Bonjour / Bonsoir chers lecteurs,
Je dois procéder à un avertissement pour la suite. C'est un chapitre qui va monter d'un cran dans la relation entre Starjun et Emeline. Si vous n'êtes pas prêt(e) avec ces parties qui sont intimes merci de ne pas le lire. Pour les autres, merci d'être tolérant. C'est, comme je pourrais l'appeler, un essai.
J'ai fait en sorte de séparer le « fameux passage ». Il commence quand Starjun demande à Emeline de l'aider, pas de spoil avant le début non mais ! Il s'arrête au paragraphe juste avant le dernier dialogue d'Emeline.
Voilà bonne lecture à tous.
Chapitre 30 : Dompter
Planer, quelle étrange sensation. Tout aussi étrange que ces petits fourmillements sur mon dos. Il n'y a aucun doute que des nerfs se sont formés dans mon dos qui me relie à ses nouveaux membres que je commence à découvrir. Une confiance inconnue semble me conquérir. Pourtant au fond de moi je n'ai pas la force de vouloir donner ce premier coup d'aile, même si c'est nécessaire pour reprendre de l'altitude. Heureusement Starjun et son dragon viennent me récupérer.
- Tu n'as pas une chose à me raconter ?
- De nombreuses à vrai dire, dis-je d'une petite voix comme prise en faute.
- Rentrons.
Starjun me serre contre lui mais je suis face à lui. Mes ailes ne sont pas rétractées. Je le sens les toucher comme s'il posait ses mais sur mon dos. Je sens sa douceur à travers les différentes plumes mêlée à la curiosité.
Nous retournons dans ma chambre. Je m'isole légèrement et me concentre sur mes ailes. Avec une petite douleur, elles reviennent en moi. Je me tourne avec crainte vers Starjun. Son visage est fermé. Je ne sais pas s'il éprouve quoique soit de négatif ou s'il se contente de réfléchir.
- Star ? dis-je tremblante.
- Raconte-moi.
Je m'installe sur le lit et lui raconte. Il ne semble pas étonner de certaines informations en même temps il doit en voir suffisamment. Il se contente de me regarder le dos vouté. Quand j'ai fini mon récit en terminant par ce qui aurait pu clôturer mon aventure. Son visage montre une certaine dureté. Est-ce qu'il s'en veut de quelque chose ? Il se penche sur mon dos. Je me tourne pour lui montrer ce dernier. Je sens ses doigts directement sur l'endroit où doit sortir les ailes. Je crois que mon T-shirt s'est déchiré à cet endroit.
- Tu n'es même pas marqué. Aucune cicatrice. Tes Cellules Gourmets sont puissantes.
- Je ne sais pas. Je crois qu'elle m'a parlé quand j'étais en train de tomber.
- Tu es éveillé alors que ça ne fait que quelques temps.
- Je crois que depuis le début la destination était déjà tracée. J'ai juste parcouru le chemin en quoi je croyais.
- Peut-être.
A la fin de sa phrase, Starjun se redresse devant la fenêtre, de l'autre côté du lit. C'est à ce moment que la porte reçoit des coups. Je me lève aussi et invite la personne à entrer. Comme j'aurais pu le prévoir, le petit-déjeuner est délivré et accompagné par le Chef. Je joue avec mes doigts, angoissée. La dernière visite s'est terminée très vite et pas dans les meilleures conditions. Cette fois-ci, ils se contentent de fixer l'autre. Les chariots sont amenés devant le canapé. En très peu de temps, tout est installé et chacun part. Le Chef est le dernier a quitté en continuant à fixer mon partenaire. Une fois la porte fermée, je m'assis sur le lit en soufflant.
- Il y a pire, dis-je.
- Hum. Il savait que j'étais avec toi.
Maintenant qu'il le dit c'est vrai qu'il n'était pas fait la moindre remarque. Maintenant à savoir s'il le savait ou qu'il se doutait, est une autre question. Voulant profiter de ce repas, je l'invite à se joindre à moi. Nous dégustons dans un silence simple en nous regardant dans les yeux. Je rougis un peu légèrement intimidée.
Une fois nourri, les plats sont débarrassés très rapidement. La tension est de nouveau descendue une fois les portes refermées.
- Est-ce que ça va devenir une habitude ?
Je ne sais pas si je voulais une réponse mais aucune n'arrive à mes oreilles. Il ne doit pas la connaitre lui-même. Je retourne dans le lit et m'assois en tailleur. Prenant une grande respiration, je me concentre sur mon dos. Un petit fourmillement se propage de mes muscles, os, cellules et enfin elles s'ouvrent. Cette fois-ci je n'ai pas senti de douleur juste une gêne. Mon corps semble s'habituer. Je me lève et m'approche de la fenêtre. Starjun garde un œil sur moi.
- Tu ne comptes pas sauter.
- Je ne sais pas trop. J'ai l'impression que je peux soulever des montagnes maintenant.
- C'est une sensation trompeuse. Si on devait comparer : tu ressembles à un enfant qui vient de se tenir debout, incapable de courir pour l'instant.
- Mais je peux apprendre.
- Personne n'en doute, moi le premier, dit-il en me rejoignant sur le balcon. Mais il y a des étapes comme pour tout apprentissage.
- Je sais.
Un petit silence s'installe entre nous, ce qui entraîne une petite baisse de régime de ma part. Mes yeux se ferment légèrement. La main de Starjun se pose sur mon épaule. D'un mouvement de tête, il m'indique le lit. Je le regarde puis me dirige vers ce dernier. Je m'y installe et souffle de bonheur. J'ai besoin de plus d'énergie que je ne le pensais. En même temps, j'ai eu une bonne frayeur plutôt. Je sens une grande main sur l'arrière de mon crâne.
- Je dois partir
- D'accord, lui dis-je en tendant ma main vers lui.
Il me l'attrape et la serre doucement. Trop rapidement à mon goût il la repose. J'entends de légers bruits dont des vêtements qui se froissent. Peu de temps après il me salue, j'ouvre légèrement les yeux et le voit sauter dans le vide. Un rugissement résonne dans l'air et je reconnais le dragon. M'aurait-il salué à son tour ? Un sourire se glisse sur mes lèvres. Le vent s'engouffre dans la chambre et vient sur mes plumes. Il me donne l'impression de multiples caresses qui viennent me bercer. Le monde du sommeil vient me cueillir.
Je me réveille beaucoup plus tard à en croire le chemin parcouru par le soleil. Il doit être midi maintenant. Soudain, la porte reçoit des coups. Quand j'invite à entrer, Coco se présente derrière la porte, accompagné par le Chef. Je lui souris et me dirige vers les deux nouveaux arrivés.
- Coco quel plaisir.
- C'est un plaisir partagé et je vois que je le chef n'exagérait pas.
Dès qu'il le dit, je me rappelle que mes ailes sont toujours apparentes. Je les ai oubliées pendant un moment. Une gêne inappropriée colore mes joues, ce qui contracte mes ailes vers l'arrière de mon dos, un peu comme un chien qui baisse ses oreilles.
- Ne soyez pas gênée Emeline. Je suis ravi que vous soyez de nouveau parmi nous.
- Vous êtes au courant.
- J'ai eu des visions et des précisions de la part du Chef.
- Je vois. Il y a de plus en plus de gens au courant. Est-ce que Rin et Sunny le sont ?
- Ils ont certainement eu vent de tout cela mais pas de manière officielle, répond le Chef.
- D'accord et donc Coco, le Gentleman des quatre rois, que me vaut votre visite ?
- Hé bien dit-il en rigolant par ma formule, je suis venu vous prêter main forte pour votre nouvel apprentissage.
- Je ne vous suis pas.
- Vous allez apprendre à voler.
- Quoi ? Vous allez être mon instructeur ?
- Non pas moi, dit-il en rigolant.
- Kiss ?! Il a accepté ?!
- Il n'y a qu'un moyen de le savoir. Il est sur le toit.
Je n'en doute pas. Il doit bien avoir grandi depuis la dernière fois que je l'ai vu. Nous montons et il ouvre en grand ses ailes quand il me voit. Je suis vraiment contente de le voir. Effectivement, il a bien grandi. Je m'avance vers lui et lui me fixe. A plusieurs moments, il tourne la tête comme un oiseau ce qui pour nous, humains, donnerait des torticolis. Il émet un petit croassement en agitant ses ailes. Je comprends qu'il veut que je me retourne. Je m'exécute et tend mes ailes. Avec son bec, il « gratte » mes ailes ce qui me fait réagir en rigolant. Seulement ensuite une très désagréable sensation me transperce.
- Aïe ! Kiss ?! Qu'est-ce que tu fais ?
- Croa !
- Comment ça tu voulais voir si elles étaient vraies ?!
- Croa !
- Oui ça fait mal.
- Croa
- Ha ! Et alors
- Croa !
- Bah oui je le sens que c'est directement relié à mes nerfs
- Il continue à observer mes ailes sous tous les angles. Il me demande plusieurs petits exercices : tendre mes ailes, battre des ailes. Je pense que le cours vient de commencer.
L'avantage du toit est qu'il est large. Pendant plusieurs heures, mon nouvel instructeur me fait part de la partie théorique liée au vol avec quelques mouvements. Entre temps, Coco et le Chef se sont éclipsés. Maintenant Kiss veut que j'essaye de décoller. Comme je ne peux me jeter du haut de la tour, je dois prendre appuie sur mes jambes et sauter aussi haut que je le peux. Mes ailes sont d'abord rétractées, après le saut au moment où je sens que je stabilise j'étend mes ailes et laisse faire. Comme prévu, je plane et atterri sur mes jambes avec douceur. C'est plus agréable pour mes muscles qui même revigorés ont besoin de temps. Kiss me pousse légèrement pour me féliciter même si j'ai déjà eu la sensation en étant avec Starjun. Je recommence plusieurs fois l'exercice avant de faire une pause.
- J'ai vraiment l'impression que je me muscle.
- Croa !
- Tu trouves que je m'améliore, dis-je ravie.
Il fait un mouvement de la tête qui me laisse penser que je dois d'avantage pratiquer. C'est à ce moment que Coco et le Chef reviennent. Quand ils s'approchent, ils continuent de discuter.
- Tu es sûr que cela ne te dérange pas, Coco.
- Cela dépend d'elle aussi.
- En effet.
- Tout va bien ? Vous êtes partis longtemps.
- Tout va très bien. Dis-nous plutôt comment s'est passé ce « cours ».
- Plutôt bien. Etonnamment Kiss est un bon prof malgré la particularité de son élève.
Nous rigolons de la situation. Ensuite leur visage redevient sérieux.
- Bien Emeline, Coco a une proposition à te faire.
- En effet. Je propose que vous veniez vous entraîner à Gourmet Fortune.
- Vous connaissez un hôtel où je peux résider ?
- Un hôtel dit-il en s'inclinant. Je serais ravi de vous accueillir dans mon humble demeure et cela jusqu'à ce que vous vous sentiez prête à prendre votre envol.
Je n'arrive pas à y croire. Coco n'est pas du genre à faire ce genre de proposition au hasard. Je ne peux m'empêcher d'ouvrir la bouche incrédule. Ma main va très vite rejoindre ma bouche. Les femmes seraient vertes de jalousie, si elles savaient. Seulement un détail surgit dans mon esprit. Je ne peux partir comme ça sans rien dire à Starjun, surtout avec un autre homme. Je me rappelle encore la marque et la sensation sur mon épaule. Des frissons me parcourent l'échine et une exquise chaleur monte sur mes joues.
- Emeline, demande Coco.
- Ha ! Oh pardonnez-moi, dis-je en m'éclaircissant la gorge. Votre proposition est très alléchante Coco mais je ne peux donner suite immédiatement.
- Vraiment, pourquoi donc
- Hum, souffle le Chef par les narines.
Coco me fixe pendant un moment. Je vois une sorte de déception sur son beau visage. Kiss en profite pour croasser. Je n'ai pas compris ce qu'il venait dire quand Coco monte sur son dos.
- Très bien. Je reviendrais dans 5 jours en espérant une réponse positive de votre part. Allons-y Kiss.
Kiss répond en crossant et en ouvrant ses ailes. En un battement d'aile, ils décollent. J'observe la fluidité de Kiss à jongler dans les courants. Plus je le vois faire plus mon envie de l'imiter augmente. Mes ailes en frissonnent d'avance. Une petite dose de culpabilité me prend l'estomac. On aurait dit que les deux personnages n'étaient vraiment pas heureux de ma décision. Je me demande ce qu'à bien pu voir Coco. Il n'aurait quand même pas…
- Oh mon dieu !
- Tu penses encore à lui.
- Chef…
- Fait ce qu'il te plait.
- Je n'allais quand même pas partir sans lui dire et ne me faites pas croire que vous lui auriez dit vous-même. Quand on voit ce qu'il s'est passé ce matin.
- Il ne s'est rien passé.
- Vous avez failli sortir votre aura démoniaque. Ne faites pas comme si je ne l'avais pas remarqué. Je commence à vous connaître, alors que vous…
- Ne m'en demande pas trop Emeline. C'est uniquement pour toi que je suis tolérant et ça vaut aussi pour le Président et les quatre rois.
- Mon cœur a choisi Chef.
- Le mien aussi jeune fille.
Le Chef quitte le toit. Ma boule a encore augmenté de volume. Bon je vais devoir réfléchir à la manière de lui annoncer ma future formation. En soufflant une dernière fois, je descends pour un autre tour dans les laboratoires. Je passe dans la serre et respire un bon coup. En dehors de ma chambre, c'est la serre l'endroit le plus tranquille de ce biotope . D'autant qu'aucune personne en blouse blanche est présente. Je me concentre sur mes ailes ainsi que les conseils de Kiss.
- Elles font parties de moi comme deux autres bras. Je dois juste savoir comment les utiliser.
- Voler voler, dit de multitudes de voix.
- Légèreté !
- Je dois me sentir légère et prendre de l'élan.
Telle une sprinteuse, je pose les extrémités de mes doigts sur le sol. Aussi déterminée que possible, je pars et accélère autant que possible, naturellement mes ailes se tendent. Quand mes pieds quittent le sol, je donne, en une fraction de seconde, l'ordre et mes ailes battent. Un violent coup résonne dans les airs et cette fois je décolle. Aussitôt un deuxième ou un troisième coup résonne. J'arrive à me maintenir dans les airs même si j'ai encore la sensation désagréable mais profonde, comme un souvenir enfoui, de ne pas avoir les muscles pour en faire plus. La différence est que je suis à plus d'un mètre du sol.
Cela fait maintenant plus de trente minutes que je me maintiens en l'air. Cela me demande autant d'énergie que de courir sur un tapis de course. Pourtant, plus je bats des ailes moins la douleur se ressent. Les chocobird restent à mes côtés comme pour m'encourager.
- Plus vite plus vite, disent-ils.
Ma respiration s'est accélérée et j'ai les jambes engourdies à les laisser pendre de cette façon. Finalement, peu de temps après ma première heure dans les airs. Je retombe, avec une lenteur maitriser, sur mes genoux. Mes mains contre le sol et la sueur sur mon front sont des signes évidents de mon épuisement.
Il m'a fallu au moins dix minutes pour récupérer. Heureusement la douche permet d'accélérer le processus et le repas est léger ce soir. Le vent frais au bord du balcon me laisse des frissons agréables sur ma peau et mes plumes. Le soleil est maintenant couché et les étoiles rayonnent au loin. Je me sens bien. Le lit s'offre à moi et je sombre rapidement.
Deux jours plus tard, je suis réveillée par une caresse sur ma joue, celle d'une main rugueuse. J'ouvre les yeux et remarque Starjun dans sa tenue décontractée. Me retournant pour me mettre sur le dos, je lui offre mes lèvres avec des yeux encore paresseux. Les siennes viennent sur mes lèvres puis sur mon cou qu'il sent. Des petits frissons me parcourent et je sens un sourire s'étirer.
- Tu sembles apprécier ma réaction Starjun.
- Comment ne pas l'être ?! Comment te sens-tu ?
- Epuisée. Je fais des exercices de vol mais ça va de mieux en mieux. Enfin je crois.
Il quitte mon cou pour me regarder dans les yeux. Son regard sérieux montre une certaine anxiété. Je le rassure en lui disant que je le fais à l'intérieur en augmenter la difficulté que quand je suis sûre de le supporter. Il semble se détendre même si ce n'est qu'un peu. Il me demande de lui montrer mon dos, ce que je fais. Ses doigts rugueux parcourent mon dos en particulier mes omoplates. Il ne constate aucune séquelle. Je pense que ce n'était qu'une excuse car aussitôt ses lèvres se posent sur mon dos. Le lit bouge et s'affaisse sous son poids. Ses cheveux se posent sur ma tête et me chatouille les parties nues de mon visage. Heureusement qu'ils ne me chatouillent pas le nez sinon je perdrais ma dignité d'un coup.
- Starjun n'oublie pas que tu es 5 fois plus lourd que moi.
- Tu es tellement menue que je pourrais t'écraser en une simple pression. Pourtant je ne l'ai pas fait. Alors pourquoi le ferais-je maintenant ?
- Parce que tu te comportement autrement que depuis la première fois que nous nous sommes rencontrés. Tu sais dans le mammouth régal.
Ses mains se crispent sur les miennes. Comment refroidir une atmosphère aussi chaude que la braise ? Ce n'est pas comme si nous pouvions changer quoi que ce soit. Il avait une mission à accomplir et je l'ai surpris en dévoilant son nom qui n'a jamais été dit.
- Et tu m'as captivé ce jour-là. J'aurais pu vous éliminer.
- On se demande pourquoi ? Tu as dû avoir des problèmes.
- Ce n'était qu'un robot GT.
- Je suis sûre que ça se limitait à ça.
- Evidemment que tu le sais.
Starjun n'en ajoute pas d'avantage. A la place, il se concentre sur ce qu'il faisait avant notre conversation. En prenant appui sur ces genoux et ces coudes, il me montre qu'il est là sans m'écraser. C'est agréable de savoir que même si c'est un géant, il est tendre. Seulement mes pensées changent de bord pour se concentrer sur les « petites » attentions de cet homme qui commencent à grandir. Sa main droite est maintenant sur mon ventre. Il n'a aucune difficulté à me soulever d'une main pour me coller contre sa poitrine. Son souffle chaud me caresse l'oreille. J'ai de la chance que mes muscles abdominaux se soient renforcés sinon je pendrai à l'heure actuelle malgré sa prise certaine sur moi.
- Cette odeur me fait tourner la tête Emeline. Que m'as-tu fait ? Laisse-moi te dévorer entière !
- Starjun…, dis-je d'une voix tremblante.
- Je veux tout découvrir de toi. Guide-moi. Apprends-moi tout de toi. Cet univers que je n'ai jamais exploré pour je ne sais quelle raison, aide-moi à le comprendre. Je le veux. Je te veux.
- Il y a beaucoup de chose et peut-être que tu découvriras des choses sur toi que tu ne connais pas toi-même Starjun. En es-tu certain ? Si jamais tu es… déçu ?
- Je ne vois pas l'avenir mais je sais ce que je ressens maintenant.
- J'accepte de te montrer Starjun. Je serais ton guide malgré ma timidité légendaire car je veux aussi que tu le découvres. On se découvrira ensemble.
Comme s'il comprenait mes dires, il bascule sur le dos et me laisse la main. Mes hanches sont posées sur le bas de ses abdominaux à la lisière de son pantalon. Bien qu'il soit encore habillé, je découvre entièrement mon corps, je ne sais pas jusqu'où nous irons mais peu importe. Seule ma petite culotte sert de dernier rempart. Je m'offre avec une certaine aisance que je ne connaissais pas. Ses yeux me parcourent, il semble émerveiller de ce qu'il voit mais en même je semble hors d'atteinte. Ces mains sont posées sur le matelas. Les prenant, je les pose sur mes petites hanches qu'il encadre parfaitement.
- Touche-moi Star. Ne crains rien ! Je ne te brûlerai pas et toi non plus.
- C'est ce que tu crois, dit-il doucement en longeant mes côtes.
- Décris-moi ce que tu ressens autant que tu le voudras. Pas de filtre, pas de retenu. Parle Starjun. Tu en as le droit, dis-je en me rapprochant de son visage.
- Ta peau est douce.
- Plus, dis-moi plus.
Pendant je m'occupe de son cou, il m'énonce ce qu'il l'intrigue en moi, le « pouvoir » que j'ai sur lui, les frissons que je lui procure que je passe ma langue sur son menton. Je constate que le goût de sa peau est addictif tout autant que sa bouche. Je m'aventure sur son torse que mes mains ont, au préalable, ouvert sa chemise en grand. Maintenant je remonte des manches et emprisonnent ses biceps. Je remonte la tête pour connaitre sa réaction. Lui-même me fixe d'une manière très érotique presque suppliante.
- Tes mains me manipulent comme un maitre de la gourmandise sucrée.
- Quel poète. Mais encore ?
Il se cambre quand mon menton frôle son mamelon , simultanément, il agrippe mes poignets tout en criant mon prénom. Je rêve ! Starjun est sensible à cet endroit. Ce n'est clairement pas tomber dans les oreilles d'une sourde.
- Quelle est cette torture ?
- Ton corps Starjun. Tu aimes ?
Il ne me répond pas avec des mots mais il est tout aussi expressif voir même plus. Je continue cette « torture » qui ne me laisse pas non plus indifférente. Je le sens. Presque par réflexe je sers les cuisses voulant retenir le plus possible ce désir présent depuis longtemps. Concentre-toi Emeline ! Ma bouche quitte ce torse majestueux mais mes mains prennent le relais. Délicatement je pose chaque index sur l'aréole et forme des cercles. Il réagit comme je le pense et je continue avec mes lèvres. Etant allongé sur lui, je sens sous mon bassin une réaction de sa part. Son torse se soulève de plus en plus vite. Mon bassin ondule presque indépendamment de ma volonté. Ça y est je suis emportée à mon tour. Je veux qu'il me touche.
- Tes mains Starjun. Utilise-les.
Je n'obtiens l'interjection de questionnement. Presque de frustration, j'attrape ses mains et les pose sur mes fesses et lui donne l'ordre de les malaxer. Il s'exécute et accompagne mon mouvement. Avec mes doigts, j'appuie davantage sur ses côtes. Je le sens gonfler davantage sous son pantalon. Il n'y a qu'un seul « problème » ma partie intime est juste au-dessus. J'ignore ce qu'il se passe ensuite mais je laisse ce que j'étais entrain de faire et me concentre sur ces lèvres.
- Emeline !
- Je ne sais plus ce que je fais Starjun !
- Ha !
La tension monte. Il empoigne mes cuisses et accompagne le mouvement avec son bassin. Nous sommes au même point lui et moi. Je bouillonne à l'intérieur. Nous frôlons intensément à cet endroit et laissons nos corps agir à la place de nos esprits. Mes muscles se tendent à leur maximum. Je me sens me rapprocher du point culminant. De multiples sensations toutes différentes me submergent mais le plus étrange c'est qu'elles se concentrent aussi dans mes omoplates.
- Emeline, je me sens argghh. C'est puissant.
- Tout comme toi mon Star. J'en peux plus.
Il n'en faut pas plus. La libération est sans précédent. Le plaisir est tel que mes ailes s'ouvrent alors que ma voix s'égare sur les murs de cette pièce. Starjun est dans le même état. Plus aucune force ne m'habite. Epuisée, je reste sur place mais c'est sans compter une main puissante qui me ramène vers un torse trempé de sueur mais sincèrement je m'en moque. Je suis dans le même état. Il me sert fort dans ses bras. Aucun mot ne sort de notre bouche juste une respiration saccadée qui diminue de plus en plus.
Maintenant que ma chaleur corporelle a diminué, je remarque que le soleil vient à peine de percer la stratosphère. Eh bien pour heure aussi matinale, j'étais bien en forme. La bonne nouvelle c'est que personne ne viendra avant quelques heures. Je me redresse et observe l'homme devant moi, mon homme. Soudain, comme si je me rendais enfin compte de ce qui s'était passé, je rougis comme jamais. Comment j'ai pu avoir la force de faire ça. Un petit soupire caractéristique me sort de ma torpeur. Je vois un Starjun entrain de dormir comme un loir. Sa grande main posée sur ma côte, son pouce juste en dessous de l'humérus de mes ailes, qu'il caresse. Cet idiot m'arrache un frisson même endormi.
Quelle douce torture, dis-je doucement en sombrant à mon tour.
