Bonjour à vous ! Cette histoire est rattachée à l'univers de ma suite d'OS « Bienvenue en Allemagne sorcière ».

DISCLAIMER : Les lieux, personnages et autres éléments appartenant à l'univers Harry Potter ou affiliés appartiennent à leurs propriétaires exclusifs. Je ne perçois aucune rémunération, de quelque nature que ce soit, pour cette histoire.

Merci à Avr1l Dunmare et MrsBrunette pour leur rôle de beta-reader sur ce premier chapitre.

Bonne lecture !

Rogue venait de s'échapper, Voldemort n'allait pas tarder à arriver. Ils attendaient dans la Grande Salle, prêts à se battre. La pression était palpable après le départ des Serpentard. Filius Flitwick entra alors dans la pièce, accompagné de Remus Lupin et de Kingsley Shacklebot. La Grande Salle semblait avoir perdu toute trace de joie, de gaieté qu'elle avait pu avoir par le passé. La luminosité était faible, du fait de la nuit tombée.

« -Nous avons un problème… annonça gravement Kingsley. Nous avions très largement sous-évalué les troupes de Voldemort. Rester pour défendre Poudlard serait du suicide. Il y a ses Mangemorts, des géants, des Mages Noirs du monde entier, des Rafleurs et d'autres troupes. Et le pire, c'est que contrairement à nous, ils sont diversifiés : troupes aériennes, troupes terrestres, logistique, soutien… Nous n'avons aucune chance.

-Que suggérez-vous ? demanda alors le professeur McGonagall.

-On décroche. On déclare Poudlard ouvert, cela signifie que nous l'abandonnons à l'ennemi pour éviter les dégâts matériels et les pertes humaines en évitant les combats. J'ai croisé Miss Delacour, ou Fleur Weasley maintenant. Elle nous a dit qu'elle a toujours la nationalité française. Elle va tenter de joindre ses compatriotes pour leur expliquer la situation.

-Et ensuite ?

-Elle tentera de trouver du soutien à l'Etranger, comme Vous-Savez-Qui l'a fait. Comme je vous l'ai dit, pour le moment, nous n'avons aucune chance. Je n'ai pas plus envie que vous de le faire, mais il sera toujours plus facile de gagner si l'on est en vie que si l'on est morts. »

La joie du retour de Harry, Ron et Hermione ainsi que l'espoir de victoire venaient de disparaître brutalement face à la dure réalité .La cheffe de la maison Gryffondor, désormais directrice, se tourna alors vers Harry. Elle était en quelque sorte le repère de nombreux élèves depuis la mort d'Albus Dumbledore. Elle était leur protectrice, celle qui avait contribué à organiser une résistance contre les Carrow au cours de l'année passée.

« -Potter ? interrogea-t-elle simplement. »

Harry se tourna vers Ron et Hermione à la recherche d'un signe, d'un avis de leur part. Mais ceux-ci semblaient tout aussi troublés que lui par la nouvelle. Il se tourna alors vers les autres.

-Que va-t-il advenir de celles et ceux qui resteront ici ? questionna Neville.

-L'oppression, la peur, voire la mort… avoua Lupin.

-Alors il faut se battre ! répliqua le jeune homme.

-Mr Londubat, intervint le professeur Flitwick, votre intention est louable mais jamais nous n'avons vu une telle armée, aussi bien organisée et aussi nombreuse. Nous craignons qu'une éminence organisatrice ait rejoint les rangs des Mangemorts. Nous pourrions résister, mais certainement pas gagner.

Harry était face à l'un des choix les plus cornéliens de sa vie : partir temporairement et laisser l'Angleterre aux mains de Voldemort avec tout ce que ce choix impliquait ou bien tenter une résistance désespérée avec un espoir quasi inexistant de victoire ? Que ferait Dumbledore ? Mais Dumbledore n'était plus là, seul lui, Harry Potter, avait le pouvoir de décision. Il n'avait pas le temps de réfléchir posément, de prendre différents avis autres que ceux déjà exprimés. Il prit finalement sa décision. Il inspira profondément avant de dire :

« -On décroche. Fleur a-t-elle réussi à contacter le Ministère français ? »

Comme pour répondre à sa question, la jeune femme susnommée fit irruption dans la pièce. Elle n'était pas aussi bien préparée qu'à son habitude mais son regard brûlait d'une envie de vaincre, peu importe le moyen. Son visage semblait indiquer que les nouvelles étaient bonnes.

« -Ils acceptent de nous envoyer autant de Portoloins d'urgence que nécessaire. Normalement, ils devraient demander au Ministère anglais mais au vu des circonstances, ils feront une exception. Il leur faut environ trente minutes pour tout préparer. Par contre, une fois le transport effectué, il sera rigoureusement impossible de récupérer qui que ce soit de plus. Et faire sauter l'anti-transplanage du château serait du suicide à mon sens. »

Le regard de Harry se posa sur Lupin et Tonks qui avaient confié Teddy à Andromeda et Ted. Ils discutaient, probablement sur la chose à faire quant à la situation de leur enfant. Après un hochement de tête, Remus prit sa cape et fila précipitamment.

« -A quelle distance est l'armée de Vous-Savez-Qui ? demanda Hermione.

-Vingt minutes tout au plus, répondit Kingsley, et encore, s'il n'envoie pas ses troupes aériennes avant. Les adultes les plus expérimentés doivent aller renforcer les défenses du château, pour gagner du temps. Les plus jeunes, restez ici et préparez-vous mentalement à quitter ce pays et à l'abandonner temporairement aux Forces du Mal. »

Un silence de mort régnait dans la Grande Salle. Tous les regards s'étaient tournés vers Harry. Dégoût, déception, colère, tristesse, compréhension, compassion, résignation, peur… On pouvait tout lire dans les regards des élèves. Mais personne n'osa s'en prendre à Harry parce que tous savaient que ce choix était le plus sensé et le plus logique. Tous craignaient pour leurs familles car Voldemort n'aurait probablement aucune pitié pour eux. Alors chacun attendit que les Portoloins arrivent.

Lupin revient finalement après quinze minutes avec Teddy, endormi, dans les bras. Plusieurs parents avaient le même choix d'aller chercher leurs enfants cachés chez de la famille. Quinze minutes encore plus tard, les Portoloins arrivèrent tous dans la Grande Salle où tout le monde s'était réuni. Juste avant de prendre le sien, Minerva McGonagall usa d'un sortilège pour annoncer à cinquante kilomètres à la ronde :

-Nous déclarons Poudlard ouvert !

Le voyage en Portoloin se fit rapidement et tous atterrirent dans le Ministère français de la Magie. Tous arrivèrent en bonne santé et sans encombres. Harry était en train de prendre petit à petit conscience du choix qu'il venait de faire : abandonner le Royaume-Uni à Lord Voldemort. Une femme en robe rouge arriva. Elle semblait avoir plus ou moins l'âge de Lupin. Ses longs cheveux bruns ondulaient comme des vagues. Elle regarda attentivement tous les nouveaux arrivants.

« -Maréchale Noëlle Delespoir, annonça t-elle. Cheffe des armées françaises magiques. Notre armée n'est pas encore assez développée pour vous prêter main forte dans votre mission. C'est pourquoi j'ai contacté mon homologue allemand, l'Eternel Maréchal-généralissime Lionel von Leutel. Il vous attend accompagné du général Isaac Jarnstein, le Chef Juriste de l'Armée Allemande Magique ainsi que de la générale Hilde Friedrich, Présidente du Comité Santé-Affaires Sociales-Education. Ils désirent recevoir cinq représentants afin de pouvoir discuter avec eux des modalités de votre collaboration. Je vais vous conduire à eux. »

Les élèves de Poudlard, tous jeunes adultes, furent décontenancés par la profusion de titres et de noms dans le discours de leur interlocutrice.

Les représentants désignés furent Harry, McGonagall, Kingsley, Flitwick et Lupin. La Maréchale Delespoir leur fit traverser les couloirs aux murs bleus clairs du Ministère français jusqu'à une salle fermée que la maréchale française leur ouvrit d'un coup de baguette. Les cinq britanniques entrèrent dans la salle au milieu de laquelle se trouvait une table en chêne autour de laquelle se trouvaient le un homme de cinquante ans en uniforme marron avec une casquette sur laquelle se trouvait cinq étoiles, un autre homme du même âge avec un uniforme semblable et portant quatre étoiles à sa casquette ainsi qu'une femme plus âgée portant une robe blanche avec une croix rouge et ne portant pas de casquette militaire.

« -Je suis l'Eternel Maréchal-généralissime Lionel von Leutel, Chef des Armées Allemandes Magiques, se présenta le premier. Je vous présente le général Isaac Jarnstein ainsi que la générale Hilde Friedrich. Veuillez décliner vos identités.

-Harry Potter

-Minerva McGonagall, directrice de Poudlard et professeure de Métamorphose.

-Kingsley Shacklebot.

-Remus Lupin.

-Filius Flitwick, professeur de Sortilèges à Poudlard. »

Harry était impressionné, pour ne pas dire fortement intimidé par la stature du maréchal. Il ne ressentait cette sensation que devant Albus Dumbledore lui-même. Le général Jarnstein lui inspirait une certaine rigidité tandis que la générale Friedrich lui inspirait au contraire une douceur, une sympathie qu'il ressentait notamment lorsqu'il était en présence de Molly Weasley. Le maréchal avait un bâton étoilé devant lui. Les trois sorciers allemands avaient des baguettes en acier, ce que Harry n'avait jamais vu jusque là. »

« -J'ai entendu parler de la situation de votre pays, déclara le maréchal. Lord Voldemort est plutôt connu en Europe. Décrivez-moi ce que vous avez vu tout à l'heure, ce qui a justifié votre fuite.

-Nous étions sortis en reconnaissance afin d'évaluer les forces ennemies, expliqua Remus. Nous savions qu'il avait rallié à lui des géants et d'autres créatures. Mais nous avons vu une véritable armée. Des colonnes de troupes qui semblaient avoir différentes spécialisations ainsi que des troupes sur des balais. Il faut rajouter à cela des géants, des acromentules et d'autres créatures du Mal. Nous ne faisions pas le poids, c'est pour cela que nous avons fui. Nous avons dû abandonner notre pays à la Magie Noire.

-Nous combattons la Magie Noire illégale où qu'elle soit. Nous sommes neutres par principe. Mais nous considérons que toute autorité, comme par exemple un Ministère de la Magie, créée, tenue ou usurpée par des Mages Noirs illégaux est, par ricochet, illégale. Et le fait que nous combattons la Magie Noire nous autorise, selon les lois de notre pays, à prêter secours à toute personne ou tout groupe de personnes en faisant la demande. N'est-ce pas général Jarnstein ?

-C'est exact. Nos lois autorisent cela.

-Avez-vous emmené des enfants avec vous ? demanda la générale Friedrich.

-Oui, répondit Kingsley. Des enfants en bas âge, des bébés, des adolescents. De quelques mois à dix-sept ans.

-D'accord, je vous pose cette question car nous prévoyons des dispositions particulières pour les enfants. Il est donc normal que les vôtres en disposent. Si vous acceptez notre proposition, vos enfants seront logés avec vous dans les structures de l'Armée. Mes services, ainsi que moi-même pour les plus jeunes, feront une visite médicale de toutes les personnes et surtout des enfants. »

Lupin sembla se détendre quelque peu. Il devait se faire du souci pour Teddy, songea Harry. En effet, un bébé représentait une charge lors d'une guerre et il pouvait craindre que l'armée Allemande ne s'en soucie pas ou peu. Mais visiblement, cela était l'inverse.

« -Avez-vous dans vos rangs des personnes telles que des vampires, des loups-garous ou autres ? interrogea le général Jarnstein. Je vous rassure, nous ne pratiquons aucune discrimination envers ces personnes, nous en avons même de très hauts gradés. Simplement pour que nous puissions prévoir de quoi subvenir à leurs besoins que ce soit d'alimentation ou de protection. »

Lupin releva la tête, totalement abasourdi par cette nouvelle.

« -Que se passe t-il Mr Lupin ?

-Eh bien… Chez nous les loups-garous sont traqués, discriminés et exclus de la Société. Alors vous comprenez que cela puisse surprendre. Oui, nous avons des loups-garous. »

Les trois militaires secouèrent la tête avec une mine dégoûtée. Harry se rendait compte du fossé qu'il pouvait exister entre l'Allemagne et l'Angleterre sorcières, entre un pays discriminatoire et un beaucoup plus ouvert.

« -Pas de discrimination chez nous, assura le maréchal. Nous préparerons donc autant de potion Tue-Loup que nécessaire. Voici ce que nous vous proposons : nous allons vous aider à reconquérir votre pays et à en éradiquer les Mangemorts. Nous pensons le faire en deux temps : Trois ans de préparation pour vous puis une attaque militaire afin de vous remettre au pouvoir. Nous pourrions faire une intervention maintenant mais vous n'êtes pas prêts à vous battre contre la Magie Noire. Si vous prenez le pouvoir alors que c'est nous qui avons tout fait, vous ne serez pas légitimes. Nous allons vous former à une autre Magie. Nous intégrerons les personnes de moins de dix-neuf ans à notre système de formation. Les plus âgés pourront bénéficier d'une formation particulière ou nous aider à développer nos moyens par leur expérience et leur Magie. Vous serez logés dans nos structures. Vous aurez un statut spécial qui sera élaboré par le Comité Juridique du général Jarnstein afin que bénéficiiez des droits dont vous aurez besoin. Nous vous laissons jusqu'à demain midi pour nous faire part votre décision. Avez-vous des questions ?

-J'aimerais que Mr Lupin, Mr Shacklebot, Mr Flitwick et moi-même puissions discuter avec vous cette nuit des modalités plus précises. Mr Potter doit aller se reposer après une journée éreintante, déclara le professeur McGonagall. »

Le regard du jeune homme croisa celui de sa directrice qui ne semblait tolérer aucune réponse négative. Il valida d'un hochement de tête avant de quitter la pièce. En sortant, il fut abordé par une employée du Ministère qui lui expliqua que les autres Britanniques allaient passer la nuit dans un hôtel sorcier proche du Ministère.

Harry ne savait pas de quoi allait être fait l'avenir mais cette rencontre l'avait marqué sur au moins deux plans : la puissance de ses trois interlocuteurs et le fossé entre la Société anglaise et la Société allemande.