Hey !
Alors, voilà un petit OS qui aurait dû arriver hier, si je n'avais pas surestimé ma capacité à écrire après le boulot. Du coup il est un peu en retard. Mais c'est l'intention qui compte, on va dire ?
(En vrai ça fait des semaines que je cherche une idée plausible et rien ne me venait, et au final y a ça qui m'est venu en tête et j'espère que ça te plaira, Mijoqui ! Bon anniversaire en retard !)
(TW en fin de page !)
Merci à toi, à Robotfan et à Oohfemmeluxieuse pour leur review sous l'OS précédent !
Bonne lecture !
Résumé : La guerre ne sera jamais vraiment terminée. Heureusement, il y a Sora.
Rating : K plus
Genre : Fluff/Hurt-Comfort
Univers : Canon alternatif post KHIII (Sora est toujours là)
Personnages : Ventus, Sora.
Pairing : Un peu Soven.
Et pourtant le soleil se lève
.
Ventus ouvre les yeux, et la journée s'abat sur lui.
Dehors, une pointe de jour. Un vent frais qui l'ébouriffe, et la voix puissante de Terra qui lui parvient depuis la plage, avalée par la distance. Il est déjà debout, celui-là. Toujours. Trop d'énergie en lui.
Fut un temps, Ven était le premier levé. Il sautait hors du lit pour filer s'entraîner, keyblade en main, à frapper sur les mêmes mannequins de bois jusqu'à ce que le bruit ne finisse par réveiller un de ses camarades. Au choix, une Aqua amusée, un Eraqus qui l'observait en silence, ou Terra, qu'il entendait arriver depuis le couloir.
Aujourd'hui, le blondin dort jusqu'à ce que le soleil s'invite sous sa fenêtre. Un comble, vu la sieste qu'il s'est tapée ces dix dernières années. A croire que le sommeil appelle au sommeil.
– T'es debout ?
Ven sursaute. Se tourne. Sora lui sourit.
Lui aussi, il est déjà levé.
– Ouais.
– Cool ! On va déjeuner sur la plage avec les autres, tu viens ?
La plage. Il ne s'y fait pas encore, à cet endroit. A l'air marin chargé de sel, au ronron des vagues qui s'avancent et glissent, à l'horizon lisse sans montagnes. Ce paysage plein de bleu.
Il hoche la tête.
– Je vous rejoins.
Ça veut dire oui. Oui, mais plus tard. Le temps que s'évapore la brume qui l'enrobe, et que disparaisse avec elle le souvenir de la Contrée du Départ.
– Ça marche !
Sora s'éloigne. Se retourne et l'observe, un instant, pris d'un doute. Il lui faut un sourire de Ventus pour qu'il accepte enfin de filer.
xoxoxox
L'eau. N'y en avait pas tant, à la Contrée. Et comme il la devine qui glisse entre ses orteils, Ventus sent, là, que son pays lui manque.
Il le reverra, il sait. Aqua a préféré les garder tous ici, près de Sora et des autres, le temps de se remettre de cette longue aventure qu'ils ont partagée. Elle passe du temps avec Kairi, et Terra semble tout aussi attaché à Riku. Il y a entre eux un lien particulier, qui lui rappelle celui qu'il entretenait avec Eraqus. Ces regards pleins de fierté tendre qu'ils échangent après une longue journée d'entraînement. Oui, ça lui parle. Et parfois, ça le rend triste.
Il se souvient de la dernière fois qu'il a vu son maître. De son arme, pointée dans sa direction. Son air désolé.
Il sait qu'Eraqus n'avait pas choisi. Il s'était seulement résigné, pour le bien des mondes. Ça n'en reste pas moins douloureux.
– Eh ?
Des pas dans l'eau. Ventus sursaute, se retourne. Affronte deux yeux au bleu familier, et toujours la même masse d'épis dressés sur une trogne enfantine.
– Ça va ? T'as l'air ailleurs.
Oh. Il ne pensait pas que Sora y ferait attention. Que quelqu'un remarquerait. Ventus est souvent dans la lune, ces derniers temps, et ça n'a pas l'air de choquer grand monde. C'est normal après ce qu'ils ont traversé, non ? De penser. De se poser des questions. D'imaginer.
De se rappeler.
– C'est rien. Je pensais juste à…
– A ?
– A un truc.
Un truc, Eraqus. Sa keyblade, ses mots, et son univers qui s'effondrait doucement. Xehanort et puis… Et puis quoi ?
Ven regarde l'eau, transparente, ses pieds qui tremblent sous son voile. Les morceaux de soleil qui se reflètent en fragments sur sa surface.
– Un truc du genre ?
Très bonne question.
– C'est pas important.
Il se redresse. Au loin, l'arme de Terra rencontre celle de Riku. Aqua est sans doute assise quelque part, à parler avec Kairi. A se battre, peut-être. Et lui il attend, les pieds dans l'eau, le regard de Sora posé sur son corps blanc. Il sent qu'il l'observe, et il ne sait pas quoi faire de ça.
– T'es sûr ?
Sûr ? Ventus n'est plus sûr de rien. Mais ça ne se dit pas, ça, si ? Il ne sait pas. Dans le doute, il sourit encore.
– Ouais.
Et Sora le croit. Ou il fait semblant, et ce n'est pas plus mal.
xoxoxox
Le feu danse. Ventus ne voit plus que ça.
C'est beau comme ça bouge. Des langues dans la nuit. Le bois crépite, le vent passe et lui apporte une odeur âcre, un parfum qui lui fait plisser le nez. Il aime bien, pourtant. Assis là, alors que les autres échangent des rires au bord de l'eau, il se perd. Enfonce ses mains dans le sable. Il ne dit rien, emmuré dans un silence confortable. Ne se lève pas pour rejoindre les autres. Il ne tourne même pas la tête vers eux, non.
Il existe, et l'effort est suffisant. Pas besoin de plus.
Le feu éclate et se rabat sur lui-même, indéfiniment. Et comme il s'y perd, Ventus se souvient d'un autre feu.
Ça lui revient, parfois. Le claquement sec qui résulte du choc entre deux armes, similaire au bruit du bois qui craque. Le souffle chaud sur sa peau. Les rires au loin qui, s'il n'y prend pas gare, ressemblent à des cris. Le sable instable sous ses doigts. Un sol qui s'effondre. Comme une grande plaque de verre réduite en morceau, une part de lui qui sombre et une nuit infini qui l'avale.
Il ramène ses jambes contre lui.
Dans sa tête, le visage déformé de Vanitas. Le dos ferme de Terra qui se tourne. D'aqua qui s'en va. Et la même keyblade, tournée vers son torse.
– Ven.
Une main sur son épaule, soudain. Il sursaute, se tourne. La peur. Brusque.
Sora lui sourit.
– Désolé, je voulais pas te faire peur.
Son cœur cogne. Merde, c'est rien. C'est une main sur lui, de la bienveillance, un peu d'inquiétude dans un regard limpide. C'est juste Sora, et pourtant…
Pourtant, il y a quelque chose à l'intérieur de Ventus qui ne cesse jamais d'avoir peur. Un morceau qu'on a cassé.
– C'est rien.
Une fêlure que la paix ne saurait réparer.
– C'est juste...
Silence. Il n'a pas les mots pour le dire. A vrai dire, des mots, il n'en a plus beaucoup. Comme s'il s'était éteint en même temps que la guerre. Passé la violence des affrontements, un vide immense s'est ouvert en lui, et il ne comprend pas comment font les autres pour profiter de leur insouciance.
Peut-être qu'il se trompe. Que les autres ne le sont pas vraiment, insouciants. Qu'il font juste comme lui, à cacher ce qu'ils ne peuvent dire derrière un haussement d'épaule.
– Je sais.
Sur sa main, celle de Sora se glisse. Dans le sable. Il le sent qui s'assoit près de lui.
– C'est bizarre, hein ?
Tout près.
– On en a fini avec Xehanort, tout va pour le mieux, et pourtant… C'est comme si c'était pas terminé.
Le feu crépite, et Ventus baisse les yeux.
– Ouais. C'est bizarre.
Il se sent tordu, incapable de marcher droit à nouveau. Pas mal, mais complètement décalé. Comme s'il n'était plus en accord avec ce monde, avec ses peurs et ses questions qui ne trouveront jamais de réponses.
– J'arrive plus à faire comme avant.
– Avant la guerre, tu veux dire ? Sora demande.
– C'est ça.
Il joue à faire semblant. Il voit Aqua et Terra, et il les sent tellement loin de lui…
– Normal. Ce sera jamais comme avant.
Les doigts de Sora enserrent sa paume. Le sable lui fait mal, mais il apprécie la tendresse du geste.
– Mais on s'en sort pas trop mal, non ? J'veux dire, ça va plutôt bien, pour l'instant ?
Bien ? Ventus ne sait pas. Il ne se sent pas mal, seulement… Il ne se sent pas du tout. Et c'est peut-être ça, le problème.
Mais Sora est là, près de lui, et il y a quelque chose à l'intérieur qui fait du bien. Il se retrouve. Le feu n'est plus qu'un feu, le reste de la bande rit et le monde conserve son équilibre. Est-ce que c'est parce son ami a vécu à l'intérieur de lui ?
– Ça pourrait être pire.
Ça pourrait, oui. Ça ne le console pas, mais c'est une prise à serrer sous ses doigts.
Ça pourrait être pire, et ce soir, les mondes n'ont pas besoin d'eux.
– Clairement.
Doucement, Ven rit. Pas que ce soit drôle, mais c'est une manière de dire qu'il se sent bien. Mieux. Qu'il aime le moment qu'il passe, là, et qu'il ne veut pas que Sora s'éloigne. Parce que Sora lui rappelle que, jour après jour, le soleil se lève.
Que la vie continue.
Et qu'il aime être là, face au feu, à tenir sa main au milieu des grains de sable.
[TW: Guerre]
Et voilà ! Encore un joyeux anniversaire en retard !
