Chapitre 3 - Sous la pluie
Les fugitifs du Vent et du Feu avaient couru de nombreux kilomètres avant que le sable ne les épuise prématurément. Ils avaient marché des heures jusqu'à ne plus sentir leurs jambes. Tous deux avaient malgré eux marché en direction de Konoha. A la recherche d'une terre qui leur serait moins hostile. Mais ici ils n'étaient rien. Elle n'était pas princesse, ambassadrice, ni fille ou sœur de Kage, peu importe comment les gens l'appelaient autrefois. Il n'était pas chef de clan, n'avait d'ailleurs pas de clan, implicitement il n'avait plus de ville ou pays où aller. Ils n'avaient aucun rang, aucun statut. Ils n'étaient personne – enfin maintenant ils devaient être des criminels recherchés- à tout casser ils étaient sur le Bingo Book. Peu importe les bonnes actions qu'ils aient tous deux pu réaliser dans le passé, criminels, nukenins, assassins, voleurs étaient les termes plus adaptés pour les décrire aujourd'hui. Marcher vers Konoha était ridicule, ils le savaient. Mais ils voulaient sans se l'avouer se sentir en sécurité.
Aucun des deux Jônins n'avaient lâché de mots depuis leur départ précipité de Suna. Tous deux trop occupées par les pensées sombres qui hantaient leurs esprits. Et quand Shikamaru prit la parole Temari sursauta de surprise.
« On va s'arrêter pour aujourd'hui. » lâchât-il.
Temari acquiesça. Elle était épuisée et avait son bras qui lui faisait terriblement mal. Elle décida de monter la garde pour la première partie de la nuit. Pouvait-elle seulement faire confiance à Shikamaru pour tout ce qui concernait rester éveillé ? Elle en doutait car dans leur vie précédant cette satanée mission ratée, il avait tendance à pointer du nez en réunion. Si tenir deux heures éveillées sur une chaise tenait du miracle, elle préférait couvrir ses arrières et tenir la garde.
Ils avaient déjà fait quelques petites pauses pour boire dans des ruisseaux, mais n'avaient rien trouvé à manger. C'était encore l'hiver et ici, rien ne poussait. Ils attendraient le lendemain de trouver une ferme ou un commerce à piller pour se remplir le ventre. Adossée à un arbre, Temari regardait de loin Shikamaru s'allonger contre une racine pour la nuit. Les paupières étaient lourdes, elle cligna les yeux une dernière fois avant de se concentrer sur la garde.
Peu après, Temari entendit des bruits de pas à ses côtés. Elle ouvrit les yeux en sursautant. Merde ! Il faisait jour ! Comment était-ce possible ? Jamais elle ne s'était endormie sur un tour de garde. Les bruits de pas n'étaient autres que ceux de Shikamaru.
« C'est une blague ? » demanda un Shikamaru remonté.
Temari se releva de son tronc d'arbre avec difficulté. Elle avait son bras en feu.
« Tu t'es carrément endormie ? Tu n'étais pas censé me réveiller avant de t'endormir ? Je crois que c'est quelque chose comme le b.a.-ba de la garde de nuit, non ? »
Elle avait merdé, clairement merdé. Temari leva la tête vers Shikamaru avec une mine désolée. Elle était trop fatiguée pour répliquer. Le brun prit sur lui et inspira un bon coup. Elle était aussi perdue que lui, ça n'avançait à rien de s'engueuler pour si peu. Ils avaient d'autres problèmes, de bien plus gros problèmes.
« Shikamaru, je suis vraiment désolée. »
Il comprit, à cause de son ton anormalement grave qu'elle s'excusait non seulement pour s'être endormie, mais aussi pour le fait d'avoir libéré Kakuzu. Cela ne sembla pas l'atteindre, il semblait toujours aussi remonté.
« Je suis désolée pour tout. Je ne voulais pas… Enfin, tu sais, Kakuzu…
- C'est bon Temari. On ne va pas ressasser le passé. Ce qui est fait est fait. Essaie de m'écouter la prochaine fois au lieu de te jeter dans la gueule du loup.
- Pardon ? Ne détourne pas… Merde ! Parce que si quelqu'un, ici, à quelque chose à se reprocher c'est bien toi ! »
Elle était maintenant face à lui. Dégoulinante de sueur à cause de son maudit bras. Elle le savait, il ne lui pardonnerait jamais d'avoir sorti Kakuzu de prison.
« Je ne détourne pas le sujet de notre conversation ! Et je peux savoir tu me reproche quoi au juste ?
- Je t'avais demandé d'aller chercher nos affaires à l'hôtel.
- Tu voulais que j'aille chercher quoi à l'hôtel ? L'argent que tu as volé, des bouteilles de Wiskey ? Ah ! A moins que tu aurais préféré avoir tes cachetons ?
- Ce n'est pas ce que tu crois ! s'exclama vivement Temari. Elle marqua un silence car fût elle-même surprise de la violence de sa réaction. Et puis, je ne sais pas tu aurais pu prendre mes parchemins avec mon éventail et Kamatari. On ne serait pas ici dans cette putain de forêt en plein hiver si tu n'étais pas venu à la prison.
- Bien vu ! Tu n'aurais pas été ici. Ils t'auraient tué.
- Tu joues à quoi là ? Tu veux jouer au donneur des leçons ? Alors que tout ça. Temari écarta son bras valide pour montrer ce qui se trouvait autour d'eux. Tout ça c'est de ta putain de faute !
- Stop ! Ouvre les yeux ! Tout ce qui s'est passé hier - l'évasion de la prison de Sunagakure – tout devait se dérouler. Tout ça a bien existé, et nous en étions la cause.
- Non, la voix de Temari était maintenant plus calme. Nous aurions tous les deux dû mourir hier. C'est pour ça que je t'ai éloigné. Les gens qui ont essayé de m'enlever petite au square ont été tué le jour même.
- Alors comment explique-tu que nous soyons toujours en vie ? Comment explique-tu l'évasion de la prison de Sunagakure ? Comment explique-tu que tu aies fait sauter la tour Nord de la prison ? A l'endroit exact où elle fût brisée, à la date exacte où la grande évasion de la prison de Sunagakure a eu lieu ? »
Temari resta sans voix. Les éléments soutenus par Shikamaru semblaient tellement réalistes. Elle n'avait plus la date exacte en tête, mais elle était déjà née lors de la grande évasion de Suna. Pourtant l'homme et la femme qui avaient tenté de l'enlever enfant avaient morts !
« Je… Je ne comprends pas… Pourtant…
- Dis-toi qu'il y a quelques années les Grandes Nations avaient la mainmise sur les médias. Ils ont dû faire en sorte de dédramatiser la grande évasion en nous faisant passer pour mort. »
La jeune blonde resta sans voix. Si elle avait bien compris où voulait en venir Shikamaru, ils étaient déjà venus ici dans le passé. En quelques jours, ils avaient -entre autres- provoqué la grande évasion de la prison de Suna. Mais s'ils avaient survécu, qu'avaient-ils pût faire d'autre ?
« Galère. » souffla Temari.
/
Ils avaient continué à marcher vers Konoha. Sur le chemin les kilomètres se suivaient et se ressemblaient, de la neige à perte de vue et des forêts. Ils devaient maintenant se trouver au Pays de la Rivière à mi-chemin entre leurs villages respectifs. Ils étaient encore exténués par l'évasion et la fuite de la veille. Pour couronner le tout la nuit avait été courte. Shikamaru s'arrêta une nouvelle fois pour attendre Temari. Elle n'avançait pas.
« Tout va bien ? » fini par demander le brun.
Temari était livide. Il se rapprocha d'elle. Quelque chose clochait !
« Quoi ? s'agaça Temari en dévisageant Shikamaru. Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Tu es sûre que tu vas bien ?
- Oui. »
Temari continuait d'avancer. Quand elle passa au niveau du Nara, il lui saisit le bras pour l'empêcher d'avancer. Elle se retourna les sourcils froncés, elle ouvrit la bouche pour protester mais la referma aussitôt. Shikamaru venait de poser sa main sur son front.
« Tu es brulante ! »
La blonde des sables leva les yeux au ciel. Il ne lui apprenait rien.
« C'est mon bras, fini par lâcher Temari.
- Ton bras ?
- Oui, mon bras. »
Elle retira sa cape de voyage et la laissa s'écraser lourdement sur le sol. Shikamaru vit la manche gauche de Temari imbibée de sang.
« Putain ! lâcha Shikamaru en se passant une main sur sa tête. Tu comptais me le dire quand ? Enlève ton haut !
- Pardon ?
- Ton haut, ça s'est peut-être infecté !
- Je t'assure tout va bien ! Pas la peine de perdre du temps avec mon bras. »
Shikamaru fronça lui aussi les sourcils et posa un regard insistant sur Temari. Lui indiquant de la sorte que tant qu'il n'aura pas inspecté la blessure ils n'iraient nulle part.
« Très bien, soupira Temari. Mais je veux bien de l'aide. »
Shikamaru défit son haut sans perdre de temps. Bien qu'il soit ample et de couleur foncé, il devinait l'état du bras de son amie. Il lui enleva la manche du bras blessé en premier et vit Temari faire une grimace. En dessous, elle ne portait rien d'autre que ses bandages pour maintenir sa poitrine.
« Il fait froid alors fait vite. » fit Temari alors que Shikamaru se concentrait ailleurs que sur son bras entaillé.
Shikamaru détourna le regard. La plaie était profonde, et outre le sang qui avait coulé, il distinguait bien des rougeurs autour de la plaie. Elle s'était infectée. Ils devaient au plus vite faire quelque chose avant que ça ne s'empire. Temari aussi regardait son bras et se pinça les lèvres, elle savait qu'il ne voudrait pas la laisser dans cet état. Il allait vouloir lui refermer la plaie en brulant sa peau avec un kunai.
« Non, fit Temari.
- Je n'ai encore rien dit !
- Tu penses trop fort et c'est non. »
/
« Vos papiers ! Fit un officier du Pays de la Pluie.
- Nous nous sommes enfuit du Pays de l'Herbe. Ma femme est blessée, nous avons tout perdu. Nous sommes fatigués ! Fit Shikamaru en jouant impeccablement la tragédie.
- Très bien, allez dans cette file, fit l'officier en pointant du doigt une tente à une centaine de mètres.
- Merci. »
Il pleuvait des cordes depuis des heures. La progression était lente, ils marchaient dans un champ, inondé et piétiné. Ils avaient fait le choix de venir au Pays de la Pluie pour passer incognito. Les tensions géopolitiques du moment avaient poussé des milliers de personnes à l'exode. La guerre n'avait pas encore éclaté, mais des mouvements de population avaient déjà commencé en masse. Le Pays de la Pluie était un des seuls à ouvrir ses frontières aux habitants des petites nations qui séparaient le Pays du Feu et celui de la Terre et qui prévoyaient à juste titre des complications sur leur territoire. Les cicatrices causés quelques années plus tôt avec la Seconde Grande Guerre shinobi étaient encore vives.
Shikamaru supportait Temari, il la remerciait de tenir malgré son épuisement notable. Sa blessure au bras l'avait affaiblie, elle avait refusé de le laisser refermer la plaie et en subissait les conséquences. Mais grâce à sa blessure, elle passait pour une blessée des rebelles qui ratissait le Pays de l'Herbe et ça devrait être suffisant pour leur donner un laissez-passer au Pays de la Pluie. En attendant elle était devenue bien silencieuse, elle ne réagissait plus à ce qui se passait autour d'eux. Il s'avait qu'elle voulait garder ses forces pour ne pas être un fardeau pour lui. Alors qu'ils se rapprochaient de la tente pour les sans-papiers, elle se détacha de Shikamaru pour vomir.
« Tem ?! Merde ! »
Temari venait de s'effondrer la tête la première dans la boue.
« A l'aide ! Au secours ! Cria Shikamaru »
Maintenant le plus dur allait de se faire passer pour son mari. Ils ne devaient à aucun moment être séparés.
/
Ça y est, ils y étaient. Ils avaient réussi à s'infiltrer au Pays de la Pluie. Et ce n'était pas tout, ils avaient réussi à se faire passer pour un couple de réfugiés. Après l'hospitalisation de Temari, ils s'étaient fait offrir un logement de fortune, un appartement miteux où l'humilité rongeait les murs. À vrai dire, ce logement, c'était la seule chose à laquelle ils pouvaient prétendre, alors ils avaient faire avec. C'était toujours mieux que la rue. Maintenant qu'ils étaient sans papiers, sans origine, sans bagage, ils n'allaient pas faire la fine bouche. Qui plus est ce statut de réfugié politique au Pays de la Pluie assurait une couverture inespérée. Ils pouvaient se fondre dans la masse, se trouver un petit boulot, et espérer ne pas attirer l'attention. Shikamaru avait demandé à Temari de ne plus commettre de larcin. Hanzô étant actuellement le chef du village, mieux valait-il se faire petit. Tout petit.
Ils se remettaient doucement de leurs émotions, mais une fois Temari sur pied, ils avaient convenu de partir à la recherche de la personne qui les avaient ramenés dans le passé afin de pouvoir revenir à leur époque.
« Ça te change de notre palace à Sunagakure ?
- Tu sais si c'est pour me dire ça, autant te taire. »
Shikamaru souffla du nez dans un demi-sourire. Temari était plus une habituée des palaces et des hôtels de luxe qu'à cet appartement miteux. On ne pouvait pas dire qu'elle avait laissé tomber les missions sur le terrain, mais elle avait une tendance non dissimulée à l'alliance entre les Nations. De ce fait, elle voyageait beaucoup, d'ambassades en ambassades, d'inaugurations en galas de charité. Et bon nombre disaient qu'elle n'y allait pas avec le dos de la cuillère sur ses notes de frais. Il n'était pas rare d'entendre parler du choix de ses hôtels et de ses tenues dans les réunions de l'alliance qu'il animait régulièrement. D'ailleurs, Shikamaru se mit à penser qu'aucune femme à Konoha n'avait de garde-robe aussi fournie. Même Ino, pourtant extrêmement soucieuse de son apparence ne pouvait rivaliser. Mais, il était vrai qu'avec la croissance économique de Suna, personnes ne lui en tenait rigueur. Après tout, c'était elle qui représentait le Pays du Vent à l'étranger. Temari avait cette réputation de femme qui aimait bien les belles choses, peut-être aimait-elle vraiment ça, peut-être c'était juste pour l'image qu'elle souhaitait dégager.
« Tu peux m'aider ? demanda Temari en montrant son bras avec ses yeux.
- Tu veux changer le pansement ? »
Elle hocha la tête. Shikamaru se rapprocha d'elle. Elle était encore fiévreuse. Il lui retira le bandage qui entourait la plaie recousue. Temari ne tenait plus en place, elle avait mal, elle se leva d'un coup et partie vers la salle d'eau.
« Bah, Tem, tu vas ou comme ça ? fit Shikamaru.
- Je reviens. »
Le brun ne put s'empêcher de la suivre. Il y avait quelque chose de louche. Pourquoi partait-elle aussi soudainement après lui avoir demander de l'aide ? Cela n'avait aucun sens. Il approcha de la salle d'eau sans un bruit. Il entrouvrit la porte et trouva Temari assise sur le rebord de la baignoire une boite de médicaments dans la main. Possiblement les mêmes qu'elle prenait déjà à Suna. Il se promis de se pencher sur le sujet plus tard.
« Temari ? Fit lentement Shikamaru en entrant dans la pièce.
- Shikamaru, fit Temari en souriant.
- Tout va bien ?
- Oui, je vais bien, répondit-elle. J'inspectais juste la plaie avant que tu ne la désinfecte. »
Foutaises, pensa Shikamaru. Il se garda cependant de lui dire ce qu'il avait vu. Ce n'était pas le bon moment. Elle avançait toute guillerette vers lui. Ils se réinstallèrent à leurs places et il s'occupa de sa blessure. A aucun autre moment, elle ne trembla. Elle semblait maintenant détendue et de bonne humeur. Ces maudits « médicaments » devaient y être pour quelque chose.
/
Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Temari travaillait dans une petite échoppe de légumes. Parce que trouver une façon de rentrer chez eux risquait de prendre du temps. Ils avaient opté de s'installer quelques temps à Ame. Elle avait trouvé un métier calme qui -selon elle- n'attirerait pas les regards. Elle était simple employée, et semblait s'être bien fondue dans l'équipe. Elle ne sortait pas du cadre. Avait même bien assimilé les particularités de la vie au Pays de la Pluie. Utilisant les mêmes expressions que ses collègues et habitants du village, tenant d'oublier son accent de Suna. Elle avait encore beaucoup de progrès à faire. Mais tous les soirs elle s'amusait dans les jeux de rôles improbables avec Shikamaru. Outre le côté distrayant des jeux de rôle, cela lui permettait d'assimiler avec une rapidité déconcertante les codes et usages locaux.
Shikamaru, lui, avait trouvé un poste à mi-temps dans une usine à l'Est de la ville. Il travaillait peu, mais le métier était très physique et les conditions de travail difficiles. Cela lui laissait du temps pour trouver un plan pour quitter ce trou à rat. Il ne ramenait, lui non plus pas grand-chose au foyer, mais ils se contentaient de vivre du peu qu'ils rapportaient. Ils étaient émigrés, et par-dessus tout, ne devaient pas attirer l'attention. Ils effectuaient leur travail, sans trop s'investir, sans dévoiler leurs personnalités, ni leurs capacités. Ils étaient de bons petits soldats et exécutaient les ordres donnés en évitant de trop parler. Se faire tout petit, c'était leur nouvelle lubie.
« T'es prête ? »
Première sortie depuis leur arrivé à Ame. Ils avaient longuement hésité avant de sortir car ils ne pouvaient pas se fier aux gens. Ici, les industries sous-payaient leurs employés, et on était loin du plein emploi. La misère était reine et pour pouvoir se remplir le ventre les habitants n'hésitaient pas à dénoncer tout comportement suspect ou toute information compromettante qu'ils pouvaient posséder sur qui que ce soit contre de l'argent. La délation ici était un devoir, et un devoir bien rémunéré. Shikamaru en avait été témoins à plusieurs reprises à l'usine. La milice s'était déjà déplacée à de nombreuses fois à son travail pour emporter avec eux des collègues à lui.
Ce soir ils avaient décidé de s'offrir une petite parenthèse loin de leur petit appartement miteux. Temari avait retrouvé non loin de son échoppe une petite auberge accueillante. Ils n'avaient pas les moyens de manger à l'extérieur, mais allaient quand même en profiter pour y boire un verre. La Jônin maudit la pluie qui tombait sans discontinuer à l'extérieur, avant de se détendre en arrivant dans l'établissement. Il y faisait chaud, une chaleur réconfortante qui se mariait bien avec les odeurs émanant de la cuisine. Elle fit un grand sourire à Shikamaru, elle était contente qu'il lui ait proposé cette idée de sortie.
« Bonsoir ! Que puis-je faire pour vous ? demanda le serveur.
- Une table pour deux s'il vous plait, ce serait pour boire un verre.
- Veuillez-vous installer ici. »
La table était dans un angle, non loin de la cheminé qui crépitait. L'auberge était bien pleine ce soir-là. Ils venaient de s'assoir à l'une des dernières tables disponibles. Temari et Shikamaru retirèrent leurs capes et s'installèrent l'un en face de l'autre.
« Waouh, j'ai cru que jamais je n'aurais eu le droit à notre premier rancard, taquina Temari.
- Etant donné que nous sommes déjà mariés aux yeux du Pays de la Pluie, je m'étais dit que tout ceci n'avait plus d'importance.
- A tort. Toutes les femmes sont sensibles aux petites attentions. Mariées ou non, fit-elle en le regardant avec intensité. »
Pour une raison qui leur était inconnue, ils avaient passé la soirée à se faire du rentre-dedans. L'alcool n'avait certainement pas aidé, mais aucun n'avait su s'arrêter dans cette surenchère de paroles et comportements bien trop suggestif. Ils avaient envie l'un de l'autre, pour être plus précis, ils en mouraient d'envie.
En quittant l'auberge, le serveur se permis de faire un clin d'œil à Shikamaru en montrant Temari. Cela fit rougir instantanément Shikamaru. La blonde était déjà dehors et n'avait donc rien vu de la scène, dieu merci. C'était suffisamment gênant pour lui tout seul. Fort heureusement le froid et la pluie eurent raison de la montée de chaleur de Shikamaru et il perdit le rouge aux joues aussitôt. Temari se rapprocha de lui et lui saisissant le bras. Ils rentrèrent chez eux bras dessus, bras dessous.
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« Shikamaru, tu peux venir m'aider ?
- J'arrive, dit-il en quittant la salle d'eau. »
Aucun d'eux n'avait fait d'allusions à ce qui c'était dit à l'auberge. Après tout, rien de ceci n'était raisonnable. Ils étaient juste deux jeunes adultes en manque, mais se défouler sur le premier venu ne faisait pas sens. Surtout quand on était coincé avec lui pour une durée indéterminée dans une autre temporalité.
« Je croyais que tu pouvais t'en occuper seule maintenant.
- J'ai bu. Allez, aide-moi ! »
Bien entendu, il allait l'aider. Sa blessure au bras était presque guérie, mais elle devait toujours en prendre soins. Il se rapprocha d'elle et commença à lui retirer son bandage. Il s'était accroupi pour être au même niveau qu'elle et mieux voir ce qu'il faisait. Soudain il sentit le souffle chaud de Temari sur son visage. Ses doigts glacés c'étaient posés sur son avant-bras. Shikamaru laissa tomber le bandage et la plaie de son amie. Maintenant elle lui avait pris ses mains. Elle y glissait ses doigts en se pinçant les lèvres. Shikamaru, toujours sous le choc avait la bouche grande ouverte. Quand il osa regarder Temari dans les yeux, elle le dévorait du regard.
« Je… euh… »
Temari le fit taire en capturant ses lèvres avec sa bouche. Shikamaru répondit au baisé et attrapa la nuque de la blonde. Temari fini par rompre le baisé et se blottit contre Shikamaru. Ils ne dirent plus un mot.
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Temari et Shikamaru n'avaient pas dormi de la nuit. Chacun de son côté du lit, dos à l'autre, ils cogitaient. Sûrement à cause de la gêne et de la réflexion lié au baisé. Comment avaient-ils pu céder aussi facilement à leurs pulsions. Temari n'aurait jamais pensé que cela puisse lui arriver. Le plus insolite étant que c'était elle qui avait embrassé Shikamaru. Comment allait se passer le reste de leur séjour ici ? Allaient-ils faire comme si de rien n'était demain ? Allaient-ils assumer ce qu'il venait de se passer quelques heures auparavant ? Lassée de ses questions sans réponses, elle finit par sortir du lit. Elle avait besoin de se vider la tête. Sans s'habiller, elle prit ses chaussures et sa cape et quitta l'appartement.
Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. De toute façon ce n'était pas bien important car dehors ou dans son lit, elle n'aurait pas dormi. Et au moins ici, il n'y avait pas Shikamaru à côté d'elle. Jamais auparavant elle n'avait ressenti une quelconque attirance envers Shikamaru. Enfin, il était charmant, beau, drôle… Il avait tout pour faire fondre n'importe qui. Il avait même du succès à Snuagakure auprès des jeunes femmes selon Kankuro. « Un véritable concurrent » se plaignait souvent ce dernier. Bien qu'elle eût toujours considéré que les remarques acerbes de son frère cadet étaient pour la taquiner, ils résonnaient en elle ce soir. Pourtant ce n'était qu'un ami en qui elle avait entièrement confiance. Enfin, maintenant qu'ils s'étaient embrassés, ça changeait tout. Déjà, car c'était elle qui l'avait embrassé, et aussi car il avait répondu à son baisé. Elle passa ses doigts sur ses lèvres songeuse. Elle avait tellement merdé.
Marchant au gré des vents pour ne pas se prendre toute la pluie dans la figure elle errait vers l'inconnu. Temari n'avait jamais pris le temps de visiter le Pays de la Pluie. C'était l'un des pays qui ne l'attirait et qui ne l'intéressait absolument pas. Voir le seul pays qui lui faisait cet effet. Premièrement du fait de sa météo désastreuse, c'était un peu comme si la semaine des sept pluies de Suna durait pour la vie. Sur sept jours, c'était sympas, mais il ne fallait pas abuser. Aussi car c'était vraiment crade, et qu'elle y était enfermé, tel un oiseau en cage. Elle aurait pourtant donné tout ce qu'elle pouvait pour fuir loin de cette pluie et cette morosité ambiante.
« Temari ? »
Temari sortit de sa rêverie. Elle se retourna et tomba sur une petite femme âgée et ronde. Elle l'a reconnue immédiatement, malgré la pluie et le noir.
« Chiyo-baasama ! »
La femme aux cheveux gris sourit. Sachant qu'elle n'avait pas à faire à n'importe qui, Temari leva les mains pour montrer qu'elle était désarmée, et qu'elle ne voulait aucun mal. La blonde eut juste le temps d'écarquiller les yeux quand elle entendit un bruit se rapprocher d'elle. Elle fût assommée sur le coup par l'une des marionnettes de Chiyo.
/
Quand Temari se réveilla, elle avait un terrible mal de crâne. Comment c'était-elle fait prendre comme une bleue ? Elle se releva en gémissant sous la douleur.
« Et bien, c'est pas trop tôt ! lança Chiyo.
- Aïe, ma tête ! se plaint Temari. Où sommes-nous ?
- Nous sommes dans une chambre d'hôtel. J'avais besoin de te parler dans un environnement sécurisé. »
Temari arqua un sourcil. Elle avait connu plus sûre pour discuter qu'une chambre d'hôtel au Pays de la Pluie. Qui plus est sous Hanzô comme chef du village caché. Temari profita de ce silence pour regarder autour d'elle. Par la fenêtre elle voyait au loin le soleil se lever.
« Temari, nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous. Je vais être claire avec toi. Je sais qui tu es, Chiyo marqua un silence avant de reprendre. Maintenant, je veux savoir comment tu as fait pour venir ici. Comment es-tu venue dans le passé ? Combien êtes-vous, et pourquoi êtes-vous là ?
- Co-comment avez-vous trouvé ?
- Pour être honnête, ton cas m'a toute de suite intéressée. Quelques détails qui m'ont poussé à creuser. Le fait qu'une kunoichi de ton rang n'ai jamais fait parler d'elle à Sunagakure. Le fait, que tu aies une affinité avec le Fûton, c'est un élément de base rare, même au Pays du Vent. Le fait que tu aies pu rester caché plusieurs semaines à Sunagakure sans te faire remarquer, que tu aies su t'évader de prison deux fois. Que tu fasses ami-ami avec un shinobi du Feu. Ou tout simplement, ton prénom, la couleur de tes cheveux et le vert de tes yeux. J'ai fini par couplé ton ADN avec celui de la petite Temari, la fille de notre nouveau Kazekage. Il se trouve que vous n'êtes qu'une seule et même personne.
- Ah ! Temari marqua un long moment de silence pour chercher ses mots. Et vous en avez parlé à quelqu'un ?
- Temari, le temps presse, et c'est moi qui pose les questions ! Mais si ça peut te rassurer, non. J'ai même poussé pour ne pas vous faire apparaitre au Bingo Book. Pour les autres pays, vous êtes mort. Pour Sunagakure, vous êtes l'ennemi publique numéro 1. Maintenant tu comprends que je risque beaucoup à te parler, alors ne perdons plus de temps. »
Temari cru comprendre pourquoi Chiyo voulait tant savoir comment elle avait pu remonter dans le temps. Certainement pour retrouver son petit-fils Sasori. Elle expliqua donc sans plus attendre à Chiyo la mission ratée. Elle évita d'en dire trop sur le futur, l'alliance shinobi, l'Akatsuki ou même la Quatrième Grande Guerre shinobi. Mais elle lui fit comprendre que le shinobi de Konoha qui l'accompagnait était un allié mais que des personnes voulaient mettre fin à cette alliance.
« Si j'ai bien compris, toi et ton petit camarade n'avez aucune idée de comment vous êtes arrivés ici ?
- Aucune, nous ne savons même pas comment rentrer chez nous.
- Donc, la seule personne qui sais faire ces voyages c'est la troisième personne qui a fait le voyage avec vous ?
- Oui, selon moi, c'est le seul à connaitre comment voyager dans le temps. »
Chiyo sermonna Temari de n'avoir pas encore trouvé cet homme. Après une brève description physique, la femme aux cheveux gris se leva, prête à partir.
« Un dernier conseil Temari, cachez-vous mieux que ça. Tu as de la chance d'être tombé sur moi. Parce que Pakura a fait de votre cas une affaire personnelle. »
Sur ces paroles, Chiyo quitta la pièce et laissa Temari seule sur le lit de la chambre d'hôtel. La blonde était désemparée, quelle était la marche à suivre maintenant qu'elle savait qu'ils étaient à découvert ? Elle se ressaisit et partie en courant en direction de son appartement. On avait connu plus discret comme façon de se déplacer, mais le temps lui était compté. Elle devait impérativement prévenir Shikamaru et quitter cette ville maudite sur le champ.
Long time no see!
J'espère que vous allez bien :) Me revoilà avec un nouveau chapitre que j'aurais pu publier il y a des mois. Mais flèmme, ou manque de confiance en moi font que... Mais bon il est là. Je serais ravie d'avoir vos retour. L'espoir de croire que quelqu'un -n'importe qui- me lit quelque part. GOOD OR BAD REVIEWS are welcome. Beaucoup d'idées en tête en ce moment. J'espère avoir le courrage de les mettre sur le papier.
Auf Wiedershen,
xx,
Korry
