'elle et apprécié le décor qui, juste comme ça, lui paraissait somptueux, mais elle était bien trop occupée à regarder le visage de son amie. Clair de toute émotion, celui-ci semblait projeter l'image de quelqu'un de calme et de content. Mais Korra savait que ce n'était pas le cas. C'était peut-être ses yeux, sa posture, ou un truc qu'elle dégageait, mais la jeune femme d'affaires était loin d'être sereine. Elle continua à montrer les différentes directions en expliquant où les deux escaliers principaux menaient, et qu'il y avait une énorme cuisine sur la droite et un immense salon sur le gauche, et…

« Asami… » l'interrompit la jeune femme aux yeux bleus.

Elle s'arrêta et la regarda. Elle la regarda dans les yeux, chose qu'elle n'avait pas faite depuis la veille au moins. Et Korra vit. Le trouble et la peine dans ces yeux. La femme d'affaires soupira. Elle ferma les yeux et s'appuya contre un meuble à l'entrée.

« J'ai besoin de toi pour… répertorier des trucs et pour qu'on récupère ce qui est récupérable. On aura besoin de faire plusieurs voyages, mais… Enfin bon…

- Je ne comprends pas… À quoi ça sert ? On a déjà beaucoup de choses à faire.

- Je… Il faut que je convainque mon père de vendre. »

Korra était abasourdie, si bien qu'elle n'arriva plus à dire un mot. Au bout de quelques sourdes secondes, elle ouvrit la bouche, juste pour la refermer aussitôt.

Vendre ? Pourquoi vendre ? C'était une magnifique maison… Un magnifique manoir. Et elles avaient déjà plein de choses à faire, et…

L'entreprise. C'était ça, non ?

Korra plongea ses yeux plein de questions dans les yeux de jade qui la fixaient patiemment.

« Je suis fauchée. J'ai besoin de l'argent que pourrait m'apporter la vente de cette maison si je veux maintenir l'entreprise. C'est soit la maison familiale, soit l'entreprise.

- Mais… il y a peut-être un autre moyen…

- Il n'y en a pas, Korra. »

Ton cassé. Il y eut un silence pesant. Ni l'une ni l'autre n'osait prononcer un mot. Asami se tenait le coude, elle avait détourné son regard et ses yeux fixaient un point vide sur le côté. Une sombre grimace triste couvrait ses traits délicats. Korra, quant à elle, était figée.

Peut-être que tout d'un coup, elle venait de réaliser la gravité de la situation, la douleur émotionnelle de cette situation. Elle avait presque honte. C'était elle qui suggérait des idées de changement mais c'était Asami qui devait encore faire des sacrifices. Elle n'avait pas vu assez loin. Elle avait l'impression d'être dos au mur. Malgré cela, son cerveau tournait quand même à toute vitesse, comme si c'était son rôle d'éviter qu'Asami soit confrontée à des situations désespérée, comme si elle pouvait rectifier le tir.

« Donne-moi quelques jours, finit-elle par lâcher.

- Pour quoi faire ? soupira la jeune PDG, défaite.

- De toute façon, tu as besoin de quelques jours pour convaincre ton père et la maison ne se vendra peut-être pas tout de suite. Je trouverai quelque chose d'ici-là.

- Korra… »

Un ton plaintif s'échappait de ses lèvres rouge sang. Elle releva à peine le regard vers elle. Elle en avait assez… Elle était épuisée. En abandonnant quelque chose d'aussi précieux, peut-être qu'elle commençait à accepter le fait qu'elle allait finir par tout perdre. Mais Korra était convaincue qu'elles pourraient faire autrement.

Alors, elle fit un pas décidé vers Asami, puis deux, puis trois. Elle se planta juste en face d'elle et défia sa peine de son regard bleu déterminé et confiant.

« Je trouverai quelque chose », répéta-t-elle.

Elle mit ses mains sur les joues d'Asami.

« Fais-moi confiance. »

Leurs regards se croisèrent. Un océan calme après la tempête et un saule pleureur.

« Ça va aller. »

Une seule larme coula de ces yeux aux flots débordants, rattrapée par le pouce de Korra.

« Je suis désolée », dit Asami en se reculant un peu.

Korra la laissa s'en aller et passer rapidement sa main sur ses yeux, bien que c'était à contrecœur. Elle laissa tomber ses bras, elle avait le cœur un peu lourd, elle ne savait pas trop pourquoi. Sûrement, les émotions d'Asami l'atteignaient aussi.

« C'est pas grave, rassura-t-elle avec un vague sourire triste mais elle ne la regardait pas.

- Je compte trop sur toi, Korra. Je ne peux pas te demander de me sauver à chaque fois. C'est trop dur. Des fois… Des fois je voudrais tout perdre pour que tout s'arrête.

- Ça ne fait même pas quelques semaines qu'on a commencé tout ça. On va finir par trouver les bonnes solutions.

- Non, Korra. Ça fait presque deux ans que je me bats sans relâche… Et mon père… Il n'est pas là. Il est là-bas, et il n'a pas le droit de m'empêcher de vendre ce manoir ! Pas après avoir détruit notre vie !

- Asami. »

La femme aux yeux bleus lui prit la main et la serra fort dans la sienne, comme si elle pouvait la stabiliser juste comme ça.

« Je sais que c'est dur pour toi et que ça fait longtemps… Mais on a une vraie chance, attends encore un peu. Je vais t'aider. Je sais que ton père n'est pas là et qu'il te manque, donc… en attendant, je serai là. Même si j'y connais rien… »

Un peu embêtée par ce dernier point, elle se frotta l'arrière du cou d'embarras. C'est vrai, elle pouvait essayer de rassurer Asami autant qu'elle voulait, elle pouvait lui sortir plein de belles phrases pour qu'elle ait l'impression d'être soutenue, mais en réalité, elle n'avait absolument pas les qualifications requises.

La jeune femme d'affaires avait tous les droits de douter d'elle. Peut-être qu'elle n'était pas désespérée mais réaliste et que Korra lui mettait simplement des bâtons dans les roues, elle ajoutait à son fardeau au lieu de l'alléger en ne la laissant pas abandonner. Mais elle ne pouvait juste pas la regarder couler comme ça. C'était tellement important pour elle… Elle voulait l'aider. Vraiment.

Aussi, les belles phrases suffirent à ce moment. Asami entoura Korra de ses bras en signe de gratitude.

« Ce n'est pas juste envers toi tout ça… marmonna-t-elle quand même. Tu ne travailles même pas pour moi, je ne peux rien te donner…

- Tu me laisses vivre avec toi, c'est bien déjà. C'est ce qu'on fait quand on vit avec quelqu'un, on se soutient mutuellement. »

Asami ricana, un peu moqueuse.

« Ça, c'est ce que font les couples, Korra, pas les colocataires. Pas à ce point en tout cas…

- Ah, euh, oui… Mais ça n'a pas d'importance ! »

Elle était contente qu'Asami ne l'ait pas lâchée. Ainsi, elle ne pouvait pas remarquer le léger rougissement sur son visage ou son air un peu gêné.

Elles restèrent enlacées un certain moment. Korra dessinait de petits cercles dans le dos d'Asami pour la calmer un peu. Elle savait qu'elle utilisait leur étreinte pour récupérer de ses émotions et cela ne la dérangeait pas. Elle fut même un peu déçue quand Asami décida en fin de s'écarter d'elle, même si cela faisait probablement une bonne minute qu'elles étaient collées l'une à l'autre.

« Tu te sens mieux ? demanda-t-elle avec un sourire.

- Oui, merci. On rentre à la maison ?

- En fait… j'aimerais bien finir cette visite.

- Pourquoi ?

- Je suis juste curieuse de savoir où est-ce que tu as grandi. Je ne suis pas contre les anecdotes ! »

La jeune héritière sourit. Elle prit la main de Korra pour continuer la visite.

« On passe au premier étage alors ? »

La fille aux yeux bleus sourit et le reste de la visite se fit tout en délicatesse. Asami avait l'air légèrement moins troublée et un peu plus enthousiaste de lui présenter la maison de son enfance. Elle évoquait de temps en temps quelques souvenirs heureux qu'elle avait avec sa famille ou avec le personnel de maison. Elle évoquait parfois sa mère, mais c'était avec parcimonie. Asami avait évoqué le fait qu'elle était décédée quand elle était jeune, mais c'était un sujet qu'elle évitait généralement, donc Korra ne cherchait pas à en savoir davantage.

Elle avait dit qu'elle voulait visiter le manoir pour le plaisir, mais plus elle le visitait, plus un plan commençait à germer dans sa tête et elle se disait que peut-être l'idée de vendre n'était pas si mauvaise… Mais il allait falloir faire être un petit peu plus imaginatif que cela…


Jinora, Meelo et Ikki venaient enfin de s'endormir. Elle avait essayé de se débarrasser d'eux plus vite que d'habitude, mais ils avaient été résistants. Il était 22h30 et elle espérait que Bolin était encore debout. Avec un peu de chance, il était encore en train de s'entrainer avec son frère.

Elle appela. Le téléphone sonna trois fois. Elle était un peu nerveuse, elle avait envie d'abandonner. Presque. Elle ne voulait juste pas que ses espoirs soient anéantis. Ça la rendait fébrile.

« Yo, Korra ! T'as d'la chance, on vient de finir de s'entrainer. Comment ça va ?

- Bolin, est-ce que ta famille cherche toujours à se loger sur Republic City ?

- Moi aussi, ça va, puisque tu me le demandes. Non, les cours à distance, c'est pas trop le bordel. En fait, si, c'est totalement le bordel, heureusement que je vis avec Mako parce que sinon je pèterais un câble, parce que pas pouvoir aller dehors…

- Bolin !

- Raava, mais que tu es sérieuse !

- C'est important, donc concentre-toi cinq minutes. Ta famille.

- Ah oui… Chai pas trop si en ce moment, vu le contexte, ils cherchent à déménager… Même pas sûr que ce soit possible de traverser la frontière pour ça. Bon, après, j'ai quelques cousins qui sont dans la merde, je t'avoue, parce qu'ils sont venus travailler ici et faire un peu de repérage et ils sont bloqués…

- Ils sont beaucoup ?

- Pas des masses. Bon, c'est quoi toutes ces questions ?

- J'ai trouvé un endroit… C'est… très grand. Ça pourrait loger toute ta famille.

- Oh, ce serait cool ! … Tu t'es reconvertie dans l'immobilier ?

- Non, je… J'ai besoin de trouver quelqu'un pour habiter cet endroit, quelqu'un de confiance qui pourrait payer quelques loyers d'avance…

- Wowowowowow, c'est quoi le deal ? Y a une merde ?

- Non, c'est pour Asami. Bon, t'es intéressé ou pas ?

- Ch'sais pas trop, Korra… Tu me balances un peu ça comme ça et je peux pas prendre cette décision.

- Bolin, j'ai pas quinze mille solutions, donc si tu pouvais y mettre un peu du tien !

- … Tu devrais te détendre… Je peux rien faire sur un coup de tête, Korra. »

Elle soupira. Oui, elle devait se détendre. Vraiment. Elle ne voulait plus être cette adolescente tête brûlée qui faisait n'importe quoi. Certes, elle restait impulsive, mais il fallait qu'elle prenne du recul.

« Je suis désolée, Bolin. Je suis un peu sur les nerfs, en ce moment…

- Ouais, j'ai cru comprendre. Tu nous parles même plus… Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai promis à Asami de l'aider à sauver Future Industries… »

Bolin explosa de rire, ce qui eut pour effet d'irriter un peu plus Korra.

« T'as pas trouvé quelque chose d'encore plus chiant pour occuper ton temps ? Pas étonnant que tu nous parles plus…

- C'est important ! Et on y est presque ! C'est juste qu'il nous manque un peu des fonds et ça c'est la seule option que j'ai trouvée !

- Par Raava… Tellement d'acharnement… Elle doit être vraiment sympa.

- Je veux vraiment l'aider. »

Il soupira. Bien, ça voulait dire qu'il la prenait au sérieux. Peut-être qu'elle aurait une opportunité.

« J'en parle à Mako et à ma famille et on revient vers toi, si tu veux bien.

- Merci, Bolin ! T'es génial !

- Bien sûr que je suis génial !

- Essaie de faire ça rapidement, s'il te plait.

- Oui, oui, oui. Je sais, tu dois sauver le monde et ta princesse, tout ça tout ça.

- … Mouais, quelque chose comme ça. »

Bolin rit encore, très fort. Et il hurla à son frère qui venait de sortir de la douche :

« Hé, Mako ! Je crois que Korra est amoureuse ! Elle se prend pour un chevalier en armure.

- M'étonne pas d'elle.

- Oh, vous deux, la ferme ! J'essaie juste d'aider ! Vous comprendriez le concept, si ça vous arrivait de temps en temps ! »

Ils continuèrent à se chamailler pendant quelques minutes, Mako fut vaguement mis au courant de la situation, et il promit à Korra de s'assurer personnellement que la proposition soit entendue.

La jeune femme de la Tribu de l'Eau fut rassurée. Elle faisait confiance à Bolin, vraiment. Mais deux têtes valent mieux qu'une, et un Mako sérieux et taciturne reste plus rassurant qu'un Bolin enthousiaste qui oublie tout.

Elle était contente d'avoir passé le coup de fil et elle avait hâte d'en connaître les résultats. Elle en avait peur aussi, c'est pourquoi elle n'en avait pas parlé à Asami et avait téléphoné de chez Tenzin. Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs, elle était déjà assez anxieuse comme ça.

Korra regarda l'heure. Il était plus de 23h30. Leurs joyeuses discussions avaient duré plus longtemps que prévu. Asami devait déjà dormir… Elle se demandait si elle devrait attendre que Pema ou Tenzin rentre pour rentrer chez elle, mais elle était épuisée par sa journée. Elle s'installa sur le canapé, envoya un rapide texto à Asami en lui disant qu'elle restait chez Tenzin et Pema pour la nuit et en lui souhaitant bonne nuit, puis s'endormit en pensant à la jeune héritière.

Elle aurait aimé lui apporter de la joie et la protéger. Elle ne voulait pas revoir ce visage brisé et ces larmes de chagrin. Mais que pouvait-elle faire de plus ? Elle aurait aimé pouvoir en faire plus. Mais il ne lui restait plus qu'à attendre…


A/N : Je suppose que je vais attendre aussi (des reviews. Et ouiiiii, on ne change pas une équipe qui gagne !) et que vous allez attendre le prochain chapitre (si y a encore des gens qui lisent après tout ce temps xD). Merci d'avoir lu !


Bon… J'ai deux personnes à remercier pour les réponses aux reviews… Pour l'une d'elle, je l'ai jamais vu sur cette histoire, donc je vais attendre bien sagement.

Au cas où, Ccilink : j'ai gardé tes reviews dans un coin. Elles m'ont fait très plaisir, j'espère pouvoir te revoir un jour pour y répondre un peu plus sérieusement. (Quand je serai sûre que tu liras mes réponses.)

Aelig : Coucou toi !

Alors, tu étais une de mes raisons pour finir cette histoire, sache-le. Je ne voulais pas partir sans te laisser un petit message quelque part, et je me sentais vraiment coupable, mais les choses ont fait que… je réapparais maintenant. Étant donné que tu es un « guest », il est possible que tu ne repasses pas dans le coin et que tu ne remarques pas cette histoire ^^' Mais je tente quand même !

Merci pour tes gentils mots, ils m'ont vraiment touchée et rendue fière ! Je suis contente que tu aies aimé « La Trace du destin » et que tu penses que mes écrits sont qualitatifs, parce que c'est tout ce que je souhaite. J'aimerais vraiment continuer à écrire pour que tu continues à autant apprécier ces histoires, à rire et à pleurer avec elles. J'aimerais pouvoir finir Confinées et honnêtement, j'arrive pas encore à tout à fait abandonner « Tombée du ciel » (un autre projet que j'avais commencé et qui serais vraiment très intéressant). Je ne sais pas si je pourrai te satisfaire encore très longtemps, même si je suis contente que tu penses tant de bien de moi.

J'espère, à bientôt, « ma plus grande admiratrice » ;-) Le compliment et tes mots sont loin d'être passés inaperçus !

Lion