Bonjour j'espère que vous allez bien !


Respire

Cette nuit qui aurait dû être la dernière de sa vie avait le goût de la renaissance. Finalement, il était peut-être bien mort, il avait traversé l'intraversable pour ouvrir enfin les yeux sur un monde qui lui paraissait différent. Il se sentait revivre. Il appréciait chaque bouffée d'oxygène qui emplissait ses poumons, d'une intensité nouvelle.

Ils s'endormirent dans le plaisir, se réveillèrent avec la lumière. Un soleil resplendissant après une si longue nuit. Tout lui semblait nouveau.
Dormir dans un lit, manger avec des couverts. Padmé s'était souciée de prendre leur petit déjeuner sur la terrasse, elle s'était presque inquiétée de ne pas trouver la fourchette qu'elle voulait. Quelle drôle de pensée après avoir mangé à même la gamelle de ses propres doigts. Ou des lézards durant des années…

Et jusque dans son assiette, les couleurs paraissaient presque plus brillantes, plus vives.
Ces détails si vite oubliés des gens ordinaires quand on a vécu dans les bas fonds de Coruscant.

Il inspira profondément dans la clémence de rayons solaires. Il avait presque l'impression de sentir les bras chauds de Salanka s'enrouler autour de lui dans la Force pour le bercer. Alors c'était ça, le courage d'espérer ? Pourtant, la pensée lointaine d'un vieux lui rappela qu'il n'y avait pas besoin d'espérer pour entreprendre.
Alors espérait-il, en ce moment ?
Il n'aurait su le dire. Il avançait, simplement.

Padmé le regardait tremper de manière lente et régulière sa fourchette dans son café. Elle avait commencé à compter, complètement intriguée… 34, 35, 36… Elle se racla la gorge discrètement.

Il releva des yeux ronds sur la cuillère qu'elle lui tendait avec un doux sourire, tiraillé entre l'amusement et la gêne.

Anakin prit délicatement la cuillère et reposa tout aussi précieusement sa fourchette.

« Le café est bon. »

Elle se força à étirer un peu plus ses lèvres et ses yeux crièrent à l'effarement. Il n'avait pas bu une gorgée de son café depuis qu'ils s'étaient assis. Elle tenta une autre approche.

« Un fruit ? »

Il fi flotter l'agrume bleu jusqu'à lui. Il aurait presque roulé des yeux de bonheur. Le goût sucré et légèrement amer était tellement meilleur que les lézards, les bouillies orangées, les insectes et les larves.

Padmé n'avait pas bougé, le regardait croquer et mastiquer avec joie. Elle croisa lentement ses mains sous son menton, ce demandant bien ce qu'avait fait son mari pendant deux mois pour en oublier jusqu'à éplucher l'écorce amère…

Ils finirent leur petit déjeuner aussi étrange que doux, Anakin allant s'adosser contre le canapé de la terrasse. Son confort lui avait manqué.

Il retourna son regard sur sa femme s'affairant à congédier C3PO dans un vague agacement qu'il n'aurait soupçonné s'il ne l'avait pas sentit à travers le tout nouveau et très lien dans la Force.
Une fois débarrassée du droïde protocolaire, elle clôt la distance qui les séparait avec grâce et l'invita à se lover contre elle.
Il déposa un baiser sur son front tout en enlaçant ses doigts aux siens qu'elle accompagna jusqu'à son ventre.

« J'aurais voulu te faire la surprise. »

Il aurait voulu fondre en larmes.

« Je l'ai senti. »

« J'ai quelque chose d'autre encore pour toi, » elle se dégagea à son grand damne de leur étreinte pour partir dans la chambre à coucher.

Elle en revient les mains closes autour d'un objet qu'il reconnut avant même qu'elle ne le dévoile complètement de ses doigts.
Anakin le prit dans une précaution extrême et se recula pour en faire jaillir le faisceau bleuté. Ses yeux le picotaient.

Il resta un moment à contempler la lame de lumière. Cette arme, c'était sa vie de Jedi. Cette vie, il l'avait offert à son amour. Et maintenant, il était tant pour lui de la protéger. De les protéger. Protéger sa famille. Cet amour. Et de sa vie. Pas celle ôtée éhontément d'un autre être.

« Je dois retourner au Temple. »

Padmé resta silencieuse. Elle savait qu'Anakin devait reprendre son devoir. Mais le Conseil, d'après ce que lui avait rapporté Obi-Wan, n'était clairement pas enclin à son retour. Tout du moins, pas à bras ouvert. Ils seraient plutôt du genre à l'attendre avec une paire de menottes. Ce qui ne lui plaisait absolument pas.

« Je t'accompagne. »

« Tu n'as pas à endosser cette responsabilité à ma place, Padmé. »

« Et ils ne t'enfermeront pas sans que j'aie mon mot à dire dans cette histoire, » répondit-elle, téméraire.

Anakin observa sa femme avec de grands yeux. Elle était parfaite. Que dire de plus ? Mis à part qu'ils étaient en total désaccord sur ce point. Il irait seul, il était hors de question que les Jedi sentent la vie en Padmé et découvre leur mariage. Cette seule chose qui lui restait encore.

Comme si elle avait suivi le cours de ses pensées, Padmé ajouta d'un air plus diplomatique.

« Si ce n'est pas moi, alors ça sera Obi-Wan. »

« Pardon ? »

Anakin n'aurait pu penser ouvrir plus grands ses yeux de surprises. Padmé lui adressa un sourire apaisant en caressant son épaule. Le contact ne le sortit pas de sa stupeur. Obi-Wan faisait partie du Conseil, l'avait trahi et vendu pour leur compte… Comment se faisait-il que Padmé puisse lui proposer pareille option ?

« Obi-Wan s'inquiète beaucoup pour toi Anakin, il est en guerre ouverte avec le Conseil pour les décisions qu'ils ont prises. Et s'en veut terriblement de ce qui est arrivé… Anakin, Obi-Wan n'a toujours voulu que te protéger. Laisse-moi faire. »

Padmé se retourna convier C3PO qui arriva avec son habituelle dégaine mécanique, enchantée d'être rappelé.

« Envoie un message sur la ligne privé d'Obi-Wan, qu'il vienne de toute urgence. Mais ne dis rien d'autre. Est-ce clair ? »

« Absolument claire Sénatrice, » et le droïde doré s'empressa vers la salle à manger suivie de R2D2.

.oXOXo.

Ce fut Padmé qui lui ouvrit la porte des appartements. Un sourire tranquille aux lèvres, ses yeux semblaient avoir trouvé le repos. Inhabituel, mais réconfortant, pensa le Jedi. Elle l'avait convié dans un message plus qu'énigmatique, piquant à vif ça curiosité, interpelant sa vigilance.

« Vous avez demandé à me voir ? »

Padmé ne lui répondit pas et le convia simplement à la suivre dans un sourire indéchiffrable, traversant les pièces jusqu'à la somptueuse terrasse pour s'arrêter et l'inviter à poursuivre seul.

Il avait croisé ses mains dans son dos, rigide, le visage un peu trop blême, un peu trop maigre.

Obi-Wan cessa de respirer.

Anakin lança un regard en direction de Padmé qui lui répondit d'un léger hochement encourageant de la tête. Il entreprit un premier pas incertain, une respiration hésitante, un regard embarrassé.

Le Jedi sortit de sa stupéfaction pour clore d'une traite la distance qui les séparait. Il était vivant.

L'écrasante étreinte prit Anakin au dépourvu.

Obi-Wan se recula seulement pour le regarder en face et lui écraser encore plus les épaules. Il était vivant. Et dans la Force leur lien se compléta, se raccordant enfin dans une sérénité aussi étrangère que familière.

« Ne refais plus jamais ça. »

Padmé arriva près de son mari ne sachant évidemment quoi répondre. Sa main se porta à son dos dans une caresse aussi douce que rassurante.

Le contact sur son dos, la pression des mains de son ancien Maître sur ses épaules… toute cette chaleur humaine le raccrochait dans une réalité un peu trop étrangère pour Anakin qui ne savait où se mettre ni quoi dire. Obi-Wan l'avait vendu au Conseil lors de leur dernière rencontre et pourtant il affichait un soulagement palpable, et dans leur lien il sentait une sincérité presque émouvante.

Certes, il pouvait admettre qu'il avait été on ne peut plus énigmatique dans la Force et surement alarmant dans son comportement après son retour de Salanka, mais la traitrise du Conseil à son égard lui serrait encore la gorge. Et malgré tout, si le Conseil restait à ses yeux une bande d'esprits étriqués, il lui devient évident que son ancien Maître n'avait tenté que de le protéger et l'aider.

« Je pense que je te dois des explications, Obi-Wan. »

Le vieux Maître s'esclaffa. Il avait, en effet, un régiment d'interrogations assoiffées de réponses qui tempêtaient aux portes de ses lèvres pour lever de trop nombreux voiles obscurs. Pourquoi était-il revenu, après tout ce temps ? Qu'avait-il fait durant ces deux mois ? Pourquoi ne pas lui avoir parlé de Salanka ? Et il y en avait tellement d'autres ! Et ce fut la plus angoissée qui s'échappa de ses lèvres.

« Vas-tu disparaître à nouveau ? »

« Je ne le peux plus. »

Anakin tourna sa tête vers Padmé pour jouer avec une de ses boucles soyeuses. Il envoya un simple écho simple dans la Force à travers le lien qui l'unissait encore à son vieux Maître : regardez.

Après un levé de sourcil interrogateur, Obi-Wan étendit ses sens dans la Force. Il y trouva alors une discrète, presque imperceptible présence. Et elle ne provenait pas d'Anakin, mais de Padmé.
Le levé de sourcil laissa place à des yeux immensément ronds d'ébahissement. Il était à un cheveu d'exploser d'un rire aussi rayonnant que nerveux. Les choses allaient tout de même sacrément se compliquer… Mais étaient-ils à ça près ?

Anakin ne prêtait déjà plus attention au Jedi encore muet de ce coup de théâtre. Il colla son front contre celui de Padmé. Il était tant qu'il affronte les évènements, et si ce n'était certainement pas pour lui, alors ce seraient pour ceux qui habitaient son cœur. Ceux présents comme à venir.

« Pour la femme merveilleuse qui a décidé de mêler sa vie à la mienne sur Naboo. »

Elle glissa un rire cristallin, presque enfantin. Que son mari était beau d'innocence. Jamais très agile avec les mots, mais cela avait-il eu seulement un jour de l'importance ?

« Sous les yeux des Anciens Dieux de Naboo. »

Il manquait qu'une seule personne pour compléter le délice de ce tableau. Anakin ferma les yeux et Obi-Wan perçut dans leur lien ce regret inavoué.

« Elle nous manque à tous, » et il reposa une main sur son épaule.

Anakin releva la tête, sortant de ses réflexions.

« Je dois voir le Conseil. »

Outch. Obi-Wan grimaça.

« Je serai avec toi, et ta famille sera en sécurité, » sa propre réponse le surprit, l'absurdité de la situation lui arracha un rire nerveux : « Ce n'est pas très Jedi tout ça, » ajouta-t-il d'une pointe d'ironique.

Anakin lui répondit d'un sourire à demi moqueur.

« Suis-je seulement encore un Jedi ? »

Les souvenirs de Bo Vanda et du vieux s'affichèrent dans une pointe d'amertume dans son esprit.

« Shaak Ti est revenu de Salanka. »

Les mots posés dans la plus grande pondération du Jedi le solidifièrent d'un souffle, fanant son sourire. Padmé pressa sa main dans la sienne.

« Alors il est plus que tant d'affronter le Conseil. »

.oXOXo.

Non, il était hors de question qu'il se pétrifie de la même angoisse comme il l'avait été avant de se présenter au Conseil en rentrant de Salanka. Obi-Wan et lui avançaient d'un même pas résigné et les Jedi du Temple les dévisageaient sur leur passage. Et sincèrement, Anakin en avait que faire.

Et les portes s'ouvrirent, poussant par la même occasion l'austérité dans la salle, les membres se redressèrent telles des statues de marbre sur leurs trônes rouges et gris, jugeant dans une extrême froideur les arrivants.

À la surprise d'Anakin, Obi-Wan se tient à ses côtés au lieu de prendre place sur son siège.

Je serai avec toi.

Il détendit ses épaules, redressa sa tête et un mur de Force l'entoura, coupant l'accès aux Maîtres pour de quelconques inspections insidieuses et indiscrètes.

Jedi…

Il entendait presque Bo Vanda cracher son venin méprisant dans son esprit. Si la confiance était un bien qu'il accordait encore à son frère d'armes, il était complètement hors de question de l'accorder pour le Conseil.

C'est le Grand Maître qui prit le premier la parole.

« Une grande tension dans la Force, je sens. Comme un mur autour de toi, elle se dresse. Confiance en nous, tu ne fais pas. Et l'admettre aujourd'hui je puis : perdus par notre propre faute, nous l'avons.
Cependant, le mystère de ton mutisme sur ce qu'il s'est passé sur cet astre demeure. »

Anakin aurait presque roulé des yeux.

« J'ai été entrainé durant des lustres par l'Alchismiste Sith. J'ai manipulé les âmes, j'ai distillé la vie, appris des techniques occultes de torture pour plier les esprits à ma seule volonté, j'ai massacré un peuple entier, fait mien un langage honni dans les temps anciens que je ne saurai prononcer en ces lieux. J'ai accordé ma vie à Bo Vanda, et elle fut mon Maître. Dites-moi, Maître, si je vous avais raconté ça, m'auriez-vous fait toujours aussi confiance ? »

Il laissa un blanc silence aussi tranquille qu'écrasant.

« Merci Maîtres, à présent je suis convaincu que j'aurai fini dans une des prisons les mieux gardées du Temple en tant Sith affublé d'un collier inhibiteur jusqu'à ce qu'il ne reste que des vers de ma dépouille. »

« Vous êtes chargé de colère. »

Anakin retient cette fois un petit rire moqueur, il s'en fallut de peu. Il percevait le désarroi des Jedi assit, se réfugiant dans des maximes qu'il connaissait que trop bien.

« La colère est une émotion Maître, et j'en suis rempli. »

« Les émotions assombrissent le jugement et la raison, elles peuvent mener au Côté Obscur. »

Aveugle, siffla un serpent dans son crâne.
Encore cette crainte du Côté Obscur, quand eux-mêmes ne voyaient pas l'étroitesse de leur doctrine obsolète.

« La Force n'est pas mort ou vie, elle est les deux. Lumière comme obscurité, Maîtres.

Vous dites qu'il n'y pas d'émotion et seulement la paix. Je ne suis pas d'accord. Je vis au travers d'elles. Et par les émotions, j'obtiens mon but. Elles ne sont pas à bannir. Seuls nos choix comptent et ce que nous faisons de cette Force. Et si je puis me permettre, Maîtres, j'ai déjà sombré une première fois dans le Côté Obscur de la Force. Je pense savoir parfaitement quel chemin j'emprunte à présent. »

« Et quel chemin empruntez-vous Jedi Skywalker ? »

Shaak Ti avait parlé d'une voix douce et intriguée. Elle cherchait à comprendre et non à rejeter comme ses confrères et consœurs. C'est est en tout cas ce qu'Anakin perçu au travers de ses mots.

Pour la première fois, il se permit de relâcher la pression qu'il exerçait sur la salle.
Quel chemin empruntait-il ? Un moment de vide répondit comme un écho à sa question. Anakin comprit qu'il ne savait absolument pas où il allait ni même ce qu'il était. Mais ne se définissait-on pas par ce que l'on n'est pas, précisément ? Il avait refusé les voies des Sith, défrayés de celles de l'Ordre Jedi, trop étriqué par leur traditionalisme exacerbé…

« J'emprunte un chemin qui m'est inconnu, Maître Shaak Ti, » commença-t-il dans un aveu sincère et respectueux, « et cet inconnu est aussi effrayant qu'excitant. Je suis maître de ma propre destinée, de mes propres choix, de ma propre utilisation de la Force. Alors, quels chemins emprunter quand des milliers s'offrent à moi ? Aujourd'hui je dirai celui de mon cœur. »

« Et que vous dit votre cœur ? »

« Qu'il battra tant qu'il le faudra pour arriver à mon but. »

« Quel est votre but ? »

« La liberté absolue de mes choix. »

Cette dernière phrase était lourde de sens et tous avaient compris ce qu'elle signifiait.
Anakin reniait toutes les chaînes, tous les principes, toutes les doctrines, tous les ordres. Tous les Ordres, y comprit Jedi.

Maître Windu mit fin au pingpong verbal entre Shaak Ti et Anakin sur un ton d'une rare dureté.

« Alors vous n'avez plus rien d'un Jedi, Skywalker. »

« Je ne porte plus la couleur des Jedi en effet, le gris me siérait mieux. Une nuance que vous semblez ne pas discerner du haut de votre piédestal. »

Un serpent de haine coulait entre les deux hommes, Shaak Ti se racla la gorge.

« La vraie question serait de savoir, pourquoi êtes-vous revenu ? Pourquoi êtes-vous ici devant nous aujourd'hui ? Est-ce seulement pour cracher sur l'Ordre Jedi ? »

« Maître Shaak Ti, » il se retourna vers elle, faisant fi du reste de la salle, « il est vrai que je n'ai plus grand respect pour les règles strictes et aberrantes d'archaïsme de l'Ordre actuel. »

Obi-Wan ne put retenir un levé de sourcil.

S'ils savaient, pensa-t-il tandis que les images d'un Anakin en père d'une petite famille s'affichaient dans son esprit : « Cela fait un moment que tu ne suis plus les préceptes Jedi mon cher Anakin. »

Mais Anakin ne se laissa pas déconcentrer par les réflexions ironiques de son ancien Maître qui se prolongeaient le long de leur connexion mentale.

« Pourtant, je ne souhaite pas quitter le Temple. Ôtez-moi le titre de Chevalier si cela vous chante, traitez-moi avec mépris même. Pourtant, si vous ouvrez les yeux, vous verrez que nos buts sont communs. Nous voulons la destruction des Sith. Et, bien que ma technique ait suscité quelques désaccords, j'ai pu pénétrer l'esprit du Comte Dooku. »

Des têtes se relevèrent dans un intérêt prononcé. Anakin ficha ses yeux dans ceux du Grand Maître.

« Je vous propose un marché. En échange de pouvoir rester dans les Ordres, je vous révèle tout ce que je sais sur lui. »

« Et qu'est-ce que vous pourriez nous apprendre que nous ne savons pas déjà de lui Skywalker ? »

« Est-ce une confirmation pour me laisser rester au Temple en tant que non-Jedi, Windu ? »

Une question pour une autre, Bo Vanda aurait été ravie de l'entendre parler d'une langue aussi fourchue quand Obi-Wan n'en revenait pas de l'arrogance de son ancien Padawan.

Enfin, ce n'était pas une découverte, mais une telle impertinence au nez et à la barbe du Conseil, sur un ton aussi tranquille que suave, presque amusé, lui écartait les paupières d'incrédulité.
Anakin était littéralement en train de jouer avec le Conseil. Ce n'était pas un bras de fer, c'était un serpent qui leur coulait des doigts pour mieux s'enrouler et les mordre en retour.

Il ne reconnaissait plus son ancien apprenti. Il portait un masque qu'il ne lui avait jamais vu auparavant.

Alors c'était ça, les conséquences de Salanka et de la Sith ?

Le vieux Maîtres croisa ses doigts crochus sous son menton ridé, il n'avait pas quitté des yeux le jeune Skywalker. Qui avait, de toute évidence, bien grandi. Son impertinence lui rappelait vaguement celle d'un autre Jedi. Qui-Gon Jinn devait afficher un sourire ravi depuis la Force, se dit-il.

« Ta requête, acceptée elle est. Cependant, en mission pour l'Ordre, tu ne partiras plus. Maintenant, respecter tes engagements tu dois. »

Anakin afficha un sourire satisfait.

« Dooku n'était qu'un simple apprenti. Le vrai Seigneur Sith que nous recherchons depuis le début, qui fut aussi le Maître de Dark Maul, est sur Coruscant. Et il semblerait qu'il soit étroitement lié d'une manière ou d'une autre au Sénat lui-même. »