A/N : Bonjour, bonjour !

Voici un autre chapitre. Bon, euh, c'est pas le dernier. Là, on part sur 20 chapitres. Je ferai comme si vous ne vous y attendiez pas. Mais c'est qu'en partant j'ai eu de nouvelles idées moi !

Sinon, j'ai remarqué un truc au chapitre précédent : ce foutu site fait sauter mes points-virgules ! Donc, non, la phrase super longue n'a pas un problème de ponctuation, pas originellement en tout cas.

Sur ce, bonne lecture ! Chapitre un peu plus… inquiétant. Héhéhéhé…


Mystérieusement, après que Korra eut insisté sur ce voyage au pôle sud, Asami fut exigée sur place. Toujours aussi mystérieusement, Varrick et Tonraq la demandaient. Une histoire de renforcer les liens de confiance entre les nations et faire un état des lieux. Quand elle était rentrée avec cette information, elle avait juste jeté un regard désabusé à sa petite-amie qui était aux fourneaux. Pour toute réponse, Korra (qui avait assez vite compris de quoi il s'agissait) lui adressa un sourire carnassier. Mais elle vint quand même l'embrasser et la serrer dans ses bras comme pour la remercier.

En vrai, elle avait le choix… Mais bon, au point où elle en était… Elle imaginait que Tonraq et Varrick avaient sûrement prévu des choses afin que cette visite ne soit pas perdue, politiquement et économiquement parlant. Elle n'avait plus qu'à espérer que ça ne tourne pas au fiasco.

Et c'est ainsi qu'après quelques jours d'organisation infernaux, les deux femmes embarquèrent sur le dirigeable en direction de la Tribu de l'Eau du sud. Korra n'était pas plus rassurée que la première fois, mais elle était contente qu'Asami vienne avec elle et très enthousiaste à l'idée de retourner chez elle, donc ça effaçait un peu sa nervosité. À peine eurent-elles atterri qu'elle traina la jeune femme d'affaires hors du poste de pilotage pour sortir de l'engin.

« Korra ! se plaignit Asami. Je dois finir les vérifications et il faut s'occuper du dirigeable une fois au sol !

- Tu as un équipage pour ça ! Toi, t'es en vacances !

- Je ne suis pas en vacances. »

La femme aux yeux bleus l'ignora et continua à la tirer par la main. Elle ouvrit la porte du dirigeable et commença à descendre les escaliers mais Asami retira sa main. Alors, Korra se retourna, l'interrogeant du regard.

« Hum… C'est juste… Il risque d'avoir du monde et je crois qu'on devrait pas trop s'exposer pour le moment.

- Asami, c'est le pôle sud…

- L'aéroport est un lieu international.

- Oui mais…

- Korra. »

La jeune femme du sud dévisagea la femme d'affaires, puis elle soupira. Que pouvait-elle faire devant son visage inquiet ? C'était vrai, les aéroports étaient un peu plus remplis, et contrairement à Ba Sing Se, elles n'étaient pas dans une enceinte privée.

« Je t'attends en bas.

- Oui, oui, je vais l'accompagner ! surgit une voix. »

Les deux jeunes femmes se retournèrent vers la source de la voix. Un ours ornithorynque avait passé son bras autour de l'épaule d'Asami et la tête d'un Varrick souriant sortait de sa bouche.

« Varrick ? s'étonna Asami. Qu'est-ce que tu fais ici ? Et depuis quand tu es dans ce dirigeable exactement ?

- Mais depuis le début, très chère ! C'est que j'avais besoin d'un rapatriement de dernière minute, mon avion est tombé en panne, donc je me suis dit que j'allais inspecter les lieux et que ma meilleure associée ne m'en voudrait pas. Joli coucou.

- J'ose espérer que tu as tes papiers en règles parce que…

- Oh, mais oui, ne t'inquiète pas ! J'ai tout, juste là ! »

Et ainsi, des papiers sortirent du derrière de l'animal. Charmant. Asami avait envie de se taper la tête contre le mur. Est-ce quelqu'un pouvait lui rappeler pourquoi elle avait un tel phénomène en tant que partenaire commercial ?

« Je pense que tu seras parfaitement en sécurité avec moi, Asami chérie ! On pourra descendre de ce dirigeable ensemble et si quelqu'un nous voit, nos liens commerciaux n'en paraitront que renforcés ! Tu peux me la confier, Korra ! »

Cette dernière se contenta de lui adresser un signe de la main, de dos, et descendit du dirigeable. Asami soupira une nouvelle fois.

« Par pitié, va te changer… Je vais m'occuper du dirigeable en attendant… »

Elle repartit au poste de contrôle, fit les dernières vérifications avec son copilote et l'équipage, puis elle les laissa gérer. Quand elle revint vers la sortie, Varrick était redevenu un homme d'affaires respectable. En apparence, du moins. Il la prit par les épaules pour descendre. Elle se demanda un instant si la presse ne pourrait pas leur inventer une liaison… Heureusement, dans la zone d'atterrissage, les photos étaient interdites. Non pas que Varrick la lâcha vraiment après, sauf une fois qu'ils allèrent chercher leurs bagages.

Là-bas, Korra l'attendait déjà avec les leurs. Évidemment, Asami avait pris un sac séparé, mais Korra semblait vraiment s'en foutre royalement des apparences. La femme d'affaires aurait bien soupiré encore une fois, surtout devant le regard de défi de sa petite-amie, mais elle se contenta de ne pas relever. Elle récupéra son sac et Korra les informa que son père les attendait à l'extérieur de l'aéroport. C'est en sortant que les trois compères se firent remarquer. Heureusement, la présence de Varrick suggérait davantage qu'Asami était là pour affaires. Elle paraissait être l'intruse parmi ces deux personnalités du sud.

Il y eut quelques questions pour Varrick qui ne manqua pas d'exposer à quel point sa relation avec la PDG de Future Industries était pleine de confiance, elle qui avait même insisté pour qu'ils fassent le voyage ensemble ! Toujours selon lui, il était normal que la fille d'un représentant du sud voyage avec eux au vu des bonnes relations qu'il entretenait avec le gouvernement et de la générosité de la femme d'affaires.

Asami aurait pu lever les yeux au ciel devant tant de poudre aux yeux mais elle était bien contente que Varrick monopolise la parole et qu'on la laisse tranquille. On lui posa bien quelques questions sur les raisons de sa visite et elle parla de respect mutuel, de liens commerciaux et culturels entre les nations. Poudre aux yeux également, en une certaine mesure, même si elle était convaincue qu'elle allait visiter de nombreuses usines et rencontrer beaucoup de monde pendant ces deux semaines…

Korra quant à elle discutait et riait avec un autre journaliste… Sûrement une connaissance. Ce qui fit qu'on ne fit pas trop attention à elle, sauf quelques questions sur ce qu'elle pensait de la pandémie et de comment elle l'avait vécue, elle qui avait été malheureusement exilée de son propre pays à cause de cela. Elle répondit rapidement et ils n'insistèrent pas. Ils devaient avoir l'habitude de ce genre de réponses laconiques.

Puis, ils purent enfin avancer jusqu'à un parking souterrain où les attendait Tonraq, dans une voiture noire aux vitres teintées. Maintenant, Asami se sentait un peu nerveuse… Ça devait être la mise en scène, rien à voir avec le fait de rencontrer Tonraq en vrai. Bien entendu, elle ne montra rien de tout cela. Tout le petit monde entra simplement dans la voiture après avoir donné les bagages au chauffeur qui se trouvait là.

« Papa ! » s'écria Korra, une fois dans la voiture.

Elle se jeta au cou de son père qui lisait jusque-là ses emails sur son téléphone.

« Tu m'as tellement manqué.

- Haha, tu m'as manqué aussi, ma fille ! »

Il était encore plus impressionnant en vrai, avec sa forte carrure, ses grosses paluches et sa voix grave. Il sourit un peu à Asami en tant que bonjour, puisqu'il avait encore sa fille suspendue à son cou et ne pouvait faire que cela pour l'instant, puis sa mine se froissa de confusion quand il aperçut Varrick.

« Varrick ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- J'ai pris le même billet qu'elles ! Un truc de dingue !

- Je croyais que vous veniez en dirigeable ?

- Disons que Varrick s'est… invité à bord, expliqua la femme aux yeux bleus. »

Tonraq rit.

« Je vois. J'imagine qu'il s'invite donc aussi à bord de ma voiture.

- Bah, on va au même endroit, hein. »

Il haussa les épaules et regarda dehors, un coude sur la portière. Comme il en avait apparemment fini avec les discussions, Tonraq se tourna vers Asami. Il lui saisit la main, qu'il secoua vigoureusement. La jeune femme se dit qu'il aurait pu arracher le bras à quelqu'un de plus délicat qu'elle. Elle se contenta de sourire malgré cela.

« Je suis ravie de faire ta connaissance, Asami. J'espère que Korra ne te fait pas des misères pendant votre colocation. Je sais qu'elle est difficile à vivre.

- Hé ! rouspéta sa fille. »

La jeune femme d'affaires récupéra son bras et gloussa.

« Non, elle est adorable, répondit-elle avec tendresse. Elle m'a beaucoup aidée. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans son aide. Et je suis infiniment reconnaissante de tout ce que vous avez fait pour moi également.

- Tu ne devrais pas. Je l'ai fait pour le bien de notre pays aussi, Asami. Je pense réellement que Future Industries nous est d'une grande aide. Et j'espère qu'elle continuera à l'être.

- Je ferai tout mon possible pour. »

Pendant leur petite discussion, le chauffeur avait repris sa place et avait démarré la voiture. Le trajet se fit ainsi, entre discussions concernant les dernières nouvelles et la vie à Republic City. Puis, ils arrivèrent. Où ? En ville, apparemment. Mais ce n'était pas une grande ville. Il s'agissait davantage d'un petit village perdu au milieu d'une étendue de neige glaciale. En réalité, une grande ville ne se trouvait pas si loin (il fallait bien que Tonraq se rende à la capitale politique pour exercer son rôle de représentant) ils y avaient déposé Varrick qui avait dit pouvoir se débrouiller à partir de là.

Ainsi, Tonraq, Korra et Asami entrèrent dans une petite maisonnée (Asami eut le temps de pester intérieurement contre le froid entre le moment où elle sortit de la voiture et le moment où elle rejoignit l'habitation). Et Asami ne s'attendait pas à ça. Les politiques n'étaient pas censés habiter dans des superbes demeures, des résidences gouvernementales ou elle ne savait trop quoi ? Elle apprendrait plus tard que Tonraq avait renoncé à ce privilège car il ne souhaitait pas se battre avec les autres membres du conseil qui voulaient à tout prix s'installer dans ce type de demeure. (Il n'y avait qu'un seul grand palais issu des temps anciens et c'était un éternel débat pour savoir qui était le plus digne de rester le plus proche des lieux de pouvoir). En plus, il n'était qu'un honnête citoyen voulant servir son peuple : il s'estimait plus proche de celui-ci en restant dans sa maison et dans son village.

À l'intérieur de la maisonnée, Senna jouait avec Naga. À peine Korra eut-elle franchit le pas de la porte qu'une masse blanche lui sauta dessus et lui lécha allègrement le visage.

« Naga ! gronda-t-elle, en riant. Oh, Raava… Tu m'as manqué aussi, fille. »

Elle fit plein de papouilles et de caresses à sa chienne et Asami nota dans un coin de sa tête qu'elle ferait mieux de ne pas embrasser Korra avant qu'elle ne se lave le visage. Mais c'était mignon quand même.

En attendant, la jeune femme aux yeux verts se présenta respectueusement à Senna, alors que celle-ci regardait, attendrie, les retrouvailles de sa fille et de son animal de compagnie. Les deux femmes firent rapidement connaissance, puis Korra vint dire bonjour à sa mère avec une étreinte. Ensuite, tout le monde conversa un peu, Senna leur proposa de boire quelque chose, puis elle remarqua les bagages qui étaient encore dans les mains des deux jeunes femmes.

« Oh, où ai-je la tête. Je devrais vous débarrasser. Hum… En fait, Korra, je ne savais pas s'il fallait préparer une chambre séparée pour ton amie ou pas. »

Ah… Au moins, la question était abordée rapidement. Asami n'eut pas le temps de se sentir gênée sur Korra répondit :

« Nan, pas la peine. Pas vrai ? »

Elle se tourna vers Asami pour confirmation et celle-ci hocha la tête, bien qu'un peu mal à l'aise.

« Je suis désolée de m'inviter chez vous comme ça », répondit-elle quand même par politesse.

En fait, elle comptait aller à l'hôtel, mais Korra avait tellement insisté qu'elle avait cédé. Elle priait juste pour que ça ne s'ébruite pas trop, encore plus maintenant qu'elle savait qu'ils vivaient dans une maison normale. Elle n'avait même pas l'excuse d'être une invitée du gouvernement, ou quelque chose comme ça. Enfin si, mais on ne s'invite pas comme ça quand même !

« Ce n'est pas un problème, répondit Senna avec un grand sourire. Je suis vraiment ravie de faire plus ample connaissance avec la partenaire de vie de ma fille. Tu avais l'air très importante pour elle au téléphone.

- Elle l'est, confirma Korra, en lui prenant la main. »

Asami sourit discrètement. Tonraq suivait la scène un peu en retrait. Il était content pour sa fille, bien sûr (et pas vraiment surpris, vu l'insistance de Korra), mais il ne put s'empêcher d'exprimer son inquiétude.

« J'espère que vous savez ce que vous faites, les filles… »

Asami lui jeta un regard sérieux. Elle était consciente des enjeux, oui. Elle avait déjà alerté Korra plusieurs fois et tenait à la protéger. Et elle tenait aussi à se protéger elle-même, car les hommes peuvent être cruels. Elle avait déjà été marginalisée (et l'était toujours un peu, en une certaine mesure), elle ne tenait pas à repasser par là. Bien entendu, Korra ne comprit pas l'avertissement comme de l'inquiétude et partit au quart de tour. Elle croisa les bras et bouda.

« J'aime Asami. Je veux être avec elle et je me fous de ce que les gens pensent.

- Tu peux t'en foutre autant que tu veux, si les gens s'en prennent à toi à cause de ça, tu ne pourras rien y faire. Sans offense, Asami.

- Je comprends très bien. Que cela concerne Future Industries ou votre famille, je trouve également que c'est plus prudent qu'on ne soit pas associées publiquement. »

Tonraq hocha la tête, heureux qu'au moins une des deux ne soit pas une tête brulée et comprenne la situation. Korra renâcla, en tapant du pied. Elle annonça qu'elle allait mettre leurs bagages dans sa chambre puis s'enfuit, Naga à sa suite. Asami la suivit du regard et soupira.

« Je vais lui parler… » déclara-t-elle, avant de partir à la suite de sa petite-amie.

Tonraq et Senna restèrent dans la salle à manger, se demandant s'ils avaient causé une dispute de couple sans le vouloir. Ils informèrent Asami qu'ils n'allaient pas tarder à manger et elle fit signe qu'elle avait bien compris l'information. Elle essaya ensuite de deviner où se trouvait la chambre de Korra, mais elle ne rencontra que des portes fermées. Chouette. Korra avait dû fermer la porte derrière elle d'énervement. Alors qu'elle cherchait, elle apprit donc où se trouvaient la salle de bain, les sanitaires, et la chambre d'ami.

Quand elle trouva quelle était la porte de Korra, elle l'ouvrit tout en frappant pour signaler sa présence. Sa chambre n'était pas très grande, elle était peinte en bleu et en blanc et des motifs tribaux se trouvaient sur certains murs. Les meubles étaient d'un bois clair et des tas de petites choses trainaient dessus, des figurines, des trophées, des babioles… Naga s'était installée sur le lit pendant que sa maitresse rangeait ses affaires dans ses armoires.

« J'aime bien ta chambre. Elle te ressemble beaucoup », dit Asami, dans l'espoir d'engager la conversation.

Korra ne répondit pas.

« Tu es en colère ?

- Non.

- Tu as l'air en colère.

- Je suis juste !... »

Elle lâcha un gros soupir et s'arrêta de ranger pendant un instant, se reposant sur ses avant-bras.

« Je comprends pas pourquoi mon père et toi en faites tout un flan ! À croire que vous ne me faites pas confiance ! Je ne laisserai rien arriver ! Je t'ai dit que je te protègerais…

- C'est pas le problème, Korra… On veut te protéger aussi. Je veux te protéger aussi. Je sais que tu as dit que ça avait moins d'importance dans le sud, mais les scandales… ça peut avoir des conséquences qu'on ne peut pas forcément imaginer. Ton père et moi sommes des personnalités publiques, on ne peut pas se permettre d'attirer les foudres des mauvaises personnes. Moi encore moins…

- Je ne vois pas en quoi c'est un scandale. Raava, on s'aime, c'est tout. »

Asami sourit tristement. Elle s'assit sur le lit de Korra et caressa vaguement Naga, qui lui lécha la main pour faire connaissance.

« Je pensais comme toi avant… J'aimerais bien que ce soit aussi simple que ça. Ça te gêne tant que ça de ne pas faire la une des journaux ? » plaisanta la femme d'affaires.

Korra leva les yeux au ciel, puis reprit son rangement.

« J'aimerais juste pas avoir à me poser de questions sur ce qui est convenable ou pas. C'est juste… Il n'y a même pas de quoi faire la une des journaux, normalement !

- Malheureusement, tu sors avec quelqu'un de tristement célèbre… Je t'avais dit que…

- Oui, je sais, tu m'as prévenue quand on a commencé à sortir ensemble. Et j'ai accepté. Et je comprends. C'est juste… jusqu'à quand ? Combien de temps ça va durer ?

- Je ne sais pas… »

Elle se releva et passa ses bras autour de la taille de Korra, posant sa tête sur son dos.

« Pas pour toujours, Korra. Je te le promets. Quelques années, tout au plus.

- Je… »

Elle se retourna et mit ses mains sur les joues de l'autre femme.

« Je ne suis pas patiente.

- J'avais remarqué.

- Et je déteste qu'on m'impose des trucs qui me paraissent inutiles.

- Mmmm…

- Je veux un avenir avec toi, donc un jour, je ferai comme je voudrai. Compris ? »

Asami la regarda un peu étrangement. Elle ne savait pas si elle devait dire « oui », ce qui laisserait entendre qu'elle donnait son accord, ou si elle devait essayer d'argumenter ou de savoir ce qu'elle entendait par là.

« C'est quand « un jour » ?

- Hum, je ne sais pas… Le temps de finir mes études.

- C'est vraiment un très court laps de temps ça…

- Je m'en fiche. »

Elle se pencha pour l'embrasser mais Asami posa un doigt sur ses lèvres, la tenant à distance.

« Hein, hein. Il est hors de question que tu m'embrasses alors que ton chien t'a léché tout le visage.

- Jalouse ?

- … Clairement : non. »

Elle ordonna à Korra d'aller se laver, tout en étant parfaitement consciente que la conversation n'était pas vraiment terminée. Elle n'était pas très sûre que Korra et elle arriveraient à se mettre d'accord sur ce sujet. Elle savait que Korra était forte. Peut-être qu'elle se ficherait éperdument des on-dits. Peut-être que ça ne causerait même pas trop de problèmes que ça, peut-être que l'actualité était trop prise par la pandémie pour s'occuper d'affaires comme ça, mais peut-être aussi que c'était justement la pandémie qui allait les mettre sur le devant de la scène. Elle ne pouvait pas prévoir ce qui allait se dire de leur relation et c'était bien le problème. Si encore elle était sûre, elle aurait pu trouver un plan, mais elle n'avait aucune certitude. Il faudrait qu'elle en reparle avec Korra. Demain, peut-être…

En attendant, les deux jeunes femmes se joignirent à Senna et Tonraq pour le dîner. Plus personne ne parla de la petite altercation qu'il y avait eu en début de soirée et Asami fit davantage connaissance avec les parents de Korra. La soirée fut somme toute agréable, bien qu'interrompue alors qu'ils étaient en train de ranger.

« Je vois que j'arrive trop tard pour le dessert, dit un homme fin qui venait de s'inviter dans la maison en ayant à peine frappé.

- Mon frère, salua Tonraq. Que me vaut l'honneur de ta visite ?

- J'étais de passage.

- Je croyais que les frontières de la Tribu de l'Eau du nord étaient fermées ?

- Elles le sont, mais j'avais des affaires urgentes à régler ici. Je me suis dit que j'allais venir saluer mon frère. J'ai entendu dire que ma nièce était rentrée. »

Ses yeux se posèrent sur Korra, il remarqua au passage Asami qui était à côté d'elle, non sans un certain intérêt.

« Oncle Unalaq, salua Korra, peut-être avec un peu moins d'indifférence que son père.

- Korra, Korra, Korra. Tu as bien grandi, dis-moi. Tes études se passent bien ?

- Très bien.

- Mais je manque à tous mes devoirs. Unalaq, enchanté, se présenta-t-il à Asami avec un baisemain. Madame Sato, j'ai beaucoup entendu parler de vous. »

Ça ne présageait rien de bon… Elle préférait quand on avait jamais entendu parlé d'elle… Chose qui ne lui était arrivée à peu près qu'avec Korra…

« J'aimerais pouvoir dire la même chose… Mais je suis ravie de faire votre connaissance.

- J'imagine que vous ne vous intéressez pas trop à la politique internationale. Je suis le chef de la Tribu de l'Eau du nord. Je ne savais pas que tu faisais hôtel dorénavant, mon frère.

- Asami est une invitée. C'est la moindre des choses au vu de ce qu'elle fait pour notre pays.

- C'est ce que j'ai entendu dire… »

Il ne semblait pas particulièrement ravi en disant ces mots.

« Tu comptes dormir ici ? demanda Tonraq, un peu lassé de cette conversation inutile.

- J'ai pris un hôtel. Où voudrais-tu que je dorme ? J'imagine que Madame Sato occupe déjà votre chambre d'ami.

- Certes.

- Mais je veux bien un café. »

Ainsi, le café fut servi. Dans un silence relativement pesant. Puis, Unalaq initia une conversation sans contenu à laquelle Senna participa. Tonraq se contenta de toiser son frère, qui jetait de temps à autre des regards à Korra et Asami. Korra finit par se lasser de cette mascarade et s'excusa, embarquant Asami avec elle par la main.

« Korra ! chuchota-t-elle une fois qu'elles se furent éloignées. Ce n'est pas très convenable.

- Peu importe. C'est comme ça à chaque fois qu'Unalaq passe. Je comprends même pas pourquoi il s'embête. »

Elles entrèrent dans la chambre, où Naga dormait au pied du lit.

« L'atmosphère était un peu… spéciale.

- Ouais… Mon père ne s'entend pas du tout avec son frère. Moi non plus d'ailleurs. Il a une petite tendance à… installer un climat néfaste dans la famille. Je ne sais pas trop pourquoi.

- C'est… étrange… Je doute qu'il le fasse pour le plaisir. »

Korra haussa les épaules.

« Qu'est-ce que tu veux faire demain ? demanda-t-elle, changeant le sujet.

- Je ne sais pas encore… Il faut que je vois avec ton père et Varrick. Mais quoi qu'ils aient prévu, ça attendra l'après-midi, parce que je suis claquée.

- Tu veux qu'on aille se coucher ?

- Nan, ton oncle est encore dans la maison. Et je suis censée dormir dans la chambre d'ami.

- Mais on s'en fiche de ça.

- J'ai de bonnes raisons de croire que ton père n'a pas parlé de notre relation à dessein…

- Oh, arrête, il est de la famille. Ça lui apporterait rien du tout de dévoiler notre relation.

- Peut-être…

- Ça t'inquiète vraiment tant que ça ? Que les gens sachent.

- Je ne suis pas sûre que tu réalises à quel point c'est lourd de porter une réputation merdique.

- Il suffit de pas y faire attention…

- C'est ce que je me disais aussi. Avant les perquisitions, les enquêtes, les gens qui te regardent comme une bête furieuse, les murmures, les évitements, les excuses… Ça a détruit ma vie, Korra. Tu te mets à croire ce qu'ils disent, tu sais… À en devenir fou… »

Korra vint l'entourer de ses bras. Elle la laissa la bercer et elles se retrouvèrent allongées sur le lit, Asami avec sa tête au creux du cou de Korra et leurs membres entremêlés.

« Mais tu n'as rien fait de mal, dit Korra. Tu es innocente et ils sont cruels.

- Peut-être… Mais tu es innocente aussi.

- Alors, tout va bien !

- Korra… râla Asami. »

Elle releva la tête afin de souligner son mécontentement.

« Oh, allez, c'est quoi le pire des scénarios ? Quelqu'un nous surprend en train de nous embrasser, oh mon dieu, c'est horrible ! On fait une déclaration de presse et on continue notre vie en ne faisant pas attention à eux. On sera là pour se soutenir si le moral tombe un peu…

- C'est pas ça le pire des scénarios.

- C'est quoi alors ?

- Le pire des scénarios, c'est celui où ton père et moi finissons en prison, ta famille est brisée, Future Industries coule et on se sépare.

- On ne se séparera pas. Et je vois même pas comment ce serait possible !

- Tu pourrais être étonnée du pouvoir d'une bonne polémique.

- Donc, on est d'accord que t'es pas en train d'essayer de me faire comprendre que t'as fait un truc pas net sans m'en parler, là, hein ?

- Quoi ? Mais non, bien sûr que non ! Pour qui tu me prends ? »

Elle détestait qu'on doute de son intégrité. Depuis son père, ça la rendait tout bonnement folle de rage. Et même si Korra ne pensait pas à mal, elle lui en voulait quand même un peu de suggérer des choses pareilles. Bon, elle voulait bien admettre qu'elle avait ouvert la porte à ce genre de questions, mais comment osait-elle ?

Korra ne sembla pas repérer les quelques milliers de couteaux dans les yeux d'Asami qui étaient prêts à lui ôter la vie et elle la regarda seulement avec tendresse.

« Je t'aime tellement… »

Elle embrassa ensuite une Asami toute confuse. Comment en étaient-elles arrivées là déjà ? Était-ce pour endormir sa vigilance ?

« Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle, suspicieuse.

- Je t'embrasse ?... Hé, j'ai plus de bave de Naga. »

Encore heureux, pensa Asami. Puis, Korra l'embrassa dans le cou et la jeune femme aux yeux verts s'éloigna un peu.

« J'ai un doute… Est-ce que tu essaies de te venger là ?

- Nope. Mais après l'idée n'est pas mauvaise. Ça te tente peut-être ?

- Il en est hors de question. »

Même si elle avait bien l'impression que Korra plaisantait, la voir avancer vers elle tout sourire ne la rassurait pas le moins du monde. Et donc, elle recula.

« Korra… grommela-t-elle en tant qu'avertissement.

- Oui ?

- C'est pas le moment de plaisanter.

- Qui a dit que je plaisantais ?

- Moi ! »

Korra explosa de rire et se jeta sur elle. Comme Asami avait atteint le bord du lit, le poids de Korra sur elle suffit à la faire tomber au sol en un cri. Puis, le cri fut remplacé par le rire alors que Korra s'amusait à la chatouiller. Elle essaya de ne pas faire trop de bruit, vu les éminents personnages qu'il n'y avait pas si loin d'elles, puis au bout de quelques secondes et encore plus de rires de la part des deux jeunes femmes, le silence retomba. Elles se souriaient mutuellement, dans une espèce de joie du moment, un peu fougueuse, un peu heureuse, mais simple.

« Je t'aime tellement, répéta Korra, avec sincérité.

- Je t'aime aussi. »

Cette fois, ce fut Asami qui alla chercher les lèvres de sa bien-aimée, l'attirant à elle en mettant ses bras derrière son cou. Elle n'avait pas prévu de la lâcher, mais une chose humide vint lui laper la joue.

« Ugh… Naga ! »

Korra rit de bon cœur.

« Je pense qu'elle t'aime aussi. »

La chienne blanche, qui avait été réveillée par le raffut des deux femmes, vint leur démontrer son amour en leur faisant des papouilles incessantes et les deux femmes continuèrent à rire.

Puis, une grosse voix appela Korra, en disant que son oncle allait partir. Les rires se turent et les deux femmes revinrent dans l'espace principal de la maison, où Unalaq semblait prêt à aller en direction de la chambre de sa nièce pour donner ses salutations. C'était sûrement Tonraq et son appel qui l'avait arrêté.

Korra le salua respectueusement avec quelques banalités. Asami fit de même, mais elle s'excusa pour être partie si rapidement. Il la regarda d'un regard de faucon, mais impassible. Il disait pouvoir espérer la revoir un jour et elle se contenta de sourire poliment pour toute réponse. Elle espérait ne jamais avoir à le revoir… Elle le trouvait incroyablement froid et calculateur et ça la rendait mal à l'aise. Et pourtant, elle savait que Varrick pouvait être très manipulateur, mais ça ne lui faisait pas cet effet-là. Non, rien à faire, elle ne le sentait pas.

Et enfin, il partit. Tonraq ne fit pas de reproches à Korra qui était partie, il serait bien parti lui-même s'il avait pu. Il souligna cependant qu'ils avaient été interpelés par leur raffut. Korra rit et Asami fut un peu gênée. Les quatre adultes discutèrent encore un peu, puis les parents dirent qu'ils allaient se coucher, donc les deux jeunes femmes se retirèrent dans la chambre de Korra. Elles se préparèrent pour aller se coucher tandis que Naga s'était remise à ronfler au pied du lit.

Asami n'avait pas l'habitude de dormir avec un animal dans sa chambre mais pour Korra, elle pouvait bien faire une exception. Puis, Naga semblait être gentille. Tant qu'elle ne se mettait pas à sauter sur le lit en pleine nuit, ça devrait aller.

Korra vint l'entourer de ses bras, Asami profita de la chaleur qu'il y avait dans son dos et joua un peu avec la main de sa bien-aimée. Elles ne dirent pas grand-chose. La journée avait été longue, quelques questions sur leur relation et leur comportement restaient à résoudre, mais il était tard et elles étaient fatiguées. Enfin, Asami était très fatiguée. Alors, ses yeux finirent par se fermer tout seuls et elle s'endormit. La femme aux yeux bleus l'embrassa une dernière fois sur la joue et décida de dormir également. Elle espérait qu'Asami aurait un peu de temps libre le lendemain. Il y avait tellement de choses qu'elle voulait faire avec elle !


A/N : Review ?

Alors, oui, vous vous dîtes : mais comment va-t-elle finir au chapitre prochain ? Réponse : elle ne finira pas au chapitre prochain x) Je comptais finir ça pour Noël, mais, euh, bon… J'ai même pas réussi à caser ma scène sympa ! (Prochain chapitre. Ouuuu celui d'après.)

Alors, comment vous la sentez l'intervention d'Unalaq ? Il était pas prévu au calendrier, lui. Je vous laisse deviner à quoi il va servir, héhé. (Même si relativement simple.)

Je poste le prochain chapitre dès que je l'aurai fini. Si je ne vous revois pas : passez de bonnes fêtes !

À plus !

Lion