Chapitre Septième
Cor
Vingt-et-un an auparavant.
L'orage grondait.
Oh, il grondait.
Il hurlait, même. Tout comme la femme qui accouchait dans sa chambre à ce moment-là. Ce n'était pas la première fois que Narya se retrouvait dans une position pareille. Les jambes écartées, la sueur sur son front et cela faisait déjà deux fois qu'elle était passé par cette épreuve, et il s'agissait ici… De la troisième. Oui, de la troisième fois que Narya Impavidus, celle que l'on avait surnommé la Malheureuse de facto des histoires racontées à son sujet, donnait la mort au lieu de donner la vie. Sous les coups de tonnerre d'un orage des plus violents, la souffrance de la cinquième faisait froid dans le dos. Sa mère à ses côtés, et ses quatre autres sœurs derrière la porte. Narya avait refusé toute présence additionnelle, notamment dû à la honte qu'elle ressentait.
Mais Lyra, la Stratège, n'était pas présente. Elle s'était réservée de telles horreurs. De plus, ses obligations l'empêchaient d'être là. Des obligations que nuls ne voulaient vivre. Même pas Narya, qui pourtant, elle, souffrait déjà bien assez.
– Ta petite sœur est réellement maudite, n'est-ce pas ? ricana un homme. Tu as de la chance de ne pas être comme elle.
– Loin de moi l'idée de me comparer à ma sœur souffrante, morte de l'intérieur une nouvelle fois.
– C'est louable de ta part, ta bienfaisance fera toujours du bien à mon cœur.
Lyra arqua un sourcil, un sourire en coin, ce qui eut pour don d'agacer Sine au plus haut point.
– Mais tu n'en a pas, de cœur.
Mimant un projectile au niveau du torse, Sine se confondit en une fausse expression de douleur, tirant la langue légèrement et levant les yeux au plafond. Lyra trouva cela ridicule. Toujours aussi ridicule, elle n'avait jamais oser le contredire ses choix avant ces dernières années et mois. Ce n'était qu'en voyant la tristesse de Narya, qu'elle avait décidé de ne pas se laisser ruiner elle. En secret, elle avait contacté le Roi Régis, qui était en train de tout mettre en œuvre pour pouvoir la protégée au maximum de ses disponibilités, compte tenu que le Mortis avait une avance bien grande par rapport à lui.
Il ne pouvait pas envoyer de gardes, manque de personnel à cause de la guerre et le fait de devoir protéger la belle Insomnia. Il ne pouvait pas se déplacer pour les mêmes raisons, et la vie à naître de son petit héritier, quelque chose d'infiniment important pour le Roi, et le Royaume en soi.
Quelque part, l'Impavidus avait honte d'avoir envoyé une lettre à celui à qui elle faisait le plus confiance, malgré la nécessite de son geste. La guerre faisait bien trop rage pour s'occuper de ses petites affaires à elle. Pourtant, il lui avait répondu dans les plus brefs délais. Régis avait déjà quelques idées pour limiter la continuation des dégâts, et même qu'ils s'aggravent. Reconnaissante qu'elle fut, elle n'eus répondu qu'un simple, mais bien placé, merci. Un mot que le Roi n'entendait plus autant que ce qu'il eusse l'habitude de le faire, pour la simple raison que ses sujets le trouvaient… Décevants. Du moins, ceux hors d'Insomnia.
– Tu me blesses énormément, tu sais.
– Comme c'est dommage. Je suis bourrée de regrets.
Agacé par son insolence, l'homme attrapa son menton entre deux doigts. Malgré son mètre soixante-dix, Lyra paraissait tout de même assez petite en comparaison de Sine, qui faisait environ trente-deux centimètres de plus, et semblait bien plus lourd. Sa carrure, très carrée, n'aidait en rien à rassurer la jeune femme. Bien que d'extérieur, Lyra ne tremblait pas. Lyra ne tremblait plus depuis bien longtemps, et cet aspect terrifiant qu'il voulait se donner… Ne lui faisait plus rien. Impassible jusqu'au bout, la seule chose qui la maintenait à la réalité, c'était bien les hurlements de sa sœur qui restaient perpétuelles, accompagnée de supplications pour tout cela cesse. Mais personne ne le faisait, personne ne semblait vouloir accéder à sa requête. Quelque part, cela peinait encore plus Lyra.
Personne n'écoutait Narya. Personne ne soignait Narya. Narya était morte depuis bien longtemps, ce n'était plus que son fantôme. Depuis des années, déjà.
Couper dans son élan par la présence d'Haerys qui était arrivée, essoufflée, les deux se retournèrent. Le visage toujours sillonné de larmes, comme les deux fois qui précédèrent ce même événement, elle tenta de reprendre son souffle. Bien que dégoûtée par la présence de son supposé futur beau-frère.
– Un petit garçon.
Narya.
Antebellum était un cimetière.
Mors vincit omnia.
Présent
– Je suis désolée pour ton père, Noctis, murmura Lei.
– Et moi pour ta mère, répondit-il en compatissant.
Les trois compagnons du Prince furent soulagé par la tension qui tomba entre les deux jeunes gens. S'approchant de Noctis a pas de loup, Lei se mit à sourire d'une façon si fatiguée, que même un mort n'aurait su le reproduire. Quant à Ignis, Gladiolus et Prompto, aucun n'avait prononcé mot sur la situation. Il fallait dire que c'était la première fois qu'ils se retrouvaient en face de ce dont ils avaient toujours entendu parler, mais jamais vu.
– Gladiolus, Prompto et Ignis, si je ne m'abuse ? demanda Lei.
– Oui, Mademoiselle Impavidus, nous sommes hon-…
Lei secoua la main en négation.
– Allons. Je n'ai que seize ans, et j'avais déjà entendu parler de vous. Même si des temps meilleurs n'auraient pas été de refus…
Les quatre hochèrent la tête.
– N'essayez pas d'accéder à Insomnia. Ils cherchent encore des témoins pour les éliminer, et rien n'est accessible. Un miracle que j'en sois ressortie vivante.
– Est-ce que tu t'es échappé avec d'autres personnes, au moins ?
– La garde du Roi Régis. Nous avons lutter comme nous pouvions avec nos moyens, mais l'assaut fut tellement violent… Personne n'avait prévu cette éventualité. Ils nous ont pris en traitre jusqu'au bout.
Noctis serra les jointures ainsi que son poing, Niflheim n'était que des pourritures incapables de bienfaisance, et de ne pas tricher. C'était toujours plus facile de poignarder dans le dos d'autrui, quand personne ne regardait. Noctis ne s'attendait à rien de bien, mais il aurait bien oser espéré un geste loyal ou au moins assez égocentrique pour attaquer de front.
Mais non, ils avaient été malins. Vicieux, diaboliques, même.
– Sir Ravus Nox Fleuret de Tenebrae voulait récupéré l'anneau des Lucii, mais Dame Lunafreya Nox Fleuret ne l'a pas laissé faire. Nyx Ulric, un homme des Glaives s'est battu jusqu'à son dernier souffle et a sacrifié sa vie pour Insomnia et ton père. Sa vie sera oubliée comme celles de tous ces gens, tombés pour nous.
Noctis baissa la tête.
– Personne ne se souviendra d'eux.
– C'est exact, malheureusement.
Le téléphone de Prompto lança la radio, on entendit la prétendue mort du Prince Noctis et de Dame Lunafreya de Tenebrae, causant un conflit semi-général en travers du groupe. Mais ce fut vite réglé par le Lucis Caelum, qui ne voulut pas en entendre davantage. Gladiolus grinça des dents, avant d'aviser. Que faire ? La situation géopolitique était critique, et cet équilibre simplet qui avait été instauré, venait de sauter en une nuit.
– On va à Hammerhead, dit Gladio.
– Quoi, pourquoi ?
– J'ai reçu un message de ma sœur il y a quelques minutes, mais je voulais attendre pour vous le dire. Elle compte aller à Lestallum avec d'autres refugiers.
– Iris va bien ? demanda Prompto.
– Ouais… Heureusement. Elle a quelques égratignures, mais rien de méchant, dit Gladio. Mais il faut vraiment qu'on y aille.
Noctis baissa la tête, pensant.
– Je ne laisse pas Lei seule, ce n'est pas ce que mon père aurait voulu.
– Izunia au rapport : trois invasions de monstres sur nos bases, toutes éliminées par la milice et moi-même. Pas de dégâts techniques de grandes envergures, juste du matériel fragilisé et quelques Magitek hors d'état de fonctionner.
Hara soupira, elle n'arrêtait pas depuis que le Niflheim avait assiégé Insomnia. Se dirigeant vers la salle d'armement, elle posa son équipement et fit disparaître son armure avant de devoir se retourner. L'arrivée du Commandant Nox Fleuret la surprit. Pourquoi était-il debout ? Il était toujours en arrêt de travail, techniquement.
Elle arqua un sourcil, le questionnant en silence.
– Situation de guerre, réponse de guerre, dit-il en soupirant. J'ai toujours du mal à m'habituer à ce nouveau bras. Toutefois, je déteste rester immobile. Surtout quand il s'agit de chose aussi importante.
– Tu aimes la guerre ? dit-elle en baissant son débardeur, de nouveau à lui.
– Non, je n'aime pas ça, dit-il en passant son doigt de chair au creux de sa colonne vertébrale où logeait une blessure. Comment t'es-tu faite cela ? On t'as blessé ?
– J'ai dû aller récupérer du matériel dans les mines de Leide, mais c'était jonché de taotie et j'ai été blesser. Rien de très grave, une égratignure.
– Une égratignure qui fait la taille de ton dos.
Elle s'éloigna juste après avoir refermé le casier et se dirigea vers la porte, alors que Ravus lui attrapa le poignet. Serrant les jointures, elle se tourna vers l'homme aux cheveux clair avant de lui lancer un regard désabusé. Un regard qui ne plaisait pas au Roi de ce que fut Tenebrae, mais il était prêt à passer outre.
– Que se passe-t-il ?
– C'est trop pour moi, tout ça. Puis, j'ai une autre mission. Je n'ai pas le temps de discuter aujourd'hui.
– Parce que tu perds du temps, à me parler ? Qu'est-ce qui est trop pour toi ? Quelle mission ? Depuis mon réveil, tu n'es pas venue une seule fois. Je doute que l'on t'ait attribuer autant de tâches, ton rang n'est pas très élevé au sein de l'armée Impériale.
Ne se laissant pas désarmée, la fille d'Ardyn attrapa son poignet en le serrant assez fort pour qu'il en ressente la pression. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ça, son manque de communication finirait par la tuer un jour, mais ce n'était pas sa première inquiétude. Comme à chaque fois, il ne bougerait pas. Il ne la laissait pas s'en désister.
– Cette guerre absurde pour un crystal qui a fait plus de mal que de bien, une domination sans fin. Je sais que pour toi, c'est personnel, mais moi… Moi je suis entre deux feux. Tu sais ce que c'est ? On te regarde de travers parce que, depuis des millénaires, ta famille travaillait auprès du roi.
– Il faut dire que le Lucis n'est pas un cadeau.
– Ce n'est pas ce que j'essaie de dire, Ravus ! Ne ramène pas ça à toi. Ce que j'essaye de te dire, c'est que je n'ai rien à demander à personne, et me voilà dévisager par mes origines. Je crois que je n'aurai jamais voulu en savoir plus sur ma mère.
– Je suis désolé, dans ce cas. C'est vrai que nos situations sont différentes, et tu ne fais que ton mieux ma chère.
Soufflant, la soldate mordit l'intérieur de sa joue avant de poursuivre.
– L'Empereur Aldercapt m'as attribué une mission Impérieuse : Il se sert de moi pour aller chercher des documents familiaux au manoir de la famille Impavidus, car je peux passer le champ de protection qui entoure le domaine. Je suis un outil, et il se joue de mes tristesses pour ses propres intérêts.
Ravus resta sans voix, serrant le poing de sa main robotique.
– Je ne sais pas quoi dire… Mise à part que je te comprend, et que je sais ce que c'est. Il m'est arrivé la même chose pour les Nox Fleuret. J'ai déshonoré mon serment, que je me devais tout de même de respecter pour ma mère. Puis-je t'accompagner ? Je sais que cela ne t'apportera peut-être que peu… Mais je n'ai pas les moyens d'en changer.
Elle sembla réfléchir.
– Non, car personne n'est au courant sauf toi.
Ravus arqua un sourcil à son tour. Comment ça, personne n'était au courant ? Il n'avait consulté personne ? Même pas le père, la mère ? Quoique, cela ne l'étonnait guère : Aldercapt ne se concentrait que sur lui-même, il était là depuis assez longtemps pour le savoir, malheureusement. Elle lâcha son poignet, tandis qu'il desserrai la prise qu'il avait sur sa peau, avant de la laisser partir.
Certaines choses n'allaient pas, et pour la première fois, il n'avait pas de solution. Aussi temporaire soit-elle.
– Fais attention à toi, Hara Izunia, dit-il en relevant la tête.
La guerre les éloignaient, tout en les maintenant si proche.
Après avoir appris que le Maréchal était passé par le garage des Aurum, le petit groupe de Noctis ne s'était pas fait prier pour se rendre sur place. Lei s'était sentie compressée entre Gladiolus et Noctis, mais elle ne s'était pas plaint de tout le trajet. C'était déjà un miracle qu'elle n'ait pas encore dû survivre toute seule dans la nature plus longtemps.
– Où est Cor ? demanda Noctis.
– Parti faire un truc, après avoir longuement discuté avec papi, expliqua Cindy en remplissant la Regalia.
– Ah ouais ?
– Ouais. Le patron s'ronge les sangs depuis qu'il a appris que vous veniez.
Noctis ne dit rien, après tout, ce n'était pas comme s'il avait quelque chose à rajouter.
…
–… Ton père était pas né de la dernière pluie, il a vu venir le coup… Seulement, il a joué ses dernières cartes du mieux qu'il a pu, mais ça n'a pas suffi à lui sauver la peau.
– Ces pourparlers de paix, ce n'était qu'un leurre… pensa Ignis à voix haute.
– Des conneries, ouais, surenchérit Gladiolus.
Cid hocha la tête positivement.
– Il a réussi à sauver quelques-uns, de ce que je crois comprendre, dit-il en regardant Lei qui tourna la tête, gênée. Calme-toi, ce n'est pas contre toi. Il n'aurait pas voulu que tu meures, Impavidus. Ta lignée serait éteinte encore en plus d'une mort supplémentaire.
La noiraude hocha la tête positivement. Bien sûr qu'elle aurait voulu que ça se passe autrement. Se levant, le vieillard ne fit mine de rien, lui-même ne savait pas vraiment comment réagir à ce genre de chose. Il en avait trop vu, et un mur s'était construit entre lui et la famille royale. Ainsi que tout ce qui y touchait.
Malgré tout, il avait le cœur brisé. Pour Noctis évidemment, mais aussi pour ces familles qui ne reverront jamais leurs enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants, ces pères et mères disparus dans cette tragédie. Tout cela rappelait la tragédie de Cindy, et quelque part, ça l'enrageait encore.
Se levant, il fit quelques pas en direction de la sortie avant de se tourner vers Noctis.
– Moi, j'ai assez parlé. T'as qu'à aller voir Cor. Il vous a laissé un message disant qu'il vous attendait au Tombeau Royal. J'me demande bien comment vous allez y accéder… Depuis que ces bâtards ont tout annihiler.
…
– C'est très loin d'être fini, je vous le dis, confirma Ignis.
Arrivant près d'un camp de chasseurs, Monica fit une révérence face à son arrivant. Heureuse de le revoir vivant. La jeune femme expliqua à Gladiolus comment et par qui Iris avait été sauvée, et quant à Cor, qu'ils l'attendaient au Tombeau Royal.
– Content de savoir que tu es vivant, Lei.
– Moi aussi, Cor. Je ne te demande pas comment tu vas, la situation n'est pas à son plus beau jour.
– Malheureusement. Noctis, je suis soulagé de voir que tu vas bien.
Le prince ne répondit rien.
– Je ne sais pas quoi faire, dit le Prince.
– Tout a été précipité, et je suis désolé pour ton père. Nous avons fait… Tout ce que nous pouvions. Tout ce que je peux faire désormais, c'est t'aider à devenir roi, à venger ta patrie.
– Je ne veux pas de ça ! Il m'as souri quand on s'est dit au revoir, j'pensais pouvoir reparler à mon père !
– Quand cesseras-tu d'être indolent ?! Ton père t'as donner la responsabilité d'être Roi, de prendre soin de son peuple !
– Il m'as pas laissé le choix !
Un silence ce fit, et Noctis reprit son calme.
– Je veux les exterminer, un par un. Je vais les exterminer, jura Noctis.
Cor eut un sourire.
– Alors va dans le Tombeau, tu y trouveras une arme qui te rapprochera de la victoire. Chaque Tombeau en possède une provenant de ta famille, de tes ancêtres. Puisses-tu toutes les récupérer. Je te viendrais en aide au besoin.
– Merci… Cor.
Gladiolus se dirigea vers le Maréchal en lui serrant la main. Lui qui respectait l'Immortel de tout son être, il était soulagé de savoir que quelques personnes s'en étaient sorties vivantes. Cor lui offrit un hochement de tête en guise de salutation, en répétant le geste envers Ignis et Prompto qui furent assez fiers pour y répondre.
– On fera honneur au Roi Régis et au Lucis, Maréchal, assura Ignis.
Malgré leur détermination, le Maréchal n'était pas dupe : Noctis souffrait, et ça lui brisait le cœur. Derrière son aspect froid et fatigué, Cor ne savait que faire. Il n'était pas père, il n'avait pas les mots. Il n'avait rien, si ce n'était son savoir de guerrier. Une fois seul avec l'Impavidus qui avait pris la décision de rester où elle se trouvait, Cor scruta ses mains avant d'entortiller ses doigts.
Que dire ?
Il fallait avouer que ce n'était pas vraiment la meilleure des situations pour entamer une discussion. Encore moins avec une enfant de seize ans traumatisée. Du moins, c'était ce qu'il pensait. Il n'avait jamais été bien doué pour les formalités de toute façon.
– Pourquoi tu n'y est pas aller ?
– Parce que ce n'est pas ma mission, comme toi, répondit Lei. C'est le devoir de sa Majesté, pas la nôtre. De plus, je ne serais pas utile dans cette grotte pleine de monstre, si ce n'est devenir un poids. Tu les rejoindras plus tard ?
– Oui. Et tes yeux ?
– Je ne peux plus utiliser le pouvoir de mes yeux depuis cet incident, j'ai tenté pour me défendre, cela n'a fonctionner que deux-trois fois avant de s'épuiser. J'ai survécu aux soldats Magitek comme ça.
Cor grogna dans sa barbe.
– Peut-être es-tu juste trop choquée ou fatiguée, Lei.
– Ma grand-mère était fatiguée et à bout de force, elle pouvait toujours en faire l'utilisation. Non, moi je pense que je suis devenue inoffensive après avoir été trop exposée à la Peste des Etoiles trop longtemps. Si c'est bien le cas, je te demanderais de-…
– Le clan Impavidus est immortelle, vous ne craignez pas cette maladie.
– Les temps changent Cor, et je ne sais pas ce que cela implique.
Lei regarda autour d'elle : les ruines les surplombaient au loin, rappelant des histoires à crever le cœur dont elle n'avait même pas envie de se remémorer. Que se passerait-il par la suite ? L'Impavidus était terrorisée par la vie, et cette guerre incessante qui lui causait mille angoisses depuis son enfance. Quelque part, peut-être s'y était-elle attendue.
Tout était trop bizarre, trop droit.
Quelque chose ne tournait pas rond ce soir-là, et elle aurait dû en faire part.
– Maréchal ?
– Oui, Lei ?
La jeune femme se tourna vers lui, le fixant avec une lèvre inférieure tremblante.
– Que penserait ma mère de tout ça ?
