Chapitre Neuvième
Duscae
Vingt-trois ans auparavant
Haerys agita son sac dans les airs, tournant sa jupe au même rythme. Le vent frappait ses cheveux avec ferveur, tandis que le Roi Régis la regardait. Leurs rencontres se faisaient rares, mais la bonté de la Beauté d'Eos attendrissait la plus moindre des personnes. Sa Majesté resta dans le silence, cela faisait étrange d'avoir un ciel aussi bleu. Une semaine de pluie, et le soleil était enfin de retour sur Insomnia.
– Haerys, sourit Régis. Quel plaisir d'être en ta compagnie.
– De même, Majesté ! Quel honneur de vous avoir en mes côtés pour me venir en aide.
– Mais voyons, tutoie-moi. Je suis désolé de ne pas pouvoir t'accompagner personnellement.
Haerys pencha la tête sur le côté, certes était-elle triste de ne pas pouvoir accomplir son objectif sans le roi Régis, comme ils l'avaient convenus, mais elle comprenait l'ampleur de ses responsabilités. Bien plus petite que lui, elle se tint droite et garda son regard fixé dans le sien. Les pommettes rose de la Beauté d'Eos réchauffait son cœur, les filles de Reah n'étaient pas ce que l'on disaient qu'elles étaient. Monstrueuses, froides, calculatrices.
Haerys en était le parfait pôle opposé, rien ne correspondait à cette description.
– Pour cette raison, j'ai décidé de t'assigner à quelqu'un qui possède ma plus grande confiance, tu ne peux pas être mieux accompagné. Même moi, je ne suis pas à la hauteur de cette personne.
D'un geste de main incitant à s'approcher, la femme fit quelques pas, avant de s'arrêter devant son interlocuteur. Grand, fier, habillé d'un costume et à une allure si rustre, qu'elle aurait pris peur. Mais non. Il baissa le regard sur elle, constata combien elle était bien plus petite que ce qu'il pensait. Régis ne savait vraiment pas décrire les gens.
Mais ce que le noiraud vit en la scrutant, ce fut sa beauté à couper le souffle. Elle dégageait quelque chose de ses sœurs, et encore plus de sa mère. Son visage était doux ; de légères tâches de rousseurs sur les tempes qu'il devina être dues à l'été ; ses yeux bleus perçants qu'il savait être une caractéristique familiale très connue de sa famille ; une mâchoire arrondie, des lèvres d'un rose légèrement foncé ; et d'une élégance incroyable.
Il comprit pourquoi on la surnommait ainsi.
– Voici ton protecteur, qu'Eos vous garde.
– Enchantée de rencontrer mon garde du corps !
Régis ria à cœur joie devant son enthousiasme, sachant pertinemment que cela gênait l'homme les surplombants.
Base Impériale de Duscae
Caché dans un creux, Cor pensa. Il attendait Noctis. Quelques heures après avoir récupérer sa deuxième arme royale, le futur Roi avait été convié avec ses compagnons, à le rejoindre près de la base de Duscae pour détruire la futur base qui n'était pas très loin de finir d'être construite. Cor redoutait l'arrivée à Duscae pour de nombreuses raisons, mais aucune ne pouvait s'expliquer. Lei observait la situation depuis l'extérieur, et se devait de vérifié que rien n'y personne ne pouvait rentrer dans leur cachette. De plus, elle avait été chargée de trier l'équipement. Pas que Cor appréciait de lui avoir donné ces responsabilités, il savait que ce n'était pas réellement ce qu'elle voulait faire.
– Cor !
Il sursauta presque à l'entente de son prénom, avant de se retourner vers son interlocuteur. Noctis. Soufflant de soulagement intérieurement, le Maréchal se retourna et les poussa sur le côté, un peu plus profondément dans la cavité. Il fallait dire qu'avec la taille de Gladiolus, le pauvre se ferait quelque peu mal au dos.
– Noctis ! Comment s'est passé la récupération de l'arme royale ?
– Bien Maréchal, il y a eu des ennemis, mais rien d'invincible, dit Ignis.
– Ouais ! On les a tous éclatés ! s'exclama Prompto.
Un sourire en coin, Cor se reprit très vite en adoptant de nouveau son air stoïque et fermé.
– Moi et Noctis allons faire équipe, vous vous disperserez pour les prendre en sandwich. Lei viendra avec nous et je concocterais des sorts élémentaires pour qu'elle puisse se défendre.
– Ca me va, dit Gladiolus. Noct', fonce pas tête baissée, compris ?
– Oui oui, dit ce dernier d'un air lasse.
…
Ce ne fut qu'une fois tous les trois et quelques ennemis tombés plus tard, que Noctis et Cor firent le constat qu'ils 'lavaient emportés. Lei s'était finalement occupée de soigner les blessures, et Noctis n'avait pas vraiment su quoi répondre quand elle lui avait répéter maintes fois « je suis désolée, car elle s'était sentie inutile. Cor, quant à lui, n'avait même pas transpirer un peu. Il fallait dire qu'il était habitué.
– Bon débarras ! cria Noctis.
– Il faut dire que, contre le Roi et son maréchal… Il n'y a pas à douter, encouragea Lei.
– Roi-roi… murmura Noctis.
– Ca suffit. Il faut que nous sortions de là avant qu'ils n'appellent des renforts. La base elle-même est désormais pénétrable. Allons plutôt rejoindre les autres, suggéra le Maréchal.
Ils hochèrent tous les deux de la tête, avant de s'orienter vers la sortie, y trouvant Ignis, Prompto et Gladiolus sain et sauf.
– Tranquille ! dit Gladio en s'étirant.
– Ca s'est bien passé ?
– Oui, l'armée impériale n'as rien vu venir, répondit Ignis.
Cor eut un sourire, avant de se retourner de nouveau vers Noctis, ce dernier couvrait son visage de sa main, le soleil tapait fort en ce jour de libération, et Cor avouait qu'il regrettait de porter sa veste de costume.
– Est-ce que ça veut dire que je peux rentrer à Antebellum… ? demanda timidement Lei.
– Exactement, tu y seras d'autant plus en sécurité.
– En sécurité ? Je ne compte pas y rester, c'est la guerre dehors, et pour rendre hommage à sa Majesté Régis, je ne compte pas ne pas me battre… Rester immobile serait un déshonneur pour ma Maison.
– Certes… Mais je ne pense pas que Régis voudrait te mettre en danger.
– Cor, la peur n'évite pas le danger, renforça-t-elle.
Avancement ensemble vers le centre de la base, un vaisseau Magitek se présenta devant eux, causant à Noctis de faire apparaître son arme, la grande porte s'ouvrit sans grande attente, et un jeune blond possédant une armure leur fit face. Un autre géant de métal s'ajouta à ce dernier, causant un mouvement de recul au groupe.
– Tiens tiens tiens, prince Noctis ! Quelle audace de te montrer sur une base de l'Empire, après Insomnia ! Prêt à rejoindre ton papa ?
– J'vais t'faire payer !
Loqi se mit à rire avant de jeter un regard sur tout le groupe, remarquant Ignis, Prompto, Gladiolus, et le Maréchal avant de poser ses yeux sur Lei. Ne cherchant pas plus longtemps dans sa mémoire, il comprit tout de suite son identité.
– Oh… Que c'est cocasse.
Antebellum
Quand Hara s'était réveillée, ce fut sur le sol, et ce n'était pas bien confortable. Tout son corps lui faisait mal, et elle se rendit rapidement compte que de la pluie était tombée sur Antebellum, entre temps. Pestant, elle recracha quelques fines herbes qui s'étaient glissées entre ses lèvres, avant de s'appuyer sur ses coudes.
– Putain de-… commença-t-elle à jurer quasiment silencieusement.
Ses cheveux étaient trempés, et sa tenue ne se portait pas mieux. Essuyant son visage encore humide d'un geste de main, elle se retourna sur le dos avant de fixer le ciel désormais bleu. Essayant de se remémorer les derniers évènements, elle sembla lutter contre ses souvenirs, mais n'y trouva que du vide. Comme si sa chute avait supprimer toute image de ce qu'elle avait pu voir.
– Pourtant, je suis sûre de…
Oui Hara, tu y a été, mais tu ne t'en souviens pas.
Se relevant sur ses jambes, la bordeaux reprit quelques inspirations en tenant de maintenir son poids. Ce ne fut pas une tâche aisée, mais au bout de quelques essais, la jeune femme y parvint. Réalisant l'heure grâce à la position du soleil, elle devina qu'elle avait dormi pendant plusieurs heures, déjà.
Il fallait qu'elle retourne à la base. Aldercapt n'allait pas être très heureux.
Sortant de l'imposante forêt le plus vite possible, elle se retourna une dernière fois en observant les traces d'un champ protecteur, chose qui n'était pas là auparavant, à son arrivée. Elle en était quasiment certaine.
– Qu'est-ce que tu caches, Antebellum…
Ce fut comme elle put, qu'Hara prit chemin vers la tour générale de l'Empire.
Duscae,
Une trentaine de minutes après
Lyra soupira.
Ce ne fut pas facile, mais quelques mètres les séparaient désormais. Haerys trainait des pieds, et Ella restait sur ses gardes, épée en main et prête à être dégainer. La forêt était imposante, le ciel bleu leur donnait de la joie et le réconfort était immense.
Bienvenue, Dames Éternelles…
Vous nous avez manquées.
Souriantes, Haerys et Lyra se regardèrent avant de voir l'immense demeure et le bruit des vagues qui tapaient contre la roche, Ella baissa la garde. Le pouvoir du Lucis avait bien fait son travail, c'était indéniable. Satisfaites, les trois femmes marchèrent vers l'entrée, avant de voir le portail s'ouvrir seul.
Elles étaient enfin chez elles.
– Vous croyez que tout est en ruine ?
– Non, je ne pense pas. Le Roi Régis n'aurait jamais laissé faire cela, assura Ella.
Lyra s'avança, avant de pousser les portes avec ses mains élégantes, la demeure était plongée dans la pénombre, et d'un coup d'œil global, la noiraude remarqua que rien n'avait bougé. Tout était resté comme avant, et la joie qu'elle ressentait, la transcendait. Haerys était partagée. Elle ne se souvenait pas de sa mort, mais elle gardait en tête les milliers de souvenirs en travers les dizaines et dizaines d'années passées ici, et Ella, elle se souvenait de tous les secrets de chaque habitants de cette bâtisse.
– Tout est comme avant, il ne manque que nos autres sœurs et…
– Maman, termina Lyra. Il manque maman.
– Pourquoi il ne l'a pas faite revenir, elle aussi ? demanda Haerys.
Ella haussa les épaules.
– Va savoir, peut-être qu'il voyait pas d'utilité en elle.
Haerys ne dit rien, sa mère aurait eu environ mille ans et des poussières, un cap pour une Impavidus. Gardant tout de même le sourire, elle ne prononça plus un mot. La Beauté d'Eos s'attarda plutôt sur la curiosité de Lyra, à toucher les meuble, les murs, le papier peint… Tandis qu'Ella fixait plutôt les tableaux sur les murs. Même les statues de la salle du fond, ne s'étaient pas salies.
– C'est si bon, dit-elle.
– De quoi ? Qu'est-ce qui est bon ? demanda Lyra.
– D'être de retour à la maison, termina la Sixième.
