Chapitre final : Destin.

Les Monts Géminés étaient des montagnes jumelles, emblématiques de la région de Necluda. La légende disait qu'un majestueux dragon, Rordrac, esprit protecteur de Firone, s'était autrefois frayé un chemin à travers une seule et unique montagne en la fendant en deux. Derrière ce mystérieux endroit se trouvait la Muraille d'Elimith, un grand mur parfaitement bien défendu par une armée de vaillants soldats que les Gardiens ne parvenaient toujours pas à surmonter. Ce qui permettait à une grande partie du sud-est du royaume d'être épargné du massacre que ces machines commettaient sur leur passage. Avec la forteresse d'Akkala, la Muraille d'Elimith était l'un des derniers postes de défense à continuer de résister aux sbires de Ganon. L'objectif était donc là : atteindre cette muraille, passer par les hauteurs de Narisha et arriver au village de Cocorico en toute sécurité. Il s'agissait du plan le plus sûr pour Link, Zelda, ainsi qu'Edward qui les accompagnait toujours.

Les trois survivants fuyaient à pas de course un énième trio de Gardiens qui les poursuivaient depuis leur entrée sur la plaine du Cernoir. La muraille était visible au loin, ils allaient atteindre leur but, il ne restait qu'un dernier kilomètre à parcourir. Il devait être trois heures du matin, et la pluie battante ne s'était toujours pas achevée. Leur corps comportait quelques blessures, égratignures, et salissures dues à leur précipitation qui les avait parfois faits trébucher. Durant leur trajet, ils durent guider plusieurs personnes perdues sur leur chemin afin de mettre à l'abri le plus de monde possible. Mais plus aucune route n'était totalement sécurisée, jamais ils n'étaient sûrs que tous ces habitants du royaume allaient survivre. Link acheva un dernier bokoblin avant d'apercevoir les trois machines menaçantes se rapprocher dangereusement de leur position. À ce moment précis, le héros comprit qu'il devrait les combattre car leur vitesse était bien plus élevée que la leur et la plaine dans laquelle ils se trouvaient ne comportait aucune cachette ou recoin dans lequel les élus et le poète pourraient semer leurs ennemis. Seuls des corps de soldats et de monstres croupissaient sur le sol, de tous les côtés. Dans leur course, Link se stoppa avec brutalité, ce qui fit s'arrêter ses deux compagnons. Le chevalier s'adressa à Edward en lui expliquant ce qu'il devait faire.

- Rends-toi à Cocorico ! lui ordonna le prodige. Ne reste pas là !

Cette directive troubla le Sheikah qui ne se permettrait pas d'abandonner les élus tel un lâche. La muraille venait de détruire le dernier Gardien qui avait tenté de l'assiéger, plus aucun ennemi n'était en vue jusqu'à là-bas. La voie était libre pour quelques instants. Edward savait qu'en fuyant, il se sauverait la vie car de l'autre côté de ce mur, il ne craignait plus rien, mais laisser Link et Zelda ainsi, c'était de la folie. Il était en effet préférable pour la princesse de rester avec le héros plutôt que de fuir avec lui, mais cela n'était guère sans risque. Le poète refusait de s'enfuir ainsi.

- Héros Link, je m'en voudrais de vous abandonner face à des ennemis si nombreux, lui dit-il. J'ai compté des dizaines de personnes sous l'emprise du Fléau nous pourchasser !

L'Armée des Fidèles s'était rassemblée en un seul et même groupe de deux centaines de personnes, tous à la poursuite des élus qu'elle s'apprêtait à retrouver d'une minute à l'autre. Cette dernière ne s'était pas encore manifestée, mais il était clair que le héros et la princesse ne pourraient pas semer autant de corrompus en même temps, d'autant plus que la Muraille d'Elimith ne tiendrait guère le coup. Il fallait tout d'abord éliminer ces Gardiens qui n'étaient plus qu'à deux cent mètres d'eux, la suite s'avérerait très compliquée, mais il faudrait faire face à l'adversité. Link devrait combattre.

- Dans ce cas, continua ce dernier, va te mettre hors de danger et informe Dame Impa que nous avons besoin de renfort immédiat !

Edward le dévisagea avec peine. Pour lui, il était impossible que ses compagnons tiennent jusqu'à l'arrivée d'une troupe de Sheikahs, mais sa mission était bien claire bien que le poète croyait de moins en moins à leur victoire. Face aux mots du blond, il ne put que lui obéir, il s'agissait de la dernière chose qu'il pouvait faire pour potentiellement l'aider.

- Vite ! Cours et ne te retourne pas ! lui intima le chevalier.

Le jeune homme quitta alors le reste de son groupe et se dirigea vers la Muraille d'Elimith sans même avoir le temps de les saluer, en laissant Zelda à contrecœur avec Link. Les trois Gardiens furent de plus en plus proches, ils s'apprêtaient à viser les deux amants de leur laser rouge dans quelques mètres. Ces trois machines faisaient preuve d'une vitesse remarquable due à leurs cinq pattes articulées qui leur permettaient une capacité de traque redoutable. Le héros prépara sa lame qui brillait encore face à la malice qui animait ces bêtes mécaniques. Mais en regardant plus en arrière, dans la faille même des Monts Géminés, Zelda aperçut une foule de corrompus marcher lentement vers eux. Une fine brume de corruption s'en dégageait, ce qui, de loin, créait une masse rougeâtre qui progressait peu à peu, telle une tempête de sable dans un désert.

- L'Armée des Fidèles se rapproche ! prévint-elle. Tu ne pourras pas combattre autant de personnes, Link.

- Je n'ai plus le choix, répondit l'Hylien. Si nous nous dirigeons davantage vers la muraille, c'est Necluda tout entier que nous condamnons avec le reste d'Hyrule.

Soudain, un trait blanc et lumineux se rua vers lui et embrasa l'herbe à ses pieds. La princesse émit un cri d'effroi lorsqu'elle crut que ce rayon atteindrait Link qui avait subitement reculé de peur. Leurs ennemis venaient de les rattraper, et un combat acharné, à trois contre un, était imminent. À l'aide de son bouclier et de son épée, il parviendrait à détruire ces machines, il n'y avait pas d'autres options. Link fixa chaque Gardien d'un regard de colère noire. Ces choses avaient été conçues par le peuple Sheikah, fidèle de la famille royale, et voilà qu'il devait affronter ceux qui étaient censés être des alliés plus qu'utiles au vu de leur nombre dans la bataille contre Ganon. Tout cela s'était retourné contre eux…

- Pas une seule de ces choses ne vous fera du mal, Princesse Zelda, lui promit-il.

- Je t'en prie, sois prudent !

Avec courage, Link s'élança vers les trois Gardiens. Il pria la prêtresse d'aller se cacher derrière un petit mur qui venait de tomber en ruines, afin de ne pas attirer l'attention d'une des trois machines qui se focaliseraient uniquement sur le héros. Ce combat serait sans doute l'un des plus coriaces qu'il aurait eu à mener durant sa vie. S'il souhaitait revenir victorieux, il n'y avait qu'une seule technique à utiliser : il devait déstabiliser son adversaire en lui sectionnant ses pattes de métal griffues avant d'attaquer son cœur antique même, disponible par-dessous le Gardien. Le tout, en prenant grand soin de ne pas se faire toucher par les rayons de ses deux semblables.

En prenant pour cible le Gardien le plus proche, Link bondit sur l'une de ses pattes et d'un coup vertical de sa lame étincelante, il l'arracha du corps mécanique de la machine, ce qui créa quelques étincelles au niveau de la partie détruite. Le héros profita de ces quelques secondes de faiblesse pour se dissimuler derrière lui et éviter les offensives des deux autres. Sans attendre, il coupa une seconde patte proche de lui, puis une troisième. Désormais dans l'incapacité de se déplacer convenablement, le Gardien tentait du mieux qu'il le pouvait de se mouvoir afin de viser Link. Celui-ci voulut s'occuper du quatrième membre lorsqu'une seconde machine le repéra et ne prit que quelques instants pour charger son feu destructeur. Des bruits brefs et significatifs aidèrent le héros à comprendre que le rayon du Gardien allait être tiré, d'une roulade au sol sur le côté, il parvint à l'esquiver. En se relevant, il surveilla si Zelda, toujours cachée, n'était pas confrontée à un danger qu'il n'aurait pas vu arriver. Par chance, elle semblait aller bien, Link reprit alors son combat en usant du temps de recharge du rayon pour terminer de détruire les dernières pattes du premier Gardien.

Le troisième et dernier ennemi qui, jusque-là, n'avait encore pas manifesté de manière distincte sa présence, décida de prendre la relève et il s'approcha de Link, encore concentré sur le premier adversaire qu'il avait à battre. Ce dernier s'apprêtait à charger son rayon, à son tour, car étant dépourvu de pattes, ce n'était plus que la seule chose qu'il pouvait encore faire. Mais au moment où le héros plaça son bouclier d'Hylia pour renvoyer et achever la première bête de fer, le troisième Gardien le blessa à l'aide d'une de ses griffes au bras gauche, celui qui tenait son bouclier. Le blond dut se reprendre de vitesse pour réajuster sa défense malgré la douleur et détruire le Gardien affaibli qui le visait. Par chance, il réussit à renvoyer son rayon qui avait failli avoir raison de lui. La première machine fut projetée en arrière et s'étala au sol, dans l'incapacité de fonctionner.

Cependant, l'Hylien n'eut aucun répit après cette première victoire. Les deux autres machines attaquèrent en même temps. Lorsque le chevalier se concentra sur la patte du Gardien de sa gauche qu'il détruisit en quelques coups d'épée, sans attendre, il fut attaqué par le second qui lui lacéra le dos de plusieurs coups de griffes déchirant sa tunique et le blessant jusqu'au sang. Link gémit de douleur avant de tomber à genoux, en mauvaise posture. Les deux machines commencèrent à le viser presque simultanément. Link ne pourrait guère renvoyer deux rayons à la fois, s'il ne trouvait pas d'autres alternatives, il ne s'en sortirait pas. L'élu se recula avec difficulté afin de garder ses deux adversaires en vue. Il serra les dents en voyant les secondes défiler et les bruits des machines s'accélérer, signe qu'elles allaient bientôt passer à l'action. Il perdait également en endurance en raison de l'énergie qui lui avait ôté ses récentes blessures. Ahanant, il présenta néanmoins son bouclier d'Hylia au premier Gardien en avant qui lui tira dessus subitement. Le rayon lumineux ricocha sur le fer et dévia de direction perpendiculairement, abîmant au passage le bouclier du héros.

Mais lorsque l'attaque de l'autre bête mécanique fut chargée, l'autre machine passa devant son rayon, la touchant elle au lieu du héros qui l'avait utilisée comme bouclier géant. Le Gardien en question, affaibli par son binôme, bascula sur le côté et le dessous de la machine fut accessible pour Link qui s'empressa de planter son épée en son sein, afin de détruire le cœur antique qui était la pièce maîtresse de ce robot sheikah. Mais le simple fait de bouger son bras blessé ainsi que son dos le faisait atrocement souffrir. Ses plaies étaient sans doute assez profondes et devaient être soignées dans l'immédiat, ce qui n'était guère possible. La seconde machine, elle, explosa et fut rongée par les flammes. Une fumée dérangea la vision du dernier ennemi encore en vie et cela laissa enfin quelques secondes pour le héros, essoufflé. Il était parvenu à bout de deux de ses ennemis, mais le dernier comportait encore quatre pattes grâce auxquelles il pouvait encore se déplacer ; au vu de son état, la tâche n'allait pas être facile. Soudain, deux mains vinrent se poser brutalement sur ses épaules, Link se retourna et aperçut Zelda à ses côtés qui le défendait de continuer son combat si rude.

- Assez ! dit-elle avec inquiétude. Arrête-toi ! N'y retourne pas, tu es au bout de tes forces !

Son amant se retenait de tomber par la simple force de son épée plantée dans le sol humide qui lui servait de point d'appui. Il alla chercher au plus profond de lui pour se relever. En criant, il s'appuya de toutes ses forces sur la lame purificatrice et tint de nouveau debout, mais il avait failli perdre l'équilibre en arrière. Zelda, à ses côtés, fut effrayée par son excès de détermination qui pouvait être très dangereux. Il ne semblait pas l'avoir écoutée et repartit au combat avec une vivacité et une vitesse bien moins efficaces.

- Link ! s'écria la princesse qui le vit repartir en direction du Gardien retrouvant sa proie.

Avant que la machine ne puisse recharger son feu de destruction, Link lui retira une seconde patte afin la déstabiliser. Il lui en sectionna une troisième, puis une quatrième avec bien plus de difficultés à porter les coups. Lorsqu'il voulut attaquer son dernier membre, le héros fut pris par surprise par un acharnement de rayons plus petits et moins puissants mais qui, à la suite, s'avéraient très dangereux. Il les bloqua tous, un par un, sans prendre le soin de les renvoyer à leur créateur, il souhaitait juste les contrer pour se protéger. Avec imprudence, Zelda rejoignit le prodige après cela, ce dernier voyait ses forces diminuer de plus en plus et se demandait s'il pourrait parvenir à renvoyer un dernier rayon qui, retourné sur son propriétaire, pourrait être fatal à la machine sheikah. Link repoussa les mains de la princesse qui l'incitait à stopper cette folie.

- Sois raisonnable, tu vas te tuer ! l'alarma-t-elle. Ne te sacrifie pas pour rien, nous devons fuir !

Le chargement du laser du Gardien corrompu débuta, ce qui fit relever les yeux de Link qui devait se préparer à le renvoyer parfaitement pour mettre fin à ce combat douloureux. Le héros avait du mal à respirer, le sang coulait le long de son bras ainsi que dans le bas de son dos. De la main qui tenait son épée, l'élu se retenait de tomber en prenant de nouveau appui sur son arme. De son autre main, il replaça son bouclier d'Hylia bien avant, paré à riposter à l'ultime attaque de son puissant adversaire désormais condamné à ne plus pouvoir se mouvoir.

- Je t'en prie, Link ! s'affola Zelda, les larmes aux yeux.

Au moment venu, le héros ferma les yeux afin de garder une concentration précieuse et ne pas se laisser submerger par ses douleurs physiques.

- Non ! hurla la princesse lorsqu'elle vit le rayon se ruer en ligne droite sur Link.

La lumière s'arrêta, comme prévu, au bouclier qui le repoussa en un instant jusqu'au Gardien. L'éclat du rayon aveugla Link comme Zelda et un bruit sourd retentit lorsque la bête mécanique fut aussitôt projetée sur le côté par une force inconnue ; son rayon, renvoyé, ne put ainsi l'atteindre et s'en alla vers le ciel. Le Gardien explosa un peu plus loin, mais cet événement restait tout bonnement incompréhensible. La princesse en resta bouche bée tandis que son ami regardait dans le vide, en s'obstinant à rester debout sur ses deux jambes, pour ne pas apeurer Zelda.

L'orage avait cessé, tout comme la pluie. Un silence mortel envahit ensuite l'endroit, et dans la fumée, deux silhouettes se relevèrent à eux. Celles de Maëlle et Daniel, le couple corrompu. D'une démarche lente, il arrivait à la rencontre des élus des déesses, sans précipitation. Le cœur de la princesse rata un battement lorsqu'elle jeta un œil derrière la femme et son mari. Une armée de corrompus entière attendait que l'on leur ordonne d'attaquer. Durant le combat avec les Gardiens, la plaine du Cernoir avait accueilli plus de deux cents victimes sous l'emprise du Fléau, dirigées par les parents de leur ancien chef. Link reconnut sans hésitation le couple qui lui avait autrefois demandé son aide, en tant que capitaine de la garde, et auquel le héros avait annoncé le triste sort de leur fils. Leur visage aussi était animé de la rancœur profonde de Ganon, cette vision le terrifia lorsqu'il se souvint que ce couple de parents désespérés n'aurait fait de mal à personne, auparavant… La douleur le gagna à nouveau et le blond ne put réagir. Il resta dans la même position, un genou par terre, dans une posture de soumission qui plaisait fort bien à Maëlle. Cette dernière s'avança jusqu'à lui et l'attrapa par la mâchoire en le poussant à ancrer son regard dans le sien. Zelda, impuissante face à eux, fut paniquée par ce que ces corrompus pourraient faire subir à son amant.

- C'est lui, déclara Maëlle en dévisageant hautainement le héros. L'assassin de notre fils.

- Lâchez-le ! ordonna la princesse qui fut ignorée.

La châtaine émit un ricanement étouffé sans même mouvoir ses lèvres. Sa simple présence rendait l'atmosphère malsaine. Elle se retourna vers son fiancé sans lâcher Link qu'elle tenait à l'aide d'une seule main. Ses doigts brûlants se plantaient dans la peau des joues de l'Hylien, épuisé, qui se laissait faire.

- Il mérite le même sort qu'il a infligé à notre pauvre garçon, tu ne crois pas ? s'interrogea la femme en s'adressant à Daniel.

- Ne lui faites pas de mal ! s'écria à nouveau Zelda, qui sentit quelques larmes s'écouler de ses yeux.

La prêtresse accourut vers le blond mais fut de suite repoussée violemment par Maëlle qui la gifla. La jeune femme porta une main sur son visage, à l'endroit où l'on venait de la frapper, puis fondit en larmes lorsqu'elle comprit qu'elle ne pouvait pas sauver son ami qui lui, l'avait fait plus d'une fois. En attendant, Daniel faisait mine de réfléchir un instant ; puis, il se tourna vers l'Armée des Fidèles qui patientait derrière eux, en silence. L'opportunité de venger leur fils s'était présentée, l'heure était enfin venue de mettre un terme à tout espoir pour ce royaume déchu d'avance.

- Non, je crois qu'il mérite pire, répondit le corrompu à la femme.

Maëlle approuva les dires de Daniel. Elle retira sa main des joues de Link qui gémissait de douleur. La femme esquissa un large sourire en apercevant le sang qui avait coulé jusqu'aux mains du chevalier. Puis, elle fit volte-face et retourna auprès du père de Brad. Les yeux levés vers le ciel nocturne, elle les ferma aussitôt en prenant une grande inspiration, profitant de ce moment de supériorité sur son principal ennemi. La princesse put ainsi se diriger vers le blond, de plus en plus mal en point. Elle lui fit tourner la tête vers elle, mais il n'avait même plus la force de tenir un contact visuel avec elle…

- Faible Héros, prononça ensuite la corrompue avec une fausse tristesse. Tu vas mourir.

Au moment où elle rouvrit ses yeux, dévoilant des iris rouges comme à son habitude, l'Armée des Fidèles entière, qui recouvrait la plaine jusqu'au Monts Géminés, se rua en direction de Link. Tous foncèrent, au ras du sol jusqu'à lui. Cela forma une masse gigantesque de malice qui, peu à peu, dévorait l'étendue d'herbe et les ruines pour arriver en un seul et même point. Un rugissement bestial retentit dans leurs oreilles. Cette foule de centaines de personnes, tous l'esprit aveuglé, avait concentré une force maléfique si puissante et dense que la haine du Fléau prit la forme d'une bête sanguinaire fonçant droit sur l'Hylien. Cette forme monstrueuse arrivée à une dizaine de mètres du héros, Zelda, par instinct et par amour, s'élança devant le chevalier en élevant son bras droit.

- NON ! avait-elle crié.

Quelque chose naquit tout à coup en elle. Et sur le dos de sa main droite, un triangle d'or apparut. En l'espace de trois secondes, une boule d'énergie brillante se forma près de sa paume et une immense onde de choc lumineuse balaya toute la plaine, et décimant toute la malice d'un seul coup. Au contact de cette puissance nouvelle qu'avait libérée la prêtresse royale, tous les corrompus furent tués sur le coup. L'Armée toute entière fut écrasée par ce pouvoir. Maëlle et Daniel, en première ligne, avaient été les premiers à mourir.

Le pouvoir du sceau. Un grand dôme de lumière divine qui avait recouvert la plaine du Cernoir. Et ce, de par la main de Zelda elle-même. Elle venait de repousser une force de frappe si élevée que la princesse était passée dans un état second. Un état éveillé par lequel elle avait la capacité de manifester sa nouvelle arme contre la Calamité, sauvant ainsi Link de la mort. Car oui, cette puissance était celle qui parviendrait à sceller Ganon. Elle était la clé de leur victoire.

Zelda, venait d'éveiller son pouvoir.

Lorsque le danger fut terminé d'être éradiqué, elle abaissa son bras et fixa longuement sa main, subjuguée par ce qu'il venait de se produire. Devant elle, des centaines de corps inertes s'étalaient un peu partout entre les carcasses de Gardiens et les ruines de bâtiments. Pas une seule goutte de sang n'avait cependant été versée, mais tous ces gens étaient bel et bien morts. La blonde s'excusa auprès des déesses d'avoir commis un tel massacre avec autant de victimes, elle fut dans un premier temps effrayée de ce que ce pouvoir était capable de faire. Mais quand elle perçut le bruit d'un corps s'écrouler derrière elle, Zelda n'y prêta plus aucune importance.

- Link !

Le héros venait de tomber en arrière sur le dos, la princesse se dirigea en vitesse vers lui en s'agenouillant à ses côtés. Elle passa une main derrière sa nuque afin de retenir sa tête qu'il ne parvenait plus à tenir lui-même. Le blond ne sentait plus ses membres, son souffle s'affaiblissant chaque seconde, il papillonna des yeux puis mit un temps avant de pouvoir regarder l'Hylienne intensément. Ses cris et son état la rendaient plus qu'accablée, elle craignait qu'il succombe de ses blessures.

- Pitié, Link, reste avec moi… supplia Zelda en laissant tomber ses larmes sur la tunique du prodige.

Elle voyait sur son visage qu'il résistait et faisait tout pour ne pas quitter ce monde. Il bougeait à peine le bout de ses doigts, mais refusait de faillir, même dans une situation aussi critique, à son devoir. Il se devait de se relever, pour elle. Rien que pour elle. Mais c'était impossible. Aussi fort que l'élu des déesses le voulût, il sentait qu'il ne réussirait pas à surmonter la douleur. Son rythme cardiaque se ralentissait de plus en plus, et son corps lui procurait une sensation étrange l'empêchant de sentir certaines parties de son corps plus atteintes que les autres.

- Je vais te soigner sans tarder, tu dois tenir bon, tu entends ?

- Princ… formula Link avant d'être repris d'une douleur violente dans le dos.

Le chevalier lui prit une main avec le reste des forces qu'il lui restait, Zelda la serra fort, comme pour le retenir de partir. Pour le retenir de l'abandonner ici, et qu'elle ne se retrouve seule. Link reprit ensuite, il fit un grand effort pour mouvoir ses lèvres et appeler son amie, avec une détresse dans la voix qu'il n'avait encore jamais exprimée jusqu'alors.

- Zelda… souffla le héros.

- Oui… Oui, c'est moi… pleura-t-elle.

Elle posa son front contre le sien en sanglotant. Il pouvait toujours sentir son parfum… ce qui lui donna un triste sourire que la princesse lui rendit. Malgré ses souffrances, son amante arrivait à l'apaiser dans un moment si critique. Aucun des deux ne désirait quitter l'autre. Zelda fit tendrement glisser les doigts de Link le long de sa propre pommette froide, et sa main qui reposait sur ceux-ci suivit le mouvement. Le blond avait les yeux entrouverts et fut soudainement pris d'un sanglot à son tour en sentant la douce peau du visage de sa bien-aimée. Non… il s'interdisait de mourir, il n'imaginait dans quel état il la mettrait s'il la laissait là, à pleurer sur son corps en sang, inconscient. Il souhaitait juste sentir sa présence auprès de lui, sa présence qu'il appréciait tant depuis que leur relation avait pris un tournant amoureux. S'il devait y avoir une personne près de lui avant que son cœur ne cesse de battre, Link voulait que ce soit elle malgré tout. N'ayant plus la force de se redresser pour la prendre une dernière dans ses bras, il dut se résigner à cette idée et rester allongé par terre.

- Je… Je suis désolé… ahana le héros mourant.

- Ne dis pas ça… ce n'est pas fini… je te le jure…

Le héros sentit soudainement qu'une toux lui tortura la gorge. Le sang qui tachait leurs mains ne les réconfortait pas dans l'idée que Link puisse s'en sortir. Le souffle de celui-ci vint caresser les cheveux blonds de la prêtresse qui s'était nichée dans son cou, en suppliant les déesses à travers ses larmes de ne pas le laisser mourir ainsi. Lorsqu'elle releva la tête, leurs lèvres se frôlèrent, puis Link fixa les iris verts de celle dont il s'était épris et descendit son regard avant de fermer les paupières en douceur. Cette action si minime affola Zelda.

- Link, ça va aller, regarde-moi !

Son exclamation ne lui procura aucune réaction, le blond semblait s'endormir de plus en plus profondément.

- Link… Ne me laisse pas, je t'en conjure… répéta Zelda.

Plus les secondes passaient, et plus elle le voyait s'en aller, quitter ce monde. Pourtant, Link n'était pas plus loin que dans les bras de la princesse, mais quelque chose en lui disparaissait. Elle repensa à toutes les personnes qu'elle avait déjà perdues, cette mort serait celle qu'elle ne pourrait jamais supporter. Les événements ne pouvaient pas être aussi tragiques, c'était insensé. Qu'avait-elle fait pour mériter de vivre la mort de son père, de sa mère, et à présent, du héros ? Zelda fut prise à nouveau de forts pleurs qu'elle manifesta de par sa mâchoire tremblante et ses sanglots qui venaient compresser sa poitrine. Dans le désespoir le plus total, elle posa brutalement son front contre la poitrine de Link et laissa échapper toutes les larmes qu'elle contenait encore en elle depuis le début de ces terribles heures.

- Ne meurs pas…

Elle fut d'autant plus dévastée lorsqu'elle ne perçut la fréquence extrêmement faible des battements cardiaques du héros. La vie quittait peu à peu son corps, et elle n'avait plus le moyen de faire quoi que ce soit. Celui qu'elle aimait profondément, l'ultime être qui savait la faire sourire et la rendre heureuse ; cette dernière personne l'abandonnait… à son tour.

- Je t'aime, Link… pleura l'Hylienne, sa voix étouffée car elle parlait dans l'habit bleu sali du chevalier.

Le silence créé par l'absence de pluie et la distance qui l'éloignait assez du château d'Hyrule était effrayant tant elle savait que plus personne ne saurait le briser. Zelda se voyait terminer sa vie dans une solitude profonde et sans fin qui ne ferait que la détruire davantage. Mais par miracle, un son très particulier fit son apparition alors que la princesse n'attendait plus rien qui sauverait Link. Un son provenant de l'épée de légende, posée dans l'herbe, à côté de lui et de son bouclier d'Hylia. Zelda se redressa et leva les yeux vers cette arme dont la lame se mettait étrangement à briller, à la manière d'une flamme vacillante. Au moment où la prêtresse fixa l'épée, sans comprendre la moindre chose à son comportement plus que déroutant, une voix qui provenait de l'objet parla en elle, dans son esprit.

- Qu'est-ce que… se dit-elle, sur un ton faible.

- Votre Altesse ! s'exclama un homme qui guidait un groupe de quatre Sheikahs dans sa direction.

Elle ne prêta aucune attention aux nouveaux arrivants de la Muraille d'Elimith qui venaient pour la secourir. Zelda restait obnubilée par cette aura qui émanait de la lame purificatrice. Pour tous les autres, il ne s'agissait en réalité que de simples bruits aigus, mais la blonde les entendait comme une langue divine, des mots venant des dieux, ou d'un de leur messager… Puis, tout à coup, un élément qu'elle avait oublié depuis plusieurs jours venait de lui revenir en tête. Ses yeux s'écarquillèrent en se souvenant de cet endroit mystérieux qu'elle, Impa, et Link avaient découvert en suivant le chemin que Gabriel leur avait montré. Les recherches sur l'utilité de ce lieu et sa technologie avancée avaient progressé, et Zelda eut un dernier espoir grâce à cela, sans pour autant être certaine que son plan fonctionnerait. Mais il fallait tenter le tout pour le tout.

- J'ai une mission de la plus haute importance à vous confier, déclara-t-elle aux Sheikahs qui attendaient que la princesse leur parle.

Les cinq hommes armés furent surpris par la réaction de la jeune femme qui avait repris soudainement un sérieux et un air directif alors qu'il en était tout autrement jusque-là. Zelda posa le regard sur le corps de Link, en pensant que s'ils tardaient encore, il serait peut-être trop tard et la puissance de la technologie sheikah ne pourrait peut-être plus faire effet. Le héros venait tout juste de mourir ; ainsi, s'ils se hâtaient, il y avait encore peut-être une chance de faire couler la vie dans les veines après que ses blessures ne soient soignées.

- Vous devez emmener ce garçon au Sanctuaire de la Renaissance, au Plateau du Prélude, où vous userez de la technologie sheikah pour le guérir de ses blessures à l'aide de spécialistes dans ce domaine, ordonna la prêtresse.

- Votre Altesse, et vous ? intervint le premier Sheikah.

- Ne vous faites pas de soucis pour moi, hâtez-vous !

Ils ne se firent pas prier et s'exécutèrent comme si leur propre vie était en jeu. Zelda sécha ses pleurs, bien que toujours profondément affligée à l'intérieur d'elle, et récupéra le bouclier et l'épée de légende du héros. La suite de ce qu'elle devait faire était simple. Maintenant qu'elle était parvenue à éveiller le pouvoir de sceau, chose qu'elle tentait de faire depuis une décennie, la blonde se rendrait au village de Cocorico, expliquerait tout à Impa, puis se rendrait dans la forêt Korogu afin d'y déposer l'arme de l'élu, pour qu'elle soit en sécurité jusqu'à ce que Link se réveille et vienne la récupérer. Elle n'avait strictement aucune idée de la durée durant laquelle son amant devrait rester dans le sanctuaire qui le ressusciterait, mais l'Hylienne était sûre d'une chose : elle l'attendrait autant de temps qu'il le faudrait.

Puis, enfin, elle se dirigerait seule au château d'Hyrule, pour faire face à Ganon, le Fléau, qu'elle empêcherait de faire éclater sa rage sur le royaume.

Peu après avoir ouvert la porte de la demeure de la cheffe sheikah, Zelda fut accueillie par cette dernière, et la serra contre elle. Ce geste toucha la princesse qui savait qu'elles n'étaient pas toujours d'accord et que leurs idées avaient beaucoup différé, dans le passé, notamment sur la question de son implication dans le sauvetage de Lysia. Mais Impa avait été aussi celle qui avait eu la tâche de s'occuper de l'Hylienne lors de son enfance, juste après la disparition de la reine... Leur étreinte ne dura que quelques secondes, de courts instants pendant lesquels toute la population du village de Cocorico observait encore l'arrivée si soudaine de leur princesse, dans un mutisme impressionnant. L'aube se dévoilait déjà à l'horizon, dehors, mais rien n'était terminé pour autant. Néanmoins, la fin de cette nuit, longue et brutale, ainsi que de l'orage qui s'y était installé, calmaient un peu les esprits de chacun. La lumière revenait, le soleil brillait toujours. Le soleil… Cet astre si essentiel, Ganon ne leur avait au moins pas enlevé cela…

L'épée de légende se tenait dans la main droite de Zelda, et le bouclier d'Hylia dans sa main gauche. Ces faits inquiétaient la Sheikah sur le cas de Link, absent. Impa, d'une main réconfortante, examina soigneusement les égratignures qui jonchaient la joue de la jeune femme, l'air fermé. Par chance, la prêtresse royale semblait s'en être sortie avec de simples griffures et hématomes ici et là, et rien de plus grave. À première vue, la survivante allait bien, mais à l'intérieur d'elle, ses blessures morales, elles, n'étaient pas visibles mais s'avéraient profondes et irréversibles. Ce contact physique d'une personne qui lui était proche et chère la rassurait ; au moins, la Sheikah était toujours parmi eux… Zelda se sentait déjà un peu moins seule, sur le moment.

- Dame Impa… marmonna Zelda en croisant le regard de l'ancienne magistrate adjointe.

- Que s'est-il passé ? s'empressa-t-elle de savoir.

La blonde exhiba le dos de sa main droite, là où le symbole de la Triforce se dessinait et brillait d'une forte lueur sur la surface de sa peau. Impa fut subjuguée par cette vision, elle sut immédiatement ce que cela signifiait. Le pouvoir du sceau, celui qui avait la capacité de terrasser le mal, était enfin entre les mains de Zelda. La cheffe croyait que ce fait l'aurait réjouie, car il était signe de victoire, un dernier espoir dans ce monde ténébreux assiégé par la Calamité ! Mais son expérience avec ses nouveaux dons semblait l'en empêcher, car du point de vue de l'Hylienne, il en était tout autre.

- J'ai tué des centaines d'innocents… eut-elle honte de dire. Mon pouvoir s'est éveillé, mais…

Ses poings se serrèrent lorsque la vue de ce massacre sans nom qu'elle avait commis lui revint en mémoire. Puis, vint la vision du héros, inconscient dans ses bras. La princesse baissa la tête et sa voix trembla.

- Link n'a pas survécu… dit-elle avec affliction pour terminer sa phrase.

Certains Sheikahs dans la pièce qui écoutaient leur conversation en toute discrétion eurent un hoquet de surprise en entendant cette annonce plus que désastreuse. Impa garda son calme bien que le décès de l'élu de la lame purificatrice lui fît croire à la fin du monde. La fin du royaume d'Hyrule qui sombrerait dans le chaos pour toujours. Qui, hormis Link, pouvait faire face à Ganon ? Personne. Il était l'espoir d'Hyrule, celui qui pourrait sauver le peuple entier…

- Le Héros d'Hyrule est mort ? demanda en confirmation Impa qui ne pouvait croire à un tel supplice.

- Il est emmené en ce moment même au Sanctuaire de la Renaissance où, je l'espère, il y retrouvera la vie.

La cheffe joignit les mains, ferma les yeux et marmonna quelques paroles, comme pour prier la déesse d'épargner Link de la mort. En effet, si une personne parmi eux ne devait pas les quitter, il s'agissait bien de lui. Même la puissance des créatures divines et des Gardiens non corrompus n'aurait pu compenser en le remplaçant. Tout simplement car Ganon avait appris de ses erreurs passées. Dix mille ans auparavant, la technologie sheikah avait fait des miracles dès son éveil et il fut terrassé en très peu de temps. Voilà pourquoi le Fléau avait mis tant de temps à revenir, il avait acquis une force égale à celle du royaume et de ses machines de guerre pour pouvoir être à la hauteur. Ainsi, sans Link, le seul jeune homme à pouvoir rivaliser contre ce monstre en plus des prouesses des Sheikahs, - qui n'étaient que secondaires -, les choses seraient bien trop complexes.

- Dame Impa, je n'ai que très peu de temps. J'aimerais que vous lui transmettiez un message simple, expliqua Zelda. Malheureusement, je ne serai pas en mesure de l'accueillir lors de son réveil, de ce fait…

La Sheikah plissa les yeux. Que la princesse insinuait-elle en disant qu'elle ne « serait pas en mesure de l'accueillir » ? Pourquoi Impa le serait-elle plus qu'elle ? Il était clair que Zelda avait déjà son plan en tête et le cachait toujours à son interlocutrice. La cheffe n'eut guère le temps de s'interroger plus longtemps lorsque la blonde lui partagea son message.

- Dites-lui de libérer les quatre créatures divines du mal qui les ronge, et de me rejoindre au château d'Hyrule, ensuite.

Une certaine détermination se lisait sur l'expression faciale de la jeune femme. Une détermination naissante que, quelques heures en arrière, Zelda n'aurait jamais soupçonnée. La mention du château d'Hyrule fit frémir Impa qui venait de comprendre les intentions de la prêtresse, accompagnée de son pouvoir divin. Elle qui pensait qu'elle venait les rejoindre afin de se mettre à l'abri, c'était en réalité, tout le contraire. La blonde ne faisait que passer quelques instants, elle allait à l'essentiel avant de partir continuer ce qu'elle avait à faire pour Hyrule toute entière.

- Princesse, que comptez-vous faire ? appréhenda la petite sœur de Pru'ha.

- Faire ce qui est de mon devoir, répondit la princesse avec confiance.

Voyant que la Sheikah restait assez perplexe à l'écoute cette idée, Zelda ne tarda point à se justifier pour la convaincre de la laisser faire face à Ganon, en lui expliquant qu'elle n'allait pas se livrer à l'ennemi, mais qu'elle partait le contenir, le temps qu'il fallait. Impa n'avait que perçu une forte lumière blanche venant de l'extérieur lorsque Zelda avait utilisé le pouvoir du sceau, la cheffe n'avait pas encore été témoin de la puissance que recelait le sceau et s'inquiétait donc des dangers auxquels la princesse pourrait être confrontée sur son chemin. Loin d'être invincible et de se sentir ainsi, Zelda avait néanmoins acquis une confiance en elle plus prononcée qui ne ferait que lui venir en aide. La prêtresse se sentait forte et à la hauteur, sans pour autant tomber dans l'excès. Elle gardait une certaine humilité très importante qui était la preuve de sa grande sagesse.

- Je suis la descendante de la réincarnation de la déesse Hylia, je suis celle qui, aux côtés du héros, a pour rôle de sceller le Mal. J'accomplirai ma part, et j'attendrai que Link effectue la sienne pour mettre fin à ce cauchemar.

Ses propres paroles lui faisaient remonter les larmes aux yeux de nouveau, mais l'avenir du royaume était entre ses mains. Si Hyrule voulait revivre des jours heureux et de paix, c'était le seul moyen. En retenant enfermé Ganon dans les murs du château, il n'aurait plus la possibilité de faire du mal aux habitants des régions plus éloignées, c'était un plan provisoire en attendant que le héros ne soit de retour, mais il était primordial aux yeux de la prêtresse. Zelda fit un pas en arrière pour manifester son besoin de s'en aller accomplir son rôle, déjà.

- Ce n'est qu'un simple au revoir, Dame Impa. Rassurez-vous.

La Sheikah émit un triste soupir lorsque l'Hylienne mentionna le fait de repartir, pour une durée encore indéterminée. Zelda devait se résoudre à prendre la route. Cependant, Impa insista pour lui redonner des forces avant son dernier voyage à travers le royaume. La blonde avait passé une nuit blanche plus qu'éprouvante, le nier serait faire preuve de mauvaise foi. La cheffe de Cocorico ne voulait pas la laisser partir dans cet état et alla fouiller dans ses réserves s'il ne restait pas une potion revigorante qui viendrait remplacer un sommeil plus que nécessaire. De toute évidence, ce genre de substance était à double tranchant, ces potions donnaient une forte dose d'énergie mais les effets une fois dissipés, c'était le total contraire… Néanmoins, il s'agissait d'éléments qui pouvaient faire l'affaire une fois de temps en temps, lorsqu'une urgence se présentait.

Zelda se résolut à boire un de ces flacons, en premier lieu pour rassurer la Sheikah qui se faisait beaucoup de soucis pour la princesse, bien que celle-ci fût loin d'être faible. Elle sentait déjà son affaissement disparaître dans tout son corps. Peut-être n'avait-elle pas véritablement eu besoin de ce don d'énergie, mais il participa tout de même à l'augmentation de la motivation de la blonde à suivre ses intentions. Elle remercia chaleureusement Impa pour tout, et se dirigea vers l'entrée de sa maison.

- Soyez prudente… souffla la femme sans essayer de la retenir, comme elle savait qu'il n'y avait plus d'autres espoirs mis à part le sacrifice de la princesse.

Cette dernière déposa le bouclier d'Hylia contre un mur à proximité, et garda l'épée de légende entre les mains.

- Au revoir, Princesse…

La fille du roi lui répondit avec un fin sourire rassurant. Avant d'ouvrir la porte et de quitter la demeure pour prendre la direction de la forêt Korogu, Zelda se retourna une ultime fois vers son hôte et les plusieurs personnes silencieuses depuis le début de leur entrevue. La princesse dévisagea chacun d'eux, et en reconnut certains… D'une voix claire, audible et pénétrante, elle leur adressa quelques mots.

- Plus aucun innocent ne souffrira d'une nouvelle perte d'un proche, ou quoi que ce soit d'autre. Je ferai en sorte de vous protéger le temps qu'il faudra. Je vous en fais, à tous, la promesse.

Personne ne souhaitait croire aux adieux, mais qui pouvait réellement affirmer que ce n'en était pas ? Seul l'avenir le dirait. Zelda eut le cœur serré de devoir laisser les dernières personnes pour lesquelles elle avait une certaine affection. Ce moment était difficile mais elle s'obligeait à penser qu'il en valait la peine pour ne pas reculer et reperdre du temps. Ainsi, la blonde se mit en route, sereine, vers la grande forêt d'Hyrule, plus au nord. Là-bas, elle y déposerait la lame purificatrice qui avait perdu son maître. Et désormais, si un ennemi croisait son chemin, elle le repousserait d'un seul geste de la main.

- Vous m'avez l'air d'une jeune femme plus que perturbée, prêtresse royale d'Hyrule.

Cette voix rauque et résonnante dégageait une aura emplie d'une sagesse et d'une maturité qui lui envahirent l'esprit. Le sol semblait vibrer lorsqu'il parlait, ce qui ajoutait une certaine intensité et importance à chacune de ces interventions. Par endroits, de petits êtres discrets faits de feuilles et de bois se camouflaient, se cachaient derrière les arbres, en observant le nouvel individu arrivé sur leur territoire. De ce fait, Zelda se sentait épiée, mais étrangement, cela ne l'avait pas mise mal à l'aise. Les gens ici ne semblaient pas la juger, c'était plutôt une bonne chose. La forêt possédait une densité assez conséquente qui cachait le ciel, seuls les rayons matinaux du soleil traversaient un peu ces amas d'arbres feuillus.

Elle posa un premier pied sur le piédestal si emblématique de l'épée de légende qu'elle venait rapporter. En douceur, elle posa l'arme au sol, près de son socle, et cette dernière crissa dans un bruit métallique bref sur la pierre. Après cette action, l'Hylienne leva la tête en admirant l'immense tronc d'arbre qui s'élevait face à elle. À chaque fois qu'elle était venue en ces lieux, même petite, Zelda ne parvenait point à s'empêcher de penser à toutes les époques que cet arbre avait vues. Toute son expérience passée et sa longue et durable vie l'ébahissaient toujours autant. Après tout, il était déjà présent il y avait deçà dix mille ans. Autant dire que lorsqu'il parlait, tout le monde l'écoutait, aussi longtemps qu'il le fallait.

- Vénérable Arbre Mojo… l'appela Zelda.

En face d'elle, de nombreuses rides et plis se dessinèrent dans la vieille écorce d'un arbre millénaire qui bougeait ses branches. De magnifiques feuilles rosées tombèrent en douceur sur le sol fleuri du cœur de la forêt Korogu. L'ambiance paisible qu'installait cette présence si majestueuse donna des frissons à l'humaine qui venait perturber le sommeil de ce grand arbre, qui n'avait point l'habitude des visites princières depuis le jour de la venue du héros de la légende. Loin d'être ignorant de la situation urgente dans laquelle se trouvait le pays, l'Arbre Mojo restait étonné d'apercevoir la princesse et lame purificatrice à sa souche. Pourquoi possédait-elle une arme si importante, et où se trouvait donc l'élu qui se devait de la manier ?

- Est-ce l'épée de légende que j'aperçois ? la questionna le sage avec un léger brin d'étonnement dans la voix.

La princesse le lui confirma. Puis, elle lui expliqua les récents événements, comme elle l'avait fait avec Impa, quelques heures en avant. L'Arbre Mojo l'écouta avec attention, et il insista pour connaître les moindres détails.

- Pourriez-vous veiller sur elle une nouvelle fois ? lui demanda ensuite la prêtresse.

- C'est là mon rôle, Princesse Zelda, dit-il.

Elle lui offrit un tendre sourire.

- Je vous remercie, prononça-t-elle à mi-voix.

Le gardien de la forêt la pria de bien vouloir lui présenter l'épée de légende. Ne sachant pas ce qu'il comptait faire, elle s'abaissa tout de même pour récupérer la lame qu'elle avait posée au sol puis s'exécuta. L'Arbre Mojo contempla l'arme dans toute sa longueur, et ressentit toute la rancœur du malin qu'elle avait déjà absorbée par le passé. Et l'esprit en son sein réagissait, cela n'en faisait aucun doute. Il leur parlait.

- Le héros n'est pas mort, déclara le sage. L'épée elle-même m'en informe.

Zelda inspira longuement suite à cette affirmation, puis elle relâcha toute la pression en vidant ses poumons d'un seul coup. Elle était rassurée de voir qu'elle ne devenait pas folle, et que les mots qu'elle avait entendus sortir de l'épée durant son trajet jusqu'ici ne venaient pas de sa propre imagination. Cela lui redonnait espoir concernant Link et sa survie au Sanctuaire. Si l'Arbre Mojo percevait aussi cette aura spirituelle autour de cette lame éclatante, alors la princesse se sentirait comprise.

- Vous l'entendez aussi ? s'enquit-elle de savoir.

Il acquiesça. Zelda avait toujours ressenti une sensation particulière lorsqu'elle posait ses yeux sur la lame purificatrice, mais jamais elle ne l'avait entendue prononcer les moindres mots jusqu'à ce jour-là. Peut-être était-ce grâce à l'éveil de son pouvoir ? Dans tous les cas, elle avait suivi son instinct en écoutant ce que l'épée lui disait et si elle ne l'avait pas fait, les choses auraient peut-être pu être encore pires. L'arbre majestueux lui informa que cette perception était normale. L'esprit protecteur de la forêt lui épargna plus d'explications, il savait que le temps leur était toujours compté.

- Replacez-la.

La princesse, au niveau du socle de pierre, s'empara à deux mains du manche de l'épée avant de la placer à la verticale devant elle, la pointe vers le bas. Une fois qu'elle serait remise à l'endroit où elle avait tant attendu que l'on vienne la brandir, seul le héros pourrait la retirer à nouveau, il serait impossible de faire marche arrière. L'Hylienne soupira et canalisa son stress.

- Ton maître reviendra, murmura la blonde en répondant enfin à ces appels de l'esprit de l'arme.

Zelda dut fermer les yeux pour contenir une nouvelle fois son émotion en songeant au chevalier qui l'avait quittée. En empoignant son épée avec laquelle il ne faisait qu'un, c'était comme une partie de lui qu'elle retrouvait. Des sensations que l'on ne pouvait guère décrire en détails, mais d'une manière ou d'une autre, elle percevait l'aura du héros, cela lui réchauffa le cœur.

- Link… Je ne doute pas un instant que tu parviendras à la retirer de nouveau de son socle.

La pointe de l'épée pénétra à l'intérieur du bloc au centre du piédestal destiné à la recueillir. Le tranchant oscillait de chaque côté à cause des tremblements des mains de Zelda. Et une fois qu'un quart de la lame fut rentrée, une lumière blanche l'illumina un instant, ce qui fit lâcher ses mains à la prêtresse, surprise par l'éclat soudain. La lame purificatrice reconnut son socle dans lequel, cinq ans en arrière, elle reposait aussi avant qu'un jeune garçon de douze ans ne parvienne à la lever vers le ciel. Dorénavant, quiconque retenterait de s'en emparer le paierait de sa vie, s'il n'était pas ce même élu des déesses. Sous les yeux des Korogus dissimulés un peu partout et de l'Arbre Mojo qui fut reconnaissant de la délicatesse dont avait fait preuve la princesse pour cet acte lourd de sens pour tous, ils laissèrent tous durer un long silence justifié par l'importance de ce moment.

- Les choses ont été dures pour vous, je ressens une tristesse profonde vous animer… émit soudain l'arbre.

- Vénérable Arbre Mojo, selon nos recherches, la personne soignée par le Sanctuaire de la Renaissance peut être sujet à de l'amnésie lors de son réveil, en toute relativité avec la durée de sa guérison, répondit Zelda dans la foulée.

Elle hésita à partager ses sentiments avec son interlocuteur, mais se résolut à tout de même lui demander une faveur qui lui était chère à ses yeux.

- De ce fait, continua-t-elle, pourriez-vous transmettre quelques mots à Link lorsque celui-ci viendra à votre rencontre ?

L'Arbre Mojo fut tout ouïe.

- Pourriez-vous lui dire que… qu'il n'est pas simplement l'élu des déesses, mais aussi de…

- Un message si important se doit d'être délivré par vous-même, vous ne pensez pas ? l'interrompit-il.

Le sage avait manifesté un léger sourire discret durant ces paroles. Il était difficile de cerner les expressions faciales d'un être fait de feuilles et de bois, ses traits étaient subtils, et ses émotions cachées, mais la princesse n'eut pas de doute qu'il avait compris ce dont elle faisait allusion.

- Bien sûr… Vous avez raison…

- Sachez que je vois en vous une tristesse profonde, mais également un pouvoir puissant, reprit l'esprit de la forêt.

L'Hylienne hocha positivement la tête pour lui informer qu'elle avait conscience de ses capacités à freiner Ganon, et à le sceller lorsque cet instant serait arrivé. Néanmoins, elle ne restait pas pleinement confiante de la suite des événements, et cela se lisait dans ses yeux de manière très distincte. L'Arbre Mojo reconnut cette expression inquiète qu'il avait tant vue et revue sur le visage des ascendantes de la jeune femme. Il décida, comme pour toutes les anciennes princesses d'Hyrule, de lui partager les mêmes mots qui, à chaque fois, n'avaient jamais menti.

- Vous saurez faire face à l'esprit maléfique responsable de vos tourments. Je n'en ai aucun doute, Princesse Zelda.

Elle fut touchée par sa bienveillance.

- Merci, Vénérable Arbre Mojo.

Sa mission accomplie dans la grande forêt d'Hyrule, elle devait continuer son chemin, à présent, jusqu'à sa destination finale qu'était la citadelle. Dans quel état pitoyable la retrouverait-elle en foulant ses rues ? Arriverait-elle à supporter et se plonger elle-même dans une vision d'horreur telle ? Il s'agissait du chemin le plus direct jusqu'au château, un détour n'était plus de mise. En remerciant une dernière fois l'Arbre Mojo, Zelda fit demi-tour afin de ressortir le plus rapidement possible des bois perdus dans lesquels elle avait réussi à ne pas se perdre et se retrouver ici.

La dernière étape de son voyage en solitaire, la plus courte mais aussi celle qui lui demanderait le plus de courage et de confiance en elle, se voyait bientôt arriver.

Et en effet, quelques heures plus tard, le moment fatidique approchait déjà à grands pas. Le jour s'était levé depuis un certain temps, mais les rayons du soleil ne pouvaient traverser ces nuages rouges qui recouvraient le ciel au centre du royaume. En ces lieux, la nuit et la journée étaient similaires. Il y faisait chaud, et l'odeur de la fumée d'incendie se propageait encore dans l'air. C'était un paysage en ruines, tout juste terminé d'être brûlé, un sillage de mort très peu attirant dans lequel elle devait passer pour atteindre son but. Quelques machines sheikahs se frayaient encore un chemin à travers les murs brisés et les cadavres calcinés de la Citadelle d'Hyrule. Il n'y avait aucun survivant. Personne. Les rues sombres et vides contrastaient avec leur allure d'avant la catastrophe, comment tout cela avait-il pu vriller au désastre aussi vite ? Les bruits stridents des rayons des Gardiens ne criaient plus, car ces derniers avaient tout simplement décimé tout être vivant encore en vie, et tout bâtiment encore debout face à eux.

Zelda évitait de baisser les yeux vers le sol afin de ne pas apercevoir les corps inertes des anciens habitants de la ville et ainsi être prise d'un haut-le-cœur. Elle gardait la tête haute, et regardait droit devant elle, fixant les grandes portes d'entrée du château, son ultime lieu de destination. C'était la dernière ligne droite. Autour d'elle, dans un rayon d'un mètre tout au plus, elle avait usé de son pouvoir afin de créer un bouclier de lumière qui la protégerait des potentiels ennemis qui pourraient lui barrer la route. Ainsi, elle avait adopté une démarche lente, qui était notamment due à son esprit envahi par de multiples pensées, la faisant divaguer. Elle sentait le vent brûlant sur ses épaules nues, air qui provenait du déplacement de Ganon dans les airs. Celui-ci n'avait pas encore remarqué cette petite source de lumière qui s'avançait droit sur lui, dans cette citadelle détruite. Il ne tarderait pas à l'apercevoir…

En raison de la récente disparition de l'Armée des Fidèles, le Fléau n'avait plus de moyen de voir ailleurs qu'à travers ses propres iris. Les Gardiens n'ayant pas d'esprit, en tant que machine, ils ne lui permettaient donc pas de voir à travers eux mais seulement de les faire agir en son avantage, il en était de même pour les créatures divines. Contrairement à de véritables êtres vivants qui, eux, lui offraient une vision presque omnisciente des choses. Et bientôt, Zelda l'empêcherait de regarder plus loin qu'entre les murs du château d'Hyrule, là où il avait ressuscité ; mais pour cela, il fallait faire don de son corps et de son esprit. La princesse en avait parfaitement conscience et était prête à affronter le monstre qui se dresserait face à elle. À chaque pas de plus fait en direction du château, des frissons gagnaient la surface de sa peau. Elle arriva sans tarder sur l'ancienne place centrale, où s'étaient tenus un grand nombre de marchés, de festivals… toutes ces choses qui procuraient de la joie et qui n'étaient plus là. Zelda était comme plongée dans une autre dimension, plus sombre et sanglante, qui ressemblait beaucoup à sa vision de l'enfer. Elle n'y pensa guère plus de temps en raison de son arrivée imminente, près du Fléau.

Les grandes portes imposantes de la forteresse se dressèrent enfin à quelques mètres en avant. Ces grandes portes métalliques qui, désormais, marquaient l'entrée de l'antre d'un démon. Zelda se stoppa donc dans sa marche, ancra ses pieds dans le sol et les posa bien à plat sur les dalles de pierres. La blonde ne se cacherait plus, elle se montrait bien présente devant lui, armée d'un courage et d'une détermination sans faille. La prêtresse serra les poings lorsque son bouclier de lumière disparut tout autour de sa personne, prenant ainsi le risque de la livrer aux dangers les plus mortels qu'étaient les Gardiens. Paupières closes, elle songea une dernière fois à ses dix dernières années de vie passées, aux personnes qu'elle avait rencontrées et aux difficultés auxquelles elle avait été confrontée. Tous ses efforts, ses implications, son dévouement… c'était ici et maintenant que tout cela prendrait sens. Zelda souffla longuement, contrôlant avec soin sa respiration et son stress qu'elle parvenait à réguler. Ce fut au moment où Ganon, - qui venait de la remarquer -, émit un fort rugissement qu'elle faillit sursauter malgré tout.

La princesse releva la tête et ouvrit les yeux en les plongeant dans ceux de son ennemi. Dire qu'elle ne connaissait pas la peur face à cette vision terrifiante était un mensonge pur et simple, cependant Zelda ne se laissa pas envahir par celle-ci. Elle leva son bras droit et dévoila la paume de sa main à Ganon qui s'apprêtait à se ruer sur elle d'une seconde à l'autre. L'heure avait sonné, il était à présent temps de reprendre les choses en main et de sauver pour un temps Hyrule d'une menace qui ne cesserait de s'acharner sur ces terres autrefois paisibles.

Tu es notre lumière.

Celle qu'Hyrule vient de perdre, et retrouvera.

Je sais, au plus profond de moi, que tu ne cesseras de briller, et de donner espoir.

Ganon s'attaqua à la jeune femme et enveloppa Zelda de sa malice en ouvrant grand sa mâchoire de corruption qui lui servait à effrayer ses victimes. Simultanément, le pouvoir du sceau s'était manifesté de par la main de l'Hylienne et illumina toute la zone de sa luminosité aveuglante. Puis, le Fléau engloutit la prêtresse qui disparut tout à coup. L'aura démoniaque aux cornes de phacochère rugit une nouvelle fois en continuant à se déplacer tout autour du château d'Hyrule. Mais au bout de quelques secondes, il sentit sa force s'affaiblir. Quelque chose retenait sa rage destructrice, quelque chose faisait qu'il se sentait retenu ici-même, le privant d'une liberté de mouvement. Il fut atteint par le sceau. Désormais, Zelda s'était enfermée ici-même, avec lui, et le contenait. Elle contenait sa rage, sa rancœur. Sa haine envers sa lignée et l'âme du héros, dont elle attendait déjà impatiemment le retour.

Car là était son destin, son devoir. Un sacrifice pour son royaume, et son peuple. Un sacrifice qui se définissait comme l'acte de bravoure le plus courageux de toute son histoire : la grande histoire de la princesse d'Hyrule.

FIN.