Bonjour/bonsoir ! J'espère que vous allez bien :)

Alors, oui oui, je débarque (encore) avec une nouvelle fiction (supposée être un One Shot à la base... Achevez-moi orz...) alors que j'en ai des tas qui n'attendent que leur suite (le chapitre 11 de A l'ombre de tes yeux est en cours d'écriture, promis) mais j'ai une très bonne excuse ! Si si, je vous assure ! Car en effet, elle est écrite en l'honneur de l'anniversaire à mon ami Blue Aaren. Alors si tu passes par là, mon chou, je sais être en retard d'un jour mais je te souhaite encore une fois un merveilleux anniversaire et je tenais impérativement à t'offrir ce maigre cadeau (Même si je ne suis pas DU TOUT sûre de moi pour le coup *tousse*). Cette fic sera techniquement courte, environ quatre chapitres, peut-être cinq grand maximum ?

J'ai essayé de relever le plus de fautes possible, mais j'ai les yeux qui fatiguent et j'ai enchaîné 2000 mots en deux jours (un exploit pour moi, ne jugez pas xD). Alors si vous en décelez n'hésitez pas à m'en faire part.

Merci de prendre le temps de cliquer sur cette histoire ou même de la lire. J'espère que ce premier chapitre qui fait office de mise en bouche vous plaira.

A tout bientôt. Bisous :*


Résumé : Il est dit que nous ne réalisons l'importance d'une chose que quand elle nous file entre les doigts. Kaminari Denki, jeune étoile montante du monde héroïque, fut confronté à cette douloureuse réalité lorsque son ami le plus cher, Kirishima Eijirou, se retrouva un jour gravement blessé des suites d'une intervention.

Pairing : Kirishima Eijirou x Kaminari Denki

Rating : J'ai hésité entre T et K mais je vais garder T je pense. Sait-on jamais x)


Pour que nos routes se recroisent

- Première partie -

Sa tête s'enfonça dans son oreiller dans un bruit étouffé. Sur sa table de nuit disposée à gauche de son lit, brillant dans la pleine obscurité de sa chambre, les chiffres de son réveil affichaient la modique heure de une heure trente-cinq du matin.

Denki s'accorda un soupir. Ses paupières lourdes comme le plomb se refermaient d'elles-mêmes sur ses yeux rougis par la fatigue. Courbaturé de partout, il bailla à s'en décrocher la mâchoire avant d'enfouir le visage dans son oreiller. Demain, à nouveau, il devrait se lever tôt. Il lui restait un peu moins de six heures de sommeil ; autant dire, pas assez pour récupérer pleinement d'une journée aussi éreintante que celle à laquelle il avait eu à faire face aujourd'hui, ni non plus définitivement assez pour espérer disposer d'un sommeil profond cette nuit.

Nouveau soupir.

Il avait affreusement besoin de repos. Chacun de ses membres hurlait d'épuisement, c'était tout à peine s'il pouvait encore sentir le bout de ses doigts quand il essayait de les remuer. Ses épaules engourdies lui rappelaient en pense-bête que vouloir jouer aux gros durs plusieurs fois de suite quand on était affublé d'une musculature aussi féline que la sienne n'était peut-être pas la meilleure idée qu'il ait eu de sa vie.

Dans la pénombre de cette chambre où le silence régnait en maître, il se ressassait les mots que leur avaient répété incessamment leurs différents professeurs sur le fait d'oser devenir héros indépendant à un si jeune âge.

Travailler à son propre compte générait des envieux, certes, mais n'était pour autant pas évident. La vie active de héros comportait autant de hauts que de bas, autant d'avantages que d'inconvénients qu'il était nécessaire de tenir à l'affût avant de plonger la tête la première dans les eaux troubles de l'inconnu. L'explosion de la concurrence à chaque coin de rue était la principale cause de retraite précoce ; chacun en voulait pour son compte. Certains héros, une fois y avoir été confrontés, préféraient reconsidérer une position confortable, bien que certes moins grandiose aux yeux de la foule et également moins mise à l'honneur par les médias, d'équipier d'un héros disposant d'un plus grand prestige.

Réussir à se faire un nom à tout juste vingt-et-un ans avait été un pari qui s'était d'emblée annoncé risqué, voire téméraire pour un jeunot comme lui. Pourtant, Denki n'avait jamais eu peur de ce genre de challenge. Il avait misé gros en jetant les dés sur la table ; un changement de ville - plus exactement un retour aux sources, à Saitama, sa ville d'origine qu'il avait délaissé pour l'internat lors de ses années de lycée - l'aide d'un héros professionnel pendant deux années après l'obtention de son diplôme, puis, plus récemment, le choix de se libérer de ces chaînes trop encombrantes de personne reléguée au second plan pour devenir le seul à s'enfiler le gagne-pain d'une mission rondement menée.

Un quitte ou double parfait comme il les affectionnait.

Au départ, il ne niait pas que cela s'était présenté comme loin d'être aisé, voire même difficile. Gérer les dépenses, en particulier, avait été un véritable crêpage de chignon pour lui. Mais à bientôt vingt-deux ans maintenant, son succès ne s'en allait que crescendo et le nombre de ses apparitions télévisées ne faisait que s'accumuler, au même titre que sa communauté de fans qui explosait de semaine en semaine les compteurs.

Ce serait mentir que d'affirmer que son ego n'en avait pas connu un boost considérable, si bien que Denki, d'antan trouillard, avait gravi des échelons dans l'échelle de sa confiance en lui. A l'heure du jour, partout où il mettait les pieds, il débordait d'assurance et arborait un rictus fier.

Dans un ultime effort qui consuma les dernières réserves de forces dont il disposait, il s'aida de ses coudes, roula et s'allongea confortablement sur le ventre. Son corps entier le tiraillait, or son esprit demeurait ancré sur le souvenir d'un message reçu il y a de cela quelques heures, alors qu'il pourchassait un voleur de sac dans les rues bondées de sa ville.

Il attrapa son téléphone qui s'était perdu dans les plis de ses couvertures lorsqu'il s'était littéralement jeté dans son lit, puis en alluma l'écran. Une grimace vint déformer les plis de son nez, la lumière lui attaqua si méchamment les rétines qu'il ne fut en mesure de distinguer quoi que ce soit pendant quelques instants. Il lui fallut au moins trente bonne secondes pour s'y habituer avant de pouvoir lire les messages venus tout droit de Kirishima Eijirou, son ami le plus cher et ancien camarade de classe resté sur Tokyo pour commencer sa carrière héroïque.

"Salut mec ! Ça te dit de nous rejoindre sur Tokyo ce weekend ? Avec les autres de la classe on voulait se faire une soirée d'anciens élèves. Ça fait un moment qu'on ne s'est pas tous retrouvés autour d'un verre"

Denki eut un sourire triste lorsqu'en descendant la conversation, il fut accueilli par une photo de son meilleur ami.

Son éternel sourire aux lèvres lui creusait discrètement les fines fossettes aux coins de sa bouche. Son visage, quant à lui, était recouvert d'une mince couche de suie - preuve irréfutable d'une récente intervention en ville, en conclut aussitôt Denki. Ses cheveux d'un rouge écarlate, masse flamboyante aussi indomptable qu'à son habitude, retombaient en bataille sur ses yeux pétillants, ainsi qu'en cascade sur ses hautes pommettes rosées. Kaminari l'observa un moment, sentant son coeur se serrer dans sa poitrine. Il se fit la réflexion que Eijirou n'avait rien perdu de son caractère joyeux ni de son côté doux. Même sur une simple photo, il rayonnait à la manière d'un rayon de soleil.

Assis à ses côtés se tenait Bakugou Katsuki, leur ami que Denki se complaisait à qualifier de ronchon dès qu'il le voyait - et se faisait traiter en retour de tous les noms d'oiseaux. Eijirou avait passé un bras autour de ses épaules afin de le forcer à rester autant que possible en place dans le cadre de l'objectif le temps qu'il prenne une photo convenable, tandis que le blond cendré, ne semblant pas dans un meilleur état que le rouquin, revêtait juste son habituel air constipé et agacé qui signifiait clairement "Dépêche-toi de prendre ta fichue photo et fiche-moi la paix".

C'était dans ce genre de moments, en voyant à quel point ils avaient tous les deux gagnés en muscles et en maturité physique comme mentale, que Denki réalisait combien ils lui manquaient tous infiniment. Il était bien obligé de se rendre à l'évidence que l'absence de la bonne humeur de Mina, des blagues de Hanta, de la voix portante de Katsuki, des moqueries gentillettes de Kyouka et surtout, surtout, de la présence chaleureuse et du sourire solaire de Eijirou avait creusé un vide sans fond dans son quotidien.

Peu importe qu'il tente de le combler par la fidélité sans faille de ses fans qui l'arrêtaient régulièrement pour discuter avec lui, ou bien les nouvelles rencontres comme énièmes flirts qu'il enchaînait sans se soucier du lendemain ; rien n'y faisait. La place réservée à la pièce manquante de son puzzle siégeait vacante, et le manque de ses pairs, de ses amis, de cette famille qu'il s'était construit peu à peu autour de lui, se faisait ressentir jusque dans ses veines.

Cela faisait quelques mois, déjà, qu'il n'avait plus l'occasion de les voir aussi souvent qu'auparavant. Des semaines entières qu'il se forçait à s'occuper l'esprit dans l'espoir d'oublier ne serait-ce qu'un peu ce vide qui grattait de jour en jour du terrain. Alors, à défaut de leur présence à ses côtés, il se contentait de ces messages qui se raréfiaient malgré lui au fil du temps.

"Loin des yeux, loin du cœur" disait-on. Denki admettait n'y avoir jamais cru. Or, dorénavant qu'il était entré dans la vie active et s'assumait seul, le temps dont il disposait jadis pour sa vie sociale avait décliné en flèche. Il n'avait eu de cesse de se demander à partir de quand cette citation ne deviendrait que trop vraie, à partir de quand sa présence finirait par ne plus leur manquer.

Cette dernière réflexion eut pour mérite de le faire sortir de ses pensées moroses. Sachant son planning encore bien chargé et conscient qu'il a dores et déjà trop tardé à répondre à Kirishima, le blondinet ne put que tapoter à contrecœur sa réponse. Une boule pleine à craquer d'émotions lui enflait progressivement dans la gorge et lui donnait l'impression de frôler de près l'asphyxie.

"Je suis en patrouille tout le restant de la semaine. Désolé mec, comptez pas trop sur ma présence ce soir-là. Je ne sais pas du tout si je pourrai me libérer. J'essaierai de passer au plus vite un autre jour."

Ses yeux se remirent à papillonner suite à ces mots, signe avant-coureur annonçant qu'il ne ferait pas long feu. La lutte acharnée contre le sommeil qui le happait au creux des bras de Morphée ne s'éternisa pas bien longtemps ; il s'écroula au final si vite qu'il ne vit même pas le second message de Eijirou arriver à peine deux minutes plus tard :

"Oh... Dommage. Ouais, t'as raison... On se refera ça une autre fois. Bye."

~ x.X.x ~

Les nuées d'éclairs jaunes rendaient l'air autour de lui pesant, électrique, à la limite du respirable. D'incontrôlables frissons rampaient sous sa peau, hérissaient les poils de ses bras et de sa nuque. Venant de toutes parts autour de lui, les exclamations de la foule détonnaient tels des coups de tonnerre entre ses deux oreilles.

Parmi la mêlée, c'était tout à peine si on entendait s'élever les voix des autres héros venus prêter main forte et mettre en sécurité les civils derrière un périmètre de sécurité.

L'estomac comprimé comme dans un étau, Denki inspira. Puis expira.

Il ravala le peu de salive qui lui restait encore en bouche, le souffle court et l'odeur de souffre emplissant ses narines, ses prunelles mordorées ne quittant pas celles de son opposant, aux aguets.

Sur son palais régnait un désagréable goût de fer qui apparaissait systématiquement lorsqu'il utilisait son Alter sur une période prolongée. Les plantes de ses pieds plantées dans le sol, la balance de son poids sur son corps parfaitement équilibrée sur ses jambes, Kaminari tendit le bras devant lui dans un geste de défi. Il recalibra correctement ses lunettes sur le bout de son nez, lesquelles avaient glissées de l'arrête de son nez à cause des perles de sueur qui lui roulaient du front. Enfin, il esquissa un sourire provocateur.

Ce dernier n'eut probablement pour unique mérite que de mécontenter son adversaire car, l'instant qui s'ensuivit, il glissa un pas sur la droite. Le blanc des yeux de ce vilain avait viré au vermillon sous l'effet de la colère. Mis au pieds du mur après s'en être pris à un commerçant, dévalisé sa caisse et fuit la queue entre les jambes, il n'avait trouvé d'autre initiative que celle d'affronter de face Denki, arrivé sur les lieux après avoir entendu les cris des passants.

Grave erreur.

Ne lui offrant pas la moindre chance, le jeune héros blond décocha. L'image suivante fut celle d'une décharge jaune que subit de plein fouet son ennemi. Celui-ci, l'écume aux lèvres, émit un feulement de douleur qui se répercuta en écho contre les murs des bâtiments à proximité, convulsa, puis ses yeux se révulsèrent dans leurs orbites.

Il s'écoula à peine une seconde entre le moment où les éclairs disparurent et celui où le vilain, ayant perdu connaissance, s'effondra tel un pantin désarticulé sur le macadam.

Figé, le bras encore tendu, Denki attendit que les secondes se cumulent au nombre de cinq avant de finalement oser baisser sa garde. Il obliqua le regard vers le ciel, ses bras retombant ballants le long de ses flancs, et prit une nouvelle profonde inspiration. Ses poumons lui brûlaient et le sang pulsaient furieusement dans ses tempes.

Pour une raison qu'il ignorait, depuis qu'il s'était réveillé ce matin, un mauvais pressentiment lui tordait les entrailles. C'est pourquoi il avait pris toutes ses précautions avec ce vilain. Mais même après l'avoir vaincu, le pressentiment demeurait, là, logé dans son ventre, cramponné, résolu à ne pas relâcher son emprise.

Kaminari eut le réflexe de vérifier une dernière fois que le trouble-fête du jour soit bien hors d'état de nuire avant de se mouvoir jusqu'à la bordure de trottoir la plus proche, où il s'écroula assis.

En parlant de ce malfrat, entre temps la police avait débarqué en un tintamarre assourdissant de sirènes. Denki l'avait entendu arriver dans son dos pendant qu'il retenait l'attention de l'homme. C'est pourquoi, entre autres, il n'avait pas cherché à lui apporter davantage de crédit maintenant qu'il était définitivement hors d'état de nuire. Il savait de source sûre que les policiers fondraient tel un seul homme pour ligoter cette petite frappe. C'est d'ailleurs ce qui se produisit dès qu'il eut posé les coudes sur ses genoux.

Son attention se détourna de la scène d'arrestation qui se jouait à une quinzaine de mètres de lui dès qu'il sentit son téléphone portable vibrer dans la poche intérieure de sa veste de costume noire et blanche. Un de ses sourcils en fit un petit bond, perplexe ; les appels à cette heure de la journée étaient d'ordinaire plutôt rares.

Son téléphone dégainé, Denki en alluma l'écran en se demandant qui pouvait bien insister autant. Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver devant une bonne douzaine de notifications de Mina, comme de Hanta et de Kyouka. Elles dataient toutes des dernières minutes, il devait avoir manqué de les sentir, trop pris dans le feu de l'action. Lui faisant l'effet d'un véritable coup de fouet, son mauvais pressentiment revenant au triple galop, il n'hésita pas une seconde et appuya sur le dernier appel en date, ce lui de Mina plus précisément, qui venait tout juste de se terminer.

La première tonalité eut à peine sonné que Mina décrocha. Denki n'eut aucunement l'occasion de la saluer que déjà elle s'exclamait avec un certain énervement dans la voix :

- Bon sang, Kaminari ! Enfin tu réponds ! Tu te rends compte que ça fait bien quatre fois que je t'appelle ?!

Le blondin se sentit de suite brusqué. En guise de réponse, il ne put que s'excuser en bredouillant un :

- J-J'étais en pleine intervention, Ashido. Désolé, qu'est-ce qui se passe ?

Un soupir se fit entendre de l'autre côté de la ligne. L'inquiétude de Denki ne faisait que grimper, Mina semblait à bout de nerfs et il était persuadé d'entendre sa voix se briser à la fin de ses phrases.

Ashido marqua un blanc, Kaminari se demandait si elle cherchait ses mots ou si elle ne l'avait juste pas entendu.

- Mets de côté tout ce que tu comptais faire aujourd'hui, il faut que tu viennes sur Tokyo maintenant. Kirishima est à l'hôpital.

Kaminari s'était apprêté à lui répondre qu'il comptait de toute manière passer dans la soirée, qu'il mourrait d'envie de les revoir et qu'il resterait chez Kirishima pour la nuit, mais les mots se moururent sur sa langue à l'entente de la dernière phrase.

Incapable de penser plus loin, les oreilles sifflantes et le cœur battant à tout rompre, Denki baragouina faiblement un "J'arrive". Avant de comprendre à quel moment il avait bondit sur ses jambes pour s'élancer à corps perdu à travers la foule, il courrait déjà en direction du premier taxi qui se dessina dans son champ de vision.