VENDREDI 13 OCTOBRE

« Alors tu es prête ? » Demanda Maria en passant la tête par l'ouverture de la porte entrouverte sans même frapper. Je soupirais alors que ma sœur entrait sans gène dans ma chambre, ignorant une fois de plus le besoin d'intimité que je lui avais déjà exprimé. Selon elle, son statut d'aînée et de tutrice justifiait de passer outre mes demandes.

« Presque » je lui répondis néanmoins en allant vers mon bureau. Ma chambre n'était qu'une petite pièce exiguë où se trouvait un lit, un meuble de rangement contenant toutes mes affaires personnelles, et un bureau. J'ignorais son regard alors que je regroupais les différents loisirs qui me seraient utiles pour mon voyage : carnet de dessin et trousse de matériel. Je les empilais dans mon sac.

« Tu as la chance de partir à Washington tout un week-end, et toi, tu prends de quoi dessiner » grimaça Maria en regardant mon sac d'affaire entre mes mains. « Tu es bizarre » elle ajouta, mais je ne relevais pas, j'avais déjà de la chance que Maria m'adresse la parole aujourd'hui.

« C'est bon, on peut y aller » Je mis mon sac sur une épaule, attrapait l'horrible veste jaune sur le dossier de ma chaise de bureau et tendait la main en direction de mon lit. Un bourdonnement familier résonna dans ma tête et mon téléphone et mes écouteurs sur le lit flottèrent jusque dans ma main. Je me figeai un instant devant le geste familier et inconscient, Maria avait horreur que je me serve de mon pouvoir devant elle.

« Ce n'est pas trop tôt, je vais finir par être en retard » grogna Maria, les dents serrées, sans relever. Elle claqua la porte de l'appartement derrière nous.

Ma relation avec Maria était loin d'être simple. Ma grande sœur n'avait jamais pu accepter ma capacité à contrôler les choses avec mon esprit. Mais je savais qu'au fond, elle avait peur de moi. L'ascenseur en panne, nous descendîmes les 15 étages dans la cage d'escalier, où une odeur pestilentielle flottait. Une fois dehors, j'inspirai un grand coup, savourant l'air frais d'octobre. Le ciel était gris et lumineux en ce début d'après-midi. Nous nous installâmes dans la voiture et quand Maria mit le contact, un petit air de musique flotta dans l'air.

« Merci encore de me déposer » je lui dis en essayant de détendre l'atmosphère soudain étouffante. Mais la bonne humeur de Maria semblait s'être envolée, alors elle augmenta le son de la radio et ne me répondit pas.

J'étais un peu mitigée encore quant à cette sortie scolaire. Je faisais partie du Décathlon Académique et les nationales se dérouleraient le lendemain matin à Washington D.C. Mais c'était bien la première fois que je quittais la ville depuis des années, et j'étais anxieuse de savoir comment tout cela allait se dérouler. Aussi, j'étais impatiente de participer à la compétition. Il était très valorisant auprès des universités de participer à ce genre d'activités de groupe.

À peine m'eut-elle déposée devant le lycée que Maria était repartie. Sans un mot ni un regard. Je soupirais d'impuissance. Maria me détestait. Elle m'avait amenée au point de départ du voyage en avance avant d'aller au travail, me laissant un peu de temps pour organiser une nouvelle playlist de voyage. Le trajet durerait presque 5 heures.

« Salut » La première personne à arriver fut MJ, un livre à la main. Je la saluais en retour et lui adressait un bref sourire poli avant de retourner sur mon appareil. MJ et moi étions à la même école depuis la primaire, et bien que nous n'ayons jamais réellement discuté, nous nous retrouvions régulièrement côte à côte pour partager des silences confortables.

Je n'étais pas le genre de personne à avoir des amis. Des connaissances tout au plus. Mais en sachant qu'à chaque affrontement avec ma sœur, les meubles de notre appartement tremblaient, je ne pouvais que me montrer prudente autour des autres.

Petit à petit, la plupart de mes camarades arrivèrent. Liz Toomes, Ned Leers, Abraham Brown, Charles Murphy, Cindy Moon, Sally Avril, Flash… L'équipe fut au complet à l'arrivée de , le professeur encadrant le décathlon et la sortie. Tout le monde portait cet horrible veston jaune arborant l'emblème de Midtown High. Mes sourcils se haussèrent à l'arrivée de Peter Parker, dernier arrivé, qui avait pourtant laissé tomber l'équipe quelques jours plus tôt. Mais pour autant, je gardais mes écouteurs et me contenter d'observer l'échange antre lui, Flash, Liz et . Un plaisir sombre me fit sourire quand Flash retirait son veston pour le lancer à Peter. Je ne pouvais pas supporter Flash.

Tout le monde monta dans le bus alors que vérifiait les autorisations de chacun. Comme à mon habitude, je me mettais un peu en retrait, mais fut assez étonnée quand MJ s'installa à côté de moi sans un mot, toujours avec son livre. Je savais qu'elle était parfois étrange et avait des difficultés évidentes à nouer des liens sociaux. Mais comme je le disais, cela avait toujours été tacite entre nous.

« In spite of eveything, I am comparatively » je cite en voyant la couverture d'Invitation au supplice. Michelle relève brusquement la tête, les sourcils froncés, apparemment étonnée que je connaisse ce livre.

À mi-chemin, peu après Philadelphie, je fus soulagée de faire une pause. Courte, certes, mais agréable. Le trajet à côté de MJ m'a permis de relativiser sur le voyage scolaire. Après tout, deux jours et demi ce n'était pas grand-chose. Je n'avais qu'à faire comme d'habitude : me montrer prudente. Et puis la seule chose qui pourrait m'inquiéter serait de partager ma chambre avec quelqu'un, et ce n'était pas le cas.

« Je propose de nous entraîner un peu » dit Liz, la capitaine de l'équipe en se levant. Personne ne refusa. Tout le monde sorti sa sonnette d'entraînement et je me frappais mentalement la tête en constatant que je l'avais oubliée. Tant pis, je ne m'entraînerais pas. MJ, elle, continua sa lecture sans même s'en soucier.

J'écoutais donc distraitement les questions posées et les différentes réponses. Physique, chimie, astronomie, cinéma… Mon esprit s'embrouillait facilement devant ces domaines que je ne maîtrisais pas. J'apportais surtout ma pierre à l'édifice grâce aux questions de langue et un peu de culture générale.

« De combien de lettres se compose l'alphabet arabe ? » Questionna Liz. J'étais presque certaine qu'elle avait posé cette question pour me faire participer un peu, étant donné que les questions de langues m'étaient réservées, tout comme celles de littérature étaient à MJ, ou encore les sciences à Peter.

Ding.

« 28 » répondit Flash. Et bien que ce ne sois pas totalement inexact, j'appréciais silencieusement de pouvoir reprendre cet idiot.

« 29 » le corrigeais-je sans tourner la tête vers mes camarades.

« C'est exact Alex. As-tu oublié ta sonnette ? » Me demanda Liz. Je la regardais, un peu agacée par sa gentillesse constante.

« Tu peux venir à côté de moi, je partagerais » me dit Flash en haussant les sourcils de façon suggestive. Ce mec avait le don de me dégoûter. Outre ses remarques sexistes et clairement intéressées, il dégageait une aura de fils à papa avec ses vêtements de marque, sa grosse voiture, ses commentaires déplacés, il était le genre de personne à considérer les autres inférieurs tant que leur porte-monnaie était plus léger que le sien.

« Non merci, je passe mon tour » je dis en reportant mon attention sur le paysage, une musique de Ludovico Einaudi dans les oreilles.

Nous arrivâmes à l'hôtel en fin d'après-midi, les bannières du décathlon partout où notre regard se posait. J'avalai difficilement en regardant le monde tout autour de moi. Nous nous dirigions ensuite à la zone d'enregistrement où se trouvaient tous les préparatifs, suivant Liz qui participait à sa troisième année. J'envisageais presque que tout ceci était une mauvaise idée.

« C'est immense » dit quelqu'un du groupe.

« J'ai vu plus grand » renchérit Flash. Je levais les yeux au ciel à son commentaire et suivais le mouvement. L'hôtel était construit sur un modèle de logements universitaire, formant un grand cercle où se tenait en son centre un espace commun, les chambres se trouvaient toutes autour de cet espace, de façon à ce que les couloirs n'aient de portes que d'un côté et que de l'autre, il y ait une rambarde et une vue sur le décathlon.

Toute la classe se trouvait au même étage, mais j'étais la seule à avoir une chambre pour moi seule. Un grand lit double, une salle bain, un petit bureau, et le double de l'espace de vie de ma chambre à New York. En y pensant, j'envoyais un message à Maria pour l'informer de notre arrivée. Un nœud s'était formé dans mon ventre quand je sortais mes affaires du sac, je ne pouvais m'empêcher de me faire de mauvais scénarios. Et si je me servais de ma télékinésie par accident comme de matin ? Et s'ils se rendaient compte que j'étais différente ?

Non, il n'y avait pas de raison, je m'étais toujours montré prudente à l'école. On frappa à la porte.

« Tiens Alex, salut. » Me salua Charles. Charles était un gentil garçon, assez timide, et très porté sur l'astronomie et la physique. Je surpris son geste nerveux quand il remonta ses lunettes sur son nez. « Avec nous allons sortir manger pizza, si tu veux venir. »

« C'est gentil Charles, mais j'ai déjà quelque chose pour manger ce soir, peut-être un autre fois ? » Je refermais la porte quand il haussa la voix.

« Attends, attends. » Il jeta un coup d'œil de chaque côté du couloir, d'un air conspirateur. « À 22 heures, nous avons tous prévu d'aller plonger une tête dans la piscine. » Je ne pus cacher mon étonnement, Charles ne semblait pas être du genre à se faufiler en douce dans la piscine d'un hôtel.

Je haussais les épaules « Je n'ai pas pris de maillot de bain. » Charles rougit et avant que je ne le rassure en lui disant que je n'allais pas venir en sous-vêtements, il partit frapper à la chambre voisine.

Je sortis mon sandwich du sac et m'installais sur le bureau pour manger. Je passais ma soirée à dessiner sur mon carnet et à écouter de la musique.


Donc voici le premier chapitre de ma fiction basée sur une relation entre Peter et mon OC Alex.

Je vais beaucoup suivre l'histoire du film bien que j'adapte les dialogues ou les scènes pour que cela soit plus cohérent et pas trop lourd avec le texte (du moins, je l'espère).

Je n'emploies jamais le mot "Lycée" car le système scolaire américain est trop différent du notre.

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