Disclaimer : Toute l'histoire qui va suivre se déroule dans le fabuleux monde de Pokémon qui ne m'appartient pas. Les lieux, Pokémon rencontrés ou autres éléments se rattachant à l'univers des jeux sont issus des deux premières générations et ne sont pas de ma création. Le but de cette fiction est de partager ma passion au plus grand nombre et de sortir de ma tête toutes ses idées qui se bousculent depuis des années. Merci à Mr Tajiri de me faire encore rêver.

27 mars:

- Élection de la Mairesse de Carmin sur Mer (2ème mandat): Annie Lorou,

- Décès du plus vieux Ursaring jamais enregistré: 104 ans et 23 jours,

- Record de température la plus basse recensée à Ebennelle à cette date: -3,2°C

Annales Républicaine des événements marquants – Année du 3ème Galopa

Les ombres des pins dessinées par la lune semblaient danser sur le sol tandis que le vent soufflait en rafale. Cela faisait désormais quelques jours que le temps se gâtait, promesse d'un orage imminent. C'est d'ailleurs ce à quoi avait pensé Jim cette nuit, juste avant de quitter sa froide mansarde à quelques encablures de la route 38 : « il ne manquerait plus que je me prenne la foudre… ». Le cadre était à vrai dire un peu effrayant avec le bruit des arbres qui craquaient autour de lui et cette pâle lune croissante presque à maturité qui dominait le tout.

Alors qu'il progressait lentement à couvert un peu à l'écart de la route, Jim entendit un grognement et vit les fougères bouger à côté de lui. Il s'arrêta attentif, bloqua sa respiration et attendit en silence. Après avoir compté jusqu'à 10, il se permit de respirer en voyant que plus rien ne bougeait dans les alentours immédiats : « sans doute un petit Sauvage » se dit-il. Même si la plupart de ces-dernier était plus actifs en journée, la zone était bien connue pour avoir une NightLife assez développée. Remis de son coup de pression, Jim repris sa furtive route en direction de la ferme des Michdo.

C'était la quatrième fois qu'il s'apprêtait à faire une visite nocturne dans l'annexe de leur grange. Jim le savait, c'était là qu'était entreposée la production de la journée avant d'être remise aux grossistes le lendemain. En refoulant pour la quatrième fois en deux semaines son sentiment de culpabilité, il rampa sous la barrière électrique, à l'endroit où le fil était un plus haut qu'il ne devrait en raison d'un mouvement de terrain. Jim le savait par cœur, il avait passé l'avant-veille de sa première incursion à délimiter le secteur et analyser de près les moindres détails de la ferme afin de ne pas faire d'erreur.

« Juste quelques bouteilles ce n'est rien » se dit-il, « ils ne verront même pas la différence demain ». La production de lait MeuhMeuh des Michdo était l'une des plus importantes des environs. La qualité de leur produit était reconnue et leur bienveillance disait-on héréditaire les rendait sympathiques aux yeux de beaucoup de monde. Jim aurait préféré voler des inconnus, ou encore mieux, des cons. Simplement et comme il ne cessait de se le répéter, il n'avait pas le choix.

Suivant son plan habituel et encore au sol, il commença par s'assurer que toutes les lumières du bâtiment résidentiel étaient éteintes. La maisonnette située à une petite centaine de mètres de la grange semblait toute petite comparée aux autres bâtiments de la ferme. Jim vérifia aussi que les Ecremeuh étaient bien toutes rentrées dans le gigantesque hangar, de l'autre côté de la grande grange. Il arrivait en effet parfois qu'une future mère sur le point d'accoucher ou encore une Ecremeuh malade soit laissée dehors pour ne pas déranger les autres. Jim fut ravi de constater qu'encore une fois c'était le cas, se releva et pris la direction de la grange d'un pas vif et rapide. Alors qu'il s'approcha rapidement de la petite porte en bois qui fermait mal, le vent continuait de souffler par à-coup, couchant parfois l'herbe et faisant claquer quelques vieux morceaux de bois contre le bâtiment. Ce fut au moment où il tendait la main pour saisir la poignée que Jim comprit que cette fois-ci quelque chose clochait. Plus qu'il ne le compris, il l'entendit : « hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !». D'abord à basse intensité le son qui semblait venir de l'intérieur même de son crâne gagna rapidement en force. Très vite Jim n'eut d'autres choix que de se tenir la tête à deux mains pour se boucher les oreilles. « HiiiiiiiiiiIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIiiiiiiiiii ! », la durée du supplice sembla interminable puis se calma enfin. Il commença à se redresser et, levant la tête, ce fut alors que Jim compris. Effrayant, pendu par les pâtes et la tête à l'envers, un Nosferalto était suspendu à la gouttière de la grange. Mêmes avec ses ailes repliées on pouvait aisément voir sa bouche démesurément grande et la stature du Pokémon. C'était un adulte à la force de l'âge, son envergure et la puissance de son Ultrason ne laissaient aucun doute là-dessus.

Les choses reprenaient petit à petit leur place dans l'esprit de Jim qui se mit à prendre peur en voyant la taille des dents du Pokémon. Tremblant de peur, il recula péniblement en trébuchant, son regard ne pouvant se résoudre à quitter le Nosferalto qui restait immobile. Il pensait avoir atteint une distance raisonnable quand tout à coup, à la faveur d'une violente rafale de vent, le Pokémon chauve-souris ouvrit soudainement ses interminables ailes. Jim perdit la notion de toute chose alors que les ombres autour de lui se remirent à danser…