Hello,

Me voici de retour pour une nouvelle traduction. Je pensais en commencer la publication plus tôt, mais mon poignet a malencontreusement rencontré une massette... qui a gagné le combat ! Résultat : scaphoïde cassé. Du coup, je fais tout à une main. Je vous laisse imaginer ce que ça donne quand je tape sur un clavier:))

Si vous espérez du sang, des tripes et du sexe, passez votre chemin. Bien que classée M par Sandlapper, cette fiction est, à mon avis, largement lisible avant 16 ans.

Cette fiction compte 24 chapitres. Je n'ai pas complètement terminé de corriger, mais la traduction est finie. Si vous commencez à lire cette fiction, vous pouvez donc être sûrs que vous en connaîtrez la fin.

Bonne lecture

҈

Les personnages et l'univers appartiennent à Robert Kirkman.

L'histoire est une traduction de « Into the Mountains », écrite par Sandlapper, dont vous trouverez le lien sur mon profil.


Chapitre 1

Il n'y a pas si longtemps, c'était la maison du garde forestier en chef. Habituellement, conformément à la tradition tacite, cela aurait dû être une simple cabane en rondins. Mais cela avait été une ferme et un village d'histoire vivante - une ferme de montagne. Pour être plus précis, ils avaient rénové une vieille ferme longtemps négligée, dans les montagnes de Géorgie du Nord. C'était assez simple, des bardeaux blancs avec un toit de tôle vert foncé, qui se fondait dans les magnolias qui poussaient à chaque coin de la maison. Une masse de plantes dissimulait les fondations de la maison et encadrait les marches, cachant le porche, et offrant ainsi une ombre profonde à cet endroit. D'un côté, la ferme elle-même était blottie contre la pente abrupte d'une montagne, la porte arrière s'ouvrant sur une petite cour entourée d'une clôture en bois de cèdre. Un chemin en pierre broyée menait à une lourde porte en bois encadrée par des roches de rivière et installée dans le flanc de la montagne. Le reste de la cour était de bonne taille, avec un potager bien ordonné niché dans l'espace à gauche de la maison, et plusieurs dépendances en bois et en pierre éparpillées autour, l'une d'elles chevauchant un petit ruisseau qui coulait à toute allure depuis une cascade vers une plus grande étendue d'eau vive. Le large et tumultueux ruisseau délimitait la propriété sur deux côtés, avant de s'écouler dans les bois et de s'incurver brusquement vers ce qui ressemblait à un grand étang qui scintillait au loin. L'épaisse forêt de la crique offrait une protection de tous les côtés, et la descente du ruisseau depuis la grande cascade rocheuse assurait que la seule approche intelligente de l'endroit était le chemin menant à la porte d'entrée. Le reste de la cour était entouré d'une épaisse clôture vivante faite de pyracantha, de rhododendron et des feuilles vertes de laurier des montagnes. Il y avait une petite passerelle couverte qui enjambait l'eau qui coulait rapidement. L'entrée se faisait en passant sous une robuste tonnelle fermée par un portail et surmontée d'une d'épaisses vignes muscadine et scuppernong* s'étendant d'un côté à l'autre. La porte elle-même était en fer forgé festonné et d'une élégance mortelle.

Rick Grimes se retourna et fixa le jeune homme qui lui servait de guide dans la crique de montagne cachée que le groupe avait découverte sur le chemin du retour après l'horreur qu'ils avaient vécue en Virginie. Il en avait assez de se sentir entravé. D'abord, le conseil n'avait pas pu le recevoir avant ce soir, ensuite, Doc Mayor, qui qu'il soit, n'était pas disponible. Maintenant, il marchait sur une large piste érodée pour voir quelqu'un dont il ne savait rien, avec un gamin qui ne parlait que s'il y était obligé. Tout cela et le fait qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient, tapait sur les nerfs de Rick. Tout ce qu'il voulait, c'était des réponses. Tout du moins, où diable était-ils ? Il ne savait pas trop où ils se trouvaient par rapport aux anciens États, mais Rick espérait qu'ils avaient traversé la Géorgie à un moment donné de leur voyage de retour, ou qu'ils étaient au moins dans le sud de la Caroline du Nord ou du Tennessee. La Virginie avait été un bon endroit jusqu'à ce que ça dérape, et qu'il ne reste plus que du sang, des larmes, et la mort. Ils ont tant perdu depuis la formation du groupe d'origine dans la carrière au-dessus d'Atlanta, puis consolidé à la ferme Greene. Du groupe initial, il n'y a que trois survivants, quatre si on prend en compte ceux de la ferme. Les autres sont arrivés dans le groupe entre la prison et Alexandria.

L'ancien policier suivait le jeune homme, ne faisant pas vraiment attention au paysage coloré de l'automne, trop absorbé par ses pensées. La marche entre le village et la ferme fut calme, trop calme, mais cela avait donné le temps à Rick de réfléchir à toutes les pertes qu'ils avaient subies. Des pertes gravées dans son âme, des pertes qu'il espérait laisser derrière lui, mais qu'il voyait à chaque fois qu'il fermait les yeux.

Se secouant pour sortir de sa rêverie, Rick tendit la main pour attraper le portail devant lequel ils s'étaient arrêtés lorsque Noah, le jeune homme, lui saisi le poignet. "Je ne ferais pas ça si j'étais vous. On pourrait se faire tirer dessus, surtout si Mademoiselle B. est là. Il est très protecteur avec sa femme."

Rick arqua un sourcil, et gloussa tristement, " Pourquoi on me tirerait dessus ? Je croyais que tu m'emmenais voir votre chef." Il agita les doigts vers Noah, sa colère montant un peu plus.

Le jeune homme haussa les épaules, le sarcasme glissant sur lui. "M. Dixon n'aime pas qu'on dise qu'il est le chef, c'est pourquoi nous avons Doc Mayor et le reste du conseil. Doc m'a juste demandé de vous amener ici pour vous présenter sans faire de chichi. Pour que vous puissiez faire valoir votre point de vue auprès d'eux. Les Dixon ont en quelque sorte le dernier mot par ici. Et si Mme Dixon n'est pas heureuse, il ne l'est pas non plus." Noah se détourna de Rick, et cria par-dessus de la clôture, "Mlle B ? M. Dixon ? C'est moi, Noah. J'ai quelqu'un à vous présenter. Doc nous envoie. Un nouveau groupe est arrivé cet après-midi."

Après plusieurs minutes debout, de plus en plus irrité, Rick plissa les yeux vers la maison quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir, puis se figea. La personne debout sur le porche était cachée dans l'ombre, de sorte qu'il ne voyait rien de plus qu'une silhouette, mais il avait conscience qu'il s'agissait d'un homme. Il avait été un peu surpris quand Noah avait prononcé le nom Dixon, juste un nom de plus à ajouter à la liste de ceux qu'il avait perdus. Cependant, de tous, Daryl Dixon était celui qui l'avait le plus ébranlé, même s'il ne l'admettrait jamais devant personne. Il avait commencé à compter plus sur le chasseur que sur Shane, ils l'avaient tous fait, et Rick savait que les choses auraient pu se passer différemment s'il avait encore été avec eux après la ferme.

Lorsqu'ils avaient rencontré la caravane de commerçants la semaine précédente, Rick avait cédé sans se faire prier lorsqu'ils avaient offert un sanctuaire au groupe. La situation était si grave que la plupart d'entre eux ne se souciaient plus du lendemain, ils avaient juste besoin d'un vrai repas et d'un endroit sûr pour dormir. Rick, lui-même, était en pleine confusion depuis que Michonne et Carl l'avaient poussé à se diriger vers les montagnes. Les régions à l'est, au nord et au sud d'Alexandria étaient peuplées non seulement de rôdeurs, mais aussi de vivants désireux d'en créer d'autres. Les montagnes semblaient être leur seul recours, et Rick ne pouvait fuir l'ironie qui l'accablait après toutes les mauvaises décisions qu'il avait prises.

Il fut arraché à ses pensées lorsque l'homme descendit du porche et se dirigea vers la passerelle. Alors qu'il s'approchait, Rick le reconnu, et inspira une grande bouffée d'air sous l'effet de l'incrédulité et d'un remords sans bornes. "Daryl ? Daryl Dixon ? Comment c'est..." Complètement perdu, il regarda Daryl traverser le pont.

"Tiens, tiens, officier Rick Grimes. Ça fait longtemps. Qu'est-ce qui t'amène à Walela Cove ?" Daryl ne donna pas à Rick l'occasion de répondre. Il hocha la tête vers Noah, qui faisait demi-tour pour retourner en ville. "Dis à ton père qu'on a trouvé ce qu'il voulait. Ça sera au magasin demain matin."

Noah agita la main et dit : "Merci, M. Dixon, passez le bonjour à Mlle B de ma part."

"Je lui dirai", répondit Daryl en ouvrant le portail en fer forgé et en faisant signe à Rick d'entrer dans la cour. "Mieux vaut aller à la maison, Li'l B** servira le dîner tôt vu qu'on a une réunion du conseil ce soir. Je pense que tu vas être le sujet de conversation de la soirée. On descendra après avoir mangé."

Le portail fermé et verrouillé, Rick hocha la tête puis suivit Daryl à travers la grande cour avant, et monta les marches du porche. Il n'avait toujours pas parlé, choqué d'entendre une voix dont il pouvait à peine se souvenir, et qu'il pensait ne plus jamais entendre. Ouvrant la porte d'entrée, Daryl l'introduisit dans un grand couloir ouvert. La lumière, provenant des étroites fenêtres latérales et de la vitre entourant la porte, inonda la pièce. Un rapide coup d'œil dans le hall indiqua à Rick qu'il y avait deux portes à droite et une à gauche. Un superbe escalier en bois sculpté s'élevait le long du mur gauche de l'entrée et s'incurvait jusqu'à l'étage. Entre les deux portes de droite se trouvait une table magnifiquement sculptée, décorée d'un napperon brodé et de deux lampes anciennes. Une petite collection de ce qui ressemblait à des anges, remplissait l'espace entre les lampes, entourant un vase rempli de fleurs jaunes, rouges et orange. Sur les murs blancs, étaient accrochés plusieurs tableaux représentant des paysages.

"La porte de droite est celle de la salle à manger, entre." dit Daryl d'une voix traînante, observant Rick regarder autour de lui d'un air surpris. Il ne dit rien d'autre, hocha juste la tête puis se détourna. Avant que Rick ne puisse répondre, Daryl était à la deuxième porte et avait disparu à l'intérieur.

Rick, quelque peu déconcerté, suivit silencieusement l'ordre de Daryl et entra dans une pièce joliment décorée. En son centre, se trouvaient une longue table de salle à manger cirée et des chaises assorties. Un lourd buffet était disposé le long du mur en face de la porte, et flanqué de deux grandes fenêtres. De délicats rideaux de dentelle blanche tombaient le long des fenêtres, ajoutant une touche de luminosité à la pièce. Le mur longeant le porche était orné d'une seule fenêtre, décalée par rapport aux autres, drapée de dentelle, et d'un petit buffet recouvert d'un chemin de table en dentelle, assorti aux rideaux, et agrémenté d'un vase et de deux lourds chandeliers. Il y avait une porte menant à l'arrière de la maison que Rick supposa être la cuisine parce qu'il entendait un cliquetis de vaisselle et des voix qui chuchotaient. Il tourna de nouveau son attention vers la salle à manger, émerveillé qu'il puisse y avoir encore un endroit comme celui-ci après tout ce qu'il avait vu ces cinq dernières années, même après le confort moderne d'Alexandria. C'était comme revenir dans un livre d'histoire - le genre de livre sur lequel il s'était endormi à maintes reprises. Tout était propre et ordonné, et l'air sentait légèrement le citron et la bougie. Il inspectait encore la pièce quand la porte du fond s'ouvrit, et qu'une petite blonde entra. Une autre explosion du passé heurta son plexus solaire et Rick en eut le souffle coupé.

"M. Grimes ! Daryl a dit que vous étiez là. Je suis si contente de vous voir !" Elle posa son fardeau sur la table et se précipita vers Rick, l'enlaçant fermement. "On ne pensait pas vous revoir un jour ! Je n'arrive pas à croire que vous nous ayez tous trouvés..."

Étourdit, l'homme l'interrompit avant qu'elle ne puisse continuer. "Beth Greene ? Quoi... Je ne comprends pas." Rick vacilla alors qu'il tenait Beth à bout de bras. "Nous pensions que tu étais morte. Maggie a dit..."

Le sourire de Beth retomba un peu, mais elle ne s'éloigna pas. "Maggie est avec toi ? Est-ce qu'elle, Glenn et les autres vont bien ?"

Rick leva les yeux vers Daryl qui se tenait derrière Beth, le regardant avec la même férocité dont il se souvenait. Avant qu'il ne puisse parler, Daryl secoua la tête et prit le bras de Beth.

"Li'l B, tu vas nourrir ton homme, ou quoi ? J'meurs de faim après tout c'que j'ai fait aujourd'hui." La voix de Daryl était calme, et même douce, mais Rick entendit haut et fort la possessivité. Il savait qu'il aurait des choses à raconter quand il retournerait auprès des autres.

Beth rit et attira à nouveau son attention : "M. Dixon, vous êtes loin d'être affamé, mais nous allons vous nourrir tous les deux. La réunion va bientôt commencer, et Dieu sait que tu as besoin de tes forces pour t'en sortir !"

Sensiblement choqué, Rick les regardait interagir. Il n'aurait jamais cru possible que Daryl puisse badiner, ni même Beth d'ailleurs, car ils étaient tous les deux tellement timides la dernière fois qu'il les avait vus. En peu de temps, Rick se retrouva assis à table pendant que Beth faisait le service, et que Daryl allumait les deux lampes à huile qui se trouvaient sur le buffet. La nourriture servie et les lampes allumées, Daryl prit la main de Beth qui offrit l'autre à Rick. Encore une fois, l'homme fut sidéré par son ancien compagnon. Le chasseur grossier et minable disait le bénédicité sans qu'on le lui demande.

La bénédiction faite, Daryl adressa à Rick un sourire narquois, "Tu devrais prendre du poulet avant qu'il soit froid."

"Poulet frit ?" demanda Rick qui en bavait presque.

Ils regardèrent tous les deux Rick remplir son assiette avec le plat que Beth avait préparé. Il s'efforçait de ne pas tomber sur la nourriture avec frénésie. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait mangé de la purée de pommes de terre et de la sauce ou du pain et du vrai beurre. Et du sel ? Du poivre ? Il y avait une salière et un poivrier sur la table ! Le poulet frit était parfait, et il y avait des haricots verts et du maïs en crème en accompagnement. Les Dixon se joignirent rapidement à Rick et se servirent aussi. Personne ne parlait pendant qu'ils mangeaient, Beth avec ses manières délicates, Daryl un peu plus domestiqué, et Rick comme s'il n'avait pas mangé depuis des mois. Le dîner fut arrosé d'un thé glacé dont la douceur et la température, même s'il n'y avait pas de glaçon dans le verre, bouleversèrent Rick qui se demandait comment c'était possible - le froid et le sucré étaient un lointain souvenir. Quand il eut fini son assiette, Rick se redressa et ouvrit la bouche pour parler. Mais, avant qu'il n'ait pu dire quoique se soit, Beth leva la main pour l'arrêter.

"Je dois sortir le dessert du four, il devrait être prêt. On pourra parler en le mangeant."

Elle se leva de son siège et posa sur la table un pichet de thé en verre taillé provenant du buffet. "Servez-vous, je reviens tout de suite."

Elle déposa un baiser sur la tempe de Daryl et disparut par la porte de la cuisine.

Rick lorgnait Daryl. "J'ai l'impression que c'est une très longue histoire. Tu vas me raconter ?"

Daryl souffla. "Pfft, pas grand-chose à raconter, on a fui la ferme ensemble, des merdes sont arrivées, maintenant c'est ma femme..."

Beth revint à ce moment-là avec une tarte aux pommes bien chaude. "Eh bien, si ce n'est pas le récit le plus romantique de notre histoire d'amour que j'aie jamais entendu, Daryl Dixon." Elle se retourna et s'adressa à Rick, tout à coup silencieux. "Ce n'est pas de la glace, mais j'ai de la crème fouettée, si ça vous dit. Vous voulez une part de tarte ?"

Le visage et les oreilles teintés de rose, Daryl adressa un sourire tranquille à Beth, et secoua la tête, choisissant sagement de rester silencieux. Rick hocha la tête avec enthousiasme, et Beth déposa une grosse part de tarte sur une assiette. Elle y ajouta une cuillerée de crème fouettée quand il lui fit signe qu'il en voulait. Après avoir rapidement servi des parts pour Daryl et elle, Beth s'installa pour la conversation que son mari repoussait avant même qu'ils ne s'assoient pour le souper. Elle-même avait tant de questions, mais elle avait appris la patience auprès du maître en la matière et se contenta de s'asseoir et de laisser faire les choses. Daryl finit son dessert et poussa son assiette sur le côté. Il termina son thé et se concentra sur Beth qui s'était déplacée pour commencer à ramasser la vaisselle.

" Touche pas à la vaisselle, c'est mon tour d'la laver, d'accord ?"

Beth s'installa de nouveau à sa place : "Ça ne me dérange pas, Daryl, je sais que vous avez beaucoup de choses à vous dire avant qu'on aille en ville."

Daryl secoua la tête, "Non, gamine, j'vais m'y mettre puis on parlera, ça m'prendra pas longtemps."

"J'reviens tout d'suite", dit-il à Rick, qui hocha la tête.

"Laisse-moi au moins l'amener dans la cuisine." Beth prit la vaisselle empilée et Daryl la suivit dans la cuisine. Elle les mit près de l'évier et se retourna vers son mari. "J'ai peur de savoir ce qui s'est passé ces dernières années. Je ne veux pas que quoi que ce soit gâche ce que nous avons."

"Tout ira bien, Lil'B", Daryl la serra dans ses bras. "Retourne avec Rick, j'arrive dès que j'aurai mis la vaisselle à tremper. Je la finirai en rentrant à la maison."

Beth hocha la tête et retourna dans la salle à manger. Daryl remplit l'évier d'eau chaude, ajouta assez de savon pour faire mousser et lava les verres. Il les rinça et les mit dans l'égouttoir pour les faire sécher. Il mit la vaisselle et l'argenterie dans l'évier, et pendant qu'ils trempaient, il déposa les restes dans des récipients en plastique. Les plats de service furent ajoutés à l'eau savonneuse, et Daryl retourna à sa place à table.

"On va d'voir partir dans quelques minutes, tu d'vrais peut-être nous dire qui on va choquer."

La remarque de Daryl fit glousser Rick. "Choc n'est pas le mot que j'utiliserais, mais... Commençons du début. Carl, Lori, TDog, Maggie, Glenn et moi sommes sortis de la ferme et nous nous sommes retrouvés là où nous avons perdu Sophia. Maggie nous a dit que Beth était morte et j'ai vu Herschel tomber. Carol et Andrea ont disparu quand elles ont été encerclées par des rôdeurs. On a erré un bon moment, puis on a trouvé une prison. C'était bien jusqu'à ce que ça tourne mal. Nous avons gagné Michonne et quelques autres, y compris Andrea, mais nous avons perdu Lori et TDog. Lori a eu le bébé, Judith a environ quatre ans maintenant." Rick s'arrêta et prit une respiration tremblante avant de continuer. "Après avoir perdu la prison au profit d'un groupe voisin, nous avons tous été séparés, mais nous avons réussi à tous nous retrouver, et quelques autres en plus. On m'a parlé d'une mission à Washington, mais aller en Virginie était une erreur. Nous n'y étions pas depuis longtemps quand c'est devenu l'enfer. On a perdu plusieurs personnes, dont Glenn à cause d'un fou à l'égo surdimensionné. Après cette guerre, et toutes ces pertes, les choses semblaient aller mieux, mais une autre calamité s'est produite. Et ceux que nous avons battus ont profité de nos faiblesses. Je ne sais même pas depuis combien de temps nous sommes partis, on s'est enfuis au milieu de la nuit, en laissant des gens bien derrière nous, mais nous devions juste protéger notre famille. À un moment donné, nous avons décidé de retourner en Géorgie, dans les montagnes. Nulle part ailleurs où aller. On ne sait même pas si on a réussi."

"T'y es, t'es rentré en Géorgie." Beth s'était mise à pleurer pendant que Rick racontait son histoire. "Maggie ?"

"Maggie est là. Andrea, Carl, Judith, quelques autres. Elle et Glenn ont eu un bébé, et il a presque un an maintenant."

Daryl se leva et attira Beth dans ses bras. "Ça va, Li'l B, sèche tes larmes, il faut pas que Doc t'voit pleurer, tu sais qu'il me tannerait l'cul."

Beth renifla. "Non, il ne le fera pas, mais tu as raison, on ferait mieux d'y aller."

Les deux hommes suivirent Beth sur le porche et l'attendirent pendant qu'elle verrouillait la porte. Puis le trio se dirigea vers la passerelle et le chemin de la ville. Ce soir commençait à peine à devenir intéressant.


* Deux espèces de vignes qui poussent dans le sud-est des États-Unis.

** J'ai laissé tel quel, c'est un jeu de mot qui sera expliqué plus tard.