Les voies de la Force

L'urgence battait son plein. Le Conseil réuni autour du Maître aux longs montrals avait planté un silence d'effroi qui se lisait sur chacun des membres.
Deux mois, deux mois d'attente peinte d'angoisse qui venaient de prendre fin dans une révélation pétrifiante.

Windu tenait entre ses mains les débris d'un Holocron quand Obi-Wan serrait étroitement les tissus usés d'un ami disparu.

Des années. Il était resté des années à errer sur Salanka, un astre baignant dans la Force elle-même, qui modifiait le temps et l'espace. Anakin s'était vendu corps et âme à une Sith.

Je dois te sauver.

Les pièces de l'immense puzzle se reconstituaient avec une amertume douloureuse.

Bo Vanda avait raison.

Spectateur impuissant de la chute de son ami. Et maintenant Anakin était introuvable dans la Force, en avait déserté les chemins d'une manière dont il n'arrivait pas à percevoir le comment. Il fallait qu'il le retrouve, au plus vite.
Il n'était plus question d'attendre que le Conseil débatte dans d'interminables tirades creuses et répliques véhémentes à l'encontre d'Anakin. Plus question d'attendre pour le laisser sombrer encore plus.

« Nous devons analyser cet Holocron. Pensez-vous en être capable Maître Jocasta ? »

« Je verrais ce que je peux faire, Maître Windu. »

Maître Ki-Adi-Mundi prit la parole :

« Il faut le retrouver au plus vite. Il a été élève pendant des années sur cette planète. Nous avons la confirmation qu'il est un Sith. Même apprenti, il reste une immense menace. Il est évident qu'il va prendre la place de Dark Tyranus à la tête des Séparatiste. S'il ne l'a pas déjà fait. »

« Skywalker a pactisé avec cet Holocron dans le seul but de gagner un savoir qu'il lui permettrait de sauver ceux qu'il aime. Il a eu les visions de la Padawan mourir. Il s'est vendu pour la sauver. Et maintenant qu'il n'a pu éviter cette tragédie, il est évident qu'il doit être perdu dans les affres des remords. » Shaak Ti avait parlé d'une voix douce, mais ferme. Tous connaissaient le long deuil de ses deux précédents Padawan.

« Les Jedi doivent être dénués d'attachement, ce n'est pas une raison. Il est allé à l'encontre total du Code. Il doit être radié de l'Ordre et interrogé sur ses actes avant qu'il ne devienne une plus grande menace. »

Les jointures de Kenobi blanchirent légèrement sur l'étoffe entre ses doigts.

« Savoir ce qu'il a appris de cet Holocron nous devons. Qu'il soit devenu un Sith, je ne pense pas. Cependant, sa recherche, notre priorité doit être. Avant qu'avec le Général Grivous et la tête des Séparatistes, il ne prenne.»

« J'irai seul. » cette fois, Kenoki en avait assez entendu.

Il se leva et partit hors de la salle. Il avait besoin de réfléchir.

« Il ne nous fait plus confiance » lança le Maître Kit Fisot

Mais n'était pas sa confiance qui leur échappait, pensa le vieux Maître, c'était l'amour.

.oXOXo.

Il devait suivre son cœur et son instinct. Le Conseil ne comprenait pas. Mais ce n'était pas grave. Qui-Gon le guidait, lui. Il savait qu'il était encore avec lui, qu'il ne l'avait jamais quitté. Il commençait à percevoir pourquoi son Maître avait toujours refusé de siéger au Conseil, pourquoi même Anakin les avait traités d'aveugles. Et malgré tout ce qu'ils avaient découvert, ils ne semblaient que vouloir l'enfermer, joindre ses poignets dans les entraves de menottes au nom de la peur.

Ses pas le menèrent à son speeder pour dériver lentement vers la résidence de la Sénatrice.

Il la trouva assise sur le sofa incurvé. Les yeux bouffis de rouge. Elle se releva avec cet air digne qui la caractérisait tant. Plutôt debout que laisser paraître le désarroi. Dans ses mains il reconnut une arme qui avait valu tant de sermons à son Padawan. « Cette arme, c'est ta vie ». Et c'était sa vie qu'elle tenait dans ses mains délicates et mouillées.

« Il me l'avait donné. »

Ils se rassirent tous deux sur les coussins dans un sanglot silencieux.

« Maître Shaak Ti est revenu de l'astre sur lequel Anakin s'était échoué. » commença Obi-Wan. Et il lui relata les mêmes mots qui avaient glissé des lèvres de la Jedi. Padmé avait toujours le regard étrangement figé sur le manche du sabre.

« Il semblerait qu'il est eu des visions, montrant la mort d'Ahsoka, c'est ce qui l'aurait conduit à basculer du Côté Obscur… »

La Sénatrice retient sa respiration à cette phrase.

« Non. »

Elle braqua son regard sur la mine surprise d'Obi-Wan.

« Ce n'est pas elle qu'il a vue, c'est moi… Je n'avais pas compris à ce moment-là. » murmura-t-elle, « Il m'a dit avoir été hanté par mon cercueil durant une éternité sur cet astre. Qu'il était revenu pour me sauver. Qu'il avait le moyen de me sauver. »

Elle se releva. Elle avait besoin de marcher, de respirer. Alors c'était donc ça. Il avait à nouveau eux des visions. Ses visions. Celles-là mêmes qui avaient envahi son esprit plusieurs années auparavant.

« Sa mère, Anakin avait eu les mêmes visions avant la mort de sa mère… »

« … raison pour laquelle il s'est dévoué à ce Sith, » compléta le Jedi dans la stupeur.

Sauf qu'il ne s'agissait pas de la mort d'Ahsoka qu'il avait vu, mais celle de Padmé. Et s'il avait vu plusieurs morts, et non pas que celles de Padmé ou d'Ahsoka… ? La question l'étrenna d'une angoisse glaciale.

Padmé se retourna vers lui.

« Mais je ne suis pas morte. Seulement Ahsoka. Alors pourquoi ne revient-il pas ? Pourquoi... » elle ne finit pas sa phrase, se perdant dans des larmes qui s'écrasèrent sur le sabre qui lui appartenait.

Oui, il le lui avait offert. Mais ce n'était pas cet objet inanimé qu'elle aurait voulu retrouver. C'était son mari, c'était son Ani, vivant, à ses côtés. Pas cette chose qui la répugnait en même temps qu'elle s'y accrochait comme on s'accroche aux souvenirs qu'on ne veut laisser mourir. Un dernier morceau parmi tous ceux vaporeux qui tournaient en boucle dans ses songes salés d'espoir et amers d'abandon.

.oXOXo.

Il marchait dans les couloirs du Temple. Une boule lui serrait la gorge, la colère animait ses muscles.

Il entra dans la chambre du Conseil. Au centre, un hologramme bleu du portrait d'Anakin flottait. Alors ça y est. On y était. Traqué, recherché, ennemi de la République.

L'image le dégoutait. Il sentit alors la main réconfortante de feu son Maître sur son épaule. Non, jamais l'ignorance et la peur ne le feront ployer.

« Alors voici où nous en sommes ? Nous courons sans savoir où nous allons, pressés par les fouets de la peur ? »

Des esprits suspicieux le fusillèrent du regard.

« Les Jedi, dénués de peur et d'émotion. Quelle ironie… » il renifla d'un mépris mal contrôlé.

« Je l'ai déjà dit dans la colère, maintenant je le pense dans la sagesse. Mes frères et sœurs de l'Ordre, nous nous sommes perdus. Nous ne savons plus tendre la main, nous prônons la tolérance, le dialogue et la paix. Nous sommes devenus faiseurs de guerres, pris dans le tourment de l'angoisse, étouffé par le paraître. Quel triste constat. Gardiens de la paix, de la démocratie, êtres de la compassion, nous avons oublié. Nous sommes prêts à jeter tous nos Initiés et Padawan dans un charnier de guerre. Nous nous inclinons devant le Sénat – Palpatine, soyons honnête – qui abroge le visage de la liberté. Avez vous seulement vu les rues de Coruscant ? Avez vous seulement vu les planètes sous le règne de la « Démocratie » ? Je ne vois que des soldats. Je ne vois que plus de contrôles, plus d'assignations, de méfiance. N'en déplaise sûrement pas aux Séparatiste de cette politique d'hostilité sous couvert de la sécurité.
Et moi-même je me perds.
Il est temps de redevenir ce que nous devrions être. Des Gardiens de la tolérance. Et cette tolérance, nous ne sommes pas même de l'appliquer à nos frères.
Anakin n'a peut-être jamais été un grand maître de ses émotions, mais il est bon. Beaucoup d'entre vous l'ont toujours vu comme une menace. Ironique, disais-je, pour une Ordre qui se veut de la tolérance. Que penseraient les chemins de la Force ? Je vous le demande, que la Force nous dit-elle ? »

Le silence plana, quand bien-même il n'attendait aucune réponse de ces statues.

« À moi elle me souffle d'écouter mon cœur, et mon cœur, de retrouver mon frère. Que le Conseil décide ce qu'il souhaite dans la peur qui semble l'étouffer, pour ma part, je me retire. »

« Vous ne pouvez partir ainsi du Conseil ! »

« Et pourquoi pas, Maître Windu ? Feu mon Maître me juge bien assez depuis la Force. Je ne le décevrai plus. Et maintenant, je l'ai compris.

Je suis un Jedi, mais si siéger au Conseil signifie faire des choix qui vont à l'encontre des valeurs en lesquelles je crois, les valeurs de l'Ordre, alors je n'ai plus ma place sur ces sièges. »

Et Kenobi se retourna, faisant virevolter le drapé de sa robe terne dramatiquement.

Il en avait fi de cette guerre, de ces réunions inutiles de membres, de ces bourbiers des guerres, de voir la mort dans les pupilles et des décisions pesantes des assauts qu'il savait perdus d'avance. Fi de ce Conseil qui menait une doctrine qui leur faisait perdre tant de vies. Envoyant aveuglément chaque Padawan et Jedi à l'abattoir sous la pression du Chancelier.

Ce Chancelier qu'il se serait fait un plaisir d'étrangler en cet instant.

Il sortit et laissa s'écraser un silence de plomb sur le Conseil.

La porte se rouvrit soudainement pour laisser passer la tête furibonde d'Obi-Wan.

« Et de toute façon, ces sièges sont d'un inconfort total ! »

La porte se referma.

Quelques fesses gênées remuèrent sur leurs sièges. Certes, Kenobi marquait au moins un point sur le sujet.

.oXOXo.

Sans savoir où ils allaient, le vieux marchait et il suivait, l'esprit dans des ailleurs inconnus. Comme trainé par des câbles invisibles. Il avançait par un miracle qu'il ne saisissait pas, savait seulement que s'il s'arrêtait alors il effondrerait.

Ils arrivèrent dans un quartier dont la végétation le surprit. Des bouquets avaient fleuri ci et là. Des fleures blanches, des feuilles noires aux courbes douces et pleureuses.

Le vieux s'assit alors devant une gerbe au pied d'un immeuble couvert de bâches et des échafaudages où s'affairaient quelques êtres dans un fourmillement frénétique, reconstruisant l'ineffaçable.

Anakin resta debout.
Il y avait des gens pour rendre hommage, pour pleurer, d'autres pour rester debout et assister. Lui n'avait sa place nulle part.

« Sur quoi te recueilles-tu ? »

« Sur l'égalité. » et il se retourna pour lui sourire.

Anakin ne pouvait soutenir cette tendresse nostalgique. Il préférait le silence, rendre un sourire lui était un mouvement de lèvre impossible, il tourna sa tête vers l'Ouest. Il n'avait pas sa place ici. Il aurait dû continuer à aller sur le front, se battre et peut-être ramper jusqu'à son dernier souffle comme tout ses hommes.

Il aurait dû éviter ces fleures.
Pourquoi ce sentiment ? Tant de civilisations étaient parties avec cette guerre depuis quatre ans. Une personne de plus ou de moins… qu'est-ce qu'un quartier d'une ville ? Mais Coruscant ne l'avait jamais connue, cette guerre.
Des hommes armurés de blanc passèrent. Depuis quand y en avait-il tant sur Coruscant ?

« C'est ici que tu l'as perdu ? »

« C'est ici que j'ai compris. » il poursuivit avant qu'Anakin ne pose une nouvelle question. « Que l'Ordre avait failli depuis trop longtemps. Qu'un monde de paix et de justice pour tous, d'égalité pour tous était impossible. Je viens ici me recueillir sur ces rêves avortés et puérils du passé.

Sur ceux qui sont morts en y croyant encore, sur ceux qui sont restés debout en l'ayant perdu.
Je viens ici me rappeler que les rêves sont une ligne d'horizon qui jamais ne s'atteint, elle ne se fait que but, valeur, combat, espoir. Ce que tu voudras. Mais jamais elle n'existera dans le présent, pas même dans le futur. Elle brûle dans nos cœur, peut-être. Actionne nos muscles, nous fait avancer et tendre des doigts aussi chargés d'espoir que de désespoir vers cette utopie. Mais elle reste, et restera toujours, un horizon. »

Il l'invita à s'asseoir à ses côtés. Après un instant d'hésitation, il rejoint le vieux avec précaution.

« Tu parles d'utopie et d'horizon, du deuil d'un monde de paix. Je l'ai fait aussi un jour, ce deuil. La paix n'est qu'une illusion. »

Le vieux-qui-ne-pouvait-voir resta silencieux, ses yeux gigotant de temps à autre dans des directions folles.

« Déposons alors ensemble une fleure sur cet espoir impossible. Seuls nos combats comptent. Tant qu'il y aura des injustices, de la misère… alors nous aurons raison de nous révolter.»

Anakin ne pu retenir un doux rire face à cette déclaration. Un rire nerveux ? Un rire résigné ? Un rire fatigué.

« Alors nous nous battons pour un espoir impossible ? »

« Ce n'est pas ce que j'ai dit, mais tu commences tout de même à entre-apercevoir le sens de mes mots… »

Anakin rigola de plus belle. Qu'il était bon de rire, même en des lieux aussi ravagés. Ils devaient sûrement passer pour des profanes.

« Même si je ne te comprends pas, alors j'accepte ce combat. Combattre pour un rêve impossible. Il faut être fou pour ça. »

Il retournèrent ensemble dans un silence tranquille en direction de leur bâtiment désaffecté. Anakin avait besoin de réfléchir à sa place dans ce monde.
Il ne pouvait plus se cacher éternellement dans le squatte crasseux de bas fonds de Coruscant. Mais il avait encore tant à apprendre. À redécouvrir…

Il mangeait sa bouilli infâme sous le regard mort du vieux. Une fois avalé, il se redressa, chargé de questions :

« On m'a dit être un Élu de la Force, celui qui devait ramener l'équilibre dans celle-ci.
J'ai vécu des années sur un astre vivant, sous les instructions d'une Sith qui m'a appris à conserver la vie. À manipuler les âmes. Je pensais sauver les miens, devenir plus fort, toujours plus fort comme je me l'étais juré, et je n'ai fait que perdre ma Padawan. En quoi puis-je être un Élu de quoi que ce soit ? »

« Tu penses que la Force nous guide, tu as perdu la foi en celle-ci et c'est pourquoi tu t'en soustrais dans la drogue, mais tu vis toujours. Ce n'est pas la Force qui nous guide, ce sont nos choix qui nous accomplissent, je te l'ai déjà dit. »

« Les émotions sont bannies de l'Ordre, pourtant je ne puis en faire abstraction, elles m'ont bercé, me guident et m'emportent. »

« Les émotions sont le propre de tout être. Elles ne sont, pour moi, pas à prohiber. Elles sont à chérir. Ne les refoule pas. La colère peut-être destructrice comme moteur de révolte et de changements positifs. L'amour peut t'amener à la jalousie comme elle t'élever vers une compassion des plus absolue. Le désespoir peut te tuer comme il peut révéler en nous une force que nous ne soupçonnons qu'en étant au plus bas. La peur peut nous faire céder à l'animosité comme exhumer l'altruisme entre les êtres dans les moments les plus terribles.
Les émotions ne sont pas à bannir. La seule chose que nous devons garder est notre but. »

« Mais les émotions sont un obstacle à la sérénité. »

« Pourquoi donc ? L'amour ne t'a-t-il pas apporté la paix ? La colère, la force d'avancer ? La compassion, celle de sauver ? Notre but seul compte. Accomplit les actions qui te semblent justes, qui portent tes valeurs et tu trouveras ta sérénité. Et la sérénité est propre à chacun. Elle diffère pour tous. »

« Les Maîtres ont pourtant pour habitude de répéter que les émotions mènent au Côté Obscur de la Force.»

Le vieux ria aux éclats pour la première fois.

« Dois-je vraiment répondre à cette question ? » les rides autour de ses yeux se plissèrent de malice.

« La Force n'est ni mauvaise ni bonne. Il n'y a que nos actions qui peuvent être jugées. Et le jugement est subjectif. La Force ne doit plus te guider, elle ne fait qu'exister à nos côtés »

.oXOXo.

« Penses-tu qu'il sera remis à temps ? »

Anakin dormait d'un sommeil lourd dans la pièce, remuait fiévreusement de temps à autre, poussant de petits gémissements dans un soubresaut, ses vêtements assombris de transpiration.

« Qu'il se remette ou non lui appartient. Nos combats doivent vivre avec ou sans lui. Avec ou sans Sensible à la Force. Sommes-nous assez nombreux ? »

Le Drall aux poils d'un brun soyeux soupira.

« Il suffit d'un seul être pour faire pencher la balance. Ou tout du moins, la redresser, dans notre cas. Si seulement l'Ordre des Jedi- »

« S'ils ne sont pas aussi corrompus que le Sénat, alors peut-être ouvriront-ils les yeux à temps. » le coupa le vieux. « En attendant, celui-ci peut-être la clé. »

Le Drall se releva pour quitter la pièce.

« Que la Force soit avec toi, mon frère. »

« Aucun Maître, seule la Force, mon frère. Qu'elle soit avec toi aussi. »

.oXOXo.

Le Chancelier l'avait enfin retrouvé. Il se trouvait dans un quartier abandonné de la Capitale.

Et d'après les renseignements, il traînait sa carcasse droguée dans un désarroi méconnaissable.

Un ancien Jedi perdu dans les tourments. La mort de cette Togruta avait eu un effet encore plus providentiel qu'il ne l'aurait imaginé. La seule énigme qui lui restait à élucider était la technique pour percer les esprits qu'il l'avait vu appliquer sur son ancien apprenti.

Il se retourna vers son bureau, s'arrachant à la contemplation de la cité par la baie.

« Retrouvez-le-moi »

Le garde rouge s'inclina.

« Passez par vous-savez qui. » rajouta le Chancelier avant que son garde ne se congédie. « La discrétion doit être de rigueur. »