A/N : Bonjour tout le monde !

« Par Raava, elle est déjà de retour ! » Et oui, me revoilà ! Je compte finir cette histoire dans pas trop de temps, à vrai dire. Pas plus d'une dizaine de chapitres. (Oui, je sais que vous riez silencieusement en vous disant que je ne vais jamais arriver à m'y tenir, mais j'ai de l'espoir !) Et puis, je m'amuse bien en ce moment. Je pense que vous allez apprécier ce chapitre. Je trouve qu'il est… à l'image de Korra. Et personnellement, je le trouve rigolo, mais je vous laisserai juger.

Vous savez quoi ? J'ai perdu un peu la main. Quelques confusions de passé simple et anglicismes que j'espère avoir corrigés.

Sur ce, bonne lecture !


Korra attendit patiemment. Très patiemment. Elle teint donc deux jours.

Un jour et demi pour être exacte.

Ok, d'accord, elle n'a tenu qu'un jour et huit heures ! Mais ce n'était pas sa faute ! Le temps paraissait juste horriblement lent ! Et rapide ! Rapide pour tout dont elles avaient besoin maintenant et qu'elles n'avaient pas et lent pour… tout le reste ! Évidemment qu'elle était préoccupée ! Et elle n'était pas la seule. Asami était vraiment très nerveuse.

Korra avait essayé de la poser devant un film plus d'une fois pour la distraire. La première fois, elle avait carrément refusé. La deuxième, elles avaient pu regarder seulement dix minutes. La troisième, Asami avait fini par s'endormir devant, puis se réveiller en pleine nuit en train de paniquer. Et la quatrième… La quatrième, Korra avait abandonné et appelé Bolin.

Elle avait aussi appelé son père, qui devait commencer une collection d'appels manqués et de messages en absence de la part de sa fille. Il avait fini par la rappeler… pour lui dire, d'une manière très calme (faussement calme, en fait), qu'elle n'avait pas intérêt à l'appeler avant 48 heures ou ça allait barder ! À moins qu'il y ait une urgence et non, la compagnie d'Asami ne faisait pas partie des urgences actuellement parce qu'il faisait déjà tout ce qu'il pouvait !

Sa fille fut un peu embarrassée, mais surtout franchement irritée et elle décida de bouder pendant ces 48 heures. Comme si elle allait l'appeler après ça, tiens ! (Évidemment qu'elle allait finir par le rappeler… Elle avait besoin de lui pour Asami après tout.) Du coup, elle se rabattit sur Bolin, qui lui passa Mako après un profond soupir, lequel proposa qu'ils visitent le manoir afin de gagner du temps. Il se dit qu'un peu d'action aiderait sûrement Korra à se calmer un peu. Korra en fut ravie ! … jusqu'à qu'elle se rappelle qu'elle devait en parler avec Asami…

Elle trouva le jeune héritière allongée sur le canapé, ses deux longues jambes dépassant de l'accoudoir. Elle avait un bras sur les yeux et semblait en pleine contemplation.

« Qu'est-ce que tu fais ? demanda Korra, en s'approchant du canapé.

- Je calcule ce qui serait le plus rentable entre mourir et s'handicaper pour toujours afin d'avoir une indemnité pour sauver l'entreprise… »

Plaisanterie macabre… Elle devait être de bonne humeur. Korra souleva les jambes d'Asami, s'assit sur le canapé et les remit sur ses propres jambes.

« Mmmm… Ça m'embêterait que tu meures, tu me manquerais beaucoup.

- Pour ce que ça vaut, tu me manquerais aussi. Quoique quelqu'un peut difficilement te manquer quand tu es mort… Mais bon, c'est sûrement pas une bonne solution. »

Elle enleva le bras de ses yeux et se redressa sur ses coudes.

« Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ?

- Peut-être que c'est juste confortable ici.

- Peut-être. »

Elle laissa sa tête retomber sur le canapé, croisa ses bras sur son ventre, ferma les yeux et attendit. Korra la regarda un petit moment, passant vaguement ses mains sur les jambes d'Asami, un peu comme une caresse distante, bien qu'elle faisait vraiment ce geste plus par automatisme qu'autre chose. Peut-être que les jambes d'Asami lui rappelaient Naga… Elle n'avait pas fait attention.

« En fait, je voudrais savoir si ce serait possible de visiter le manoir… finit-elle par dire, hésitante.

- On vient de le faire, grogna Asami.

- Oui nous, mais je voudrais emmener quelqu'un d'autre. »

Cette fois, la jeune PDG rouvrit les yeux et se remit sur ses coudes. Elle fronçait les sourcils, essayant de comprendre la situation.

« Je croyais que tu ne voulais pas que je vende ?

- Eeeet je ne veux toujours pas que tu vendes, mais on pourrait peut-être exploiter cet espace autrement ?

- C'est-à-dire ?

- Location ? »

Asami ricana. Ou pouffa. Ou un peu des deux franchement. Bref, elle n'était pas convaincue.

« Korra, bien que j'apprécie tes efforts pour trouver des solutions géniales à tous mes problèmes, même si je louais le manoir, on aura jamais assez de fonds à temps.

- Mais et si on fait payer quelques loyers en avance ?...

- Même avec ça, ça ne rapportera jamais assez… Et puis, tu imagines le risque que ce serait ? Si tout coule, je perdrai aussi le manoir, et on fait quoi des gens qui sont dedans et qui ont payé un truc en avance alors qu'ils auront plus le droit d'y habiter ?

- Mais et si on n'ouvre qu'un seul entrepôt avec la gel-mobile, ça pourrait être assez ! On demanderait un délai à Varrick, ou on lui dirait qu'on a besoin d'être sûres que ça marche ! D'ici-là, mon père aura peut-être fini de convaincre le conseil et tout pourra fonctionner !

- Il y a trop de si, Korra ! On ne peut pas prendre ce risque ! »

Et voilà, elles s'étaient encore embrouillées à cause de Future Industries. Ça commençait à être redondant en ce moment… Asami soupira et se laissa retomber sur le canapé. Elle remit son bras sur ses yeux et respira calmement.

« Je… Je veux essayer », lança Korra.

Elle n'eut pas de réponse pendant un temps.

« Fais comme tu veux. Je n'en assumerai pas la responsabilité, Korra. Je suis contre.

- Je m'en occupe.

- Fais comme tu veux.

- Asami ?

- Mmm ?...

- Merci. »

Elle ne répondit rien. Elle sentit juste la chaleur de Korra s'échapper, ses jambes être reposées sur le canapé… Peut-être qu'elle devrait se lever et aller travailler… Honnêtement, elle avait déjà passé plusieurs heures sur son ordinateur, elle voulait juste continuer à ne rien faire sur le canapé et peut-être faire une sieste, quitte à retravailler en plein milieu de la nuit. Ce n'est pas comme si elle pouvait faire beaucoup de choses non plus… Elle était un peu bloquée, à la fois trop occupée et désœuvrée. Elle savait tout ce qu'il fallait faire et mettre en place, mais elle avait fait ce qu'elle pouvait pour l'instant, et elle ne pouvait rien faire de plus sans les retours des différents acteurs. Donc, autant se reposer avant les nuits blanches qui allaient probablement arriver…

Son cerveau s'était si vite mis réfléchir quand Korra était partie qu'elle ne s'était pas rendue compte qu'elle n'était en fait jamais partie. Aussi, sursauta-t-elle quand elle sentit une main prendre la sienne pour lever son bras, tout ça pour qu'un baiser soit déposé sur son front.

« Vraiment, merci. »

Il y eut un sourire de la femme aux yeux bleus avant qu'elle ne disparaisse. La femme aux yeux verts fut confuse un instant, mais elle finit par soupirer, amusée.

« Toi alors… » marmonna-t-elle.

Cette fois, un sourire ornait ses lèvres. Même s'il était discret, il était plein d'affection. À peine quelques secondes plus tard, elle entendit les pas de Korra revenir dans la pièce son sourire s'agrandit.

« Ah, euh, Asami ?

- Mmm ?...

- Tu pourrais me donner, euh… l'adresse ? »

La jeune PDG explosa de rire. Korra tout craché.

« Je te l'envoie par texto.

- Merci ! Et pas la peine de te moquer… »

Elle avait adopté un ton boudeur pour sa deuxième phrase. Asami la trouvait adorable. Elle s'empressa d'envoyer l'adresse à sa colocataire. Honnêtement, même si le plan était un horrible fiasco, elle était tellement contente d'avoir Korra auprès d'elle. Au moins, elle la mettait de bonne humeur. Oui, elle était vraiment contente que ce soit elle… Ça l'apaisait et elle ne pouvait pas en être plus reconnaissante.


Dès que Korra avait reçu l'adresse envoyée par Asami, elle avait insisté pour que Bolin et Mako l'y retrouvent le lendemain. Il y avait un confinement, évidemment qu'ils n'avaient rien de mieux à faire ! Comment elle le savait ? Elle l'avait décrété, donc elle devait avoir raison.

Elle leur avait également demandé d'amener les membres de leur famille qui résidait à Republic City. Elle espérait que plus il y aurait de membres de la famille qui approuveraient le projet, plus ce serait vite plié. Et ok, c'était peut-être un peu optimiste et précipité de sa part, mais elle n'en avait pas grand-chose à faire. Il fallait juste qu'ils soient au rendez-vous.

Et en effet, ils se rejoignirent devant le manoir. Mako et Bolin avaient quand même demandé si c'était bien prudent de faire ça pendant un confinement, mais elle avait dit que ça relevait des exceptions. En réalité, elle n'en avait aucune idée, mais elle se disait qu'elle trouverait forcément un moyen de s'en sortir. Elle n'avait pas le choix de toute façon. Donc, ils n'avaient pas le choix non plus.

Et c'est ainsi qu'elle fit la connaissance de Tu, un citoyen de la Terre qui n'avait pas l'air ravi du tout d'être là. Ah, et accessoirement, c'était un des nombreux cousins de Mako et Bolin. Apparemment, il vivait avec l'une de ses sœurs et un autre cousin à eux dans un minuscule trois pièces, donc même s'il n'était pas ravi d'être là (parce qu'il avait été prévenu à la dernière minute), il avait un peu l'espoir de changer sa situation.

Cet espoir fut vite changé en incrédulité quand il vit le monstre qu'on essayait de leur proposer en tant que maison. À dire vrai, il crut sincèrement que c'était une blague et il assassina Mako et Bolin du regard avant de se reprendre quand Korra démarra ses explications sur la maison. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle était vraiment sérieuse. Elle comptait leur proposer la location de cette… demeure royale (originaire de Ba Sing Se, il ne pouvait trouver de meilleur qualificatif) où elle disait pouvoir loger toute leur famille.

Au début, il était un peu dubitatif, mais au fur et à mesure que la visite avançait, malgré les meubles couverts de draps blancs ou de poussière, il pouvait voir que les salles étaient grandes et variées. Ils pourraient sans aucun doute s'éparpiller un peu partout sans se marcher sur les pieds. Il y avait un tas d'endroit pour partager des activités en commun : un énorme salon, même une salle de réunion avec une grande table (où on pourrait jouer aux jeux de société), une salle de sport, une piscine (une piscine, par Raava !), la cuisine, les bains et même le jardin.

Bon, très bien, il y avait de l'espace, mais il fallait aussi pouvoir loger tout le monde et cela comprenait les chambres et les rangements. Et il ne fut pas déçu ! En effet, il n'y avait pas que les chambres des propriétaires. Le manoir était aussi conçu pour pouvoir accueillir des invités, mais il avait surtout une aile dédiée au personnel. C'étaient des chambres de bonnes, de mécaniciens, et bref, plein de métiers. Cela n'avait pas grande importance, parce que les chambres étaient fondamentalement les mêmes. Certaines d'entre elles étaient un peu plus petites, mais ils pouvaient toujours les donner à un des enfants. La plupart était de bonne taille, bien agencée et semblait agréable à vivre. C'était bien assez pour des gens qui sortaient de la misère comme eux.

Plus il visitait, plus il s'enthousiasmait, plus il se disait qu'il y avait anguille sous roche. Pourquoi les choisir eux, des miséreux du royaume de la Terre, et surtout avec tant d'empressement ? Certes, ils avaient quelques économies pour investir, mais ils n'auraient jamais prétendu à une chose pareille. Ils s'attendaient plus à racheter un vieux gymnase, à le retaper de fond en comble et à y vivre, jusqu'à qu'ils retapent un autre endroit délabré, et ce jusqu'à ce que tout le monde soit logé de façon digne et agréable. Cela aurait été un travail de longue haleine, et peut-être aurait-ce été très compliqué, plus compliqué qu'une location puisqu'il fallait pouvoir rentabiliser son investissement avant d'en faire un autre. Mais au fond, c'était un projet qu'ils avaient en commun, et ils auraient pu être propriétaires à la fin, ce qui était un atout non négligeable.

C'est pourquoi il était assez partagé concernant ce manoir. D'un côté, il adorait sa somptuosité, son confort, la facilité de la démarche et il ne pouvait pas nier que c'était probablement mieux pour leur grand-mère qui arrivait vers ses (très) vieux jours. D'un autre côté, la proposition semblait un peu douteuse et même si elle ne l'était pas, cela voulait dire qu'ils auraient dû mal à investir au vu du loyer monstrueux que devait représenter cette immensité.

« Bon, alors, vous en pensez quoi ? » s'écria Korra, confiante, les mains sur les hanches, alors qu'ils étaient retournés à l'entrée.

Elle était assez satisfaite de sa présentation. Elle avait fait de son mieux pour se rappeler de ce qu'Asami lui avait dit et, en désespoir de cause, elle avait juste fini par dire à quel point le manoir était une bonne opportunité qu'ils ne pouvaient absolument pas laisser passer.

Néanmoins, elle ne rencontra qu'un vague silence et des regards fuyants. C'était quoi cette atmosphère au juste ? Elle haussa un sourcil et attendit. Mako finit par rencontrer son regard et soupirer avec son petit air agacé habituel.

« Bon, puisque personne ne veut se lancer, je vais le faire… grogna-t-il. Le manoir en lui-même nous paraît très bien, et je pense parler pour tout le monde, le reste beaucoup moins.

- Quel reste ? Tu viens de dire que tu aimais le manoir, c'est tout ce qui compte !

- Non, ce n'est pas tout ce qui compte. Oui, notre famille pourrait vivre très bien dedans, mais la situation d'Asami… Sans compter qu'elle va sûrement demander un loyer énorme et que toute notre famille va sûrement être bloquée là-dedans pour le restant de leurs jours après ça.

- Asami est très gentille, on peut s'arranger avec elle ! Moi je veux juste savoir si ça vous intéresse ! »

Mako la regarda d'un air impassible. Seul son sourcil haussé montrait qu'il considérait ce qu'elle venait de dire. Il regarda Bolin et Tu avant de prononcer le moindre mot. Il savait que s'il n'était pas prudent avec ce qu'il allait dire, Korra allait… débloquer. Ce serait son arrêt de mort. Butée comme elle était, il n'aurait plus aucune porte de sortie s'il paraissait trop enthousiaste. Il prit une légère inspiration, histoire de ne pas trahir son personnage.

« Oui, le manoir en tant que lui-même nous paraît très bien. Si on le nettoie un peu, ça pourrait être un bien à considérer, MAIS on ne peut pas prendre de décision pareille sans l'aval de toute notre famille et d'ailleurs, il y aurait beaucoup de choses compliquées à régler avec Asami.

- Super génial !

- Korra…

- Je lui en parle ce soir ! »

Et voilà, c'était mort, elle n'avait fait attention qu'au début. Bon, il n'avait plus qu'à espérer qu'Asami refreine les ardeurs de Korra et, au pire, il trouverait un truc… Il soupira. Et voilà, un processus compliqué était lancé, il n'avait plus qu'à prier pour ne pas se coincer la main dans l'engrenage.


Korra rentra toute guillerette, mais cela ne dura pas. Elle appela Asami mais cette dernière ne répondit pas. Étrange… Elle était pourtant sûre qu'elle serait à l'appart quand elle rentrerait… Est-ce qu'elle avait décidé de sortir s'aérer l'esprit ? Normalement, elle lui aurait envoyé un message pour la prévenir…

Korra prit alors la liberté de vérifier les différentes pièces de l'appartement. Pas dans la cuisine, ni dans le salon, ni dans la salle de bain… Il ne restait plus que leurs chambres. Étant donné qu'Asami était loin d'être du genre à envahir l'espace dédiée à sa colocataire, Korra doutait sincèrement qu'elle puisse se trouver dans sa chambre, donc elle ne prit même pas la peine de vérifier. Mais peut-être était-elle dans sa propre chambre… Elle n'aimait pas débarquer à l'improviste dans son espace privé mais… si elle jetait un coup d'œil, il n'y aurait sûrement pas de problème.

Dans l'idée de jeter un coup d'œil furtif dans la chambre de son amie, la femme aux yeux bleus entrouvrit la porte. Avant qu'elle ne puisse la refermer en vitesse, elle remarqua une masse de cheveux noirs sur l'oreiller. Intriguée, elle ouvrit réellement la porte et constata qu'Asami était bel et bien dans sa chambre. Elle semblait endormie. Mais quelque chose n'allait pas… Elle ne savait pas trop quoi, mais elle avait l'impression que quelque chose n'allait pas.

Elle s'approcha délicatement de sa colocataire, ne comptant pas la réveiller. Elle remarqua alors qu'elle respirait un peu lourdement. Elle semblait un peu plus rouge que d'habitude également. Était-elle tombée malade ? Elle tendit la main vers le front blême. Elle eut à peine le temps de l'effleurer que deux yeux de jade se dévoilèrent. Asami grogna.

« T'es rentrée…

- Tu es malade ?

- Non… J'ai juste eu mal à la tête, donc je suis venue m'allonger et j'ai fini par m'endormir.

- Mmm… »

Elle n'était pas convaincue. Elle écarta les mèches de cheveux de jais du front pale et posa ses lèvres sur la peau ainsi dégagée.

« Tu fais quoi ? demanda Asami, perplexe.

- Je regarde si tu as de la température. Et je pense que tu en as…

- Je suis juste fatiguée…

- Tu es butée surtout… T'as pris des médicaments ?

- Je pensais que ça allait passer en me reposant.

- Je vais aller t'en chercher.

- Pas la peine… »

Mais elle était déjà partie. Asami soupira et attendit patiemment le retour de sa colocataire, sachant pertinemment qu'elle n'allait pas tarder. Elle entendit un vacarme monstre, sûrement causé par Korra qui ouvrait tous les placards possibles le plus vite possible, puis la femme aux yeux bleus réapparut devant ses yeux avec un verre d'eau et des médicaments. La jeune PDG avait juste eu le temps de se redresser et de s'adosser au mur que les remèdes lui étaient tendus avec insistance.

« Raava, Korra, je ne suis pas si malade que ça, calme-toi.

- Ça devrait aider avec la fièvre et les maux de tête.

- Je n'ai plus vraiment mal à la tête et la fièvre est très légère.

- Tu penses que t'as été… contaminée ? »

Pendant que Korra hésitait à comment formuler la question, la femme d'affaires avala les médicaments. Puis, elle répondit.

« Par le virus ? C'est possible. Un peu improbable, je ne suis pas sortie tant que ça… Honnêtement, je pense que je suis juste fatiguée et un peu trop angoissée pour l'entreprise. Après, j'irai me faire tester si ça te rassure.

- Non ! Mais pas besoin !

- C'est pas le protocole ? s'amusa Asami devant le refus net de sa colocataire.

- Si ! Mais je veux dire, tant que ça s'aggrave pas ton truc… Ça se trouve, t'as juste eu un coup de froid… Après tout, tu as juste un peu de fièvre…

- Et des maux de tête.

- Et des maux de tête, répéta Korra en levant les yeux au ciel. Tu as besoin que je fasse quelque chose pour toi ? Tu as tout géré pour l'entreprise ? Tu veux aller prendre une douche ? »

Asami haussa un sourcil à la dernière proposition. Déjà, ça faisait beaucoup trop de questions d'un coup et… elle pouvait prendre sa douche toute seule, elle n'était quand même pas affaiblie à ce point. Franchement, Korra réagissait de façon totalement excessive. Elle décida de la ramener sur Terre à coups de taquinerie.

« Pourquoi ? dit-elle avec un sourire moqueur. Tu veux la prendre avec moi ?

- Quoi ? »

Elle fronça les sourcils. Entre temps, elle avait déjà oublié quelle était sa dernière question alors qu'elle en imaginait d'autres. Puis, son cerveau rattrapa le fil de la conversation.

« Q-Quoi ? répéta-t-elle, embarrassée et bredouillante cette fois. Mais non ! C'était pour la température ! Pour la faire baisser, je veux dire ! »

Asami ricana. Elle aurait presque continué sur cette histoire de faire monter ou descendre la température, mais il fallait surtout que Korra se calme. Elle posa sa main sur celle à la peau brune qui trainait au bord de son lit.

« Korra, je vais bien, vraiment. Arrête d'en faire tout un flan.

- Je voulais juste t'aider, marmonna-t-elle. »

Oh, c'était tellement pas juste qu'elle utilise cette bouille… Maintenant, elle devait rattraper ses petits instants de taquine cruauté.

« Eh bien… Tu peux m'aider avec quelque chose…

- C'est vrai ? Quoi ? »

Elle se demandait si Naga était un peu comme Korra ou si c'était Korra qui était comme Naga, parce qu'actuellement, elle avait plus l'impression d'avoir à faire à un chien qu'on emmène en promenade qu'à une humaine à qui on demande un service.

« Comment ça s'est passé cette visite ? Ils ont aimé le manoir au moins ?

- Oh ! Oui ! Mais je, euh…

- Oui ?

- Désolée, Mako m'a dit que je m'emballais trop, soupira-t-elle.

- Donc, ils n'ont pas aimé ?

- Bien sûr que si, ils ont adoré. Il est génial ce manoir !

- J'en suis contente. »

Elle laissa sa tête tombée en arrière, ses yeux se fermèrent et elle respira calmement. Juste ces mots semblaient pouvoir la combler. Korra se figea à cette vision. Son cœur s'emballa un peu, elle eut peur un instant. Une peur sûrement irrationnelle. C'était l'expression de son visage, ses joues un peu rougies, son air calme et détendu, et ses paroles aériennes qui paraissaient se détacher de la situation. Elle eut une vision momentanée d'une personne sur son lit de mort. Ça lui glaça le sang.

Elle souffla, essayant de contrôler cette irrationalité et de se calmer un peu. Elle n'allait pas se laisser avoir par une impulsion stupide de son esprit. Surtout quand ça n'avait aucun sens. Certes, le stress ambiant, le fait d'entendre constamment que beaucoup de malades mourraient et Asami elle-même étant un peu malade n'étaient sûrement pas étrangers à cette angoisse soudaine…

La jeune femme aux yeux verts sembla remarquer son malaise, puisqu'elle rouvrit les yeux et la regarda d'un air curieux. Korra se contenta de secouer un peu la tête avec un faible sourire et de serrer la main d'Asami dans la sienne.

Ne souhaitant pas encourager les dérives de ses émotions, elle se mit ensuite à lui expliquer ce qui s'était passé pendant la visite avec plus de détails. Elle lui parla des conclusions qu'ils en avaient tirés, les points négatifs et les points positifs. La femme d'affaires l'écouta attentivement, mais Korra ne fut soulagée que lorsqu'Asami se mit à débattre avec elle de ce qui serait le mieux pour l'avenir du manoir et Futures Industries.

« Honnêtement, je m'en doutais un peu… finit-elle par dire. S'ils vivent tous ensemble dans le manoir, ça veut dire qu'ils peuvent tous participer au loyer, mais s'ils décident de ne plus vivre ensemble et de mener des vies séparées, ce sera vraiment compliqué pour eux. Il faudrait qu'ils partent tous en même temps ou qu'ils s'organisent pour le loyer entre eux…

- Oui, je sais…

- Et si l'entreprise coule alors qu'ils ont payé des mois en avance, ça va être compliqué aussi.

- Je sais…

- Je n'ai pas envie que ce soit compliqué pour eux, Korra.

- Mais c'est l'opportunité rêvée pour eux, et c'est aussi justement ce dont on a besoin !

- Oui, mais il faudrait être sûr que ça marche… Si on a la commande de la Tribu de l'Eau du Sud, je serais prête à prendre le risque… Mais on ne sait toujours pas si ça va marcher… Et tu ne peux pas rappeler ton père sans te faire engueuler.

- Ça va, hein. Je l'ai pas appelé tant que ça. »

Asami ricana encore une fois. À peine.

Elle avait pitié pour le père de Korra, à vrai dire. Elle n'aurait vraiment pas aimé être à sa place actuellement. Non pas que sa place à elle soit bien mieux.

« À vrai dire… puisque tu y tiens tant que ça, j'y ai pensé un peu et je me disais que ce serait mieux qu'ils investissent dans l'entreprise.

- Mais c'est un logement qu'ils veulent…

- Je sais. Ce que je propose c'est qu'ils investissent dans l'entreprise et qu'ils m'aident à la promouvoir, en échange… ils peuvent loger gratuitement au manoir tant qu'ils le souhaitent.

- Quoi ? Mais vraiment ? Je croyais que tu ne voulais pas le vendre ?

- Je ne le vends pas, je l'utilise comme monnaie d'investissement. Si un jour je veux le récupérer, je les compenserai en leur rendant les capitaux qu'ils ont investis, avec les intérêts bien sûr. Si l'entreprise se porte bien à ce moment-là, ils auront largement de quoi trouver un logement chacun.

- Wow, ce serait trop cool ! Je suis sûre qu'ils adoreraient ça ! Mais t'es sûre ?

- Je suis bien ici… Je ne vais pas aller vivre seule au manoir… Et puis, j'ai une bonne coloc. »

Korra sourit d'un de ses sourires absolument sincères et éblouissants, ce qui réchauffa le cœur de la jeune héritière. Elle ne put s'empêcher de lui rendre un sourire, bien qu'il fût plus discret.

« Mais on retombe sur le même problème… Même si la situation leur sera probablement très alléchante, il faut qu'on soit sûrs que le plan marche… À moins que je m'engage à compenser leur investissement mais…

- Tu ne peux pas prendre le risque ?

- Je ne sais pas… C'est la dernière chose que je peux faire Korra. Et si ça ne fonctionne pas, je ne serai pas juste ruinée, je serai aussi endettée pour plusieurs dizaines d'années. »

Korra ne dit rien. Elle aurait aimé pouvoir dire tant de choses comme « allez, fonce ! » avec un tas de bonnes raisons. Elle aurait aimé lui dire qu'elle l'aiderait encore, que ça allait marcher, qu'elle voulait bien en assumer l'entière responsabilité, qu'elle paierait ses dettes et qu'elles feraient ça ensemble.

Mais elle était juste sa colocataire. Elles partageaient un loyer et une partie de leur vie. Elles n'avaient pas un compte commun, aucun contrat ne les liait sur ce plan-là, elle n'était ni sa compagne, ni sa femme, elle n'avait pas le droit de promettre des choses pareilles et elle ne pouvait décidément pas engager ses parents là-dedans.

Combien elle aurait aimé être juste un peu plus âgée dans ce moment-là et être une sûreté économique pour Asami… Mais elle était juste une étudiante qui aidait une PDG ruinée.

Asami n'ajouta rien non plus. Elle n'avait rien à rajouter. Elle avait déjà assez pensé à la situation, il lui restait à prendre une décision, et cela personne ne pouvait le faire à sa place.

« On en reparle demain. Tu devrais te reposer », conseilla Korra.

Elle l'embrassa sur le front.

« Et fais-moi descendre cette fièvre ! On va avoir du mal à mener nos projets à bien si on est en quarantaine ici !

- Je vais faire de mon mieux, répondit la femme aux yeux verts avec un léger sourire. »

Korra se retira dans sa chambre. Elle voulut amener à manger à Asami à l'heure du repas, mais celle-ci dormait à poings fermés. Elle lui apporta une bouteille d'eau qu'elle déposa à côté de son lit, lui mit une note concernant les restes qu'il y avait au frigo sur la table de la cuisine au cas où elle aurait faim pendant la nuit, et alla se coucher.

Elle espérait qu'il y aurait quelques bonnes nouvelles le lendemain ! Elle devait impérativement parler à Mako et à Bolin de la proposition d'Asami aussi, en laissant de côté le fait que la jeune femme d'affaires prévoyait peut-être de leur rendre leur investissement quitte à s'endetter. Après tout, elle ne pourrait parler de ça que si Asami était sûre d'elle. En attendant, elle se contenterait de proposer un investissement.

Et peut-être que cela leur permettrait de développer des liens avec la République de la Terre et d'exporter les produits médicaux là-bas par la suite… Si des citoyens importants de la République de la Terre ou que le gouvernement lui-même investissaient aussi, ce serait bénéfique. Même si elle doutait que la famille de Mako et Bolin ait le genre de relations qu'elle avait dans la Tribu de l'Eau du sud. Et même avec ça, elle en était encore à espérer que son père arrive enfin au bout de ses négociations…

Enfin, elle verrait demain. Il fallait laisser les problèmes dormir la nuit. C'était le seul moment où on pouvait être un peu en paix. Son vœu le plus cher restait qu'Asami aille mieux le lendemain… Elle ne voulait vraiment pas qu'elle soit malade alors qu'elle était déjà tellement usée par toute cette situation… Peu importe ce qui arrivait, il fallait qu'elle soit en bonne santé et tout irait bien. Ruinée ou pas, elle continuerait à vivre tant qu'elle serait en bonne santé. Et Korra voulait s'assurer qu'elle était heureuse. Elle en était sûre : elle voulait la protéger et continuer à l'aider aussi longtemps que possible.

C'est sur cette pensée qu'elle s'endormit enfin.


A/N : Alors, ça vous a plu ? Laissez-moi une petite review pour me dire que vous en avez pensé !

Pour les petites informations, parce que j'aime blablater : je ne connais strictement rien à l'économie. Et je ferais bien des recherches, mais ça me soule magnifiquement. C'est l'un des seuls trucs que j'ai vraiment renoncé à apprendre un jour par pur… plaisir de ne pas l'apprendre -) Très honnêtement, je doute qu'une histoire comme Confinées ait besoin d'être vraiment exacte à ce niveau. (Vous pardonnerez mon incompétence en la matière… Oui, c'est probablement inutile et suicidaire d'investir dans une entreprise qui coule, mais on va faire genre que non.)

Ensuite, j'ai vraiment pas fini là où je voulais finir à la base xD Figurez-vous que le petit moment Korrassami à la fin n'était absolument pas prévu. Puis, j'ai eu une idée et je me suis rappelée qu'en effet, c'était un Korrasami, donc je me suis dit que c'était pas plus mal xD Erf, erf, erf, elles sont tellement occupées nos bichettes que j'oublie de leur donner des scénettes rien qu'à elles.

Voilà, merci d'avoir lu ! Je poste le prochaine chapitre… Quand je peux :D Dans pas trop longtemps, j'imagine.

À plus !

Lion